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Définition Wikipédia de : VIH



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Virus de l'immunodéficience
humaine
Schéma de la section d'un VIH.
Schéma de la section d'un VIH.
Classification des virus
TypeVirus
GroupeGroupe VI
FamilleRetroviridae
Sous-familleOrthoretrovirinae
GenreLentivirus
Espèce




Introduction :

      Virus de l'immunodĂ©ficience humaine :







    Liste :
  • type 1 (VIH-1)
  • type 2 (VIH-2)
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Suite de l'article :

Le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) est un rétrovirus infectant l'homme et responsable du syndrome d'immunodéficience acquise (Sida), qui est un état affaibli du système immunitaire le rendant vulnérable à de multiples infections opportunistes.



     Transmis par plusieurs fluides corporels : sang, sĂ©crĂ©tions vaginales, sperme ou lait maternel, le sida est aujourd'hui considĂ©rĂ© comme une pandĂ©mie ayant causĂ© la mort d'environ 25 millions de personnes entre 1981 (date de la première identification de cas de sida) et janvier 2006. Il est estimĂ© qu'environ 1 % des personnes âgĂ©es de 15 Ă  49 ans vivent avec le VIH, principalement en Afrique subsaharienne.


     Bien qu'il existe des traitements antirĂ©troviraux luttant contre le VIH et retardant par consĂ©quence l'apparition du sida, rĂ©duisant ainsi la mortalitĂ© et la morbiditĂ©, il n'existe Ă  l'heure actuelle aucun vaccin ou traitement dĂ©finitif. La prĂ©vention, qui passe notamment par les rapports sexuels protĂ©gĂ©s et la connaissance de son statut sĂ©rologique de manière Ă  Ă©viter les infections d'autrui, est le moyen de lutte le plus efficace.

- Sommaire de la page -









Chapitre : Histoire



     Les dĂ©buts de l'Ă©pidĂ©mie de sida datent du 5 juin 1981, quand le CDC amĂ©ricain annonce une recrudescence, dans les villes de Los Angeles, San Francisco et New York, de cas de pneumonies Ă  Pneumocystis carinii et de sarcomes de Kaposi. Ces deux maladies ont pour particularitĂ© d'infecter les personnes immunodĂ©primĂ©es. Il est justement remarquĂ© que, chez ces patients, le taux de lymphocytes T4 est en chute libre. Ces cellules jouent un rĂ´le essentiel dans le système immunitaire. Les premiers malades sont tous homosexuels, ce qui fait que ce syndrome, qui ne portait pas encore le nom de sida, est provisoirement appelĂ© le syndrome gay ou cancer gay. Une des premières causes suggĂ©rĂ©es de cette immunodĂ©pression est le poppers, un vasodilatateur très utilisĂ© chez les homosexuels. Mais, dans les mois qui suivent, d'autres personnes sont infectĂ©es, des toxicomanes par injections, des hĂ©mophiles et des HaĂŻtiens. Cette dĂ©couverte rĂ©vèle que le poppers n'est pas la cause, et une origine infectieuse est de plus en plus admise. Il reste alors Ă  trouver l'agent infectieux.

  - Sous-chapitre : Origine virale


     L'origine virale est privilĂ©giĂ©e, eu Ă©gard aux modes de transmission alors identifiĂ©s (sanguin et sexuel). Plusieurs virus sont mis en cause, mais on s'aperçoit qu'ils ne sont qu'une consĂ©quence. Robert Gallo et son Ă©quipe, qui ont dĂ©couvert le premier rĂ©trovirus humain, le HTLV-1, pensent qu'un mutant de ce dernier est la cause du Sida. Il explique cela par le fait que le HTLV-1 fait prolifĂ©rer les lymphocytes T4, cet agent infectieux faisant l'inverse, une mutation peut donc en ĂŞtre la cause. Cette hypothèse est renforcĂ©e par le fait que certains des cas haĂŻtiens sont positifs Ă  un test de dĂ©pistage du HTLV-1. Cette positivitĂ© se rĂ©vèlera ĂŞtre causĂ©e par un biais, le HTLV-1 Ă©tant très prĂ©sent Ă  HaĂŻti.




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     Ă€ partir de 1982, avec les premiers cas identifiĂ©s en France, la recherche française dĂ©bute. Willy Rozenbaum, mĂ©decin Ă  l'hĂ´pital Bichat de Paris, veut inciter les chercheurs Ă  Ă©tudier plus en avant le Sida et Ă  en trouver la cause. Par l'entremise de Françoise Brun-VĂ©zinet, une collègue mĂ©decin, Willy Rozenbaum rencontre Jean-Claude Chermann, Françoise BarrĂ©-Sinoussi et Luc Montagnier, de l'unitĂ© d'oncologie virale de l'Institut Pasteur. Ces derniers acceptent de commencer les recherches et, en janvier 1983, Willy Rozenbaum envoie, aux États-Unis, un Ă©chantillon d'un patient atteint de lymphadĂ©nopathie, pathologie identifiĂ©e comme une maladie opportuniste du stade prĂ©-Sida. L'Ă©chantillon est mis en culture et une activitĂ© de transcriptase inverse est identifiĂ©e, tendant Ă  confirmer la prĂ©sence d'un rĂ©trovirus. Rapidement, une apoptose apparaĂ®t et l'adjonction de globules blancs Ă  la mise en culture relance alors l'activitĂ© de transcriptase inverse. Un examen au microscope Ă©lectronique a permis de visualiser, pour la première fois, le virus.




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     Après une prise de contact avec Robert Gallo, pour un Ă©change d'informations, l'Ă©quipe de l'Institut Pasteur confirme que le virus identifiĂ© chez le patient lymphadĂ©nopathique n'est pas le HTLV-1. Ce nouveau rĂ©trovirus est alors appelĂ© Lymphadenopathy Associated Virus (LAV) et les rĂ©sultats sont publiĂ©s dans Science le 20 mai 1983. Ă€ ce stade, le lien entre le LAV et le Sida n'est pas clairement Ă©tabli par l'Ă©quipe de Luc Montagnier. L'Ă©quipe de Robert Gallo publie le 4 mai 1984, dans Science, les rĂ©sultats de l'isolement d'un virus qu'elle considère comme responsable du Sida et le nomme HTLV-3. L'Ă©quipe de Jay A. Levy Ă  San Fransisco fait de mĂŞme le 24 aoĂ»t 1984 et trouve plusieurs rĂ©trovirus, qu'elle nomme AIDS-related virus (ARV).

  - Sous-chapitre : Controverse sur la parentĂ© de la dĂ©couverte


     Pendant un temps, les trois dĂ©nominations cohabitent, ainsi qu'une polĂ©mique sur la parentĂ© de la dĂ©couverte entre les Ă©quipes amĂ©ricaine et française et des possibles fraudes scientifiques de Robert Gallo et d'un de ses collègues.


     Le point d'orgue de cette controverse concerne l'attribution des redevances pour les tests VIH (qui commencent Ă  ĂŞtre commercialisĂ©s durant l'annĂ©e 1985), entre le National Institutes of Health oĂą travaille Robert Gallo et l'Institut Pasteur. Ce dernier porte plainte car il pense que la souche utilisĂ©e pour mettre le test VIH amĂ©ricain au point a Ă©tĂ© conçue Ă  partir de la souche envoyĂ©e par Montagnier Ă  Gallo. Le diffĂ©rend se règle au niveau politique, le 4 dĂ©cembre 1987, lors d'une rencontre entre le prĂ©sident amĂ©ricain Ronald Reagan et le premier ministre français de l'Ă©poque Jacques Chirac. Un accord est signĂ© oĂą la paternitĂ© de la dĂ©couverte est attribuĂ©e Ă  parts Ă©gales entre les États-Unis et la France. Les redevances associĂ©es sont partagĂ©es entre les instituts amĂ©ricains alors que, en Europe, elles reviennent intĂ©gralement Ă  l'Institut Pasteur.


