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Définition Wikipédia de : Pois



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Pois
 Pisum sativum
Pisum sativum
Classification classique
RègnePlantae
Sous-règneTracheobionta
DivisionMagnoliophyta
ClasseMagnoliopsida
Sous-classeRosidae
OrdreFabales
FamilleFabaceae
Sous-familleFaboideae
TribuFabeae
GenrePisum
Nom binominal
Pisum sativum
L., 1753
Classification phylogénétique
OrdreFabales
FamilleFabaceae
Pois mange-tout chinois



Introduction :

      Pois mange-tout chinois







Sous-familleFaboideae
Suite de l'article :

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     Le pois (Pisum sativum L.) est une espèce de plante annuelle de la famille des lĂ©gumineuses (FabacĂ©es), largement cultivĂ©e pour ses graines, consommĂ©es comme lĂ©gume ou utilisĂ©es comme aliment du bĂ©tail. Le terme dĂ©signe aussi la graine elle-mĂŞme, riche en Ă©nergie (amidon) et en protĂ©ines (de 16 Ă  40 %). Les pois secs se prĂ©sentent souvent sous la forme de « pois cassĂ©s Â». Les pois frais sont plus couramment appelĂ©s « petits pois Â».


     Le pois est cultivĂ© depuis l'Ă©poque nĂ©olithique et a accompagnĂ© les cĂ©rĂ©ales dans l'apparition de l'agriculture au Proche-Orient. Il Ă©tait dans l'AntiquitĂ© et au Moyen Ă‚ge un aliment de base en Europe et dans le bassin mĂ©diterranĂ©en, l'association du pois, ou de la fève, et du blĂ© procurant une alimentation Ă©quilibrĂ©e notamment en protĂ©ines (Ă  l'instar de l'association haricot-maĂŻs chez les AmĂ©rindiens). De nos jours sa culture est pratiquĂ©e dans les cinq continents, particulièrement dans les rĂ©gions de climat tempĂ©rĂ© d'Eurasie et d'AmĂ©rique du Nord.


     Le pois sec est un aliment traditionnellement important dans certains pays, notamment le sous-continent indien et l'Éthiopie, mais il est relativement dĂ©laissĂ© comme fĂ©culent et comme source de protĂ©ines dans la plupart des pays occidentaux, oĂą il est dĂ©sormais principalement cultivĂ© pour l'alimentation animale ou pour l'exportation. Depuis le XVII siècle, le petit pois est devenu un lĂ©gume frais très prisĂ©, dont la consommation Ă  longueur d'annĂ©e est favorisĂ©e par les techniques de conservation et de surgĂ©lation.

- Sommaire de la page -





     







Chapitre : Aspects botaniques


  - Sous-chapitre : Description morphologique

Appareil végétatif




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Folioles et vrilles



     Le pois est une plante grimpante herbacĂ©e annuelle. Le système radiculaire est de type pivotant, pouvant atteindre une profondeur d'un mètre dans des conditions de sol favorables, mais cependant très ramifiĂ©, surtout dans la couche superficielle du sol. Les radicelles de 2 ou 3 ordre portent des nodositĂ©s, siège de la fixation symbiotique de l'azote. La bactĂ©rie concernĂ©e, qui est Ă©galement prĂ©sente sur les genres Lathyrus et Lens, est Rhizobium leguminosarum biovar viciae.


     La tige, peu ramifiĂ©e, de longueur variant de 50 cm Ă  1,5 m, voire jusqu'Ă  deux mètres chez le pois fourrager, est Ă  croissance indĂ©terminĂ©e. Elle est creuse, de section cylindrique, et grimpe en s'accrochant aux supports par les vrilles des feuilles. Elle se caractĂ©rise par un certain nombre de nĹ“uds, ou mailles, dont les premiers sont purement vĂ©gĂ©tatifs (Ă©mettant des feuilles ou des ramifications) et les suivants reproducteurs (portant des fleurs). Chez les variĂ©tĂ©s et cultivars les plus prĂ©coces, les premières fleurs apparaissent dès le quatrième nĹ“ud, tandis que chez les plus tardives elles peuvent n'apparaĂ®tre qu'au 25.




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Feuilles de pois :
1 : type normal,
2 : type 'afila' sans folioles



     Les feuilles, alternes, sont composĂ©es d'une Ă  quatre paires de folioles sessiles, opposĂ©es et terminĂ©es par une vrille simple ou ramifiĂ©e. Les folioles sont entières, obovales, et ont de 1,5 Ă  6 cm de longueur. Chez certaines variĂ©tĂ©s, elles sont partiellement transformĂ©es en vrilles. Chez les variĂ©tĂ©s de type 'afila', toutes les folioles sont remplacĂ©es par des vrilles, les fonctions foliaires (photosynthèse) Ă©tant alors assurĂ©es par les stipules. Inversement chez les variĂ©tĂ©s de type 'accacia', les vrilles sont transformĂ©es en folioles.


     Les feuilles possèdent Ă  leur base deux grandes stipules embrassantes, arrondies et crĂ©nelĂ©es Ă  la base. Souvent plus grandes que les folioles, elles peuvent atteindre 10 cm de long. Certaines variĂ©tĂ©s ont des stipules allongĂ©es caractĂ©ristiques dites « en oreilles de lapin Â». Les stipules portent parfois des taches rouges (prĂ©sence d'anthocyanes), caractĂ©ristiques de certaines variĂ©tĂ©s, notamment chez les pois fourragers.


     Les deux premières feuilles primordiales sont rĂ©duites Ă  des Ă©cailles.

Appareil reproducteur




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Fleur de pois





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Diagramme floral



     Les fleurs, de type « papilionacĂ© Â», sont zygomorphes, Ă  ovaire supère et clĂ©istogames. Elles apparaissent Ă  l'aisselle des feuilles, solitaires ou groupĂ©es en racème lâche de deux ou trois fleurs. Le calice, de couleur verte, est formĂ© de cinq sĂ©pales soudĂ©s et prĂ©sente cinq dents inĂ©gales. La corolle compte cinq pĂ©tales très diffĂ©renciĂ©s, l'Ă©tendard redressĂ© en position postĂ©rieure, les deux ailes en position latĂ©rale enveloppant la carène, elle-mĂŞme formĂ©e de deux pĂ©tales infĂ©rieurs, partiellement soudĂ©s. La corolle est gĂ©nĂ©ralement entièrement blanche, parfois rose, pourpre ou violette. L'androcĂ©e qui comprend dix Ă©tamines, une libre et neuf soudĂ©es par leur filet en une gouttière ouverte vers le haut, est dit diadelphe. Le gynĂ©cĂ©e est formĂ© d'un carpelle unique uniloculaire Ă  placentation marginale portant des ovules recourbĂ©s (campylotropes). Ce carpelle est interprĂ©tĂ© comme l'Ă©volution d'une feuille repliĂ©e le long de sa nervure mĂ©diane et soudĂ©e par ses marges, auxquelles sont attachĂ©s les ovules.


     La formule florale est donc 5S 5P 10E 1C (formule simplifiĂ©e) ou •|• S(5) P5 E(9)+1 C1 (formule complète).


     Les fleurs Ă©tant fermĂ©es (clĂ©istogamie), la fĂ©condation est principalement autogame, la pollinisation intervenant avant l'Ă©panouissement complet de la fleur. Ce caractère facilite la sĂ©lection de lignĂ©es pures et le maintien de variĂ©tĂ©s stables. Toutefois certains insectes hymĂ©noptères, tels les mĂ©gachiles, sont capables de pĂ©nĂ©trer dans les fleurs et de provoquer des pollinisations croisĂ©es.


     Le fruit est une gousse dĂ©hiscente bivalve, appelĂ©e aussi cosse, de 4 Ă  15 cm de long, contenant de 2 Ă  10 graines rondes lisses ou anguleuses, de 5 Ă  8 mm de diamètre. Ces gousses prĂ©sentent des variations morphologiques selon les variĂ©tĂ©s ; leur forme gĂ©nĂ©rale est droite ou plus ou moins arquĂ©e, leur extrĂ©mitĂ© plus ou moins effilĂ©e ou tronquĂ©e. Elles comportent gĂ©nĂ©ralement une membrane sclĂ©rifiĂ©e, le parchemin, qui est absente chez les variĂ©tĂ©s de type « mangetout Â». Leur couleur est gĂ©nĂ©ralement verte, parfois violette.




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Graines de pois dans leur gousse





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Graines de pois





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Graines ridées, cultivar 'Merveille de Kelvedon'



     Comme chez toutes les lĂ©gumineuses, les graines sont exalbuminĂ©es et les rĂ©serves nutritives Ă  disposition de l'embryon sont contenues dans les deux cotylĂ©dons hĂ©misphĂ©riques hypertrophiĂ©s qui reprĂ©sentent la quasi-totalitĂ© du volume des graines. Elles peuvent ĂŞtre de couleur vert pâle Ă  maturitĂ© lorsque les cotylĂ©dons restent chlorophylliens comme chez les haricots flageolets verts, ou bien blanchâtre, jaune ou brunes. Elles peuvent ĂŞtre lisses ou ridĂ©es. Leur taille est très variable selon les variĂ©tĂ©s et cultivars. Le poids de 1000 grains secs peut aller de moins de 150 g Ă  300 g.


     Les graines peuvent conserver leur facultĂ© germinative de trois Ă  cinq ans. Elles ne sont pas soumises au phĂ©nomène de dormance et peuvent donc germer immĂ©diatement après avoir atteint le stade de la maturation. La germination des pois est « hypogĂ©e Â».


     Les cotylĂ©dons contiennent des substances de rĂ©serve, en moyenne 50 % d'amidon et jusqu'Ă  25 % de protĂ©ines (chez le pois protĂ©agineux). L'amidon est constituĂ© d'amylose et d'amylopectine en proportions variables : plus d'amylopectine chez les variĂ©tĂ©s Ă  graines lisses et plus d'amylose chez celles Ă  graines ridĂ©es, qui contiennent par ailleurs plus de sucres (voir le paragraphe Composition et valeur nutritive). La partie protĂ©ique est constituĂ©e essentiellement de trois fractions protĂ©iques solubles : les albumines, les vicilines et les convicilines, et la lĂ©gumine. La fraction des albumines contient, en faible teneur, diverses protĂ©ines enzymatiques biologiquement actives : lipoxygĂ©nases, lectines, inhibiteurs de protĂ©ases.


     Le gĂ©nome du pois comprend sept paires de chromosomes (2n=14). Sa taille est estimĂ©e Ă  4 500 Mpb, dont 90 % sont constituĂ©es de sĂ©quences rĂ©pĂ©tĂ©es de type rĂ©trotransposons.

  - Sous-chapitre : Écologie


     TempĂ©ratures : le pois cultivĂ© est une plante de climat tempĂ©rĂ© frais et relativement humide. Il est moins sensible au froid que le haricot et peut germer Ă  partir de +5 °C. Les jeunes plants (avant le stade de floraison) peuvent supporter le gel, mais les fleurs peuvent ĂŞtre dĂ©truites par le froid Ă  partir de -3,5 °C et les nĹ“uds vĂ©gĂ©tatifs Ă  partir de -6 °C. La tempĂ©rature moyenne optimale de croissance se situe entre 15 et 19 °C. Au-delĂ  de 27 °C, la vĂ©gĂ©tation et la pollinisation risquent d'ĂŞtre affectĂ©es.


     PluviomĂ©trie : la pluviomĂ©trie idĂ©ale se situe entre 800 et 1 000 mm par an.


     PhotopĂ©riodisme : le pois est lĂ©gèrement sensible Ă  la photopĂ©riode, les jours longs favorisant la floraison.


     Sols : le pois s'accommode de tous les types de sols sous rĂ©serve qu'ils soient bien drainĂ©s et qu'ils offrent une bonne capacitĂ© de rĂ©tention en eau. Le pH optimal se situe entre 5,5 et 7,0.

  - Sous-chapitre : Classification


     L'espèce Pisum sativum appartient au genre Pisum, classĂ© dans la tribu des Fabeae (ou Viciae) en compagnie des genres proches Lathyrus L. (gesses), Lens Mill. (lentilles), Vavilovia Fed. et Vicia L. (vesces). Le genre Pisum, après avoir comptĂ© plus d'une douzaine d'espèces, n'en regroupe plus que deux : Pisum sativum L. et Pisum fulvum Sm. Toutes les autres ont Ă©tĂ© relĂ©guĂ©es au rang de sous-espèces ou variĂ©tĂ©s de Pisum sativum, avec laquelle elles sont toutes interfertiles.


