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Définition Wikipédia de : Plume (oiseaux)






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Schéma d'une plume.






Introduction :

      Une plume est, chez les oiseaux, une production tĂ©gumentaire complexe constituĂ©e de β-kĂ©ratine. La plume est un Ă©lĂ©ment caractĂ©ristique de la classe des oiseaux. Comme les poils, les Ă©cailles, les ongles, les griffes, les sabots, les plumes sont des phanères.







Suite de l'article :

L'ensemble des plumes, généralement plusieurs milliers, forme le plumage, dont les fonctions sont de protéger le corps de l'oiseau du milieu ambiant, notamment contre l'eau et le froid, de permettre le vol, de se camoufler. Mais elles ont aussi une fonction sociale et reproductive.



     L'observation d'une plume ou du plumage peut permettre de dĂ©terminer l'espèce, le sexe, l'âge ou la santĂ© d'un oiseau.




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Plumes.
Illustré par Adolphe Millot dans Larousse pour tous [1907-1910]


- Sommaire de la page -









Chapitre : La plume


  - Sous-chapitre : Structure de base




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1 Rachis
2 Calamus
3 étendard ou vexillum (3a Vexillum externum, 3b Vexillum internum)
4 Hypopène
5 Umbilicus superior
6 Umbilicus inferior
7 Barbe
8 - 9 barbule (8 Barbula proximalis, 9 Barbula distalis)





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La structure d'une plume détaillée.



     Une plume se compose d'un axe central, creux Ă  sa base, le calamus qui naĂ®t dans l'Ă©piderme et plein dans sa partie principale, le rachis.
Le rachis porte des « barbes Â», insĂ©rĂ©es en deux sĂ©ries de part et d'autre de l'axe dans un seul plan, et enchevĂŞtrĂ©es par des « barbules Â» perpendiculaires munis d'innombrables crochets minuscules. L'ensemble des barbes situĂ©es du mĂŞme cĂ´tĂ© du rachis est appelĂ© vexille. La vexille externe (visible quand l'aile est repliĂ©e) est souvent plus Ă©troite que l'interne.


     Lorsque la base infĂ©rieure du rachis peut comporter une plume secondaire, celle-ci est appelĂ©e hyporachis.

  - Sous-chapitre : DiffĂ©rents types de plumes




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Les rémiges primaires à gauche et secondaires à droite d'une buse variable. Elles sont toutes les deux asymétriques.



     On distingue plusieurs types de plumes :

Les pennes


     Les plumes les plus longues des ailes et de la queue sont appelĂ©es pennes. Il existe deux grands groupes de pennes, les rĂ©miges et les rectrices.

    Liste :
  • Les rĂ©miges sont fixĂ©es aux ailes. Les rĂ©miges primaires, prenant appui sur les os des phalanges et du mĂ©tacarpe, sont les plus longues et participent Ă  la forme gĂ©nĂ©rale de l'aile. Les oiseaux actuels en ont de 9 Ă  11 sur chaque aile. Les rĂ©miges secondaires sont plus courtes et insĂ©rĂ©es au niveau de l'avant-bras (cubitus). Les oiseaux actuels en ont de 6 (Colibris) Ă  38 (Albatros) par aile. Certaines espèces (albatros, puffins et certains canards) prĂ©sentent des rĂ©miges tertiaires, au niveau de l'humĂ©rus. Les alulas, aussi appelĂ©es rĂ©miges polliciales ou plumes bâtardes sont des plumes plus petites, fixĂ©es au niveau du 1er doigt, et pourrait faciliter le vol Ă  faible vitesse.
  • Les rectrices sont fixĂ©es sur la queue.

Les tectrices


     Les plumes tectrices ou plumes de couverture dĂ©signent le duvet (formĂ© de plumes lĂ©gères dont les barbes ne sont pas enchevĂŞtrĂ©es) et les plumules ou semi-plumes, qui sont des très petites plumes sur les tarses. Les plumes de duvet sont très abondantes chez certaines espèces (canards, oies...) ; elles sont parfois arrachĂ©es par l'oiseau sur son propre corps afin de garnir le nid. Certaines espèces (outardes, hĂ©rons, certains passereaux) possèdent des touffes de duvet particulier, dont l'extrĂ©mitĂ© se dĂ©sagrège en une poudre utilisĂ©e pour l'entretien des plumes (ces espèces ont gĂ©nĂ©ralement une glande uropygienne plus rĂ©duite que la moyenne).

