haut
Twitter  RSS




Définition Wikipédia de : Virus



Wikipédia:Lecture d'une taxobox.htmlComment lire une taxobox
Virus
 Rotavirus
Rotavirus
Classification des virus
TypeVirus
Groupes de rang inférieur
Parcourez la microbiologie sur WikipĂ©dia :
Portail:Biologie
Portail:Zoologie
Portail:Microbiologie
Portail:Conservation de la nature
Portail:Botanique
Portail:Agriculture et agronomie
Portail:Plantes utiles
Portail:Jardinage et horticulture




Introduction :

      Un virus est une entitĂ© biologique qui nĂ©cessite une cellule hĂ´te, dont il utilise les constituants pour se multiplier. Les virus existent sous une forme extracellulaire ou intracellulaire. Sous la forme intracellulaire (Ă  l'intĂ©rieur de la cellule hĂ´te), les virus sont des Ă©lĂ©ments gĂ©nĂ©tiques qui peuvent se rĂ©pliquer de façon indĂ©pendante par rapport au chromosome, mais non indĂ©pendamment de la cellule hĂ´te. Sous la forme extracellulaire, les virus sont des objets particulaires, infectieux, constituĂ©s au minimum d'un acide nuclĂ©ique et de protĂ©ines. Le dĂ©bat sur la nature des virus (vivants ou pas) repose sur des notions complexes et reste aujourd'hui ouvert.







Suite de l'article :

La virologie est la science qui étudie les virus. Elle est étudiée par des virologues ou virologistes.



     Le mot virus est issu du latin virus, i qui signifie « poison Â». Se terminant par un s, il ne prend pas de marque particulière au pluriel en français.

- Sommaire de la page -









Chapitre : Caractéristiques





Image (cliquez pour agrandir) :

Structure de base d'un virus.



     Un virus se caractĂ©rise par son incapacitĂ© Ă  se multiplier seul par division. Il a besoin pour cela d'utiliser une cellule hĂ´te : un virus est un parasite intracellulaire obligatoire. Il est composĂ© d'une molĂ©cule d'acide nuclĂ©ique (soit d'ADN, soit d'ARN, simple ou double brin) entourĂ©e d'une coque de protĂ©ines, appelĂ©e la capside, et, parfois, d'une enveloppe. Il ne possède en gĂ©nĂ©ral aucune enzyme pouvant produire de l'Ă©nergie. Les virus sont, le plus souvent, de très petite taille (comparĂ©e Ă  celle d'une bactĂ©rie, par exemple), en règle gĂ©nĂ©rale infĂ©rieure Ă  250 nanomètres ; toutefois, le mimivirus a une taille de 400 nm, ce qui le rend plus gros que les plus petites bactĂ©ries. Ce dernier a aussi la particularitĂ© de possĂ©der Ă  la fois de l'ADN et de l'ARN.


     La forme libre du virus (ou particule virale) s'appelle le virion.


     Tous les ĂŞtres vivants peuvent ĂŞtre infectĂ©s par des virus. Il existe des virus de bactĂ©ries (les bactĂ©riophages), des virus d'Archaea, des virus d'algues (Phycodnaviridae), des virus de plantes, des virus fongiques, des virus d'invertĂ©brĂ©s, des virus de vertĂ©brĂ©s, parmi lesquels on trouve de nombreux agents pathogènes, et mĂŞme des virus de virus.






Chapitre : Découverte



     Dès la fin du XIX siècle, les scientifiques isolèrent des agents infectieux, invisibles au microscope optique, qui passaient Ă  travers les filtres de porcelaine utilisĂ©s pour recueillir les bactĂ©ries. Pasteur les nommait « infrabactĂ©ries Â», d'autres les qualifiaient de « virus filtrants Â» ou « virus ultrafiltrants Â». Vers 1925, la dĂ©finition d'un virus Ă©tait devenue un agent responsable d'une maladie infectieuse, parasite, de nature particulaire et de taille comprise entre 0.01 et 0.3 microns.


     
Ă€ la fin du XIX siècle, la conception d’agents infectieux qui n’étaient ni des bactĂ©ries, ni des champignons, ni des parasites Ă©tait encore difficile.


