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Définition Wikipédia de : Toxoplasmose



TachyzoĂŻtes de Toxoplasma gondii
CIM-10B58.
CIM-9130
DiseasesDB13208
MedlinePlus000637
eMedicinemed/2294 




Introduction :

      La toxoplasmose est une infection parasitaire dont l'agent est le protozoaire Toxoplasma gondii. Le parasite infecte le plus souvent des animaux Ă  sang chaud, y compris l’ĂȘtre humain, mais son hĂŽte dĂ©finitif est un fĂ©lidĂ© (dont le chat fait partie). Sans gravitĂ© dans l’immense majoritĂ© des cas pour les sujets immunocompĂ©tents, elle ne prĂ©sente de risque sĂ©rieux que pour les femmes enceintes sĂ©ronĂ©gatives et les sujets ayant un systĂšme de dĂ©fense immunitaire affaibli.







Suite de l'article :

La maladie est prĂ©sente partout dans le monde et on estime qu’un tiers de la population mondiale est infectĂ©e par Toxoplasma gondii. Sa prĂ©valence chez l’ĂȘtre humain est variable. Pour les adultes prĂ©sentant une sĂ©ropositivitĂ© au Toxoplasme (et donc une immunitĂ© Ă  une rĂ©infection), la prĂ©valence est faible en Asie ou en AmĂ©rique, elle est infĂ©rieure Ă  30 % dans les pays scandinaves et dans le Royaume-Uni, elle va de 20 Ă  50 % en Europe du Sud ainsi que dans les rĂ©gions humides de l’Afrique et elle va de 50 Ă  70 % en Europe de l’Ouest (80 % en France).



     La toxoplasmose est transmise par la mĂšre Ă  son fƓtus. En France en 2003, la sĂ©roprĂ©valence chez la femme enceinte Ă©tait de prĂšs de 44 % . Le risque et la gravitĂ© que le fƓtus soit atteint dĂ©pend du stade de la grossesse. Le risque est infĂ©rieur Ă  2 % avant deux mois de grossesse mais dans ce cas l’atteinte fƓtale est grave. Il atteint 70 % en fin de grossesse et le fƓtus subira alors essentiellement des lĂ©sions oculaires.

- Sommaire de la page -









Chapitre : Historique





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Toxoplasma gondii fut décrit par Nicolle et Manceaux en 1908 sur le rongeur Ctenodactylus gundi.



     Le parasite est dĂ©crit pour la premiĂšre fois en 1908 Ă  l’Institut Pasteur de Tunis par deux mĂ©decins français, Charles Nicolle et Louis Herbert Manceaux, aprĂšs une Ă©pidĂ©mie de laboratoire sur un rongeur sauvage d’Afrique du Nord, le Ctenodactylus gundi. Ils isolent un protozoaire de forme arquĂ©e qu’ils nomment Toxoplasma Gondii, toxoplasma venant des mots grecs toxon (arc) et plasma (forme) . Au mĂȘme moment, l’italien Alfonso Splendore trouve ce mĂȘme parasite aprĂšs la mort des lapins de son laboratoire Ă  Sao Paulo au BrĂ©sil. Nicolle et Manceaux prĂ©sentent le genre Toxoplasma et T. gondii devient l’espĂšce type du genre. Par la suite, ce parasite sera isolĂ© chez de nombreuses autres espĂšces animales, et Ă  chaque fois une nouvelle espĂšce est proposĂ©e, nommĂ©e d’aprĂšs l’espĂšce hĂŽte chez qui elle avait Ă©tĂ© dĂ©tectĂ©e. Ce n’est qu’en 1939 que Sabin apporte la preuve que ces diffĂ©rentes espĂšces n’en sont en fait qu’une seule, T. gondii.
La classification reste cependant incertaine et seuls les stades asexuĂ©s, merozoĂŻtes et kystes tissulaires, sont alors connus. C’est dans les annĂ©es soixante que les preuves de la nature coccidienne de T.gondii arrivent, et dans les annĂ©es 1970 que l’on dĂ©crit le cycle parasitaire de type coccidien de T. gondii et l’existence de stades sexuĂ©s dans l’intestin grĂȘle de chats.


     En 1923, l’ophtalmologiste tchĂšque Josef JankĂč dĂ©crit la maladie humaine, un cas de toxoplasmose congĂ©nitale chez un enfant atteint d’une choriorĂ©tinite.


     Ce n’est qu’en 1939 que la toxoplasmose est reconnue comme une maladie congĂ©nitale par Wolf et al. chez un enfant atteint d’encĂ©phalite.


     En 1948, Sabin et Feldman mettent au point un test immunologique, le Dye test, qui permet le diagnostic sĂ©rologique de la maladie.






Chapitre : Cycle du toxoplasme et pathogénie


  - Sous-chapitre : Les trois formes parasitaires




Image (cliquez pour agrandir) :

Cycle vital de [Toxoplasma gondii].



     T. gondii ne peut se multiplier de maniĂšre sexuĂ©e que chez les FĂ©lidĂ©s, qui constituent ainsi ses hĂŽtes dĂ©finitifs, bien qu’il puisse infecter tous les animaux homĂ©othermes, dĂ©nommĂ©s hĂŽtes intermĂ©diaires. Le toxoplasme a un cycle complexe qui implique la transmission entre hĂŽtes par des stades spĂ©cialisĂ©s pour l’invasion (voir Figure) :

    Liste :
  • le stade tachyzoĂŻte, forme prolifĂ©rative infectieuse chez l’hĂŽte intermĂ©diaire, se dĂ©veloppe dans des vacuoles transitoires qui peuvent contenir jusqu’à 128 parasites ; cette forme peut se retrouver aussi chez le fƓtus.
  • le stade bradyzoĂŻte, chez l’hĂŽte intermĂ©diaire, est contenu dans des kystes intracellulaires qui mesurent environ 100 Â”m de diamĂštre et contiennent plusieurs milliers de parasites ;
  • le stade mĂ©rozoĂŻte, chez l’hĂŽte dĂ©finitif, est le seul stade capable de reproduction sexuĂ©e ;
  • le stade sporozoĂŻte, rĂ©sultat de la reproduction sexuĂ©e chez l’hĂŽte dĂ©finitif, est libĂ©rĂ© dans l’environnement avec les dĂ©jections du chat dans des oocystes de 10 Ă  15 Â”m de diamĂštre qui contiennent 8 sporozoĂŻtes.

     Les stades sporozoĂŻte et bradyzoĂŻte correspondent Ă  des formes de rĂ©sistance et de dissĂ©mination du parasite car les kystes et les oocystes protĂšgent dans une certaine mesure, les parasites qu’ils contiennent des variations de tempĂ©rature, de pH, etc. T. gondii peut alterner entre ces stades en fonction de son hĂŽte et de son contexte, par un processus de diffĂ©renciation.