Les plumes sensitives




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Les vibrisses autour du bec des Barbus, ici un Barbu vert, leurs ont valu leur nom normalisé


    Liste :
  • Les filoplumes sont rĂ©duites Ă  un rachis filiforme porteur de quelques barbes au sommet. Elles sont mĂŞlĂ©es aux autres plumes de contour auprès desquelles elles sont implantĂ©es et leur base est bien innervĂ©e ; elles aident vraisemblablement l'oiseau Ă  mettre ses plumes en place lors de sa toilette.
  • Les vibrisses ou plumes sĂ©tiformes sont des plumes tectrices modifiĂ©es, très fines, disposĂ©es le plus souvent sur le front et les commissures des yeux et au coin du bec, leur majeure partie (distale) Ă©tant dĂ©pourvue de barbes et rĂ©duite au rachis.

Plumes particulières


     Les plumes trichoptiles ou nĂ©optiles sont des plumes de couvertures qui ont l'air de cheveux. Les trichoptiles ont un rachis qui se sĂ©pare en trois branches. Les termes herls, hackles, sabres, quills, dĂ©finissent des plumes particulières pour des espèces prĂ©cises.

  - Sous-chapitre : DĂ©veloppement


     La plume pousse sur une dĂ©pression de la peau appelĂ©e follicule. Des cellules germinatives commencent Ă  prolifĂ©rer très rapidement et forment une gaine rigide entourĂ©e d'un tube qui sort rapidement du follicule. Le tube appelĂ© papille contient des vaisseaux sanguins et des nerfs appelĂ©s pulpe. Après quelques jours la gaine stoppe sa croissance et la plume commence Ă  sortir. Cette gaine va ensuite disparaĂ®tre par usure, laissant apparaĂ®tre le calamus qui Ă  son extrĂ©mitĂ© n'est plus qu'une structure morte appelĂ©e rachis. La plume est alors maintenue par des tissus musculaires implantĂ©s d'un mĂŞme cĂ´tĂ© sur le rachis.


     Le pigment de mĂ©lanine des plumes est dĂ» aux organites appelĂ©s mĂ©lanosomes, organites siĂ©geant dans le cytoplasme des mĂ©lanocytes situĂ©s dans le calamus. Ces cellules transmettent leurs mĂ©lanosomes aux cellules mĂ©dullaires prĂ©sentes dans la partie centrale des barbes. Les mĂ©lanosomes migrent durant toute la croissance de la plume.


     La plume ayant une durĂ©e de vie limitĂ©e, ce processus recommencera Ă  la prochaine mue.


     Il existe souvent des diffĂ©rences substantielles entre les rĂ©miges et rectrices d'adultes et de juvĂ©niles de la mĂŞme espèce. Parce que toutes les plumes des juvĂ©niles poussent en mĂŞme temps, elles sont moins douces et de moins bonne qualitĂ© que les plumes adultes dont la pousse s'Ă©tale sur un temps plus long. Des problèmes alimentaires (voir le paragraphe Variations alimentaires) peuvent alors causer des stries de croissance sur les plumes qu'il est possible d'Ă©tudier avec une technique appelĂ©e ptilochronologie.


     En gĂ©nĂ©ral, les juvĂ©niles ont des plumes qui sont plus Ă©troites et plus pointues, ce qui est particulièrement visible dans le cas de rapace en vol. Les plumes d'un juvĂ©nile sont de longueur plus uniforme et les bords plus dentelĂ©s, surtout dans le cas des rapaces. Les rĂ©miges des adultes peuvent ĂŞtre de longueurs et de rĂ©sistances diffĂ©rentes mue après mue, d'une annĂ©e sur l'autre. D'une façon gĂ©nĂ©rales chez les jeunes, les rectrices, les primaires externes et secondaires sont plus longues tandis que les primaires internes sont plus courtes. Cependant, chez les espèces de Ciconiiformes Ă  rectrices particulièrement longues comme le Milan Ă  queue fourchue, Messager sagittaire, BondrĂ©e apivore les rectrices, de mĂŞme que les rĂ©miges chez les Buteo, peuvent ĂŞtre plus courtes chez les juvĂ©niles. Certains scientifiques pensent que ces diffĂ©rences peuvent aider les jeunes oiseaux Ă  compenser leur inexpĂ©rience et leur musculature plus faible limitant leur capacitĂ© au vol battu.

  - Sous-chapitre : L'usure


     Les principaux mĂ©canismes provoquant l'usure des plumes sont l'abrasion mĂ©canique, l'action de la lumière et la prĂ©sence dans le plumage d'organismes susceptibles de s'attaquer Ă  la kĂ©ratine. Les plumes des ailes voient leur rigiditĂ© et la portance diminuĂ©es suite Ă  cette usure. La couverture thermique est Ă©galement moins bonne.


