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Définition Wikipédia de : Recherche scientifique



« Recherche Â» redirige ici. Pour les autres significations, voir Recherche (homonymie).
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Introduction :

      La recherche scientifique dĂ©signe en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de dĂ©velopper les connaissances scientifiques. Par extension mĂ©tonymique, la recherche scientifique dĂ©signe Ă©galement le cadre social, Ă©conomique, institutionnel et juridique de ces actions.







Vie scientifique
ChercheurLaboratoire
RechercheFinancement
CongrèsPublication
ValorisationVulgarisation

- Sommaire de la page -









Chapitre : Histoire de la recherche scientifique





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Allégorie de la Recherche, bronze par Olin Warner, 1896, Thomas Jefferson Building.


  - Sous-chapitre : Les premières formes d'organisation de la science

Suite de l'article :

S'il existe depuis la haute AntiquitĂ© des formes de rĂ©flexion spĂ©culatives sur le monde, ainsi que quelques tentatives de son exploration raisonnĂ©e, ces dĂ©marches scientifiques ou protoscientifiques relèvent jusqu'au XVI siècle d'initiatives isolĂ©es, et sont le plus souvent le fait d'individus savants et passionnĂ©s. La recherche scientifique n'existe pas encore en tant qu'encadrement institutionnel des pratiques scientifiques.



     On peut cependant relever l'existence de quelques embryons d'une telle organisation, avec les lycĂ©es antiques, les Ă©coles philosophiques, les universitĂ©s mĂ©diĂ©vales, les monastères, ou le système du mĂ©cĂ©nat.

  - Sous-chapitre : Le programme baconien


     C’est au XVI siècle, en particulier avec Francis Bacon (1561-1626), qu’est prĂ©cisĂ©e l’idĂ©e que la science peut et doit s'organiser en vue d'une maĂ®trise de la nature et du dĂ©veloppement des nations. En affirmant ainsi l’intĂ©rĂŞt Ă©conomique et politique du progrès scientifique, et la nĂ©cessitĂ© pour les gouvernants de ne pas mĂ©sestimer la valeur de leurs savants, Bacon pose les bases d'une recherche scientifique institutionnalisĂ©e, encadrĂ©e par une politique scientifique participant Ă  l’organisation des travaux des savants pour mieux servir le progrès Ă©conomique et militaire de la nation. Dans son utopie de la Nouvelle Atlantide, Bacon imagine en particulier une « Maison de Salomon Â», institution prĂ©figurant nos modernes Ă©tablissements scientifiques, oĂą sont rassemblĂ©s tous les moyens d'une exploration scientifique du monde. Cette Maison de Salomon inspirera la crĂ©ation de la Royal Society, en 1660.


     Mais si Bacon peut symboliser un moment important de l'institutionnalisation de la recherche, il n'en est pas pour autant l'unique fondateur. Ses textes traduisent une idĂ©e qui se cristallise Ă  son Ă©poque, et qui commence Ă  se manifester au travers de l'Europe.

  - Sous-chapitre : L'ère des AcadĂ©mies


     C'est au cours du XVII siècle et du XVIII siècle que se dĂ©veloppent les AcadĂ©mies, qui sont la première vĂ©ritable manifestation de l'institutionnalisation de la recherche, jusque lĂ  organisĂ©e au grĂ© des mĂ©cènes.

  - Sous-chapitre : La professionnalisation de la recherche


     Il faut cependant attendre le XIX siècle pour que la recherche se professionnalise rĂ©ellement, avec l'apparition des premiers chercheurs.

  - Sous-chapitre : Les États modernes et la recherche scientifique


     La Seconde Guerre mondiale a Ă©tĂ© le dĂ©clencheur de la conception de nombre des systèmes d'intĂ©gration de la recherche dans la stratĂ©gie de dĂ©veloppement Ă©conomique et de dĂ©fense des États modernes. Vannevar Bush, aux États-Unis, est considĂ©rĂ© comme un pionnier de cette organisation, qui a fait pression sur le monde politique pour la crĂ©ation de diffĂ©rentes instances, dont la National Science Foundation.






Chapitre : Aperçu de la recherche scientifique


  - Sous-chapitre : Une recherche plurielle


     La recherche scientifique recouvre des rĂ©alitĂ©s très hĂ©tĂ©rogènes.


     Le manuel de Frascati, pour satisfaire des besoins statistiques, dĂ©finit plusieurs types de recherche :

    Liste :
  • La recherche fondamentale, entreprise principalement (mais pas toujours exclusivement) en vue de produire de nouvelles connaissances indĂ©pendamment des perspectives d'application.
  • La recherche appliquĂ©e, qui est dirigĂ©e vers un but ou un objectif pratique.
  • Les activitĂ©s de dĂ©veloppement (parfois confondues avec la recherche technologique), qui consistent en l'application de ces connaissances pour la fabrication de nouveaux matĂ©riaux, produits ou dispositifs.

     Il faut Ă©galement bien sĂ»r prendre soin de distinguer les diffĂ©rents secteurs disciplinaires : la recherche en philosophie est Ă©videmment très diffĂ©rente de celle en biologie molĂ©culaire ou en archĂ©ologie.


     On peut Ă©galement distinguer, Ă  la suite des travaux de Terry Shinn, diffĂ©rents rĂ©gimes de recherche : rĂ©gime utilitaire, acadĂ©mique et technico-instrumental.

  - Sous-chapitre : Des systèmes de normes et de règles


     Selon les diffĂ©rentes formes de recherche rencontrĂ©es, diffĂ©rentes sortes de normes et de règles encadrent les pratiques scientifiques.