     Entre 1887 et 1892, le botaniste russe Dimitri Ivanovski Ă©tudia une maladie vĂ©gĂ©tale, la mosaĂŻque du tabac, et montra que la sève des plantes malades contenait un agent infectieux qui n’était pas retenu par les filtres Chamberland conçus par le biologiste du mĂŞme nom. Ivanovski pensait qu’il s’agissait d’une toxine ou bien d’une très petite bactĂ©rie. C’est le chimiste hollandais Martinus Beijerinck qui approfondit ces travaux et, en 1898, Ă©carta non seulement l’hypothèse bactĂ©rienne mais aussi l'hypothèse toxinique : diluant la sève de plantes infectĂ©es il l'inocula Ă  des plantes qui dĂ©veloppèrent la maladie; rĂ©itĂ©rant la manipulation il put transmettre la maladie de multiples fois et dĂ©montrer que la sève de la dernière plante infectĂ©e Ă©tait aussi virulente que la première, effet qu'une toxine, après tant de dilutions n'aurait pu produire . Beijerinck appela l'agent Contagium vivum fluidum ('soluble living germ'). Ă€ la mĂŞme Ă©poque, le virus de la fièvre aphteuse est le premier virus identifiĂ© par Friedrich Löffler et Paul Frosch. Le virus de la fièvre jaune est le premier virus pathogène de l’Homme identifiĂ© entre 1900 et 1902.


     C’est pendant la Première Guerre mondiale que l’anglais Frederick Twort et le microbiologiste franco-canadien FĂ©lix d'HĂ©relle mettent en Ă©vidence le phĂ©nomène de « lyse transmissible Â» observable par la lyse des bactĂ©ries cultivĂ©es en milieu solide. Ce phĂ©nomène est dĂ» Ă  un virus de bactĂ©ries que FĂ©lix d'HĂ©relle baptisa bactĂ©riophage. Les virus des plantes, des animaux, de l’Homme et des bactĂ©ries Ă©taient ainsi dĂ©couverts et leurs listes ne cessèrent de s’allonger au cours du XX siècle. L’apparition de la microscopie Ă©lectronique dans les annĂ©es 1930 permit l’observation des virus, mais on ne savait toujours pas Ă  cette Ă©poque ce qu’ils Ă©taient rĂ©ellement.


     
Le biochimiste américain Wendell Stanley cristallisa le virus de la mosaïque du tabac sous forme de cristal protéique en 1935. L'année suivante, des études complémentaires montrèrent que ce cristal contenait également de l’ARN. Les études ultérieures montrèrent que selon les virus étudiés, ceux-ci étaient composés soit de protéines et d’ARN, soit de protéines et d’ADN. C’est en 1957 qu'André Lwoff proposa une définition claire et moderne des virus.


     Ă€ partir des annĂ©es 1960, le dĂ©veloppement des cultures cellulaires, de la microscopie Ă©lectronique, puis de la biologie molĂ©culaire permit aux scientifiques de progresser dans la comprĂ©hension des mĂ©canismes de rĂ©plication des virus, dans la rĂ©alisation de diagnostics fiables et dans l’élaboration de vaccins.






Chapitre : Origine et nature



     Les maladies virales comme la rage, la fièvre jaune, la variole, affectent les humains depuis des siècles. Des hiĂ©roglyphes mettent en Ă©vidence la poliomyĂ©lite dans l'Égypte antique, les Ă©crits de l’AntiquitĂ© grĂ©co-romaine et d’ExtrĂŞme-Orient dĂ©crivent certaines maladies virales.

  - Sous-chapitre : Origine


     Il existe plusieurs hypothèses concernant l'origine et l'Ă©volution des virus. Il est probable que tous les virus ne dĂ©rivent pas d'un ancĂŞtre commun et les diffĂ©rents virus peuvent avoir des origines diffĂ©rentes.

    Liste :
  • Les virus et les cellules ont pu apparaĂ®tre dans la soupe primordiale en mĂŞme temps et Ă©voluer parallèlement. Dans ce scĂ©nario, au dĂ©but de l’apparition de la vie, les plus anciens systèmes gĂ©nĂ©tiques d'auto-rĂ©plication (probablement de l'ARN) sont devenus plus complexes et se sont enveloppĂ©s dans un sac lipidique pour aboutir au progĂ©note Ă  l'origine des cellules. Une autre forme rĂ©plicative aurait pu garder sa simplicitĂ© pour former des particules virales.
  • Les virus pourraient dĂ©river de cellules ayant subi une rĂ©gression. D'après cette hypothèse, les ancĂŞtres des virus auraient Ă©tĂ© des ĂŞtres vivants libres ou des micro-organismes devenus des prĂ©dateurs ou des parasites dĂ©pendants de leur hĂ´te. Les relations de parasitisme entraĂ®nent la perte de nombreux gènes (notamment les gènes pour le mĂ©tabolisme apportĂ©s par l'hĂ´te). Cet organisme aurait co-Ă©voluĂ© avec la cellule hĂ´te et n'aurait conservĂ© que sa capacitĂ© Ă  rĂ©pliquer son acide nuclĂ©ique et le mĂ©canisme de transfert de cellule Ă  cellule. Cette hypothèse s'appuie notamment sur l'existence des rickettsies, petites bactĂ©ries ayant rĂ©gressĂ© Ă  un tel point qu'elles ne peuvent survivre que dans une cellule hĂ´te, et rappelant les virus.
  • Les virus peuvent avoir pour origine des morceaux d'acides nuclĂ©iques qui se sont « Ă©chappĂ©s Â» du gĂ©nome cellulaire pour devenir indĂ©pendants. Ce phĂ©nomène pourrait avoir eu lieu lors d’erreurs au cours de la rĂ©plication du matĂ©riel gĂ©nĂ©tique. Les virus pourraient aussi avoir pour origine des plasmides (molĂ©cules d’ADN circulaires) ou des transposons (sĂ©quences d'ADN capables de se dĂ©placer et de se multiplier dans un gĂ©nome).

