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Définition Wikipédia de : Sciences molles



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Introduction :

      Sciences dures est une expression populaire dĂ©signant dans un mĂŞme ensemble les sciences de la nature et les sciences formelles. Synonyme de sciences exactes, que l'on pourra lui prĂ©fĂ©rer, elle est cependant sensiblement plus problĂ©matique que cette dernière expression, en particulier du fait de son caractère normatif. Elle peut ĂŞtre perçue comme implicitement dĂ©valorisante :







    Liste :
  • Ă  l'endroit des sciences humaines et des sciences sociales (parfois appelĂ©es « sciences molles Â» ou, moins connotĂ© nĂ©gativement, « sciences douces Â») ;
  • Ă  l'encontre des sciences exactes qu'elle fait paraĂ®tre comme inhumaines et rigides.

- Sommaire de la page -









Chapitre : Histoire de l'expression







Chapitre : Une expression problématique


Suite de l'article :

L'expression "science dure", si elle est un d'usage courant, y compris parmi les scientifiques, ne renvoie à aucun concept en usage en épistémologie, sociologie des sciences, et n'est pas non plus mobilisée dans les cadres institutionnels. De surcroît, son caractère normatif est problématique.


  - Sous-chapitre : Une simple expression populaire


     Bien que très courante, cette expression n’est d’aucun usage en Ă©pistĂ©mologie ou en sociologie, et ne renvoie en particulier Ă  aucune classification reconnue des sciences. Elle n’apparait ainsi ni dans le dictionnaire en ligne TLFi, ni dans le Petit Robert, oĂą sont pourtant prĂ©sentĂ©e toutes les classifications reconnues : sciences naturelles, humaines et sociales, "expĂ©rimentales", ...


     En Ă©pistĂ©mologie et en philosophie des sciences, la plupart des manuels d’épistĂ©mologie l’ignorent ou la mentionne Ă  titre informatif et pour mieux en souligner le caractère douteux.


     LĂ©na Soler explique que « L’opposition sciences dures/sciences molles n’est pas Ă  placer sur le mĂŞme plan que [les autres classifications des sciences], dans la mesure ou elle repose essentiellement sur un jugement de valeur : parler de sciences "molles" est Ă©videmment pĂ©joratif [...]. L’opposition sciences dures/sciences molles coĂŻncide globalement avec l’opposition entre d’un cĂ´tĂ© sciences de la nature et sciences formelles, de l’autre sciences humaines et sociales Â». Après avoir ainsi expliquĂ© que cette « classification Â» est redondante avec la classification classique, LĂ©na Soler n’use plus une seule fois dans son manuel de l’expression « science dure Â».


     Dans le n°661-662 de Juin-Juillet 2002 de la revue Critique, intitulĂ© « Sciences dures ? Â» Françoise Balibar et Elie During, Ă©crivent : "C’est un lieu commun tenace : les sciences seraient d'autant plus « dures Â» qu'elles seraient plus authentiquement des sciences. [...] L’opposition des sciences dures (physico-mathĂ©matiques) aux sciences humaines hĂ©rite de ces confusions et de ces prĂ©jugĂ©s".


     La notion de « science dure Â» est donc inexistante dans le champ de l'Ă©pistĂ©mologie de la philosophie des sciences et de la sociologie des sciences.

  - Sous-chapitre : Une expression inexistante d'un point de vue institutionnel


     Cette notion de "sciences dures" n'a pas non plus la moindre existence institutionnelle. En particulier, elle n'apparaĂ®t pas dans les catĂ©gorisations reprises pour organiser la recherche au CNRS, dans les universitĂ©s, Ă  la NSF aux Etats-Unis, aux Max Planck en Allemagne. Elle est Ă©galement absente des jaunes budgĂ©taires, ces rapports sur l"État de la recherche et du dĂ©veloppement technologique" annexĂ©s aux projets de loi de finances.

  - Sous-chapitre : Une expression Ă  la portĂ©e normative problĂ©matique

    Liste :
  • L'expression "sciences dures" a une portĂ©e normative, par opposition aux "sciences molles", comme l'explique LĂ©na Soler.
  • D'autre part, comme le rappellent Balibar et During, cette expression fait apparaĂ®tre les "sciences dures" comme autant de dogmes "rigides", ce qu'elles ne sont pas : "Tout se passe comme si les sciences de la natures ne pouvaient ĂŞtre qu'« inhumaines Â»", Ă©crivent-ils.





Chapitre : Articles connexes







Chapitre : Notes et références


  1. ↑ Ainsi, il n’y a pas d’entrĂ©e "sciences dures" dans le "Vocabulaire technique et analytique de l’épistĂ©mologie" de Robert Nadeau, dans le "Dictionnaire d’histoire et philosophie des sciences" de Lecourt, dans les "ElĂ©ments d’Histoire des Sciences" de Michel Serres, ni dans le manuel d"EpistĂ©mologie des sciences sociales" de JM Berthelot. Le terme n’apparaĂ®t pas non plus dans le livre de John Ziman, Real Science. What it is, and what it means. Le terme apparaĂ®t dans le manuel « Philosophie des sciences Â» d’Andler, Fagot-Largeault et Saint-Sernin, mais Ă  chaque fois entre guillemets, la seconde occurrence apparaissant dans une citation ainsi introduite : « Il faut attendre les annĂ©es 1970 pour que soient posĂ©es des questions apparemment cocasses telles que « les sciences dures sont-elles des sciences mâles? Â» Â» (p. 212).
  2. ↑ Léna Soler, Introduction à l’épistémologie, Ellipses, 2000, p. 24

© Source : Wikipedia sous licence GFDL







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