     Ces normes et ces règles ne sont pas toujours d'ordre juridique. La sociologie des sciences rapporte ainsi l'existence de normes propres au champ scientifique.


     Les diffĂ©rentes formes de recherche se distinguent Ă©galement par les diffĂ©rentes normes "techniques" qui y guident l'activitĂ© intellectuelle. C'est l'objet des Ă©pistĂ©mologies rĂ©gionales d'analyser et comprendre ces impĂ©ratifs Ă©pistĂ©miques locaux. De mĂŞme, la "mĂ©thode scientifique" n'est pas la mĂŞme selon les diffĂ©rents rĂ©gimes de recherche.

  - Sous-chapitre : Les diffĂ©rentes dimensions de la recherche


     Les diffĂ©rentes formes de recherche se distinguent par le système normatif qui les encadre, mais aussi de manière plus concrète par les lieux, les mĂ©tiers, les modes de financement et d'Ă©valuation, etc...


     Ce sont ces diffĂ©rents points qui sont dĂ©veloppĂ©s ci-dessous.






Chapitre : Les lieux de la recherche



     La recherche scientifique est gĂ©nĂ©ralement inscrite dans des lieux particuliers, qui offrent aux chercheurs les moyens d'exercer leur activitĂ©. Ces lieux peuvent ĂŞtre des laboratoires, mais ce n'est pas systĂ©matiquement le cas.

  - Sous-chapitre : Le laboratoire


     Les laboratoires, qui peuvent aussi bien ĂŞtre publics que privĂ©s, sont les lieux privilĂ©giĂ©s oĂą se dĂ©roule l'activitĂ© de recherche. Y sont rassemblĂ©s des chercheurs, des techniciens et des administratifs qui, dans l'idĂ©al, collaborent autour d'un ou de plusieurs projets ou sujets de recherche. Ces chercheurs y partagent les ressources et les moyens rassemblĂ©s dans le laboratoire.


     Il existe des laboratoires tant pour les sciences exactes que pour les sciences humaines et sociales.


     La taille et la structure des laboratoires peuvent considĂ©rablement varier. Certains peuvent rassembler une poignĂ©e d'individus autour d'un instrument, le tout rassemblĂ© dans quelques pièces d'une universitĂ©. D'autres peuvent associer des milliers de collaborateurs, physiquement Ă©parpillĂ©s sur toute la planète en diffĂ©rents lieux (qui eux-mĂŞmes peuvent constituer un "laboratoire", ou des "antennes" du laboratoire principal).

  - Sous-chapitre : Hors du laboratoire


     Pour de nombreuses disciplines, en particulier celles des sciences humaines et sociales, l'activitĂ© de recherche peut se dĂ©rouler hors des murs du laboratoire. C'est Ă©vident pour le philosophe, mais ce peut ĂŞtre Ă©galement le cas du mathĂ©maticien, du sociologue, de l'historien.


     Outre ces situations particulières oĂą l'activitĂ© de recherche peut accompagner le chercheur oĂą qu'il soit, certaines disciplines se distinguent par leurs propres lieux de recherche : les centres d'archives pour l'historien, le chantier de fouille pour l'archĂ©ologue, le "terrain" pour le sociologue ou l'anthropologue, l'observatoire pour l'astronome, ...






Chapitre : Les produits de la recherche



     La recherche vise Ă©videmment Ă  produire des connaissances scientifiques. Mais ces connaissances peuvent prendre des formes diverses : il peut s'agir de publications, de rapports, de brevets, de communications orales, etc. Enfin, ces connaissances peuvent ĂŞtre incorporĂ©es dans de nouvelles machines, de nouveaux instruments ou dispositifs. Ce sont tous ces produits qui, en Ă©tant diffusĂ©s au sein de la communautĂ© scientifique, permettent au chercheur d'ĂŞtre reconnu par ses pairs, et de recevoir en retour les moyens nĂ©cessaires Ă  la poursuite de son travail.

  - Sous-chapitre : Publications

Article dĂ©taillĂ© : Publication scientifique.

     Les chercheurs scientifiques publient leurs travaux dans diverses catĂ©gories de publications:

    Liste :
  • les revues de publications scientifiques Ă  comitĂ© de lecture (on peut citer Nature, Science, mais des milliers d'autres revues spĂ©cialisĂ©es, plus ou moins prestigieuses, existent), et les comptes-rendus de confĂ©rences Ă  comitĂ© de lecture  : la publication y est soumise Ă  l’avis conforme d’un comitĂ© de scientifiques ;
  • des ouvrages collectifs rassemblant des articles de revue ou de recherche autour d'un thème donnĂ©, coordonnĂ©s par un ou plusieurs chercheurs appelĂ©s Ă©diteurs ;
  • des monographies sur un thème de recherche ;
  • des revues sans comitĂ© de lecture, par exemple les revues d'actualitĂ© des sociĂ©tĂ©s savantes ;
  • des comptes-rendus de confĂ©rences sans comitĂ© de lecture ;
  • des monographies de recherche ou d'enseignement.

     Le terme de « publication scientifique Â» ne recouvre normalement que les trois premiers cas, c’est-Ă -dire des publications techniques Ă©valuĂ©es par un comitĂ© scientifique, dirigĂ©es vers un public de spĂ©cialistes uniquement (chercheurs du domaine et de domaines proches, et plus rarement ingĂ©nieurs confrontĂ©s Ă  un problème d'ordre fondamental). Les scientifiques peuvent en revanche ĂŞtre sollicitĂ©s par des mĂ©dias visant le grand public Ă  des fins de vulgarisation scientifique, par exemple dans des magazines de vulgarisation scientifique (Pour la Science, Science et Vie, etc.), mais aussi dans le cadre d'Ă©missions audiovisuelles.