     L'espèce Pisum sativum prĂ©sente une très grande diversitĂ© gĂ©nĂ©tique qui se manifeste dans les nombreuses variations des caractères morphologiques des fleurs, des feuilles, des tiges, des gousses et des graines, ce qui a motivĂ© diverses classifications des formes intraspĂ©cifiques. Les principales sous-espèces et variĂ©tĂ©s sont les suivantes :

    Liste :
  • Pisum sativum L. subsp. elatius (Steven ex M. Bieb.) Asch. & Graebn. : c'est la forme sauvage des actuels pois cultivĂ©s, originaire de la partie orientale du bassin mĂ©diterranĂ©en, jusqu'au Caucase, Ă  l'Iran et au TurkmĂ©nistan, Ă  laquelle se rattache la variĂ©tĂ© pumilio.
      Liste :
    • Pisum sativum L. subsp. elatius (Steven ex M. Bieb.) Asch. & Graebn. var. pumilio Meikle (syn. Pisum sativum subsp. syriacum Berger) : sous-espèce la plus xĂ©rophyte, prĂ©sente dans la vĂ©gĂ©tation des prairies sèches et des forĂŞts de chĂŞnes du Proche et du Moyen-Orient, de Chypre et de Turquie jusqu'Ă  la Trancauscasie, l'Irak et le Nord et l'Ouest de l'Iran.
  • Pisum sativum subsp. transcaucasicum Govorov : forme cultivĂ©e dans le nord du Caucase et dans la partie centrale des montagnes transcaucasiennes.
  • Pisum sativum L. subsp. abyssinicum (A. Braun) Govorov : le pois d'Abyssinie est une forme cultivĂ©e en Éthiopie et au YĂ©men.



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Pois 'Roveja', cultivar traditionnel italien de Pisum sativum subsp sativum var arvense L.


    Liste :
  • Pisum sativum subsp. asiaticum Govorov : cette forme est cultivĂ©e du Proche et du Moyen-Orient, jusqu'Ă  la Mongolie, au Nord-Ouest de la Chine, au Tibet et au Nord de l'Inde, ainsi qu'en Égypte. Les graines sont consommĂ©es et servent, ainsi que la plante entière, Ă  nourrir les animaux.
  • Pisum sativum L. subsp. sativum : c'est la sous-espèce la plus importante actuellement ; elle dĂ©rive par la domestication de la forme Pisum sativum subsp. elatius. Elle compte trois variĂ©tĂ©s principales et d'innombrables cultivars (voir le paragraphe « VariĂ©tĂ©s cultivĂ©es Â» plus bas):
      Liste :
    • Pisum sativum L. subsp. sativum var. arvense (L.) Poir. : pois protĂ©agineux, pois fourrager ou pois des champs ;
    • Pisum sativum L. subsp. sativum var. sativum : petit pois, pois potager ou pois des jardins ;
    • Pisum sativum L. subsp. sativum var. macrocarpon : pois mangetout, et pois croquetout (mangetouts charnus).





Chapitre : Histoire


  - Sous-chapitre : PrĂ©histoire et AntiquitĂ©


     Le pois est une plante très anciennement cultivĂ©e dans l'Ancien monde puisque sa culture a vraisemblablement commencĂ© il y a environ 8 000 ans dans la rĂ©gion du Croissant fertile, dans le mĂŞme processus que certaines cĂ©rĂ©ales (blĂ©, orge) et d'autre lĂ©gumineuses (vesce, lentille). On a dĂ©couvert dans des sites archĂ©ologiques du NĂ©olithique de la Grèce Ă  l'Irak entre 7 500 et 5 000 ans avant JĂ©sus-Christ, des restes provenant soit de plantes de cueillette, soit de plantes domestiquĂ©es. Par la suite, sa culture s'est diffusĂ©e vers l'ouest (Europe) et vers l'est (Inde). On en trouve trace notamment dans le site d'Hissarlik (l'antique Troie), en Europe centrale (vers -4 000 ans), en Europe occidentale et en Inde (vers -2 000 ans). Des restes de pois ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s notamment dans des habitats lacustres du dĂ©but de l'âge du bronze en Suisse et en France (lac du Bourget).

Sites archéologiques du Proche-Orient et des Balkans
où l'on a trouvé des restes de pois
SitesPaysPériodeAutres espèces présentes
ÇayönüTurquie-7500 -6500engrain, amidonnier, lentille, vesce, lin
Jéricho Néolithique
avant poterie
Cisjordanievers -7000engrain, amidonnier, orge à deux rangs mondée, lentille, vesce
JarmoIrak-6750engrain, amidonnier, orge à deux rangs mondée, lentille, vesce
Çatal Hüyük, VI-IITurquie-5850 -5600engrain, amidonnier, blé tendre, orge à deux rangs mondée, vesce
HacilarTurquievers -7000engrain spontané, amidonnier, orge à six rangs nue, lentille, vesce
Can Hassan Néolithique supérieurTurquievers -5250orge à six rangs mondée
GhedikiGrèce (Thessalie)vers -6000 -5000engrain, amidonnier, orge à deux rangs mondée, orge à deux rangs nue, lentille, vesce
SeskloGrèce (Thessalie)vers -6000 -5000amidonnier, orge à deux rangs mondée

     Le pois Ă©tait cultivĂ© dans l'AntiquitĂ© par les Grecs et les Romains. Il est notamment citĂ© par ThĂ©ophraste dans son Histoire des Plantes au III siècle av. J.-C., puis par Columelle (De re rustica) et Pline dans son Histoire naturelle Ă©crite vers l'an 77 de notre ère. Selon Columelle, le pois Ă©tait semĂ©, comme les autres lĂ©gumineuses, Ă  l'Ă©quinoxe d'automne, en « terre meuble et lĂ©gère Â».

  - Sous-chapitre : Du Moyen Ă‚ge au XVIII siècle


     Vers l'an 800, sous Charlemagne, le pois est citĂ© sous le nom de pisos mauriscos parmi les plantes potagères recommandĂ©es dans le capitulaire De Villis. Les pois secs, faciles Ă  conserver, constituent tout au long du Moyen Ă‚ge l'une des principales ressources alimentaires des classes pauvres. Ils sont souvent cuisinĂ©s avec du lard.


     Un vieux quatrain paysan rappelle leur importance :

« Qui a des pois et du pain d’orge,
Du lard et du vin pour sa gorge,
Qui a cinq sous et ne doit rien,
Il se peut dire qu’il est bien. Â»

     Dans le Viandier de Taillevent, qui remonterait au XIII siècle, se trouve la recette de la crĂ©tonnĂ©e de pois nouveaux, potĂ©e Ă©paisse aux pois ; cependant, les « pois nouveaux Â» dont il est question ne seraient pas encore les « petits pois Â».


     L'introduction du pois dans le Nouveau Monde a Ă©tĂ© faite pour la première fois Ă  Saint-Domingue par Christophe Colomb lors de son premier voyage en AmĂ©rique.


     La consommation des gousses entières (pois mangetout ou pois gourmand) est attestĂ©e depuis le XVI siècle aux Pays-Bas et en France. Le mangetout est mentionnĂ© par Jean Ruel dans son ouvrage De Natura Stirpium libri tres publiĂ© en 1536.


     La consommation du petit pois (grain vert frais) s'est dĂ©veloppĂ©e en France Ă  l'Ă©poque de Louis XIV. C'est le 18 janvier 1660 que le sieur Audiger (ou Audiguier), officier de bouche de la comtesse de Soissons, prĂ©senta Ă  la cour du roi Louis XIV, des pois verts en gousse rapportĂ©s d'Italie. Ils furent Ă©cossĂ©s et prĂ©parĂ©s Ă  la française pour le roi, la reine et le cardinal et ce fut le dĂ©part d'une mode qui fit fureur Ă  la Cour, flattĂ©e par la prĂ©cocitĂ© du produit. Madame de SĂ©vignĂ© Ă©crira plus tard, en mai 1696 :

« Le chapitre des pois dure toujours : l'impatience d'en manger, le plaisir d'en avoir mangĂ©, et la joie d'en manger encore, sont les trois points que nos princes traitent depuis quatre jours. Il y a des dames qui après avoir soupĂ© avec le roi, et bien soupĂ©, trouvent des pois chez elles pour manger avant de se coucher, au risque d'une indigestion : c'est une mode, une fureur, et l'une suit l'autre. Â»

     Au XVIII siècle, le poète irlandais Oliver Goldsmith, qui voyagea Ă  plusieurs reprises en France, s'en prit Ă  la cuisson des petits pois « Ă  la française Â», qu'il accusait dans ses lettres de toxicitĂ©.

  - Sous-chapitre : Depuis le XIX siècle


     Thomas Jefferson, qui fut le troisième prĂ©sident des États-Unis, de 1801 Ă  1809, passionnĂ© de sciences et en particulier d'agronomie, s'intĂ©ressa beaucoup Ă  la viticulture, mais aussi aux petits pois. Il en cultiva de nombreuses variĂ©tĂ©s dont il cherchait Ă  amĂ©liorer la prĂ©cocitĂ© dans son domaine de Monticello.


     Au cours du XIX siècle, la vogue des petits pois se rĂ©pandit en France et le nombre de variĂ©tĂ©s s'accrĂ»t. Denaiffe et fils, sĂ©lectionneurs, en recenseront environ 250 dans leur ouvrage sur les pois potagers publiĂ© en 1906. Cette citation attribuĂ©e Ă  Gustave Flaubert, qui Ă©levait des canards, tĂ©moigne de cet engouement. Il avait coutume de s'Ă©crier quand ses volatiles devenaient par trop bruyants : « Il me semble qu'il est temps d'Ă©cosser les petits pois Â».


     Vers la fin du XIX siècle, se dĂ©veloppe la production des « pois cassĂ©s Â», pois secs dont le tĂ©gument, relativement indigeste, a Ă©tĂ© retirĂ© par abrasion.


     Depuis le dĂ©but du XX siècle siècle, la production des petits pois s'industrialise dans les pays occidentaux (Europe, AmĂ©rique du Nord) grâce au dĂ©veloppement de la conserve et de la surgĂ©lation. Ce mouvement s'accompagne de la culture en plein champ qui se mĂ©canise rapidement.


     Dans les annĂ©es 1920, un inventeur amĂ©ricain, Clarence Birdseye, fondateur de la sociĂ©tĂ© General Seafood, produit les premiers petits pois surgelĂ©s.




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Statue du Géant Vert à Blue Earth, Minnesota



     En 1926, la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine Minnesota Valley Canning Company, qui prendra par la suite le nom de Green Giant, crĂ©e la marque « GĂ©ant Vert Â» pour commercialiser des petits pois, plus grands que les petits pois habituels. Cette marque, toujours utilisĂ©e, est devenue la propriĂ©tĂ© de General Mills. La mĂŞme annĂ©e, en France, la sociĂ©tĂ© Bonduelle, qui est devenue le numĂ©ro un en Europe des lĂ©gumes en conserve, produit Ă  l'usine Bonduelle de Renescure (Nord) ses premières boĂ®tes de petits pois.


     Ă€ partir de 1979, un semencier amĂ©ricain, Rogers (filiale de Syngenta), commercialise, sous le nom de 'sugar snap pea', un nouveau cultivar de la variĂ©tĂ© pois gourmand Ă  gousse charnue dont le marchĂ© se dĂ©veloppe aux États-Unis. Ce type de pois Ă©tait dĂ©jĂ  connu dans le passĂ© ; parmi les pois sans parchemin prĂ©sentĂ©s par Vilmorin-Andrieux dans Les Plantes potagères (première Ă©dition en 1883) figurait une variĂ©tĂ© appelĂ©e « pois beurre Â» aux gousses charnues dont l'Ă©paisseur atteignait un demi-centimètre.


     Le pois sec a connu un nouveau dĂ©veloppement vers la fin du XX siècle, orientĂ© surtout vers l'alimentation animale, en Europe d'abord, puis au Canada et en Australie notamment.


     En Europe, notamment en France, la culture du pois protĂ©agineux s'est fortement dĂ©veloppĂ©e dans les annĂ©es 1970-1980 comme source de protĂ©ines pour l'alimentation animale. Le facteur dĂ©clencheur fut l'embargo dĂ©crĂ©tĂ© en 1973 par les États-Unis sur leurs exportations de tourteaux de soja, qui mit en Ă©vidence la dĂ©pendance stratĂ©gique de l'Europe vis-Ă -vis des importations de protĂ©ines d'origine vĂ©gĂ©tale. En France par exemple, les surfaces cultivĂ©es sont ainsi passĂ©es de 500 hectares en 1977 Ă  500 000 hectares en 1985. Depuis la fin des annĂ©es 1990, les surfaces ensemencĂ©es en pois tendent Ă  rĂ©gresser du fait de la baisse relative des aides communautaires.


     Depuis le dĂ©but des annĂ©es 1990, le Canada, cherchant Ă  diversifier ses productions agricoles, a doublĂ© sa production de pois secs (cultivĂ©s principalement dans les provinces de Manitoba, Saskatchewan et Alberta) dont il est devenu le premier producteur mondial et Ă©galement le premier exportateur, notamment vers l'Inde.


     En 1998, une carte gĂ©nĂ©tique consensuelle du pois est Ă©tablie et validĂ©e par les rĂ©sultats obtenus dans trois laboratoires diffĂ©rents.






