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Définition Wikipédia de : Yukio Hatoyama



Yukio Hatoyama
鳩山 由紀夫
60 Premier ministre du Japon
Yukio Hatoyama le 4 septembre 2009
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Actuellement en fonction
Mandat actuel
Depuis le 16 septembre 2009
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Monarque(s)Akihito
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Gouvernement(s)93 Cabinet
Législature(s)45 Chambre des Représentants
Majorité(s)PDJ - PSD - NPP
Centre-gauche
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PrédécesseurTarō Asō

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Autres fonctions
Chef de l'opposition parlementaire
Période
25 septembre 1999 - 3 dĂ©cembre 2002
Élection{{{élection1}}}
Réélection(s){{{réélection1}}}
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Premier ministreKeizĹŤ Obuchi
YoshirĹŤ Mori
Jun'ichirĹŤ Koizumi
Président(s) du Conseil{{{président du conseil 1}}}
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Ministre(s) d'État{{{ministre d'état 1}}}
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Chef(s) de cabinet{{{chef cabinet 1}}}
Gouvernement(s)
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PrédécesseurNaoto Kan (PDJ)
SuccesseurNaoto Kan (PDJ)

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Période
16 mai - 16 septembre 2009
Élection{{{élection2}}}
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Chef(s) de l'État{{{chef de l'etat 2}}}
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Premier ministreTarĹŤ AsĹŤ
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Ministre(s) d'État{{{ministre d'état 2}}}
Ministre(s)-président(s){{{ministre-président 2}}}
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Gouvernement(s)
Législature(s){{{législature 2}}}
PrédécesseurIchirō Ozawa (PDJ)
SuccesseurSadakazu Tanigaki (PLD)

Secrétaire général du PDJ
Période
18 septembre 1997 - 27 avril 1998
Élection{{{élection3}}}
Réélection(s){{{réélection3}}}
Président(s)Naoto Kan
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PrédécesseurAucun (fonction créée)
SuccesseurTsutomu Hata

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Période
18 septembre 2005 - 16 mai 2009
Élection{{{élection4}}}
Réélection(s){{{réélection4}}}
Président(s)Seiji Maehara
IchirĹŤ Ozawa
Président(s) de la République{{{président de la république 4}}}
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PrédécesseurTatsuo Kawabata
SuccesseurKatsuya Okada

Représentant du 9 district de Hokkaidō
Sous-préfectures d'Iburi - Hidaka
Période
7 novembre 1996 - En fonction
Élection20 octobre 1996
Réélection(s)25 juin 2000
9 novembre 2003
11 septembre 2005
30 aoĂ»t 2009
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PrédécesseurCirconscription créée
Successeur

Représentant de l'ancien 4 district de Hokkaidō
Sous-préfectures de Sorachi - Iburi - Hidaka
Période
22 juillet 1986 - 27 septembre 1996
Élection6 juillet 1986
Réélection(s)18 fĂ©vrier 1990
18 juillet 1993
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PrédécesseurTadashi Kodaira
SuccesseurCirconscription disparue

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Prédécesseur{{{prédécesseur 11}}}
Successeur{{{successeur 11}}}

Biographie
Nom de naissance鳩山 由紀夫 Hatoyama Yukio
Naissance11 fĂ©vrier 1947 (1947-02-11) (63 ans)
Japon BunkyĹŤ
(TĹŤkyĹŤ, Japon)
Décès{{{décès}}}
{{{lieu du décès}}}
Nature du décès{{{nature}}}
Nationalitéjaponaise
Parti politiquePLD (1986-1993)
NPS (1993-1996)
PDJ (1996- )
ConjointMiyuki Hatoyama
EnfantsKiichirĹŤ Hatoyama
Diplômé deUniversité de Tōkyō
Université Stanford
ProfessionUniversitaire
Religionbaptiste
RĂ©sidenceSĹŤri-daijin KĹŤtei (ç·Źç†ĺ¤§č‡Łĺ…¬é‚¸), 2-3-1 Nagata-chĹŤ, Chiyoda-ku, TĹŤkyĹŤ
Signature{{{signature}}}

Emblem of the Prime Minister of Japan.svg
Premiers ministres du Japon




Introduction :

      Yukio Hatoyama (鳩山 由紀夫, Hatoyama Yukio), nĂ© le 11 fĂ©vrier 1947, est un homme politique japonais, prĂ©sident du Parti dĂ©mocrate du Japon (PDJ), longtemps le principal parti d'opposition du pays, de 1999 Ă  2002 et depuis le 16 mai 2009, et est le 60 Premier ministre du Japon depuis le 16 septembre 2009. Il est Ă©lu Ă  la Chambre des reprĂ©sentants du Japon depuis 1986, pour le 9 district Ă©lectoral de HokkaidĹŤ depuis 1996 (avant cela, il Ă©tait l'un des reprĂ©sentants de l'ancien 4 district de cette Ă®le).







Suite de l'article :

Le PDJ ayant remportĂ© une victoire historique aux Ă©lections lĂ©gislatives du 30 aoĂ»t 2009, obtenant Ă  lui seul 308 dĂ©putĂ©s sur 480, Yukio Hatoyama est nommĂ© Premier ministre le 16 septembre 2009. Il a formĂ© un gouvernement de coalition avec le Parti social-dĂ©mocrate (centre-gauche) et le Nouveau parti du peuple (centre-droit), petites formations Ă©galement membres jusque lĂ  de l'opposition. Il est le premier chef de gouvernement japonais a ĂŞtre Ă©lu Ă  la Diète pour l'Ă®le d'HokkaidĹŤ.


- Sommaire de la page -









Chapitre : Origines, formation et carrière professionnelle





Image (cliquez pour agrandir) :

Le Premier ministre IchirĹŤ Hatoyama et ses deux petits-fils, de gauche Ă  droite : Yukio et Kunio Hatoyama


  - Sous-chapitre : Membre d'une grande dynastie politique

Article dĂ©taillĂ© : Famille Hatoyama.

     NĂ© dans l'arrondissement de BunkyĹŤ Ă  TĹŤkyĹŤ, Hatoyama est le fils de IichirĹŤ Hatoyama qui fut le ministre des Affaires Ă©trangères de Takeo Fukuda (1976-1977), le petit-fils de IchirĹŤ Hatoyama, ancien Premier ministre japonais (1954-1956) et fondateur du Parti libĂ©ral dĂ©mocrate (PLD), et l'arrière-petit-fils de l'ancien samouraĂŻ Kazuo Hatoyama qui fut prĂ©sident de la Chambre des reprĂ©sentants de 1896 Ă  1897.


     Il est Ă©galement le frère aĂ®nĂ© de Kunio Hatoyama, qui est lui aussi engagĂ© dans la politique japonaise mais au sein du PLD et qui fut ministre de la Justice des gouvernements Abe puis Fukuda de 2007 Ă  2008 ainsi que ministre des Affaires intĂ©rieures et des Communications dans le gouvernement AsĹŤ de septembre 2008 Ă  juin 2009.


     De plus, son grand-père maternel n'est autre que ShĹŤjirĹŤ Ishibashi, le fondateur du fabricant de pneus Bridgestone. Grâce Ă  cette ascendance, Yukio Hatoyama fait partie des plus grosses fortunes de la Diète du Japon, avec un patrimoine actif qui s'Ă©lèverait en juillet 2009 Ă  1,65 milliard de Yens (soit environ 13,8 millions d'euros).


     L'importance de la famille Hatoyama dans la vie politique japonaise depuis les annĂ©es 1940, sa richesse et la carrière quasiment simultanĂ©e des deux frères Yukio et Kunio ont valu Ă  ces derniers d'ĂŞtre rĂ©gulièrement comparĂ©s aux Kennedy.

  - Sous-chapitre : Une Ă©ducation soignĂ©e


     Il fait, comme son frère et la plupart des membres de sa famille, l'essentiel de sa scolaritĂ©, du primaire au collège, au sein de la prestigieuse Compagnie scolaire GakushĹ«in, institution privĂ©e connue pour ĂŞtre essentiellement rĂ©servĂ©e aux enfants de l'aristocratie japonaise. Il fait ensuite des Ă©tudes scientifiques brillantes, Ă©tant licenciĂ© en ingĂ©nierie de l'UniversitĂ© de TĹŤkyĹŤ, la plus importante et la mieux notĂ©e du Japon, en 1969, puis recevant son Ph.D. en recherche opĂ©rationnelle de la cĂ©lèbre universitĂ© amĂ©ricaine de Stanford Ă  Palo Alto (Californie) en 1976, avec une thèse portant sur la propriĂ©tĂ© de Markov appliquĂ©e Ă  la maintenance des machines et intitulĂ©e Markov Maintenance Models with Repair (en français : Modèles de maintenance de Markov avec repère), prĂ©parĂ©e sous la direction de Gerald J. Lieberman.

  - Sous-chapitre : Mariage, enfants et vie privĂ©e


     Il a Ă©pousĂ© en 1975 Miyuki Hashimoto (橋本 幸, Hashimoto Miyuki), ancienne danseuse de la revue Takarazuka connue durant sa carrière sous le nom de scène de Petite Miyuki (若 ăżă‚†ăŤ, Waka Miyuki) et qu'il a rencontrĂ©e pendant ses Ă©tudes en Californie oĂą elle rĂ©sidait Ă  l'Ă©poque avec son premier mari. DĂ©sormais critique culinaire et auteur de livres portant sur les arts domestiques (cuisine, dĂ©coration, notamment) sous le nom de Miyuki Hatoyama (鳩山 幸, Hatoyama Miyuki), elle est une habituĂ©e des Ă©missions et magazines portant sur ces sujets.