     La communication en vue des publications scientifique peut se faire par les biais d'appels Ă  papier, pour la rĂ©daction d'ouvrage, de journaux ou bien de confĂ©rences.

  - Sous-chapitre : Brevets


     Les brevets ont commencĂ© Ă  se multiplier dans le monde de la recherche au cours des annĂ©es 1980. Naturellement, ils restent un produit plus caractĂ©ristique de la recherche privĂ©e que de la recherche publique. Le monde acadĂ©mique dĂ©veloppe cependant cette forme de publication de ses travaux.

  - Sous-chapitre : Machines et instruments


     La recherche technico-instrumentale est un type de recherche particulier






Chapitre : Les métiers de la recherche



     La recherche scientifique regroupe diffĂ©rents corps de mĂ©tier : chercheurs bien sĂ»r, mais Ă©galement ingĂ©nieurs, techniciens, administratifs...

  - Sous-chapitre : Chercheur




Image (cliquez pour agrandir) :

Contrôle de l’eau.


Article dĂ©taillĂ© : Chercheur.

     Un chercheur n'a pas nĂ©cessairement de statut qui reconnaisse la spĂ©cificitĂ© de son mĂ©tier. Est chercheur celui dont la fonction professionnelle consiste Ă  contribuer de manière originale Ă  la production de connaissances scientifiques. Il peut ne pas avoir le titre de chercheur, mais ĂŞtre considĂ©rĂ© comme tel par la communautĂ© scientifique. Il peut aussi bien ĂŞtre membre bĂ©nĂ©vole d'une association ou d'une ONG, ingĂ©nieur dans une entreprise de haute technologie que membre d'un laboratoire de recherche. Une part essentielle de la recherche scientifique moderne, et pratiquement la totalitĂ© de la recherche fondamentale, est cependant faite soit au sein de laboratoires de recherche, soit en collaboration Ă©troite avec ceux-ci.


     La recherche n'est pas nĂ©cessairement la seule activitĂ© du chercheur. D'autres missions peuvent lui ĂŞtre confiĂ©es. Des missions d'expertise dans le cadre d'une entreprise. Des missions d'enseignement dans le cadre d'une universitĂ©. Le couplage enseignement recherche est de loin le plus courant, les universitĂ©s occupant gĂ©nĂ©ralement une place centrale dans les systèmes nationaux de recherche.

  - Sous-chapitre : IngĂ©nieur et techniciens


     La frontière est floue entre chercheurs, ingĂ©nieurs et techniciens. Certains parmi les seconds ont une vĂ©ritable activitĂ© de recherche, publient des articles et dĂ©veloppent des travaux originaux, tandis que d'autres parmi les premiers font plutĂ´t du dĂ©veloppement.


     Cependant, cette distinction peut renvoyer, en France en particulier, Ă  une diffĂ©rence statutaire.






Chapitre : Financement de la recherche


Article dĂ©taillĂ© : Financement de la recherche.

     La plus grande partie de la recherche est aujourd'hui financĂ©e sur fonds privĂ©s. l'État joue cependant un rĂ´le toujours important et central dans le financement de la recherche, que cela soit en France ou dans les autres pays dĂ©veloppĂ©s.


     Ces financements peuvent ĂŞtre attribuĂ©s directement Ă  des chercheurs, mais Ă©galement Ă  des Ă©quipes de recherche, des laboratoires, des institutions, des groupements d'institutions, des collectivitĂ©s territoriales, etc.

  - Sous-chapitre : Financements publics


     Le financement public est l'opĂ©ration qui consiste Ă  obtenir des ressources monĂ©taires nĂ©cessaires Ă  la rĂ©alisation d'un projet public venant de l'État.

  - Sous-chapitre : Financements privĂ©s

  - Sous-chapitre : DiffĂ©rentes formes de financement

Financements récurrents


     Ces financements sont composĂ©s des salaires des personnels, lorsqu'ils sont en CDI ou ont le statut de fonctionnaire. Ces financements rĂ©currents sont Ă©galement constituĂ©s des dotations des laboratoires ainsi que des moyens d'Ă©quipements (instruments scientifiques, ordinateurs, bureaux, locaux).

Financements par projets


     Pour parvenir Ă  des objectifs de politique scientifique, les organismes de financement de la recherche peuvent aussi lancer des appels d'offre sur des thèmes prĂ©dĂ©finis. Les groupes de chercheurs intĂ©ressĂ©s par la proposition vont ensuite candidater pour que le projet leur soit attribuĂ©. Dans ce type de procĂ©dure, l'autonomie de la science peut cependant ĂŞtre mise Ă  mal par la formulation de projets oĂą la rĂ©ponse souhaitĂ©e par le financeur apparaĂ®t implicitement.


     Alternativement, l'initiative peut venir d'une organisation extĂ©rieure Ă  la recherche : par exemple une entreprise rencontrant un problème spĂ©cifique, mais aussi une association ou tout acteur de la sociĂ©tĂ© civile. Ceux-ci peuvent susciter des appels d'offres financĂ©s, ou tenter de contacter les chercheurs et de les intĂ©resser au problème de façon qu'ils relaient l'initiative.

Financements par contrat


     On dĂ©signe par le terme de financements par contrat tout accord contractuel entre un laboratoire scientifique et une organisation publique ou privĂ©e, conduisant Ă  la rĂ©munĂ©ration d'une activitĂ© de recherche. En France, la plupart des laboratoires universitaires ont dĂ©sormais recours Ă  ce type de financement pour accroĂ®tre leur capacitĂ© de recherche. Il n'est pas rare que dans les bilans de laboratoires les plus actifs, les deux tiers de leur budget de fonctionnement soient obtenus par ce biais.