     Un article dans la presse amĂ©ricaine de John M. Crewdson, en 1989, relance la controverse : Robert Gallo est, au mieux, accusĂ© d'avoir fait une erreur en contaminant sa souche avec celle de l'Institut Pasteur et, au pire, d'ĂŞtre coupable de fraude scientifique. Le scientifique amĂ©ricain finit par reconnaĂ®tre, en 1991, que la souche qu'il a utilisĂ©e a Ă©tĂ© contaminĂ©e par celle de l'Institut Pasteur, mais dĂ©ment la fraude scientifique.


     Finalement, en 1994, des institutions fĂ©dĂ©rales amĂ©ricaines reconnaissent que la dĂ©couverte du VIH est purement française et que Robert Gallo est coupable de fraude scientifique. La reconnaissance de cette parentĂ© est confirmĂ©e en 2008 par le ComitĂ© Nobel, lorsqu'il attribue le Prix Nobel de MĂ©decine Ă  Luc Montagnier et Françoise BarrĂ©-Sinoussi, sans mentionner les travaux de Robert Gallo sur le sujet. Lors d'un entretien, peu de temps après l'attribution des Nobel, Robert Gallo se dĂ©clare « déçu Â» de ne pas ĂŞtre Ă©galement honorĂ©, mais considère que tous les rĂ©cipiendaires mĂ©ritent ce prix.

  - Sous-chapitre : SĂ©quençage et dĂ©couverte du VIH-2


     A cĂ´tĂ© de la controverse, la recherche continue et le LAV est Ă©tudiĂ© sous tous les aspects : plusieurs points sont alors dĂ©montrĂ©s, comme le fait qu'il est totalement diffĂ©rent du HTLV-1 - oncovirus poussant les lymphocytes T Ă  se multiplier - alors que le LAV les tue. Avec la coopĂ©ration du CDC, l'Ă©quipe de l'Institut Pasteur renforce de plus en plus l'hypothèse que le VIH est la cause du Sida, ce qui est depuis considĂ©rĂ© comme un fait avĂ©rĂ© par la communautĂ© scientifique. En janvier 1985, le sĂ©quençage du LAV est rĂ©alisĂ© par une Ă©quipe de l'Institut Pasteur, qui publie ses rĂ©sultats dans Cell. C'est cette mĂŞme annĂ©e qu'a Ă©tĂ© confirmĂ©e l'identitĂ© commune entre les trois virus LAV, HTLV-3 et ARV.


     Le 18 juillet 1986, les rĂ©sultats de l'Ă©tude d'un patient venant d'Afrique de l'Ouest sont publiĂ©s, dans Science, par l'Ă©quipe de Luc Montagnier, en collaboration avec des mĂ©decins portugais. Les examens ont permis d'identifier un nouveau type de LAV, le LAV-2. Le sĂ©quençage du nouveau virus est rĂ©alisĂ© l'annĂ©e suivante, ainsi que la mise au point d'un test de dĂ©pistage.


     En 1986, le LAV (ainsi que les autres dĂ©nominations) est officiellement renommĂ© en virus de l'immunodĂ©fience humaine (VIH), le LAV-1 devient VIH-1 et le LAV-2, le VIH-2.

  - Sous-chapitre : Vers une prise de conscience


     La communautĂ© internationale prend conscience de la gravitĂ© de l'Ă©pidĂ©mie qui se transforme rapidement en pandĂ©mie et c'est ainsi que, le 26 octobre 1987, l'AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations unies vote une rĂ©solution invitant tous les États et toutes les agences onusiennes Ă  coopĂ©rer pour lutter contre cette pandĂ©mie. Depuis, la lutte contre le VIH/Sida est devenue une prioritĂ© pour l'ONU Ă  travers son programme Onusida, ainsi que pour nombre de gouvernements. La communautĂ© scientifique est Ă©galement très active en vue de mettre au point un vaccin, faisant du VIH le virus le plus Ă©tudiĂ© Ă  ce jour.


     Bien que l'AZT ait Ă©tĂ© utilisĂ©e dès 1986 pour lutter contre le VIH, il faudra attendre le milieu des annĂ©es 1990 pour qu'arrivent sur le marchĂ© des traitements vraiment efficaces contre la rĂ©plication du VIH. Ces traitements, appelĂ©s trithĂ©rapies, combinent plusieurs mĂ©dicaments pour combattre le VIH sur plusieurs fronts Ă  la fois. Le dĂ©veloppement de tests biologiques permettant d'estimer la charge virale a grandement participĂ© Ă  l'efficacitĂ© de ces traitements, aboutissant Ă  modifier en consĂ©quence la trithĂ©rapie, pour la rendre la plus efficace possible.






Chapitre : Structure





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Le virus de l'immunodéficience humaine.



     Le VIH est un rĂ©trovirus du genre des lentivirus, qui se caractĂ©risent par une longue pĂ©riode d'incubation avec, par voie de consĂ©quence, une Ă©volution lente de la maladie (d'oĂą la racine du nom venant du latin lenti, signifiant lent).


     Il est d'un aspect globalement sphĂ©rique, pour un diamètre variant de 90 Ă  120 nanomètres. Comme de nombreux virus infectant les animaux, il dispose d'une enveloppe composĂ©e des restes de la membrane de la cellule infectĂ©e. Cette enveloppe est recouverte de deux types de glycoprotĂ©ines : la première est la gp41 qui traverse la membrane, la seconde est la gp120 qui recouvre la partie de la gp41 qui sort de la membrane. Une très forte liaison existe entre la gp120 et le rĂ©cepteur des marqueurs CD4 prĂ©sent Ă  la surface des cellules CD4+ du système immunitaire. C'est pour cette raison que le VIH n'infecte que des cellules ayant ce rĂ©cepteur Ă  leur surface, qui sont en très grande majoritĂ© les lymphocytes CD4+.


     Ă€ l'intĂ©rieur de l'enveloppe, se trouve une matrice protĂ©ique composĂ©e de protĂ©ines p17 et, encore Ă  l'intĂ©rieur, la capside composĂ©e de protĂ©ines p24. C'est ce dernier type de protĂ©ines qui, avec gp41 et gp120, sont utilisĂ©s dans les tests VIH western blot. La nuclĂ©ocapside est composĂ©e, quant Ă  elle, de protĂ©ines p6 et p7.


     Le gĂ©nome du VIH, contenu dans la capside, est constituĂ© d'un simple brin d'ARN en double exemplaire, accompagnĂ© d'enzymes qui :

    Liste :
  • transcrivent l'ARN viral en ADN viral (transcriptase inverse p64)
  • intègrent l'ADN viral Ă  l'ADN cellulaire (l'intĂ©grase p32)
  • participent Ă  l'assemblage du virus (protĂ©ase p10). Cette dernière n'est pas prĂ©sente dans la capside, mais flotte dans la matrice p17.

     Ces trois enzymes sont les principales cibles des traitements antirĂ©troviraux, car elles sont spĂ©cifiques aux rĂ©trovirus.


     Le gĂ©nome du VIH est composĂ© de neuf gènes. Les trois principaux sont gag, pol et env, qui dĂ©finissent la structure du virus et sont communs Ă  tous les rĂ©trovirus. Les six autres gènes sont tat, rev, nef, vif, vpr et vpu (ou vpx pour le VIH-2), qui codent des protĂ©ines rĂ©gulatrices et dont les fonctions ne sont pas connues avec prĂ©cision.






Chapitre : Transmission


Risque de transmission du VIH-1 selon la voie d'exposition.
Voie d'expositionNombre de contaminations
estimĂ©es pour 10 000
expositions Ă  une
source infectée
Transfusion sanguine9 000
Accouchement2 500
Partage de seringue
chez des toxicomanes
67
Rapport anal, réceptif50
Blessure percutanée par aiguille30
Rapport pénis-vagin, réceptif10
Rapport anal, insertif6,5
Rapport pénis-vagin, insertif5
Fellation, réceptif1
Fellation, insertif0,5
sans préservatif

     Le VIH est prĂ©sent dans de nombreux fluides organiques. On en a retrouvĂ© dans la salive, les larmes et l'urine, mais en des concentrations insuffisantes pour que des cas de transmission soient enregistrĂ©s. La transmissions par ces fluides est ainsi considĂ©rĂ©e comme nĂ©gligeable. Par contre, des quantitĂ©s de VIH assez importantes pour une infection ont Ă©tĂ© dĂ©tectĂ©es dans le sang, le lait maternel, la cyprine, le sperme, ainsi que le liquide prĂ©cĂ©dant l'Ă©jaculation.


