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Définition Wikipédia de : Sylviculture






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Plantation en alignements de douglas (Lorraine, France)





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Empilement de billons






Introduction :

      La sylviculture est l'art et la science de cultiver les forĂŞts. C'est l'une des disciplines de la foresterie. La sylviculture a pour rĂ´le de faire Ă©voluer les forĂŞts, en mettant Ă  profit les facteurs Ă©cologiques et les potentialitĂ©s naturelles, afin d’optimiser durablement les produits et les services que l’homme peut en attendre. Le sylviculteur veille principalement Ă  la rĂ©gĂ©nĂ©ration, Ă  la rĂ©colte et Ă  l'Ă©ducation des forĂŞts.







Suite de l'article :

La « sylviculture durable Â» renforce l'idĂ©e que la gestion doit veiller Ă  ne pas surexploiter le milieu pour qu'il ne perde pas de son potentiel dans le futur, ni sa capacitĂ© de rĂ©silience Ă©cologique, face aux modifications climatiques par exemple. Certains modes de gestion apportent une attention plus soutenue Ă  l'environnement et Ă  la biodiversitĂ©.


- Sommaire de la page -









Chapitre : Histoire





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Notamment en Europe du Nord, une forte tendance à la mécanisation des coupes a fait fortement reculer le métier de bucheron, en termes de nombre d'emplois



     La sylviculture est ancienne. Elle a des racines probables dans la prĂ©histoire et en Chine qui l'a dĂ©veloppĂ©, tout en dĂ©boisant rapidement une grande partie du territoire dès 8000 ans avant nos jours. La sylviculture Ă©tait une science suffisamment reconnue pour que lorsque l'empereur Qin Shi Huang (nom signifiant « premier empereur universel Â» 221 ans avant J.C. ordonna de brĂ»ler tous les ouvrages indĂ©sirables, il fit 3 exceptions pour les seuls livres traitant de mĂ©decine, d'agriculture et de sylviculture.


     Sur tous les continents, des secrets et des savoirs ouverts se transmettaient sur les manières de planter, sĂ©lectionner, ou tailler les arbres. Des Ă©coles de sylvicultures ont diffusĂ©s des pratiques et savoir faire, avec plus ou moins de bonheur et d'efficacitĂ©, qu'on peut classer entre deux extrĂŞmes, encore aujourd'hui souvent opposĂ©s ;

    Liste :
  • dans la forĂŞt naturelle mĂŞme, ou Ă  sa lisière, avec des pratiques extensives s'appuyant sur la sylvigenèse naturelle et la rĂ©gĂ©nĂ©ration, avec une sĂ©lection lente, et quelques plantations (ex: citronniers ou cacaoyer plantĂ©s en forĂŞt, plantation de deux sagous par sagou coupĂ©..)
  • en systèmes artificiels et intensifs, appuyĂ©s sur des plantations en monoculture, des pĂ©pinières et une sĂ©lection importante (gènes, graines, plants, baliveaux, arbres en croissance, portes-graines)...

  - Sous-chapitre : France


     En 2006, 75 % du volume de bois commercialisĂ©s dans les forĂŞts domaniales Ă©tait vendu « sur pied Â» par adjudication le plus souvent, avec 6 658 000 m3 de bois rĂ©coltĂ©s annuellement (rĂ©sultats moyens 1995/2004 exprimĂ©s en volume “bois forts”) ; En 2007, la forĂŞt française (publique et privĂ©e) couvre Ă  nouveau plus de 25% du territoire national, au profit d'une sylviculture plus Ă©tendue (rĂ©sineux et peupleraies notamment). Sa rĂ©partition et la composition de ses espèces ne sont pas liĂ©es qu'aux seules conditions Ă©daphiques et climatiques. Avant le XXème siècle, la forĂŞt française avait fortement rĂ©gressĂ© : Du Moyen Ă‚ge jusqu'au dĂ©but du XXe siècle, on a assistĂ© Ă  une pĂ©riode de dĂ©frichage intensif visant Ă  gagner des terres de culture, rĂ©colter plus de bois de chauffage, de boulange et d'oeuvre. Colbert et le code forestier de 1827 ont finalement bloquĂ© la rĂ©gression du couvert forestier. Dans le mĂŞme temps, un renouveau forestier Ă©tait favorisĂ© par les alternatives fossiles que sont le charbon puis le pĂ©trole et le gaz naturel voire l'Ă©lectricitĂ© nuclĂ©aire, mais aussi grâce Ă  l'exploitation massive (surexploitation parfois) des forĂŞts tropicales. Ces alternatives ont par ailleurs fortement contribuĂ© au dĂ©veloppement Ă©conomique des pays riches, qui a encouragĂ© Ă  une urbanisation centralisĂ©e (et donc un exode rural libĂ©rant des terres aux plantations ou Ă  l'enfrichement et Ă  la forestation spontanĂ©e). Des primes d'Ă©tat et dĂ©taxations ont Ă©galement encouragĂ© les sylviculteurs Ă  Ă©tendre leurs surfaces boisĂ©es, alors que l'amĂ©lioration des rendements agricoles et la concentration de l'agriculture sur les sols les plus riches libĂ©raient les terres les plus pauvres ou pentues. Cette augmentation de surface forestière. Mais alors que les plantations de faible intĂ©rĂŞt en termes de biodiversitĂ© gagnaient du terrain, le bocage, l'agrosylviculture traditionnelle et des arbres isolĂ©s et d'alignements reculaient ou disparaissaient rapidement, avec leur biodiversitĂ©... les remembrements et primes Ă  l'arrachage des haies et fruitiers, etc. ont eu des impacts très importants en Europe, et notamment en France dans les annĂ©es 1960 Ă  1980.