     Les organisations publiques les plus connues pour leur activitĂ© de financement par contrat sont les agences officielles d'Ă©tat. Des projets scientifiques sont prĂ©sentĂ©s par des consortiums composĂ©s de plusieurs laboratoires et entreprises qui travaillent en commun sur leur rĂ©alisation. Avant d'accorder un financement, des experts indĂ©pendants examinent et valident le dossier puis contrĂ´lent, pendant la durĂ©e du projet, son Ă©tat d'avancement et sa conformitĂ©. En France, l'Agence Nationale pour la Recherche a pour finalitĂ© de financer des projets de recherche. Elle fonctionne selon un mode opĂ©ratoire très proche de celui de la Commission EuropĂ©enne, qui elle aussi, finance de nombreux contrats de recherche par le biais de programmes spĂ©cifiques (Programme cadre pour la recherche et le dĂ©veloppement technologique, dit aussi FP, ou encore e.content).


     Dans la plupart des pays, les administrations militaires proposent Ă©galement des contrats de recherche: c'est le cas aux États-Unis avec la DARPA, ou encore en France avec la DGA. Ces contrats prennent souvent la forme d'un financement de thèse de doctorat d'une durĂ©e de trois ans plus rarement celle d'une dotation pour un laboratoire ayant une spĂ©cialitĂ© intĂ©ressant l'armĂ©e.


     Les financements par contrat privĂ©s sont le fait d'entreprises souhaitant introduire dans leurs catalogues de produits des innovations technologiques. Le laboratoire du physicien prix Nobel Albert Fert, par exemple, est financĂ© en partie par la sociĂ©tĂ© Thalès. Des Ă©quipes de recherche peuvent Ă©galement ĂŞtre composĂ©es en partie par des doctorants en thèse CIFRE. Ce type de thèse est financĂ© par une entreprise. En contrepartie le fruit des recherches ainsi rĂ©alisĂ©es appartient Ă  cette dernière.


     Le financement par contrat, en constante augmentation, accroĂ®t considĂ©rablement le nombre de salariĂ©s contractuels dans les laboratoires. De nombreux ingĂ©nieurs, techniciens et administratifs sont ainsi recrutĂ©s chaque annĂ©e pour des pĂ©riodes variant de quelques semaines Ă  2 ou 3 ans. Cette prĂ©carisation du mĂ©tier de la recherche est parfois contestĂ©e dans le milieu universitaire Français, bien qu'elle corresponde a une tendance dans toute l'Europe et qu'elle soit la règle en AmĂ©rique du Nord.


     Les partisans de ce mode de fonctionnement objectent que la contractualisation, donne une autonomie de moyen aux laboratoires, mais aussi aux chercheurs. Par ce biais, ces derniers sont en effet en mesure de trouver eux-mĂŞmes des sources de financements, et ainsi d'ĂŞtre moins dĂ©pendants de l'administration pour mener leurs recherches, ou recruter des collaborateurs (doctorants ou techniciens).

Autres financements


     Les laboratoires peuvent dĂ©poser des brevets sur des procĂ©dĂ©s mis au point dans le cadre de leur recherche. Dans ce cas, la cession de licences peut permettre de percevoir des dividendes qui contribueront aux budget du laboratoire ou de l'universitĂ© dĂ©tentrice de ce brevet. La plupart des universitĂ©s française se dotent dĂ©sormais de services de valorisation de la recherche, composĂ©s de juristes et de nĂ©gociateurs, pour dĂ©velopper ce mode de financement. Dans le reste du monde, ce mode de financement est en vigueur depuis de nombreuses annĂ©es.






Chapitre : L'évaluation de la recherche



     Les formes d'Ă©valuation de la recherche diffèrent très sensiblement selon les secteurs. Elles peuvent porter sur plusieurs niveaux : les chercheurs eux-mĂŞmes, leurs laboratoires et les institutions accueillant ces laboratoires. De surcroĂ®t, les systèmes nationaux de recherche sont eux-mĂŞmes Ă©valuĂ©s et comparĂ©s entre eux (benchmarking), en sorte d'amĂ©liorer et d'adapter les politiques de recherche.

  - Sous-chapitre : Évaluation des chercheurs


     Les chercheurs sont doublement Ă©valuĂ©s :

    Liste :
  • par leurs institutions, qui en se basant sur des procĂ©dures et des critères particulier dĂ©terminent ainsi l'Ă©volution de leur carrière.
  • par leurs pairs, qui Ă©valuent en permanence la valeur de leur travaux scientifiques.

     Naturellement, ces deux formes d'Ă©valuation sont liĂ©es, la première reposant en grande partie sur la seconde, qui est la pierre angulaire du fonctionnement de la science.

Évaluation par les pairs

Article dĂ©taillĂ© : ComitĂ© de lecture.

L'évaluation institutionnelle


     Dans les sociĂ©tĂ©s modernes, oĂą l'effort de recherche est financĂ© par l'État ou des entreprises privĂ©es, un fort besoin d'Ă©valuer l'efficacitĂ© des efforts de recherche est apparu. Dans le cas de la recherche fondamentale cependant, il est difficile, Ă  court terme au moins, de dĂ©terminer la portĂ©e des rĂ©sultats obtenus. L'Ă©valuation se base donc sur des indicateurs concernant la communication de rĂ©sultats par les chercheurs, la continuitĂ© des recherches basĂ©es sur ces rĂ©sultats, la reconnaissance des avancĂ©es rĂ©alisĂ©es par le reste de la communautĂ© scientifique, et, dans les cas oĂą cela est pertinent, la valorisation commerciale ou sociale des rĂ©sultats.