Chapitre : Utilisations alimentaires


Pois secs
Valeur nutritionnelle
moyenne pour 100 g
Eau12 g
Valeur calorique330 kcal
Protides/Glucides/Lipides
Protides23 g
Glucides56 g
Lipides1,7 g
Vitamines
Vitamine B10,77 mg
Vitamine B20,20 mg
Vitamine B3 ou PP3,1 mg
Vitamine C3 mg
Sels minéraux
Calcium60 mg
Chlore50 mg
Fer5,5 mg
Potassium930 mg
Magnésium130 mg
Sodium40 mg
Phosphore380 mg
Soufre219 mg
Zinc3,5 mg
Acides gras
Acides aminés essentiels
Isoleucine930 mg
Leucine1480 mg
Lysine1620 mg
Méthionine210 mg
Phénylalanine1000 mg
Thréonine860 mg
Tryptophane210 mg
Valine1000 mg
Divers
Fibres15 g
Cellulose5,4 g

     L'espèce Pisum sativum fournit plusieurs types d'aliments tant pour l'homme que pour les animaux :

    Liste :
  • les pois secs, c'est-Ă -dire les graines rĂ©coltĂ©es Ă  maturitĂ©, constituent un lĂ©gume sec, et sont aussi donnĂ©es aux animaux domestiques soit telles quelles (volailles, oiseaux) soit sous forme de farines (porcins, bovins) ; ces graines sont aussi une matière première pour l'industrie de transformation (amidonnerie, extraits protĂ©iques),
  • les pois frais, soit sous forme de graines immatures, soit de gousses entières Ă©galement immatures, sont un lĂ©gume frais (« petits pois Â», « pois mangetout Â» ou « pois gourmands Â»),
  • les jeunes pousses feuillĂ©es sont aussi consommĂ©es en lĂ©gume, particulièrement en Asie, ainsi que les graines germĂ©es,
  • la plante entière fournit un fourrage aux ruminants, soit en sec, soit en vert, frais ou ensilĂ© ; on utilise aussi Ă  cet effet la « paille Â», c'est-Ă -dire les fanes restant sur le terrain après la rĂ©colte des gousses ou des graines.

  - Sous-chapitre : Composition et valeur nutritive




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Le petit pois





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Pois cassés





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Petits pois surgelés



     Frais ou secs, les pois ont en commun d'ĂŞtre des aliments riches en Ă©nergie et en protĂ©ines.


     Les pois secs (12 % d'humiditĂ©) sont des fĂ©culents, comparables Ă  d'autres lĂ©gumineuses (haricots secs, lentilles, fèves sèches, pois chiches), et aux cĂ©rĂ©ales par leur valeur Ă©nergĂ©tique (330 cal/100 g). La partie glucidique des pois est formĂ©e essentiellement d'amidon (amylose et amylopectine en proportion variable selon les variĂ©tĂ©s) qui reprĂ©sente en moyenne 50 % de la graine, et de sucres (environ 6 %), comprenant du saccharose et des oligosaccharides, dont le stachyose, qui peuvent ĂŞtre responsables de phĂ©nomènes de flatulence. Comme toutes les graines de lĂ©gumineuses, ils ont un index glycĂ©mique modĂ©rĂ©, voisin de 32 (100 Ă©tant la valeur attribuĂ©e par convention au glucose).


     Ils sont aussi riches en protĂ©ines. Celles-ci, Ă  teneur Ă©levĂ©e en lysine, sont toutefois dĂ©ficientes en certains acides aminĂ©s essentiels comme la mĂ©thionine et le tryptophane. En les associant avec des aliments Ă  base de cĂ©rĂ©ales (par exemple du pain), qui sont au contraire dĂ©ficients en lysine, on obtient une bonne complĂ©mentaritĂ©. En alimentation animale, le pois fait partie des plantes protĂ©agineuses et constitue l'une des « matières riches en protĂ©ines Â» (MRP) aux cĂ´tĂ©s d'autres produits ou sous-produits entrant dans la composition des rations animales, comme la fèverole, le lupin, la luzerne les tourteaux de soja, de colza, de tournesol, etc.


     Leur richesse en fibres est considĂ©rĂ©e comme un atout en nutrition humaine, mais pas en nutrition animale car elles contrarient l'assimilation des protĂ©ines et de l'amidon par les animaux monogastriques.


     Les pois sont une bonne source de minĂ©raux, notamment potassium, phosphore, calcium et fer, ainsi que de vitamines B, notamment de folate ou vitamine B9 (70 ÎĽg/100g). Ils se distinguent Ă©galement par leur très faible teneur en matières grasses, moins de 2 %, majoritairement constituĂ©es d'acides gras insaturĂ©s ou polyinsaturĂ©s, et par l'absence de gluten.


     Les petits pois, plus riches en eau (74 %), n'apportent que 92 cal/100 g (crus), mais sont plus Ă©nergĂ©tiques que la majoritĂ© des lĂ©gumes verts. Ils sont plus riches en sucres solubles que les pois secs. Ils sont aussi intĂ©ressants pour leurs apports en lysine et en fibres, composĂ©es en en majoritĂ© d'hĂ©micelluloses lorsqu'ils sont jeunes. Les petits pois sont aussi une bonne source de vitamine C (acide ascorbique) avec 25 mg/100 g.


     Les graines de pois secs contiennent divers facteurs antinutritionnels, notamment des facteurs antitrypsiques, des phytohĂ©magglutinines et des tannins, en quantitĂ©s toutefois nettement plus faibles que chez d'autres lĂ©gumineuses comme le haricot ou le soja. Les tanins, prĂ©sents dans le tĂ©gument des graines, sont absents des variĂ©tĂ©s Ă  fleurs blanches. Toutes les variĂ©tĂ©s de pois potagers (sauf certaines variĂ©tĂ©s de poids gourmands dont on ne laisse pas les graines se dĂ©velopper), et de pois protĂ©agineux sont Ă  fleurs blanches. Les tanins donnent en effet un goĂ»t amer aux graines et diminuent leur digestibilitĂ©.


     La consommation de pois peut provoquer des rĂ©actions allergiques chez certaines personnes, notamment en rĂ©action croisĂ©e avec des allergènes de la lentille. Elles sont provoquĂ©es par certaines protĂ©ines, les vicilines, prĂ©sentes aussi chez la lentille et d'autres lĂ©gumineuses.

  - Sous-chapitre : Alimentation humaine


     Le pois potager se consomme soit en sec, soit en frais.


     En sec, c'est le « pois cassĂ© Â» (graine dĂ©barrassĂ©e de ses tĂ©guments et dont les deux cotylĂ©dons sont sĂ©parĂ©s). Le pois cassĂ© est souvent prĂ©parĂ© en purĂ©e. Il est vert ou jaune.




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Petits pois en bocaux. L'appertisation altère la couleur des petits pois.





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Pois gourmands



     En frais, on consomme soit les graines seules, c'est le pois vert ou « petit pois Â», lancĂ© en France Ă  l'Ă©poque de Louis XIV, soit la gousse entière, c'est le « mangetout Â» ou « pois gourmand Â», qui a une gousse plate et se consomme au dĂ©but de la formation des grains (sinon, du parchemin se forme sur la gousse). Les AmĂ©ricains ont relancĂ© le « croquetout Â» (sugar snap pea) qui est un mangetout charnu Ă  la gousse ronde qui se consomme une fois les grains formĂ©s. Il est très sucrĂ© et plus croquant que le mangetout.


     Les feuilles tendres et les jeunes pousses sont Ă©galement parfois consommĂ©es, notamment en Asie.


     Le petit pois est la matière première d'une importante industrie de mise en conserve (appertisation et surgĂ©lation).


     Les graines de pois secs torrĂ©fiĂ©es constituent un ersatz de cafĂ©.

Commercialisation

Normalisation des
petits pois surgelés

calibrage B
calibreDimensions
des cribles ronds
extra-finsjusqu'Ă  7,5 mm
très finsjusqu'à 8,2 mm
finsjusqu'Ă  8,75 mm
mi-finsjusqu'Ă  10,2 mm
moyensplus de 10,2 mm

     Les petits pois se prĂ©sentent sous trois formes : frais, en conserve ou surgelĂ©s. En France la consommation est estimĂ©e Ă  2,2 kg par personne et par an, dont seulement 250 g de petits pois frais Ă  Ă©cosser (chiffres 2001).


     Les petits pois frais, commercialisĂ©s en gousses, sont un produit de saison dont la part est relativement marginale dans la consommation. Dans l'Union europĂ©enne, les pois Ă  Ă©cosser et mangetouts doivent respecter des normes de commercialisation fixĂ©es par un règlement communautaire de 1999, qui prĂ©voit notamment leur classement en deux catĂ©gories.


     Les petits pois en conserve (appertisĂ©s) sont disponibles toute l'annĂ©e et constituent l'essentiel du marchĂ©. Ils sont souvent vendus en mĂ©lange avec de jeunes carottes.


     Les petits pois surgelĂ©s se sont dĂ©veloppĂ©s depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Leur part, qui Ă©tait d'environ 30 % en 2001 en France, tend Ă  progresser.




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Cageots de petits pois à écosser, marché de Union Square Greenmarket, New York



     Pour les petits pois en conserve et surgelĂ©s, les normes Codex prĂ©voient la possibilitĂ© de calibrer les pois en trois ou cinq classes, d'extra-fins Ă  moyens. Les catĂ©gories les plus fines sont très recherchĂ©es pour les conserves, moins pour les surgelĂ©s. Il existe chez ces derniers une catĂ©gorie de calibre assez gros (supĂ©rieur Ă  9 mm) vendus sous le nom de garden peas ou « gros pois anglais Â».

Traditions culinaires

Les pois frais
« Les petits pois sont sans contredit le meilleur de tous les lĂ©gumes qui se mangent Ă  Paris Â»

— Grimod de La Reynière, in Le Gastronome français ou l'art de bien vivre.




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Cœurs de laitue braisés aux petits pois



     Les petits pois frais servent de lĂ©gume d'accompagnement et sont prĂ©parĂ©s traditionnellement « Ă  l'anglaise Â» ou « Ă  la française Â». Ă€ l'anglaise, les petits pois sont cuits dans de l'eau salĂ©e portĂ©e Ă  Ă©bullition. En fin de cuisson on les Ă©goutte et on ajoute du beurre (Les Anglais ajoutent aussi de la menthe). Ă€ la française, ils sont cuits Ă  l'Ă©tuvĂ©e au beurre, avec des petits oignons nouveaux et de la laitue, mouillĂ©s d'un peu d'eau. Au moment de servir, ils sont liĂ©s avec du beurre ou de la crème. Ils entrent aussi dans la prĂ©paration de salades, de jardinières de lĂ©gumes, de macĂ©doines et de purĂ©es.


     Dans la cuisine française, l'expression « Ă  la Clamart Â» signifie accompagnĂ© d'une garniture aux petits pois (exemple : escalope de veau Ă  la Clamart). Clamart est le nom d'une ancienne variĂ©tĂ© de pois ronds qui Ă©tait cultivĂ©e dans la commune Ă©ponyme des Hauts-de-Seine. « Ă€ la Fontanges Â» dĂ©signe un potage prĂ©parĂ© Ă  base d'une purĂ©e de petits pois frais, Ă©claircie au consommĂ© et additionnĂ©e d'oseille et de cerfeuil. Cette recette a Ă©tĂ© ainsi dĂ©nommĂ©e en l'honneur de Marie-AngĂ©lique de Scorailles de Roussille, duchesse de Fontanges, qui fut la maĂ®tresse de Louis XIV et mourut Ă  l'âge de vingt ans en 1681. « Ă€ la Saint-Germain Â», Ă  l'Ă©tymologie obscure, s'applique Ă  une recette de purĂ©e de pois ainsi qu'Ă  diverses garnitures contenant des petits pois.


     ApprĂ©ciĂ©s pour leur saveur sucrĂ©e quand ils sont fraĂ®chement cueillis, les petits pois peuvent se consommer crus.


     Les gousses mange-tout (pois gourmands ou pois goulus), appelĂ©s hĂ© lán dòu, 荷兰豆 en chinois, sont utilisĂ©es dans diverses recettes, par exemple sautĂ©es Ă  la poĂŞle ou au wok, notamment dans la cuisine chinoise des États-Unis. Les gousses de pois ne se conservent pas facilement une fois cueillies, et doivent, si elles ne sont pas employĂ©es rapidement, ĂŞtre prĂ©servĂ©es par dĂ©shydratation, mises en conserve ou surgelĂ©es quelques heures après la rĂ©colte.


     En Inde, les petits pois frais entrent dans diverses recettes telles que l'aloo matar (cari de pommes de terre aux pois) ou le matar panir (pois au fromage), prĂ©parĂ© avec du fromage caillĂ© panir, mais ils peuvent aussi bien ĂŞtre remplacĂ©s par des petits pois surgelĂ©s.


     Ă€ Malte, on prĂ©pare des pastizzis, sorte de friands en pâte feuilletĂ©e fourrĂ©s d'une purĂ©e de petits pois ou de ricotta.




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Pousses de pois poêlées



     Dans la cuisine chinoise, les germes de pois (豆苗; dòu miáo) sont couramment sautĂ©s Ă  la poĂŞle et leur prix est relativement Ă©levĂ© du fait de leur saveur agrĂ©able. Les jeunes pousses feuillĂ©es de pois y sont Ă©galement apprĂ©ciĂ©es comme lĂ©gume.


