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Définition Wikipédia de : Tuberculose



Radiographie d'un patient ayant une tuberculose pulmonaire bilatérale à un stade avancé


Suite de l'article :

Autrefois soignée dans les sanatoriums, par des cures de soleil et plein air, elle a été réduite par les antibiotiques dans les années 1950, mais elle connaît un regain expliqué par l'apparition de souches multi-résistantes, ce qui explique que la maladie tue encore près de deux millions de personnes chaque année dans le monde (plus de 1,7 million de victimes en 2004 selon l'OMS, l'organisation mondiale de la santé). En 2007, 9,27 millions de nouveaux cas ont été recensés par l'OMS.



     La tuberculose pulmonaire (phtisie) est de loin la plus frĂ©quente et la plus rĂ©pandue, mais il existe des atteintes osseuses (mal de Pott, tumeur blanche du genou...), rĂ©nales, intestinales, gĂ©nitales, mĂ©ningĂ©es, cutanĂ©es (tuberculomes).

- Sommaire de la page -









Chapitre : Historique



     La tuberculose a Ă©tĂ© isolĂ©e d'autres maladies pulmonaires par Laennec en 1819. En 1839, le mĂ©decin allemand Schönlein a rĂ©uni en une description unifiĂ©e ses manifestations cliniques disparates, et lui a donnĂ© son nom dĂ©finitif.


     En 1865, le mĂ©decin Jean-Antoine Villemin après avoir prouvĂ© par la mĂ©thode expĂ©rimentale la transmission de la tuberculose a pu affirmer que cette maladie, de nature jusqu'alors inconnue, Ă©tait due Ă  un microbe invisible avec les moyens techniques de l'Ă©poque. Il a conclu qu'on pouvait donc s'en protĂ©ger par des mesures visant Ă  Ă©viter la contagion.


     Enfin, Ă  la suite des travaux de Pasteur, c'est un mĂ©decin allemand, Robert Koch, qui dĂ©couvre le bacille, en 1882 : Ă  ce moment, la tuberculose Ă©tait en Europe la cause d'un dĂ©cès sur sept.


     Les bacilles de la tuberculose existaient il y a trois millions d'annĂ©es, alors que les prĂ©cĂ©dentes estimations tablaient sur une apparition datant seulement de 35 000 ans. La souche originelle serait apparue en Afrique de l'Est, considĂ©rĂ©e comme le berceau de l'humanitĂ©. La maladie serait donc aussi vieille que l'humanitĂ© et son expansion Ă  travers le monde serait intimement liĂ©e Ă  celle de l'homme. Ce serait l'homme qui aurait transmis la maladie Ă  ses animaux domestiques ou commensaux et non l'inverse.


     Le complexe tuberculosis serait constituĂ© de deux lignĂ©es Ă©volutives diffĂ©rentes, la première n'infectant que l'Homo sapiens, la seconde qui serait d'origine animale pouvant aussi infecter l'ĂŞtre humain, mais affectant surtout d'autres mammifères (bovins, caprins, rongeurs…).


     Des modèles statistiques bayĂ©siens appuyĂ©s sur l'Ă©tude de marqueurs gĂ©nĂ©tiques hypervariables (MIRU) laissent penser que le complexe tuberculosis actuel aurait 40 000 ans, c'est-Ă -dire qu'il serait apparu lors des migrations humaines hors d'Afrique, mais ce n'est qu'il y a environ 10 000 ans, probablement en MĂ©sopotamie lors du processus de domestication animale qu'il se serait diversifiĂ©.






Chapitre : Épidémiologie





Image (cliquez pour agrandir) :

La tuberculose dans le monde en 2006
LĂ©gende :
Taux pour 100 000 habitants
    Liste :
  • ♦ Plus de 300 cas
  • ♦ 100 Ă  300 cas
  • ♦ 50 Ă  99 cas
  • ♦ 25 Ă  49 cas
  • ♦ 10 Ă  24 cas
  • ♦ 0 Ă  9 cas



     Le nombre annuel de nouveaux cas dans le monde, incluant les cas de rechute, est d'environ 5,4 millions (2006), occasionnant environ un million de dĂ©cès. Selon l'Organisation mondiale de la santĂ© :

    Liste :
  • de 5 Ă  10 % des sujets infectĂ©s dĂ©veloppent la maladie ou deviennent contagieux au cours de leur existence.