  - Sous-chapitre : Nature


     Il y a dĂ©bat sur la nature des virus.


     Les virus possèdent des constituants en commun avec les cellules vivantes, comme un acide nuclĂ©ique (ADN ou ARN) et des protĂ©ines. Cependant, selon la dĂ©finition du biochimiste Wendell Stanley, les virus sont de « simples Â» associations de molĂ©cules biologiques. Ils sont le fruit d’une auto-organisation de molĂ©cules organiques et ne sont donc pas vivants. François Jacob insiste aussi sur cette caractĂ©ristique des virus : « placĂ©s en suspension dans un milieu de culture, ils ne peuvent ni mĂ©taboliser, ni produire ou utiliser de l’énergie, ni croĂ®tre, ni se multiplier, toutes fonctions communes aux ĂŞtres vivants Â». Les virus ne peuvent se multiplier qu’en utilisant l’équipement enzymatique d’une cellule vivante. De plus, les virus contiennent bien un acide nuclĂ©ique, de l’ADN ou de l’ARN, mais pas les deux (sauf le mimivirus, Ă©voquĂ© plus haut), Ă  la diffĂ©rence des cellules vivantes.


     NĂ©anmoins, au cours des dernières annĂ©es, la description de nouveaux virus relance le dĂ©bat sur le caractère vivant ou non vivant des virus. Le mimivirus, infectant une amibe, possède dans son gĂ©nome 1 200 gènes, soit plus que certaines bactĂ©ries. De plus, certains de ces gènes participeraient Ă  la synthèse protĂ©ique et Ă  des mĂ©canismes de rĂ©paration de l’ADN . Il existe chez le mimivirus une trentaine de gènes prĂ©sents habituellement chez les organismes cellulaires mais absents chez les virus. Par ailleurs, le virus ATV d’archĂ©es prĂ©sente lui aussi des caractĂ©ristiques Ă©tonnantes. Ce virus en forme de citron prĂ©sente la particularitĂ© de se modifier en dehors du contexte cellulaire par un mĂ©canisme actif. Il est capable de s’allonger Ă  chaque extrĂ©mitĂ© Ă  une tempĂ©rature de 80 Â°C, tempĂ©rature Ă  laquelle vit son hĂ´te Acidianus Ă  proximitĂ© des sources hydrothermales.


     Les virus ont aussi un rĂ´le dans l’évolution. Patrick Forterre propose mĂŞme l’hypothèse que les virus seraient les « inventeurs Â» de l’ADN . Ă€ l’origine de la vie, l’ARN dominait (hypothèse du monde Ă  ARN) et assurait Ă  la fois les fonctions de stockage et transmission de l’information gĂ©nĂ©tique et de catalyse des rĂ©actions chimiques. L’ADN serait apparu ensuite et sĂ©lectionnĂ© en raison de sa plus grande stabilitĂ©. D’après Patrick Forterre, le premier organisme Ă  ADN serait un virus. L'ADN confĂ©rerait au virus le pouvoir de rĂ©sister Ă  des enzymes dĂ©gradant les gĂ©nomes Ă  ARN, arme de dĂ©fense probable des protocellules. On retrouve le mĂŞme principe chez des virus actuels, qui altèrent leur ADN pour rĂ©sister Ă  des enzymes produites par des bactĂ©ries infectĂ©es.


     Le dĂ©bat entre le caractère vivant ou inerte des virus est encore aujourd’hui ouvert. RĂ©pondre Ă  cette question en amène une autre : qu’est-ce que la vie ? D’après Ali SaĂŻb, « la notion du vivant est une notion dynamique, Ă©voluant en fonction de nos connaissances. En consĂ©quence, la frontière entre la matière inerte et le vivant est tout aussi instable Â» .






Chapitre : Structure



     Une particule virale complète, appelĂ© virion, est composĂ©e d’un filament d’acide nuclĂ©ique, gĂ©nĂ©ralement stabilisĂ© par des nuclĂ©oprotĂ©ines basiques, enfermĂ© dans une coque protĂ©ique protectrice appelĂ©e capside. La forme de la capside est Ă  la base des diffĂ©rentes morphologies des virus. La taille des virus se situe entre 10 et 400 nm. Les gĂ©nomes des virus ne comportent que de quelques gènes Ă  1 200 gènes. Le plus petit virus connu est le virus delta, qui parasite lui-mĂŞme celui de l'hĂ©patite B. Il ne comporte qu'un seul gène. Le plus gros virus connu est le mimivirus, avec un diamètre qui atteint 400 nanomètres et un gĂ©nome qui comporte 1 200 gènes.