     Les gousses de petits pois Ă  Ă©cosser, habituellement considĂ©rĂ©es comme non comestibles, peuvent ĂŞtre cuisinĂ©es, dans une optique de « cuisine de restes Â». Les frères Troisgros ont ainsi proposĂ© une recette de « potage de cosses de petits pois Â».


     Certaines formes de savoir-vivre requièrent que l'on mange les petits pois avec la seule fourchette, sans s'aider du couteau pour les pousser sur la fourchette.

Les pois secs



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Soupe de pois cassés



     Les pois secs, que l'on trouve le plus souvent sous la forme de pois cassĂ©s, sont souvent prĂ©parĂ©s en soupe, en purĂ©e ou simplement prĂ©parĂ©s tels quels. Les pois secs entiers doivent ĂŞtre mis Ă  tremper au minimum 12 heures avant la cuisson. Du bicarbonate de soude est parfois ajoutĂ© pour les adoucir.


     La soupe de pois cassĂ©s est un plat traditionnel dans plusieurs pays d'Europe et d'AmĂ©rique du Nord.


     Dans la cuisine suĂ©doise, l’ärtsoppa (soupe de pois) est un plat traditionnel qui remonte Ă  l'Ă©poque des Vikings. Il se prĂ©parait avec des pois Ă  croissance rapide capables de mĂ»rir malgrĂ© la courte saison de vĂ©gĂ©tation. L’ärtsoppa Ă©tait très populaire chez les pauvres qui n'avaient habituellement qu'un seul pot dans lequel tout devait cuire ensemble pour prĂ©parer le repas Ă  l'aide d'un trĂ©pied pour maintenir le pot sur le feu. Quand il y avait du porc, il Ă©tait connu sous le nom d’ärtsoppa och fläsk (soupe de pois au lard) et cette tradition a perdurĂ© jusqu'Ă  nos jours. Après la christianisation de la Scandinavie, cette soupe Ă©tait traditionnellement servie le jeudi soir car le vendredi Ă©tait un jour de jeĂ»ne.


     La soupe de pois jaunes est un plat emblĂ©matique du QuĂ©bec. Dans Maria Chapdelaine de Louis Hemon, elle est dĂ©crite comme une nourriture commune de campagnes quĂ©bĂ©coises du dĂ©but du XX siècle.




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Pois au wasabi



     Au Japon, en Chine, Ă  TaĂŻwan et dans certains pays d'Asie du Sud-Est, dont la ThaĂŻlande et la Malaisie, les pois secs sont rĂ´tis et salĂ©s, et consommĂ©s comme amuse-gueules ; au Japon, on en trouve aromatisĂ©s au wasabi.


     Au Royaume-Uni, les pois cassĂ©s servent Ă  la prĂ©paration d'un plat traditionnel, le pease pudding.




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Mushy peas



     Les pois secs Ă  grains verts ridĂ©s (marrowfat), rĂ©hydratĂ©s et Ă©crasĂ©s, y sont connus sous le nom de mushy peas. C'est un plat populaire, originaire du nord de l'Angleterre mais maintenant très rĂ©pandu, en particulier comme accompagnement du fish and chips. En 2005, un sondage sur 2000 personnes montra que les pois Ă©taient le septième lĂ©gume favori des Britanniques.


     En Grèce, en Turquie, Ă  Chypre, et dans d'autres rĂ©gions mĂ©diterranĂ©ennes, les pois secs sont prĂ©parĂ©s en ragoĂ»t avec de la viande et des pommes de terre. En grec, ce ragoĂ»t s'appelle arakas, tandis qu'Ă  Chypre et en Turquie on l'appelle mpizeli ou mpizelia.




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Erbswurst dans son emballage typique



     En Allemagne, on trouve dans les supermarchĂ©s une « saucisse de pois Â» (Erbswurst), vendue sous la marque Knorr. Il s'agit d'une prĂ©paration sous forme de pâte, composĂ©e essentiellement de pois et complĂ©tĂ©e de divers ingrĂ©dients, prĂ©sentĂ©e dans un emballage en forme de saucisse, qui sert Ă  prĂ©parer une soupe instantanĂ©e avec de l'eau bouillante. Elle fut inventĂ©e en 1867 par Johann Heinrich GrĂĽneberg qui vendit la recette Ă  l'État prussien pour alimenter les soldats de la guerre franco-allemande de 1870.


     En Éthiopie, oĂą la consommation de pois est relativement importante (6 Ă  7 kg par personne et par an), on les consomme mijotĂ©s en ragoĂ»t (shiro wot, avec pois cassĂ©s moulus, kik wot, pois cassĂ©s cuits Ă  l'eau).

  - Sous-chapitre : Alimentation animale


     En gĂ©nĂ©ral, on appelle « pois fourrager Â» tout type de pois destinĂ© Ă  l'alimentation animale, y compris les pois secs en grains qui sont appelĂ©s « pois protĂ©agineux Â» en France, et ont connu un très fort dĂ©veloppement de leurs surfaces de culture en France dans les annĂ©es 1980. Il s'agit principalement de variĂ©tĂ©s semĂ©es au printemps.


     En France, l'expression « pois fourrager Â» est rĂ©servĂ©e Ă  la plante entière, quand celle-ci est rĂ©coltĂ©e sous forme de fourrage ou d'ensilage. Le pois fourrager est gĂ©nĂ©ralement cultivĂ© en association avec une cĂ©rĂ©ale, triticale ou avoine, qui lui sert de tuteur et il est rĂ©coltĂ© sec ou immature. On utilise Ă©galement la paille (c'est-Ă -dire les fanes) laissĂ©e sur le champ après la rĂ©colte des pois pour nourrir les ruminants.




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composition moyenne d'une graine de pois protéagineux



     Ces pois sont employĂ©s pour l'alimentation des porcs et des volailles pour leur richesse en Ă©nergie digestible (Ă©quivalente Ă  celle du blĂ©) et en lysine. Des Ă©tudes ont montrĂ© que les protĂ©ines du pois sont moins bien assimilĂ©es par les monogastriques que celles du soja. Il est toutefois possible de composer des aliments porcins Ă©quilibrĂ©s avec du blĂ© et du tourteau de colza, qui apportent des acides aminĂ©s dĂ©ficients dans le pois, tels la mĂ©thionine et la cystine, en remplacement d'aliments du type maĂŻs - tourteau de soja, sous rĂ©serve d'un lĂ©ger complĂ©ment en acides aminĂ©s de synthèse (mĂ©thionine, tryptophane), solution intĂ©ressante dans les pays qui ne produisent pas suffisamment de soja et qui dĂ©pendent des importations, tels les pays europĂ©ens et le Canada. En France, le pois protĂ©agineux reprĂ©sente environ 20 % des formules d'aliments composĂ©s pour porcs.






Chapitre : Autres utilisations


  - Sous-chapitre : Engrais vert


     Le pois, Ă  l'instar d'autres lĂ©gumineuses Ă  pousse rapide comme la vesce ou la gesse, peut ĂŞtre cultivĂ© comme engrais vert. Il prĂ©sente l'avantage, intĂ©ressant notamment en culture biologique, d'enrichir le sol en azote et d'amĂ©liorer sa structure.

  - Sous-chapitre : Extraction des dĂ©rivĂ©s de l'amidon et des protĂ©ines


     Une partie de la production est transformĂ©e par l'industrie agro-alimentaire, qui en tire, outre des purĂ©es instantanĂ©es, divers dĂ©rivĂ©s de l'amidon (amidons natifs, amidons modifiĂ©s, sirop de glucose, maltodextrine, dextrose, isoglucose), des protĂ©ines (extrait protĂ©ique Ă  plus de 45 %, concentrĂ© Ă  65 % de protĂ©ines, isolĂ© Ă  90 % de protĂ©ines), et des fibres (fibres micronisĂ©es, c'est-Ă -dire broyĂ©es afin d'obtenir des particules de la taille du micron) contenues dans les graines de pois.


     Ces produits, en concurrence avec ceux extraits d'autres lĂ©gumineuses ou fĂ©culents, dont le soja et le maĂŻs, ont des dĂ©bouchĂ©s principalement dans le secteur agro-alimentaire (pâtisserie, biscuits apĂ©ritifs, charcuterie, yaourts, aliments diĂ©tĂ©tiques et de santĂ©, aliments infantiles, etc.), mais aussi dans les secteurs pharmaceutique, chimique, papetier, adhĂ©sifs, etc. Des recherches en cours visent Ă  utiliser les dĂ©rivĂ©s protĂ©iques dans de nouvelles applications, comme les films d'emballage biodĂ©gradables.

  - Sous-chapitre : Usage mĂ©dicinal




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Variétés 'Blauwschokker' à fleurs rose et violet



     La farine de pois cassĂ©s a Ă©tĂ© utilisĂ©e pour confectionner des cataplasmes Ă©mollients.


     Des Ă©tudes rĂ©alisĂ©es en Inde ont montrĂ© que l'huile extraite des pois secs a des propriĂ©tĂ©s contraceptives. Le principe actif est la m-xylohydroquinone. DonnĂ©e aux femmes par voie orale sous forme de capsules de gĂ©latine, elle permet une rĂ©duction de 60 % du taux de grossesse.

  - Sous-chapitre : Plante ornementale


     Sans pouvoir rivaliser avec le pois de senteur, certaines variĂ©tĂ©s de pois ont un rĂ©el intĂ©rĂŞt ornemental pour leurs fleurs, telles 'Magnum bonum' aux belles fleurs blanches, qui fut prĂ©sentĂ©e Ă  l' exposition florale de Chelsea en 1992, ou 'Blauwschokker' Ă  fleurs rose et violet et gousses pourpres.

  - Sous-chapitre : Utilisations dans la recherche




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Johann Gregor Mendel



     Au milieu du XIX siècle, le pois a servi Ă  Johann Gregor Mendel, moine et botaniste autrichien, Ă  Ă©tablir les premières lois qui ont fondĂ© la gĂ©nĂ©tique moderne, les lois de Mendel. Ses travaux publiĂ©s sous le titre Versuche ĂĽber Pflanzen-Hybriden (expĂ©riences sur l'hybridation des plantes) en 1865 n'ont toutefois Ă©tĂ© reconnus qu'au dĂ©but du XX siècle. Le choix de cette espèce tenait Ă  son cycle court et Ă  la facilitĂ© de sa culture, Ă  son caractère autogame qui facilite la crĂ©ation de lignĂ©es pures et le contrĂ´le des hybridations et Ă  l'existence de cultivars aux caractères diffĂ©renciĂ©s faciles Ă  analyser, notamment couleur des fleurs, couleur et forme des graines et des gousses.


     Bien avant Mendel, vers 1787, le botaniste anglais et prĂ©sident de la sociĂ©tĂ© d'horticulture de Londres, Thomas Andrew Knight, alors qu'il cherchait Ă  amĂ©liorer la production de pommes Ă  cidre, fit des expĂ©riences de croisements sur le pois, matĂ©riau plus commode pour ses recherches, et obtint des rĂ©sultats similaires, mais il ne sut pas en dĂ©duire des lois gĂ©nĂ©tiques. On lui doit la crĂ©ation, par hybridation, des premiers cultivars de pois Ă  grains ridĂ©s, dont Mendel dĂ©montra qu'elles Ă©taient l'expression d'un gène rĂ©cessif. Ses travaux furent continuĂ©s par Thomas Laxton, sĂ©lectionneur anglais dont le nom est attachĂ© Ă  des cultivars de petits pois.


     Des Ă©tudes ont montrĂ© la possibilitĂ© d'utiliser des graines de pois transgĂ©niques comme vĂ©hicules pour la production d'anticorps recombinants utiles pour le diagnostic et la thĂ©rapie de certains cancers.






Chapitre : Culture





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Champ de petits pois buttés (maraîchage)



     Le pois est l'objet de plusieurs types de cultures selon les pays et la destination des produits. Les pois secs sont cultivĂ©s traditionnellement dans un certain nombre de pays du Tiers Monde oĂą il constituent une culture vivrière, pratiquĂ©e en saison froide ou dans des rĂ©gions d'altitude, en particulier en Afrique orientale (Éthiopie, Ouganda, Kenya). Dans les pays dĂ©veloppĂ©s (Europe, Canada, États-Unis), c'est essentiellement une culture mĂ©canisĂ©e pour l'alimentation animale. Les petits pois sont surtout cultivĂ©s dans les pays occidentaux, principalement en grande culture pour la conserverie et la surgĂ©lation, mais aussi en maraĂ®chage professionnel pour le marchĂ© du frais. Les pois sont souvent prĂ©sents dans les jardins potagers familiaux.


     Le pois se reproduit uniquement par graines. Il n'est gĂ©nĂ©ralement pas nĂ©cessaire d'inoculer les semences avec des souches de Rhizobium, mais cela peut s'avĂ©rer nĂ©cessaire dans des sols naturellement mal pourvus en bactĂ©ries.