     La plupart des nouveaux cas (49%) se situent dans les zones peuplĂ©es d'Asie : Bangladesh, Pakistan, Inde, Chine et IndonĂ©sie. Il existe une augmentation dans les pays de l'Europe de l'Est (incluant la Russie). La croissance reste très forte en Afrique, avec près de 13 % contre moins de 1 % dans les pays asiatiques.


     Elle est frĂ©quente chez les utilisateurs de drogues par voie intraveineuse et porteurs du virus de l'immunodĂ©ficience humaine (VIH), son incidence pouvant atteindre alors près de 10 %.


     Il s'agit essentiellement d'une infection touchant l'adulte jeune, et les hommes sont près de deux fois plus atteints que les femmes.


     La malnutrition et les intoxications mĂ©dicamenteuses sont des causes reconnues de l'augmentation du nombre de cas.


     La rĂ©sistance aux mĂ©dicaments anti-tuberculeux classiques reste rare (environ 4 % des nouveaux cas) mais atteint 10 % dans certains pays de l'Europe de l'Est. Ce taux augmente très sensiblement en cas d'antĂ©cĂ©dent de tuberculose prĂ©cĂ©demment traitĂ©. La rĂ©sistance aux mĂ©dicaments anti-tuberculeux de seconde ligne reste rare mais a une très forte mortalitĂ© dans un dĂ©lai court. Le nombre de cette dernière forme tend cependant Ă  augmenter (notamment assez fortement en Russie) et Ă  s'Ă©tendre gĂ©ographiquement. Il tend, au contraire, Ă  se stabiliser dans les pays baltiques et Ă  diminuer aux États-Unis.


     La tuberculose mĂ©rite triplement son qualificatif de « maladie sociale Â» :

    Liste :
  • sa frĂ©quence dans une communautĂ© est un bon indice du degrĂ© d'Ă©volution sociale de celle-ci. Les facteurs principaux de diminution de la tuberculose sont les conditions de nutrition, d'habitat, d'hygiène et d'Ă©ducation sanitaire ;
  • la prĂ©vention de la tuberculose nĂ©cessite, pour ĂŞtre efficace, un Ă©quipement mĂ©dical et une organisation sociale bien dĂ©veloppĂ©s ;
  • les principales victimes sont des adultes jeunes subissant une longue invaliditĂ©, vu l'Ă©volution lente et la nĂ©cessitĂ© d'un traitement efficace.

     En 2003, le nombre de malades de la tuberculose a diminuĂ© de 30 % en Chine (la Chine est encore le deuxième pays le plus touchĂ© au monde après l'Inde) grâce au traitement de brève durĂ©e sous surveillance directe (DOTS) de l'Organisation mondiale de la santĂ©, le seul rĂ©ellement efficace Ă  ce jour, mais qui avait peine Ă  s'imposer dans le monde. Ă€ la fin de 2006, le nombre de cas dans tout le Congo Ă©tait estimĂ© Ă  80 000, contre 60 000 en 2002. MalgrĂ© le soutien des organisations internationales, la situation s'aggrave de par la pauvretĂ©, mais aussi de l'insĂ©curitĂ© et des combats, qui poussent les gens Ă  se dĂ©placer, d'oĂą plus de contamination. Le traitement repose sur des mesures de prĂ©vention individuelle et collective, ainsi que sur un traitement rigoureux et complet des sujets malades :

    Liste :
  • engagement des pouvoirs publics Ă  prĂ©venir la tuberculose en amĂ©liorant la disponibilitĂ© des commoditĂ©s de base : eau, nourriture, hygiène, habitat ;
  • dĂ©pistage de la tuberculose par examen microscopique des frottis chez les sujets qui prĂ©sentent des symptĂ´mes ;
  • approvisionnement rĂ©gulier en mĂ©dicaments antituberculeux ;
  • traitement antibiotique sous surveillance pendant une durĂ©e suffisante (plusieurs mois) ;
  • systèmes de notification pour vĂ©rifier l'action du traitement et les rĂ©sultats du programme.





