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Définition Wikipédia de : Valorisation de la recherche







Introduction :

      ActivitĂ© qui se comprend dans le cadre des politiques d’innovation, la valorisation est aujourd’hui une fonction reconnue de l’universitĂ© dans le cadre des systèmes d’innovation . Par ailleurs, il faut noter que le terme de valorisation est polysĂ©mique et que les dĂ©finitions existantes varient en fonction de l’organisme ou du pays considĂ©rĂ©. Après une prĂ©sentation gĂ©nĂ©rale de ce que recouvre le terme de valorisation [1], les principales activitĂ©s qui la composent et en dĂ©coulent - la commercialisation [2] et le transfert technologique [3] - seront dĂ©finies.







- Sommaire de la page -









Chapitre : Définition générale de la valorisation


Suite de l'article :

Intéressons nous au définitions que l'on trouve en Belgique et au Québec. Ces dernières esquissent largement les principaux aspects du concept.


  1. « La valorisation de la recherche universitaire peut ĂŞtre dĂ©finie comme l’ensemble des activitĂ©s ayant pour but d’augmenter la valeur des rĂ©sultats de la recherche et, plus gĂ©nĂ©ralement, de mettre en valeur les connaissances. La valorisation ne se rĂ©sume pas uniquement Ă  l’exploitation commerciale des rĂ©sultats de la recherche : elle s’appuie Ă©galement sur le dĂ©ploiement et l’échange des connaissances dans tous les domaines du savoir.»
  1. « La valorisation des rĂ©sultats de la recherche est le processus mis en Ĺ“uvre pour que la recherche universitaire ait un rĂ©el impact Ă©conomique et dĂ©bouche, directement ou indirectement, sur des produits ou des procĂ©dĂ©s nouveaux ou amĂ©liorĂ©s exploitĂ©s par des entreprises existantes ou créées Ă  cet effet.»

     Bien que ces dĂ©finitions dĂ©crivent la mĂŞme activitĂ©, il faut remarquer une diffĂ©rence importante les sĂ©parant ; alors que la première met l’emphase sur la valorisation en tant qu’activitĂ©, la deuxième souligne l’importance des rĂ©sultats qu’elle peut engendrer. La complĂ©mentaritĂ© est assez Ă©clairante pour la comprĂ©hension du sujet.


     La valorisation permet de mettre en relation le monde de la recherche avec le monde socioĂ©conomique. Elle se dĂ©roule principalement dans le milieu universitaire et possède comme noyau le chercheur . Le but de la valorisation est, littĂ©ralement, de donner de la valeur aux rĂ©sultats de la recherche.


     Ă€ prĂ©sent, explicitions les diffĂ©rentes caractĂ©ristiques de cette activitĂ©


     La valorisation, de manière gĂ©nĂ©rale, concerne toutes les activitĂ©s Ă©tant liĂ©es Ă  la commercialisation et au transfert sans pour autant correspondre Ă  la somme des activitĂ©s inhĂ©rentes Ă  ces notions ; elle possède donc ses caractĂ©ristiques propres. Une première lecture du terme indique que valoriser signifie rendre opĂ©rationnel ou commercialisable le savoir et les rĂ©sultats liĂ©s Ă  la recherche, c'est-Ă -dire leur fournir une valeur ajoutĂ©e. NĂ©anmoins, la principale diffĂ©rence qui subsiste entre la valorisation et les deux autres approches rĂ©side dans le fait que cette dernière n’est pas uniquement centrĂ©e sur la valeur marchande de la recherche.


     On peut effectivement distinguer deux types de valorisation : la valorisation première, financière, de type commercial, et la valorisation sociale, de type non marchande. Le premier cas correspond uniquement aux activitĂ©s de commercialisation et de transfert. Le second, quant Ă  lui, concerne le dĂ©veloppement de solutions ou d’applications, Ă©manant de la recherche, dans le but de rĂ©soudre un problème social dĂ©fini. Ici, les retombĂ©es Ă©conomiques peuvent exister mais la commercialisation n'en est pas directement la finalitĂ© première. Par ailleurs, sans distinction aucune, la valorisation concerne tous les domaines universitaires et donc toutes les innovations qui peuvent en Ă©maner, qu’elles soient technologiques, non technologiques ou sociales.