  - Sous-chapitre : Acide nuclĂ©ique

Article dĂ©taillĂ© : Acide nuclĂ©ique.

     Le filament d'acide nuclĂ©ique peut ĂŞtre de l'ADN ou de l'ARN. Il reprĂ©sente le gĂ©nome viral. Il peut ĂŞtre circulaire ou linĂ©aire, bicatĂ©naire (double brin) ou monocatĂ©naire (simple brin). Le gĂ©nome sous forme d'ADN est gĂ©nĂ©ralement bicatĂ©naire. Le gĂ©nome sous forme d'ARN est gĂ©nĂ©ralement monocatĂ©naire et peut ĂŞtre Ă  polaritĂ© positive (dans le mĂŞme sens qu'un ARN messager) ou Ă  polaritĂ© nĂ©gative (complĂ©mentaire d'un ARN messager). Le peloton central d'acide nuclĂ©ique est dĂ©nommĂ© nuclĂ©oĂŻde.

  - Sous-chapitre : Capside

Article dĂ©taillĂ© : Capside.

     La capside est une coque qui entoure et protège l'acide nuclĂ©ique viral. Elle est constituĂ©e par l'assemblage de structures protĂ©iques. La capside est constituĂ©e de sous-unitĂ©s protĂ©iques appelĂ©es protomères. L'ensemble capside et nuclĂ©oĂŻde est nommĂ© nuclĂ©ocapside. La structure de la capside entraĂ®ne la forme du virus, ce qui permet de distinguer deux groupes principaux de virus : les virus Ă  symĂ©trie icosaĂ©drique et les virus Ă  symĂ©trie hĂ©licoĂŻdale.

  - Sous-chapitre : Enveloppe


     De nombreux virus sont entourĂ©s d'une enveloppe (ou pĂ©plos) qui prend naissance au cours de la traversĂ©e des membranes cellulaires. Sa constitution est complexe et prĂ©sente un mĂ©lange d'Ă©lĂ©ments cellulaires et d'Ă©lĂ©ments d'origine virale. On y trouve des protĂ©ines, des glucides et des lipides. Les virus possĂ©dant une enveloppe sont les virus enveloppĂ©s. Les virus ne possĂ©dant pas d'enveloppe sont les virus nus.

Virus icosaédriques



Image (cliquez pour agrandir) :

virions icosaédriques au microscope électronique.


La capside icosaédrique entraîne une apparence sphérique du virus. Les protomères sont organisés en capsomères, disposés de manières régulières et géométriques. Une capsomère, en forme d’anneau, est composée de cinq ou six protomères.

     Parmi les virus icosaĂ©driques, les parvovirus ont une capside formĂ©e de 12 capsomères, les poliovirus 32 capsomères, les papillomavirus 72 capsomères tandis que la capside des adĂ©novirus est constituĂ©e de 252 capsomères.

Virus hélicoïdaux



Image (cliquez pour agrandir) :

Schéma d’une capside hélicoïdale.


Ces virus sont de longs cylindres (300 à 400 nm), creux, composés d’un type de protomère enroulé en spirale hélicoïdale. Ils peuvent être rigide ou flexible. Le matériel génétique est logé à l’intérieur du tube. Le virus de la mosaïque du tabac est un exemple de virus hélicoïdal très étudié.
Virus enveloppés



Image (cliquez pour agrandir) :

SchĂ©ma d’un virus enveloppĂ© : le VIH.


En plus de la capside, certains virus sont capables de s’entourer d’une structure membranaire empruntée à la cellule hôte. Cette enveloppe membranaire est composée d’une bicouche lipidique qui peut posséder des protéines codées par le génome viral ou le génome de l’hôte. Cette enveloppe donne quelques avantages aux virions par rapport à ceux composés d’une capside seul, comme la protection vis-à-vis d’enzymes ou de composés chimiques. Les virus enveloppés sont par contre plus fragiles dans l'environnement extérieur, sensibles aux détergents et à la dessiccation. Les glycoprotéines, formant des spicules, fonctionnent comme des récepteurs permettant de se fixer sur des cellules hôtes spécifiques.

     Le virus de la grippe (famille des Orthomyxoviridae), le VIH, virus du SIDA (famille des Retroviridae), sont des exemples de virus enveloppĂ©s.

Virus complexes



Image (cliquez pour agrandir) :

Schéma d’un bactériophage.