Chapitre : Manifestations cliniques


  - Sous-chapitre : Tuberculose pulmonaire

Découverte fortuite


     La rĂ©alisation d'une intradermorĂ©action permet de dĂ©pister les personnes dont l'organisme hĂ©berge le bacille de Koch avant les manifestations cliniques de la maladie en l'absence de vaccination par le BCG. En effet ce dernier positivise le test, le rendant non interprĂ©table en ce sens.


     L'interprĂ©tation d'une intradermorĂ©action est purement fondĂ©e sur la taille de l'induration et non pas sur la prĂ©sence d'un Ă©rythème.


     L'intradermorĂ©action pour la tuberculose porte aussi le nom de test Mantoux.


     Une radiographie des poumons recherchera des signes radiologiques.


     Une recherche de contamination dans l'entourage familial et professionnel est indispensable.

Signes cliniques


     Les symptĂ´mes sont un fĂ©bricule (38–38,5 Â°C) au long cours, une toux quelquefois accompagnĂ©e d'hĂ©moptysie, un amaigrissement de 5 Ă  10 kg survenant en quelques mois et des sueurs nocturnes. Une intradermorĂ©action (IDR) positive Ă  la tuberculine. Les facteurs de risque sont la malnutrition, l'immunodĂ©pression, la toxicomanie intraveineuse, l'absence de domicile fixe, le contact direct avec des personnes infectĂ©es et certaines professions de santĂ©.

Signes radiologiques

    Liste :
  • Radio du thorax : classiquement, atteinte des apex (extrĂ©mitĂ© supĂ©rieure des poumons) avec, dans une tuberculose Ă©voluĂ©e, des cavernes (cavitĂ©s dans le tissu pulmonaire, contenant de l'air et de nombreux bacilles de Koch, cette bactĂ©rie Ă©tant en effet aĂ©robie). Ces cavernes ne disparaissent pas Ă  la guĂ©rison ; elles se calcifient et produisent des sĂ©quelles radiologiques autrefois appelĂ©es « taches au poumon Â».

  - Sous-chapitre : Tuberculose extra pulmonaire


     Le plus souvent par dissĂ©mination hĂ©matogène

Tuberculose rénale


     Dans les pays occidentaux, la tuberculose urinaire est la quatrième forme de tuberculose extra pulmonaire. Le diagnostic est habituellement tardif. Une cystite rebelle associĂ©e Ă  une hĂ©maturie microscopique et Ă  une leucocyturie aseptique peuvent Ă©voquer le diagnostic.

Péricardite tuberculeuse


     D’installation subaiguĂ«, l’épanchement pĂ©ricardique sĂ©rohĂ©matique peut Ă©voluer vers la constriction. Cultures et biopsie confirment le diagnostic.

Tuberculose génitale


     Formes gĂ©nitales :


     Ă‰pidydimite chez l’homme, salpingite subaiguĂ« ou pĂ©ritonite chez la femme sont parfois les manifestations rĂ©vĂ©latrices d’une tuberculose extra pulmonaire.