     Leur fils, KiichirĹŤ Hatoyama (鳩山 紀一éŽ, Hatoyama KiichirĹŤ), nĂ© en Californie pendant les Ă©tudes de son père en 1976, est diplĂ´mĂ© en gĂ©nie urbain de l'UniversitĂ© de TĹŤkyĹŤ, spĂ©cialisĂ© dans les transports urbains et notamment la circulation routière, et est depuis 2008 professeur invitĂ© Ă  l'UniversitĂ© d'État de Moscou en Russie.


     En 1996, Ă  la veille d'Ă©lections lĂ©gislatives, une partie de la presse accuse Yukio Hatoyama d'entretenir depuis dix ans une relation extra conjugale avec une femme Ă  Muroran. Toutefois, son Ă©pouse le soutient, estimant avoir une part de responsabilitĂ© dans son adultère pour l'avoir laissĂ© trop seul et coupant court ainsi Ă  un Ă©ventuel scandale.


     Ses passions et loisirs incluent le touch football, ayant dĂ©couvert le football amĂ©ricain Ă  Stanford et Ă©tant prĂ©sident de l'Association japonaise de touch football, le tennis, regarder le baseball Ă  la tĂ©lĂ©vision (sport qu'il a Ă©galement pratiquĂ©, comme beaucoup de Japonais, avant son dĂ©part pour les États-Unis, c'est un supporter de l'Ă©quipe amĂ©ricaine des Pirates de Pittsburgh), Ă©couter de la musique, essentiellement classique, et l'informatique. C'est Ă©galement un amateur de drama (courtes sĂ©ries tĂ©lĂ©visĂ©es des pays est-asiatiques), citant Takako Tokiwa ou Miho Nakayama comme ses actrices prĂ©fĂ©rĂ©es, ainsi que de la culture populaire sud-corĂ©enne.


     Comme son grand-père, il est de religion chrĂ©tienne, plus prĂ©cisĂ©ment protestante baptiste. Il est le huitième Premier ministre japonais chrĂ©tien après Takashi Hara (1918-1921), Korekiyo Takahashi (1921-1922), Shigeru Yoshida (1946-1947 et 1948-1954), Tetsu Katayama (1947-1948), son grand-père IchirĹŤ Hatoyama (1954-1956), Masayoshi ĹŚhira (1978-1980) et son prĂ©dĂ©cesseur TarĹŤ AsĹŤ (2008-2009), et le troisième protestant après Takahashi et IchirĹŤ Hatoyama.

  - Sous-chapitre : Un universitaire engagĂ© assez tardivement en politique


     Contrairement Ă  son frère cadet, qui se fait Ă©lire Ă  la Chambre des reprĂ©sentants Ă  seulement 28 ans en 1976, Yukio Hatoyama ne s'engage pas tout de suite dans le combat politique. Il devient en effet universitaire, exerçant successivement comme chercheur assistant au sein du dĂ©partement des sciences de gestion de l'UniversitĂ© de Technologie de TĹŤkyĹŤ (東京工業大学, TĹŤkyĹŤ KĹŤgyĹŤ Daigaku ), plus connu sous le nom de TiTech ou Tokodai, de 1976 Ă  1981 puis professeur associĂ© Ă  la facultĂ© de gestion de l'UniversitĂ© SenshĹ« de 1981 Ă  1983. Ses travaux continuent de porter sur la recherche opĂ©rationnelle et l'optimisation appliquĂ©e notamment au gĂ©nie industriel et au commerce, et en particulier la propriĂ©tĂ© de Markov et la thĂ©orie des files d'attente.


     Les publications scientifiques de Yukio Hatoyama incluent alors :

    Liste :
  • « Markov maintenance models with control of queue Â» (en français : « Modèles de maintenance de Markov avec contrĂ´le des files d'attente Â»), Journal of the Operations Research Society of Japan, n°20 (3), Ă©d. The Operations Research Society of Japan , 09/1977, p. 164-181.
  • « ĺ¤šç¨®ă®äż®ç†ć–˝č¨­ă‚’ă‚‚ă¤ć©źć˘°ă®äżťĺ…¨ĺ•ŹéˇŚ Â» - « On Optimical policies for multi-repair-type Markov maintenance models Â» (en français : « Sur les politiques d'optimisation pour les modèles de maintenance de Markov multi-repères Â»), Journal of the Operations Research Society of Japan, n°22 (2), Ă©d. The Operations Research Society of Japan , 06/1979, Ă©d. The Operations Research Society of Japan , 06/1979, p. 106-122.
  • « ä¸‹ĺŹ–ă‚Šă‚’č€ć…®ă—ăźĺŹ–ć›żĺ•ŹéˇŚ Â» - « A Replacement problem with trade-in Â» (en français : « Un problème de remplacement avec la reprise Â»), Journal of the Operations Research Society of Japan, n°23 (3), Ă©d. The Operations Research Society of Japan , 09/1980, p. 224-242, p. 224-242.

     Il met un terme Ă  sa carrière universitaire en 1983 pour devenir le secrĂ©taire particulier de son père Ă  la Chambre des conseillers, faisant un premier pas vers le monde politique.






Chapitre : Carrière politique


  - Sous-chapitre : Les dĂ©buts au PLD


     Il se lance finalement en politique avec comme objectif affichĂ© l'idĂ©e de rĂ©former le Japon en utilisant les techniques de la recherche opĂ©rationnelle (analyse et synthèse de tous les Ă©lĂ©ments d'une organisation afin de faire les meilleurs dĂ©cisions), ce qu'il appelle alors la « gestion logique Â». Il se prĂ©sente pour la première fois Ă  la Chambre des reprĂ©sentants sous les couleurs du Parti libĂ©ral dĂ©mocrate lors des Ă©lections de 1986, en Ă©tant « parachutĂ© Â» dans l'ancien 4 district Ă©lectoral de HokkaidĹŤ (Ă  savoir les sous-prĂ©fectures de Sorachi, Iburi et Hidaka), et tente de mener une campagne reprenant sa vision rationnelle de la politique, comme en tĂ©moigne son slogan : « RĂ©aliser les rĂŞves, et envisager scientifiquement la politique Â». Il bĂ©nĂ©ficie du dĂ©sistement en sa faveur de l'un des titulaires de la circonscription, le dĂ©putĂ© sortant SaburĹŤ Saegusa qui est un ami de son père, du prestige toujours fort du nom Hatoyama dans la rĂ©gion remontant Ă  la possession par la famille entre 1894 et 1946 d'une importante propriĂ©tĂ© dans le bourg de Kuriyama et du soutien de l'une des plus puissantes et des plus anciennes factions internes du parti, le « Club du Jeudi Â» (木曜クă©ă–, MokuyĹŤ kurabu) plus connu sous le nom de « faction Tanaka Â» car dominĂ© par l'ancien Premier ministre et figure majeure de la vie politique japonaise dans les annĂ©es 1970 et 1980 Kakuei Tanaka. Pour favoriser son implantation, sa mère, hĂ©ritière de la famille Ishibashi, lui achète un immeuble de trois niveaux dans le port industriel de Muroran, principale agglomĂ©ration de la circonscription. Yukio Hatoyama est alors Ă©lu en deuxième position sur les cinq dont dispose le district au vote unique non transfĂ©rable, obtenant 16,1 % des suffrages exprimĂ©s.


     Il devient rapidement l'un des principaux reprĂ©sentants d'une nouvelle gĂ©nĂ©ration montante au sein du parti et qui se montre de plus en plus critique vis-Ă -vis de la vieille garde. Il anime notamment, avec deux autres quadragĂ©naires et quinquagĂ©naires entrĂ©s rĂ©cemment Ă  la Diète, Masayoshi Takemura et Shyusei Tanaka, le « Groupe d'Ă©tudes pour une utopie politique Â» (ă¦ăĽăă”ア政治研究会, Utopia Seiji KenkyĹ«kai). Dans un contexte de scandales politico-financiers, cette association interne au PLD et qui transcende les diffĂ©rentes factions dĂ©clare vouloir combattre la corruption et la collusion des hommes politiques avec les milieux financiers ou industriels, tout en dĂ©nonçant la bureaucratie et l'administration trop lourde Ă  la fois de l'État et du gouvernement, se positionnant ainsi dans une optique nĂ©olibĂ©rale et rĂ©formatrice.

  - Sous-chapitre : La dissidence


     Dans un contexte de crise profonde de l'Ă©conomie japonaise nĂ©e de l'Ă©clatement de la bulle japonaise, de plus en plus d'Ă©lus du PLD dĂ©cident de le quitter pour former des partis dissidents. La plus grande scission a lieu en 1993 lorsque ce parti, qui avait gouvernĂ© sans discontinuer depuis sa crĂ©ation en 1955, perd la majoritĂ© en raison de dĂ©fections Ă  rĂ©pĂ©tition. Une motion de censure (la seule de l'histoire du Japon) est alors votĂ©e, provoquant de fait des Ă©lections anticipĂ©es remportĂ©es par une coalition anti-PLD unissant des membres de l'opposition de longue date (essentiellement de gauche, dont le Parti socialiste japonais) et des dissidents de l'ancien parti majoritaire (qui restent plutĂ´t Ă  droite, mais avec une nette tendance rĂ©formiste).