Ces virus possèdent une capside symétrique qui n’est ni hélicoïdale, ni vraiment icosaédrique. Les bactériophages comme le phage T4 d’Escherichia coli sont des virus complexes possédant une tête icosaédrique liée à une queue hélicoïdale à laquelle sont attachés des poils et des fibres caudales.

     Le poxvirus est aussi un exemple de virus complexe. C'est le virus animal parmi les plus grands (250 Ă  350 nm de long sur 200 Ă  250 nm de large. Certains virus se prĂ©sentent sous formes bacillaires. C'est le cas du virus de la rage (famille des Rhabdoviridae) et du virus Ebola.






Chapitre : Reproduction


  - Sous-chapitre : Multiplication virale

Article dĂ©taillĂ© : RĂ©plication virale.

     Les virus ne peuvent se multiplier qu’au sein de cellules vivantes, par rĂ©plication de leur acide nuclĂ©ique. C’est l’interaction du gĂ©nome viral et de la cellule hĂ´te qui aboutit Ă  la production de nouvelles particules virales. L’infection d’une cellule par un virus, puis la multiplication du virus peuvent se rĂ©sumer en diffĂ©rentes Ă©tapes. Toutefois, après pĂ©nĂ©tration du virus dans la cellule, ces Ă©tapes peuvent diffĂ©rer selon la nature du virus en question et notamment selon qu’il s’agit d’un virus Ă  ADN ou d’un virus Ă  ARN.

  1. Adsorption du virus au contact de la membrane de la cellule infectée, grâce à des récepteurs spécifiques
  2. Pénétration dans la cellule
  3. Décapsidation (libération de l'acide nucléique)
  4. Réplication du génome viral
  5. Synthèse de protéines virales
  6. Assemblage et encapsidation des particules virales produites
  7. Libération des virions hors de la cellule-hôte

  - Sous-chapitre : Culture des virus




Image (cliquez pour agrandir) :

Culture de virus : technique des plages de lyse.



     Afin de mieux connaĂ®tre leur biologie, leur multiplication, leur cycle de reproduction et Ă©ventuellement afin de prĂ©parer des vaccins, il est nĂ©cessaire de cultiver les virus. Ceux-ci peuvent se multiplier uniquement au sein de cellules vivantes. Les virus infectant les cellules eucaryotes sont cultivĂ©es sur des cultures de cellules obtenues Ă  partir de tissus animaux ou vĂ©gĂ©taux. Les cellules sont cultivĂ©es dans un rĂ©cipient en verre ou en plastique, puis sont infectĂ©es par le virus Ă©tudiĂ©. Les virus animaux peuvent aussi ĂŞtre cultivĂ©s sur Ĺ“ufs embryonnĂ©s et parfois chez l’animal, lorsque la culture in vitro est impossible. Les virus bactĂ©riens peuvent Ă©galement ĂŞtre cultivĂ©s par inoculation d’une culture bactĂ©rienne sensible. Les virus de vĂ©gĂ©taux peuvent aussi ĂŞtre cultivĂ©s sur des monocouches de tissus vĂ©gĂ©taux, des suspensions cellulaires ou sur des plantes entières.


     Les virus peuvent ensuite ĂŞtre quantifiĂ©s de diffĂ©rentes manières. Ils peuvent ĂŞtre comptĂ©s directement grâce Ă  la microscopie Ă©lectronique. Dans le cas des virus bactĂ©riens, la technique des plaques (ou plages) est très utilisĂ©e pour Ă©valuer le nombre de virus dans une suspension. Une dilution de suspension virale est ajoutĂ© Ă  une suspension bactĂ©rienne, puis l’ensemble est rĂ©parti dans des boĂ®tes de Petri. Après culture, des zones claires (plages) Ă  la surface de la gĂ©lose sont la consĂ©quence de la destruction d’une bactĂ©rie et des bactĂ©ries adjacentes par un virion.


     Les virus peuvent ĂŞtre purifiĂ©s grâce Ă  diverses mĂ©thodes de biochimie (centrifugation diffĂ©rentielle, prĂ©cipitation, dĂ©naturation, digestion enzymatique).






Chapitre : Typologie


  - Sous-chapitre : Classification

Article dĂ©taillĂ© : Classification des virus.

     Les virus sont classifiĂ©s selon la nature de l'acide nuclĂ©ique de leur gĂ©nome (ADN ou ARN), la structure de l'acide nuclĂ©ique (monocatĂ©naire ou bicatĂ©naire), la forme de l'acide nuclĂ©ique (linĂ©aire, circulaire, segmentĂ© ou non). Les donnĂ©es morphologiques peuvent Ă©galement ĂŞtre prises en compte (prĂ©sence ou absence d'enveloppe, symĂ©trie de la capside). Souvent, le sĂ©rogroupage est encore utilisĂ© pour raffiner la dĂ©finition des diffĂ©rences entre virus très proches.