     La lumière agit sur la kĂ©ratine et le pigment des plumes. Comme les rĂ©miges se recouvrent partiellement, seules les extrĂ©mitĂ©s qui sont exposĂ©es au soleil s'usent plus vite. Elles se dĂ©colorent d'abord, puis la structure des barbules se dĂ©tĂ©riore et celles-ci se sĂ©parent. Les rachis finissent par se casser. Les rectrices s'Ă©cartant les unes des autres pour fonctionner, ce mĂ©canisme use beaucoup les plumes.


     L'Ă©tude de l'usure des plumes permet de connaĂ®tre la pĂ©riode du cycle de mue de l'oiseau. Les espèces migratrices ont souvent des plumes plus usĂ©es.

  - Sous-chapitre : Couleurs des plumes




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Les mĂ©lanines diffusent les courtes longueurs d'onde : il y a donc des plumes bleues sans pigments bleus!



     Les pigments des plumes sont de deux types, les mĂ©lanines (noir) et les carotĂ©noĂŻdes (jaune au rouge). Cependant certaines couleurs, dites structurales, ne sont pas dues Ă  la pigmentation. Ainsi, bien que de nombreux oiseaux disposent de plumes vertes ou bleues, comme les espèces du genre Pavo ou les Psittacidae, ils ne synthĂ©tisent pas de pigments de ces couleurs. De nombreuses espèces ont des plumes blanches comme les aigrettes, mouettes, spatules. Le blanc rĂ©sulte de l'absence de pigmentation mais Ă©galement de la rĂ©flexion totale du spectre lumineux.

Couleurs pigmentaires


     Les pigments obtenus Ă  partir des mĂ©lanines peuvent aller du noir, comme pour le choucas au brun clair voire au jaune comme pour certaines espèces de Corvidae. Ils sont directement synthĂ©tisĂ©s par l'oiseau. Il n'en est pas de mĂŞme pour les pigments carotĂ©noĂŻdes qui peuvent, suivant les espèces ĂŞtre soit synthĂ©tisĂ©s soit plus gĂ©nĂ©ralement obtenus par la nourriture. Les Psittacidae synthĂ©tisent la Psittacine tandis que les flamants, certains serins, etc., trouvent ces pigments dans leur alimentation. Dans ce dernier cas, les carotĂ©noĂŻdes ne subissent pas ou peu de transformations chimiques avant de se dĂ©poser dans les plumes.Mais chez les flamants, le pigment initial est produit par des algues unicellulaires, transformĂ© chez des crevettes (Artemia salina)qui s'en nourrissent et finalement fixĂ© dans les plumes des flamants. La couleur peut alors varier en fonction de l'alimentation et donc de la saison.


     L'accumulation des pigments peut varier avec l'âge de l'oiseau.

Couleurs structurales


     C’est grâce Ă  un phĂ©nomène optique (dĂ©composition de la lumière par des microstructures) que des couleurs peuvent apparaĂ®tre par dĂ©composition de la lumière blanche. Ce phĂ©nomène est identique Ă  celui qui permet la coloration des yeux chez l’homme, ou mieux la coloration des bulles de savon et l'arc en ciel. Chez les psittacidĂ©s, le bleu nait dans des barbes renfermant une couche structurale riche en microgranules de mĂ©lanine noire; si Ă  cela s'ajoure un carotĂ©noĂŻde jaune on a du vert. Les microgranules renvoient les radiations bleues (les plus courtes), les autres sont absorbĂ©es par une moelle centrale noire. Chez les paons et les colibris, les barbules renferment des plages de microlamelles qui dĂ©composent la lumière (comme pour un microsillon) et suivant l'Ă©cartement des microlamelles on a telle couleur. Dans ce cas, en inclinant la plume pour faire varier l'incidence de la lumière, on voit les couleurs se dĂ©placer.


     La combinaisons des diffĂ©rents pigments et de ces phĂ©nomènes optiques permettent une très grande variĂ©tĂ© de couleurs. Les Ă©leveurs d' oiseaux de compagnie ont pu sĂ©lectionner de nombreuses variĂ©tĂ©s de couleur dues Ă  des mutations apparues en Ă©levage et en obtenir de nouvelles par des croisements [[Élevage sĂ©lectif des animaux|pour produire les teintes dĂ©sirĂ©es.

Irisation




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Principe de l'iridescence



     Certaines espèces sont connues pour avoir des plumes iridescentes, comme les oiseaux-mouches mais aussi les guĂŞpiers, les paons, quelques canards, les Ă©tourneaux, les corbeaux, etc. Les irisations sont produites par les barbules renfermant des rĂ©seaux de microlamelles. Un barbules Ă  microlamelles reposant sur une barbule riche en mĂ©lanine noire; cette dernière absorbant les radiations parasites. Les microlamelles ont l'avantage sur les microgranules de mĂ©lanine de pouvoir produite toutes les couleurs du spectre solaire, alors que les microgranules ne peuvent produire que du bleu.