     Parmi ces derniers se trouvent le Nouveau Parti pionnier, ou Nouveau parti Sakigake, créé le 22 juin 1993 sur la base de l'ancien « Groupe d'Ă©tudes pour une utopie politique Â». Il est prĂ©sidĂ© par Masayoshi Takemura, Shyusei Tanaka en est son vice-prĂ©sident, Hironuki Sonoda son secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral et Yukio Hatoyama en devient donc le prĂ©sident du ComitĂ© des Affaires gĂ©nĂ©rales et n°4 du parti. De plus, Hatoyama est alors nommĂ© secrĂ©taire-gĂ©nĂ©ral adjoint du Cabinet issu de cette coalition anti-PLD et dirigĂ© par Morihiro Hosokawa, du Nouveau parti du Japon et lui-mĂŞme ancien dissident du PLD depuis 1992. Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Cabinet que Hatoyama seconde alors n'est autre que Masayoshi Takemura.


     Mais dès avril 1994, le Nouveau Parti pionnier quitte la coalition anti-PLD avec le Parti socialiste, et tous deux forment alors une nouvelle majoritĂ© complĂ©tĂ©e par le PLD qui retrouve ainsi le pouvoir sans obtenir encore le poste de Premier ministre qui revient, jusqu'Ă  janvier 1996, au socialiste Tomiichi Murayama. S'il reste au sein du Nouveau Parti pionnier et ne rejoint pas le ShinshintĹŤ, ou parti de la nouvelle frontière, formĂ© en 1994 par tous les mouvements issus des dĂ©parts du PLD depuis le dĂ©but des annĂ©es 1990 ainsi que des sociaux-dĂ©mocrates qui refusent de voir ce dernier revenir au gouvernement, Yukio Hatoyama s'Ă©loigne petit Ă  petit des instances dirigeantes, cautionnant de moins en moins que l'ancien parti majoritaire retrouve son influence de jadis.


     Finalement, lorsqu'en janvier 1996 le prĂ©sident du PLD, RyĹ«tarĹŤ Hashimoto, devient Premier ministre, avec le soutien toujours du Parti socialiste et du Nouveau Parti pionnier, le gros des militants de ces derniers, emmenĂ©s par Yukio Hatoyama et Naoto Kan, les quittent. Ils sont alors rejoints par des dissidents du ShinshintĹŤ, avec Ă  leur tĂŞte nul autre que Kunio Hatoyama, le frère de Yukio. Tous les trois fondent alors leur propre mouvement, le Parti dĂ©mocrate du Japon, en vue des Ă©lections lĂ©gislatives d'octobre 1996. Yukio Hatoyama en devient le co-prĂ©sident, spĂ©cialement chargĂ© des affaires internes au parti, avec Naoto Kan qui lui s'occupe de la stratĂ©gie politique et des relations avec les autres formations. Lors de l'Ă©lection, ce nouveau parti obtient alors 52 Ă©lus Ă  la Chambre des reprĂ©sentants (Yukio Hatoyama Ă©tant lui-mĂŞme largement Ă©lu dans le nouveau 9 district de HokkaidĹŤ, Ă  savoir les sous-prĂ©fectures d'Iburi et de Hidaka sur la cĂ´te sud de l'Ă®le, avec 52,8 % des suffrages exprimĂ©s face Ă  deux candidats), devenant la troisième force politique du Japon et la deuxième de l'opposition, derrière le ShinshintĹŤ.


     Les deux fondateurs ne sont toutefois pas totalement d'accord sur la forme exacte que doit prendre ce nouveau mouvement. En effet, Yukio Hatoyama veut avant tout en faire un grand rassemblement populaire directement basĂ© sur l'opinion publique, le plus Ă©loignĂ© possible de l'organisation traditionnelle des grands partis japonais et inscrit dans une « opposition complète Â» (ĺĄĺ…¨ 野党, Kenzen YatĹŤ), tandis que Naoto Kan prĂ©fère au contraire s'appuyer sur de petites formations politiques locales de dĂ©fense des droits des citoyens et militer pour une « opposition constructive Â» (建設的 野党, Kensetsu-teki YatĹŤ) au PLD (n'excluant pas de former avec celui-ci une coalition gouvernementale si la situation l'exige). Un compromis est nĂ©anmoins trouvĂ© en mars 1997 entre les deux hommes et surtout sur l'attitude Ă  adopter vis-Ă -vis du parti au pouvoir, en s'approchant toutefois plus du Kensetsu-teki YatĹŤ de Naoto Kan : tout en refusant de participer au Cabinet, le PDJ adopte une stratĂ©gie de nĂ©gociation permanente avec le gouvernement en lui fournissant des projets ou contre-projets de loi. En septembre 1997, Yukio Hatoyama abandonne la prĂ©sidence qui est dĂ©sormais exercĂ©e seule par Naoto Kan, et devient secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral et donc n°2 du parti.

  - Sous-chapitre : L'opposition

La formation du premier parti d'opposition


     En 1998, le ShinshintĹŤ explose. Une minoritĂ© suit IchirĹŤ Ozawa, son prĂ©sident depuis 1996, pour former le Parti libĂ©ral, un mouvement de droite nĂ©olibĂ©rale qui rentre alors dans la majoritĂ© menĂ©e par le PLD. Les anciens du parti confessionnel KĹŤmeitĹŤ reforment leur mouvement et s'associent Ă©galement au parti au pouvoir. Le reste se disperse d'abord en une multitude de mouvements finalement rĂ©duits Ă  deux en janvier 1998 : les anciens dissidents du PLD qui n'ont pas rejoint ce dernier ni le parti d'Ozawa forment le Parti de la bonne gouvernance ; les anciens du Parti dĂ©mocrate socialiste (parti social-dĂ©mocrate voire social-libĂ©ral formĂ© en 1960 par des dissidents issus de l'aile droite du Parti socialiste) se regroupent dans le Nouveau parti de la FraternitĂ©. Finalement, le 27 avril 1998, ces derniers fusionnent avec le parti des frères Hatoyama et de Naoto Kan ainsi qu'avec le Parti des rĂ©formes dĂ©mocratiques, bras politique du Rengo, principal syndicat de l'archipel, et quelques Ă©lus indĂ©pendants pour former le nouveau et actuel Parti dĂ©mocrate du Japon, qui devient la principale force d'opposition. Suite Ă  cet Ă©largissement, Yukio Hatoyama perd sa place de secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral au profit de l'ancien Premier ministre de la coalition anti-PLD de 1993-1994 Tsutomu Hata, leader jusque lĂ  du Parti de la bonne gouvernance.


     Progressivement, il se montre de plus en plus critique vis-Ă -vis de Naoto Kan, jugeant l'orientation de ce dernier trop Ă  gauche et, concernant une sĂ©rie de mesures adoptĂ©es par la Diète sous pression de Kan et du PDJ (qui contrĂ´lent depuis les Ă©lections de 1998 la Chambre des conseillers) comme le sauvetage de la Banque de crĂ©dit de longue durĂ©e du Japon par sa nationalisation ou encore une rigoureuse lĂ©gislation de contrĂ´le du secteur bancaire, il dĂ©clare que les dĂ©mocrates « sont allĂ©s trop loin alors que les Ă©lections venaient juste d'avoir lieu Â».

Le chef de l'opposition pour la première fois




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Rencontre Ă  TĹŤkyĹŤ entre le chef de l'opposition japonaise Yukio Hatoyama (Ă  g.) et le prĂ©sident russe Vladimir Poutine (Ă  dr.), le 5 septembre 2000



     Naoto Kan en est son premier prĂ©sident de 1998 Ă  septembre 1999, mais deux scandales, l'un sexuel et l'autre financier, qui Ă©clatent en mĂŞme temps en novembre 1998, affectent durement sa popularitĂ© jusque lĂ  au plus haut et affaiblissent sa situation au sein du parti (d'un cĂ´tĂ© un hebdomadaire conservateur japonais affirme que le chef de l'opposition a passĂ© la nuit dans une chambre d'hĂ´tel avec une ancienne prĂ©sentatrice de tĂ©lĂ©vision de vingt ans sa cadette employĂ©e comme consultante par le parti, et de l'autre une rumeur relayĂ©e dans la presse fait Ă©tat d'un pot-de-vin de 4,2 millions de dollars amĂ©ricains qu'auraient reçus Kan du SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Cabinet Hiromu Nonaka en Ă©change du soutien du PDJ au gouvernement dans la gestion de la crise bancaire, deux accusations que l'intĂ©ressĂ© dĂ©ment). Lors de l'Ă©lection du prĂ©sident du parti le 25 septembre 1999, Yukio Hatoyama se prĂ©sente face Ă  Naoto Kan et obtient la victoire au second tour par 182 voix contre 130 (au premier tour Yukio Hatoyama avait dĂ©jĂ  rĂ©uni 154 voix contre 109 Ă  Naoto Kan et 57 Ă  l'ancien gouverneur socialiste de HokkaidĹŤ Takahiro Yokomichi). Il conserve alors Tsutomu Hata comme secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral tandis que Naoto Kan devient prĂ©sident des Affaires politiques et donc n°3 du parti.