     Par voie de consĂ©quence, les trois modes de contaminations sont :

    Liste :
  • les rapports sexuels non protĂ©gĂ©s, qu'ils soient hĂ©tĂ©rosexuels ou homosexuels, reprĂ©sentent la part la plus importante des contaminations
  • le contact avec du matĂ©riel contaminĂ© chez :
  • la transmission mère-enfant, durant la grossesse, pendant l'accouchement et lors de l'allaitement. Sans traitement et avec un accouchement naturel, le taux de transmission varie, selon les Ă©tudes, entre 10 et 40 %. C'est durant l'accouchement que les risques d'infection sont les plus Ă©levĂ©s (65 % de tous les cas d'infection). Un traitement et la pratique Ă©ventuelle d'une cĂ©sarienne peuvent faire baisser ce chiffre Ă  1 %.





Chapitre : Cycle de réplication



     Les cellules cibles du VIH sont celles prĂ©sentant des rĂ©cepteurs CD4 Ă  leur surface. Ainsi, les lymphocytes T CD4+, les macrophages, les cellules dendritiques et les cellules microgliales cĂ©rĂ©brales peuvent ĂŞtre infectĂ©es par le VIH. Ainsi, la rĂ©plication virale a lieu dans plusieurs tissus.


     La rĂ©plication du virus se dĂ©roule en plusieurs Ă©tapes :




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Processus d'attachement du VIH :
1) Fixation de la gp120 au récepteur CD4
2) Fixation d'une boucle variable de la gp120 au co-récepteur et fixation de la gp41 sur la membrane cellulaire
3) Pénétration dans la cellule.


  - Sous-chapitre : La fixation ou attachement Ă  une cellule


     Cette Ă©tape repose sur une reconnaissance entre les protĂ©ines de la surface virale gp120 et les rĂ©cepteurs CD4 de la cellule cible. Après l'union avec un rĂ©cepteur CD4, gp120 change de conformation et est attirĂ© vers un co-rĂ©cepteur devant Ă©galement ĂŞtre prĂ©sent Ă  cĂ´tĂ© de la molĂ©cule CD4. Plus d'une dizaine de co-rĂ©cepteurs ont Ă©tĂ© identifiĂ©s, mais les principaux sont CXCR4 pour les lymphocytes T CD4+ et CCR5 pour les macrophages.

  - Sous-chapitre : La fusion, la pĂ©nĂ©tration et la dĂ©capsidation


     C'est la seconde Ă©tape de l'infection, intervenant juste après l'union de gp120 avec le co-rĂ©cepteur. Cette union libère la protĂ©ine gp41, qui se fixe sur la membrane cytoplasmique. Par repli sur elle-mĂŞme, gp41 attire l'enveloppe virale vers la membrane cytoplasmique, puis la fusion des membranes cellulaire et virale a lieu grâce Ă  un peptide de fusion prĂ©sent dans gp41. La capside du VIH pĂ©nètre alors dans le cytoplasme de la cellule ; une fois Ă  l'intĂ©rieur de la cellule, elle se dĂ©sagrège, libĂ©rant les deux brins d'ARN et les enzymes qu'elle contenait.


     Ainsi, la protĂ©ine gp120 est responsable de l'attachement et gp41 de la fusion, puis de la pĂ©nĂ©tration au sein de la cellule.




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Cycle de réplication du virus de l'immunodéficience humaine.


  - Sous-chapitre : La transcription inverse


     Cette Ă©tape est spĂ©cifique aux rĂ©trovirus. En effet, ces derniers ayant pour gĂ©nome de l'ARN et non de l'ADN, une opĂ©ration de transcription inverse (ou rĂ©trotranscription) intervient afin de convertir l'ARN viral en une molĂ©cule d'ADN en double hĂ©lice, seule structure compatible avec celle de l'ADN cellulaire dans lequel le gĂ©nome viral doit ĂŞtre intĂ©grĂ© pour assurer la rĂ©plication du virus. Cette transcription inverse est rĂ©alisĂ©e par une enzyme virale : la transcriptase inverse, une ADN polymĂ©rase ARN-dĂ©pendante associĂ©e Ă  l'ARN viral dans la nuclĂ©ocapside. Après pĂ©nĂ©tration de la capside dans le cytoplasme, la transcriptase inverse parcourt l'ARN viral et le transcrit en une première molĂ©cule d'ADN simple-chaĂ®ne, ou ADN brin(-). Pendant cette synthèse, l'ARN matrice est dĂ©gradĂ© par une activitĂ© ribonuclĂ©ase H portĂ©e par la transcriptase inverse. La dĂ©gradation de l'ARN est totale, sauf pour deux courtes sĂ©quences riches en purines appelĂ©es sĂ©quences PPT (polypurine tracts). Ces deux courtes sĂ©quences vont servir d'amorces Ă  la transcriptase inverse pour la synthèse du second brin d'ADN, le brin(+), en utilisant l'ADN brin(-) comme matrice. L'ADN final produit est ainsi une molĂ©cule en double hĂ©lice (ADN bicatĂ©naire aussi appelĂ© ADN double-brin). Ce processus de transcription inverse est complexe, et requiert la prĂ©sence des protĂ©ines de nucleocapside fixĂ©es sur l'ARN viral puis sur l'ADN brin(-). Une particularitĂ© de la transcriptase inverse est de ne pas ĂŞtre fidèle dans sa transcription et de souvent faire des erreurs. C'est la raison pour laquelle le VIH a une très grande variabilitĂ© gĂ©nĂ©tique.

  - Sous-chapitre : L'intĂ©gration


     L'ADN bicatĂ©naire pĂ©nètre dans le noyau cellulaire, selon un processus actif encore mal compris. Cet import nuclĂ©aire constitue une particularitĂ© propre aux lentivirus qui sont, de fait, capables d'infecter des cellules en phase stationnaire, c'est-Ă -dire dont le noyau est intact. Pour ce faire, l'ADN bicatĂ©naire est, Ă  ce moment du cycle, Ă©troitement associĂ© Ă  l'intĂ©grase et d'autres composants protĂ©iques viraux et cellulaires, dans un complexe appelĂ© complexe de prĂ©-intĂ©gration. Ce complexe possède la capacitĂ© d'interagir avec des Ă©lĂ©ments de la membrane nuclĂ©aire, pour traverser cette membrane et accĂ©der Ă  la chromatine cellulaire. L'ADN s'intègre ensuite au hasard dans le gĂ©nome de la cellule cible, sous l'effet de l'enzyme intĂ©grase.

  - Sous-chapitre : La formation d'un ARN messager


     Les deux brins d'ADN de la cellule « s'Ă©cartent Â» localement sous l'effet de l'ARN polymĂ©rase. Des bases azotĂ©es libres du noyau viennent prendre la complĂ©mentaritĂ© de la sĂ©quence et se polymĂ©risent en une chaĂ®ne monobrin, l'ARNm (messager).

  - Sous-chapitre : L'Ă©pissage


     L'ARNm ainsi obtenu est hĂ©tĂ©rogène. En effet, il est constituĂ© d'une succession d'introns (parties non codantes) et d'exons (parties codantes). Cet ARNm doit subir une maturation pour pouvoir ĂŞtre lu par les ribosomes. Se passe alors une excision des introns, pour ne laisser que les exons.