     A partir cette Ă©poque, on a reboisĂ© certains territoires pour les remettre en valeur (Sologne, Limousin), pour combattre l'Ă©rosion (CĂ©vennes), pour fixer les dunes (Landes).


     Un Règlement National d’Exploitation Forestière (RNEF) a Ă©tĂ© publiĂ© en complĂ©ment des clauses gĂ©nĂ©rales des ventes de bois. Il contient les prescriptions relatives Ă  l'exploitation forestière qui Ă©taient antĂ©rieurement dispersĂ©es dans plusieurs documents (clauses gĂ©nĂ©rales des ventes de bois sur pied, clauses communes territoriales), et vise Ă  ce que l'exploitation diminue son impact environnemental et sur la rĂ©gĂ©nĂ©ration de la forĂŞt, respecte les biens et personnes, dans toutes les phases de la mobilisation des bois.


     







Chapitre : Objectifs


  - Sous-chapitre : Les trois facteurs




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Les catalogues des stations forestières sont faits pour aider les propriétaires et forestiers à encourager les espèces les plus adaptées au contexte édaphique (sol, pente et contexte biogéographique et climatique)



     Apparaissant comme le moyen de faire Ă©voluer la forĂŞt vers des objectifs Ă  long terme, la sylviculture « souhaitable Â» en un lieu donnĂ© dĂ©pend schĂ©matiquement de trois principaux facteurs :

    Liste :
  • Les conditions « stationnelles Â» : elles dĂ©terminent les possibilitĂ©s de croissance et d’utilisation des diverses espèces vĂ©gĂ©tales ; elles limitent le choix des essences qui pourront ĂŞtre utilisĂ©es. Elles peuvent en outre imposer des prĂ©cautions sylvicoles, voire certains types de sylvicultures ; c’est le cas des stations forestières rares et remarquables, de certains milieux humides par exemple ; c’est encore le cas des stations fragiles, soumises Ă  des risques prononcĂ©s d’érosion, d’engorgement par remontĂ©e du « plan d’eau Â», de dĂ©gradation d’un sol peu stable, etc. Ses conditions dĂ©pendent de la nature du sol (argile, limon, podzol,...) et du climat.
  • L’état de l’écosystème forestier : il est liĂ© notamment aux essences, aux structures, aux densitĂ©s des peuplements en prĂ©sence, peut apporter de fortes contraintes au sylviculteur. Il ne sera jamais possible, par exemple, d’appliquer un traitement de futaie jardinĂ©e Ă  un vieux peuplement Ă  faible durĂ©e de survie ou d’éclaircir fortement et rapidement une futaie devenue trop dense ;
  • Les objectifs fixĂ©s : pour le moyen et le long terme, ils contribuent d’une manière dĂ©cisive aux choix sylvicoles. Des objectifs multiples sont gĂ©nĂ©ralement associĂ©s : la gestion est dite « intĂ©grĂ©e Â» ou « multifonctionnelle Â». Mais certains objectifs gĂ©nĂ©raux ou transversaux sont pris en compte dans toutes les sylvicultures :
    Liste :
  • objectif de conservation de toutes les potentialitĂ©s au profit des gĂ©nĂ©rations futures, ce qui fait dire que la gestion est « durable Â» ; cet objectif interdit toute transformation irrĂ©versible ; il impose le maintien, Ă  titre de prĂ©caution, de toutes les ressources biologiques, espèces animales et vĂ©gĂ©tales, Ă©cotypes, gènes... ; il va maintenant au-delĂ  en incluant la conservation de tous les Ă©lĂ©ments de la biodiversitĂ©, une attention toute particulière Ă©tant portĂ©e aux Ă©lĂ©ments les plus remarquables ;
  • objectif de maintien ou de conduite de la forĂŞt vers les mosaĂŻques d’écosystèmes les plus stables grâce Ă  des essences et des structures bien adaptĂ©es et Ă  l’équilibre judicieux entre les divers stades d’évolution ; cet objectif rĂ©pond Ă  un haut niveau d’ambition pour une « gestion durable Â» ;
  • objectif de maintien des types de paysages caractĂ©ristiques et apprĂ©ciĂ©s ou d’attĂ©nuation des modifications paysagères.
  • Autres objectifs sont affectĂ©s spĂ©cifiquement Ă  telle ou telle zone ; ce sera, par exemple, la production de bois d’œuvre, l’accueil du public, la protection d’un paysage remarquable, la rĂ©tention de la neige, la prĂ©servation d’une espèce ou d’un milieu rare, la conservation des processus naturels d’évolution. Plusieurs objectifs spĂ©cifiques sont le plus souvent associĂ©s ; ainsi des objectifs de protection et d’accueil accompagnent gĂ©nĂ©ralement l’objectif de production ; mais la mĂŞme sylviculture ne peut gĂ©nĂ©ralement les optimiser tous en mĂŞme temps ; l’un d’eux est choisi comme « l’objectif dĂ©terminant Â» : il induit le modèle de sylviculture Ă  appliquer et ces modèles de sylviculture sont nĂ©cessairement très divers. Ces considĂ©rations montrent qu’il ne peut y avoir un type gĂ©nĂ©ral de sylviculture, mais plutĂ´t des sylvicultures très diverses, adaptĂ©es aux stations, aux peuplements, aux objectifs en chaque endroit. Elles montrent encore que les sylvicultures ne peuvent ĂŞtre figĂ©es dans le temps.

     Il arrive qu'une sylviculture douce soit maintenue dans certaines RĂ©serve naturelle ou RĂ©serve biologique (domaniale, forestière, dirigĂ©e.. par exemple pour contrĂ´ler des essences invasives et/ou exotiques, ouvrir des clairières, etc.)