Organiser l'opposition

     Il s'attache alors Ă  assoir durablement le PDJ comme principale force d'opposition selon les principes qu'il avait dĂ©jĂ  dĂ©fendu lors de la crĂ©ation du parti en 1996 : forger un grand mouvement populaire, un Kenzen YatĹŤ (parti d'opposition systĂ©matique) et moraliser la vie politique. Ainsi, l'une de ses premières mesures en tant que prĂ©sident, dès le 16 janvier 2000, est d'Ă©tendre le vote pour l'Ă©lection du chef du parti Ă  tous les Ă©lus d'assemblĂ©es locales et Ă  tous les militants de plus de 18 ans payant une cotisation supĂ©rieure Ă  1000 yens, alors qu'elle Ă©tait jusqu'alors limitĂ©e aux seuls Ă©lus de la Diète. Toutefois, le poids Ă©lectoral de ces diffĂ©rents collèges est dĂ©sĂ©quilibrĂ© puisque chaque parlementaire reprĂ©sente 2 voix, les candidats dĂ©jĂ  officiellement investis par le PDJ aux futures Ă©lections lĂ©gislatives 1 voix chacun tandis que la totalitĂ© des Ă©lus locaux et des militants envoient un nombre limitĂ© de dĂ©lĂ©guĂ©s ayant chacun une voix. Le mandat de prĂ©sident est Ă©galement Ă©tendu de 1 Ă  2 ans. Le 7 mars suivant, il fait de plus adopter un « Code d'Ă©thique Â» par les membres du mouvement. Et pour ce qui est de ses rapports avec la majoritĂ©, il muscle l'attitude du parti qui prĂ©sente pas moins de trois motions de censure contre le gouvernement de YoshirĹŤ Mori en l'espace de neuf mois (le 2 juin et 21 novembre 2000 et le 5 mars 2001). Il est aussi le premier Ă  diriger le Cabinet fantĂ´me formĂ© par le PDJ, appelĂ© « Cabinet suivant Â» (ăŤă‚Żă‚ąăă‚­ăŁă“ăŤăă puis 次ă®ĺ†…é–Ł, Nekusutokyabinetto puis Tsugi-no-naikaku), ou officiellement en anglais Next Cabinet (NC). En effet, cette prĂ©rogative de l'opposition est pour la première fois officiellement institutionnalisĂ©e par une rĂ©forme en 1999. Il dirige alors quatre de ces contre-gouvernements, du 1 octobre 1999 au 13 dĂ©cembre 2002.


     Sur le plan idĂ©ologique, afin de clairement diffĂ©rencier le PDJ du PLD, et bien que lui-mĂŞme fermement libĂ©ral et issu du centre-droit, il oriente de plus en plus son parti vers le centre-gauche et le social-libĂ©ralisme, dĂ©fendant une tactique proche de la troisième voie (entre socialisme traditionnel et conservatisme libĂ©ral) mise en avant Ă  l'Ă©poque notamment par le Parti dĂ©mocrate amĂ©ricain de Bill Clinton ou le New Labour du britannique Tony Blair. Cette politique pousse certains poids lourds du mouvement, restĂ©s fermement attachĂ©s aux valeurs de droite, Ă  retourner au PLD. C'est le cas notamment de Kunio Hatoyama, le propre frère de Yukio.


     MalgrĂ© ces dĂ©fections, le poids politique du parti ne cesse de se renforcer Ă  chaque Ă©lection. Ainsi, Ă  la veille des Ă©lections anticipĂ©es de 2000, le PDJ dispose de 150 parlementaires sur 752, soit 95 reprĂ©sentants sur 500 et 55 conseillers sur 252, au lendemain du scrutin il en compte 182 sur 732 (avec 127 reprĂ©sentants sur 480, soit 32 de plus que dans la chambre sortante tandis que le PLD en a perdu 48 et la majoritĂ© en gĂ©nĂ©rale 50, les dĂ©mocrates rĂ©alisent notamment un score quasi identique Ă  celui du parti au pouvoir Ă  la proportionnelle, avec 25,2 % des suffrages exprimĂ©s contre 28,3 %). Le renouvellement de la moitiĂ© de la Chambre des conseillers en 2001 fait encore augmenter ce nombre Ă  183 sur 727. Fort de ses succès, il est réélu sans difficultĂ©, et sans rival, Ă  la tĂŞte du parti le 9 septembre 2000 (tandis que Naoto Kan devient secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral et n°2 du parti en remplacement de Tsutomu Hata qui obtient la position purement honorifique de « PrĂ©sident d'honneur Â»).

Face à Koizumi et difficultés

     Toutefois, malgrĂ© les points gagnĂ©s par l'opposition, ceux-ci sont vite battus en brèche par l'arrivĂ©e au pouvoir de Jun'ichirĹŤ Koizumi, Premier ministre du 26 avril 2001 au 26 septembre 2006. Celui-ci transforme profondĂ©ment le PLD en le transformant en une machine Ă©lectorale Ă  son service et Ă  celui de ses rĂ©formes, reprend dans ces dernières la plupart des thèmes de prĂ©dilections du PDJ (baisse de la fiscalitĂ©, rĂ©formes de l'administration pour limiter le poids de l'État, dĂ©rĂ©gulation, dĂ©concentration et dĂ©centralisation) et chasse sur ses terres Ă©lectorales (les populations urbaines ou les femmes, jusqu'Ă  prĂ©sent quasiment entièrement acquises aux dĂ©mocrates, sont sĂ©duits par la « tornade Koizumi Â»). Il s'agit alors pour le PDJ et Hatoyama de proposer une alternative crĂ©dible face Ă  ce leader populiste et charismatique. Or, le chef de l'opposition peine Ă  faire le poids face Ă  un chef de gouvernement très mĂ©diatique. S'il multiplie les attaques Ă  son Ă©gard dès que sa popularitĂ© commence Ă  chuter en 2002, dĂ©posant la première motion de censure contre lui le 20 juillet 2002, il ne rĂ©ussit pas Ă  assurer une attitude cohĂ©rente des dĂ©mocrates sur certains points, notamment dans le domaine de la politique Ă©trangère. Ainsi, en novembre 2001, le parti se divise au sujet de l'envoi de navires de la Force maritime d'autodĂ©fense dans la mer d'Oman comme soutien logistique Ă  la coalition internationale menĂ©e par les États-Unis en guerre contre les terroristes en Afghanistan : Yukio Hatoyama apporte son soutien, mais il n'est pas suivi par 22 reprĂ©sentants de la gauche du mouvement emmenĂ©s par Takahiro Yokomichi qui dĂ©cident de voter contre ou de s'abstenir et lui reprochent d'ĂŞtre trop complaisant vis-Ă -vis des rĂ©formes de Koizumi.


     Preuve du caractère instable de sa situation, lors du nouveau scrutin pour choisir le dirigeant du parti, pas moins de neuf personnes annoncent dans un premier temps leur intention de se prĂ©senter face Ă  lui et ils sont finalement trois Ă  s'opposer Ă  Yukio Hatoyama au premier tour le 23 septembre 2002 : Naoto Kan qui reste la personnalitĂ© dĂ©mocrate prĂ©fĂ©rĂ©e des sondages (il est considĂ©rĂ© comme le meilleur opposant potentiel Ă  Koizumi par 31,3 % des 1 031 individus interrogĂ©s par l'institut Kyodo News en attente de l'Ă©lection, contre 13,4 % seulement pensant de mĂŞme de Hatoyama), Yoshihiko Noda qui est investi par un groupe de jeunes parlementaires dĂ©sirant une relève Ă  la tĂŞte du parti dĂ©mocrate et Takahiro Yokomichi pour l'aile gauche. ArrivĂ© en tĂŞte au premier tour (avec 294 voix, contre 221 pour Kan, 181 pour Noda et 119 pour Yokomichi), Yukio Hatoyama est finalement réélu avec une faible avance sur Naoto Kan (254 votes contre 242, essentiellement grâce au vote des Ă©lus locaux et des militants quand Kan a surtout obtenu le soutien des parlementaires) et choisit pour secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral Kansei Nakano, vieux parlementaire social-dĂ©mocrate (il est Ă©lu Ă  la Chambre des reprĂ©sentants depuis 1976) qui, potentiellement candidat, lui a apportĂ© le soutien dĂ©cisif des principaux syndicats liĂ©s au PDJ (dont le Rengo). Ce choix pragmatique, visant Ă  rĂ©compenser un alliĂ© important, est particulièrement critiquĂ© notamment par les plus jeunes parlementaires (qui reprochent aux plus anciens Ă©lus d'ĂŞtre encore trop fortement marquĂ©s politiquement par leurs anciennes Ă©tiquettes nĂ©es des multiples partis politiques diffĂ©rents qui ont contribuĂ© Ă  la naissance du PDJ) et une partie des observateurs extĂ©rieurs, les deux grands quotidiens plutĂ´t proches du parti, l’Asahi Shinbun et le Mainichi Shinbun, titrent respectivement « Nos mâchoires se sont dĂ©crochĂ©es Â» et « Le PDJ soutiendrait-il le PLD ? Â». Alors qu'elles devaient ĂŞtre l'occasion de rassembler le PDJ derrière un leader commun pour contrer Koizumi, ces Ă©lections marquent au contraire la profonde division au sein de la principale force d'opposition.


     De mauvaises performances lors d'Ă©lections partielles de reprĂ©sentants le 27 octobre suivant (un dĂ©putĂ© sortant est battu Ă  Fukuoka et dans trois des sept circonscriptions oĂą avaient lieu un vote, le candidat dĂ©mocrate arrive en troisième ou quatrième position alors qu'il y avait deux candidats du PLD) affaiblissent encore sa position. Finalement, il est forcĂ© de prĂ©senter sa dĂ©mission de la prĂ©sidence du parti le 3 dĂ©cembre 2002, deux mois et demi seulement après sa réélection Ă  la tĂŞte du mouvement. En effet, le comitĂ© directeur lui reproche le manque de transparence de son projet d'absorption dans le PDJ d'autres petits partis d'opposition, dont surtout le Parti libĂ©ral d'IchirĹŤ Ozawa. Le 13 dĂ©cembre, il est officiellement remplacĂ© par celui qui avait Ă©tĂ© son prĂ©dĂ©cesseur et son principal adversaire Ă  la prĂ©cĂ©dente Ă©lection, Naoto Kan.