Tuberculose osseuse


     La tuberculose osseuse est la troisième manifestation de tuberculose extra pulmonaire. Elle touche prĂ©fĂ©rentiellement la colonne vertĂ©brale (50 %), les hanches et les genoux (15 %). En France, le mal de Pott et les sacro-iliites se rĂ©vèlent avant tout chez les sujets âgĂ©s originaires d’Afrique ou d’Asie. Les signes cliniques d’un mal de Pott, douleurs rachidiennes plus ou moins fĂ©briles, ne sont pas spĂ©cifiques et ce sont les clichĂ©s de la colonne vertĂ©brale qui, en rĂ©vĂ©lant des images destructrices des corps vertĂ©braux avec tassement cunĂ©iforme associĂ© Ă©ventuellement Ă  un processus condensant, orientent le diagnostic. Un abcès du psoas peut ĂŞtre le rĂ©vĂ©lateur d’une sacro-iliite. Scanner ou imagerie par rĂ©sonance magnĂ©tique permettent actuellement un diagnostic plus prĂ©coce. Face Ă  une localisation ostĂ©oarticulaire inhabituelle (poignet, cheville, coude ...), la notion de traumatisme ou d’injection intra-articulaire de corticoĂŻdes peut orienter le diagnostic vers une infection Ă  mycobactĂ©ries.

  - Sous-chapitre : Tuberculose ganglionnaire

    Liste :
  • Ganglion lymphatique Organe ovalaire entourĂ© par une capsule fibreuse sous laquelle on identifie le sinus lymphatique sous capsulaire. Deux zones distinctes sont prĂ©sentes :
      Liste :
    • la corticale oĂą se diffĂ©rencient les follicules lymphoĂŻdes,
    • la mĂ©dullaire, peu visible ici, renfermant le rĂ©seau vasculaire.
  • LĂ©sion Sur le plan de coupe, ce ganglion renferme de multiples lĂ©sions nodulaires correspondant aux follicules tuberculeux. Au sein d'un mĂŞme ganglion, plusieurs lĂ©sions tuberculeuses peuvent s'observer :
      Liste :
    • LĂ©sion folliculaire : foyer arrondi formĂ© de cellules gĂ©antes et de cellules Ă©pithĂ©lioĂŻdes, entourĂ© d'une couronne de lymphocytes. Les cellules gĂ©antes sont des cellules plurinucléées, au cytoplasme abondant faiblement Ă©osinophile. Les cellules Ă©pithĂ©lioĂŻdes sont des cellules allongĂ©es, aux limites cytoplasmiques mal visibles et au noyau allongĂ© en semelle de chaussure.
    • LĂ©sion casĂ©ofibreuse : nĂ©crose centrale Ă©osinophile anhiste : nĂ©crose casĂ©euse cernĂ©e par une coque fibreuse.
    • LĂ©sion casĂ©ofolliculaire : foyer centrĂ© par une plage de nĂ©crose casĂ©euse, entourĂ©e par des cellules Ă©pithĂ©lioĂŻdes, des cellules gĂ©antes et une couronne de lymphocytes. La prĂ©sence de bacilles de Koch peut ĂŞtre rĂ©vĂ©lĂ©e sur la coloration de Ziehl Neelsen.
  • Diagnostic Tuberculose ganglionnaire.

Méningite tuberculeuse


     Elle survient surtout chez les patients immigrĂ©s, les immunodĂ©primĂ©s, et peut se rencontrer aussi chez les patients Ă©thyliques chroniques et les personnes âgĂ©es. Le dĂ©but est plus progressif qu'une mĂ©ningite bactĂ©rienne. La ponction lombaire retrouve un Liquide cĂ©phalo-rachidien (LCR) lymphocytaire hypoglycorachique. Une recherche du gĂ©nome bactĂ©rien par une rĂ©action en chaĂ®ne par polymĂ©rase (PCR) sur le liquide cĂ©phalo-rachidien peut parfois rapidement confirmer le diagnostic, sinon la culture (au minimum 3 semaines) peut retrouver le bacille de Koch.


     La quantitĂ© des cas de meningite tuberculeuse apparus dans les enfants de moins de 5 ans d'une population sert Ă  connaitre la couverture par le vaccin BCG.






Chapitre : Diagnostic



     Il repose sur l'identification du germe, soit Ă  l'examen direct d'un Ă©chantillon (expectoration) au microscope, soit après mise en culture de ce mĂŞme Ă©chantillon. Cette dernière procĂ©dure est cependant longue (plusieurs semaines), ce qui retarde d'autant le diagnostic. Elle permet d'effectuer un antibiogramme (test de la sensibilitĂ© du germe Ă  diffĂ©rents antibiotiques).