  - Sous-chapitre : Objectifs Ă©conomiques


     Pour des raisons Ă©conomiques, la sylviculture cherche Ă  ajuster son offre de bois Ă  la demande, ce qui est particulièrement difficile Ă©tant donnĂ© la lenteur relative de croissance des arbres, et parce que la demande peut varier dans le temps (Colbert plantait pour la marine, mais quand les chĂŞnes sont arrivĂ©s Ă  maturitĂ©, les navires Ă©taient construits en acier). Un choc pĂ©trolier fait grimper le prix du bois, qui peut chuter 10 ans après. La croissance des importations de bois tropicaux a fait perdre de leur rentabilitĂ© Ă  certains bois locaux. Une tempĂŞte, des incendies, les modifications climatiques sont des alĂ©as mal anticipĂ©s.


     En France, après guerre, on a encouragĂ© la culture des rĂ©sineux pour la construction, mais ce marchĂ© n'a pas rĂ©pondu aux espoirs des forestiers. Il s'agit aussi d'assurer des revenus aux propriĂ©taires, sachant que la chasse peut y contribuer pour 50 % et plus.

  - Sous-chapitre : Objectifs Ă©cologiques




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Reboisement



     A long terme, la sylviculture a besoin d'une certaine diversitĂ© gĂ©nĂ©tique. La forĂŞt naturelle ou peu anthropisĂ©e joue un rĂ´le de conservation gĂ©nĂ©tique d’espèces animales et vĂ©gĂ©tales et, au-delĂ , si son Ă©tendue est suffisante, des processus d’évolution. Mais dans l'hĂ©misphère nord et dans plusieurs zones tropicales, les forĂŞts ont depuis 2000 ans ou plus rĂ©cemment beaucoup rĂ©gressĂ©, et elles sont de plus en plus fragmentĂ©es et pour celles faisant l'objet d'une sylviculture, souvent très artificialisĂ©es, perdant parfois des Ă©lĂ©ments biologiques remarquables que des gestions passĂ©es avaient su conserver. Des opĂ©rations sylvicoles (conversions de peuplements très artificiels en peuplements plus naturels) peuvent ĂŞtre nĂ©cessaires pour assurer la pĂ©rennitĂ© de ces Ă©lĂ©ments.


     De plus, une forĂŞt protĂ©gera gĂ©nĂ©ralement mieux contre des dĂ©parts d’avalanches, Ă©boulements ou glissements de terrain si elle prĂ©sente (en permanence) une composition, une structure et des classes d'âge adaptĂ©es, Ă©tat qu'une gestion active peut contribuer Ă  entretenir.


     Sur un plan social ou socioculturel, certaines formes de sylvicultures permettent de façonner, restaurer ou maintenir certains paysages, et de crĂ©er des conditions d’accueil et d’ambiance apprĂ©ciĂ©es du public. Certains sylviculteurs cherchent ainsi Ă  limiter les effets des coupes Ă  blanc, par exemple en diminuant leur taille ou en conservant pour les cacher une bande boisĂ©e qui servira aussi de corridor biologique et de lisière protectrice pour les parcelles plantĂ©es ou en rĂ©gĂ©nĂ©ration.


     Une Ă©tude du CEMAGREF a conclu qu'en Europe la richesse des espèces animales et vĂ©gĂ©tales a tendance Ă  ĂŞtre moindre dans les forĂŞts exploitĂ©es que dans celles les forĂŞts non exploitĂ©es, mais les rĂ©sultats diffèrent selon les espèces. Les espèces pionnières de plantes Ă  fleurs et fougères peuvent ĂŞtre favorisĂ©es par des coupes qui leur procurent de l'espace et du soleil. Par contre, la richesse spĂ©cifique des mousses, des lichens, des colĂ©optères saproxyliques et dans une moindre mesure des champignons est moins forte dans les forĂŞts exploitĂ©es : environ 7 000 espèces d'insectes, champignons, mousses, pics ou chauve-souris dĂ©pendent directement du bois morts et de nombreuses autres en dĂ©pendent indirectement. Le bois mort est un des principaux "chainons manquants" en forĂŞt exploitĂ©e. L'Ă©tude montre qu'une partie de la biodiversitĂ© forestière se reconstitue avec le temps, mais souligne que la recolonisation peut ĂŞtre difficile voire impossible Ă  Ă©chelle humaine de temps sans une politique de gestion restauratoire sur le long terme, et sans la crĂ©ation d'un rĂ©seau de "forĂŞts anciennes" incluant " des rĂ©serves intĂ©grales Ă  l'Ă©chelle europĂ©enne". Une sylviculture dite "proche de la nature" inclut gĂ©nĂ©ralement ces objectifs, mais Ă  ce jour souvent sans vision globale de type rĂ©seau Ă©cologique et souvent sans rĂ©serves naturelles. Par ailleurs, les mesures de gestion dite "conservatoire" (rĂ©tention d'arbres sĂ©nescents, augmentation des volumes de bois mort...) sont trop peu souvent Ă©valuĂ©es de manière scientifique.


     







Chapitre : Technique


  - Sous-chapitre : RĂ©gimes et traitements sylvicoles


     Les forestiers ont dĂ©veloppĂ© des techniques pour adapter les forĂŞts Ă  leurs attentes et "conduire" les arbres jusqu'au stade que le sylviculteur considère ĂŞtre leur stade de maturitĂ©.