Toujours une figure déterminante de l'opposition




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Yukio Hatoyama le 17 novembre 2007



     MĂŞme s'il en a perdu la prĂ©sidence en 2002, Yukio Hatoyama conserve un poids politique considĂ©rable au sein de la principale force d'opposition. En effet, il y dirige le « ComitĂ© pour la mise en Ĺ“uvre d'un changement de politique Â» (政権交代を実現ă™ă‚‹äĽš, Seiken KĹŤtai o Jitsugen suru Kai), plus gĂ©nĂ©ralement dĂ©signĂ© sous le nom de « groupe Hatoyama Â», qui, avec en 2008 52 parlementaires sur les quelques 222 que comptent le PDJ, constitue la principale faction interne du mouvement. Il s'agit de la tendance la plus modĂ©rĂ©e et la plus centriste.


     Le 25 septembre 2003, la dissolution, qu'il avait commencĂ© Ă  prĂ©parer, du Parti libĂ©ral dans le PDJ est entĂ©rinĂ©e.


     Il reste donc l'une des personnalitĂ©s les plus Ă©coutĂ©es du parti, et l'un de ses principaux porte-paroles. Il est ainsi chargĂ© au sein de la direction du mouvement de la question des enlèvements de Japonais par le rĂ©gime nord-corĂ©en dans les annĂ©es 1970, puis, de 2004 Ă  2005, en vue des Ă©lections lĂ©gislatives, il est ministre des Affaires Ă©trangères du Cabinet suivant, prenant ainsi une part importante Ă  la campagne et dans l'Ă©laboration du programme diplomatique du parti qui, notamment, promet de retirer d'ici dĂ©cembre 2005 les troupes des Forces japonaises d'autodĂ©fense engagĂ©es dans des missions de reconstruction en Irak et de donner Ă©galement un rĂ©el poids politique au Japon sur la scène internationale passant par : l'obtention d'un siège de membre permanent au Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations unies et donner au Japon les moyens de remplir un rĂ´le de modèle de dĂ©mocratie et de dĂ©fense des droits de l'homme dans la rĂ©gion Asie-Pacifique et dans le monde (par la participation du pays Ă  la Cour pĂ©nale internationale, aux Forces de coopĂ©ration de maintien de la paix et la promotion de l'Architecture de document ouverte ODA). Il veut Ă©galement renforcer la coopĂ©ration rĂ©gionale, tant sur le plan commercial que politique, en appelant Ă  la crĂ©ation d'une « CommunautĂ© est-asiatique Â» sur le modèle de l'Union europĂ©enne.


     Après l'Ă©chec cuisant du PDJ lors de ce scrutin et la victoire du PLD, qui pour la première fois depuis les annĂ©es 1980 retrouve Ă  lui seul la majoritĂ© absolue Ă  la Chambre des reprĂ©sentants, Yukio Hatoyama est nommĂ© secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du parti par son nouveau prĂ©sident, Seiji Maehara, puis est confirmĂ© Ă  ce poste en avril 2006 par son successeur, IchirĹŤ Ozawa. Il soutient d'ailleurs activement ce dernier durant toute la durĂ©e de son mandat. Lorsque Ozawa doit dĂ©missionner le 11 mai 2009 en raison d'un scandale financier ayant Ă©claboussĂ© l'un de ses principaux collaborateurs, Yukio Hatoyama est choisi dès le 16 mai suivant par les parlementaires du PDJ pour lui succĂ©der et mener le mouvement Ă  la bataille lors des Ă©lections lĂ©gislatives qui doivent avoir lieu dans les mois suivants et que l'opposition espère bien remporter, par 124 voix contre 95 Ă  Katsuya Okada, ancien prĂ©sident du parti de 2004 Ă  2005, favori des sondages et surnommĂ© « M. Propre Â» en raison de son image d'homme intègre et son discours musclĂ© en matière de lutte contre la corruption.

  - Sous-chapitre : Au pouvoir




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Unes des principaux quotidiens japonais au matin du 31 aoĂ»t 2009, annonçant la victoire du PDJ et de Yukio Hatoyama



     Depuis son retour Ă  la tĂŞte de l'opposition japonaise en 2009, avec pour slogans « CrĂ©er un pays plein d'amour Â» (愛溢れる国, Ai afureru kuni), « Changement politique Â» (政権交代, Seiken kĹŤtai) ou encore ce qu'il prĂ©sente comme sa devise personnelle, YĹ«ai (友愛 terme unissant les kanji 友 « amitiĂ© Â» et ć„› « amour Â», forgĂ© en 1953 par IchirĹŤ Hatoyama pour traduire en japonais le concept de « rĂ©volution fraternelle Â» dĂ©veloppĂ© dans L'État totalitaire contre l'Homme par le comte Richard Nikolaus de Coudenhove-Kalergi que les deux Hatoyama, le grand-père et le petit-fils, citent comme leur modèle), il domine dans tous les sondages le Premier ministre en exercice TarĹŤ AsĹŤ. Son opposition Ă  ce dernier est comparĂ©e Ă  celle de leurs grands-pères respectifs, Shigeru Yoshida et IchirĹŤ Hatoyama, dans les annĂ©es 1950.


     Faisant campagne sur la base d'un programme ambitieux voire idĂ©aliste pour ses adversaires qui tentent de le prĂ©senter comme irresponsable et incapable de gouverner, appelant Ă  lutter contre la bureaucratie avec notamment l'abandon de la pratique de l’amakudari et la limitation des « hĂ©ritages politiques Â» au parlement, promettant d'importantes mesures sociales afin d'augmenter le pouvoir d'achat, lutter contre la prĂ©caritĂ© et relancer la consommation comme la crĂ©ation d'une allocation Ă  l'enfance de 312 000 yens par an, d'un système de retraite unifiĂ©, d'une pension minimum garantie d'au moins 70 000 yens par mois ou d'une aide pour les demandeurs d'emploi en cours de formation, l'augmentation du salaire minimum, la gratuitĂ© des autoroutes et la suppression de l'intĂ©rim et des CDD dans l'industrie et critiquant le « fondamentalisme de marchĂ© Â» imposĂ© par le modèle Ă©conomique amĂ©ricain, il mène son parti Ă  la victoire lors des Ă©lections lĂ©gislatives japonaises de 2009, le PDJ obtenant Ă  lui seul la majoritĂ© absolue avec 308 sièges sur 480. Le 9 septembre 2009, il conclut un accord de coalition avec deux autres formations, le Parti social-dĂ©mocrate (PSD, centre-gauche, 7 reprĂ©sentants et 5 conseillers) de Mizuho Fukushima et le Nouveau parti du peuple (NPP, centre-droit, 3 reprĂ©sentants et 5 conseillers) de Shizuka Kamei, afin de s'assurer Ă©galement une majoritĂ© stable Ă  la chambre haute de la Diète. De plus, le PDJ forme dans les deux chambres de la Diète des groupes communs avec des indĂ©pendants (2 reprĂ©sentants) et deux autres petits partis, le Nouveau parti Nippon (1 reprĂ©sentant et 1 conseiller) et le Nouveau parti Daichi (1 reprĂ©sentant), portant ainsi la majoritĂ© Ă  322 reprĂ©sentants sur 480 et 124 conseillers sur 242. Enfin, si Votre Parti de Yoshimi Watanabe (5 reprĂ©sentants) soutient l'Ă©lection de Yukio Hatoyama au poste de Premier ministre, il s'oppose ensuite Ă  la dĂ©signation de Muneo Suzuki, prĂ©sident du Nouveau parti Daichi ayant Ă©tĂ© touchĂ© par le passĂ© par un scandale financier, Ă  la tĂŞte de la commission des Affaires Ă©trangères de la Chambre des reprĂ©sentants, et siège depuis dans l'opposition.

Politique intérieure


     L'une de ses premières annonces après sa victoire affirme sa volontĂ© de rĂ©duire de 25 % les Ă©missions de gaz Ă  effet de serre du Japon d'ici Ă  2020 par rapport au niveau de 1990, soit 17 points de plus que ce qu'avait envisagĂ© auparavant le gouvernement sortant du PLD (qui avait annoncĂ© en juin l'objectif d'une rĂ©duction de 15 % d'ici Ă  2020 par rapport au niveau de 2005, soit l'Ă©quivalent de 8 % de moins que le niveau de 1990). Si cette dĂ©claration est accueillie avec satisfaction par les milieux Ă©cologisme, elle provoque l'inquiĂ©tude des industriels.

La nouvelle administration

     Il est officiellement investi comme le 60 Premier ministre du Japon lors d'une sĂ©ance extraordinaire de la Chambre des reprĂ©sentants le 16 septembre 2009, par 327 voix contre 119 au candidat du PLD, Masatoshi Wakabayashi. Ce choix est immĂ©diatement confirmĂ© par la Chambre des conseillers, par 124 voix contre 84 Ă  Wakabayashi. Il nomme un gouvernement de 17 membres comportant 15 ministres issus du PDJ (dont les anciens prĂ©sidents du parti Naoto Kan, comme vice-Premier ministre, Katsuya Okada aux Affaires Ă©trangères et Seiji Maehara au Territoire, aux Infrastructures et aux Transports) et les chefs des deux autres formations composant la coalition, Mizuho Fukushima et Shizuka Kamei.