     Quelles sont donc les activitĂ©s propres Ă  la valorisation ? Nous pouvons en classer la plupart dans trois grandes catĂ©gories. La première est celle de la recherche contractuelle, lorsqu’un commanditaire finance une recherche de manière intĂ©grale sans y participer. Dans ce cadre, il s’agit souvent d’une recherche axĂ©e sur la rĂ©solution d’un problème prĂ©cis sur le très court terme. Ensuite, la recherche partenariale est le cas de figure oĂą un partenaire extĂ©rieur s’associe avec l’universitĂ© afin de rĂ©aliser un projet de recherche, souvent dans le domaine de la recherche fondamentale oĂą coĂ»ts, ressources et rĂ©sultats sont partagĂ©s entre eux.


     Enfin, l’on parle d’activitĂ©s de consultation lorsqu’un commanditaire emploie un chercheur afin de bĂ©nĂ©ficier de son expertise dans le cadre d'un problème prĂ©cis.


     Ces activitĂ©s ne dĂ©crivent cependant pas toutes les possibilitĂ©s dans le domaine de la valorisation. Ă€ titre d’illustration, voici d’autres activitĂ©s qui s’offrent au chercheur dans ce cadre  :

  1. Les publications scientifiques
  2. Les conférences
  3. La production et la diffusion de matériel pédagogique
  4. Les chaires industrielles

     L’importance de ces activitĂ©s dans le cadre de la valorisation est Ă©vidente, notamment car elles permettent de transfĂ©rer des connaissances, des compĂ©tences et des rĂ©sultats de la recherche universitaire.


     Mentionnons qu'il est Ă©galement possible de parler de valorisation stricto sensu, c'est-Ă -dire en la dĂ©finissant en tant qu'activitĂ© ; il s’agit alors d’une dĂ©marche spĂ©cifique pouvant ĂŞtre adoptĂ©e dans deux cas. Dans le premier cas, il s’agit d’un chercheur ou d’une Ă©quipe de recherche voulant gravir, de manière autonome ou par le biais d'un tiers mandatĂ©, les Ă©tapes de R&D (recherche et dĂ©veloppement) d’une technologie afin de pouvoir la commercialiser. Dans le second, et c’est celui qui concerne les sociĂ©tĂ©s dites de valorisation qui s’occupent de ce processus dans son entièretĂ©. Il s’agit donc, entre autres, de faire du dĂ©marchage, de protĂ©ger la propriĂ©tĂ© intellectuelle liĂ©e aux l’invention, de s’occuper des aspects contractuels et de dĂ©terminer une stratĂ©gie permettant d’aboutir Ă  la commercialisation.


     DiffĂ©rents rĂ©sultats peuvent ĂŞtre attendus suite Ă  cette dĂ©marche :

  1. Soit il y a un transfert scientifique (ou transfert de connaissances) uniquement, ce qui concerne l'intégration de nouvelles méthodes ou approches relevant de l'innovation sociale ou non technologique
  1. Soit il y a un transfert technologique (ou transfert de technologies) ce qui relève de l'innovation technologique et donc concerne les nouveaux produits ou procédés. Cette possibilité comprend également le transfert de connaissances car il faut considérer ici qu'une technologie ne se transmet pas sans son savoir

     Dans le deuxième cas, la commercialisation peut ĂŞtre effectuĂ©e soit par octroi d’une licence d’exploitation Ă  une entreprise existante, soit par la crĂ©ation d’une entreprise dĂ©rivĂ©e (spin-off) qui s’occupera du dĂ©veloppement de la technologie en question.






Chapitre : La commercialisation



     Commençons par une dĂ©finition  :


     Â«La commercialisation des rĂ©sultats de la recherche universitaire} est le processus qui consiste Ă  commercialiser de nouveaux produits et services Ă  partir des inventions et dĂ©couvertes des chercheurs universitaires.»