     La dĂ©tection de certains gènes de la mycobactĂ©rie après une rĂ©action en chaĂ®ne par polymĂ©rase semble ĂŞtre prometteuse avec cependant un coĂ»t plus important.


     La tuberculose peut ĂŞtre causĂ©e par diffĂ©rents germes :


     Le test Ă  la tuberculine (intra-dermo rĂ©action) consiste Ă  injecter sous la peau une dose de ce dernier et de visualiser la prĂ©sence ou l'absence de rĂ©action allergique (taille de la papule) après 48 Ă  72 h. Ce test est cependant peu sensible, surtout chez le patient immunodĂ©primĂ©, et peu spĂ©cifique (patient vaccinĂ© ou ayant Ă©tĂ© au contact d'autres mycobactĂ©ries).


     La dĂ©termination des souches rĂ©sistantes aux anti-tuberculeux habituels est importante pour adapter le traitement. La mise en culture du germe identifiĂ© dans diffĂ©rents milieux enrichis en antibiotiques (antibiogramme) reste la mĂ©thode de rĂ©fĂ©rence mais peut demander plusieurs semaines pour avoir une rĂ©ponse. Des sondes gĂ©nĂ©tiques permettant d'identifier directement les souches rĂ©sistantes dans un dĂ©lai très bref ont Ă©tĂ© mises au point avec une bonne sensibilitĂ© et spĂ©cificitĂ©.






Chapitre : Traitement antituberculeux



     Le traitement est d'une durĂ©e de six mois pour une tuberculose pulmonaire Ă  bacille de Koch sensible chez un patient immunocompĂ©tent, comprenant 2 mois de quadrithĂ©rapie antibiotique (isoniazide + rifampicine + pirilène + ethambutol) puis 4 mois de bithĂ©rapie (isoniazide et rifampicine).


     Le traitement prolongĂ© est indispensable afin de guĂ©rir la maladie et Ă©viter l'Ă©mergence de souches rĂ©sistantes dont l'Ă©volution est souvent beaucoup plus grave.

  - Sous-chapitre : Rifadine


     Ce traitement peut ĂŞtre utilisĂ© pour traiter la tuberculose osseuse.

  - Sous-chapitre : Isoniazide


     L'isoniazide est utilisĂ© gĂ©nĂ©ralement Ă  la dose de 5 mg, en association avec trois autres antibiotiques. Isoniazide inhibe la multiplication des bactĂ©ries responsables de la tuberculose. Ce mĂ©dicament doit ĂŞtre administrĂ© Ă  jeĂ»n.

  - Sous-chapitre : Rifampicine


     La rifampicine est utilisĂ©e habituellement Ă  la dose de 10 mg/kg/jour, pendant une durĂ©e de 6 mois, pour le traitement de la tuberculose. Cet antibiotique est un fort inducteur enzymatique : il accĂ©lère la dĂ©gradation des autres mĂ©dicaments, notamment les contraceptifs oraux. Les femmes sous contraceptifs sont donc invitĂ©es Ă  revoir leur traitement Ă  la hausse (après consultation du gynĂ©cologue), voire Ă  passer Ă  une contraception mĂ©canique (prĂ©servatif, ...) pendant la durĂ©e du traitement. La rifampicine provoque une coloration orangĂ©e des urines. C'est un bon moyen d'objectiver l'observance du traitement.

  - Sous-chapitre : Streptomycine


     La streptomycine (dĂ©couverte par Waksman vers 1946) fut le premier antibiotique actif contre le bacille de Koch. Il est contre-indiquĂ© chez la femme enceinte et doit impĂ©rativement ĂŞtre associĂ© Ă  d'autres antituberculeux (INH et PAS).