     Cette nouvelle administration semble vouloir s'inscrire Ă  gauche, les trois factions du PDJ se revendiquant de la social-dĂ©mocratie (les anciens socialistes du Shinsei kyokukondan) ou du social-libĂ©ralisme (les partisans de Naoto Kan et les vĂ©tĂ©rans du PDS) regroupent 6 des 15 ministres dĂ©mocrates, et Ă  des postes clĂ©s. Ainsi la Justice est-elle confiĂ©e Ă  l'ancienne avocate des droits de l'homme, militante socialiste et opposante Ă  la peine de mort Keiko Chiba, ou encore le ministère de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie Ă  l'ancien syndicaliste Masayuki Naoshima. Il fait toutefois le choix de rassurer les marchĂ©s et analystes Ă©conomiques, inquiets des promesses sociales et Ă©conomiques de relance de la consommation qu'ils voient comme un moyen d'augmenter la dette publique dĂ©jĂ  impressionnante, en nommant comme ministre des Finances un homme d'expĂ©rience Hirohisa Fujii, bon connaisseur du milieu des affaires pour avoir travaillĂ© au ministère pendant 23 ans puis pour l'avoir dĂ©jĂ  dirigĂ© dans le gouvernement anti-PLD de 1993 Ă  1994 et partisan d'une certaine rigueur budgĂ©taire, appelant Ă  financer les mesures du gouvernement Hatoyama en luttant contre les « gaspillages Â».

Une réorientation budgétaire



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Le site du barrage de Yanba, dans la prĂ©fecture de Gunma, en 2006 : l'un des chantiers de travaux publics les plus ambitieux de la dĂ©cennie 2000 au Japon, il est le premier Ă  ĂŞtre interrompu par l'administration Hatoyama



     L'une de ses premières mesures est ainsi de lancer (dès le 18 septembre) une rĂ©vision du budget supplĂ©mentaire de 13,93 billions de yens (environ 105 milliards d'euros) votĂ© par la prĂ©cĂ©dente majoritĂ© Ă  la fin du mois de mai pour l'annĂ©e fiscale 2009 afin de financer le troisième plan de relance du gouvernement AsĹŤ. Se lançant Ă  l'origine l'objectif d'y trouver pour 3 billions de yens d'Ă©conomie (22,6 milliards d'euros), une première vague de rĂ©duction annoncĂ©e le 6 octobre suivant ne permet de sĂ©curiser que 2,5 billions de yens et Yukio Hatoyama finit par annoncer le 16 octobre 2009 le gel de certaines mesures et programmes lancĂ©s par son prĂ©dĂ©cesseur reprĂ©sentant un montant de 2,9259 billions de yens (environ 22 milliards d'euros). Les plus grosses coupes budgĂ©taires viennent alors essentiellement du ministère du Territoire, des Infrastructures et des Transports (946,5 milliards de yens, soit près d'un tiers des Ă©conomies rĂ©alisĂ©es, ou 32,35 %) et de celui de l'Agriculture, des ForĂŞts et de la PĂŞche (476,3 milliards).


     Parmi les 365 programmes ainsi stoppĂ©s, le nouveau gouvernement dĂ©cide surtout de mettre un terme Ă  la politique traditionnelle japonaise de travaux publics en Ă©tablissant une liste de 48 de ces projets Ă  interrompre. Le premier d'entre eux est l'ambitieux chantier de construction du barrage de Yanba dans la prĂ©fecture de Gunma, dont le coĂ»t total pour le contribuable Ă©tait estimĂ© Ă  460 milliards de yens (parmi lesquels 321,7 milliards, soit environ 2,4 milliards d'euros, dĂ©jĂ  dĂ©boursĂ©s), entraĂ®nant des protestations de la part des habitants du bourg voisin de Naganohara (pour qui le projet signifiait construction de nouveaux quartiers, obtention de subventions et crĂ©ation d'emplois, ils obtiennent finalement l'assurance de la nouvelle administration que les travaux de dĂ©senclavement et de relogement des populations dĂ©placĂ©es, reprĂ©sentant un coĂ»t de 76 milliards de yens, seraient menĂ©s Ă  terme, et qu'une compensation financière de quelques 160 milliards de yens serait versĂ©e Ă  la prĂ©fecture de Gunma et aux autoritĂ©s des collectivitĂ©s locales, poussant certains observateurs nationaux ou internationaux, comme le New York Times, Ă  se demander s'il ne serait pas revenu moins cher de terminer tout simplement le chantier) et de l'opposition libĂ©rale-dĂ©mocrate.


     Mais, dans le mĂŞme temps, les ambitieuses promesses de campagne du PDJ, les nĂ©cessitĂ©s de la relance, la hausse des obligations du gouvernement (qui font passer le montant prĂ©vu pour les remboursements de capital et les paiements d'intĂ©rĂŞts pour ces obligations de 20,24 billions pour l'annĂ©e fiscale 2009 Ă  21,89 billions de yens pour 2010) et le fonctionnement gĂ©nĂ©ral de l'État poussent finalement les fonctionnaires du trĂ©sor Ă  prĂ©senter au Cabinet un budget prĂ©visionnel pour 2010 estimĂ© Ă  hauteur de 95,38 billions de yens (environ 710 milliards d'euros), un record (qui reprĂ©senterait une hausse de 7,3 % par rapport au budget initial pour 2009 prĂ©sentĂ© l'annĂ©e prĂ©cĂ©dente par le gouvernement de TarĹŤ AsĹŤ qui Ă©tait dĂ©jĂ  particulièrement Ă©levĂ©, mais en baisse, d'environ 7 %, si on y ajoute le budget additionnel de mai), dont 4,38 billions pour de nouveaux projets prĂ©vus dans le programme du parti (tandis que le gouvernement a calculĂ© qu'il lui faudrait 7,1 billions de yens durant l'annĂ©e fiscale 2010 pour mettre en place l'ensemble des politiques prĂ©vues dans le programme). Et cette première prĂ©vision ne fait Ă©tat que de 1,31 billions de yens d'Ă©conomies rĂ©alisĂ©es par rapport au budget initial pour 2009, Ă  85 % pris encore une fois sur les dĂ©penses du ministère des infrastructures et transports (767,8 milliards, soit 58,6 % des coupes) et de celui de l'agriculture (352,3 milliards). D'un autre cĂ´te, ce mĂŞme budget prĂ©visionnel estime que les revenus fiscaux de l'État sont tombĂ©s en dessous des 40 billions de yens durant l'annĂ©e fiscale 2009 et la plupart des analystes Ă©conomiques estiment que cela sera Ă©galement le cas en 2010. Yukio Hatoyama et son gouvernement espèrent pour autant revoir ces prĂ©visions Ă  la baisse avant la prĂ©sentation du projet de budget en dĂ©cembre. Pour se faire, le Cabinet a mis en place le 22 octobre 2009 une UnitĂ© de revitalisation gouvernementale prĂ©sidĂ©e par Hatoyama, composĂ©e de parlementaires et chargĂ©e, en plusieurs Ă©quipes, de mener des auditions publiques de fonctionnaires afin de faire des propositions sur la rĂ©organisation budgĂ©taire et administrative. De plus il envisage Ă  partir du 1 novembre 2009 d'avoir recours Ă  un second budget additionnel pour l'annĂ©e fiscale 2009 qui se servirait des presque 3 billions de yens Ă©conomisĂ©s après son arrivĂ©e au pouvoir pour lancer avant le 1 avril 2010 certaines de ses promesses de campagne qui seraient ainsi dĂ©duites des dĂ©penses de l'annĂ©e fiscale 2010.


     Le 8 dĂ©cembre 2009, il annonce finalement le premier plan de relance prĂ©sentĂ© par la nouvelle majoritĂ©, et le quatrième engagĂ© par le gouvernement depuis septembre 2008. Après quelques dissensions rencontrĂ©es avec ses partenaires de coalition sur son montant, il s'Ă©tablit finalement Ă  7,2 billions de yens (54,6 milliards d'euros environ) dont 3,5 billions de transferts financiers afin d'aider les collectivitĂ©s locales Ă  faire face Ă  la baisse de leurs rentrĂ©es fiscales, 1,2 billions pour soutenir l'investissement des petites et moyennes entreprises par l'extension Ă  ces dernières de crĂ©dits d'urgences, l'Ă©mission de prĂŞts sĂ©curisĂ©s et la rĂ©duction des taux d'intĂ©rĂŞts, 800 milliards en initiatives environnementales et 600 milliards de mesures pour l'emploi. Ce plan doit ĂŞtre financĂ© Ă  hauteur de 2,7 billions de yens par la rĂ©utilisation des Ă©conomies faites sur le prĂ©cĂ©dent budget supplĂ©mentaire, et par la vente d'obligations couvrant la dette (la totalitĂ© des obligations vendues par le gouvernement devraient ainsi s'Ă©lever pour l'annĂ©e fiscale 2009 Ă  53,5 billions de yens contre les 44 billions qui avaient Ă©tĂ© prĂ©vus par le budget initial en avril, tandis que les revenus fiscaux devraient tomber Ă  seulement 36,9 billions de yens soit moins que les quelques 46 billions prĂ©vus). Ce plan est adoptĂ© par la Diète le 28 janvier 2010. Et le budget pour l'annĂ©e fiscale 2010 est Ă©tabli Ă  un montant record de 92,3 billions de yens (704 milliards d'euros), soit 53,5 billions (410 milliards d'euros) de dĂ©penses gĂ©nĂ©rales de l'État, 21 billions (160 milliards d'euros) pour le remboursement de la dette et 17,5 billions (133 milliards d'euros) de transferts financiers aux collectivitĂ©s locales. Il augmente de 10 % les prestations sociales mais diminue de 18,3 % les sommes prĂ©vues pour les travaux publics. Il intègre plusieurs promesses de campagne du PDJ visant Ă  renforcer le pouvoir d'achat des japonais et ainsi limiter la dĂ©pendance de l'Ă©conomie vis-Ă -vis des exportations, avec surtout la mise en place d'une allocation versĂ©e aux familles de 13 000 yens (environ 100 €) par mois et par enfants jusqu'Ă  la fin du collège (avec l'objectif de doubler ce montant dès 2011), mesure coĂ»tant au total 2,255 billions de yens (17,2 milliards d'euros). Ce projet, bien que le plus Ă©levĂ© de toute l'histoire du Japon, respecte pratiquement l'engagement pris de ne pas Ă©mettre plus de 44 billions de yens d'obligations puisque celles-ci sont stabilisĂ©es dans le budget 2010 Ă  44,3 billions de yens (338 milliards d'euros), contre 53,5 billions au cours de l'annĂ©e fiscale 2009.