    Liste :
  • Forme vĂ©gĂ©tative
Le tachyzoĂŻte ou trophozoĂŻte : C’est la forme que prend le parasite seul. il est alors trĂšs fragile ; sa prĂ©sence est toujours endocellulaire (il ne rĂ©siste ni Ă  l’eau de Javel ni Ă  l’acide chlorhydrique gastrique). L’ingestion n’est donc pas contaminante.
Il se reproduit rapidement par un processus de multiplication asexuĂ©e (endodyogĂ©nie) chez l’hĂŽte intermĂ©diaire, toujours dans des macrophages. Puis il en sort en en perforant la paroi au moyen d’une protĂ©ine qu’il produit (perforine). Des parasites gĂ©nĂ©tiquement modifiĂ©s pour ne pas produire cette protĂ©ine ne peuvent sortir du macrophage qui gonfle en formant une boule. Visuellement, l’enveloppe du parasite a la forme d’une goutte d’eau un peu arquĂ©e, d’environ 5 Ă  10 Â”m de longueur et de 1 Ă  4 Â”m de largeur. Le pĂŽle postĂ©rieur arrondi contient le noyau tandis que le pĂŽle antĂ©rieur plus aigu possĂšde des ultrastructures adaptĂ©es Ă  la pĂ©nĂ©tration cellulaire (complexe apical).
Cette forme est plus rĂ©sistante que la prĂ©cĂ©dente (forme de rĂ©sistance et de dissĂ©mination), entourĂ©e par une membrane Ă©paisse, de forme sphĂ©rique ou ovoĂŻde, elle mesure de 50 Ă  200 Â”m. Elle contient en plusieurs milliers d’exemplaires une forme vĂ©gĂ©tative particuliĂšre le bradyzoĂŻte ou cystozoĂŻte (3 Ă  4 microns), un kyste de 100 Â”m en contient 2 000 Ă  3 000. Les bradyzoĂŻtes rĂ©sultent d’une sĂ©rie de multiplications asexuĂ©es, colonisant l’intĂ©rieur d’une cellule hĂŽte. Leur multiplication est assez lente, et ne peut se faire que dans une cellule nerveuse ou musculaire de l’hĂŽte intermĂ©diaire. Dans les tissus, les kystes restent longtemps vivants, produisant des antigĂšnes qui entretiennent l’immunitĂ©. Les kystes peuvent survivre plusieurs jours Ă  tempĂ©rature ambiante et plusieurs mois Ă  °C. Ils sont dĂ©truits par la chaleur (un quart d’heure Ă  56 Â°C) ou la congĂ©lation (24 heures Ă  -20 Â°C).
L’oocyste coccidien est trĂšs rĂ©sistant, mĂȘme Ă  l’eau de Javel (forme de rĂ©sistance et de dissĂ©mination), c’est la forme que l’on retrouve dans le milieu extĂ©rieur (sol, plantes
) oĂč il effectue sa maturation en quelques jours (de un Ă  cinq) Ă  tempĂ©rature ambiante et en prĂ©sence d’oxygĂšne. Sa rĂ©sistance lui permet de rester vivant pendant plusieurs mois dans le sol, mais il est dĂ©truit par la chaleur lors de la cuisson, la dessiccation ou la congĂ©lation (-30°C). Il est le rĂ©sultat de la reproduction sexuĂ©e du parasite chez le chat. C’est un ovoĂŻde de 15 Â”m par 10 Â”m regroupant sporocystes contenant sporozoĂŻtes chacun (un sporozoĂŻte ressemble Ă  un tachyzoĂŻte).

  - Sous-chapitre : Le cycle de reproduction du parasite


     Le cycle peut ĂȘtre direct, c’est-Ă -dire sans hĂŽte intermĂ©diaire (cycle monoxĂšne ou court) ou indirect en passant par un ou plusieurs hĂŽtes intermĂ©diaires (cycle hĂ©tĂ©roxĂšne ou long).


     L’hĂŽte dĂ©finitif du parasite est principalement le chat, mais les autres fĂ©lidĂ©s sont aussi concernĂ©s.


     Les hĂŽtes intermĂ©diaires sont tous les animaux Ă  sang chaud : mammifĂšres et oiseaux (le chat, hĂŽte dĂ©finitif se contamine en dĂ©vorant des oiseaux ou des souris, petits animaux qu’il chasse avec assiduitĂ©, lorsqu’il peut sortir Ă  l’extĂ©rieur).




Image (cliquez pour agrandir) :

Cycle parasitaire de Toxoplasma gondii, parasite responsable de la toxoplasmose. Cliquer sur l’image pour agrandir



     Les membres de la famille des chats (Felidae) sont les seuls hĂŽtes dĂ©finitifs connus pour les Ă©tapes sexuĂ©es de T. gondii et reprĂ©sente le principal rĂ©servoir de l'infection. Les chats sont d'abord infectĂ©s (Ă©tape 1 de la figure) en mangeant de la viande contenant des formes kystiques de T.G ce qui aboutit Ă  la formation, dans son intestin, de gamĂ©tocytes dont la fusion donne des oocystes, Ă©liminĂ©s dans les selles. Ceux-ci peuvent survivrent dans le milieu extĂ©rieur, oĂč ils se transforment en sporocystes puis en sporozoĂŻtes infectants, qui sont ingĂ©rĂ©s par des animaux tels que des rongeurs, des moutons ou des porcs. Le parasite quitte le tractus digestif et, au stade trophozoĂŻte, gagne divers tissus, se multipliant dans les macrophages et survit dans les muscles, le cƓur, le cerveau sous formes de kystes contenant les bradyzoĂŻtes, ce qui entretient l'immunitĂ© du sujet infectĂ©. L'humain peut ĂȘtre infectĂ© de diffĂ©rentes façons : A) ingestion de viandes crues infectĂ©es contenant des formes kystiques de T.G (Ă©tape 2 de la figure) ; B) ingestion d'oocystes provenant de fĂšces de chat Ă  partir de mains ou de viandes contaminĂ©es (Ă©tape 3 de la figure) ; C) transplantation d'organe ou transfusions sanguine ; D) transmission congĂ©nitale de la mĂšre au fƓtus; E) inoculation accidentelle de tachyzoites.

Contamination initiale


     Les oocystes sont prĂ©sents sur les plantes ou la terre souillĂ©es par des dĂ©jections d’animaux (chats en particulier). De lĂ , ils peuvent contaminer les aliments, les mains ou l’eau de boisson, puis ĂȘtre ingĂ©rĂ©s.


     La prĂ©sence des kystes dans la viande est frĂ©quente : 80% des ovins et des caprins adultes sont contaminĂ©s, le porc est gĂ©nĂ©ralement contaminĂ© dans moins de 40% des cas, les autres espĂšces animales peuvent toutes ĂȘtre contaminĂ©es mais dans des proportions inconnues.