Chapitre : Le plumage





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Les différences de plumage d'un Guiraca bleu, de haut en bas, un mâle reproducteur, un mâle non reproducteur, une femelle (plumage de base) et un Passerin indigo mâle



     Le terme plumage fait rĂ©fĂ©rence, Ă  la fois aux coloris des plumes et Ă  leur disposition. Les motifs et les couleurs du plumage varient entre les espèces et sous-espèces, et peuvent Ă©galement varier entre les diffĂ©rentes classes d'âge, de sexe, et les saisons. C'est une des manières les plus usuelles de reconnaĂ®tre les espèces.

  - Sous-chapitre : QuantitĂ©


     Tous les oiseaux ne disposent pas de la mĂŞme quantitĂ© de plumage. Le plumage reprĂ©sente jusqu'Ă  50 % du poids chez les Fregatidae, 30% chez les passereaux. Le nombre de plumes peut Ă©galement beaucoup varier selon les saisons : il passe, chez Le bruant Ă  gorge blanche, d'environ 2600 en fĂ©vrier Ă  environ 1500 en octobre. Le cygne amĂ©ricain, dispose lui, lors de sa saison la plus couverte, de près de 25000 plumes tandis que les oiseaux-mouches ne disposent que d'environ 1000 plumes lors de la saison la moins couverte.

  - Sous-chapitre : Implantation des plumes




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Implantation des ptérilies



    Liste :
  • La couverture parotique, sur la joue
  • La couverture scapulaire, sur l'Ă©paule
  • Les miroirs, des bandes de couleur sur les rĂ©miges
  • Les plumes scapulaires dĂ©signent une partie du plumage de l'aile venant recouvrir les Ă©paules de l'oiseau au repos.
  • Le camail est l'ensemble des plumes de la tĂŞte et du cou des animaux d'Ă©levage
  • Les lancettes, palettes sont des plumes de la queues

Convention de numérotation et identification




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Série de rémiges d'un Martinet noir



     Chaque plume, en fonction de sa position et donc de son utilitĂ© a une forme diffĂ©rente. Les ornithologues ont créé une convention pour attribuer un identificateur Ă  chacune d'elles. Ainsi les rĂ©miges primaires sont identifiĂ©es par un P suivi de son numĂ©ro d'ordre. Les rĂ©miges secondaires sont identifiĂ©es par un S, les tertiaires par un T et les rectrices par un R, Al pour les alulas. Pour la majoritĂ© des auteurs, le dĂ©nombrement commence de l'avant vers l'arrière, les rectrices sont numĂ©rotĂ©es de part et d'autre du centre vers l'extĂ©rieur. Chaque espèce dispose d'une formule alaire diffĂ©rente. Elle peut permettre l'identification d'oiseaux. Les spĂ©cialistes peuvent mĂŞme dĂ©duire l'espèce d'un oiseau Ă  partir d'une seule plume.


     La connaissance des diffĂ©rentes plumes de l'aile est indispensable pour la comprĂ©hension des caractĂ©ristiques de la mue.


     Certaines espèces comme les anatidĂ©s du genreAnas ou des perroquets du genre Amazona possèdent sur le dos des ailes une barre iridescente appelĂ©e miroir, d'autres espèces disposent d'homochromiemimĂ©tique comme des ocelles par exemple. Ces caractĂ©ristiques peuvent ĂŞtre primordiale pour l'identification d'un oiseau.

  - Sous-chapitre : Variations des plumages




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Poussin couvert de duvet de Goéland à ailes grises.



     On observe des variations de plumages entre les individus d'une mĂŞme espèce. Ces variations sont dues Ă  plusieurs facteurs, la production d'hormones, des facteurs d'ordre gĂ©nĂ©tique, et le moins connu et le plus discutĂ©, des facteurs nutritionnels. Les oiseaux changent de plumage au cours de mues, les couleurs peuvent changer en fonction des saisons pour certaines espèces. Ces diffĂ©rentes variantes de plumage sont appelĂ©es « formes Â» et ces espèces sont dites polymorphiques.

Variations endocriniennes


     Les plumages peuvent beaucoup varier en fonction des sexes, des saisons ou de l'âge des individus.