     Dans les pays tempĂ©rĂ©s, le pois se sème soit en fin d'hiver ou au dĂ©but du printemps, soit en automne, dans les rĂ©gions oĂą les gelĂ©es ne sont pas trop Ă  craindre (Midi de la France par exemple) ou plus au nord en recourant Ă  des variĂ©tĂ©s rĂ©sistant au froid (variĂ©tĂ©s d'hiver). Le pois est en effet une plante annuelle sans dormance, qui peut ĂŞtre semĂ©e sans nĂ©cessitĂ© de vernalisation. Les variĂ©tĂ©s d'hiver permettent de gagner en prĂ©cocitĂ© de la rĂ©colte et en rendement. Pour les pois de conserve, semĂ©s au printemps, les semis sont Ă©chelonnĂ©s de manière Ă  Ă©taler la charge de travail des usines, avant que le relais soit pris par les flageolets et haricots verts. Dans les pays tropicaux et subtropicaux, le pois se cultive en saison froide.


     Le cycle vĂ©gĂ©tatif des pois est d'environ 140 jours pour les variĂ©tĂ©s de printemps et de 240 jours pour les variĂ©tĂ©s d'hiver.




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Culture de pois palissés sur du grillage



     Autrefois des cultures de petits pois primeurs se faisaient sous abri, notamment en rĂ©gion parisienne. Ce type de culture a Ă©tĂ© abandonnĂ© du fait de la concurrence des pois en conserve et des importations de pois frais de pays chauds. Toutefois, en Chine et Ă  TaĂŻwan, se pratique la culture intensive en serre de pousses feuillĂ©es de pois mangetout, rĂ©coltĂ©es en frais lorsqu'elles atteignent environ dix centimètres de haut.

  - Sous-chapitre : VariĂ©tĂ©s cultivĂ©es




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Variété à gousse violette



     Toutes les variĂ©tĂ©s de pois sont des lignĂ©es pures. On connaĂ®t plusieurs milliers de cultivars locaux dans le monde. Dans les catalogues europĂ©ens des espèces protĂ©gĂ©es, figurent (septembre 2008) 1 390 variĂ©tĂ©s (en fait des cultivars), dont 514 de pois fourragers et 776 de pois potagers.


     La distinction entre les variĂ©tĂ©s s'appuie sur de nombreux caractères morphologiques ; 73 ont Ă©tĂ© retenus pour les Ă©preuves DHS (distinction, homogĂ©nĂ©itĂ© et stabilitĂ©) du GEVES. Ces caractères portent notamment sur la forme et la couleur des graines, des gousses, des feuilles, des tiges, la hauteur des plantes, la prĂ©sence d'anthocyanes, la forme des grains d'amidon, la rĂ©sistance Ă  diverses maladies.


     Divers organismes dans le monde sont chargĂ©s de maintenir des collections de cultivars afin de prĂ©server les ressources gĂ©nĂ©tiques, tels notamment l'institut Vavilov Ă  Saint-Petersbourg, le John Innes Centre Ă  Norwich et l'Australian Temperate Field Crops Collection Ă  Horsham (État de Victoria, Australie). En France de telles collections, qui reprĂ©sentaient 6 000 accessions en 1996, sont gĂ©rĂ©es par des organismes publics comme l'INRA et le GEVES (Groupe d'Ă©tude et de contrĂ´le des variĂ©tĂ©s et des semences) ou privĂ©s comme le Groupement des sĂ©lectionneurs de pois.


     Les principaux critères qui ont fait l'objet d'amĂ©liorations par sĂ©lection ou mutation sont le rendement, la rĂ©sistance aux maladies (anthracnose, fusariose, graisse du pois (maladie due Ă  Pseudomonas syringae pv. pisi), mildiou du pois, oĂŻdium du pois, mosaĂŻque commune du pois), la rĂ©sistance Ă  la verse, la rĂ©sistance au froid, la maturitĂ© groupĂ©e (pour la rĂ©colte des pois de conserve), la finesse et la tendretĂ© des grains, les qualitĂ©s nutritionnelles pour l'alimentation animale.


     32 variĂ©tĂ©s de pois ont Ă©tĂ© obtenues par mutagenèse induite, technique qui a permis notamment de crĂ©er les cultivars de type afila Ă  folioles transformĂ©es en vrilles. Quatorze variĂ©tĂ©s ont Ă©tĂ© obtenues par l'usage de rayons X ou gamma et les autres par des croisements. Plusieurs variĂ©tĂ©s de pois ont Ă©tĂ© obtenues par transgenèse depuis 1990 dans un contexte de recherche fondamentale, mais aucune d'entre elles ne fait l'objet de culture commerciale.

Pois potagers




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Gousses de la variété 'Merveille de Kelvedon'



     Chez le pois potager, on distingue notamment les variĂ©tĂ©s ou les cultivars selon que les graines sont lisses ou ridĂ©es (plus sucrĂ©es) ; ce caractère est l'un de ceux utilisĂ©s par Gregor Mendel dans ses Ă©tudes sur la gĂ©nĂ©tique, ainsi que selon la couleur des graines (jaune clair ou vert). La sĂ©lection porte aussi sur la prĂ©cocitĂ© et l'absence de « parchemin Â» (mangetout). On distingue Ă©galement les variĂ©tĂ©s naines et les variĂ©tĂ©s Ă  rames, qu'il est nĂ©cessaire de tuteurer.


     Dans les Plantes potagères de Vilmorin-Andrieux, paru en 1883, on compte environ 170 variĂ©tĂ©s de pois potagers, qui se rĂ©partissent en variĂ©tĂ©s françaises, anglaises et allemandes. Ces variĂ©tĂ©s (en fait des cultivars) sont classĂ©es en pois Ă  Ă©cosser et pois sans parchemin, pois Ă  grains ronds et pois Ă  grains ridĂ©s, variĂ©tĂ©s Ă  rames, variĂ©tĂ©s demi-naines et variĂ©tĂ©s naines. Parmi les noms de variĂ©tĂ©s, certains rappellent une caractĂ©ristique de la gousse : 'Serpette', 'Corne de bĂ©lier' ; plusieurs rappellent l'importance de la culture du pois dans la banlieue de Paris Ă  l'Ă©poque : 'pois de Clamart', 'Pois de Marly', 'Merveille d'Étampes', 'Michaux de Nanterre'. Beaucoup sont aujourd'hui disparues, mais certaines sont encore prĂ©sentes dans les catalogues, tel le pois TĂ©lĂ©phone (pois Ă  grains ridĂ©s Ă  rames).


     Un certain nombre a Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ© en Angleterre depuis l'Ă©poque de Knight. Ainsi Merveille de Kelvedon, variĂ©tĂ© naine Ă  grains ridĂ©s, rustique et rĂ©putĂ©e, a Ă©tĂ© créée en 1925 par le semencier Hurst & Son Ă  Kelvedon (Essex).




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Variété
'Prince Albert'





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Variété
'Corne de bélier'


Exemples de variétés de pois potagers
Petits pois
à écosser
Ă  grains lisses
Ă  rames
'Blauwschokker' (Ă  gousses violettes),
'Express Alaska, 'Caracatus', 'Serpette amélioré' (à grains blancs),
'Roi des conserves', 'Prince Albert' (créée en Angleterre vers 1830)
Ă  grains lisses
nains
'Nain très hâtif d'Annonay', 'Petit Provençal', 'Plein le Panier' (Fillbasket),
'Serpette Cent pour Un'
à grains ridés
Ă  rames
'Téléphone à rames', 'Douce Provence', 'Thomas Laxton'
à grains ridés
nains
'Merveille de Kelvedon', 'Merveille d'Amérique'
Petits pois
sans parchemin
mangetout'Carouby de Maussane', 'Corne de bélier'
croquetout'Sugar Snap', 'Early Snap'

Pois de conserve


     Les pois de conserve sont des variĂ©tĂ©s de printemps qui font l'objet de culture de plein champ pour l'appertisation ou la surgĂ©lation. Pour des raisons de prĂ©sentation et d'aspect, les grains lisses vert clair sont recherchĂ©s pour la mise en boĂ®te et les grains ridĂ©s et vert foncĂ© pour le surgelĂ©. Les grains de petit calibre (extra fins) Ă©taient les plus recherchĂ©s, car synonymes de tendretĂ© lorsqu'il s'agissait de variĂ©tĂ©s Ă  gros grains cueillies prĂ©cocement, mais les sĂ©lectionneurs ayant produit des variĂ©tĂ©s Ă  grains très fins, la finesse du calibre n'est plus nĂ©cessairement un gage de tendretĂ©. Celle-ci peut ĂŞtre apprĂ©ciĂ©e par la mesure de l'indice tendĂ©romĂ©trique. Dans le cas des surgelĂ©s ou des conserves, le Codex alimentarius impose une valeur maximum pour la teneur en sucres insolubles dans l'alcool, taux qui est liĂ© au degrĂ© de maturitĂ© des pois, les sucres se transformant progressivement en amidon dans les grains qui murissent et qui deviennent de ce fait plus farineux. L'ajout de sucres (saccharose, sirop de glucose...), qui permet de renforcer le goĂ»t sucrĂ© des petits pois, est autorisĂ© par ce mĂŞme Codex.

Pois fourragers


     Les pois fourragers sont les pois destinĂ©s Ă  l'alimentation animale, sous forme de fourrage ou de grains secs. Il s'agit le plus souvent de variĂ©tĂ©s Ă  fleurs pourpres et Ă  grains gris de la forme Pisum sativum L. subsp. sativum var. arvense (L.) Poir. Toutefois, en France, les variĂ©tĂ©s sĂ©lectionnĂ©es depuis les annĂ©es 1970 pour la production de pois secs pour l'alimentation animale sont des pois Ă  fleurs blanches appelĂ©s « pois protĂ©agineux Â».


     Exemples de variĂ©tĂ©s cultivĂ©es en France : Assas (obtention INRA, 1964), Picar (Carneau Frères, 1992).




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Variété afila sans folioles


Pois protéagineux


     Les variĂ©tĂ©s de pois protĂ©agineux ont Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©es en France Ă  partir de 1976. Ce sont des pois Ă  grains lisses, de couleur verte ou jaune, de gros calibre, tous Ă  fleurs blanches, sans tanins, ayant un taux Ă©levĂ© de protĂ©ines et une faible activitĂ© antitrypsique.


     Exemples de variĂ©tĂ©s : Finale, première variĂ©tĂ© inscrite au catalogue en 1976, Solara, première variĂ©tĂ© du type afila, Isard, variĂ©tĂ© d'hiver, inscrite en 2004.

  - Sous-chapitre : Techniques culturales

Rotation des cultures


     En grande culture, le pois est souvent tĂŞte de rotation et un bon prĂ©cĂ©dent pour les cĂ©rĂ©ales qui peuvent profiter de l'enrichissement du sol en azote. Un dĂ©lai de cinq ans entre deux cultures limite les risques de maladies.

Semis


     La culture du pois nĂ©cessite un sol bien aĂ©rĂ©. Le semis se fait en lignes rĂ©gulièrement espacĂ©es de 20 Ă  50 cm, Ă  une profondeur moyenne de 3 Ă  5 cm. L'utilisation de semoirs de prĂ©cision (monograines) permet de mieux maĂ®triser la profondeur d'enfouissement des graines et la densitĂ© du semis. Celle-ci peut varier de 80 Ă  120 plants au mètre carrĂ© selon les variĂ©tĂ©s. Pour la rĂ©colte mĂ©canisĂ©e, le terrain doit ĂŞtre bien aplani pour faciliter le passage de la barre de coupe près du sol, notamment en cas de verse.

ContrĂ´le des plantes adventices


     Il est nĂ©cessaire de contrĂ´ler le dĂ©veloppement des adventices dans la première phase de la culture, avant l'installation du couvert vĂ©gĂ©tal. En maraĂ®chage, l'Ă©cartement des lignes permet le dĂ©sherbage mĂ©canique (binage ou buttage), mais en culture de plein champ, oĂą les semis se font gĂ©nĂ©ralement avec des semoirs Ă  cĂ©rĂ©ales Ă  faible Ă©cartement, l'utilisation de dĂ©sherbant en préémergence ou postĂ©mergence est nĂ©cessaire. Pour obtenir un terrain propre, on peut aussi utiliser la mĂ©thode du « faux semis Â» qui consiste en une prĂ©paration superficielle du sol quelques semaines avant le semis afin de faire lever les mauvaises herbes qui sont dĂ©truites avant le semis. Pour les pois de conserve, une attention particulière doit ĂŞtre portĂ©e Ă  l'Ă©limination de la morelle noire (Solanum nigrum), adventice commune et toxique dont les baies immatures, rondes et vertes, sont difficiles Ă  sĂ©parer des pois. Les grains rĂ©coltĂ©s sont rapidement sujets Ă  fermentation et doivent ĂŞtre traitĂ©s en usine dans les heures qui suivent la rĂ©colte.

Tuteurage


     Les pois mangetout sont gĂ©nĂ©ralement tuteurĂ©s, ainsi que les petits pois cultivĂ©s dans les jardins familiaux. Divers types de tuteurs sont employĂ©s : filets, fils, grillages, branchages, etc. Le tuteurage est moins nĂ©cessaire pour les variĂ©tĂ©s naines et serait d'un coĂ»t prohibitif en grande culture ; il est exclu dans le cas des cultures mĂ©canisĂ©es. Les pois protĂ©agineux, cultivĂ©s en plein champ, sont souvent des variĂ©tĂ©s de type afila, qui se tiennent mieux grâce Ă  leurs nombreuses vrilles et Ă  leur surface foliaire plus rĂ©duite.