     Cette Ă©valuation peut ĂŞtre effectuĂ©e sur une base individuelle ou collective. Selon les critères employĂ©s et les choix qui dĂ©coulent de l'Ă©valuation, des effets pervers peuvent apparaĂ®tre, les chercheurs inflĂ©chissant leurs choix pour amĂ©liorer leur Ă©valuation plutĂ´t que la qualitĂ© scientifique rĂ©elle de leur production.

  - Sous-chapitre : Évaluation des projets


     L'Ă©valuation se fait en amont et en aval.


     Dans le contexte acadĂ©mique, l'initiative d'un projet peut ĂŞtre le fait d'un chercheur, ou d'un groupe de chercheurs, ayant une expĂ©rience suffisante pour discerner une direction intĂ©ressante de recherche, basĂ©e sur les travaux prĂ©cĂ©dents de la communautĂ© scientifique. Une fois la problĂ©matique posĂ©e, les chercheurs peuvent dĂ©finir une dĂ©marche qui soit susceptible de lui apporter des Ă©lĂ©ments de rĂ©ponse, ce qui dĂ©finit un projet.


     Les besoins en moyens humains et matĂ©riels peuvent alors ĂŞtre Ă©valuĂ©s. Parfois, ceux-ci peuvent ĂŞtre dĂ©jĂ  entièrement couverts par des moyens Ă  la disposition des chercheurs, si ces derniers disposent d'un statut leur assurant une pĂ©riode d'emploi et une autonomie de dĂ©cision suffisante. La plupart du temps cependant, il est nĂ©cessaire ou souhaitable de disposer de moyens supplĂ©mentaires, par exemple pour des frais de dĂ©placement (rĂ©unions entre chercheurs travaillant dans des lieux diffĂ©rents, congrès), d'embauche de personnel contractuel (chercheur post-doctoral) ou de moyens expĂ©rimentaux, d'enquĂŞte, etc. Une demande de financement doit donc ĂŞtre dĂ©posĂ©e auprès d'un organisme de financement de la recherche. Le succès de cette demande dĂ©pendra des choix de politique scientifique de l'organisme.

  - Sous-chapitre : Évaluation des laboratoires

  - Sous-chapitre : Évaluation des institutions

  - Sous-chapitre : Évaluation des systèmes nationaux de recherche






Chapitre : L'organisation de la recherche



     Plusieurs niveaux d'organisation de la recherche peuvent ĂŞtre distinguĂ©s : le niveau des institutions, des nations et des entitĂ©s supranationales, mais aussi celle des entitĂ©s infranationales (commune, rĂ©gion, dĂ©partement, plus gĂ©nĂ©ralement organisation locales).

  - Sous-chapitre : Les institutions de recherche


     Les laboratoires de recherche sont gĂ©nĂ©ralement regroupĂ©s au sein d'institutions plus larges : entreprises, hĂ´pitaux, universitĂ©s, centre de recherche, association. C'est d'abord au niveau de ces institutions qu'est organisĂ©e la recherche scientifique. Ce sont ces institutions qui peuvent dĂ©finir les dispositifs d'Ă©valuation, organiser la rĂ©partition des moyens, structurer les Ă©quipes, etc.


     Cependant, ces institutions n'ont pas toujours l'autonomie nĂ©cessaire pour dĂ©finir l'organisation de leur recherche. Cela peut dĂ©pendre de leur propre situation (une entreprise rachetĂ©e par un grand groupe peut perdre cette autonomie), ou du cadre national. Ainsi, en France, c'est au niveau national que sont dĂ©finies les grandes lignes de l'organisation de la recherche publique, y compris au niveau institutionnel.


     En majeure partie, la recherche scientifique est menĂ©e dans des universitĂ©s ou d'autres Ă©tablissements d'enseignement supĂ©rieur, dans des organismes de recherche privĂ©s ou publics (EPST et EPIC en France), et dans les divisions de recherche des entreprises.

  - Sous-chapitre : Organisation rĂ©gionale


     Les rĂ©gions jouent un rĂ´le de plus en plus important dans l'organisation de la recherche, avec le dĂ©veloppement de structure rassemblant divers acteurs institutionnels (universitĂ©, entreprise, organismes, ...). Ces structures peuvent ĂŞtre des parcs scientifiques, des technopĂ´les, ou plus rĂ©cemment des pĂ´les de compĂ©titivitĂ©. Les diffĂ©rentes subdivisions administratives du territoire national (rĂ©gions, länders, Ă©tat, etc.) sont souvent fortement impliquĂ©es dans ces structures, qui intĂ©ressent directement le tissu Ă©conomique local.


     Mais indĂ©pendamment mĂŞme de ces strates administratives, la recherche peut spontanĂ©ment s'organiser au niveau local, pour donner parfois des rĂ©sultats particulièrement impressionnants. C'est par exemple le cas de la cĂ©lèbre Silicon Valley, qui a vu se former une division du travail particulièrement efficace entre un tissu serrĂ© de petites entreprises de haute technologie, quelques très grandes entreprises et des centres de recherche (en particulier l'universitĂ© de Stanford).

  - Sous-chapitre : Organisation nationale


     Au niveau national, les États dĂ©finissent des politiques de recherche qui dĂ©terminent non seulement le financement public de la recherche, mais aussi une grande partie du contexte institutionnel et juridique de la recherche. Se posent en particulier des questions sur le pilotage de la recherche et sur les grandes orientations stratĂ©giques.