    Liste :
  • Posologie :
      Liste :
    • Par voie intramusculaire chez l'adulte : 15 Ă  25 mg par kg et par jour.
    • Par voie intrarachidienne : Pour l'adulte, vingt cinq Ă  cent milligrammes par jour, pour un enfant, vingt Ă  quarante milligrammes par kilogramme et par jour en 2 ou 4 injections.
    Liste :
  • Surveillance du traitement : Les fonctions auditives et rĂ©nales devront ĂŞtre surveillĂ©es rĂ©gulièrement.

  - Sous-chapitre : Éthambutol


     L'Ă©thambutol est utilisable chez la femme enceinte.

    Liste :
  • Posologie pour adulte : Le matin Ă  jeun en une seule prise, quinze Ă  vingt milligrammes par kilogramme. Ne pas dĂ©passer vingt cinq milligrammes par kilogramme par 24 h sans dĂ©passer 60 jours, puis rĂ©duire Ă  quinze milligrammes par kilogramme et par jour.
  • Surveillance

  - Sous-chapitre : Diarylquinolines


     Le R207910, une molĂ©cule de la famille des diarylquinolines, pourrait se rĂ©vĂ©ler prometteuse contre Mycobacterium tuberculosis. Elle fait naĂ®tre trois espoirs :

    Liste :
  • raccourcir la durĂ©e du traitement ;
  • envisager des prises une seule fois par semaine en association avec un autre antituberculeux ;
  • ĂŞtre active sur des souches multi rĂ©sistantes, avec une efficacitĂ© bactĂ©ricide bien supĂ©rieure Ă  celle de l'isoniazide et de la rifampicine.

     Ce mĂ©dicament est actuellement en phase très prĂ©coce de son dĂ©veloppement. Seules des Ă©tudes approfondies chez l'homme permettront de vĂ©rifier que ces espoirs sont fondĂ©s.

  - Sous-chapitre : RĂ©sistance aux traitements anti-tuberculeux


     Elle est due Ă  des traitements insuffisants en doses ou en durĂ©e. Elle pose des problèmes importants car la tuberculose est beaucoup plus dĂ©licate Ă  soigner, surtout en cas de rĂ©sistances Ă  plusieurs anti-tuberculeux (multi rĂ©sistance). Dans le pire des cas, elle est dite Ă©tendue lorsque qu'elle concerne des antibiotiques de première intention (isionazide, rifampicine) et un ou plusieurs antibiotiques de seconde intention. Son incidence est d'environ 10 % des nouveaux cas (pour un seul antibiotique) et de 1 % (pour plusieurs antibiotiques). Dans certains pays, ces chiffres peuvent atteindre plus de 50 % des cas (notamment en Russie).


     Le dĂ©pistage de ces formes est difficile, la mise en culture du germe en prĂ©sence des diffĂ©rents antibiotiques (antibiogramme) requĂ©rant plusieurs semaines pour avoir un rĂ©sultat du fait de la lenteur de multiplication du mycobactĂ©rium. La recherche directe de mutations responsable de la rĂ©sistance est faisable et donne de bons rĂ©sultats. Du fait de son coĂ»t, ces techniques sont difficilement applicables dans les pays pauvres. Une autre mĂ©thode consiste Ă  observer la croissance de la souche de mycobacterium au microscope, en prĂ©sence de diffĂ©rents antibiotiques. Elle donne des rĂ©sultats fiables et assez rapide (une semaine).


     Le traitement des formes rĂ©sistantes consiste en l'utilisation d'antituberculeux testĂ©s comme efficace sur la souche en question, complĂ©tĂ© par une fluoroquinolone et par des antibiotiques, dits de seconde ligne. La prise en charge a fait l'objet d'un document de recommandations publiĂ© par l'OMS en 2006.

  - Sous-chapitre : Pneumothorax (historique)


     Avant la dĂ©couverte d'antibiotiques efficaces, on pratiquait la collapsothĂ©rapie. La collapsothĂ©rapie est un affaissement de la partie atteinte du poumon et d'une partie du thorax par insufflation d'air, le pneumothorax, ou par chirurgie mutilante.


     Ces mĂ©thodes ont disparu des pays occidentaux dans les annĂ©es 1950.