     Les poussins, qui peuvent Ă  l'Ă©closion ĂŞtre entièrement nus (ex : pic-vert), partiellement couvert de duvet (ex : rouge-queue Ă  front blanc) ou entièrement couvert de duvet (ex : poussins nidifuges) vont progressivement acquĂ©rir un premier plumage d'immature. Les juvĂ©niles auront dans la plupart des cas un plumage diffĂ©rent des adultes, ou semblable Ă  ceux des femelles. Ce plumage immature laissera la place au plumage d'adulte lorsque l'oiseau aura atteint la maturitĂ© sexuelle.


     Les mâles sont, en gĂ©nĂ©ral, plus colorĂ©s, au moins de la pĂ©riode des parades nuptiales Ă  la fin de la pĂ©riode de reproduction. La mue automnale (pour les espèces nordiques) leur permettant d'acquĂ©rir une livrĂ©e plus discrète.


     On parle de plumage Ă©clipse, lorsque les mâles d'une espèce possèdent un plumage de parade nuptial diffĂ©rent de celui de la saison d'hivernage en gĂ©nĂ©rale cryptique, comme c'est le cas par exemple pour les mâles de Sarcelle d'hiver.


     Les femelles de certaines espèces sont connues pour choisir leur mâle en fonction, entre autres, de la couleur de leur plumage, les mâles aux couleurs les plus chatoyantes sont supposĂ©s ĂŞtre en meilleur santĂ©. Les femelles et les juvĂ©niles, aux couleurs plus ternes, sont en gĂ©nĂ©ral mieux camouflĂ©s, quoique certains mâles incubent Ă©galement. Les espèces dites polymorphiques, sĂ©dentaires ou non, peuvent connaĂ®tre des mues saisonnières, leur plumage changeant selon les saisons. Le Chardonneret jaune est un exemple de toutes ces variations de plumage.


     Ces variations sont d'origine endocrinienne.

Variations génétiques




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Leucisme



     Certaines espèces disposent d'une importante variation de plumages en fonction des individus comme chez les Cuculidae ou les Strigiformes. Elles sont principalement dues Ă  des raisons gĂ©nĂ©tiques et peuvent s'Ă©tendre Ă  l'ensemble du plumage ou Ă  quelques zones. Une des plus cĂ©lèbre de ces anomalies est l'albinisme comme chez le merle blanc, un oiseau quasi-mythique. L'albinisme, relativement rare, est liĂ©e Ă  l'absence de l'enzyme tyrosinase. Une autre anomalie ne causant que des taches blanches est appelĂ©e leucisme et semble hĂ©rĂ©ditaire et parfois liĂ©e au sexe. Une pigmentation rouge ou jaune anormale Ă©tant respectivement l'Ă©rythrisme et la xanthochromie. On a observĂ© pour les hirondelles de cheminĂ©e exposĂ©es aux radiations de la catastrophe de Tchernobyl que 13% d'entre elles prĂ©sentent des taches de dĂ©pigmentation liĂ©es Ă  des mutations.


     Les Ă©leveurs d'oiseaux de compagnie, de Psittacidae et de serins notamment, cherchent Ă  reproduire ces anomalies gĂ©nĂ©tiques, des mutations naturelles, par croisements sĂ©lectifs afin de rendre les oisillons produits plus rares et plus chers.


     Un autre type de variation gĂ©nĂ©tique du plumage concerne la longueur des plumes. Par exemple, le coq domestique de la variĂ©tĂ© Onagadori prĂ©sente trois mutations : une empĂŞchant la mue des rectrices, et deux favorisant leur croissance. Il s'ensuit une croissance dĂ©mesurĂ©e et continue des plumes de la queue, dont la longueur atteint souvent 5 ou 6 m, voire (comme dans le cas du record actuel) 11,3 m.

Variations alimentaires


     On observe dans de nombreuses Ă©tudes que dans le cas de carence alimentaire il apparaĂ®t d'une part des marques blanches sous les rĂ©miges et surtout sous les rectrices et d'autre part un manque de barbes, mais ces Ă©tudes ne permettent cependant pas de conclure avec certitude. On a observer que la prĂ©sence de lysine dans l'alimentation favorise la croissance des plumes et l'absence des taches, la lysine influant la production de tyrosinase mais ce ne peut ĂŞtre la seule cause. Ces altĂ©rations se traduisent par des barres de croissance qui fragilisent les plumes, qui se cassent Ă  cet endroit Ă  la fin de la saison. La ptilochronologie propose d'Ă©tudier la santĂ© alimentaire des oiseaux en les Ă©tudiant.