  - Sous-chapitre : La traduction de l'ARN


     Une fois sorti du noyau par l'un des pores nuclĂ©aires, l'ARNm est lu par les ribosomes du RER (rĂ©ticulum endoplasmique rugueux). L'ARNm vient en fait se glisser entre les deux sous-unitĂ©s du ribosome. Ă€ chaque codon (groupe de trois nuclĂ©otides) de l'ARNm, le ribosome attribue un acide aminĂ©. Les diffĂ©rents acides aminĂ©s se polymĂ©risent au fur et Ă  mesure de la lecture. Un codon initiateur AUG (AdĂ©nine-Uracile-Guanine) fera dĂ©buter la synthèse, tandis qu'un codon stop (UAA ; UGA ; UAG) en marquera la fin.

  - Sous-chapitre : Maturation des ProtĂ©ines Virales


     Elle a lieu dans l'appareil de Golgi : les polypeptides ainsi formĂ©s ne sont pas encore opĂ©rationnels. Ils doivent subir une maturation dans l'appareil de Golgi.

  - Sous-chapitre : L'assemblage


     Les protĂ©ines de structure du virus (matrice, capside et nuclĂ©ocapside) sont produites sous forme de polyprotĂ©ines dĂ©nommĂ©es polyprĂ©curseurs Gag. Les enzymes virales sont produites elles aussi sous forme de polyprotĂ©ines appelĂ©es Gag-Pol (Matrice-Capside-NuclĂ©ocapside-ProtĂ©ase-Reverse Transcriptase - IntĂ©grase). Lorsqu'elles sortent du Golgi, les polyprotĂ©ines Gag et Gag-Pol sont transportĂ©es vers la membrane cellulaire oĂą elles rejoignent les glycoprotĂ©ines virales membranaires. Les domaines MA (matrice) de Gag et Gag-Pol interagissent avec la membrane, tandis que les ARN viraux sont capturĂ©s par les domaines NC (nuclĂ©ocapside) de Gag et Gag-Pol. Des interactions entre les diffĂ©rents domaines de Gag, en particulier les capsides, permettent l'assemblage d'une structure globulaire conduisant Ă  la formation d'une particule virale par bourgeonnement de la membrane plasmique.




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Bourgeonnement d'un virion sur un lymphocyte en culture.


  - Sous-chapitre : Le bourgeonnement


     La capside sort de la cellule infectĂ©e en arrachant une partie de la membrane cellulaire (Ă  laquelle ont Ă©tĂ© prĂ©alablement fixĂ©es les protĂ©ines virales de surface (gp120 et gp41)).

  - Sous-chapitre : La maturation des virus


     Les particules issues du bourgeonnement sont dites immatures. Les interactions des prĂ©curseurs Gag et Gag-Pol entrainent un rapprochement de domaines (PR) dentiques de la protĂ©ase, qui vont dimĂ©riser et former une protĂ©ase active. Cette auto-activation de la protĂ©ase va entraĂ®ner la coupure des domaines PR aux alentours, et cette rĂ©action en chaine va permettre l'activation de toutes les protĂ©ases virales. Ces dernières vont ensuite couper les polyprĂ©curseurs Gag et Gag-Pol entre chacun de leurs domaines. Ceci va libĂ©rer la Matrice de la Capside et de la NuclĂ©ocapside, cette dernière restant fixĂ©e sur l'ARN viral. Les protĂ©ines de capside, par leurs propriĂ©tĂ©s intrinsèques d'auto-assemblage, formeront la capside Ă  la forme conique caractĂ©ristique. Dans cette capside : la nuclĂ©ocapside, formĂ©e de l'ARN viral, des protĂ©ines de nuclĂ©ocapside, de la transcriptase inverse et de l'intĂ©grase. Cette Ă©tape de maturation virale est essentielle pour rendre les virions infectieux et prĂŞts Ă  infecter de nouvelles cellules.






Chapitre : Variantes génétiques





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     Le VIH est un virus qui a une très importante variabilitĂ© gĂ©nĂ©tique et prĂ©sente ainsi une très grande diversitĂ©. Deux types ont Ă©tĂ© dĂ©couverts :

    Liste :
  • VIH-1, le plus prĂ©sent dans le monde
  • VIH-2, moins contagieux que VIH-1. Il sĂ©vit principalement en Afrique de l'Ouest. Il comprend le VIH-2A et le VIH-2B.

     Au sein de chaque type existent plusieurs groupes qui, Ă  leur tour, comportent des sous-types.


     Depuis 1998, le VIH-1 est classĂ© en trois groupes auquel s'ajoute un quatrième dĂ©couvert en 2009  :

    Liste :
  • groupe M (pour major group)
  • groupe O (pour outlier group)
  • groupe N (pour non-M, non-O group)
  • groupe P

     Les trois premiers groupes (les M, O et N) sont proches du VIScpz infectant le chimpanzĂ© et correspondraient chacun Ă  une transmission indĂ©pendante du chimpanzĂ© Ă  l'Homme . Le dernier groupe (le P) cependant est proche du VIS infectant le gorille (VISgor) .


     Le groupe M prĂ©domine largement avec plus de 40 millions de personnes contaminĂ©es, contre un peu plus de 500 pour le groupe O et seulement 7 pour le groupe N. Non seulement le groupe M est de loin le groupe le plus important en nombre de personnes contaminĂ©es, mais il est Ă©galement celui qui est le plus rĂ©pandu de par le monde, en Ă©tant prĂ©sent sur tous les continents, alors que les autres groupes sont uniquement prĂ©sents en Afrique centrale.


     Le groupe M comprend neuf sous-types ou clades (de A Ă  D, de F Ă  H, J et enfin K). S'ajoutent plusieurs formes recombinantes (en anglais circulating recombinant form ou CRF), qui ont pour origine la multiple infection d'une cellule par des sous-types diffĂ©rents, ce qui entraĂ®ne des mĂ©langes dans le gĂ©nome viral.


     Les sous-types et formes recombinantes du groupe M ne sont pas rĂ©parties uniformĂ©ment sur toute la planète. Ainsi, en Europe, dans les AmĂ©riques et en Australie, c'est le sous-type B qui est le plus prĂ©sent, alors qu'en Afrique c'est, selon les rĂ©gions, le A et le C et, en Asie, toujours selon les rĂ©gions, les groupes C et E.


     Bien que la variabilitĂ© gĂ©nĂ©tique au sein d'un mĂŞme groupe ne semble pas modifier, de manière significative, la pathogĂ©nicitĂ© ni la progression de l'infection, elle pose tout de mĂŞme de sĂ©rieux problèmes pour la mise au point d'un vaccin efficace sur tous les groupes et souches du VIH, pour les mesures de la charge virale et dans certains cas particuliers de test VIH. Dans ce dernier cas, c'est ainsi que les tests de dĂ©pistage basĂ©s sur des antigènes du VIH-1 de sous-type B et du VIH-2 de sous-type A, peuvent prĂ©senter une sensibilitĂ© moindre pour la reconnaissance des autres sous-types, particulièrement lors de la primo-infection ou d'une infection par des variants comme les VIH-1 du groupe O.

  - Sous-chapitre : Origine de la variabilitĂ©


     L'apparition de nouvelles variantes gĂ©nĂ©tiques est due Ă  un processus d'Ă©volution, dont les mĂ©canismes sont semblables Ă  ceux qui expliquent l'Ă©volution de toute espèce vivante. La seule diffĂ©rence est que l'Ă©volution du VIH est extrĂŞmement rapide, ce qui a conduit au grand nombre de variantes actuelles. On explique cette grande variabilitĂ© gĂ©nĂ©tique du VIH par plusieurs causes :

Des mutations aléatoires fréquentes

     Chez les VIH, le taux de mutations est très important : plus de mille fois plus important que dans le gĂ©nome d'un humain. En voici les raisons :

    Liste :
  • la transcriptase inverse - qui permet au VIH de se rĂ©pliquer - est une enzyme ne possĂ©dant pas de mĂ©canisme de dĂ©tection des erreurs de transcription. Les erreurs sont donc frĂ©quentes et ont Ă©tĂ© estimĂ©es Ă  une tous les 1 700 Ă  10 000 nuclĂ©otides produits. Comme le gĂ©nome du VIH est composĂ© d'un peu moins de 10 000 nuclĂ©otides, il y a approximativement entre une et 10 mutations Ă  chaque cycle viral.
  • le nombre important de virions produits, qui est de l'ordre de 10 000 par jour pour chaque virion infectant une cellule. Au sein de l'organisme entier, tous les deux jours, de 10 Ă  10 virions sont renouvelĂ©s. En thĂ©orie, on peut donc prĂ©voir que chacun de ces nouveaux virions porte des mutations diffĂ©rentes.