  - Sous-chapitre : Virus des procaryotes


     Il existe deux catĂ©gories de virus de procaryotes selon le type d’hĂ´te qu’ils parasitent. La première catĂ©gorie regroupe ceux qui infectent les bactĂ©ries et sont appelĂ©s bactĂ©riophages. La deuxième catĂ©gorie regroupe ceux qui infectent les Archaea. Il existe quatre grands groupes morphologiques de virus de procaryotes.

    Liste :
  • Les virus Ă  symĂ©trie binaire. Ce groupe reprĂ©sente près de 96% des virus de procaryotes et correspond aux familles des Myoviridae, des Siphoviridae et des Podoviridae.
  • Les virus Ă  symĂ©trie cubique avec une capside icosaĂ©drique mais pas de queue comme les Microviridae.
  • Les virus Ă  symĂ©trie hĂ©licoĂŻdale qui ont une forme de filaments comme les Inoviridae comme le phage M13.
  • Les virus plĂ©omorphes, sans capsides vĂ©ritable mais possĂ©dant une enveloppe. Ce groupe rassemble six familles de virus dont cinq regroupent des virus infectant seulement les archĂ©es. Certains virus d’archĂ©es sont plĂ©omorphes, alors que d’autres ont des formes de bouteilles, de citron, de fuseau.

     Les bactĂ©riophages possèdent un rĂ´le dans les Ă©cosystèmes. Par exemple, dans les Ă©cosystèmes aquatiques, ils participent au contrĂ´le de l’abondance et de la diversitĂ© bactĂ©rienne.

  - Sous-chapitre : Virus des plantes




Image (cliquez pour agrandir) :

Microscopie électronique de particules du virus de la mosaïque du tabac.



     La structure des virus des plantes ou phytovirus, est similaire Ă  celle des virus bactĂ©riens et animaux. Beaucoup de virus vĂ©gĂ©taux se prĂ©sentent sous la forme de minces et longues hĂ©lices. La majoritĂ© ont un gĂ©nome composĂ© d’ARN. Les virus de vĂ©gĂ©taux peuvent ĂŞtre dissĂ©minĂ©s par le vent ou par des vecteurs comme les insectes et les nĂ©matodes, parfois par les graines et le pollen. Les virus peuvent aussi contaminer la plante par l’intermĂ©diaire d’une blessure ou d’une greffe. DiffĂ©rents types de symptĂ´mes peuvent apparaĂ®tre sur la plante infectĂ©e. Les virus peuvent provoquer des taches ou des flĂ©trissements sur les feuilles et les fleurs. Des tumeurs peuvent survenir sur les tiges ou les feuilles.
Le virus de la mosaïque du tabac (TMV ou tobamovirus) est un exemple très étudié de virus de végétaux.

  - Sous-chapitre : Virus des insectes


     Les baculovirus sont des virus d’insectes très Ă©tudiĂ©s. Ils infectent principalement les lĂ©pidoptères. La larve de l’insecte s’infecte en ingĂ©rant de la nourriture. Ă€ partir du tube digestif, l’infection peut se transmettre aux autres tissus. L'utilisation de virus pathogènes d'invertĂ©brĂ©s dans la lutte contre les insectes ravageurs des cultures et des forĂŞts pourraient ĂŞtre l'un des moyens pour limiter ou remplacer les insecticides chimiques.
Les baculovirus sont aussi utilisés en biologie moléculaire pour exprimer un gène étranger (protéine recombinante) dans des cultures de cellules d'insecte.
Par ailleurs, certains virus de végétaux sont transmis par des invertébrés mais ne se multiplient pas chez ces vecteurs.

  - Sous-chapitre : Virus des champignons


     Les virus des champignons sont particuliers car ils se propagent lors de la fusion cellulaire. Il n'y a pas de virions extracellulaires. Chez les levures comme Saccharomyces, les virus sont transmis au moment du brassage cytoplasmique lors de la fusion cellulaire. Les champignons filamenteux comme Penicillium ou le champignon de Paris Agaricus bisporus peuvent Ă©galement ĂŞtre infectĂ©s par des virus.ce qui peut entraĂ®ner des problèmes lors de production.Il a Ă©tĂ© imaginĂ© d'utiliser ces virus dans le cadre d'une lutte biologique contre des champignons pathogènes.

  - Sous-chapitre : Virus chez l'Homme

Virus et maladie




Image (cliquez pour agrandir) :

Virus Ebola.



     Le rhume, la grippe, la varicelle, la rougeole, la mononuclĂ©ose infectieuse sont des exemples de maladies humaines virales relativement courantes. Des maladies plus sĂ©vères comme le SIDA, le SRAS, la grippe aviaire, la variole sont aussi causĂ©es par des virus. Le virus Ebola entraĂ®ne des fièvres hĂ©morragiques. La capacitĂ© d’un virus d’entraĂ®ner une maladie est dĂ©crite en termes de virulence.