     En zone tempĂ©rĂ©e, on peut distinguer 6 classes de rĂ©gime et mode de traitement sylvicoles

  1. coupe rase (ou coupe Ă  blanc),
  2. futaie régulière,
  3. futaie irrégulière (éventuellement mélangée, et/ou jardinée),
  4. mélange futaie feuillue/taillis,
  5. taillis simple,
  6. mélange futaie résineuse/taillis.

     Les trois rĂ©gimes de base sont : taillis, taillis sous futaie et futaie.

    Liste :
  • Le "taillis" est constituĂ© de rejets et/ou de drageons, dont la perpĂ©tuation est obtenue par une coupe de rajeunissement, ce qui correspond Ă  un renouvellement assurĂ© par voie vĂ©gĂ©tative. Le but du taillis est de produire des bois de petites circonfĂ©rences destinĂ©s au bois de chauffage. Il exige des essences qui rejettent de souches (noisetier, Ă©rable, châtaignier...)
    Liste :
  • La "futaie" est issue d'un peuplement forestier composĂ© d'arbres provenant directement de semis sur place. Son but est de produire des arbres qui donneront un maximum de bois d'Ĺ“uvre.
    Liste :
  • Le rĂ©gime du "taillis sous-futaie" est un rĂ©gime mixte qui a pour objet de perpĂ©tuer des peuplements comportant des arbres dont certains sont nĂ©s de semences et d'autres obtenus par voie vĂ©gĂ©tative. Il permet de produire du bois de chauffage et du bois d'Ĺ“uvre.

  - Sous-chapitre : Systèmes d'exploitation des arbres


     Il existe quatre mĂ©thodes principales d'exploitation forestière, appelĂ©es « systèmes d'exploitation sylvicole Â», caractĂ©risĂ©s par leurs modalitĂ©s de coupe, mais aussi de « rĂ©gĂ©nĂ©ration Â» (façons de prĂ©parer un nouveau lit de germination après l'abattage des arbres, c'est-Ă -dire les moyens pour rĂ©gĂ©nĂ©rer le prochain peuplement.

    Liste :
  • La coupe rase : on rase l'ensemble de la forĂŞt puis on laisse pousser les semis naturels. C'est une solution Ă©conomique car on peut faire de l'abattage mĂ©canique et une extraction facile mais on obtient une forĂŞt uniforme avec des arbres ayant tous le mĂŞme âge. De plus, cette coupe porte prĂ©judice au sol car attire l'eau en sa surface. Il devient donc plus spongieux.
  • La coupe de jardinage : on coupe pĂ©riodiquement uniquement les arbres matures. C'est une mĂ©thode plus Ă©cologique mais plus coĂ»teuse car on extrait qu'une petite quantitĂ© de bois Ă  chaque fois sans possibilitĂ© d'abattage mĂ©canique et on risque des dĂ©gâts collatĂ©raux Ă  chaque coupe.
  • La coupe d'ensemencement : seuls 10 % des arbres sont conservĂ©s comme reproducteurs dans toute la zone de coupe
  • La coupe progressive de rĂ©gĂ©nĂ©ration : on coupe les arbres les plus âgĂ©s sur une pĂ©riode de dix Ă  quinze ans, afin de permettre la reproduction naturelle et de produire des peuplements d'âge relativement rĂ©gulier.

  - Sous-chapitre : MĂ©thodes de rĂ©gĂ©nĂ©ration


     Sous le rĂ©gime du taillis, la rĂ©gĂ©nĂ©ration se fait spontanĂ©ment, par voie vĂ©gĂ©tative.


     Sous le rĂ©gime du taillis-sous-futaie, la rĂ©gĂ©nĂ©ration combine deux modes (sexuĂ©s et vĂ©gĂ©tatifs).


     Dans les autres cas (rĂ©gime de futaie), une « rĂ©gĂ©nĂ©ration Â» se fait par voie sexuĂ©e, avec deux choix possibles pour le sylviculteur : « rĂ©gĂ©nĂ©ration naturelle Â» ou « rĂ©gĂ©nĂ©ration artificielle Â», avec dans ce dernier cas deux mĂ©thodes principales :

  1. semis direct ; Les graines d'arbres sont souvent sĂ©lectionnĂ©es pour une croissance et une rĂ©sistance aux maladies supposĂ©es meilleures.
  2. plantations de plants issus de pĂ©pinière ; Ces plants ayant Ă©tĂ© plus ou moins sĂ©lectionnĂ©s (par exemple issu de graines de « provenance certifiĂ©e Â» (Ă©ventuellement au dĂ©triment de leur diversitĂ© gĂ©nĂ©tique, surtout si ce sont des clones). Les plants sont alors cultivĂ©s durant au moins un an, en godets ou plus souvent en sachets en polyĂ©thylène et de plus en plus souvent sur un substrat artificiel (tourbe-vermiculite). Ils peuvent aussi ĂŞtre cultivĂ©s en pleine terre puis plantĂ©s racines nues, ce qui demande un soin attentif.

     Hors des Ă©coles sylvicoles de type « Prosilva Â» (moins interventionnistes) ou de mĂ©thodes de type « mĂ©thode Speich Â» ; quand le forestier n’ose pas la rĂ©gĂ©nĂ©ration naturelle et veut boiser une grande parcelle, ou convertir une monoculture (de type peupleraie ou pessière) en forĂŞt plus diversifiĂ©e, il a le choix entre deux principales mĂ©thodes, dĂ©crites ci-dessous :

Plantation




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La mécanisation encourage les grandes coupes rases (ici sur l'île René-Levasseur au Canada, où quelques corridors biologiques ont été provisoirement maintenus, pour certains néanmoins fragmenté par des routes



     La seconde moitiĂ© du XXème siècle a historiquement Ă©tĂ© en Europe et notamment en France marquĂ©e par une phase de plantation intensive. Celle-ci a Ă©tĂ© prĂ©parĂ©e et facilitĂ©e par la mĂ©canisation de la plantation dĂ©veloppĂ©e Ă  l’occasion de la crĂ©ation des forĂŞts de guerre et de zone rouge (sĂ©quelles de guerre) après la Première Guerre mondiale. Les forĂŞts subventionnĂ©es (enrĂ©sinements des annĂ©es 1960-1970, populicultures des annĂ©es 1970 Ă  90) et le dĂ©veloppement des futaies et coupes rases au dĂ©triment du taillis sous futaie ou de la futaie jardinĂ©e ont naturellement poursuivi dans cette voie, induisant des faciès boisĂ©s d’aspect parfois très artificiels (monocultures « en rangs d’oignons Â»).