     Lorsque la viande est consommĂ©e crue ou insuffisamment cuite, les kystes ne sont pas dĂ©truits et s’installent dans l’organisme hĂŽte. Les kystes ne passent pas la barriĂšre placentaire, seuls les trophozoĂŻtes ou tachyzoĂŻtes passent, si la maladie se dĂ©clenche en cours de grossesse, et des cas de contamination par greffe d’organe ou transfusion sanguine ont Ă©tĂ© recensĂ©s.

Reproduction

HÎte intermédiaire

     Chez l’hĂŽte intermĂ©diaire, les oocystes libĂšrent les sporozoĂŻtes, lesquels libĂšrent les tachyzoĂŻtes (ou trophozoĂŻte) au niveau du tube digestif, et vont passer la barriĂšre intestinale. Ils vont se reproduire dans les macrophages, dĂ©clenchant une phase sanguine de dissĂ©mination ou septicĂ©mie : l’hĂŽte dĂ©veloppe la toxoplasmose.


     La rĂ©ponse immunitaire de l’hĂŽte confine ensuite le parasite Ă  l’intĂ©rieur des organes dans lesquels la rĂ©ponse immunitaire est la plus faible : l’Ɠil, le cerveau, les muscles. Les parasites s’y enkystent, les kystes contiennent de nombreux bradyzoĂŻtes et sont en attente d’une Ă©ventuelle rĂ©activation. Cette rĂ©activation se produit lorsque les chairs contenant des kystes sont consommĂ©es par un nouvel hĂŽte n’ayant pas encore dĂ©veloppĂ© la maladie ou immunodĂ©primĂ©, ou lors d’une greffe d’organes contenant ces kystes.

HÎte définitif

     Chez l’hĂŽte dĂ©finitif, le parasite ingĂ©rĂ© (gĂ©nĂ©ralement en dĂ©vorant un rongeur ou un oiseau infectĂ©) se localise dans le tube digestif, provoquant une coccidiose. Le parasite produit alors des oocystes par reproduction asexuĂ©e puis sexuĂ©e ; en effet, les trophozoĂŻtes libĂ©rĂ©s se multiplient au niveau du tube digestif. Il va se produire une reproduction sexuĂ©e avec formation de microgamĂštes mĂąles et de macrogamĂštes femelles ; la fĂ©condation conduit aux oocystes. Ces oocystes seront rejetĂ©s dans l’environnement de l’hĂŽte avec ses dĂ©jections, mais les excrĂ©ments ne sont gĂ©nĂ©ralement pas contaminants pendant les deux premiers jours qui suivent l'excrĂ©tion. Les oocystes nĂ©cessitent une maturation de 14 jours pour devenir potentiellement pathogĂšnes et rĂ©sistent environ 1 an dans le milieu extĂ©rieur. Chez le chat par exemple, environ 2% d’entre eux dissĂ©minent des oocystes, sur des pĂ©riodes allant de une Ă  trois semaines. Des Ă©tudes montrent qu’ensuite l’élimination ne se reproduit pas, mĂȘme aprĂšs de nouvelles expositions au parasite. Ce sont donc, en gĂ©nĂ©ral, les jeunes chats qui excrĂštent le parasite. Bien que l'agent pathogĂšne a Ă©tĂ© dĂ©tectĂ© sur la fourrure des chats, il n'a pas Ă©tĂ© retrouvĂ© sous une forme infectieuse, et une infection directe consĂ©cutive Ă  la manipulation des chats est gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ©e comme trĂšs rare.






Chapitre : Formes de la maladie



     Il existe trois formes cliniques de la maladie qui sont :

  1. la toxoplasmose acquise, chez une personne ayant des défenses immunitaires normales, en général inapparente ou sans gravité
  2. la toxoplasmose congĂ©nitale qui peut ĂȘtre Ă  l’origine de fƓtopathies graves, due Ă  l'infection du fƓtus d'une femme enceinte sĂ©ronĂ©gative, non protĂ©gĂ©e car n'ayant jamais Ă©tĂ© en contact avec le toxoplasme
  3. la toxoplasmose de l’immunodĂ©primĂ©, telles que les personnes atteintes du SIDA ou les personnes greffĂ©es et traitĂ©es par des mĂ©dicaments immunodĂ©presseurs.

  - Sous-chapitre : Toxoplasmose acquise de l’immunocompĂ©tent


     Lorsque la toxoplasmose se dĂ©clenche pour la premiĂšre fois chez un individu, elle est inapparente dans prĂšs de 80% des cas : il n’y a pas de poussĂ©e de fiĂšvre ; des ganglions cervicaux sont perceptibles pendant une semaine environ.


     Dans un peu moins de 20% des cas, la maladie prend une forme dite subaiguĂ« ; aprĂšs une incubation silencieuse de quelques jours apparaissent des adĂ©nopathies cervicales, une fiĂšvre prolongĂ©e Ă  38 °C, une fatigue intense (asthĂ©nie). Le taux des monocytes augmente et la maladie est trĂšs comparable, dans ses manifestations cliniques, Ă  une mononuclĂ©ose infectieuse. La guĂ©rison est relativement lente.


     Enfin, dans de rares cas, surtout chez les patients immunodĂ©primĂ©s et les personnes atteintes du sida, la maladie prend une forme dite aiguĂ«, avec de la fiĂšvre. Elle peut alors provoquer divers types de lĂ©sions : oculaires (choriorĂ©tinite), cardiaques, pulmonaires, voire entraĂźner des symptĂŽmes neurologiques. La durĂ©e de la phase de septicĂ©mie est plus longue ; les fluides corporels (l'urine, les larmes, le lait, la salive) contiennent assez de parasites pour qu'un comptage direct puisse ĂȘtre effectuĂ©. Selon un article de Science du 15 dĂ©cembre 2006, ces cas sont dus (chez la souris de laboratoire) Ă  une mutation d'une ou deux protĂ©ines kinases produite par le gĂšne ROP18, lesquelles sous cette forme « anormale Â» perturbent la communication dans la cellule et favorise la duplication du parasite, mĂȘme chez des individus en bonne santĂ©.


     Dans tous les cas, les kystes formĂ©s persistent et sont indĂ©tectables ; l'immunitĂ© du sujet Ă  de nouvelles attaques de la maladie est confĂ©rĂ©e par la prĂ©sence d'immunoglobuline G (IgG).

  - Sous-chapitre : Toxoplasmose et grossesse


     Le risque de contamination du fƓtus survient lorsque la femme enceinte est en phase septicĂ©mique : les parasites peuvent alors coloniser le placenta, puis, de lĂ , parvenir au fƓtus. Ce type de contamination ne survient que lorsque la mĂšre contracte la maladie en cours de grossesse (on parle alors de toxoplasmose gravidique), bien que trĂšs exceptionnellement, la rĂ©activation de kystes puisse conduire Ă  une transmission du parasite vers l'enfant.