     Ainsi, dans un seul organisme infectĂ©, il y a dĂ©jĂ  plusieurs variantes gĂ©nĂ©tiques, reprĂ©sentant ainsi une quasi-espèce virale.


     La variabilitĂ© du gĂ©nome viral n'est pas la mĂŞme pour tous les gènes, certains sont plus enclins Ă  varier que d'autres. C'est ainsi que le gène env est le plus variable (c'est justement lui qui code les protĂ©ines de surface gp41 et gp120), alors que le gène pol est le plus conservĂ©.

Les recombinaisons génétiques

     Lorsqu'une cellule est infectĂ©e par deux virions gĂ©nĂ©tiquement diffĂ©rents, les sĂ©quences peuvent se recombiner, ce qui donne naissance Ă  des formes recombinantes. Ce processus, alĂ©atoire, est favorisĂ© par les comportements Ă  risque, parce qu'ils augmentent la probabilitĂ© de contaminations multiples chez une mĂŞme personne.

Sélection

     Il y a ensuite un processus de sĂ©lection naturelle. Les erreurs de transcription et les recombinaisons produisent de nombreux virions diffĂ©rents les uns des autres. La plupart de ces mutations entraĂ®nent la production de virions incapables de se rĂ©pliquer correctement, ce qui les destine Ă  disparaĂ®tre. Cette importante disparition de virions est compensĂ©e par le grand nombre de virions produits. Parmi les virions survivants, certains ont pour particularitĂ© d'ĂŞtre plus rĂ©sistants aux attaques des dĂ©fenses immunitaires. Cela a pour consĂ©quence de les rendre mieux adaptĂ©s Ă  leur milieu et, finalement, seuls les virions rĂ©sistants sont prĂ©sents dans l'organisme. Cela mène, Ă  plus ou moins court terme, Ă  une inefficacitĂ© des dĂ©fenses immunitaires, provoquant l'Ă©tat immunodĂ©primĂ© de l'organisme si le taux de lymphocytes CD4+ est trop bas.


     La prise d'un traitement mĂ©dicamenteux par les patients infectĂ©s par le VIH entraĂ®ne Ă©galement une sĂ©lection au sein de la population virale. Ceci favorise la transmission des virions mutants les plus rĂ©sistants aux mĂ©dicaments. Pour contrer cet adaptation des VIH, les multithĂ©rapies visent Ă  « attaquer Â» le VIH sur plusieurs facettes Ă  la fois, et ainsi Ă  limiter les possibilitĂ©s du virus de s'adapter Ă  son milieu.

Origines multiples

     La multiplicitĂ© temporelle des passages du VIScpz Ă  l'Homme est la raison de l'existence des diffĂ©rents groupes du VIH-1. Il en est de mĂŞme pour le VIH-2, dont l'ancĂŞtre est le VISsmm.






Chapitre : Diagnostic et suivi infectieux


Article dĂ©taillĂ© : Test VIH.

     Le diagnostic prĂ©coce de l'infection par le VIH est important pour une bonne prise en charge du VIH/Sida. En France, par exemple, un cas sur deux est dĂ©tectĂ© au moment du stade Sida, ce qui, pour les cas non dĂ©tectĂ©s, multiplie par seize le risque de dĂ©cès du patient dans les six premiers mois de son traitement.


     Dans les pays dĂ©veloppĂ©s, des tests sont pratiquĂ©s systĂ©matiquement pour les dons de sang, d'organes et de sperme. Le manque de tests a entraĂ®nĂ© plusieurs contaminations de masse.


     Le diagnostic sĂ©rologique est un acte mĂ©dical rĂ©alisĂ©, en France, par un mĂ©decin.

  - Sous-chapitre : Diagnostic


     Le diagnostic visant Ă  dĂ©terminer le statut sĂ©rologique au VIH est rĂ©alisĂ© en deux Ă©tapes :

    Liste :
  • le dĂ©pistage qui, dans la mĂ©thode de rĂ©fĂ©rence, passe par une dĂ©tection des anticorps anti-VIH
  • la confirmation que les anticorps dĂ©tectĂ©s sont bien liĂ©s Ă  une infection par le VIH

     La première Ă©tape se base sur la dĂ©tection d'anticorps produits en rĂ©ponse Ă  une infection par le VIH, les anticorps anti-VIH. Cette production d'anticorps peut ĂŞtre dĂ©tectĂ©e, avec les moyens actuels, en moyenne 22 jours après la contamination. Durant cette pĂ©riode, appelĂ©e fenĂŞtre sĂ©rologique, le patient est parfaitement infectieux, ce qui pose des problèmes Ă©vidents de santĂ© publique. Une fois la fenĂŞtre sĂ©rologique passĂ©e, son statut sĂ©rologique peut ĂŞtre Ă©tabli.


     La première Ă©tape de dĂ©tection emploie la mĂ©thode ELISA, qui utilise la rĂ©action anticorps-antigène pour dĂ©tecter la prĂ©sence des anticorps anti-VIH. Pour Ă©viter les faux nĂ©gatifs - qui feraient passer Ă  cĂ´tĂ© d'un cas de sĂ©ropositivitĂ© - le test doit avoir une sensibilitĂ© optimale. Un mĂ©lange d'antigènes viraux est alors utilisĂ©, permettant la dĂ©tection des anticorps anti-VIH-1 et anti-VIH-2 (on parle alors d'ELISA mixte). L'utilisation de deux tests commerciaux d'origine diffĂ©rentes est gĂ©nĂ©ralement effectuĂ©e pour Ă©liminer le maximum de faux positifs dès la première Ă©tape.


     Si la dĂ©tection se rĂ©vèle positive, douteuse, ou discordante, une confirmation est rĂ©alisĂ©e. Cette dernière vise Ă  savoir si les anticorps dĂ©tectĂ©s sont bien liĂ©s Ă  une infection par le VIH-1. Pour cela, on utilise une mĂ©thode spĂ©cifique, dont le but est d'Ă©liminer les rĂ©sultats faussement positifs. C'est la mĂ©thode western blot (WB) qui est gĂ©nĂ©ralement utilisĂ©e. LĂ  encore, si le test est douteux ou dĂ©note un dĂ©but de sĂ©roconversion, un second test de confirmation est rĂ©alisĂ© trois semaines plus tard, le temps que la sĂ©roconversion soit complète.


     Ce n'est qu'Ă  la suite de l'ensemble de ces tests qu'un mĂ©decin pourra dĂ©clarer un patient sĂ©ropositif.