     La mĂ©thode a en fait Ă©tĂ© rodĂ©e en zone tropicale avec les plantations industrielles d’hĂ©vĂ©as qui ont en quelque sorte prĂ©parĂ© celles de palmier Ă  huile ou d’eucalyptus, et en Europe de l’ouest au XXe siècle oĂą elle semblait plus en accord avec la rationalisation de la sylviculture et une volontĂ© de maĂ®triser le « matĂ©riel vĂ©gĂ©tal Â» et sa gĂ©nĂ©tique. Elle a largement dĂ©trĂ´nĂ© les techniques de semis direct considĂ©rĂ©s comme trop alĂ©atoires et Ă©loignĂ©es de la standardisation recherchĂ©e pour les arbres. Le bilan coĂ»ts/avantages des plantations a cependant Ă©tĂ© reconsidĂ©rĂ© Ă  la fin des annĂ©es 1990, notamment Ă  la faveur des rĂ©flexions suscitĂ©s par les dĂ©gâts des tempĂŞtes, pour faire ressurgir l’intĂ©rĂŞt des semis directs.


     La plantation de plants issus de pĂ©pinière doit mettre en balance ses avantages et inconvĂ©nients :


     Avantages :

    Liste :
  • Planter permet de choisir les essences d'arbres et les "gĂ©niteurs" et donc de crĂ©er des plantations qu'on espère parfaitement adaptĂ©es aux conditions locales et aux objectifs de rentabilitĂ©.
  • Les protocoles de plantations sont connus et Ă©prouvĂ©s.
  • Des personnels formĂ©s existent.

     InconvĂ©nients :

    Liste :
  • CoĂ»ts Ă©levĂ©s : c’est la plus coĂ»teuse des mĂ©thodes, notamment sur fortes pentes et dans les zones peu accessibles ;
  • Appauvrissement de la diversitĂ© gĂ©nĂ©tique des boisements, et donc probablement Ă  long terme au dĂ©triment de leur rĂ©silience Ă©cologique ; la biodiversitĂ© gĂ©nĂ©tique est diminuĂ©e et donc la stabilitĂ© du peuplement ou sa rĂ©sistance Ă  des maladies (en particulier rouille pour le peuplier) peuvent en pâtir. On procède en alignant et en espaçant rĂ©gulièrement les plants, souvent depuis les annĂ©es 1980 après un sous-solage, un dessouchage, voire un traitement dĂ©sherbant, un labour et un apport d'engrais dans le cas de certains boisements intensifs (peupleraies, eucalyptus). Certains pays imposent une provenance certifiĂ©e des graines dont les plants sont issus, ce qui a contribuĂ© Ă  encore diminuer l'hĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© gĂ©nĂ©tique des forĂŞts plantĂ©es, au risque de diminuer leur stabilitĂ© et leur capacitĂ© de rĂ©silience Ă©cologique.
  • Risques sanitaires : notamment d’introduction directe de maladies contagieuses (phytopathologies) Ă  partir de la pĂ©pinière (rouille, feu bactĂ©rien, chancres bactĂ©riens, parasites..) et peut ĂŞtre risque de mauvaise mycorhisation ;
  • DĂ©gradation des sols, habitats naturels et des eaux de surface : cette mĂ©thode nĂ©cessite le passage d’engins forestiers qui induisent un tassement des sols, voire localement leur asphyxie. Le dessouchage chimique, voire le dĂ©sherbage chimique, de plus en plus souvent pratiquĂ©s perturbent le milieu et le polluent ;
  • DĂ©gâts du gibier ? La plantation induit une main d’œuvre importante et une prĂ©sence humaine plus marquĂ©e et longue, susceptible d’augmenter l’abroutissement et frottis sur les plants par des animaux (qui veulent marquer leur territoire lĂ  oĂą ils sentent l’odeur humaine).
Semis direct

     Après la rĂ©gĂ©nĂ©ration naturelle, le semis direct est la technique qui a Ă©tĂ© la plus utilisĂ©e jusqu’au milieu du XXe siècle. Elle demande une bonne connaissance de la germination des graines, et une maĂ®trise des risques de prĂ©dation des graines et jeunes arbres (comme pour la plantation, avec dans ces deux cas un savoir et savoir-faire qui, pour partie, existent chez les pĂ©piniĂ©ristes et sylviculteurs).


     Remarques prĂ©alables

    Liste :
  • Le semis direct n’implique pas d’obligation de semer des essences adaptĂ©es au substrat et au climat, mais on peut alors compter sur la sĂ©lection naturelle pour Ă©liminer les espèces inadaptĂ©es et permettre la rĂ©apparition spontanĂ©e d’essences locales.
  • Le semis direct n’implique pas non plus le choix d’essences locales, il peut donc permettre l’introduction d’essences peu favorables Ă  la biodiversitĂ© (essences introduites, adaptĂ©es au contexte Ă©daphique, mais non aux Ă©cosystèmes qu’elles risquent de perturber ou dĂ©grader), voire d’espèces qui pourraient devenir invasives.