     Le risque de passage de la barriĂšre placentaire augmente au cours de la grossesse (il est faible au cours du premier trimestre (infĂ©rieure Ă  5%, et croĂźt les mois suivants jusqu'Ă  atteindre 70 % Ă  terme ), mais en parallĂšle, les consĂ©quences sont d'autant plus graves que le fƓtus est jeune, tant qu'il ne dispose pas d'un systĂšme immunitaire complet. La contamination vers la fin de la grossesse peut conduire Ă  des formes bĂ©nignes ou Ă  des formes latentes.


     Il est bon de rappeler que la toxoplasmose congĂ©nitale grave est rare et que celle-ci est souvent diagnostiquĂ©e en antĂ©natal. Enfin, de nombreuses Ă©tudes sont en cours pour s'assurer de l'efficacitĂ© des traitements proposĂ©s.

Contamination au premier trimestre : avant 16 semaines




Image (cliquez pour agrandir) :

Toxoplasmose cérébrale



     C'est surtout au premier trimestre et avant 10 semaines d'amĂ©norrhĂ©e que les risques sont importants. Dans ce cas le risque est faible mais sĂ©vĂšre.


     Les consĂ©quences d'une telle contamination, dont le risque est faible, sont particuliĂšrement graves : elles peuvent notamment entraĂźner la mort in utero ou dans les mois qui suivent la naissance, ou bien provoquer des retards psychomoteurs graves, liĂ©s Ă  l'action du parasite sur la formation du systĂšme nerveux central (modifications de l'aspect et du volume du crĂąne, par des calcifications intracrĂąniennes caractĂ©ristiques de la toxoplasmose congĂ©nitale, hydrocĂ©phalie, microcĂ©phalie, dilatation ventriculaire). Au niveau neurologique, on peut constater des convulsions, de l'hypertonie ou de l'hypotonie, une modification des rĂ©flexes, des troubles vĂ©gĂ©tatifs ou encore des troubles oculaires (dans 80% des cas, une choriorĂ©tinite pigmentaire).

Contamination au second trimestre : entre 16 et 28 semaines


     Une atteinte cĂ©rĂ©brale est toujours possible mais plus rare. On ne retrouve pas au cours de la surveillance Ă©chographique des dilatations ventriculaires lorsque la sĂ©ro conversion survient aprĂšs 24 semaines.

Contamination au dernier trimestre : aprĂšs 28 semaines


     Le risque est essentiellement ophtalmologique : choriorĂ©tinite pigmentaire (atteinte des pigments de la rĂ©tine). Ce risque persiste pendant plusieurs annĂ©es imposant une surveillance longue de ces enfants. Les lĂ©sions oculaires sont gĂ©nĂ©ralement faciles Ă  reconnaĂźtre mais il existe des formes cliniques qui peuvent Ă©garer le diagnostic. Classiquement, on dĂ©couvre une lĂ©sion jaunĂątre qui peut ĂȘtre paramaculaire ou parapapillaire et cette anomalie va Ă©voluer vers une cicatrisation pigmentĂ©e.

Diagnostic de la toxoplasmose congénitale


     Repose sur une dĂ©marche en deux temps

Faire le diagnostic d'infection toxoplasmique acquise au cours de la grossesse

     En l'absence habituelle de signe clinique chez la femme enceinte, le diagnostic repose en premier sur le sĂ©rodiagnostic qui doit ĂȘtre pratiquĂ© au cours du premier trimestre.

    Liste :
  • Soit le premier sĂ©ro diagnostic est nĂ©gatif (IgG nĂ©gatif, IgM nĂ©gatif) , la femme non protĂ©gĂ©e ; il faut faire un sĂ©rodiagnostic tout les mois, le dernier sur sang maternel au moment de l'accouchement ou trois Ă  quatre semaines aprĂšs l'accouchement.
  • S'il se positive au cours de la grossesse, c'est une sĂ©ro conversion : le diagnostic de toxoplasmose acquise au cours de la grossesse est certain. Il faut dater l'infection et faire des examens complĂ©mentaires en fonction de l'Ăąge de la grossesse.
    Liste :
  • Plus dĂ©licat, en cas de prĂ©sence IgG et d'IgM lors de la premiĂšre sĂ©rologie. La datation de la contamination repose alors sur la cinĂ©tique des anticorps et l'aviditĂ© des IgG. Le prĂ©sence d'une forte aviditĂ© (supĂ©rieure Ă  30%) signe une toxoplasmose acquise avant la grossesse. Il est inutile de rĂ©pĂ©ter les examens et on peut rassurer la patiente.
  • La faible aviditĂ© des IgG ne signifie pas que la toxoplasmose date de moins de quatre mois. Il faut refaire un nouveau sĂ©rodiagnostic et si le taux des IgG double que l'on peut poser le diagnostic de toxoplasmose acquise au cours de la grossesse. Le dĂ©but de l'infection remonte deux mois avant le prĂ©lĂšvement Si le taux reste stable, c'est une toxoplamose acquise avant la grossesse.
    Liste :
  • La prĂ©sence d'IgG seule sans IgM ne nĂ©cessite aucun contrĂŽle supplĂ©mentaire.
    Liste :
  • La prĂ©sence d'IgM seule sans IgG est le plus souvent en rapport avec des IgM non spĂ©cifique

     DĂšs la sĂ©roconversion prouvĂ©e, la femme est mise sous spiramycine Ă  la dose de 3 grammes trois fois par jour et jusqu'Ă  la rĂ©alisation de l'amniocentĂšse. En cas de prĂ©sence d'IGM, au cours du premier prĂ©lĂšvement, on peut mettre la femme sous spiramycine en attendant le deuxiĂšme prĂ©lĂšvement.

Faire le diagnostic de toxoplasmose congénitale au cours de la grossesse

     Repose sur la recherche de toxoplasme dans le liquide amniotique par amniocentĂšse et la recherche de signes Ă  l'Ă©chographie et Ă©ventuellement par IRM.

AmniocentĂšse

     Recherche de toxoplasme par PCR. Cette amniocentĂšse sera effectuĂ© systĂ©matiquement pour toute sĂ©ro conversation avant 22 semaines mais pas avant 18 semaines et aprĂšs un dĂ©lai de quatre Ă  six semaines entre l'infection maternelle. La quantification du nombre de copie de P.C.R est un Ă©lĂ©ment pronostic, la prĂ©sence de plus de 100 copies par millilitre est un facteur de mauvis pronostic. Il n'existe pas de faux positif mais la valeur prĂ©dictive nĂ©gative est de 87% ce qui veut dire qu'une fois sur dix la parasite est prĂ©sent mais la P.C.R ne le dĂ©tecte pas. La quantitĂ© de liquide amniotique prĂ©levĂ©e est trĂšs importante, il faut au minimum 20 millilitres.