     Certains auteurs pensent que d'une part la sous-alimentation entraĂ®ne assez rapidement des dĂ©pigmentations au niveau des jeunes plumes et que d'autre part on observe une proportionnalitĂ© entre la durĂ©e de la famine et la taille des marques. Ces marques dans ce cas, seraient liĂ©es Ă  la diminution du flux sanguin causant un moindre afflux des produits chimiques prĂ©curseurs des couleurs dans le calamus. Ceci expliquerait la diffĂ©rences de positions et de formes de ces marques entre les juvĂ©niles et les adultes, pour qui la pousse est plus Ă©talĂ©e.






Chapitre : Contraintes comportementales


  - Sous-chapitre : Le toilettage


     Le toilettage est l'activitĂ© de confort la plus gourmande en temps de l'oiseau; C'est aussi une activitĂ© sociale, certains oiseaux se toilettant en couple. Par exemple, ils lissent leurs plumes avec les sĂ©crĂ©tions cireuses de leur glande uropygienne. L'utilitĂ© de cette pratique est discutĂ©e mais il semble que cette cire agit sur la flexibilitĂ© des plumes et comme un agent antimicrobien en inhibant la croissance de bactĂ©ries dĂ©gradant les plumes, les oiseaux n'utilisent pas que de l'eau pour se nettoyer, plus de 250 espèces complètent ces sĂ©crĂ©tions avec de l'acide formique tirĂ©es de fourmis. Certains passereaux prennent des « bains Â» de fumĂ©e sur les cheminĂ©es des maisons.


     Ainsi les sĂ©ances de toilettage peuvent ĂŞtre mutuelles. Certains oiseaux aiment Ă©galement se baigner.

  - Sous-chapitre : La mue

Article dĂ©taillĂ© : Mue des oiseaux.
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mâle en plumage nuptiale en haut de l'imageLe mâle ne se distingue des femelles que par la couleur du bec

     La mue est un processus coĂ»teux en Ă©nergie et ressources pour l'oiseau. Le mĂ©canisme, la manière dont elle se dĂ©roule et sa durĂ©e varient d'une espèce Ă  l'autre. On peut ainsi observer d'une Ă  quatre mues par an. Au sein d'une mĂŞme espèce elle dĂ©pend des saisons et permet aux oiseaux de disposer d'un meilleur camouflage ou d'arborer un plumage nuptial. Lorsque les mâles d'une espèce possèdent un plumage de parade nuptial diffĂ©rent de celui de la saison d'hivernage en gĂ©nĂ©rale cryptique, comme c'est le cas par exemple pour les mâles de sarcelle d'hiver, ce dernier est appelĂ© plumage d'Ă©clipse. La mue dĂ©pend aussi de l'âge de l'oiseau et de l'Ă©tat gĂ©nĂ©ral de celui-ci. Certains oiseaux s'enlèvent eux-mĂŞmes les plumes ou se grattent durant cette pĂ©riode. Toute perte de plume n'est pas nĂ©cessairement liĂ©e Ă  une mue.


     On distingue la première mue des juvĂ©niles qui leur fait perdre leur duvet et les mues saisonnières des adultes. Les phases sont les diffĂ©rents plumages en fonction des saisons, par exemple on parle de plumage prĂ©nuptial après la mue prĂ©nuptiale et de plumage de reproduction pendant la pĂ©riode de reproduction.


     La mue peut ĂŞtre progressive et laisser Ă  l'oiseau la capacitĂ© de voler, ou ĂŞtre très rapide, laissant momentanĂ©ment l'oiseau dans l'incapacitĂ© de voler (comme par exemple chez les AnatidĂ©s, les grèbes, les plongeons...) ou de plonger en eau froide (manchots).

  - Sous-chapitre : Maladie


     La perte de plume peut ĂŞtre due Ă  des maladies ou des problèmes d'alimentation. On appelle picage chronique, le fait d'arracher les plumes, en dehors du phĂ©nomène de la mue. Certaines alopĂ©cies sont dues Ă  des levures ou des champignons mais aussi Ă  des facteurs gĂ©nĂ©tiques (dans ce cas un traitement hormonal peut rĂ©gler le problème). Les oiseaux peuvent aussi souffrir de kystes folliculaires qui sont des plumes qui poussent sous la peau causant ainsi des amas de peau.


     Les plumes accueilles de nombreux ectoparasites dont les Phthiraptera, ou poux de plume. Ils se fixent sur les plumes mais se nourrissent du sang de leur hĂ´te. Les activitĂ©s de toilettage permettent notamment de limiter les effets de ces parasites.