Politique économique

     Lors de son premier discours devant la Diète, le 26 octobre 2009, il appelle Ă  la construction d'une « Ă©conomie pour le peuple Â» oĂą la croissance ne reposerait plus essentiellement sur les exportations et les travaux publics mais Ă©galement sur la consommation et les dĂ©penses domestiques, et dĂ©clare : « le principal dĂ©fi du gouvernement Hatoyama est de ramener l'Ă©conomie du Japon sur la voie d'un redressement autonome menĂ© par la demande du secteur privĂ© et de sĂ©curiser une croissance durable, tout en restant attentif Ă  la coordination internationale des politiques [de relance] Â», voulant renforcer l'Ă©conomie avant de se prĂ©occuper de la dette publique.


     Il est immĂ©diatement confrontĂ© aux difficultĂ©s financières de la JAL, la compagnie aĂ©rienne nationale, durement touchĂ©e par la crise Ă©conomique. Yukio Hatoyama confie alors Ă  un groupe de cinq dirigeants d'entreprises privĂ©es puis Ă  l’Enterprise Turnaround Initiative Corp. (un fond d'investissement quasi-gouvernemental ayant accès jusqu'Ă  1,6 billions de yens garantis par l'État et chargĂ© de racheter les dettes d'entreprises en difficultĂ©s) de dĂ©finir un plan de secours. Il finit pourtant en janvier 2010 par rejeter les offres d'introduction dans le capital de la compagnie de deux de ses concurrentes amĂ©ricaines, American Airlines et Delta Air Lines, et refuse Ă©galement que le gouvernement utilise les fonds publics pour renflouer l'entreprise, contrairement Ă  ce que les majoritĂ©s prĂ©cĂ©dentes avaient dĂ» dĂ©jĂ  faire Ă  trois reprises depuis 2001. Yukio Hatoyama et son cabinet choisissent ainsi de laisser JAL aller vers la banqueroute afin de permettre une restructuration de la compagnie sous le contrĂ´le de l'État.


     Pour ce qui est du processus de privatisation de la poste japonaise engagĂ© depuis le 1 octobre 2007, le gouvernement de Yukio Hatoyama adopte le 30 octobre 2009 un projet de loi visant Ă  geler la vente des actions des unitĂ©s financières postales appartenant Ă  l'État. Ceci est vu comme la première Ă©tape allant vers une annulation de la rĂ©forme phare de Jun'ichirĹŤ Koizumi, cheval de bataille du nouveau ministre chargĂ© de la question, Shizuka Kamei. De plus, le nouveau Cabinet force Ă  la fin du mois d'octobre le prĂ©sident de la Japan Post Holdings, Yoshifumi Nishikawa (critiquĂ© pour avoir tentĂ© de vendre la chaĂ®ne hĂ´telière appartenant Ă  la compagnie postale Ă  un groupe financier dont le prĂ©sident fut impliquĂ© dans la mise en place du plan de privatisation de la poste, il avait finalement Ă©tĂ© maintenu par TarĹŤ AsĹŤ, provoquant la dĂ©mission du ministre des affaires intĂ©rieures de l'Ă©poque et frère de Yukio Hatoyama, Kunio Hatoyama, qui lui dĂ©sirait son remplacement), Ă  dĂ©missionner, et le remplace par le prĂ©sident de la Tokyo Financial Exchange Inc, JirĹŤ SaitĹŤ. Celui-ci Ă©tant un ancien responsable du ministère des Finances ayant bĂ©nĂ©ficiĂ© après sa retraite en 1995 de l'« amakudari Â», cette dĂ©cision est critiquĂ©e par certains analystes et acteurs du secteur (dont le gĂ©rant des opĂ©rations japonaises de la Dalton Investments LLC Jun'ichirĹŤ Sano ou le directeur gĂ©nĂ©ral du fond de couverture Tantallon Research Japan TRJ Jesper Koll) ainsi que par l'opposition comme « paradoxale Â» de la part d'une administration ayant fait de la lutte contre le poids de la bureaucratie une de ses prioritĂ©s. Le 4 dĂ©cembre 2009, la Diète ratifie la loi gelant la vente des actions de la Japan Post Holdings et de ses quatre compagnies.


     Mais il doit surtout faire face Ă  un retour de la dĂ©flation (l'indice des prix Ă  la consommation, en dehors des produits alimentaires frais, est en octobre 2009 2,2 % moins Ă©levĂ© qu'au mĂŞme mois de l'annĂ©e prĂ©cĂ©dente), liĂ© Ă  l'envolĂ©e du yen face au dollar amĂ©ricain aux mois d'octobre et novembre 2009 pour atteindre le niveau historique de 84,83 ÂĄ pour 1 $ le 27 novembre, ce qui pourrait s'avĂ©rer difficile Ă  supporter dans une pĂ©riode de timide reprise et de tentatives de recompositions budgĂ©taires. Il fait Ă  cette occasion pression sur la Banque du Japon afin qu'elle fasse des « efforts pour soutenir l'Ă©conomie Â», ce qui amène l'autoritĂ© monĂ©taire du Japon Ă  annoncer le 1 dĂ©cembre 2009 l'Ă©mission pour 10 billions de yens (115 milliards de dollars) de prĂŞts Ă  court-terme (sur trois mois) Ă  un taux d'intĂ©rĂŞt de 0,1 % pour les banques commerciales. Il annonce Ă©galement la prĂ©sentation d'un plan de lutte contre la chute des prix et la hausse du yen inclus dans le plan de relance prĂ©sentĂ© le 8 dĂ©cembre 2009. Quoiqu'il en soit, le yen repart lĂ©gèrement Ă  la baisse après l'annonce de ses mesures, s'Ă©tablissant Ă  88,83 yens pour un dollar amĂ©ricain Ă  14 h 20 (heure locale du Japon) le 8 dĂ©cembre.

Politique étrangère

Relations avec les États-Unis



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     Si Yukio Hatoyama a critiquĂ© dans un article publiĂ© en ligne le 26 aoĂ»t 2009 par le New York Times, et intitulĂ© « A New Path for Japan Â», le « fondamentalisme de marchĂ© Â» du modèle amĂ©ricain, il a immĂ©diatement après sa victoire confirmĂ© l'importance pour son administration de l'alliance amĂ©ricano-nippone dans la politique Ă©trangère japonaise, mĂŞme si la nature de la relation entre les deux pays devrait Ă©voluer. En effet, il est partisan d'une forme de « joji churyu naki Ampo Â», soit littĂ©ralement « Le TraitĂ© de sĂ©curitĂ© Japon-États-Unis sans la prĂ©sence continue de forces amĂ©ricaines au Japon Â», ou tout du moins « avec une prĂ©sence conditionnelle Â», tout en se refusant Ă  Ă©voquer le sujet lors de sa première rencontre avec le prĂ©sident amĂ©ricain Barack Obama. Il a Ă©galement promis de ne pas renouveler la mission des Forces maritimes d'autodĂ©fense dans l'ocĂ©an Indien de soutien logistique Ă  la force internationale d'assistance et de sĂ©curitĂ© en Afghanistan, malgrĂ© les demandes de Washington de maintenir cette participation. Il a Ă©galement dĂ©cidĂ© la crĂ©ation d'une commission d'enquĂŞte chargĂ©e de travailler sur l'existence Ă©ventuelle de traitĂ©s secrets permettant au DĂ©partement de la DĂ©fense des États-Unis d'utiliser l’espace aĂ©rien et maritime japonais pour ses bombardiers stratĂ©giques et ses sous-marins lanceurs d’engins nuclĂ©aires, en contradiction avec la constitution de l'archipel.


     Il rĂ©alise son premier dĂ©placement Ă  l'Ă©tranger, du 21 au 25 septembre 2009, aux États-Unis, bien que le motif de ce voyage n'Ă©tant pas Ă  proprement parler les relations bilatĂ©rales entre les deux États mais pour assister Ă  deux rencontres internationales : d'abord au siège de l'ONU Ă  New York pour assister au sommet sur les changements climatiques du 22 septembre, pour l'ouverture de la 64 session de son AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale les deux jours suivants et pour une rĂ©union du Conseil de sĂ©curitĂ© (dont le Japon est membre non permanent pour le mandat 2009-2010) sous la prĂ©sidence de Barack Obama (les États-Unis dĂ©tenant la prĂ©sidence tournante du conseil pour le mois de septembre 2009) le 24 septembre ; puis Ă  Pittsburgh pour le sommet du G20 du 24 au 25 septembre 2009.


     En marge de ces manifestations, il rencontre pour la première fois Barack Obama pour un entretien bilatĂ©rale le 23 septembre 2009 : il rĂ©affirme alors Ă  son homologue la nĂ©cessitĂ© de l'alliance nippo-amĂ©ricaine qu'il prĂ©sente Ă  cette occasion comme la « pierre angulaire Â» de sa diplomatie, et les deux hommes s'accordent pour continuer les politiques communes de leurs pays concernant la CorĂ©e du Nord (dĂ©nuclĂ©arisation de la pĂ©ninsule corĂ©enne et reprise des pourparlers Ă  six), les mesures contre le rĂ©chauffement climatique ou la lutte anti-terroriste.