Autres méthodes


     Il existe d'autres techniques de dĂ©tection d'une infection par le VIH, comme :

    Liste :
  • l'antigĂ©nie p24 : utile lorsque la sĂ©roconversion n'a pas encore eu lieu complètement. Le test devient nĂ©gatif une fois la sĂ©roconversion effectuĂ©e, cela explique donc l'utilisation de la procĂ©dure prĂ©cĂ©demment dĂ©crite comme un standard
  • la mĂ©thode combinĂ©e : qui utilise l'antigĂ©nie p24 et la dĂ©tection d'anticorps. Cette mĂ©thode est intĂ©ressante au tout dĂ©but de la contamination, car elle rĂ©duit la fenĂŞtre sĂ©rologique jusqu’à deux Ă  cinq jours, tout en assurant la prise en compte des personnes totalement sĂ©roconvertis
  • l'isolement en culture : utilisĂ© pour les nouveau-nĂ©s de mère sĂ©ropositive, car ces derniers sont obligatoirement sĂ©ropositifs, les anticorps de la mère ayant Ă©tĂ© transmis. L'infection est confirmĂ©e lorsqu'une activitĂ© de transcriptase inverse est dĂ©tectĂ©e, ou bien des antigènes p24.
  • la dĂ©tection de l'ARN viral : on cherche les gènes gag ou pol du VIH. Cette mĂ©thode tend Ă  remplacer la mĂ©thode d'isolement par culture pour les nouveau-nĂ©s

  - Sous-chapitre : Suivi infectieux


     Une fois la sĂ©ropositivitĂ© Ă©tablie, un suivi rĂ©gulier de l'infection doit ĂŞtre effectuĂ©, pour assurer une bonne prise en charge de la maladie et ainsi Ă©valuer au mieux l'Ă©tat du malade. Deux facteurs sont pris en compte :

    Liste :
  • le taux de lymphocytes T4, pour dĂ©finir le niveau de l'infection
  • la charge virale, indiquant le nombre de virions dans l'organisme et, par voie de consĂ©quence, la vitesse de rĂ©plication du VIH dans l'organisme, permettant ainsi de prĂ©dire l'Ă©volution de l'infection

     Le taux de lymphocytes T4 mesure le dĂ©ficit immunitaire occasionnĂ© par la prĂ©sence du VIH. Cette numĂ©ration correspond au nombre de cellules T4 prĂ©sentes dans le sang. Un taux normal chez l'Homme se situe entre 600 et 1 200 T4/mm. On considère que :

    Liste :
  • jusqu’à 500/mm, le patient peut vivre dans des conditions normales et ne nĂ©cessite pas de traitement
  • Ă  partir de 350/mm, un traitement antiviral est recommandĂ©, le rĂ©sultat attendu Ă©tant la baisse de la charge virale permettant la remontĂ©e du taux de T4
  • en dessous de 200/mm le patient est fortement immunodĂ©primĂ© et a un risque important de souffrir de multiples maladies opportunistes liĂ©es au Sida. Le traitement antiviral ainsi qu'une antibioprophylaxie est alors indispensable pour Ă©viter ces complications.

     La diffĂ©rence entre deux mesures de charge virale espacĂ©es dans le temps permet d'Ă©valuer la vitesse de rĂ©plication du VIH et, par voie de consĂ©quence, la progression de l'infection. Il y a un lien direct entre la charge virale et le niveau du dĂ©ficit immunitaire, occasionnĂ© principalment par la disparition des lymphocytes T4. La charge virale est dĂ©finie en mesurant la concentration de l'ARN virale dans le sang. Cette mesure peut varier grandement selon les mĂ©thodes employĂ©es et, pour cette raison, il est important que toutes les Ă©valuations de charge virale soient effectuĂ©es dans le mĂŞme laboratoire avec la mĂŞme technique. C'est le log10 du nombre de copies/mL qui est utilisĂ© pour Ă©valuer la variation dans le temps de la charge virale. Une variation supĂ©rieure ou Ă©gale Ă  0,5 est significative.


     C'est le cumul de ces deux informations qui permet au mĂ©decin de dĂ©finir le traitement du patient.






Chapitre : Physiopathologie





Image (cliquez pour agrandir) :

L'évolution de l'infection par le VIH est dite persistante productive et est représentée par ce diagramme qui montre la relation entre la charge virale et le nombre de lymphocytes T4.

      Nombre de lymphocytes T4 par mm de plasma

      Nombre de copies de l'ARN viral par mL de plasma




     L'infection par le VIH Ă©volue en plusieurs phases pouvant se succĂ©der dans le temps :

    Liste :
  • la primo-infection avec (50 Ă  75 % des cas) ou sans symptĂ´mes, phase de sĂ©roconversion qui suit la contamination ;
  • une phase de latence, parfois accompagnĂ©e d'un Ă©tat de lymphadĂ©nopathie gĂ©nĂ©ralisĂ©e ;
  • une phase Ă  symptĂ´mes mineurs de l'infection Ă  virus de l'immunodĂ©ficience humaine ;
  • la phase d'immunodĂ©pression profonde, ou stade de Sida gĂ©nĂ©ralement symptomatique.

     Dès la primo-infection, le virus se rĂ©plique activement dans l'organisme, avec une production de dix milliards de virions quotidiennement, entraĂ®nant la destruction d'environ cinq milliards de lymphocytes T CD4+. Cette rĂ©plication se stabilise, après quelques semaines, Ă  un niveau plus ou moins important selon les sujets. Le système immunitaire, hyperactivĂ©, compense partiellement la destruction massive des lymphocytes T CD4+ en augmentant leur production, mais l'infection Ă  VIH persiste malgrĂ© tout, avec pour consĂ©quence l'Ă©mergence et la sĂ©lection de virus mutants qui Ă©chappent Ă  la rĂ©ponse immune de l'hĂ´te.


     Des chercheurs du CNRS, de l'Institut Curie et de l'Institut Pasteur ont dĂ©couvert que le virus modifiait le pH des compartiments cellulaires oĂą il s'accumule dans les macrophages, empĂŞchant ainsi l'activation des enzymes chargĂ©es de le dĂ©grader.


     Pendant plusieurs annĂ©es, les lymphocytes T CD4+ semblent se renouveler rapidement malgrĂ© leur destruction par le virus, jusqu’à ce que l'Ă©puisement des organes lymphoĂŻdes centraux (thymus) ne permette plus leur rĂ©gĂ©nĂ©ration. La destruction des lymphocytes T CD4+ est bien souvent due Ă  l'hyperactivation de ces cellules, par interaction avec certaines structures du virus, et non Ă  une destruction directe par le VIH. Après dix Ă  quinze ans d'Ă©volution spontanĂ©e sans traitement, le sujet est immunodĂ©primĂ© (stade Sida), des pathologies infectieuses ou tumorales rares (dites opportunistes) surviennent et conduisent au dĂ©cès. Actuellement les traitements antirĂ©troviraux Ă©vitent ou retardent l'Ă©volution vers le stade Sida, en maintenant les niveaux de rĂ©plication du virus au plus bas possible.


     La destruction du système immunitaire et la progression clinique avec apparition de maladies opportunistes sont directement liĂ©es au taux sanguin des lymphocytes T CD4+ du patient. L'efficacitĂ© des traitements antirĂ©troviraux est Ă©valuĂ©e par le niveau de rĂ©plication virale mesurĂ©e par la charge virale VIH (taux d'ARN plasmatique), la mesure de taux de lymphocytes T CD4+ (immunodepression) et par l'Ă©tat clinique du patient.

  - Sous-chapitre : Non-progresseurs Ă  long terme

Article dĂ©taillĂ© : Asymptomatiques Ă  long terme.

     Plusieurs cas de personnes sĂ©ropositives ont rĂ©ussi Ă  garder pendant une longue durĂ©e (au minimum 8 ans), naturellement (c'est-Ă -dire sans traitement), un taux de CD4 normal (supĂ©rieur Ă  500/mmÂł) et une charge virale basse, voire indĂ©tectable pour certains. Elles sont dites non-progresseurs Ă  long terme ou encore asymptomatiques Ă  long terme (ALT). Quelques patients français sans traitement sont restĂ©s asymptomatiques, et mĂŞme Ă  charge virale indĂ©tectable ou presque, pendant au moins vingt ans.


     Il n'existe pas de modèle unique, certains patients restent dans un Ă©tat asymptomatique sans Ă©volution significative de leur Ă©tat, d'autres (la majoritĂ©) connaissent une lente dĂ©tĂ©rioration de leur système immunitaire.


     Il faut noter le rĂ´le important de la mitochondrie dans l’évolution plus ou moins rapide d'aggravation de la rĂ©plication virale et dans la baisse de la rĂ©ponse immunitaire. La protection des mitochondries freine la baisse des lymphocytes T et CD4 et la rĂ©plication du virus, favorisant l'Ă©tat « ALT Â». La prise rĂ©gulière de co-enzymes Q1O (> 100 mg/j), associĂ©e Ă  divers anti-oxydants vitaminĂ©s A, B, C, D, E, K, ainsi que la prise de diffĂ©rents minĂ©raux anti-oxydants, ont un effet protecteur sur ces mitochondries au cours des maladies Ă  dĂ©ficiences mitochondriales, ce qui favorise une bonne rĂ©ponse immunitaire. Ce rĂ´le protecteur est d’ailleurs important en cas de prise d’un traitement antirĂ©troviral, en bloquant une partie de la toxicitĂ© inhĂ©rente Ă  la prise du remède et en activant l’anti-oxydation.