     Avantages :

    Liste :
  • SimplicitĂ©, moindres besoins de matĂ©riel et main d'Ĺ“uvre, et donc moindres coĂ»ts ;
  • Meilleure rĂ©silience pour le futur boisement, mais Ă  condition qu'il s'agisse d'essences locales et adaptĂ©es aux conditions stationnelles
  • Les coĂ»ts Ă©tant diminuĂ©s, le sylviculteur peut se permettre une forte densitĂ© de points d'ensemencement qui encourageront une meilleure sĂ©lection naturelle, des arbres bien droits dans la course Ă  la lumière, et un auto-Ă©lagage au fur et Ă  mesure de la croissance du boisement.
  • Comme le recommandent certains forestiers (AndrĂ©as Speich par exemple), les coĂ»ts moindres permettent de planter des graines d'essences pionnières dans un premier temps, et secondaires 10 Ă  20 ans plus tard.
  • Le contexte climatique incertain et l’importance croissante donnĂ©e Ă  la biodiversitĂ© et donc Ă  la sĂ©lection naturelle (dont comme facteur de rĂ©silience Ă©cologique de la forĂŞt) a – comme en agriculture – redonnĂ© de l’intĂ©rĂŞt au semis direct. Il est Ă  nouveau considĂ©rĂ© comme mĂ©thode de rĂ©gĂ©nĂ©ration artificielle efficace et Ă©conomique par exemple pour la conversion de monocultures en peuplements mĂ©langĂ©s. Le semis direct Ă©tant presque tombĂ© en dĂ©suĂ©tude après 1918, il avait peu Ă©tĂ© Ă©tudiĂ© scientifiquement ou pour sa rentabilitĂ© Ă©conomique. Ă€ la fin du XXème siècle, certains de ses avantages ont Ă©tĂ© remis en lumière par des Ă©tudes en montrant l’intĂ©rĂŞt Ă©cologique (si les essences sont locales et adaptĂ©es au substrat), sylvicole, mais surtout Ă©conomique (s'il est bien maĂ®trisĂ©).

     Des Ă©tudes (d'ailleurs parfois divergentes dans leurs conclusions) avaient portĂ© sur les conditions de rĂ©ussite du semis direct, mais on manquait de comparaison directe des taux de survie et de la vigueur des arbres Ă  moyen et long terme selon qu’ils sont issus de semis direct ou de pĂ©pinière ou d’une rĂ©gĂ©nĂ©ration naturelle.

    Liste :
  • Une Ă©tude rĂ©cente a conclu que les plants issus de pĂ©pinières souffrent de la transplantation et perdent une bonne part de leur avance dans les 10 premières annĂ©es de reprise.. On a ici comparĂ© sur 9 ans de jeunes hĂŞtres issus de semis directs et issus de pĂ©pinière (replantĂ©s Ă  l’âge de 1 an) ; les chercheurs ont mesurĂ© la croissance en hauteur et en diamètre, et la biomasse sèche produite en 9 ans. Cette Ă©tude a montrĂ© qu’après 9 ans, il n’y avait dĂ©jĂ  plus de diffĂ©rence entre les deux catĂ©gories d’arbres. Certains arbres issus de semis avaient mĂŞme rattrapĂ© l’annĂ©e de retard qu’ils avaient par rapport aux plants (croissance d’environ 10 % plus importante).

     InconvĂ©nients :

    Liste :
  • S'il ne s'agit pas de plantation sous couvert forestier, les essences pionnières pousseront beaucoup mieux que les essences secondaires.
  • Le savoir-faire en matière de plantation directes de graines et de prĂ©paration de ces graines est plus rare.
  • La qualitĂ© et la provenance des graines ne sont pas toujours faciles Ă  Ă©tablir.

  - Sous-chapitre : OpĂ©rations sylvicoles


     Elles comprennent Ă©claircissages, dĂ©pressages, Ă©lagages, plantations, semis directs, et pare-feu (dans les rĂ©gions sèches).

Éclaircies


     Les Ă©claircies sont des coupes d'arbres de franc pied au stade de « compression Â», c'est-Ă -dire de la croissance juvĂ©nile puis de brins plus âgĂ©s (baliveaux) d'une cĂ©pĂ©e (si le peuplement est dense). Elles visent Ă  favoriser le dĂ©veloppement des arbres prĂ©sentant un intĂ©rĂŞt (le plus souvent Ă©conomique) par Ă©limination d'arbres proches jugĂ©s moins intĂ©ressant. Le sylviculteur doit veiller Ă  ce que l'investissement en temps et en hommes soit compensĂ© par un gain Ă©conomique, qualitatif et quantitatif des volumes rĂ©coltĂ©s. Une technique moderne mais encore peu employĂ©e, notamment prĂ´nĂ©e par l'approche Prosilva consiste Ă  sĂ©lectionner les tiges d'avenir dès le stade fourrĂ© au stade haut-perchi, avec des moyens doux (par cassage ou annelage/Ă©corcage au moyen d'un appareil spĂ©cialement conçu) ; les tiges meurent sur pied en retournant Ă  l'humus forestier, ce qui minimise la main d'Ĺ“uvre, le tassement et le dĂ©rangement (pas de bruit de tronçonneuse, pas de transport, recyclage in situ de la biomasse en bois mort et humus) A ce stade layons ou routes forestières ne sont pas nĂ©cessaires, ce qui laisse plus de place Ă  la forĂŞt et Ă  la production de bois.