Aspect Ă©chographique : dĂ©pendant du terme de l'infection
    Liste :
  • Au niveau du cerveau fƓtal, on peut voir
      Liste :
    • Une dilatation des ventricules latĂ©raux dĂ©butant par les cornes occipitales, rapidement Ă©volutive, bilatĂ©rale si stĂ©nose de l'aqueduc de Sylvius ou unilatĂ©rale si stĂ©nose du trou de Monro. Mais l'absence de dilatation n'a pas une bonne valeur prĂ©dictive nĂ©gative car existence d'atteinte sĂ©vĂšre mĂȘme en l'absence de d'envahissement de l'aqueduc de Sylvius (porencĂ©phalie ou polymicrogyrie).
    • Des hyperdensitĂ©s qui sont souvent mieux vues par la voie endovaginale (haute frĂ©quence) de pronostic incertain mais souvent en rapport avec la choriorĂ©tinite.
  • Autres signes
      Liste :
    • Épanchement pĂ©ricardique et ascite, calcifications hĂ©patiques, hyperĂ©chogĂ©nicitĂ© intestinale ou placentamĂ©galie.
Aspects par I.R.M

     Pas d 'I.R.M avant 28 semaines soit pas avant le dĂ©but de l'apparition de la scissure de Rolando ++ ou mieux 32 semaines.

    Liste :
  • Confirme l'atteinte multifoccale et recherche d'anomalie de la gyration type polymicrogyrie

Traitement et surveillance de la toxoplasmose au cours de la grossesse

Si la P.C.R est négative

     On continue la spiramycine jusqu'Ă  l'accouchement et on rĂ©alise une Ă©chographie une fois par mois. La recherche d'une toxoplasmose congĂ©nitale sera fait sur le nouveau nĂ© par le dosage des IgG et des IgM du nouveau-nĂ©.

Si la P.C.R est positive

     La spiramycine est remplacĂ©e par la pyrimĂ©thanine 50 mg par jour (Malocide©) et du sulfadiazine (Adiazine ©) 1,5 grammes deux fois par jour associĂ©e avec de l'acide folinique (Lederfoline©) 50 mg une fois par semaine. La surveillance Ă©chographique se fara tout les deux semaines et une surveillance de la toxicitĂ© des mĂ©dicaments assurĂ©e par une numĂ©ration formule une fois par semaine; la pyrimethamine entraine une carence en acide folique avec anĂ©mie mĂ©galoblastique, et parfois granulopĂ©nie et thrombopĂ©nie. La sulfadiazine qui s'accompagne d’un risque grave d'allergie cutanĂ©e et de thrombopĂ©nie, anĂ©mie hĂ©molytique immuno-allergique, aplasie mĂ©dullaire

A la naissance: faire le diagnostic de toxoplasmose congénitale chez le nouveau né


     Le diagnostic de la toxoplasmose congĂ©nitale se fait chez les enfants avec une PCR nĂ©gative au cours de l'amniocentĂšse ou dans les sĂ©roconversions du troisiĂšme trimestre n'ayant pas subi une amniocentĂšse.

    Liste :
  • Recherche des IgM au sang du cordon : si le dosage est nĂ©gatif, la cinĂ©tique des IgG permettra de faire le diagnostic de toxoplasmose congĂ©nitale. Il faut vĂ©rifier la baisse du taux des IgG dont la demie vie est de 3 semaines tout arrĂȘt ou rĂ©ascencion de la dĂ©croissance des IgG signe la toxoplasmose congĂ©nitale.
  • Recherche des IgM au sang du cordon : IgM est positif, il faut refaire 72 heures aprĂšs une recherche des IgM dans le sang pĂ©riphĂ©rique du nouveau-nĂ© pour Ă©liminer les quelques cas de transmission d'IgM maternelle au cours de l'accouchement. Si celle-ci est positive le diagnostic de toxoplasmose congĂ©nitale est confirmĂ©e. Si celle-ci est nĂ©gative on se retrouve dans le schĂ©ma ci dessous

     Le nouveau nĂ© bĂ©nĂ©ficiera d'une Ă©chographie transfontanellaire et d'un examen ophtalmologique.

Traitement de la toxoplasmose congénitale chez le nouveau né

     C'est l'association de pyrimĂ©thanine 1 mg/kg/j pendant 2 mois puis 0,5 mg/kg/j pendant 10 mois (Malocide©) avec de la sulfadiazine (Adiazine ©) 100 mg/kg/j pendant un an associĂ© avec de l'acide folinique (Folinoral 25 ©) 25 mg fois par semaine. La recherche d'une toxicitĂ© sanguine du traitement sera faite. La surveillance ophtalmologique devra durer plusieurs annĂ©es.

Pronostic


     Les deux critĂšres de pronostics les plus surs sont la charge en toxoplasme dans le liquide amniotique et le terme de l'infection toxoplasmique : avant 20 semaines et surtout avant 10 semaines. La probabilitĂ© de retrouver des signes Ă©chographiques aprĂšs une sĂ©ro conversion supĂ©rieure Ă  24 semaines est infĂ©rieure Ă  5 %. Si une infection survient avant 10 semaines, il est possible d'avoir un bon pronostic avec le traitement (PyrimĂ©thanine 50 mg par jour (Malocide©) + Sulfadiazine (Adiazine ©) 1,5 grammes deux fois par jour ) mais il faut bien avertir les parents sur l'incertitude du pronostic neurologique et oculaire. L'I.M.G est acceptĂ©e Ă  la demande des parents. Le risque de choriorĂ©tinite serait augmentĂ© si il y a plus de 8 semaines entre la sĂ©roconversion et le dĂ©but du traitement et par la prĂ©sence de zone hyperdense cĂ©rĂ©brale Ă  l'Ă©chographie. Bien entendu devant tout signe de dilatation ventriculaire l'Ă©chographie, l'I.M.G est acceptĂ©e Ă  la demande des parents.

Prophylaxie pour la femme enceinte


     La vaccination n'existant pas, la prĂ©vention est le meilleur traitement :

    Liste :
  • ne consommer que de la viande bien cuite (cuisson Ă  plus de 67°C au cƓur des viandes), surtout le mouton ;
  • lavage approfondi des salades et cruditĂ©s, nettoyage des surfaces de travail ayant servir Ă  prĂ©parer les lĂ©gumes;
  • Ă©viter de manger Ă  l'extĂ©rieur des lĂ©gumes dont on ne connaĂźt pas la prĂ©paration  ;
  • porter des gants en cas de jardinage ou si vous vous occupez de la litiĂšre d'un chat et se laver les mains;
  • ne pas s'occuper de la litiĂšre d'un chat ou la nettoyer avec de l'eau bouillante, mais bien entendu le chat peut se mettre sur vous et vous pouvez le caresser ! Le risque est quasiment nul si le chat n'a pas accĂšs Ă  l'extĂ©rieur et qu'il ne mange pas de viande crue.
  • laver (et peler) les fruits et lĂ©gumes avant de les consommer, avec de l'eau vinaigrĂ©e ; cuisson d'au moins une minute Ă  60°C pour les vĂ©gĂ©taux ;

     Les prĂ©cautions suivantes ont une efficacitĂ© incertaine sur la destruction des toxoplasmes :

    Liste :
  • la congĂ©lation : des oocytes sporulĂ©s ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s 28 jours aprĂšs une congĂ©lation Ă  -21°C;
  • salaison, condiments, fumaison, saumure, conservation sous vide, dessiccation, lyophilisation, dĂ©sinfection par ultra-violets ou infrarouges, cuisson par micro-ondes.