Chapitre : Prévention


  - Sous-chapitre : DĂ©pistage des vaches porteuses du bacille


     Afin de prĂ©venir la transmission du bacille Ă  l'homme, soit par voie aĂ©rienne directement par contact, soit par voie digestive après ingestion de viande ou de lait insuffisamment cuit ou pasteurisĂ©, la plupart des pays dĂ©veloppĂ©s ont entrepris d'assainir leur cheptel bovin.


     La dĂ©tection des animaux porteurs se fait par voie clinique, allergique et par recherche des lĂ©sions Ă©vocatrices sur les carcasses Ă  l'abattoir. En France, cette prophylaxie est obligatoire depuis 1963 sur tout le territoire national pour tous les bovins âgĂ©s de plus de 6 semaines. Pour que les animaux puissent se dĂ©placer sans contrainte, le cheptel doit obtenir le statut « officiellement indemne de tuberculose Â». Pour cela, tous les animaux sont testĂ©s rĂ©gulièrement par intradermotuberculination. La frĂ©quence est annuelle mais peut ĂŞtre allĂ©gĂ©e quand la prĂ©valence de la maladie dans le dĂ©partement est faible.


     Les animaux rĂ©agissant peuvent ĂŞtre soit testĂ©s comparativement par une tuberculine aviaire (pour dĂ©tecter les faux positifs), soit envoyĂ©s Ă  l'abattoir (l'abattage est alors subventionnĂ©) oĂą les lĂ©sions Ă©vocatrices seront recherchĂ©es par un vĂ©tĂ©rinaire inspecteur, et Ă©ventuellement confirmĂ©es par diagnostic de laboratoire. Les troupeaux oĂą l'infection est confirmĂ©e peuvent faire l'objet d'un abattage total, Ă©galement subventionnĂ©.


     Parallèlement, en France, un rĂ©seau de 5 000 vĂ©tĂ©rinaires sanitaires surveille l'apparition de signes cliniques Ă©vocateurs. Des visites sanitaires biennales de tous les troupeaux de bovins sont obligatoires.


     La vaccination au BCG positivant le test intradermique, elle est interdite sur le territoire français.


     Cette politique a permis de faire considĂ©rablement baisser la prĂ©valence de la tuberculose bovine. En 2000, la commission europĂ©enne a reconnu Ă  la France le statut de pays officiellement indemne. En 2006 le taux d'incidence Ă©tait de 0,032 % de cheptels infectĂ©s alors qu'il Ă©tait de près de 25 % en 1955.

  - Sous-chapitre : Vaccination par le BCG


     Un premier vaccin fut expĂ©rimentĂ© en 1886 par Vittorio Cavagnis tandis qu'Ă  cette mĂŞme Ă©poque Robert Koch tenta vainement de dĂ©velopper un sĂ©rum curatif basĂ© sur la tuberculine. En 1902, Ă  partir d'un bacille d'origine humaine attĂ©nuĂ©, Behring essaya un vaccin contre la tuberculose bovine : le bovovaccin. Toujours dans le domaine vĂ©tĂ©rinaire, Koch essaya le tauruman. Pour mĂ©moire, il faut citer les tentatives peu honnĂŞtes de Friedmannet de Spahlinger. C'est en 1921, qu'Albert Calmette et Camille GuĂ©rin essayent avec succès le premier vaccin contre la tuberculose sur lequel ils travaillaient depuis 1908 - qui Ă©tait conçu pour ĂŞtre un vaccin vĂ©tĂ©rinaire -. BaptisĂ© BCG (pour Bacille de Calmette et GuĂ©rin ou BiliĂ© de Calmette et GuĂ©rin) ce vaccin issu d'une souche vivante attĂ©nuĂ©e de Mycobacterium bovis deviendra obligatoire en France en 1950.


     L’efficacitĂ© de la vaccination par BCG se limite Ă  la protection contre l’évolution mortelle de la tuberculose, particulièrement la mĂ©ningite tuberculeuse et la maladie dissĂ©minĂ©e (miliaire). Le vaccin est plus efficace chez le nouveau-nĂ© et l'enfant que chez l'adulte.


