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Définition Wikipédia de : Ville nouvelle






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Carte de La Nouvelle-Orléans en 1728.






Introduction :

      Une ville nouvelle est une ville, ou un ensemble de communes, qui naĂ®t gĂ©nĂ©ralement d’une volontĂ© politique, et qui se construit en peu de temps sur un emplacement auparavant peu ou pas habitĂ©.







Suite de l'article :

Ces projets sont marqués par les réflexions sur la cité idéale à une époque donnée. Elles adoptent souvent un tracé régulier (en damier, en étoile,...); les bâtiments publics, l'organisation des services et parfois les contraintes architecturales imposées aux constructeurs dénotent un programme social ou intellectuel. Le désir d'ordre s'inscrit dans le réel, dans la société humaine; dans le tissu urbain s'incarnent alors des visées idéologiques, voire religieuses ou mystiques.



     Après quelques dĂ©cennies, la "ville nouvelle" perd son caractère de nouveautĂ©: mais le centre historique de ces fondations originales reste le tĂ©moin d'une aventure humaine, ou d'un rĂŞve personnel.


     Certaines villes anciennes se sont aussi vu adjoindre des "villes neuves" (en rĂ©alitĂ©, des quartiers construits sur des terrains vierges ou libĂ©rĂ©s), comme Ă  Nancy sous le duc Charles III.


     


- Sommaire de la page -









Chapitre : Antiquité



     Dans l’AntiquitĂ©, la crĂ©ation de villes est principalement liĂ©e Ă  l’extension territoriale des civilisations. On construit des villes (des colonies) pour s’implanter sur de nouveaux territoires. Dans le bassin mĂ©diterranĂ©en en particulier, de nombreuses villes sont ainsi créées par les Grecs (Asie Mineure, Italie, Sicile…), les Carthaginois (Afrique du Nord, pĂ©ninsule IbĂ©rique) ou les Romains (Afrique du Nord, Gaule…).


     On peut citer :


     Si les villes qu'a construit Hippodamos de Milet ne sont pas Ă  proprement parlĂ© des villes nouvelles, le plan adoptĂ© pour leur reconstruction, Ă  Rhodes ou Ă  Milet, a servi de rĂ©fĂ©rence pendant des siècles pour la construction des villes nouvelles.






Chapitre : Moyen Âge





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La bastide de Créon Créon en Gironde.



     Ă€ l’époque fĂ©odale, la crĂ©ation d’une ville sur son domaine est le moyen, pour un seigneur, de sĂ©dentariser une population migrante ou nomade de journaliers, d’artisans et de marchands. Les premières villes nouvelles mĂ©diĂ©vales sont :

    Liste :
  • des castelnaus, c’est-Ă -dire un nouvelle basse cour Ă©tablie près du château, entourĂ©e de murs et jouissant de la protection du seigneur. Le terrain est divisĂ© en lots oĂą des familles d’habitants de la seigneurie sont invitĂ©s Ă  construire une cabane ou une maison ;
  • des sauvetĂ©s, qui sont des territoires, en gĂ©nĂ©ral créés par une autoritĂ© religieuse (Ă©vĂŞque ou abbĂ©), qui confèrent Ă  ceux qui s’y Ă©tablissent, des privilèges d’hospitalitĂ© et d’immunitĂ©.
  • des bastides, Ă  partir du XII siècle dans le sud-ouest de la France, entre la Croisade des Albigeois et la guerre de Cent Ans, avec leurs plans organisĂ©s autour d'une halle.

     Dans certains cas, les villes fondĂ©es proposent des exonĂ©rations fiscales Ă  ceux qui viennent s’y installer ; les seigneurs se faisaient en effet concurrence pour peupler leurs fondations de villes et de bastides, et rivalisaient de privilèges pour attirer la population. L’activitĂ© Ă©conomique gĂ©nĂ©rait des revenus indirects tout aussi lucratifs (voire plus) que les impĂ´ts. C’est l’origine des villes s’appelant Villefranche, Villefranque ou Francheville (franc signifiant Ă  l’époque libre, et plus particulièrement exemptĂ© d’impĂ´ts).