  - Sous-chapitre : Organisation internationale


     Enfin, la recherche peut s'organiser au niveau international. Il s'agit en particulier de la recherche communautaire, qui est aujourd'hui la forme la plus intĂ©grĂ©e de diffĂ©rents systèmes nationaux de recherche.


     Mais d'autres formes de collaborations internationales en matière de recherche se dĂ©veloppent Ă©galement, gĂ©nĂ©ralement sur des questions prĂ©cises ou sur des projets particuliers. C'est par exemple le cas de nombreux programmes d'exploration spatiales, dont les coĂ»ts imposent d'organiser les phases de recherche au niveau international.






Chapitre : Recherche et société


  - Sous-chapitre : Valorisation de la recherche


     Les retombĂ©es issues des progrès scientifiques sont de plusieurs ordres, bĂ©nĂ©ficiant Ă  diffĂ©rents acteurs :

    Liste :
  • Les retombĂ©es technologiques. L'amĂ©lioration de notre maĂ®trise du monde qui nous entoure permet de proposer des produits et services nouveaux, ou moins coĂ»teux, aux consommateurs. Les bĂ©nĂ©ficiaires en sont les consommateurs (au sens large) et les producteurs de ces biens et services. Les travailleurs peuvent Ă©galement en bĂ©nĂ©ficier par l'amĂ©lioration de leurs conditions de travail.
  • Les retombĂ©es stratĂ©giques et gĂ©ostratĂ©giques. Les États possĂ©dant une avance scientifique sur les autres sont avantagĂ©s, et peuvent monnayer leur technologie contre des privilèges (par exemple transfert de technologie contre ouverture du marchĂ©) ou exercer un droit de regard sur les projets d'autres États (par exemple en acceptant ou non de lancer un satellite artificiel pour eux). Les entreprises privĂ©es disposant d'une avance scientifique, de la mĂŞme façon, sont avantagĂ©es par rapport Ă  leur concurrents.
  • Les retombĂ©es sociĂ©tales. La recherche peut permettre de dĂ©celer des dysfonctionnements et des amĂ©liorations possibles aux systèmes sociaux, au bĂ©nĂ©fice des populations ou des organisations qui les administrent. Les chercheurs peuvent Ă©galement jouer un rĂ´le d'experts indĂ©pendants, permettant de baser une dĂ©cision politique sur un compte-rendu non biaisĂ© des risques et avantages des diffĂ©rentes options.

     Ces retombĂ©es rendent la recherche scientifique dĂ©sirable, dans la mesure oĂą elle n'enfreint pas les principes d'Ă©thique et de prĂ©caution. Le jeu des intĂ©rĂŞts des bĂ©nĂ©ficiaires potentiels conduit donc les dĂ©cideurs politiques et Ă©conomiques Ă  organiser et Ă  financer la recherche. Cependant, ces dĂ©cideurs ne peuvent maĂ®triser le processus qui mène Ă  la dĂ©couverte scientifique, celle-ci n'Ă©tant pas toujours concevable au moment oĂą les recherches sont entreprises : le pilotage de la recherche n'est donc possible que de façon limitĂ©e.


     Le rĂ´le d'expertise dĂ©volu aux chercheurs suppose aussi que ceux-ci sont indĂ©pendant d'intĂ©rĂŞts commerciaux et de dogmatismes, qui pourraient biaiser leur rĂ©ponse. L'organisation et le financement de la recherche doivent donc permettre l'autonomie de la science.


     Afin de tenter de concilier ces diffĂ©rentes contraintes sur le fonctionnement de la recherche scientifique, un système complexe s'est peu Ă  peu mis en place depuis 1945, avec un Ă©quilibre sans cesse modifiĂ© entre pilotage extĂ©rieur et autonomie des chercheurs, entre Ă©valuation administrative et par les pairs, et oĂą interviennent des capitaux publics et privĂ©s, le tout dans un cadre fixĂ© par la lĂ©gislation.


     Enfin, une nouvelle approche dans l'intĂ©gration de la recherche dans la sociĂ©tĂ© civile Ă©merge actuellement, oĂą des associations peuvent faire des appels d'offre de recherche qui sont ensuite subventionnĂ©s.

  - Sous-chapitre : Le rĂ´le d'expertise


     Les sociĂ©tĂ©s modernes sont confrontĂ©es Ă  l'introduction de technologies toujours plus avancĂ©es, dont la rĂ©glementation nĂ©cessite une Ă©valuation des risques et des bĂ©nĂ©fices. Ainsi, l'Ă©nergie nuclĂ©aire a l'avantage d'ĂŞtre de production peu coĂ»teuse et peu polluante, mais le devenir des dĂ©chets produits est problĂ©matique. Afin de prendre une dĂ©cision, il est nĂ©cessaire d'avoir une expertise des diffĂ©rentes options pour la gestion de ces dĂ©chets, qui Ă©value, en se basant sur les connaissances disponibles, les probabilitĂ©s des risques associĂ©s. Une dĂ©cision politique, basĂ©e sur une apprĂ©ciation de l'acceptabilitĂ© de ces risques, peut ensuite ĂŞtre prise.


     Pour cela, il est crucial que les chercheurs ne soient pas influencĂ©s dans leur travail par des intĂ©rĂŞts politiques ou commerciaux (voir ci-dessous), ou par une pression mĂ©diatique.


     Une autre cause de biais parfois dĂ©noncĂ©e est l'intĂ©rĂŞt personnel du chercheur, qui peut souhaiter qu'un Ă©quipement comme Iter soit bâti parce que sa recherche en bĂ©nĂ©ficiera, et ainsi tendre Ă  accepter plus facilement les risques associĂ©s. Plus gĂ©nĂ©ralement, les chercheurs sont susceptibles de survaloriser le progrès scientifique pour lui-mĂŞme. Cependant, l'apprĂ©ciation elle-mĂŞme des risques n'est pas du ressort de l'expert, et il appartient donc au politique et non au chercheur de dĂ©cider de leur acceptabilitĂ©.