     Comme mentionnĂ© ci-dessus, les activitĂ©s prĂ©sentĂ©es se recoupent et c’est pourquoi parler de valorisation implique assez souvent de parler de commercialisation. De manière similaire, le transfert technologique est souvent pris en considĂ©ration lorsqu’on traite de commercialisation.


     La commercialisation est donc une activitĂ© qui comporte deux volets superposables. Dans le premier, la commercialisation de la recherche, comprise dans le sens large du terme, concerne d’une part la valorisation commerciale de la propriĂ©tĂ© intellectuelle de toute crĂ©ation dans tout domaine acadĂ©mique et, d’autre part, la commercialisation de l’expertise de chercheurs, Ă©galement pour tout type de discipline universitaire. Le deuxième volet, intĂ©grĂ© au premier, concerne la commercialisation de rĂ©sultats de la recherche qui Ă©manent prĂ©cisĂ©ment de disciplines Ă©tant « scientifiques et technologiques Â» et qui est assimilable au transfert technologique.






Chapitre : Le transfert technologique



     DĂ©finissons :


     Â« Le transfert technologique est le processus dĂ©signant le transfert formel Ă  l’industrie de dĂ©couvertes rĂ©sultant de la recherche universitaire et la commercialisation de ces dĂ©couvertes sous la forme de nouveaux produits et services. Â»


     Ă€ la diffĂ©rence des deux activitĂ©s prĂ©citĂ©es, le transfert technologique concerne uniquement la commercialisation des rĂ©sultats de la recherche acadĂ©mique et ne comprend donc pas les activitĂ©s de collaboration liĂ©es Ă  la valorisation proprement dite. Il s’agit donc du transfert de rĂ©sultats vers l’industrie dans un but de commercialisation. Le transfert technologique comprend diffĂ©rentes Ă©tapes qui constituent un processus, dirigĂ© par les sociĂ©tĂ©s de valorisation et dont voici certaines des caractĂ©ristiques principales. Il s'agit d'une description gĂ©nĂ©rale et il faut donc garder Ă  l'esprit que des variations sont possibles entre les diffĂ©rents bureaux de transfert (synonyme de sociĂ©tĂ©s de valorisation).


     Voici les diffĂ©rentes Ă©tapes de ce processus :

  1. Repérage des inventions ou découvertes possédant un potentiel commercial
  2. Étude de faisabilité du point de vue technique et économique couplée avec une étude de marché
  3. Support à la démonstration de la preuve de concept
  4. Création d'une stratégie de valorisation
  5. Protection de la PI
  6. Choix d'une mĂ©thode de commercialisation : licence ou spin-off
  7. Suivi du projet





Chapitre : Valorisation et évaluation



     Les organismes chargĂ©s d'Ă©valuer l'intĂ©rĂŞt d'activitĂ©s de recherche scientifique utilisent la valorisation Ă©conomique parmi leurs critères. On considère aujourd'hui que la valorisation sociale se prĂŞte moins Ă  une Ă©valuation quantitative, faute de mĂ©thodologie appropriĂ©e. De fait, une Ă©valuation approfondie des apports Ă©conomiques de la recherche en Histoire, en psychologie, en Ă©conomie et plus gĂ©nĂ©ralement en sciences humaines et sociale reste Ă  faire, mĂŞme si peu aujourd'hui en contestent la rĂ©alitĂ©.


     De mĂŞme, beaucoup croient que la recherche fondamentale, par sa nature, se prĂŞte mal Ă  une valorisation Ă  court terme. Or des organismes, comme le CERN, dĂ©montrent que les recherches les plus fondamentales se prĂŞtent autant que les autres Ă  la valorisation.

  - Sous-chapitre : Dans la recherche publique en France


     L'article 2 de la loi 99-587 du 12 juillet 1999 prĂ©voit pour les Ă©tablissements publics Ă  caractère scientifique, culturel et professionnel (EPCSCP) la crĂ©ation en leur sein d'une structure dĂ©diĂ©e Ă  la promotion et Ă  la valorisation de leurs activitĂ©s industrielles et commerciales : le service d'activitĂ©s industrielles et commerciales (SAIC).