Chapitre : Rôles et particularités



     On connaĂ®t de multiples fonctions du plumage chez les oiseaux modernes. La fonction d'isolation thermique est la plus Ă©vidente mais il joue aussi un rĂ´le primordial dans la communication visuelle tout au long des cycles de vie de l'oiseau. La couche de plumes tectrices protège aussi les oiseaux des chocs mĂ©caniques, de l'humiditĂ© et des radiations solaires. En outre, le plumage peut jouer un rĂ´le mimĂ©tique vis-Ă -vis des prĂ©dateurs, comme signal de dissuasion (cas du Coucou shikra qui ressemble Ă  l'Ă©pervier shikra) ou comme camouflage (cas du plumage dit « cryptique Â» du Petit-duc africain). Les primaires des oiseaux-mouches produisent des bourdonnements particuliers qui leur servent Ă  communiquer. C'est le cas aussi par exemple du Manakin Ă  ailes blanches dont les sons produits par leur seconde rĂ©mige extrĂŞmement modifiĂ©e, leur servent lors de la parade amoureuse.


     Chez les Strigiformes, le bord des rĂ©miges est pourvu de dentures appelĂ©es « sourdines Â», permettant l'assourdissement du bruit des ailes et un vol très silencieux.

  - Sous-chapitre : RĂ´le dans la reproduction




Image (cliquez pour agrandir) :

paon bleu mâle


Article dĂ©taillĂ© : sĂ©lection sexuelle.

     On sait que les femelles de certaines espèces Ă©valuent la teinte du plumage des mâles qu'elles choisissent. C'est le cas par exemple de la mĂ©sange bleue ou du gorge-bleue. Le mâle de gorge-bleue ne disposant que de peu de plumes rĂ©flĂ©chissant l'ultra violet mettra plus de temps Ă  former un couple et aura moins de copulations hors couple. D'après la thĂ©orie de Ronald Aylmer Fisher, les femelles cherchent les mâles avec qui elles auront le plus de descendants parce que les plus beaux. Cependant, certaines les femelles de certaines espèces prĂ©fèrent les mâles avec un ornement handicapant. Amotz Zahavi explique, avec sa thĂ©orie du handicap, qu'elle choisissent le mâle avec le plus lourd handicap car celui-ci doit avoir de bons gènes pour survivre malgrĂ© cela. Ainsi, pour les espèces du genre Pavo, plus les plumes de queues sont longues, plus le mâle a du succès.

  - Sous-chapitre : RĂ´le thermique


     Le rĂ´le thermique intervient aussi bien pour protĂ©ger les oiseaux de la chaleur que du froid. L'oiseau renouvèle son plumage en fonction des saisons par la mue ce qui lui assure une meilleure protection. Mais il peut aussi changer le degrĂ© d'isolation en les Ă©bouriffant comme les mammifères hĂ©rissent leurs poils. De cette manière les plumes emprisonnent plus d'air ce qui augmente le pouvoir isolant.


     La sudation n'existe pas chez les oiseaux, les plumes empĂŞcheraient l'Ă©vaporation de la sueur.

  - Sous-chapitre : Cas spĂ©cifiques

Cas des oiseaux aquatiques

Article dĂ©taillĂ© : Oiseau de mer.

     La plupart des oiseaux vivant sur l'eau (canards, etc.) ont des plumes graissĂ©es qui assurent une Ă©tanchĂ©itĂ© et empĂŞchent le corps de se mouiller lors de l'immersion. Cette graisse est sĂ©crĂ©tĂ©e par la glande uropygienne du croupion et prĂ©levĂ©e par le bec. Les oiseaux enduisent rĂ©gulièrement leurs plumes (comme on rĂ©nove le calfatage d'un bateau...) en les faisant glisser une Ă  une dans leur bec. Seul le cormoran se sèche après la pĂŞche. On peut alors les observer, alignĂ©s cĂ´te Ă  cĂ´te sur les rochers, ailes Ă©cartĂ©es face au vent et au soleil.


     Certains duvets des rapaces ou des Ardeidae poussent continuellement sans muer. Les extrĂ©mitĂ©s de ses plumes se dĂ©sagrègent en poudre que ces oiseaux rĂ©pandent lors de leur toilette pour impermĂ©abiliser leur plumes. Les oiseaux marins s'en servent pour enlever le mucus des poissons. Par ailleurs ces derniers sont vulnĂ©rables aux plaques d’hydrocarbures dues aux marĂ©es noires qui dĂ©truisent l’impermĂ©abilitĂ© de leur plumage et entraĂ®nent leur mort par noyade ou hypothermie.

Cas des oiseaux coureurs


     Tous les oiseaux possèdent des plumes, y compris les oiseaux qui ne volent pas. Elles illustrent les autres utilitĂ©s des plumes pour les oiseaux.