     La plupart des villes ou villages de France portant des noms comme Villeneuve, Villenouvelle ou Neuville, datent de cette Ă©poque.






Chapitre : Renaissance et Lumières





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Une carte du site originel de Saint-Pétersbourg et des premières installations, en 1705



     Après le Moyen Ă‚ge en Europe, les pouvoirs se centralisent progressivement. Les dirigeants ont besoin de contrĂ´ler des territoires de plus en plus vastes, et ils ont besoin d’y organiser des rĂ©seaux urbains qui soutiennent leur puissance. Ainsi seront créées des villes dans des rĂ©gions considĂ©rĂ©es comme stratĂ©giques, ou donnĂ©es en gage aux populations pour leur fidĂ©litĂ©.


     Des principautĂ©s sont aussi créées par la rĂ©union de territoires disparates: le prince veut alors asseoir son nouveau prestige sur une capitale moderne, dont le tracĂ© et l'aspect correspondent aux rĂ©flexions nouvelles sur l'urbanisme et les valeurs de l'Humanisme puis du Classicisme.


     Bien souvent, leurs initiateurs ont laissĂ© leur nom Ă  ces villes.


     On peut citer:


     Des villes nouvelles ont aussi Ă©tĂ© construites pour permettre la dĂ©fense d'un territoire. Un des exemples est Brouage, au XVI siècle, ou Rochefort au XVII siècle pour abriter un arsenal. En France, Vauban a eu Ă  construire quelques villes nouvelles entourĂ©es de fortifications. La plus cĂ©lèbre est Neuf-Brisach.






Chapitre : Villes coloniales





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Carte de New York en 1763.



     La colonisation de l’AmĂ©rique par les Espagnols, les Portugais, les Anglais (puis les Britanniques), les Français et les NĂ©erlandais entraĂ®ne la crĂ©ation de nombreuses villes, nĂ©cessaires Ă  une implantation durable. Elles rappellent souvent le nom d’une ville de mĂ©tropole (Carthagène en Colombie, la Nouvelle-Amsterdam), d’une personne Ă  l’origine de leur crĂ©ation (MontrĂ©al qui provient de Mont-Royal, La Nouvelle-OrlĂ©ans qui font fondĂ©e en l’honneur du RĂ©gent Philippe d'OrlĂ©ans), d’un puissant protecteur (Bismarck en hommage au chancelier allemand Otto von Bismarck), de thèmes bibliques ou utopiques comme Philadelphie qui signifie amour fraternel).


     Ces villes coloniales, souvent fondĂ©es pour rĂ©aliser une sociĂ©tĂ© utopique et d’abord presque toujours conçues par des ordres religieux ou par des souverains europĂ©ens, dĂ©veloppent des formes urbaines originales qui se placent dans la continuitĂ© du mouvement des bastides et se prolongeront jusqu’au XX siècle avec des villes comme Casablanca.






Chapitre : Révolution industrielle





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     Le 25 mai 1804, NapolĂ©on Bonaparte dĂ©crète le transfert du chef lieu de la VendĂ©e Ă  La Roche-sur-Yon. Nait alors une citĂ© rĂ©alisĂ©e selon un idĂ©alisme des ingĂ©nieurs napolĂ©oniens.


     Au XIX siècle, de nouvelles villes se dĂ©veloppent très rapidement, mais beaucoup plus pour des raisons Ă©conomiques que par une volontĂ© politique. C’est surtout le cas dans toutes les rĂ©gions d’extraction minière. De grandes citĂ©s sont construites spĂ©cialement pour y loger les mineurs toujours plus nombreux. De nombreuses villes naissent ainsi dans le bassin de la Ruhr, en Allemagne. En France, on peut citer La Roche-sur-Yon en VendĂ©e, Lens dans le bassin minier du Nord, Decazeville dans le Massif central ou encore Montceau-les-Mines en SaĂ´ne et Loire. Beaucoup plus tardivement, on peut citer aussi Mourenx, dans les PyrĂ©nĂ©es-Atlantiques, qui se dĂ©veloppe Ă  la fin des annĂ©es 1950 après la dĂ©couverte du gisement de gaz naturel de Lacq, ou Albertville, en Savoie.