  - Sous-chapitre : Toxoplasmose de l’immunodĂ©primĂ©


     Deux cas peuvent se prĂ©senter, selon que le dĂ©ficit immunitaire est acquis ou provoquĂ© par des mĂ©dicaments. Ces cas influent sur la maniĂšre dont la contamination survient et sur ses signes cliniques.

Déficit immunitaire acquis (cas du SIDA)


     La toxoplasmose cĂ©rĂ©brale survient en rĂšgle gĂ©nĂ©rale chez des sujets sĂ©ropositifs au VIH, ayant moins de 200 lymphocytes T CD4+, avec une sĂ©rologie toxoplasmique positive et ne recevant pas de prophylaxie spĂ©cifique. C'est alors que les bradyzoĂŻtes libĂšrent les tachyzoĂŻtes qui essaiment dans tout le corps via le systĂšme sanguin.


     Les symptĂŽmes de dĂ©but peuvent ĂȘtre insidieux, cĂ©phalĂ©es d'installation rĂ©cente ou rĂ©activation de cĂ©phalĂ©es anciennes, avec ou sans fiĂšvre.


     Trois situations sont possibles :

    Liste :
  • il s'agit d'un (ou de plusieurs) abcĂšs cĂ©rĂ©bral (cas le plus frĂ©quent) donnant un tableau neurologique rapidement progressif. Les signes cliniques dĂ©pendent de la localisation de(s) l'abcĂšs : hĂ©miplĂ©gie ou hĂ©miparĂ©sie, syndrome cĂ©rĂ©belleux, aphasie, amputation du champ visuel, ou signes plus diffus Ă  type de somnolence, dĂ©sorientation, crises comitiales ;
  • il s'agit d'un abcĂšs mĂ©dullaire (rare) donnant un tableau paraparĂ©tique ou paraplĂ©gique associĂ© Ă  des troubles sensitifs et/ou sphinctĂ©riens ;
  • il s'agit d'une encĂ©phalite toxoplasmique, plus frĂ©quente chez les transplantĂ©s que chez les patients VIH.

     Traitement curatif :

    Liste :
  • Association de pyrimĂ©thamine (MalocideÂź), de sulfadiazine (AdiazineÂź) et d'acide folinique (pour la prĂ©vention des effets hĂ©matotoxiques) pendant 6 semaines.

     Traitement prĂ©ventif :

    Liste :
  • PyrimĂ©thamine, sulfadiazine et acide folinique Ă  doses diminuĂ©es de moitiĂ© tant que les lymphocytes T CD4 sont infĂ©rieurs Ă  200.
  • Le Bactrim forteÂź peut aussi ĂȘtre utilisĂ© avec l'avantage d'ĂȘtre aussi efficace pour la prophylaxie de la pneumocystose (autre maladie opportuniste du SIDA).

Déficit immunitaire provoqué (cas des transplantés et des greffés)


     Il peut s'agir ici soit de la rĂ©activation de kystes rĂ©sultant d'une contamination passĂ©e du receveur (par exemple lors d'une greffe de moelle osseuse), soit de l'introduction chez le receveur de kystes contenus dans le greffon (par exemple lors d'une greffe du cƓur).


     Au plan clinique, les manifestations dans ce cas sont celles d'une toxoplasmose aiguĂ« dissĂ©minĂ©e.


     Dans tous les cas oĂč l'on s'apprĂȘte Ă  provoquer un dĂ©ficit immunitaire, il faut connaĂźtre si possible le statut immunitaire du patient vis-Ă -vis de la toxoplasmose avant la mise en place du traitement immunosuppresseur. De plus, il est indispensable de mettre en place une surveillance du patient ainsi que de suivre des mesures prophylactiques rigoureuses.

  - Sous-chapitre : Professions Ă  risque


     Les professionnels en contact avec de la viande crue, les animaux ou les selles de fĂ©lins contaminĂ©s, voire des objets portant le germe sont les plus exposĂ©s. Le risque est donc prĂ©sent pour :

  - Sous-chapitre : PrĂ©cautions Ă  prendre

Gardiens, éleveurs d'animaux


     Il convient d'Ă©liminer systĂ©matiquement les excrĂ©ments des fĂ©lins, de jeter la litiĂšre sĂšche sans la secouer. La destruction peut se faire par dĂ©pĂŽt en dĂ©charge, incinĂ©ration, ou en les enterrant Ă  une bonne profondeur.


     Les bacs ou plateaux de litiĂšre doivent ĂȘtre dĂ©sinfectĂ©s (par Ă©tuvage Ă  70°C pendant 10 minutes au moins) chaque jour, de mĂȘme que les pelles, balais et autre articles de nettoyage. Les accessoires de nettoyage doivent ĂȘtre conservĂ©s dans la mĂȘme zone que les animaux. Le port de gants de protection jetables est recommandĂ© pour manier la litiĂšre et pour travailler dans un sol oĂč il peut y avoir des excrĂ©ments de fĂ©lins. Les mains doivent ĂȘtre lavĂ©es aprĂšs avoir enlevĂ© les gants.


     Les fĂ©lins doivent ĂȘtre tenus Ă  l'Ă©cart des autres animaux pour Ă©viter les risques de contamination. Il ne faut pas donner de viande crue aux fĂ©lins, sauf si elle a Ă©tĂ© congelĂ©e plus de 24h.

Personnes en contact avec de la viande crue


     Les mains doivent ĂȘtre abondamment lavĂ©es avec de l'eau et du savon, en utilisant des lavabos ou des Ă©viers Ă  commande fĂ©morale. Il ne faut pas se toucher la bouche ou les yeux aprĂšs avoir manipulĂ© de la viande crue. Les surfaces et les outils utilisĂ©s (comptoirs, couteaux, machines...) doivent ĂȘtre nettoyĂ©es Ă  l'eau savonneuse.


     Ne pas laisser les insectes (blattes notamment) entrer en contact avec les aliments et les zones de prĂ©paration car ils pourraient amener des oocystes.

Agriculteurs, paysagistes, jardiniers


     La terre peut ĂȘtre une source de contamination, en particulier aux endroits frĂ©quentĂ©s par les chats (les excrĂ©ments de chat sont frĂ©quemment prĂ©sents dans les sols). Il convient donc de bien se laver les mains aprĂšs avoir travaillĂ© la terre ou touchĂ© des animaux, le port de gants Ă©tant recommandĂ©. Le port de gants ne doit pas dispenser de se laver les mains ensuite. En cas d'avortement d'une femelle, il ne faut pas toucher l'embryon Ă  mains nues. Il doit ĂȘtre confiĂ© Ă  un laboratoire avec des spĂ©cimens de sang et de placenta pour connaĂźtre son statut vis-Ă -vis du parasite. Ce qui subsiste doit ĂȘtre enterrĂ© Ă  bonne profondeur ou ĂȘtre brĂ»lĂ©, en prenant soin de ne pas laisser d'animaux (chats, chiens, rongeurs) y accĂ©der.