  - Sous-chapitre : Les organismes indĂ©pendants de valorisation


     Certaines structures indĂ©pendantes accompagnent laboratoires et entreprises dans leurs dĂ©marches de collaborations. Ce genre de structure existent en grand nombre dans certains pays (voir l'exemple du QuĂ©bec) et apparaissent depuis peu en France.

  - Sous-chapitre : Valorisation sociale


     Des initiatives rĂ©centes tentent de gĂ©nĂ©rer une valorisation sociale de la recherche en donnant la possibilitĂ© Ă  des associations de lancer des appels d'offre de recherche.






Chapitre : Polémique sur la valorisation de la recherche en France



     En janvier 2007, un rapport sur la valorisation de la recherche française rĂ©digĂ© par l'inspection gĂ©nĂ©rale des finances et inspection gĂ©nĂ©rale de l'administration de l'Éducation nationale et de la recherche, est rendu public. Il souligne, en particulier, qu'"en dĂ©pit des mesures prises depuis la loi sur l'innovation de 1999, la valorisation de la recherche ne progresse pas en France depuis quinze ans".


     Ce rapport souligne des dĂ©ficits sur les cinq volets de cette valorisation: les contrats de partenariat entre laboratoires publics et entreprises, la participation aux programmes europĂ©ens, les dĂ©pĂ´ts de brevets, et les crĂ©ations d'entreprises issues de la recherche publique. Il prĂ´ne Ă©galement une rĂ©organisation du système de recherche français.


     Un polĂ©mique est nĂ©e de cette charge contre la recherche publique, dont les rĂ©sultats ne seraient pas Ă  la hauteur des moyens qui lui sont accordĂ©s.


     Un article de 2007 de la revue Nature met en perspective cette analyse, concluant que la production et valorisation scientifique française reflète plus les variations de la politique de financement au grĂ© des gouvernements qu'un dĂ©clin.






Chapitre : Références


  1. ↑ Les parties dédiées à la définition sont tirées de Melviez David, La valorisation, une étude de cas internationale, mémoire de maîtrise en sociologie, Université de Montréal, 2008, p. 40-45. Conseil de la science et de la technologie du Québec, La valorisation de la recherche universitaire - clarification conceptuelle, Québec, Février 2005, p. 1. Cité dans Melviez David, op. cit., 2008, p. 40
  2. ↑ La première définition est donnée par la Politique Québécoise de la Science et l’innovation (2001) et le Ministère du Développement Économique et Régional de la Recherche (2004), la seconde par le Bureau Fédéral du Plan, en 2002, p. 6, 7. D’autres définitions peuvent exister pour ces deux pays. cité dans Melviez David, op. cit., 2008, p. 40
  3. ↑ Conseil de la Science et de la Technologie du Québec, Chaînes de valorisation de résultats de la recherche universitaire recelant un potentiel d'utilisation par une entreprise ou par un autre milieu, Québec, 2006, p. 8 cité dans Melviez David, op. cit., 2008, p. 41
  4. ↑ Conseil de la science et de la technologie du Québec, 2005, op. cit., pp. 9-19 cité dans Melviez David, op. cit., 2008, p. 41
  5. ↑ Conseil de la Science et de la Technologie du Québec, 2006, op. cit., p. 3 cité dans Melviez David, op. cit., 2008, p. 42
  6. ↑ Conseil consultatif des sciences et de la technologie dans son Rapport Fortier de 1999, Conseil de la science et de la technologie du Québec, 2006, op. cit., p. 6 cité dans Melviez David, op. cit., 2008, p. 43
  7. ↑ Définition provenant du Association of University Technology Managers, 2004, Conseil de la science et de la technologie du Québec, 2006, op. cit., p. 7 cité dans Melviez David, op. cit., 2008, p. 44
  8. ↑ Is French science in decline..., par Declan Butler, Nature 446, 854 - 854 (18 Apr 2007), [1]





Chapitre : Liens externes



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