Coopération asiatique

     Souhaitant appliquer la notion de YĹ«ai et la vision du comte de Coudenhove-Kalergi Ă  sa politique Ă©trangère, au sein de laquelle la coopĂ©ration rĂ©gionale doit ĂŞtre amenĂ©e Ă  prendre plus de place, il considère que le Japon doit servir d'intermĂ©diaire et de point d'Ă©quilibre entre la super-puissance amĂ©ricaine et le gĂ©ant en dĂ©veloppement chinois, il souhaite former une « CommunautĂ© est-asiatique Â» sur le modèle de l'Union europĂ©enne (projet pour lequel il a dĂ©jĂ  reçu le soutien du gouvernement de la RĂ©publique populaire de Chine) qui serait Ă  terme dotĂ©e d'une monnaie unique.


     Dans son adresse devant la 64 session de l'AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations unies le 24 septembre 2009, il prĂ©sente sa « CommunautĂ© est-asiatique Â» comme Ă©tant la rĂ©unification des diffĂ©rents accords de coopĂ©ration conclus par le passĂ© dans la rĂ©gion et devant porter sur des accords de libre-Ă©change, la finance, la monnaie, l'Ă©nergie, l'environnement ou encore la gestion des catastrophes. Le prĂ©sident chinois Hu Jintao est le premier chef d'État Ă©tranger qu'il rencontre, dès le 21 septembre 2009 Ă  New York : les deux hommes conviennent alors de renforcer leurs relations bilatĂ©rales afin de transformer la mer de Chine orientale (qui sĂ©pare les deux pays) en une « mer de paix Â», tandis que Yukio Hatoyama affirme sa volontĂ© de se conformer Ă  la dĂ©claration de 1995 du Premier ministre de l'Ă©poque Tomiichi Murayama s'excusant pour les crimes du Japon durant la guerre. Deux jours plus tard, toujours en marge des manifestations de l'Organisation des Nations unies, Yukio Hatoyama rencontre son homologue sud-corĂ©en Lee Myung-bak Ă  qui il fait une dĂ©claration similaire, affirmant que le « nouveau gouvernement [japonais] a le courage de garder un Ĺ“il ferme sur l'histoire Â», et donc aurait une attitude de reconnaissance des exactions japonaises durant la colonisation de la CorĂ©e, afin de « dĂ©velopper conjointement notre relation future Â».


     Les 9 et 10 octobre 2009, il se rend en CorĂ©e du Sud puis en RĂ©publique populaire de Chine, et participe Ă  son premier sommet trilatĂ©ral avec le Premier ministre chinois Wen Jiabao et le prĂ©sident sud-corĂ©en Lee Myung-bak Ă  PĂ©kin. Les trois hommes signent notamment un accord visant Ă  « construire une confiance mutuelle dans le champ politique, d'approfondir la coopĂ©ration Ă©conomique (non seulement sur les plans du commerce et des investissements, mais Ă©galement en matière de logistique, de sciences et technologies, d'Ă©conomies d'Ă©nergie, de protection de l'environnement et de propriĂ©tĂ© intellectuelle) en se servant pleinement de l'avantage offert par la grande complĂ©mentaritĂ© des trois Ă©conomies, d'Ă©tendre les Ă©changes entre peuples, de dĂ©velopper les mĂ©canismes de coopĂ©ration rĂ©gionale et sous-rĂ©gionale et de rĂ©pondre activement aux problèmes mondiaux (essentiellement la crise Ă©conomique, le rĂ©chauffement planĂ©taire ou les problèmes de sĂ©curitĂ©) Â», et dĂ©clarent se « consacrer au dĂ©veloppement d'une communautĂ© est asiatique Â».

Relations avec la Russie



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Le prĂ©sident russe Dmitri Medvedev et Yukio Hatoyama lors de leur rencontre au siège des Nations unies Ă  New York le 23 septembre 2009



     Issu d'une famille de tradition russophile (son grand-père, IchirĹŤ Hatoyama, fut celui qui rĂ©tablit les relations bilatĂ©rales entre le Japon et l'URSS en signant la dĂ©claration de 1956 mettant fin Ă  l'Ă©tat de guerre entre les deux nations, tandis que le fils de Yukio, KiichirĹŤ, travaille Ă  Moscou en tant que chercheur), Yukio Hatoyama se donne six mois pour rĂ©aliser des progrès notables dans la rĂ©solution des conflits opposant les deux pays, notamment la question des Ă®les Kouriles, et donc vers la signature d'un traitĂ© de paix pour la Seconde guerre mondiale. Lors de leur première rencontre Ă  New York le 23 septembre 2009, le Premier ministre japonais et le prĂ©sident russe Dmitri Medvedev annoncent, dans une dĂ©claration commune, charger leurs chefs de la diplomatie respectifs d'entamer des discussions en vue d'aboutir Ă  ce traitĂ©.

Au sein de la communauté internationale

     Yukio Hatoyama dĂ©fend une diplomatie japonaise visant Ă  renforcer le poids de son pays dans le monde en en faisant un « pont Â» entre les nations et les cultures sur la scène internationale : entre l'Orient et l'Occident, entre les puissances du G20 et les autres nations pour ce qui est de la rĂ©gulation et la relance Ă©conomique en considĂ©rant que les « mĂ©canismes du marchĂ© Â» ne peut pas s'occuper des demandes en matière de dĂ©veloppement, et entre les puissances dotĂ©es de l'arme nuclĂ©aire ou au contraire la rejetant (considĂ©rant le Japon comme ayant le devoir de jouer un rĂ´le de leader en matière de lutte contre la prolifĂ©ration nuclĂ©aire). Il dĂ©finit cette vision du rĂ´le de son pays dans son discours devant la 64 session de l'AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations unies le 24 septembre 2009.


     Concrètement, il dĂ©fend la nĂ©cessitĂ© de rĂ©former le Conseil de sĂ©curitĂ© en augmentant tant le nombre de membres permanents, notamment au Japon eu Ă©gard au rĂ´le de « pont Â» que son nouveau Premier ministre tend Ă  lui faire jouer sur la scène internationale, que non permanents. Il tente Ă©galement de faire du Japon l'une des principales puissances engagĂ©es dans la lutte contre le rĂ©chauffement climatique, en rĂ©affirmant devant le sommet de l'ONU du 22 septembre de cette mĂŞme annĂ©e sa promesse (applaudie par ses homologues) de rĂ©duire d'ici 2020 de 25 % les Ă©missions de gaz Ă  effets de serre du Japon par rapport au niveau de 1990, en proposant pour y arriver un système de commerce intĂ©rieur des Ă©missions et des tarifs privilĂ©giĂ©s pour les Ă©nergies renouvelables et en appelant Ă  la nĂ©cessitĂ© d'une action commune internationale en la matière en promettant une aide technologique et financière pour le dĂ©veloppement des nations actives dans la lutte contre le rĂ©chauffement climatique ou en appelant Ă  la crĂ©ation d'une taxe carbone mondiale. De mĂŞme, au sommet du G20 de Pittsburgh, il fait entendre sa voix pour des discussions menĂ©es plutĂ´t dans le cadre du G8, plus favorable au Japon que celui du G20, et dĂ©clare vouloir rĂ©former le modèle Ă©conomique de son pays en limitant sa dĂ©pendance Ă  la demande extĂ©rieure et en renforçant la demande intĂ©rieure par les incitations Ă  la consommation promises durant sa campagne Ă©lectorale.






Chapitre : Références


  1. ↑ http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/09/16/01011-20090916FILWWW00324-japon-hatoyama-investi-premier-ministre.php
  2. ↑ (en) « Hatoyama says DPJ will form coalition even if party performs well in election Â», Mainichi, 22/08/2009
  3. ↑ (en) « Yukio Hatoyama DPJ Â», Japan Visitor Blog, 21/07/2009.
  4. ↑ (en) « New Japan opposition Chief Hatoyama dreams of a “Country full of Love” Â», Asian Gazette, 17/05/2009.
  5. ↑ (en) Présentation de la thèse de Yukio Hatoyama, Markov Maintenance Models with Repair, 1976, sur le site du Defense Technical Information Center OAI
  6. ↑ (en) M. HLYNKA, « NEWS FLASH! New Prime Minister of Japan Yukio Hatoyama is a queueing theorist! (See August 30, 2009 entry below.) Â», Myron Hlynka's Queueing Theory Page , UniversitĂ© de Windsor, Canada, 2009
  7. ↑ (en) Who's who in Asian and Australasian politics, Volume 1, 1991, p. 103
  8. ↑ Miwa Suzuki, « La future Première dame du Japon, une "compositrice de vie" Â» sur Aujourd'hui le Japon, 4 septembre 2009, AFP. ConsultĂ© le 4 septembre 2009
  9. ↑ (en) Kyodo News, « Hatoyama's son in spotlight in Russia Â», Japan Today, 13/09/2009
  10. ↑ (en) Kyodo News, « Hatoyama's eldest son, Kiichiro, in demand as potential heir apparent Â», Japan Times, 13/09/2009
  11. ↑ (en) M. ITOH, The Hatoyama dynasty : Japanese political leadership through the generations, Ă©d. Palgrave Macmillan, 2003, p. 165-166
  12. ↑ AFP, « Yukio Hatoyama, un hĂ©ritier flegmatique Â», Le Matin, 16/09/2009
  13. ↑ (en) AP, « Hatoyama throws pitch for Pirates game Â», ESPN, 25/09/2009
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