     Il est important de souligner qu'une ou plusieurs rĂ©-infections Ă  d'autres types ou sous-types de souches virales VIH ne favorise pas le maintien dans l'Ă©tat « ALT Â», car, du fait de la mutation très rapide du VIH, le risque de recombinaison gĂ©nĂ©tique (en termes de probabilitĂ© mathĂ©matique) avec des souches plus virulentes diminue forcement la rĂ©sistance immunitaire d'un patient lambda et sa rĂ©ponse immune face Ă  un traitement antirĂ©troviral futur.

  - Sous-chapitre : ContrĂ´leurs du VIH

Article dĂ©taillĂ© : ContrĂ´leur du VIH.

     Certains patients, très rares (moins de 1 %), qui ne dĂ©veloppent pas de maladie malgrĂ© parfois plus de vingt annĂ©es de sĂ©ropositivitĂ© et en l’absence de traitement, sont appelĂ©s « contrĂ´leurs du VIH Â» (HIC). Il s'agit des patients infectĂ©s par le VIH, ne dĂ©veloppant pas le SIDA, dont l'organisme parvient spontanĂ©ment et durablement Ă  contrĂ´ler la rĂ©plication virale, maintenant le virus indĂ©tectable ou presque dans le plasma (jusqu’à moins de 50 copies d’ARN viral /ml).


     Ils font l'objet de recherches qui pourraient conduire Ă  des mĂ©dicaments ou Ă  un vaccin contre le VIH.






Chapitre : Épidémiologie





Image (cliquez pour agrandir) :

Prévalence des porteurs du VIH dans le monde (2008).



     Dans le monde, chaque annĂ©e, il y a environ 2,5 millions de nouvelles infections. En 2007, il y avait 33,2 millions de personnes vivant avec le virus de l'immunodĂ©ficience humaine, la majoritĂ© Ă©tant en Afrique sub-Saharienne. La mĂŞme annĂ©e, 2,1 millions de morts du sida ont Ă©tĂ© recensĂ©es.


     En France, pour l'annĂ©e 2005, l’Institut de Veille Sanitaire estime Ă  environ 6 700 les nouveaux cas de sĂ©ropositivitĂ© (chiffre stable depuis 2003). Les rapports hĂ©tĂ©rosexuels reprĂ©sentent la moitiĂ© de ces nouveaux cas et concernent pour moitiĂ© des personnes d’Afrique subsaharienne. Entre 2003 et 2005, le nombre de dĂ©couvertes de sĂ©ropositivitĂ© a diminuĂ© chez les femmes, mais augmentĂ© chez les homosexuels qui reprĂ©sentent 27 % des nouveaux cas de sĂ©ropositivitĂ©. La proportion d’infections Ă  VIH-2 est de 1,4 % en 2005. Parmi les infections Ă  VIH-1, la proportion de sous-types non-B a diminuĂ© entre 2003 et 2005 (de 50 % Ă  41 %). En 2005, 5,3 millions de sĂ©rologies VIH ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es, soit une augmentation de 8 % par rapport Ă  2004, tandis que le nombre de sĂ©rologies confirmĂ©es positives s’est stabilisĂ©.






Chapitre : Traitements



     Les antirĂ©troviraux constituent l'arsenal thĂ©rapeutique contre le VIH, qui s'Ă©toffe progressivement. Une vingtaine de mĂ©dicaments antirĂ©troviraux sont disponibles en 2006 et ont pour but d'interfĂ©rer diffĂ©rents mĂ©canismes : d'une part, les enzymes du VIH nĂ©cessaires Ă  sa rĂ©plication et, d'autre part, ses mĂ©canismes d'entrĂ©e dans la cellule.


     Grâce Ă  la trithĂ©rapie utilisĂ©e depuis 1996, la mortalitĂ© due au SIDA a chutĂ©, de façon significative, partout oĂą ces nouveaux traitements Ă©taient disponibles. C'est ainsi qu'aux États-Unis, l'utilisation Ă  grande Ă©chelle de trithĂ©rapies a fait passer le nombre de dĂ©cès chaque annĂ©e de 49 000 en 1995 Ă  environ 9 000 en 2001.


     Ces mĂ©dicaments peuvent avoir des effets secondaires passagers ou permanents, qui peuvent conduire Ă  l'arrĂŞt ou surtout la modification du traitement, sachant que, correctement suivis, ils ont une efficacitĂ© relativement importante.

  - Sous-chapitre : AntirĂ©troviraux

Article dĂ©taillĂ© : AntirĂ©troviral.

     La recherche sur le VIH/Sida Ă©tant très importante, de nombreuses recherches, Ă©tudes et publications voient rĂ©gulièrement le jour. Mais la durĂ©e entre la conception d'une molĂ©cule et son autorisation de mise sur le marchĂ© oscillant entre sept et douze ans en France, il faut relativiser les effets d'annonces qui, pour certaines, ne dĂ©boucheront pas sur une application directement pratique dans la lutte contre le VIH/Sida.


     Ainsi les seuls mĂ©dicaments reconnus comme rĂ©ellement efficaces sont les antirĂ©troviraux ayant reçu leur autorisation de mise sur le marchĂ©.


     Les antirĂ©troviraux sont classĂ©s suivant leur domaine d'action :

Inhibiteurs de la transcriptase inverse

Article dĂ©taillĂ© : Inhibiteurs de la transcriptase inverse.

     Les inhibiteurs de la transcriptase inverse empĂŞchent la synthèse d'ADN proviral (c'est-Ă -dire qui va permettre la duplication du virus) Ă  partir de l'ARN viral. On trouve dans cette classe :

Inhibiteurs nucléosidiques (INTI)

     Les INTI ont constituĂ© la première classe d'antirĂ©troviraux mise sur le marchĂ© en 1985. Ils comprennent la zidovudine (AZT) (synthĂ©tisĂ©e en 1964), la didanosine (ddI), la zalcitabine (ddC), la stavudine (d4T), la lamivudine (3TC) (1989 et utilisĂ©e Ă  partir de 1995), l'abacavir (ABC) et l'emtricitabine (FTC).


     Les mutations du gĂ©nome Ă  cause de la transcriptase inverse confèrent au VIH une rĂ©sistance aux INTI, qui peut ĂŞtre croisĂ©e entre plusieurs INTI. Ces composĂ©s sont tous neutres ou rĂ©ducteurs, Ă  l'exception de l'AZT qui est un oxydant.

Inhibiteurs non nucléosidiques (INNTI)

     Les INNTI sont des inhibiteurs puissants et très sĂ©lectifs de la transcriptase inverse du VIH. On trouve dans cette classe la nevirapine et l'efavirenz. Ils ne sont actifs que sur les VIH-1. Ils sont mĂ©tabolisĂ©s en phĂ©nols par oxydation.

Analogues nucléotidiques

     Les analogues nuclĂ©otidiques comme le tĂ©nofovir qui a Ă©tĂ© mis sur le marchĂ© en 2002, sont des composĂ©s organophosphorĂ©s.

Inhibiteurs de la protéase

Article dĂ©taillĂ© : Inhibiteurs de la protĂ©ase.

     La classe des inhibiteurs de la protĂ©ases (IP) est une classe d'antirĂ©troviraux mise sur le marchĂ© en 1996. Elle a constituĂ© un tournant majeur dans les stratĂ©gies thĂ©rapeutiques contre le virus de l'immunodĂ©ficience humaine. Ils agissent en inhibant l'action de la protĂ©ase virale qui permet le dĂ©coupage et l'assemblage des protĂ©ines virales, processus indispensable Ă  l'obtention de virus infectieux. On obtient alors des virions incapables d'infecter de nouvelles cellules. Les IP sont actifs sur le VIH-1 et le VIH-2, et ne crĂ©ent pas de rĂ©sistance croisĂ©e avec les INTI ou les INNTI.