Fertilisation


     L'apport d'azote est en principe inutile, les besoins, environ 250 kg/ha, Ă©tant couverts par les reliquats prĂ©sents dans le sol et surtout (environ 70 %) par la fixation symbiotique qui se produit dans les nodositĂ©s, et dont l'activitĂ© serait inhibĂ©e par un apport massif d'azote.


     Les exportations de potasse et de phosphore doivent ĂŞtre compensĂ©es par une fumure phospho-potassique qui doit apporter au maximum, en tenant compte de la teneur initiale du sol, 50 kg de potasse (K2O) et 160 kg de phosphore (P2O5) par hectare, cette dernière de prĂ©fĂ©rence sous forme de sulfate de potassium, pour apporter le soufre nĂ©cessaire.

Irrigation


     Les cultures de pois ont d'importants besoins en eau, notamment au stade « dĂ©but de floraison - nouaison Â», au total de l'ordre de 300 mm pendant un cycle de culture. L'irrigation peut ĂŞtre nĂ©cessaire dans certaines rĂ©gions ou pour des sols Ă  faible rĂ©tention d'eau. Ailleurs, dans les pays tempĂ©rĂ©s, les rĂ©serves du sol et les prĂ©cipitations sont souvent suffisantes pendant la pĂ©riode de vĂ©gĂ©tation. Ainsi, en France, 13 % seulement des surfaces en pois protĂ©agineux Ă©taient irriguĂ©es en 2006, surtout dans la rĂ©gion Centre.

Récolte




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Récolte manuelle





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Récolteuse de petits pois



     La rĂ©colte est manuelle pour les pois Ă  Ă©cosser destinĂ©s au marchĂ© du frais et les mangetouts. Elle peut se faire en plusieurs passes, en fonction du degrĂ© de maturitĂ©, pour obtenir la meilleure qualitĂ© possible. Le pois en gousses ne supporte pas l'entreposage et doit ĂŞtre commercialisĂ© rapidement.


     Pour les pois verts destinĂ©s Ă  l'industrie de la conservation/surgĂ©lation, la rĂ©colte est effectuĂ©e Ă  l'aide de rĂ©colteuses-Ă©greneuses automotrices qui servent aussi pour les flageolets. Ces machines ne cueillent que les gousses et l'extrĂ©mitĂ© des tiges. Elles sont Ă©quipĂ©es d'une chambre de battage constituĂ©e de trois tambours : un contre-batteur mobile de grande dimension dans lequel tournent un batteur excentrĂ© et un Ă©greneur tournant en sens inverse du prĂ©cĂ©dent, qui permettent d'Ă©grener les cosses par friction sans abĂ®mer les grains relativement fragiles. Cette rĂ©colte s'accompagne le plus souvent de pertes, de l'ordre de 5 %, jusqu'Ă  25 % dans les cas les plus dĂ©favorables.


     Pour les petits pois, l'un des principaux critères de qualitĂ© est la tendretĂ© mesurĂ©e par l'indice tendĂ©romĂ©trique. Cet indice, qui correspond Ă  la pression (exprimĂ©e en livres par pouce carrĂ©) nĂ©cessaire pour Ă©craser un certain volume de pois, sert Ă  dĂ©terminer la date de la rĂ©colte et entre en compte dans le calcul du prix payĂ© Ă  l'agriculteur.


     Les pois secs se rĂ©coltent Ă  la moissonneuse-batteuse moyennant des rĂ©glages adaptĂ©s aux caractĂ©ristiques du grain : Ă©cartement entre batteur et contre-batteur, rotation lente du batteur, ouverture des grilles, positionnement de la barre de coupe au ras du sol (5 Ă 10 cm). La rĂ©colte se fait lorsque les pois ont un taux d'humiditĂ© de 14 % environ, taux qui doit ĂŞtre ramenĂ© par sĂ©chage Ă  12 % pour la conservation.

  - Sous-chapitre : Les ennemis du pois

Accidents de végétation


     Les pois sont sensibles au gel, Ă  la verse (sauf les variĂ©tĂ©s 'afila' ou Ă  tiges rigides), Ă  la battance, ainsi qu'Ă  diverses carences minĂ©rales.

Maladies

Article dĂ©taillĂ© : Maladies du pois.

     Le pois peut ĂŞtre affectĂ© par des maladies cryptogamiques, bactĂ©riennes ou virales.


     Les principales maladies ayant une incidence Ă©conomique notables sur les pois de grande culture sont les suivantes :


     Aphanomyces euteiches est un champignon pathogène provoquant des nĂ©croses racinaires. Il est prĂ©sent dans le monde entier et n'a Ă©tĂ© identifiĂ© en France qu'Ă  partir de 1993. Il n'existe aucun fongicide efficace et Ă©conomique pour le combattre, ni de variĂ©tĂ© rĂ©sistante Ă©conomiquement intĂ©ressante. Des tests permettent de dĂ©terminer si une parcelle est contaminĂ©e. Il est conseillĂ© alors aux agriculteurs de renoncer Ă  la culture du pois et le cas Ă©chĂ©ant d'opter pour un autre protĂ©agineux, la fèverole (Vicia faba) qui est insensible Ă  ce champignon.

Ravageurs

Article dĂ©taillĂ© : Ravageurs du pois.



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Sitone du pois





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Tordeuse du pois





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Bruche du pois





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Chenille de noctuelle du pois



     De nombreux insectes ravageurs attaquent les cultures de pois Ă  leurs diffĂ©rents stades.


     Le thrips du pois (Franklinellia robusta) et le thrips du lin et des cĂ©rĂ©ales (Thrips angusticeps) sont de minuscules insectes piqueurs (taille de 1 mm) qui attaquent fleurs et gousses et dont les larves se dĂ©veloppent dans les gousses. Elles provoquent dessèchement et rabougrissement des plantes. Le sitone du pois (Sitona lineatus) est un petit colĂ©optère qui dĂ©vore le limbe des feuilles en faisant des encoches semi-circulaires sur le bord et dont la larve ronge les racines et les nodositĂ©s, affaiblissant ainsi les plantes. La cĂ©cidomyie du pois (Contarinia pisi) est un diptère qui provoque la formation de galles dans les fleurs qui avortent. Le puceron vert du pois (Acyrthosiphon pisum) pique feuilles et stipules et peut causer des dĂ©gâts en cas de pullulation. Il est aussi le vecteur de diverses maladies virales. La tordeuse du pois (Cydia nigricana) (LĂ©pidoptère) se manifeste par sa chenille jaunâtre Ă  tĂŞte noire d'environ 15 mm et qui vit dans les grains et peut en dĂ©vorer plusieurs successivement. Cet insecte ne peut accomplir son cycle complet que dans les cultures de pois secs. La bruche du pois (Bruchus pisorum) est un petit colĂ©optère qui pond dans les gousses en formation et dont les adultes se dĂ©veloppent dans les grains mĂ»rs et secs, en sortant par un trou circulaire. Ce ravageur n'est pas spĂ©cifique du pois. Contrairement Ă  la bruche du haricot, il ne se reproduit pas dans les grains entreposĂ©s. Il existe aussi une bruche tropicale du pois (Zabrotes subfasciatus Boh.) originaire d'AmĂ©rique du Sud, qui se reproduit dans les grains secs de plusieurs espèces de lĂ©gumineuses.


     Dans les annĂ©es 1995-2000, l'institut de recherches australien (CSIRO) (Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation, c'est-Ă -dire « Organisation pour la recherche scientifique et industrielle du Commonwealth Â») a mis au point une variĂ©tĂ© de pois gĂ©nĂ©tiquement modifiĂ©e pour rĂ©sister Ă  la bruche du pois (Bruchus pisorum), insecte ravageur spĂ©cifique des graines de pois qui a une rĂ©elle importance Ă©conomique en Australie oĂą il serait responsable de la destruction de 30 % de la rĂ©colte de pois secs. Le gène transfĂ©rĂ© depuis le haricot commun (Phaseolus vulgaris) permet la production par la plante d'un inhibiteur d'alpha-amylase αAI-1 qui s'oppose Ă  la digestion de l'amidon des graines par la larve de la bruche. Cet inhibiteur prĂ©sent dans les cotylĂ©dons bloque la croissance des larves Ă  un stade prĂ©coce, et s'est montrĂ© d'une très grande efficacitĂ©. Ces recherches ont Ă©tĂ© abandonnĂ©es en 2005 après la dĂ©couverte de rĂ©actions allergiques sur des souris de laboratoire nourries avec des graines de pois transgĂ©niques.


     Les pois sont susceptibles d'ĂŞtre attaquĂ©s par les chenilles dĂ©foliatrices de plusieurs espèces de noctuelles : la noctuelle du pois (Melanchra pisi L.), la noctuelle potagère (Lacanobia oleracea L.), la noctuelle gamma (Autographa gamma L.), la noctuelle Ă  point blanc (Pseudaletia unipuncta L.).


     Des nĂ©matodes sont susceptibles d'attaquer le système racinaire, tandis que des oiseaux, notamment les corbeaux freux et les pigeons ramiers, peuvent provoquer des dĂ©gâts sur les semis en dĂ©terrant graines et jeunes plantules, mais aussi en pillant les gousses arrivant Ă  maturitĂ©.

Parasites végétaux


     Dans les rĂ©gions mĂ©diterranĂ©ennes, les cultures de pois peuvent ĂŞtre parasitĂ©es par des plantes du genre Orobanche, notamment Orobanche crenata Forssk.

Méthodes de lutte


     La lutte contre les maladies et les ravageurs du pois fait appel Ă  diverses mĂ©thodes :

    Liste :
  • des actions prĂ©ventives pour limiter les risques, principalement le respect d'une rotation minimale de cinq ans sur la mĂŞme parcelle et la maĂ®trise de l'irrigation pour Ă©viter l'excès d'humiditĂ© qui peut favoriser la prolifĂ©ration de certaines maladies cryptogamiques,
  • la limitation de la transmission par les semences en utilisant des semences certifiĂ©es saines ou en les traitant, principalement contre l'anthracnose du pois, la fonte des semis et le mildiou,
  • le choix de variĂ©tĂ©s rĂ©sistantes Ă  certaines maladies,
  • la lutte directe, principalement par des traitements chimiques (insecticides ou fongicides) faisant appel Ă  diverses matières actives autorisĂ©es. Ces traitements doivent ĂŞtre faits de manière Ă  bien pĂ©nĂ©trer et mouiller le feuillage.

  - Sous-chapitre : Rendement


     Pour les pois secs, le rendement moyen au niveau mondial s'Ă©tablit Ă  14,7 q/ha, Ă  16,6 q/ha en Europe et Ă  20,5 q/ha en AmĂ©rique, mais seulement 7,1 q/ha en Afrique. Les meilleurs rendements sont enregistrĂ©s dans l'Union europĂ©enne avec 25,5 q/ha en moyenne, et 29,3, 35,1 et 37,2 q/ha respectivement en Allemagne, au Royaume-Uni et en France (FAO, 2007).


     Pour les petits pois, le rendement peut atteindre 40 Ă  70 q/ha.


     En France, le rendement moyen des pois protĂ©agineux est passĂ© de 38 q/ha en 1981 Ă  44 q/ha en 2006 après avoir dĂ©passĂ© 55 q/ha en 1999. La forte amĂ©lioration constatĂ©e jusqu'Ă  la fin des annĂ©es 1990 s'explique par la sĂ©lection de nouvelles variĂ©tĂ©s et l'amĂ©lioration des pratiques agronomiques. Le gain gĂ©nĂ©tique a Ă©tĂ© estimĂ© Ă  0,5 q/ha/an en moyenne entre 1976 (annĂ©e d'apparition de la première variĂ©tĂ© de pois protĂ©agineux, 'Finale') et 1998. Depuis le dĂ©but des annĂ©es 2000, la rĂ©gression qui accompagne la diminution des surfaces serait due au dĂ©placement de la culture vers de moins bonnes terres ainsi qu'Ă  des accidents climatiques.






Chapitre : Aspects économiques


  - Sous-chapitre : Production




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Évolution de la production mondiale de pois de 1961 à 2007



     Avec plus de 18 millions de tonnes rĂ©coltĂ©es en 2007, le pois (pois sec + pois frais) est la quatrième lĂ©gumineuse au plan mondial, loin toutefois après le soja (216 Mt), l'arachide (35 Mt) et le haricot (28 Mt).


     Selon les statistiques de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), en 2007, la production mondiale de pois secs s'est Ă©levĂ©e Ă  10 128 486 tonnes pour une surface ensemencĂ©e de 6 896 172 hectares, soit un rendement moyen de 14,69 quintaux par hectare.


     La mĂŞme annĂ©e, la production de pois frais s'est Ă©levĂ©e Ă  8 264 769 tonnes pour une surface ensemencĂ©e de 1 087 674 hectares, soit un rendement moyen de 7,6 quintaux par hectare. Les deux principaux producteurs de pois frais, Chine et Inde, reprĂ©sentent près de 70 % du total mondial.