     Les chats doivent ĂȘtre tenus Ă  l'Ă©cart du fourrage, leurs excrĂ©ments doivent en ĂȘtre Ă©liminĂ©s. Les chats adultes ont plus de chances d'avoir dĂ©jĂ  dĂ©veloppĂ© une rĂ©sistance Ă  la toxoplasmose ; on peut les laisser pĂ©nĂ©trer dans les granges. Pour rĂ©duire le risque de propagation, il vaut mieux Ă©viter les contacts avec les chats errants.

Personnels de laboratoire


     Il est conseillĂ© aux femmes enceintes de ne pas travailler sur des Ă©chantillons soumis pour analyse de Toxoplasma gondii.


     L'exposition Ă  des substances contaminĂ©es nĂ©cessite le port de vĂȘtements de protection adaptĂ©s. Un vĂȘtement souillĂ© doit ĂȘtre identifiĂ© par un logo de risque biologique ; il doit ĂȘtre lavĂ© selon les mĂ©thodes de dĂ©sinfection requises.


     La production et l'exposition Ă  des aĂ©rosols de tissus animaux est fortement dĂ©conseillĂ©e.

Professionnels de la santé


     Il n'a pas Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© que la toxoplasmose pouvait ĂȘtre transmise par l'urine ou les selles humaines contaminĂ©es. Cependant, il vaut toujours mieux porter des gants jetables pour travailler avec des personnes atteintes d'incontinence. Les mains et les ongles doivent ĂȘtre soigneusement lavĂ©s avec de l'eau savonneuse aprĂšs avoir retirĂ© les gants.






Chapitre : Recherche


    Liste :
  • 2007. À l'UniversitĂ© de Stanford (États-Unis), l'Ă©quipe d'Ajal Vyas a rĂ©vĂ©lĂ© que le parasite vecteur de la toxoplasmose se logeait dans l'amygdale cĂ©rĂ©brale, zone cĂ©rĂ©brale sensible aux odeurs et connue pour ĂȘtre liĂ©e aux sentiments de peur.

     Lorsque cette zone est contaminĂ©e, le rat devient insensible Ă  l'odeur d'urine de chat et, devenu moins peureux, a davantage de risque d’ĂȘtre dĂ©vorĂ©. C'est pendant cette digestion dans l’estomac du prĂ©dateur que le parasite se reproduit, puis les Ɠufs sont libĂ©rĂ©s par les excrĂ©ments, qu'un autre rat peut accidentellement avaler et le cycle biologique du Toxoplasme se poursuit.






Chapitre : Controverses


  - Sous-chapitre : Troubles du comportement


     Le parasite est capable de modifier le comportement de son hĂŽte : les rats et les souris infectĂ©s ont moins peur des chats, certains des rats infectĂ©s n’évitent plus les zones marquĂ©es par l’urine des chats, soit parce qu’ils sont insensibles Ă  l’odeur, soit parce qu’ils oublient leur crainte ancestrale du fĂ©lin. Cet effet constitue un avantage pour le parasite, qui sera en mesure de se reproduire sexuellement si son hĂŽte est mangĂ© par un chat. Le mĂ©canisme de ce changement de comportement n'est pas complĂštement Ă©lucidĂ©, mais il semble que l'infection par la toxoplasmose augmente le niveau de dopamine dans le cerveau des souris infectĂ©es.


     La dĂ©couverte de modifications du comportement chez les rats et les souris infectĂ©s ont amenĂ© certains scientifiques Ă  avancer l’hypothĂšse que le toxoplasme pourrait avoir des effets similaires chez les humains, mĂȘme pendant la phase de latence considĂ©rĂ©e auparavant comme asymptomatique. Le Toxoplasme est l'un de ces nombreux parasites qui risquent de modifier le comportement de leur hĂŽte dans le cadre de leur cycle parasitaire. Les comportements observĂ©s, s’ils sont provoquĂ©s par le parasite, sont probablement dus Ă  l'infection et Ă  une discrĂšte encĂ©phalite, qui est liĂ©e Ă  la prĂ©sence de kystes dans le cerveau, ce qui peut provoquer ou induire la production d'un neurotransmetteur, Ă©ventuellement, la dopamine. Il s’agirait donc d’un mĂ©canisme d’action similaire Ă  celui inhibiteurs de la recapture de la dopamine, des antidĂ©presseurs et des stimulants.


     Des corrĂ©lations ont Ă©tĂ© trouvĂ©es entre la Toxoplasmose latente et certains traits de comportements :

    Liste :
  • augmentation des comportements de prise de risque ;
  • ralentissement des rĂ©actions ;
  • sentiment d'insĂ©curitĂ© et de doute.

     Les preuves d’effets possibles sur le comportement humain, bien que cette hypothĂšse soit fascinante, restent relativement peu Ă©tayĂ©es. Il n'y a eu aucun essai clinique randomisĂ© pour Ă©tudier les effets du toxoplasme sur le comportement humain. Bien que certains chercheurs aient trouvĂ© des associations importantes de certains troubles du comportement avec l’infection par le toxoplasme, il est possible qu’un biais se soit introduit dans l’analyse statistique et que ces associations se bornent Ă  reflĂ©ter les facteurs qui prĂ©disposent certains types de personnes Ă  l'infection (les personnes qui prĂ©sentent des comportements de prise de risques peuvent ĂȘtre plus enclines Ă  prendre le risque de l'ingestion de viande mal cuite).


     Des Ă©tudes ont trouvĂ© une association entre la toxoplasmose et une augmentation du taux d'accident de voiture (risque doublĂ© ou triplĂ© par rapport aux personnes non infectĂ©es).


     Cela pourrait ĂȘtre dĂ» Ă  l’augmentation des temps de rĂ©action qui sont associĂ©s Ă  l'infection. « Si nos donnĂ©es sont exactes cela signifie qu’un million de personnes chaque annĂ©e meurent uniquement parce qu’elles sont infectĂ©es par le Toxoplasme Â» dĂ©clare le chercheur Jaroslav Flegr dans « The Guardian Â».


     Ruth Gilbert, coordonnateur medical de l’étude europĂ©enne multicentre sur la Toxoplasmose congĂ©nitale dĂ©clarait sur BBC News Online : « Ces dĂ©couvertes peuvent ĂȘtre dues au hasard ou Ă  des facteurs sociaux et culturels associĂ©s Ă  la toxoplasmose Â». « However there is also evidence of a delayed effect which increases reaction times Â».