     Il ne permet donc pas d'empĂŞcher la transmission de la maladie et d'enrayer l'Ă©pidĂ©mie mondiale. L'avenir est dans la recherche des gènes de virulence du bacille.


     Signalons au passage que si on regarde attentivement l'Ă©volution de la rĂ©gression de la tuberculose depuis le XIX siècle (fait constatĂ© dans de nombreux pays), on constate objectivement qu'elle a rĂ©gressĂ© avant la dĂ©couverte des antituberculeux, ou de la vaccination. Les Ă©pidĂ©miologistes l'interprètent essentiellement par l'amĂ©lioration des conditions d'hygiène, des conditions nutritionnelles, etc.


     Sur base d'Ă©tudes faites Ă  grande Ă©chelle et organisĂ©es par l'Organisation mondiale de la santĂ© (OMS), certains pensent que l'efficacitĂ© du BCG est faible : dans une Ă©tude faite sur 260.000 personnes dans un pays d'endĂ©mie tuberculeuse (en Inde), les auteurs n'ont pas trouvĂ© de diffĂ©rence significative entre le groupe qui avait reçu le BCG et celui qui ne l'avait pas reçu. Une autre Ă©tude faite Ă©galement en Inde sur 366.625 personnes a montrĂ© que le BCG n'avait aucune action prĂ©ventive sur les formes de tuberculoses pulmonaires adultes.


     En juillet 2007, le ministre français de la santĂ©, Roselyne Bachelot, a annoncĂ© la suspension de l'obligation de vacciner tous les enfants et les adolescents contre la tuberculose par le BCG, Ă  l'occasion de la prĂ©sentation du nouveau programme de lutte contre cette maladie.


     Après plus de deux ans de dĂ©bats, et conformĂ©ment aux recommandations du Conseil supĂ©rieur d'hygiène publique français et du ComitĂ© technique des vaccinations, la France, Ă  l'image d'autres pays europĂ©ens, veut optimiser sa stratĂ©gie de vaccination en la ciblant vers les enfants dits « Ă  risque Â» et en renforçant le dĂ©pistage.

  - Sous-chapitre : DĂ©claration obligatoire


     En France, en Belgique et en Suisse, cette maladie est sur la liste des Maladies infectieuses Ă  dĂ©claration obligatoire.


     En France, en particulier, c'est la mise sous traitement antituberculeux qui fait partie de la dĂ©claration. Cela permet d'inclure les cas confirmĂ©s bactĂ©riologiquement et les cas probables reposant sur un faisceau d'arguments Ă©pidĂ©miologiques, cliniques et d'imagerie en l'absence de preuve bactĂ©riologique formelle. En effet ces cas probables nĂ©cessitant les mĂŞmes investigations d'enquĂŞte Ă©pidĂ©miologique pour rechercher d'Ă©ventuels cas contact ou contaminant autour d'eux...






Chapitre : Recherche et Développement



     Selon une Ă©tude d'Olivier Neyrolles de l'Institut Pasteur, le bacille de Koch se cacherait dans les cellules adipeuses. C'est ainsi qu'il rĂ©sisterait aux antibiotiques les plus puissants et qu'il serait capable de rĂ©apparaĂ®tre après de nombreuses annĂ©es chez des personnes guĂ©ries.






Chapitre : Notes et références


  1. ↑ Origin, Spread and Demography of the Mycobacterium tuberculosis Complex, Thierry Wirth, Falk Hildebrand, Caroline Allix-Beguec, Florian Wölbeling, Tanja Kubica, Kristin Kremer, Dick van Soolingen, Sabine Rüsch-Gerdes, Camille Locht, Sylvain Brisse, Axel Meyer, Philip Supply, Stefan Niemann - Plos Pathogens – septembre 2008.
  2. ↑ Communiqué CNRS
  3. ↑ WHO, Global tuberculosis control 2008
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