     Pour les pois secs, plus de 90 pays producteurs sont recensĂ©s dans le monde, cependant les cinq premiers reprĂ©sentent plus de deux tiers de la production totale et les quinze premiers plus de 90 %. Le Canada, avec 3 millions de tonnes, soit 30 % de la production mondiale, est de loin le premier pays producteur. Sa production, concentrĂ©e dans les provinces de l'ouest, est essentiellement destinĂ©e Ă  l'exportation. L'Union europĂ©enne, qui totalise 1,53 million de tonnes, est de fait le deuxième producteur mondial. La France produit 643 000 tonnes de pois secs, soit 42 % du total de l'Union europĂ©enne. Les rendements les plus Ă©levĂ©s se trouvent principalement en Europe occidentale.


     Après avoir atteint un premier pic Ă  13,2 millions de tonnes en 1964, la production mondiale de pois secs qui oscillait entre 8 et 10 millions de tonnes au cours des annĂ©es 1960-1970 a connu une forte croissance dans la dĂ©cennie 1980 pour atteindre un pic Ă  16,6 millions de tonnes en 1990. Elle tend Ă  dĂ©croĂ®tre depuis, variant selon les annĂ©es entre 10 et 12 millions de tonnes. Celle des pois frais a connu une croissance assez rĂ©gulière au taux moyen d'environ 1,7 % par an, passant de 3,6 Mt en 1961 Ă  8,3 Mt en 2007.




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Répartition de la production de pois secs en 2007





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Répartition de la production de pois frais en 2007


Principaux pays producteurs de pois secs en 2007
PaysSurface cultivée
(milliers d'hectares)
Rendement
(quintaux par hectare)
Production
(milliers de tonnes)
Canada Canada1 45520,783 023,6
RĂ©publique populaire de Chine Chine1 05013,331 400,0
Russie Russie74511,70871,1
Inde Inde59013,56800,0
États-Unis Ă‰tats-Unis32821,98721,3
France France17337,17643,0
Ukraine Ukraine33212,38411,0
Iran Iran57005,26300,0
Australie Australie29309,15268,0
Allemagne Allemagne0 06829,33200,0
Éthiopie Ă‰thiopie23708,44200,0
Espagne Espagne14711,15163,9
Royaume-Uni Royaume-Uni0 03735,14130,0
RĂ©publique tchèque RĂ©publique tchèque0 02325,180 057,6
Principaux pays producteurs de pois frais en 2007
PaysSurface cultivée
(milliers d'hectares)
Rendement
(quintaux par hectare)
Production
(milliers de tonnes)
RĂ©publique populaire de Chine Chine251,010,02 508,5
Inde Inde282,008,12 292,7
États-Unis Ă‰tats-Unis087,010,1875,0
France France030,511,6355,0
Royaume-Uni Royaume-Uni033,309,9330,0
Égypte Ă‰gypte027,010,4280,0
Maroc Maroc018,006,1110,0
Turquie Turquie014,507,0101,4
Hongrie Hongrie016,505,60 092,0
Italie Italie013,006,90 090,0
AlgĂ©rie AlgĂ©rie025,003,50 087,5
PĂ©rou PĂ©rou025,503,40 086,5
Pakistan Pakistan011,007,60 083,0
Canada Canada015,904,40 069,3

  - Sous-chapitre : Commerce international


     Les Ă©changes de pois concernent principalement les pois secs. En 2005, ils ont portĂ© sur environ 4,2 millions de tonnes, soit 36,5 % de la production totale, dont environ 4 millions de tonnes de pois secs et 200 000 tonnes de pois frais, soit pour ces derniers seulement 2,5 % de la production.


     Les exportations sont très concentrĂ©es : les six premiers pays exportateurs (Canada, France, États-Unis, Ukraine, Australie, Russie) reprĂ©sentent 90 % du total. Le Canada est de loin le premier pays exportateur avec près de 60 % (2,35 Mt). En 2005, la France a exportĂ© 510 000 tonnes, tant vers les pays proches (Belgique, Pays-Bas) pour l'alimentation animale que vers des pays du Tiers-Monde (Inde) pour l'alimentation humaine.


     Les importations sont plus dispersĂ©es, les dix premier pays importateurs reprĂ©sentant un peu moins de 80 % du total. Deux pays se dĂ©tachent : l'Espagne avec 1 Mt (25,5 %) et l'Inde, 810 000 tonnes (25 %).


     Le prix du pois sec sur le marchĂ© international est indexĂ© sur ceux du blĂ© tendre et du tourteau de soja. Il se situe gĂ©nĂ©ralement Ă  environ 20 % au-dessus de celui du blĂ©. La demande est soutenue par les besoins en alimentation humaine (Inde, Pakistan) et en alimentation animale (Europe). En France, oĂą la production est en baisse, le cours du pois jaune se situait Ă  285 €/t, rendu Rouen, au dĂ©but 2008.


     Les Ă©changes portant sur les pois mangetouts sont relativement limitĂ©s. L'Union europĂ©enne (principalement le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la France) en importe environ 25 000 tonnes par an (2006). Les exportateurs sont des pays d'Afrique et d'AmĂ©rique (Kenya, Guatemala, Zimbabwe, Maroc, Égypte, Zambie, PĂ©rou). Ce commerce, qui bĂ©nĂ©ficie de coĂ»ts de main d'Ĺ“uvre rĂ©duits (cueillette manuelle) et d'une production Ă  contre-saison permettant de prolonger la saison de consommation, rappelle celui des haricots verts.




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Utilisation des pois secs dans le monde


  - Sous-chapitre : Bilan des utilisations


     Au plan mondial, la production de pois secs est affectĂ©e principalement Ă  l'alimentation humaine (pour près de la moitiĂ© de la production), puis Ă  l'alimentation animale (35 %), le troisième poste Ă©tant l'utilisation comme semences (valeur 2003, source FAO.


     Concernant l'alimentation humaine, sur une consommation mondiale d'un peu moins de 4 millions de tonnes, le sous-continent indien en reprĂ©sente 37,2 %, dont 31,2 % pour l'Inde. Dans cette rĂ©gion du monde, les lĂ©gumineuses jouent un rĂ´le important dans l'apport en protĂ©ines dans l'alimentation, la majoritĂ© de la population Ă©tant vĂ©gĂ©tarienne, toutefois le pois n'y joue qu'un rĂ´le secondaire après de nombreuses autres espèces dont le pois chiche, le pois cajan, diverses sortes de haricots secs, les lentilles etc. Les autres consommateurs importants sont la Chine (12,8 %), le Royaume-Uni (5,8 %), la Russie (5,7 %), les États-Unis (4,1 %) et l'Éthiopie (3,7 %).


     L'Inde joue un rĂ´le majeur sur le marchĂ© international du pois sec ; ce pays est en effet le premier consommateur mondial, le premier importateur et le quatrième producteur. L'Uttar Pradesh est la principale rĂ©gion productrice.


     Concernant l'alimentation animale, la consommation est fortement concentrĂ©e en Europe et en Chine. Les trois premiers pays consommateurs, Russie, France et Chine, totalisent près de 60 % du total (respectivement 22,1 %, 18,7 % et 17,7 %).


     La transformation industrielle des pois pour en tirer des dĂ©rivĂ©s amylacĂ©s et protĂ©iques est relativement marginale. En France, le groupe Roquette Frères a créé en 2007 une usine de transformation de pois protĂ©agineux en convertissant l'ancienne fĂ©culerie de Vic-sur-Aisne .

  - Sous-chapitre : Le pois dans l'Union europĂ©enne


     L'Union europĂ©enne est le deuxième producteur mondial de pois, derrière le Canada, mais reste importatrice nette. Les pois protĂ©agineux (pois secs) sont très majoritairement destinĂ©s Ă  l'alimentation animale. Ainsi au cours de l'exercice 2005/2006, sur une consommation totale de 3,85 millions de tonnes, 3,33 Mt (86,5 %) ont Ă©tĂ© incorporĂ©s dans les aliments composĂ©s pour animaux, tandis que l'alimentation humaine, les semences et l'export reprĂ©sentaient respectivement 5,2 %, 4,5 % et 3,7 %. La production communautaire avait fourni pour ce mĂŞme exercice 2,44 Mt, soit un taux d'autosuffisance de 63,2 %. La France est de loin le premier producteur (avec 48,6 % du total) devant l'Allemagne, l'Espagne et le Royaume-Uni.




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Production de pois secs dans l'Union européenne



     Le dĂ©veloppement de la culture du pois protĂ©agineux en Europe a Ă©tĂ© lancĂ©e après l'embargo amĂ©ricain de 1973 sur les tourteaux de soja qui avait rĂ©vĂ©lĂ© la forte dĂ©pendance de l'Europe vis-Ă -vis des importations de protĂ©ines vĂ©gĂ©tales du continent amĂ©ricain et la fragilitĂ© de l'approvisionnement de ses Ă©levages hors-sol (porcins, volailles). Cette situation Ă©tait la consĂ©quence des accords du GATT de 1962, par lesquels la CEE pouvait maintenir des droits de douane Ă©levĂ©s sur les cĂ©rĂ©ales en contrepartie du libre accès des graines olĂ©o-protĂ©agineuses importĂ©es notamment des États-Unis).


     La France lança en 1974 un « plan ProtĂ©ines Â» pour dĂ©velopper la production nationale de protĂ©ines vĂ©gĂ©tales (tourteaux de tournesol et de colza, plantes protĂ©agineuses – pois, fĂ©verole, lupin - et luzerne dĂ©shydratĂ©e). Ă€ partir de 1978, une organisation commune de marchĂ© pour les protĂ©agineux et les fourrages dĂ©shydratĂ©s fut mise en place au niveau communautaire dans le cadre de la politique agricole commune (PAC). Les producteurs bĂ©nĂ©ficièrent d'un prix minimum garanti et les utilisateurs d'une aide fonction des cours des cĂ©rĂ©ales et du soja pour favoriser l'incorporation des protĂ©agineux dans les aliments composĂ©s pour animaux. Par la suite, au fil des rĂ©formes de la PAC, cette politique sera progressivement dĂ©mantelĂ©e, avec la disparition du prix minimum garanti dès 1993 Ă  la suite de l'accord de Blair House. Les surfaces cultivĂ©es en pois protĂ©agineux reflètent cette Ă©volution politique. De 106 000 hectares en 1981, elle progressent jusqu'Ă  1 185 000 hectares en 1998, puis dĂ©croissent progressivement jusqu'Ă  707 000 hectares en 2006. La production, après avoir culminĂ© Ă  5,022 Mt en 1988 est redescendue Ă  2,136 Mt en 2006. En 2006, l'Europe dĂ©pend Ă  73 % des importations pour ses approvisonnements en matières riches en protĂ©ines.


     En France, la production de pois protĂ©agineux, qui avait atteint son maximum Ă  près de 3,8 millions de tonnes en 1993, a beaucoup baissĂ©, atteignant 1,04 million de tonnes en 2006. Le pois y reprĂ©sente 75 % de la production totale de protĂ©agineux (pois, fĂ©verolle, lupin).


     Le dĂ©veloppement du pois (des plantes protĂ©agineuses en gĂ©nĂ©ral) et de son utilisation en alimentation animale a nĂ©cessitĂ© un important effort de recherche fondamentale et appliquĂ©e, tant sur le plan de la gĂ©nĂ©tique que de ses applications agronomiques et zootechniques, mobilisant de nombreux organismes, comme l'INRA en France ou le John Innes Centre au Royaume-Uni. Ces recherches sont coordonnĂ©es au niveau europĂ©en par l'association europĂ©enne des protĂ©agineux (AEP), dont les activitĂ©s sont vulgarisĂ©es sur Internet par le « Grain Legume Portal Â».






Chapitre : Aspects culturels


  - Sous-chapitre : Le pois dans la langue française

Étymologie


     Â« Pois Â» dĂ©rive du latin pisum, lui-mĂŞme empruntĂ© au grec πίĎος ou πίĎον. Selon certains auteurs, ce terme serait empruntĂ© Ă  une langue plus ancienne (aryenne selon Alphonse de Candolle), selon d'autres il dĂ©riverait d'un verbe pisere signifiant « casser Â» en latin. Le terme est apparu en français vers la fin du XII siècle, d'abord sous la forme peis. Pois, ou peis, dĂ©signant une chose de peu d'importance, a servi vers le XII siècle d'auxiliaire de nĂ©gation, Ă  l'instar de point et pas.


     Les pois frais ont Ă©tĂ© appelĂ©s en premier « pois verts Â», par opposition Ă  « pois secs Â», puis est apparue la forme « petit pois Â», motivĂ©e, entre autres, par le fait que « pois Â» dĂ©signait autrefois aussi dans certaines rĂ©gions de France les haricots.


     Le terme « pois Â» dĂ©signe aussi, complĂ©tĂ© de qualificatifs ou dĂ©terminants prĂ©cis, diverses espèces de plantes, le plus souvent de la mĂŞme famille botanique (FabacĂ©es), qui ont en commun avec le pois d'avoir des graines globuleuses de taille voisine, comme le pois chiche, le pois carrĂ©, le pois sabre, etc. (la page Pois (homonymie) Ă©numère nombre de ces noms vernaculaires).