     En respectant la dynamique naturelle de croissance des espèces prĂ©sentes (diagnostic tendanciel), on peut - avec peu de moyens, en respectant mieux l'environnement - choisir les futures tiges d’avenir dans les jeunes peuplements, pour des rendements Ă©conomiques soutenus .

Balivage


     Le balivage est l'action de repĂ©rer les troncs les plus vigoureux afin de les conserver. Le but est d'amĂ©liorer le taillis afin de le faire Ă©voluer vers une futaie. Selon le type d'arbre, ce repĂ©rage se fait lorsque l'arbre a environ 15 ans. Le balivage intensif est le fait de conserver au moins 300 baliveaux Ă  l'hectare.

Dépressage


     Le dĂ©pressage consiste Ă  supprimer certain nombre de jeunes sujets issu d'une rĂ©gĂ©nĂ©ration naturelle dans un peuplement très dense dont la hauteur des tiges dominantes est gĂ©nĂ©ralement infĂ©rieure Ă  9 m, toujours pour amĂ©liorer la croissance de ceux restant. Cette opĂ©ration est effectuĂ©e Ă  l'aide d'une dĂ©broussailleuse Ă  dos, par cloisonnement ou par abattage.

Élagage et taille de formation


     L'Ă©lagage et la taille de formation consistent Ă  couper au ras du tronc les branches pour amĂ©liorer la forme et la qualitĂ© du fĂ»t et du bois, en rĂ©duisant la taille des "nĹ“uds" dont les fibres ne sont pas dans le mĂŞme sens que le reste du bois, qui entraĂ®ne une faiblesse dans les pièces produites ou un dĂ©classement commercial. La hauteur d'Ă©lagage varie en gĂ©nĂ©ral entre 2 et 10 mètres, et il se pratique dans les sylvicultures intensives tous les 10 ans sur les jeunes arbres. De nombreuses espèces, en condition de concurrence pour la lumière font un autoĂ©lagage naturel, qui est favorisĂ© dans les approches de type prosilva, ce qui rĂ©duit les coĂ»ts d'entretien et limite les risques de transmission de champignons et bactĂ©ries pathogènes par les outils de coupe ou de taille.

Pare-feu


     Le but des pare-feu est de crĂ©er une discontinuitĂ© dans le peuplement forestier afin de stopper ou ralentir la progression d'un feu. Ils doivent ĂŞtre installĂ©s perpendiculairement aux vents dominants pour ne pas au contraire devenir des couloirs de propagation du feu. Un pare-feu mal conçu ou mal entretenu risque aussi d'ĂŞtre un facteur d'Ă©rosion, voire de fragmentation Ă©copaysagère et de propagation du feu. Ceux qui sont enherbĂ©s et entretenus par des herbivores (moutons en gĂ©nĂ©ral) semblent les plus efficaces. Ils jouent gĂ©nĂ©ralement aussi un rĂ´le de cloisonnement et de layons de chasse (les chasseurs y attendent le gibier, plus facile Ă  tirer, Ă©ventuellement poussĂ© par les chiens et rabatteurs).

Qualité du travail


     Dans tous les cas, la limitation du tassement des sols et la protection des arbres d'avenir lors des chantiers sont important. A titre d'exemple une Ă©tude, faite en France sur 48 chantiers de coupes en forĂŞt a trouvĂ© que (en moyenne et toutes essences confondues) 14 % d’arbres Ă©taient blessĂ©s lors des chantiers (Ce taux Ă©tait plus important en feuillus (17 %) qu’en rĂ©sineux (11 %). Des professionnels bien formĂ©s, et certaines techniques alternatives (ex : dĂ©bardage par câble) permettent de diminuer ce risque.

  - Sous-chapitre : Nouvelle mĂ©thode dite « extensive Â»


     La sylviculture extensive s'applique aujourd'hui en Europe principalement dans les peuplements de hĂŞtre. C'est une mĂ©thode « douce Â», qui exploite un peuplement via des interventions ciblĂ©es. Les coĂ»ts en sont moindres, et dispersĂ©s sur la durĂ©e d'exploitation, tout en assurant une rĂ©gĂ©nĂ©ration de qualitĂ©, et en prĂ©servant ou restaurant la biodiversitĂ©. Sa mise en place s'effectue en trois phases majeures : L'installation-acquisition, la compression et le dĂ©tourage.


     Phase dinstallation-acquisition : Le gestionnaire forestier vĂ©rifie que l'installation des semis est en place afin d'entreprendre la coupe dĂ©finitive des semenciers. Pendant les deux premières annĂ©es, il s'assure que les semis ne soient pas concurrencĂ©s par la souille ligneuse et ronceuse. Le cas Ă©chĂ©ant, il prĂ©voit un passage en dĂ©gagement grossier Ă  la dĂ©broussailleuse pour maĂ®triser la vĂ©gĂ©tation afin d'obtenir la plus forte rĂ©gĂ©nĂ©ration de la ou des essences objectives.