     Sous le Second Empire, Le VĂ©sinet, une ville-jardin, est créée dans l’ouest parisien par Charles de Morny, demi-frère de NapolĂ©on III sous la forme de lotissements paysagers de luxe. Cette spĂ©culation immobilière liĂ©e Ă  la transformation de la forĂŞt du VĂ©sinet en une ville nouvelle n’est rĂ©alisable que grâce Ă  l’arrivĂ©e du chemin de fer au pied de la terrasse de Saint-Germain-en-Laye. Le chemin de fer favorise Ă©galement la crĂ©ation de la Ville d'Hiver d'Arcachon.






Chapitre : Les villes nouvelles contemporaines





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Le projet pilote de Brasilia



     Ă€ partir des annĂ©es 1960, l’urbanisation rapide dans certains pays incite les autoritĂ©s Ă  planifier le dĂ©veloppement des plus grandes agglomĂ©rations par la crĂ©ation de villes nouvelles Ă  leur pĂ©riphĂ©rie, pour limiter la centralisation des plus grandes villes et essayer d’en faire des agglomĂ©rations multipolaires. Des villes nouvelles avaient dĂ©jĂ  Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es aux États-Unis, dans les annĂ©es 1930, par la Resettlement Administration (RA), dirigĂ©e par Rexford Tugwell, membre du Brain Trust de Franklin Roosevelt. On retrouve cette politique volontariste dans plusieurs pays.

Article dĂ©taillĂ© : Ville nouvelle (Angleterre).

     La conception de ces nouvelles villes Ă©tait inspirĂ©e d'abord par les principes du CIAM, notamment la Charte d'Athènes et sa volontĂ© de rompre avec tous les modèles prĂ©existants, qu'il s'agisse des villes coloniales issues de l'haussmanisation, des citĂ©s-jardins ou des modèles antĂ©rieurs de villes rĂ©gulières comme les bastides. Ensuite elles sont conçues avec une approche qui n'est plus ni perspective, ni figurative, mais strictement fonctionnelle selon le processus ingĂ©nieurial dĂ©veloppĂ© par Ildefonse de Cerda sous la nouvelle appellation d’urbanisme.


     De nombreuses citĂ©s Ă  vocation purement industrielle sont aussi créées dans les pays socialistes (URSS, Pologne, Roumanie…), d'abord un peu Ă  la façon des citĂ©s minières d’Europe occidentale pendant la rĂ©volution industrielle, ensuite selon le modèle des grands ensembles collectifs . En TchĂ©quie, Most peut se targuer du statut de ville historique et nouvelle : pour faire place Ă  l’extraction extensive du lignite, la ville a Ă©tĂ© littĂ©ralement « dĂ©mĂ©nagĂ©e Â» et construite Ă  quelques distance du centre historique dĂ©truit.


     Dans d’autres pays, les villes nouvelles sont davantage Ă  vocation scientifique et universitaire comme la ville de Louvain-la-Neuve et son universitĂ©, en Belgique. Celle-ci cependant a, dès sa conception voulut se distancier des modèles de citĂ©s universitaires pour dĂ©velopper une ville Ă  part entière, avec ses habitants, des Ă©coles, une place pour les ainĂ©s, de grandes surfaces commerciales.




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La carte de Canberra



     En Asie. Le pays qui en a créé le plus (246 villes nouvelles créées de 1990 Ă  2008) est la Chine pour absorber un exode rural massif induit par l'industrialisation de l'agriculture qui a fait passer le nombre d'urbains de 77 millions en 1953 Ă  190 millions en 1980, puis Ă  470 millions en 2000, pour atteindre environ 650 millions en 2008 (en inclut une "population flottante" de 150 millions de travailleurs migrants). 400 nouvelles villes sont encore pĂ©vues avant 2020 pour hĂ©berger des paysans devenus urbains. D'anciens bourgs comme Shenzhen ou Chongqing ont dĂ©passĂ© les 10 millions d'habitants. Parmi 89 villes chinoises de plus d'un million d'habitants, 49 créées ont Ă©tĂ© créées entre la fin des annĂ©es 1980 et 2008. Seule 45 % des chinois sont urbains en 2008, mais ce taux devrait ĂŞtre de 60 % en 2020, d'après les prospectivistes qui pensent que que l'exode rural amènera encore 300 millions d'habitants en ville. La Chine a produit le premier projet de ville Ă©cologique pour 1 million d'habitants.