Expressions




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La Fruttivendola par Vincenzo Campi





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L'Été par Arcimboldo



     Familièrement la « purĂ©e de pois Â» dĂ©signe un brouillard dense.


     Â« Avoir un (petit) pois dans la tĂŞte Â», c'est ne pas ĂŞtre très intelligent, l'intelligence Ă©tant supposĂ©e fonction de la taille de l'encĂ©phale.


     Â« ĂŠtre rond comme un petit pois Â», c'est ĂŞtre complètement ivre. Cette expression dĂ©jĂ  connue en 1903 est toujours en usage dans le français du QuĂ©bec.


     Â« Avoir bouffĂ© des pois cassĂ©s Â», c'est avoir mauvaise haleine, probablement par allusions aux flatulences provoquĂ©es par la digestion des pois.


     Â« Rendre une fève pour un pois Â», c'est se dĂ©fendre et riposter, rendre la pareille (vers 1867).


     Â« On a toujours besoin de petits pois chez soi Â» fut un slogan publicitaire très cĂ©lèbre en France dans les annĂ©es 1960. Il fut lancĂ© en 1962 par l'Union nationale interprofessionnelle des lĂ©gumes de conserve (Unilec) pour promouvoir, notamment par le biais de la tĂ©lĂ©vision, la consommation de ce lĂ©gume qui reprĂ©sentait alors 48 % du marchĂ© français des lĂ©gumes en conserve. Le personnage de « Pipiou Â» accompagnait cette campagne.

  - Sous-chapitre : Le pois dans la peinture


     Le pois, aliment de famine, est reprĂ©sentĂ© dans un tableau très rĂ©aliste de Georges de la Tour (1593 - 1652), Les mangeurs de pois (Gemäldegalerie, Berlin).


     Les petits pois, Ă©cossĂ©s et non Ă©cossĂ©s, apparaissent sur le devant de l'Ă©tal de la Fruttivendola (vendeuse de fruits) de Vincenzo Campi (1536 - 1591), Pinacothèque de Brera, Milan).


     Une gousse de pois entrouverte, laissant apercevoir les graines, figure le sourire du personnage dans L'ÉtĂ© d'Arcimboldo (1563, Kunsthistorisches Museum, Vienne (Autriche).


     Au XIX siècle, Camille Pissaro (1830 - 1903) montre les Rameurs de pois (MusĂ©e Faure, Aix-les-Bains) dans une scène rurale des environs de Paris.


     En 1911, Pablo Picasso peint une nature morte dans le style cubiste : Le Pigeon aux petits pois (MusĂ©e d'art moderne de la Ville de Paris).

  - Sous-chapitre : Le pois dans la littĂ©rature et la chanson


     En 1833, Charles Nodier publie un conte pour enfants, TrĂ©sor des fèves et Fleur des pois, dans lequel « Fleur des pois Â» est une princesse sauvĂ©e par « TrĂ©sor des fèves Â», un jeune garçon pauvre, et qui en retour lui donne trois petits pois verts lui permettant de rĂ©aliser trois dĂ©sirs. « Fleur des pois Â» Ă©tait une expression en vogue au XIX siècle pour exprimer la distinction et l'Ă©lĂ©gance.




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La princesse d'Andersen sur son lit en mosaĂŻculture au parc floral de Jesperhus (Danemark)



     En 1835, Hans Christian Andersen publie un conte, La Princesse au petit pois, dans lequel une graine de pois rĂ©vèle la vĂ©ritable qualitĂ© de princesse de la prĂ©tendante inconnue. Cinq dans une cosse de pois est un autre de ses contes pour enfants.


     Vers 1900, Dranem chante dans un registre comique une chansonnette, Les p'tits pois, qui fut son plus grand succès. Son refrain Ă©tait :

« Ah les p’tits pois, les p’tits pois, les p’tits pois,

     C’est un lĂ©gume bien tendre
Ah les p’tits pois, les p’tits pois, les p’tits pois,


Ça n’se mange pas avec les doigts. Â»

     En 1976, Petit pois est l'un des titre de l'album Bidon d'Alain Souchon et en 1990, Julien Clerc chante Petit pois lardons dans son album Fais-moi une place.




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Écossage des petits pois



     En 1997, Philippe Delerm classe l'Ă©cossage des petits pois, auquel il consacre un chapitre dans La Première GorgĂ©e de bière et autres plaisirs minuscules, parmi les petits plaisirs de la vie.

« C’est facile, d’écosser les petits pois. Une pression du pouce sur la
     fente de la gousse et elle s’ouvre, docile, offerte. Quelques-unes, moins mĂ»res, sont plus rĂ©ticentes - une incision de l’ongle de l’index permet alors de dĂ©chirer le vert, et de sentir la mouillure et la chair dense, juste sous la peau faussement parcheminĂ©e. Après, on fait glisser les boules d’un seul doigt. La dernière est si minuscule.

Parfois, on a envie de la croquer. Â»

  - Sous-chapitre : HĂ©raldique




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Blason de Gorokhovets



     Bien que rarement reprĂ©sentĂ© en hĂ©raldique, le pois figure sur certains blasons de villes ou de familles. C'est le cas de la ville de Schefflenz (Bade-Wurtemberg, Allemagne), dont le blason arbore une cosse de petit pois, et de Gorokhovets (oblast de Vladimir, Russie), dont le nom dĂ©rive du terme russe « ĐłĐľŃ€ĐľŃ… Â» (gorokh), qui signifie « pois Â». Son blason figure un champ de pois.

  - Sous-chapitre : Folklore


     Chaque annĂ©e Ă  la mi-juin, la ville française de Clamart (Hauts-de-Seine) cĂ©lèbre sa « fĂŞte des Petits Pois». Cette fĂŞte Ă©voque l'ancienne tradition locale de culture des petits pois, aujourd'hui disparue du fait de l'urbanisation.


     Dans le calendrier rĂ©publicain, « pois Â» est le nom donnĂ© Ă  un jour du printemps, le 13 prairial (1 juin).


     Autrefois, le pois, comme de nombreuses autres plantes familières, Ă©tait l'objet de croyances et coutumes aujourd'hui souvent disparues. Les pois, Ă  l'instar des fèves, Ă©taient censĂ©s avoir une influence nĂ©faste sur l'esprit des gens comme l'indique un proverbe du XVI siècle :

« SitĂ´t que les pois sont levĂ©s,
Les folz commencent Ă  monter. Â»

     Il pouvait aussi porter bonheur. C'Ă©tait le cas Ă  Marseille des cosses portant neuf petits pois qui Ă©taient considĂ©rĂ©es comme porte-veine, tandis qu'Ă  Bordeaux, il fallait cueillir Ă  midi le jour de la Saint-Jean une cosse contenant neuf ou dix graines et en conserver quatre.

« Neuf petits pois tout neufs
vous remettront Ă  neuf !
C'est la preuve par neuf
que le bonheur existe ! Â»

     Le pois, par analogie de forme, Ă©tait supposĂ© enlever les verrues. Au XVII siècle, un usage courant consistait Ă  jeter sur un chemin autant de pois enveloppĂ©s dans un linge qu'on avait de verrues. Celui qui les ramassait prenait les verrues et celui qui les avait auparavant en Ă©tait guĂ©ri.


     Dictons :

    Liste :
  • « Sème tes pois Ă  la Saint Patrice (17 mars), tu en auras Ă  ton caprice Â».
  • « Saint-Clet (26 avril) ferme la porte aux derniers pois Â».





Chapitre : Notes, sources et références


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  96. ↑ Statistiques des oléagineux et protéagineux, huiles et protéines végétales 2006 - 2007, UE. Bilan pois et féveroles, PROLEA, 2007, p. 115. [pdf]
  97. ↑ Sur la réforme de la politique agricole commune, Rapport d'information au Sénat n° 238 (2002-2003) de Gérard César.
  98. ↑ Statistiques des oléagineux et protéagineux - huiles et protéines végétales, 2006 - 2007, UE - Production, surfaces et rendements en pois, PROLEA, 2007, p. 112 [pdf]. Les chiffres 2006 se rapportent à l'UE à 27, les précédents à l'UE à 15.
  99. ↑ Statistiques des oléagineux et protéagineux - huiles et protéines végétales, 2006 - 2007, UE - Bilan des matières riches en protéines de l’UE à 25, p. 129. [pdf]
  100. ↑ Production des principaux protéagineux, cours de bromatologie, École vétérinaire de Lyon
  101. ↑ OlĂ©agineux : chiffrĂ©s clĂ©s 2007, Prolea
  102. ↑ (en) Grain Legume Portal, portail Internet de l'AEP (association européenne des protéagineux)
  103. ↑ Alphonse de Candolle, Origine des plantes cultivées, Jeanne Laffitte, Marseille, 1984, p. 263 (Réimpression de la première édition de 1883 chez Librairie Germer Baillière et Cie)
  104. ↑ Définition de pois, Centre national de ressources textuelles et lexicales (CNTRL)
  105. ↑ Paul-Émile Littré, Dictionnaire de la langue française
  106. ↑ Julie Amerlinck, Phraséologie potagère, Les noms de légumes dans les expressions françaises contemporaines, Peeters, Louvain-la-Neuve, 2006 (ISBN 2-87723-919-5), p. 157-160.
  107. ↑ Claude Duneton, Le Bouquet des expressions imagées, Le Seuil, 1990, (ISBN 2-02-009958-6), p. 814.
  108. ↑ L'Unilec est devenue aujourd'hui l'Unilet (Union nationale interprofessionnelle des légumes transformés)
  109. ↑ La communication sur Unilet. Consulté le 15 septembre 2009
  110. ↑ Les mangeurs de pois, La Tribune de l'Art, exposition 2005 (Poussin, Watteau, Chardin, David... Peintures françaises dans les collections allemandes XVII ‑ XVIII siècle.
  111. ↑ Avant-garde - fauvisme et cubisme - Le Pigeon aux petits pois de Pablo Picasso, Insecula. Consulté le 22 août 2009
  112. ↑ Trésor des fèves et Fleur des pois sur Google Books
  113. ↑ Petit pois d'Alain Souchon sur paroles.net.
  114. ↑ Philippe Delerm, La Première GorgĂ©e de bière et autres plaisirs minuscules, Gallimard, coll. « l'Arpenteur Â», 1997 (ISBN 070744833), p. 13-15 
  115. ↑ La fĂŞte des Petits Pois : concerts et arts de la rue, site officiel de Clamart
  116. ↑ Paul Sébillot, Le folklore de France, la flore, éditions Imago, 1985, (ISBN 2-902702-24-8)
  117. ↑ Giorda et Muriel Bloch, 365 porte-bonheur, éditions Hatier, 1987, (ISBN 2-21801-502-1), page du 8 juin.
  118. ↑ Fêtes, saints patrons et dictons, Le Courrier de l'environnement de l'INRA
  119. ↑ Dicocitations





Chapitre : Annexes


  - Sous-chapitre : Articles connexes

  - Sous-chapitre : Bibliographie

    Liste :
  • Antoine Jacobson et Dominique Michel, Le petit pois, illustrations de Fabien Seignobos, Actes Sud, coll. « Chroniques du potager Â», Arles, 2001 (ISBN 2-7427-3478-3) 
  • Cl. Chaux et Cl. Foury, Productions lĂ©gumières, tome 3, lĂ©gumineuses potagères, lĂ©gumes fruits, chap. 2 Petit pois ou pois potager, Lavoisier Tec & Doc, coll. « Agriculture d'aujourd'hui Â», Paris, 1994 (ISBN 2-85206-975-X) 
  • Michel Claude, CĂ©lĂ©bration du petit pois, Robert Morel, 1966 
  • Pois protĂ©agineux, un atout pour l'agriculture europĂ©enne, ITCF / UNIP, 1998 (ISBN 2-9508706-7-8) 
    Liste :
  • Emmanuel Auger, Le petit pois : dix façons de le prĂ©parer, Éditions de l'Épure, coll. « Dix façons de prĂ©parer Â», 2007 (ISBN 2-3525501-2-2) 
    Liste :
  • Nathalie Munier-Jolain, VĂ©ronique Biarnès, Isabelle Chaillet, JĂ©rĂ©mie Lecoeur, Agrophysiologie du pois protĂ©agineux, INRA Ă©ditions, coll. « Mieux comprendre Â», Paris, 2005, 280 p. (ISBN 2-7380-1182-9) 
    Liste :
  • Jean-Marie Polese et Nathalie Dupuy, La culture des haricots et des pois, Ă©ditions ArtĂ©mis, coll. « Les clefs du jardinage Â», Paris, 2006, 95 p. (ISBN 2-84416-417-X) 
    Liste :
  • Collectif, CĂ©rĂ©ales et lĂ©gumes secs, PROTA (Plant resources of tropical Africa), coll. « Ressources vĂ©gĂ©tales de l'Afrique tropicale Â», Wageningen (Pays-Bas), 2006, 328 p. (ISBN 90-5782-172-9) 

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