     Les scientifiques de diffĂ©rent domaines (mĂ©decine, sciences forensiques…) peuvent Ă©galement ĂŞtre experts pour une dĂ©cision de justice, lĂ  encore, leur indĂ©pendance est nĂ©cessaire, et leur rapport ne doit pas ĂŞtre confondu avec la dĂ©cision de justice elle-mĂŞme.

  - Sous-chapitre : Les questions Ă©thiques

Articles dĂ©taillĂ©s : Éthique et BioĂ©thique.

     Un scientifique peut ĂŞtre amenĂ©, dans le cadre de ses activitĂ©s professionnelles, Ă  trancher des questions ayant un contenu moral ou Ă©thique. Cela peut concerner :

    Liste :
  • la pratique mĂŞme de ses activitĂ©s de recherche : il en est notamment ainsi des pratiques d'expĂ©rimentation mĂ©dicale sur les ĂŞtres humains, ou dans une moindre mesure sur les animaux ;
  • les consĂ©quences technologiques, puis humaines, des dĂ©couvertes faites : un cas cĂ©lèbre est la mise au point de l'arme nuclĂ©aire.

     En 1955, le manifeste Russell-Einstein donna naissance au mouvement Pugwash, dont les confĂ©rences ont voulu ĂŞtre la conscience morale des scientifiques.


     Les activitĂ©s biomĂ©dicales sont particulièrement concernĂ©es par les problèmes Ă©thiques ; citons ainsi, notamment, la controverse autour des techniques de clonage et de leur hypothĂ©tique application Ă  la personne humaine. En 1994, l'unitĂ© de bioĂ©thique de l'UNESCO recensait plus de deux cents comitĂ©s d'Ă©thique nationaux.


     Aujourd'hui les grands thèmes de rĂ©flexion Ă©thique sont:

    Liste :
  • les limites de la science (maĂ®trise du savoir);
  • la dĂ©ontologie du chercheur;
  • les institutions.

     La bioĂ©thique est un dĂ©bat actuel et regroupe les oppositions existantes par exemple sur la possibilitĂ© d'utiliser des embryons pour des expĂ©riences scientifiques.

  - Sous-chapitre : La question de l'autonomie et du pilotage de la recherche

Article dĂ©taillĂ© : Autonomie de la science.

     Il est gĂ©nĂ©ralement acceptĂ© que l'État doit assurer l'indĂ©pendance de la recherche publique, en garantissant que les chercheurs ne seront pas influencĂ©s dans leur travaux par des circonstances extĂ©rieures. Il est par exemple Ă©vident qu'un chercheur ne doit pas ĂŞtre influencĂ© par des intĂ©rĂŞts commerciaux. Il ne doit pas non plus ĂŞtre influencĂ© par des dogmes, qu'ils soient idĂ©ologiques ou religieux. Enfin, il ne doit pas ĂŞtre influencĂ© par un gouvernement.


     Outre la libertĂ© d'expression, cette autonomie nĂ©cessite la stabilitĂ© de l'emploi du chercheur et des mĂ©canismes sains d'Ă©valuation et de financement de la recherche.


     Cependant, la sociĂ©tĂ© au sein de laquelle la recherche est menĂ©e est confrontĂ©e Ă  des problèmes qu'elle souhaite voir abordĂ©s de façon prioritaire par les chercheurs — leur autonomie doit donc avoir certaines limites. Les dĂ©cideurs introduisent pour cela des modes de pilotage de la recherche, permettant d'inciter les chercheurs Ă  travailler sur ces axes. Un compromis est donc indispensable entre autonomie et pilotage de la recherche.






Chapitre : La recherche fautive? Erreurs, fraudes et controverses



     Ces trois catĂ©gories sont parfois mĂŞlĂ©es de manières indistinctes. Il s'agit pourtant de phĂ©nomènes totalement diffĂ©rents, et qui ne relèvent pas toujours du pathologique.

  - Sous-chapitre : L'erreur


     La recherche scientifique ne consiste pas en l'application d'une mĂ©thode infaillible. Elle se nourrit des erreurs et des errements des chercheurs, dont la dĂ©marche est souvent fondamentalement incertaine. Les grandes dĂ©couvertes sont rarement le fruit d'un programme préétabli, elles apparaissent souvent de manière inattendue. Cette particularitĂ© de la recherche scientifique porte un nom : c'est la sĂ©rendipitĂ©.


     L'histoire montre que les plus grands savants ne sont pas Ă  l'abri d'erreurs. GalilĂ©e a par exemple soutenu une thĂ©orie sur les marĂ©es en contradiction avec des observations connues de lui, qu'il attribuait Ă  des causes secondaires indĂ©terminĂ©es (lire en anglais). Il ne faut cependant pas adopter une lecture contemporaine de ces erreurs, et il importe de bien garder Ă  l'esprit que ces erreurs, dans le contexte scientifique d'une Ă©poque particulière, n'avaient souvent rien d'Ă©vident.


     Enfin, la recherche scientifique est collective. Si l'erreur peut ĂŞtre un problème pour le chercheur comme individu, elle est essentielle Ă  la marche en avant du processus collectif de production des connaissances scientifiques.

  - Sous-chapitre : La fraude

Article dĂ©taillĂ© : Fraude scientifique.