     Les virus possèdent diffĂ©rentes stratĂ©gies, diffĂ©rents mĂ©canismes grâce auxquels ils peuvent produire des maladies. Le virus pĂ©nètre dans une cellule hĂ´te spĂ©cifique et prend le contrĂ´le de ses fonctions normales. Au niveau cellulaire, les effets cytopathogènes des virus peuvent entraĂ®ner divers effets nĂ©fastes. Les capacitĂ©s de synthèse des protĂ©ines des cellules infectĂ©es peuvent ĂŞtre inhibĂ©es, la chromatine est fragmentĂ©e par des enzymes virales. Des particules virales s’accumulent dans le cytoplasme ou le noyau des cellules infectĂ©es. Les virus peuvent ensuite provoquer la lyse et la mort des cellules hĂ´tes. La lyse des cellules entraĂ®ne la libĂ©ration des particules virales et permet la dissĂ©mination du virus.


     Lorsque le virus pĂ©nètre dans une cellule non permissive, il ne peut pas se multiplier. Son gĂ©nome peut cependant subsister sous la forme d’un Ă©pisome libre ou intĂ©grĂ© au gĂ©nome cellulaire. Il y a transformation cellulaire virale lorsque le gĂ©nome du virus entre en interaction avec l’ADN du gĂ©nome cellulaire. On appelle ces virus des virus oncogènes. Parmi ceux-ci, les rĂ©trovirus, en s’intĂ©grant dans le gĂ©nome cellulaire, peuvent devenir tumorigène et possèdent donc la capacitĂ© d’entraĂ®ner des cancers.


     La classification des principaux groupes de virus et leur correspondance en pathologie, se trouve dans l'encyclopĂ©die mĂ©dicale Vulgaris. Elle est basĂ©e sur le type de molĂ©cule d'acides nuclĂ©iques (ARN ou ADN) qui constitue la particule virale ou virion.[1]

Exemples de virus pathogènes pour l'Homme






Chapitre : Prévention et traitement





Image (cliquez pour agrandir) :

Le virus de la polio.



     Ă‰tant donnĂ© que les virus utilisent la machinerie cellulaire de l’hĂ´te pour se reproduire Ă  l’intĂ©rieur mĂŞme de la cellule, il est difficile de les Ă©liminer sans tuer la cellule hĂ´te. Des mĂ©dicaments antiviraux permettent cependant de perturber la rĂ©plication du virus.


     Une autre approche est la vaccination qui permet de rĂ©sister Ă  l’infection.


     Divers mĂ©dicaments permettent de traiter les symptĂ´mes liĂ©s Ă  l’infection. Les patients demandent souvent Ă  leurs mĂ©decins qu’ils leurs prescrivent des antibiotiques, mais ils sont sans effet sur les virus. Les antibiotiques interfèrent en effet avec des constituants ou le mĂ©tabolisme des bactĂ©ries et permettent donc de traiter seulement les maladies d’origine bactĂ©rienne et non les maladies d'origine virale.



     Diverses mĂ©thodes de dĂ©sinfection in vitro permettent d’inactiver les virus (hypochlorite de sodium Ă  1 %, Ă©thanol Ă  70 %, glutaraldĂ©hyde Ă  2 %, formaldĂ©hyde).






Chapitre : Application



     Les virus sont importants pour l’étude de la biologie molĂ©culaire et la biologie cellulaire, car ils fournissent des systèmes simples qui peuvent ĂŞtre utilisĂ©s pour la manipulation et la comprĂ©hension des fonctions cellulaires. Par exemple, les virus prĂ©sentent en gĂ©nĂ©ral un matĂ©riel gĂ©nĂ©tique simplifiĂ© et aident Ă  la comprĂ©hension des mĂ©canismes molĂ©culaires de la gĂ©nĂ©tique comme la rĂ©plication de l’ADN, la transcription, les modifications post-transcriptionnels de l’ARN, la traduction, le transport des protĂ©ines et l’immunologie.


     Les virus peuvent de plus ĂŞtre utilisĂ©s comme vecteur pour introduire un gène dans une cellule. Cet outil est utilisĂ© par exemple pour permettre Ă  la cellule de produire une protĂ©ine recombinante ou pour Ă©tudier l’effet de l’introduction du nouveau gène dans le gĂ©nome.
Certains virus sont utilisés en thérapie génique comme vecteur, pour soigner diverses maladies. Dans certaines maladies génétiques, un gène défectueux provoque les symptômes. Les virus vecteur permettraient de cibler des cellules spécifiques et remplacer le gène en question par un gène normal.
Les virus sont également utilisés dans la lutte contre le cancer. Certains virus sont capables de détruire spécifiquement des cellules cancéreuses.