     En AlgĂ©rie, en 1980, le site exigu que la ville de Constantine (1500 hectares) n’arrive pas Ă  desservir correctement les 450 000 habitants. BaptisĂ©e ville nouvelle « Ali Mendjeli Â» par dĂ©cret prĂ©sidentiel N°2000/17 du 05/08/2000 commence Ă  vivre : La densitĂ© dĂ©passe les 333 personnes/hectare. La prĂ©occupation majeure, Ă  cette pĂ©riode, c’est comment desservir près d’un million d’habitants Ă  la fin du siècle. Ă€ dĂ©faut de s’élargir, il faut donc chercher ailleurs. D’oĂą l’idĂ©e d’une nouvelle ville, unique et importante, destinĂ©e Ă  absorber un programme de logements qui abritera plus de 250 000 habitants.


     Enfin, certains pays ont créé une nouvelle capitale pour Ă©viter la concentration de trop de pouvoirs (Ă  la fois Ă©conomiques et politiques) dans une seule ville, pour promouvoir une meilleure rĂ©partition de la population sur le territoire, pour placer la capitale au centre du pays, ou simplement pour mettre fin aux convoitises entre villes :




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Le batiment du sécrétariat de Chandigarh, ville conçu en 1951, par Le Corbusier entre autres.



     Certains projets n'aboutissent pas :

  - Sous-chapitre : La politique des villes nouvelles en France (1965 Ă  nos jours)


     En France, une politique de villes nouvelles est dĂ©cidĂ©e en 1965 dans le contexte de la mise en place du SchĂ©ma directeur d'amĂ©nagement et d'urbanisme de la rĂ©gion de Paris (SDAURP). Il prĂ©voie un dĂ©veloppement polycentrique de la rĂ©gion parisienne face Ă  la croissance dĂ©mographique importante de la rĂ©gion. Ce plan parisien est conçu et mis en place par les Ă©quipes de Paul Delouvrier, dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral au District de la RĂ©gion de Paris entre 1961 et 1969. Au niveau national, d'autres villes nouvelles sont dĂ©cidĂ©es autour des agglomĂ©rations de Rouen, Lyon, Lille et Marseille. Pour cela, un groupe central des villes nouvelles est mis en place pour coordonner le programme. Celui-ci se dĂ©roule dans le cadre juridique de l'OpĂ©ration d'intĂ©rĂŞt national (OIN) qui permet Ă  l'État d'avoir la main mise totale en matière d'urbanisme sur le territoire concernĂ©.


     Au niveau administratif local, de nouvelles structures autonomes sont mises en places : des Ă©tablissements publics d'amĂ©nagement (EPA), constituĂ©s de fonctionnaires d'État, chargĂ©s de l'Ă©laboration de projets urbains, de l'achat du foncier et de leur revente Ă  des investisseurs. Neuf villes font l'objet d'une OIN et de la crĂ©ation d'un EPA dont 5 en ĂŽle-de-France :


     Villeneuve-d'Ascq sort rapidement du programme dès 1983, puis Vaudreuil, devenu Val-de-Reuil, en 1985, transformĂ©e toutes les deux en communes de droit commun. Puis cela a Ă©tĂ© le cas d'Évry en 2000, l'Etang-de-Berre fin 2001 puis Cergy-Pontoise et Saint-Quentin-en-Yvelines en 2002. Seules Marne-la-VallĂ©e et SĂ©nart sont encore en cours d'amĂ©nagement.






Chapitre : Vous pouvez voir également :


  - Sous-chapitre : Bibliographie

  - Sous-chapitre : Liens internes

  - Sous-chapitre : Liens externes






Chapitre : Notes


  1. ↑ La politique des villes nouvelles (1965-2000) sur Programme interministériel d'histoire et d'évaluation des villes nouvelles françaises, déc 1999. Consulté le 25 février 2010

© Source : Wikipedia sous licence GFDL







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