     La fraude est très diffĂ©rente de l'erreur. Mais lĂ  encore, il faut se garder d'une vision unilatĂ©rale et anachronique de la fraude. Les normes encadrant l'administration de la preuve ne sont pas aujourd'hui ce qu'elles Ă©taient hier. On pouvait tolĂ©rer hier de retoucher quelques donnĂ©es, ce n'est plus le cas aujourd'hui.


     Des analyses statistiques ont montrĂ© que Gregor Mendel, le père de la gĂ©nĂ©tique moderne, a probablement arrangĂ© des rĂ©sultats, sans doute en omettant des donnĂ©es jugĂ©es trop Ă©loignĂ©es du rĂ©sultat attendu, et Ă©galement en se focalisant sur un cas particulier bien choisi (lire en anglais).


     La fraude scientifique peut prendre de multiples formes :

    Liste :
  • invention pure et simple de rĂ©sultats scientifiques, avec parfois fabrication de faux matĂ©riels ;
  • rectification ou sĂ©lection de rĂ©sultats expĂ©rimentaux, afin de faire paraĂ®tre meilleure la force de prĂ©diction d’une thĂ©orie ;
  • plagiat d’autres scientifiques.

     D’autres comportements, sans prendre le caractère d’une fraude, s’en rapprochent : ainsi, la prĂ©sentation d’un rĂ©sultat scientifique pour ce qu’il n’est pas, la prĂ©sentation du mĂŞme rĂ©sultat dans plusieurs publications, etc.


     Son but est le plus souvent de permettre la construction d’une notoriĂ©tĂ© scientifique, mais d’autres raisons peuvent apparaĂ®tre (justification de financements, etc.).


     La principale cause de la fraude scientifique est le fait que la carrière des chercheurs dĂ©pend de leurs rĂ©sultats : recrutements, promotions, etc., se font le plus souvent au vu de la production scientifique, c’est-Ă -dire essentiellement des publications scientifiques. Il peut donc ĂŞtre tentant d’augmenter artificiellement ce nombre. Les Ă©quipes et laboratoires sont en concurrence, et chacun essaye d'apparaĂ®tre comme le meilleur.


     Les publications scientifiques sont Ă©valuĂ©es par d’autres scientifiques, lesquels ne peuvent le plus souvent pas reproduire les expĂ©riences des candidats Ă  la publication. L'Ă©valuateur peut ainsi se trouver dans la position inconfortable de

    Liste :
  • soit refuser une publication au motif qu’elle propose des rĂ©sultats peu crĂ©dibles (car trop Ă©loignĂ©s de l’état de la science), au risque de se voir taxer de jalousie, conservatisme ou de refus des thĂ©ories alternatives ;
  • soit l’accepter, au risque qu’elle soit basĂ©e sur des rĂ©sultats erronĂ©s.

     Il est rare qu’une fraude soit dĂ©tectĂ©e au moment de l’évaluation. Par ailleurs, dans la plupart des cas, les erreurs dans les publications scientifiques sont commises de bonne foi, parfois par manque de rigueur (voir ci-dessus), parfois simplement parce que la vĂ©ritĂ© est hors de la portĂ©e de l'Ă©tude.


     La justice intervient rarement dans des affaires de fraude scientifique ; cela arrive cependant parfois, notamment dans des affaires mĂ©diatisĂ©es oĂą l’un des participants accuse l’autre de diffamation. Cependant, les organismes de recherche ou les universitĂ©s peuvent ĂŞtre pourvus d’instances disciplinaires pouvant sanctionner professionnellement un manquement grave Ă  la probitĂ© scientifique. Ces dernières annĂ©es, un certain nombre de fraudes ont dĂ©frayĂ© la chronique.


     Quelques exemples de fraudes cĂ©lèbres :

    Liste :
  • Lyssenko a truquĂ© ses rĂ©sultats pour Ă©tayer sa thĂ©orie de la transmission hĂ©rĂ©ditaire des caractères acquis.
  • Le crâne de l’homme de Piltdown, reprĂ©sentant Ă  une Ă©poque le chaĂ®non manquant entre les singes et les hominidĂ©s, Ă©tait en fait une mâchoire de singe sur un crâne humain.
  • le physicien Jan Hendrik Schön alors aux Bell Labs, a publiĂ© de nombreux articles sur les nanotechnologies et notamment sur la supraconductivitĂ© des molĂ©cules de carbone sphĂ©riques jusqu'Ă  ce que, en mai 2002, ses travaux fussent contestĂ©s et ses rĂ©sultats dĂ©noncĂ©s comme frauduleux.

     Mais l'accusation de fraude scientifique pose problème. La SociĂ©tĂ© GĂ©ologique de France a d'ailleurs rĂ©habilitĂ© en 1991 un scientifique condamnĂ© pour fraude en 1919: Jacques Deprat. C'est le seul cas connu de rĂ©habilitation, Ă  titre posthume.

  - Sous-chapitre : La controverse


     Elle est un Ă©lĂ©ment très important de la dynamique de la science.






Chapitre : Par pays


  - Sous-chapitre : France






Chapitre : Vous pouvez voir également :



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  - Sous-chapitre : Articles connexes

  - Sous-chapitre : Notes et rĂ©fĂ©rences

  1. ↑ Bacon, 1983 [1626]
  2. ↑ Lecourt, 1999, p. 99
  3. ↑ voir à ce sujet les travaux de Terry Shinn
  4. ↑ C'est par exemple le cas de Katia et Maurice Krafft, célèbres volcanologues
  5. ↑ De ce point de vue, la France est une exception, la recherche y étant emnée principalement dans des organismes de recherche comme le CNRS

  - Sous-chapitre : Liens externes

  - Sous-chapitre : Bibliographie


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