RÎle de la Toxoplasmose dans la schizophrénie


     La possibilitĂ© que la toxoplasmose soit une des causes de la schizophrĂ©nie a Ă©tĂ© Ă©tudiĂ©e par certains scientifiques, au moins depuis 1953. Ces Ă©tudes n’ont pas attirĂ© l'attention des chercheurs amĂ©ricains, jusqu'Ă  ce qu'elles soient diffusĂ©s dans le cadre des travaux de l'Ă©minent psychiatre et avocat E. Fuller Torrey. En 2003, Torrey a publiĂ© une revue de cette littĂ©rature, rapportant que presque toutes les Ă©tudes ont rĂ©vĂ©lĂ© que les schizophrĂšnes ont des taux Ă©levĂ©s d'infection par le toxoplasme. Un article de 2006 a mĂȘme suggĂ©rĂ© que la prĂ©valence de la toxoplasmose avait des effets Ă  grande Ă©chelle sur la culture d’un pays.


     Ce type d'Ă©tudes est sĂ©duisant, mais leur mĂ©thodologie ne permet pas d’affirmer l’existence d’une relation de cause Ă  effet entre l’infection et la maladie en cause (il est possible, par exemple, que ce soit la schizophrĂ©nie qui augmente le risque d'infection par le toxoplasme plutĂŽt que l'inverse).

    Liste :
  • L’infection aiguĂ« Ă  Toxoplasme provoque parfois des symptĂŽmes psychotiques qui ne conduisent pas Ă  la schizophrĂ©nie.
  • Certains mĂ©dicaments anti-psychotiques qui sont utilisĂ©s pour traiter la schizophrĂ©nie, tels que l’HalopĂ©ridol, peuvent aussi arrĂȘter la division du Toxoplasme dans les cultures cellulaires.
  • Plusieurs Ă©tudes ont montrĂ© des taux beaucoup plus Ă©levĂ©es d’anticorps contre le Toxoplasme chez les patients atteints de schizophrĂ©nie par rapport Ă  la population gĂ©nĂ©rale.
  • L’infection Ă  Toxoplasme provoque dans le cerveau des lĂ©sions des astrocytes et on rencontre Ă©galement ce type de lĂ©sions dans la schizophrĂ©nie.





Chapitre : Personnages célÚbres atteints de toxoplasmose


    Liste :
  • Martina NavrĂĄtilovĂĄ (joueuse de tennis) s’est retirĂ©e de la compĂ©tition en 1982 Ă  cause d'une mystĂ©rieuse maladie virale qui s’est rĂ©vĂ©lĂ©e ultĂ©rieurement ĂȘtre une toxoplasmose.
    Liste :
  • Arthur Ashe a Ă©tĂ© atteint de troubles neurologiques consĂ©cutifs Ă  une toxoplasmose (et s’est rĂ©vĂ©lĂ© plus tard sĂ©ropositif pour le HIV).
    Liste :
  • François, comte de Clermont, fils aĂźnĂ© du prĂ©tendant de la Maison d'OrlĂ©ans au trĂŽne de France. Lui-mĂȘme et sa jeune sƓur Blanche prĂ©sentaient une dĂ©ficience mentale lourde consĂ©cutive Ă  une toxoplasmose congĂ©nitale.





Chapitre : Notes et références


  1. ↑ (en) Ryan KJ; Ray CG, Sherris Medical Microbiology - An introduction to infectious diseases, McGraw Hill, États-Unis, 2004 4th ed., 723–7 p. (ISBN 0-8385-8529-9) [prĂ©sentation en ligne] 
  2. ↑ (en) Torda A, « Toxoplasmosis. Are cats really the source? Â», dans Aust Fam Physician, vol. 30, 8, 2001, p. 743-7 [lien PMID] 
  3. ↑ (en) Montoya J, Liesenfeld O, « Toxoplasmosis Â», dans Lancet, vol. 363, 9425, 2004, p. 1965-76 [lien PMID] 
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  5. ↑ (en) Jones J, Kruszon-Moran D, Wilson M, « Toxoplasma gondii infection in the United States, 1999-2000 Â», dans Emerg Infect Dis, vol. 9, 11, 2003, p. 1371-4 [texte intĂ©gral lien PMID] 
  6. ↑ Diagnosis of Strongyloides infections. Polderman AM, Blotkamp J and Verweij JJ. Ned Tijdschr Klin Chem 1999; 24: 60-65. Texte complet [pdf]
  7. ↑ (fr)Berger (F.), Goulet (V.), Le Strat (Y.), De Valk (H.), Desenclos J.C., La toxoplasmose en France chez la femme enceinte en 2003 : sĂ©roprĂ©valence et facteurs associĂ©s, Saint-Maurice : Institut de Veille Sanitaire, coll. « Maladies Infectieuses Â», 42 p. (ISSN ) [prĂ©sentation en ligne] 
  8. ↑ (fr) L.Rossant, J.Rossant-Lumbroso. Toxoplasmose - EncyclopĂ©die mĂ©dicale - Doctissimo
  9. ↑ (fr) SĂ©roprĂ©valence de Toxoplasma Gondii dans les populations naturelles d’ongulĂ©s de montagne, thĂšse de doctorat en mĂ©decine vĂ©tĂ©rinaire, par Burnet J., Lyon 2007
  10. ↑ (fr) Apport des microsatellites et du Centre de Ressources Biologiques Toxoplasma Ă  l’épidĂ©miologie molĂ©culaire de Toxoplasma gondii. [pdf] ThĂšse de doctorat en mĂ©decine, par D. Ajzenberg, directeur de ThĂšse : Pr Marie-Laure DardĂ©, Limoges 2006
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  26. ↑ Carl Zimmer, The Loom. A Nation of Neurotics? Blame the Puppet Masters?, 1 Aug. 2006
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  30. ↑ CJO - Abstract - Decrease of psychomotor performance in subjects with latent ‘asymptomatic’ toxoplasmosis
  31. ↑ Torrey EF, Yolken RH, « Toxoplasma gondii and schizophrenia Â», dans Emerging Infect. Dis., vol. 9, 11, 2003, p. 1375-80 [lien PMID] free full text
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  33. ↑ Wang H, Wang G, Li Q, Shu C, Jiang M, Guo Y, « Prevalence of Toxoplasma infection in first-episode schizophrenia and comparison between Toxoplasma-seropositive and Toxoplasma-seronegative schizophrenia Â», dans Acta Psychiatr Scand, vol. 114, 1, 2006, p. 40-8 [texte intĂ©gral lien PMID] 
  34. ↑ (en) Toxoplasmosis : Martina NavrĂĄtilovĂĄ. New York Times, Saturday, December 13, 2008.
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  36. ↑ (fr) Henri d'OrlĂ©ans comte de Paris sur http://www.roi-france.com





Chapitre : Vous pouvez voir également :



     Il semblerait que de trĂšs rarissimes cas de toxoplasmose Ă  vie puisse exister - voir le cas Marie Rimbert relevĂ© en 2002 par le professeur Chuang-Milong - Ces cas restent cependant trĂšs rares.

  - Sous-chapitre : Articles connexes

  - Sous-chapitre : Liens externes

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