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Définition Wikipédia de : Sciences exactes



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Introduction :

     
L'expression science exacte dĂ©signe dans un mĂŞme ensemble les sciences de la nature (chimie, physique, sciences de la vie...) et les sciences formelles (mathĂ©matiques, informatique thĂ©orique, physique thĂ©orique...). Outre cette dĂ©finition par extension (discutable), on peut donner une dĂ©finition par comprĂ©hension (tout aussi discutable) : l'expression sciences exactes s'applique aux sciences pour lesquelles la notion de vĂ©ritĂ©, d'exactitude, ne pose pas trop de problèmes, car d'une part les notions de base sont bien dĂ©finies et universelles (partagĂ©es par tous les chercheurs du domaine), et car d'autre part les "Ă©noncĂ©s/affirmations/thĂ©orèmes/principes" de bases sont aisĂ©ment vĂ©rifiables (via des expĂ©riences reproductibles Ă  l'identique, via une preuve mathĂ©matique, etc.).







Suite de l'article :

Notons que toutes les sciences précitées ont leurs pendants en sciences appliquées et que l'on quitte alors le domaine des sciences exactes. À l'inverse, de nombreuses sciences (sociologie, économie, linguistique, musicologie, ...) comportent des branches qui reposent sur des approches rigoureuses, utilisant éventuellement des méthodes comparables à celles des sciences exactes.







Chapitre : Limites de l'expression "sciences exactes"



     L'expression "sciences exactes", comme l'expression "sciences dures", est problĂ©matique dans l'opposition implicite et non questionnĂ©e qu'elle Ă©tablit : Ă  quelles sciences devraient-elles s'opposer ? Ă€ des sciences "inexactes" ? Ă€ des sciences "molles" ? Quelles seraient ces sciences ? Les sciences humaines et sociales ?


     La notion de "preuve" relevant d'une gageĂĽre en sciences humaines et sociales, on doit donc adapter la notion de "vĂ©ritĂ© scientifique", "d'exactitude", dans ces domaines, et c'est ce qui explique que l'expression "sciences exactes" peut ĂŞtre employĂ©e comme le reflet d'un fait objectif, sans avoir d'aspect dĂ©prĂ©ciatif.


     L'aspect implicitement pĂ©joratif que l'on ne peut nĂ©anmoins s'empĂŞcher de trouver Ă  cette expression n'a pas empĂŞchĂ© son usage extrĂŞmement courant en Ă©pistĂ©mologie ou en sociologie des sciences, et l'expression est aussi frĂ©quemment employĂ©e dans les cadres institutionnels et acadĂ©miques, par des scientifiques de tous domaines.


     Les Ă©pistĂ©mologues français RenĂ© Thom et Jules Vuillemin analysèrent, d'un point de vue critique, la notion de science exacte qui, d'après eux, s'applique strictement aux mathĂ©matiques pures et Ă  la physique thĂ©orique. En effet, chacun peut refaire les calculs d'un physicien thĂ©oricien et vĂ©rifier s'il a fait une erreur ou pas, en revanche, vĂ©rifier si le modèle qu'il a utilisĂ© pour dĂ©crire l'univers est bien le "bon modèle" (ce qui serait plus du ressort de la physique expĂ©rimentale) est une chose qui peut s'avĂ©rer impossible : soit son modèle n'est pas le bon (ce qui peut ĂŞtre le cas mĂŞme si ses calculs sont justes!), et on trouvera vraisemblablement un jour une expĂ©rience/observation dont le rĂ©sultat sera incompatible avec son modèle ; soit son modèle est le bon, et on ne trouvera jamais d'incompatibilitĂ© entre le monde rĂ©el et son modèle. LĂ  oĂą cette alternative a priori Ă©vidente devient paradoxale, c'est que, mĂŞme s'il s'Ă©coule trois siècles sans que personne n'ait rien Ă  redire sur un modèle, on ne pourra jamais ĂŞtre certain que c'est le "bon modèle" : rien ne nous dit qu'un an plus tard, des chercheurs ne vont pas mettre Ă  jour un phĂ©nomène incompatible avec ce modèle apprĂ©ciĂ© de tous pendant 3 siècles ! Un tel bouleversement a d'ailleurs des prĂ©cĂ©dents historiques (thĂ©orie d'Isaac Newton, puis celle d'Einstein, puis celle du modèle standard, puis...).