Inhibiteurs d'intégrase

Article dĂ©taillĂ© : Inhibiteurs d'intĂ©grase.

     Ces inhibiteurs bloquent l'action de l'intĂ©grase et empĂŞchent ainsi le gĂ©nome viral de se lier Ă  celui de la cellule cible.


     Deux inhibiteurs existent : le raltĂ©gravir et l'elvitĂ©gravir (GS 9137).

Inhibiteurs de fusion

Article dĂ©taillĂ© : inhibiteur de fusion.

     Les inhibiteurs de fusion-lyse interviennent au dĂ©but du cycle de rĂ©plication du VIH, en bloquant les protĂ©ines de surface du VIH ou en perturbant les co-rĂ©cepteurs des cellules ciblĂ©es par le VIH.


     Plusieurs produits sont Ă  l'Ă©tude et, en 2009, seuls l'enfuvirtide et le maraviroc ont reçu une autorisation de mise sur le marchĂ©.

  - Sous-chapitre : Choix thĂ©rapeutique


     Depuis le dĂ©but des annĂ©es 1990 diffĂ©rentes trithĂ©rapies ont vu le jour, pouvant ĂŞtre prescrites en fonction du stade clinique, du taux de lymphocytes T CD4+ et de la charge virale. Ce traitement antirĂ©troviral comprend actuellement trois mĂ©dicaments, en gĂ©nĂ©ral deux inhibiteurs nuclĂ©osidiques de la transcriptase inverse, associĂ©s Ă  un inhibiteur des protĂ©ases ou Ă  un inhibiteur non nuclĂ©osidique de la transcriptase inverse, ou parfois Ă  un troisième inhibiteur nuclĂ©osidique de la transcriptase inverse (trithĂ©rapies). Un inhibiteur de fusion y est Ă©ventuellement associĂ©.


     Il n'y a pas de critère prĂ©cis pour tous les patients fixant le dĂ©but d'un traitement antirĂ©troviral : cette dĂ©cision doit ĂŞtre adaptĂ©e Ă  chaque patient. Il existe tout de mĂŞme quelques critères basĂ©s sur le nombre de lymphocytes T CD4+. Ainsi, lorsqu'un sĂ©ropositif a un taux de CD4+ supĂ©rieur Ă  350/mm, il n'est pas nĂ©cessaire de commencer un traitement. Mais, sous la barre des 200/mm, il est impĂ©ratif de commencer un traitement. Le nombre de CD4 par rapport au nombre total de lymphocytes est Ă©galement un critère. Ainsi lorsque les CD4+ reprĂ©sentent moins de 15 % de tous les lymphocytes, un risque d'infection par des maladies opportunistes apparaĂ®t.


     Lors d'un premier traitement, la quasi-totalitĂ© des patients voient leur charge virale plasmatique rendue indĂ©tectable dans les six premiers mois. Ce premier traitement doit ĂŞtre le plus simple et le mieux tolĂ©rĂ© possible. C'est la non observance du traitement qui est la principale cause de l'Ă©chec thĂ©rapeutique.


     Bien que les traitements antirĂ©troviraux soient très efficaces lorsqu'ils sont bien suivis, le VIH est toujours prĂ©sent dans l'organisme. Seule sa multiplication est ralentie et, bien qu'indĂ©tectable dans le sang, ce dernier, ainsi que le sperme, restent contagieux.






Chapitre : Prévention



     MĂŞme si la recherche est très active et que certains candidats vaccins existent avec pour l'un des rĂ©sultats encourageants concernant la faisabilitĂ© de la mise au point d'un vaccin , il n'en existe pas de vraiment efficace contre ce virus. Seul le prĂ©servatif offre une protection efficace lors des rapports sexuels. Les dons de sang font l'objet d'une sĂ©lection des donneurs, de dĂ©pistages systĂ©matiques et de traitements spĂ©cifiques. Aussi, la prĂ©vention se fait par l'utilisation de seringues Ă  usage unique en toute occasion, en particulier en cas de toxicomanie par intraveineuse ou de traitement substitutif.






Chapitre : Traitement post-exposition



     Le traitement post-exposition est actuellement le seul moyen de stopper le VIH ou, plutĂ´t, de ne pas ĂŞtre contaminĂ© par le virus, suite Ă  une exposition. En effet, Ă  la suite d'une exposition Ă  un risque de contamination (rapport sexuel non protĂ©gĂ© par exemple), au plus tard dans les 48 heures suivant cette exposition, si le traitement est pris, le risque d'ĂŞtre contaminĂ© est rĂ©duit de 80 %, ce qui en fait un traitement relativement efficace. La communautĂ© scientifique s'accorde Ă  dire que ce n'est pas suffisant pour ĂŞtre sĂ»r de ne pas contracter le virus. De plus, des problèmes d'intolĂ©rance Ă  ces mĂ©dicaments font que ces traitements ne sont pas toujours pris pendant la durĂ©e nĂ©cessaire (1 mois). Aussi, l'usage du prĂ©servatif est toujours conseillĂ©, car c'est le seul moyen de protection efficace Ă  100 % s'il est correctement utilisĂ©.






Chapitre : Hypothèses alternatives



     Une petite minoritĂ© de scientifiques et d'activistes remettent en question le lien entre le VIH et le Sida, voire l'existence mĂŞme du VIH, ou encore la validitĂ© des tests VIH actuels. RĂ©cemment, une personne accusĂ©e d'avoir eu des relations sexuelles non protĂ©gĂ©es a utilisĂ© ces concepts comme système de dĂ©fense. Ces contestations ne sont pas reprises par la plupart des membres de la communautĂ© scientifique, qui accusent ces personnes d'ignorer l'Ă©vidence du rĂ´le du VIH dans le SIDA et d'ĂŞtre une menace pour la santĂ© publique en dissuadant la population de se faire tester ou les malades d'ĂŞtre sous des traitements antirĂ©troviraux qui ont fait leurs preuves.


     Ces dissidents affirment que l'approche officielle du SIDA, qui considère comme acquise sa causalitĂ© rĂ©trovirale, a eu pour consĂ©quence des diagnostics erronĂ©s, l'apparition d'une terreur psychologique et d'une certaine forme de racisme, l'utilisation de traitements toxiques et le gaspillage de fonds publics. Ces opinions sont largement rejetĂ©es et sont considĂ©rĂ©es comme de la pseudo-science par la plupart des membres de la communautĂ© scientifique.






Chapitre : Notes et références


  1. ↑ (fr) 2006 Rapport sur l'épidémie mondiale de SIDA
  2. ↑ (fr) Le point sur l'épidémie de sida en décembre 2006
  3. ↑ HervĂ© J. A Fleury (trad. fr), Virologie humaine, Masson, 2002, 288 p. (ISBN 2294008154), « VIH-1 et VIH-2 - Historique Â», p. 164 
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  - Sous-chapitre : Articles connexes

  - Sous-chapitre : Sources

    Liste :
  • (fr) La dĂ©couverte du virus du Sida en 1983, sur le site de l'Institut Pasteur (pour la section Histoire)
  • (fr) Les rĂ©trovirus, cours de Anne Decoster (pour la section Histoire, Structure, Transmission, Cycle de rĂ©plication, VariabilitĂ© gĂ©nĂ©tique et Diagnostic et suivi infectieux)
  • (fr) Virologie, cours de Jean-Marie Huraux, Henri Agut, Anne-Marie Fillet, Vincent Calvez, Vincent Thibault, Agnès Gautheret-Dejean, Anne-Geneviève Marcelin, Claire Deback (pour la section Structure, Transmission, Cycle de rĂ©plication, VariabilitĂ© gĂ©nĂ©tique et Diagnostic et suivi infectieux)
  • Chapitre 26 de Biologie (pour la section Cycle de rĂ©plication)

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