Chapitre : Les virus dans la science fiction



     La sĂ©rie Fringe prĂ©sente dans l'Ă©pisode 13 de la saison 2 (cf Liste des Ă©pisodes de Fringe) un virus prĂ©sentant la capacitĂ© d'influer sur l'esprit de ses hĂ´tes: Il les poussent a vouloir sortir de l'immeuble en quarantaine dans lequel ils sont confinĂ©s, afin de transmettre leur infection au maximum de personnes.






Chapitre : Notes et références


  1. ↑ Le pluriel latin de virus n'est pas connu. Bien que se terminant par "-us", on le considère comme un nom neutre de la 2 dĂ©clinaison ; son pluriel serait alors "vira". La forme "viri" est une faute grammaticale : c'est le pluriel des mots masculins de la 2 dĂ©clinaison ; "virii" est un barbarisme. En anglais, la marque du pluriel pour un mot se terminant par "s" est "-es" ; la forme "viruses" se retrouve d'ailleurs le plus souvent dans la littĂ©rature mĂ©dicale et professionnelle.
  2. ↑ découverte d'un virophage
  3. ↑ http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/04/59/36/PDF/tel-00004194.pdf
  4. ↑ http://books.google.fr/books?id=yMIuk-q4hbcC&pg=PT122&lpg=PT122&dq=%22Martinus+Beijerinck%22+toxine+liquide&source=bl&ots=3zLGT70Pt2&sig=sOKl1oYpiqvi87HhOj-1hwlWfDM&hl=fr&ei=lLuGS4K6Cdmg4Qa9yLCnDw&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=2&ved=0CAkQ6AEwAQ#v=onepage&q=%22Martinus%20Beijerinck%22%20toxine%20liquide&f=false
  5. ↑ François Jacob, Qu’est-ce que la vie ? in La Vie, UniversitĂ© de tous les savoirs, Editions Odile Jacob, 2002.
  6. ↑ Raoult D., Audic S., Robert C., Abergel C., Renesto P., Ogata H., La Scola B., Suzan M., Claverie J.-M., The 1.2-megabase genome sequence of Mimivirus, Science, 2004 Nov 19;306(5700):1344-50.
  7. ↑ M. Haring et al., Independant virus development outside a host, Nature, vol. 436, p. 1101-1102, 2005
  8. ↑ Patrick Forterre, Three RNA cells for ribosomal lineages and three DNA viruses to replicate their genomes : a hypothesis for the origin of cellular domain, PNAS, vol. 103 (10), pp. 3669-3674, 2006
  9. ↑ Ali SaĂŻb, Les virus, inertes ou vivants ? in Pour la Science, dĂ©cembre 2006.
  10. ↑ Prangishvili, D., P. Forterre, and R. A. Garrett. 2006. Viruses of the Archaea: a unifying view. Nat Rev Microbiol 4:837-48.
  11. ↑ K. E. Wommack and R. R. Colwell (2000) Virioplankton: Viruses in Aquatic Ecosystems. Microbiol. Mol. Biol. Rev. 64, 69-114





Chapitre : Vous pouvez voir également :



     Sur les autres projets Wikimedia :

  - Sous-chapitre : Articles connexes

  - Sous-chapitre : Liens externes

    Liste :
  • (fr) Introduction Ă  la virologie : document Ă©laborĂ© par Laurent Roux (et rĂ©alisĂ© par Daniel Scherly) de la facultĂ© de mĂ©decine de l'universitĂ© de Genève (Suisse). RĂ©vision du 14/10/2005.
  • (fr) GĂ©nĂ©ralitĂ©s en virologie : notes de cours proposĂ©es par deux Ă©tudiants de la facultĂ© de La Rochelle (France). Version du 12/03/2003.
  • (fr) Principes actuels de classification des virus : extraits de cours de microbiologie, par Anne Decoster et al., de la facultĂ© libre de mĂ©decine de Lille (France). Version du 22/05/2002.

  - Sous-chapitre : Bibliographie

    Liste :
  • Pierre Ardoin : Virus et diagnostic virologique. Paris, Maloine Éditeur, 1983, 997p.
  • Thierry Borrel : Les Virus. DiversitĂ© et organisation du monde viral. Interactions avec le vivant. Nathan UniversitĂ©, Paris, 1996.
  • Gessain A., Manuguerra J.C. : Les virus Ă©mergents. Collection « Que sais-je ? Â», Presses Universitaires de France, 2006.
  • Madigan, M. T., Martinko, J. M. : Brock Biology of Microorganisms, 11th Ed. Pearson Prentice Hall, Upper Saddle River, NJ, 2005.
  • Perry J., Staley J., Lory S. : Microbiologie. Éditions Dunod, 2004.
  • Prescott, L.M., Harley, J.P. Klein, D.A. : Microbiologie 2 Ă©dition. DeBoeck eds, 2003.

     


© Source : Wikipedia sous licence GFDL







Robothumb