     En adĂ©quation avec la vision de ces Ă©pistĂ©mologues, on ne peut donc pas dire : c'est le "modèle final", mais tout au plus, c'est "le meilleur modèle sur le marchĂ©, c'est-Ă -dire le modèle qui colle le mieux aux expĂ©riences". Toutefois, au fil des dĂ©cennies, les scientifiques dĂ©veloppent des connaissances qui leur permettent d'avoir des a priori justifiant leur croyance au fait que tel modèle soit "le bon", le degrĂ© de confiance que la communautĂ© mettra en ces croyances autorisera Ă  parler de "sciences exactes" pour des disciplines qui pourraient nĂ©anmoins contenir au final des parts d'inexactitude (un exemple historique est la thĂ©orie de Joseph Fourier de la chaleur). C'est ainsi que les sciences de la nature sont considĂ©rĂ©es comme exactes.


     Quant Ă  l'informatique, il s'agit d'un cas un peu Ă  part dans l'histoire des sciences car c'est le seul exemple de science qui, dans sa majeure partie, s'attache Ă  Ă©tudier un "monde rĂ©el" qui correspond directement au modèle "thĂ©orique" : l'ordinateur. L'homme, pour avoir construit l'objet, en connaĂ®t donc a priori le fonctionnement et n'a pas ainsi Ă  faire du reverse engineering, en se posant la question typique des autres sciences de la nature : mon modèle est-il le bon ? Cette question a en effet Ă©tĂ© rĂ©solue en informatique par Turing, et il est en gĂ©nĂ©ral aisĂ© d'amender le modèle thĂ©orique de la machine de Turing (qui une capacitĂ© de stockage infinie) en un modèle correspondant plus pragmatiquement aux limitations de tel ou tel microprocesseur dans le monde rĂ©el. Ce n'est en gĂ©nĂ©ral que dans l'utilisation de l'informatique pour rĂ©soudre des problèmes extĂ©rieurs que la question de la modĂ©lisation refera surface (par exemple : Ă©tude du trafic internet, ou applications Ă  d'autres sciences). Bien Ă©videmment, des comportements complexes pouvant naĂ®tre Ă  partir de modèles simples, on peut ĂŞtre amenĂ© Ă  crĂ©er de nouveaux modèles "restreignant le premier", afin de simplifier l'analyse de tel ou tel comportement, et de comparer ces modèles simplifiĂ©s entre eux (par exemple pour l'Ă©tude des rĂ©seaux).


     Comme il n'y a pas encore de consensus universel sur les domaines que la science informatique englobe ou non (rĂ©daction de logiciels ? Ă©lectronique ? intelligence artificielle ? interaction homme-machine ? ergonomie ? ), certains pourront alors refuser d'inscrire l'informatique au rang des "sciences exactes", en se contentant d'y mettre "l'informatique thĂ©orique".






Chapitre : Articles connexes



     Sciences dures  â€˘ Sciences positives  â€˘ Astronomie â€˘ Chimie â€˘ Cosmologie â€˘ Cryptologie â€˘ GĂ©omĂ©trie â€˘ Logique â€˘ MathĂ©matiques â€˘ Physique






Chapitre : Notes et références


  1. ↑ Les sciences exactes et les sciences humaines in Actes du Colloque sur l'Histoire du CNRS des 23 et 24 octobre 1989, [1]
  2. ↑ Cours de Gérard Berry au Collège de France, 2008, [2]

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