     Phase de compression : Le hĂŞtre - si on le veut longiligne - doit pousser « gainĂ© Â» ou en « compression Â» (c'est-Ă -dire Ă  l'ombre d'arbres dominants, ou gainĂ© d'herbacĂ©es quand il est jeune et mis en lumière, et ensuite entourĂ© d'autres arbres qui favoriseront sa pousse apicale). S'il est isolĂ© ou trop dĂ©gagĂ©, il tend Ă  dĂ©velopper des branches basses, sources de caractères considĂ©rĂ©s comme « dĂ©fauts Â» majeurs pour le scieur (ex : fourches basses). La « phase de compression Â» peut durer quinze ans voire plus. Elle permettra d'obtenir Ă  un stade « gaulis Â» - « bas perchis Â» des « tiges-objectifs Â» dĂ©pourvues de branches basses, rĂ©duisant le coĂ»t d'un Ă©lagage Ă©ventuel. NĂ©anmoins, durant cette phase, un travail reste nĂ©cessaire pour le calibrage de la rĂ©gĂ©nĂ©ration des essences secondaires et d'accompagnement (charme, frĂŞne, Ă©rables...) ou essences prĂ©cieuses (merisier, alisier torminal..). La mĂ©thode de "cassage" est alors utilisĂ©e sur les tiges concurrentes afin de favoriser la mise en lumière apicale, fournissant une source locale de petit bois mort. Au stade bas perchis, le cassage sera remplacĂ© par l'annĂ©lation des tiges singulières afin de toujours garder l'efficacitĂ© de la compression et une source de bois mort recyclĂ© dans l'Ă©cosystème. A ce stade on peut considĂ©rer acquise la rĂ©gĂ©nĂ©ration de 200 tiges / hectares.


     Phase de dĂ©tourage : Contrairement Ă  l'Ă©claircie classique, elle est ciblĂ©e sur une tige dĂ©signĂ©e « d'avenir Â» et n'est pas sujet Ă  la commercialisation. L'intervention consiste sur des tiges (stade perchis - haut perchis) dont la hauteur de bille sans branche est comprise entre 7 et 8 mètres, d'abattre tous les sujets environnants afin de libĂ©rer les houppiers en vue de la croissance finale. La quantitĂ© sera de 80 Ă  100 tiges par hectare et formera la jeune futaie. Si l'on veut limiter le travail, le dĂ©rangement de la faune, et une alternative peut aussi ĂŞtre l'annĂ©lation de tout ou partie de ces tiges Ă  « Ă©liminer Â». Leur bois est alors Ă©galement recyclĂ© sur place.

  - Sous-chapitre : Conditions de croissance des stations forestières


     La caractĂ©risation des milieux par la typologie des stations forestières est un prĂ©alable Ă  une gestion forestière raisonnĂ©e, permettant d'Ă©viter l'installation d'essences non adaptĂ©es au terrain.
L'anticipation des risque de sécheresse ou d'inondation de longue durée est également un facteur de réussite, de même qu'une bonne diversité génétique et la protection de l'humus, et pourrait le devenir plus encore dans un contexte global de modifications climatiques.
La concurrence herbacĂ©e, et l'abroutissement par les herbivores (cerf, chevreuil, sauf en cas de fortes populations) ne pose thĂ©oriquement pas de problème pour les peuplements, hormis dans le premier stade en cas de plantations ; la transpiration herbacĂ©e est maximale au dĂ©but du printemps quand l'eau ne manque pas. Elle diminue ensuite alors que avec la feuillaison du couvert arborĂ©. Pour que l'eau manque moins en Ă©tĂ©, il peut ĂŞtre utile de restaurer les capacitĂ©s de stockage de l'eau et d'infiltration. (Il ne s'agit pas forcĂ©ment de diminuer le drainage de la forĂŞt ou d'y amĂ©nager des bassins ; Le retour des castors et de leurs rĂ©servoirs s'est montrĂ© de ce point de vue efficace en AmĂ©rique du Nord).






Chapitre : Notes et références


  1. ↑ Bilan patrimonial ONF, 2006[pdf] (fr)
  2. ↑ Règlement National d’Exploitation Forestière ; ValidĂ© par l'ONF le 21 dĂ©cembre 2007, publiĂ© au Journal Officiel du 08/03/08, il peut ĂŞtre mis Ă  jour (avec publication au Journal Officiel et mise Ă  jour sur le site Internet de l'ONF)
  3. ↑ Yoan Paillet, Laurent Bergès et al (2010). Biodiversity differences between managed and unmanaged forests: meta-analysis of species richness in Europe. Conservation Biology 24(1), pp. 101-112. Cette étude comparant la biodiversité de forêts européennes exploitées ou non exploitées depuis au moins 20 ans a été réalisée sur la base de 49 articles scientifiques publiés depuis la fin des années 1970.
  4. ↑ Andréas Speich, ancien directeur de la Forêt de Zurich a mis au point et promu une méthode basée sur la plantation - en semis direct si possible - d'essences pionnières et locales , puis quelques années après, d'essences secondaires, dans un réseau de mini-parcelles clôturées permettant le pacage d'herbivores, le temps que ces bosquets soient eux mêmes porte-graines (les clôtures sont alors enlevées) )
  5. ↑ Ammer CH., Mosandl R. 2007. Wich grow better under the canopy of Norway spruce – planted or sown seedlings of European beech ? [forestry.oupjournals.org Forestry] 80(4) : 385-395 (11 p., 1 tab., 5 fig., 49 rĂ©f.).
  6. ↑ MOYSES F. [2009]. Du fourrĂ© au haut perchis : un foisonnement d’énergie. La ForĂŞt PrivĂ©e 307 : 35-40 (6 p., 5 fig., 4 rĂ©f.).
  7. ↑ Ă©tude faite par l’AFOCEL en 2005 et 2006 ; Cacot E. [2008] ; « Organisation des chantiers d’exploitation forestière Â». Rendez-Vous techniques 19 : 26-29 (4 p., 2 fig., 5 tab., 2 rĂ©f.).
  8. ↑ Tige sélectionnée pour être conservée
  9. ↑ Legay M., Ginistry C., BrĂ©da N. [2006]. « Que peut faire le gestionnaire forestier face au risque de sĂ©cheresse ? Â». Rendez-Vous techniques 11 : 35-40 (6 p., 4 fig., 11 rĂ©f.).





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  - Sous-chapitre : Bibliographie


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