     Certains oiseaux, comme les Brassemers n'ont pas des plumes très diffĂ©rentes des oiseaux volants. Les kakapos possèdent des rĂ©miges plus courtes, plus symĂ©triques avec un bout plus arrondi que chez les autres Psittaciformes. Les barbules ont moins de crochets ce qui rend les plumes plus souples. D'autres espèces comme les grèbes microptères ont un nombre de rĂ©miges rĂ©duit. Les rĂ©miges des ratites sont fines et non rigides, les barbules n'ont pas de crochets et leur absence entraĂ®ne l'inaptitude au vol. Chez les Emeux les rĂ©miges sont plus courtes. Les rĂ©miges des casoars sont peu nombreuses et ne disposent que de cinq ou six barbes. Seules les Autruches conservent leurs rectrices chez les ratites. Ces plumes leurs servent Ă  Ă©quilibrer leur trajectoire pendant les phases de course.


     Les Spheniscidae adultes ne possèdent pas de plumes diffĂ©renciĂ©es, en outre se sont les seuls oiseaux pour qui elles poussent uniformĂ©ment sur le corps. Leur plumes sont petites, rigides et faiblement incurvĂ©es et couvrent l'ensemble de leur corps Ă  l'exception de leur pattes.

Cas des oiseaux volants


     Les plumes constituent la partie la plus importante du corps des oiseaux, les ailes, qui leur permettent de voler.


     Selon le type de vol spĂ©cifique Ă  chaque catĂ©gorie d'oiseaux, les plumes des ailes et de la queue auront une forme et un fonctionnement diffĂ©rent.

    Liste :
  • Les ailes des oiseaux effectuant des vols planĂ©s sur de longues distances (albatros) ont un allongement important (planeurs).
  • Certains oiseaux conjuguent le vol planĂ© et le vol en piquĂ© lorsqu'ils observent d'abord le paysage Ă  la recherche d'une proie puis fondent sur elle. Leur aile est d'abord entièrement dĂ©ployĂ©e puis se replie ensuite pour offrir une moindre rĂ©sistance. Les fous de Bassan qui plongent Ă  plusieurs mètres de profondeur dans l'eau pour pĂŞcher allongent mĂŞme leurs ailes le long du corps.
  • Les oiseaux au vol très rapide (par ex. l'hirondelle) ont des ailes courtes aux extrĂ©mitĂ©s très fines et pointĂ©es vers l'arrière en forme de serpe (flèche importante des chasseurs).
  • Les aigles et les condors au vol planĂ© lent ont Ă  l'extrĂ©mitĂ© de leurs ailes quelques plumes Ă©cartĂ©es comme les doigts de la main qui permettent de profiter de la portance créée par le tourbillon (ailerette ou winglet), ce sont les Ă©marginations. En outre, ils ont sur le bord d'attaque de leurs ailes, quelques plumes qui rabattent sur l'extrados l'Ă©coulement d'air qui tend Ă  se dĂ©coller en vol très lent Ă  grande incidence (bec contre le dĂ©crochage, slat en anglais). Des alulas permettent des vols demandant moins d'Ă©nergie.
  • Certains oiseaux migrateurs volent en triangle, chacun profitant du tourbillon créé par l'animal qui le prĂ©cède, l'animal placĂ© en tĂŞte venant rĂ©gulièrement se reposer en queue (comme au volley-ball).
  • Certains oiseaux se dirigent Ă  l'aide de leur bec plat situĂ© loin en avant du corps (plan canard) et ont par consĂ©quent des plumes rectrices de très faibles dimensions.

     Le fait de couper les plumes, voire les phalanges, des ailes de certains oiseaux domestiques pour les empĂŞcher de voler s'appelle l’éjointage.






Chapitre : Place de la plume dans l'évolution





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Mahakala, un Dromaeosauridae, vue d'artiste


  - Sous-chapitre : TĂ©moignages fossiles


     On a longtemps pensĂ© que seuls les oiseaux modernes avaient des plumes. La dĂ©couverte de plumes asymĂ©triques (donc modernes) sur Archaeopteryx, dans les annĂ©es 1860, lance le dĂ©bat sur l'origine des plumes chez les oiseaux modernes; ce cas est longtemps restĂ© unique. Cependant, de nombreux fossiles de thĂ©ropodes, dont Sinosauropteryx de la province du Liaoning en Chine, dĂ©montrent que les spĂ©cimens de cette lignĂ©e, dont font vraisemblablement partie les oiseaux, possĂ©daient des plumes ou des protoplumes. A l'exception des fossiles de dinosaures aviens, proches des oiseaux modernes, la morphologie des squelettes de dinosaures non-aviens Ă  plumes n'est en gĂ©nĂ©ral pas compatible avec un vol battu.


     Certaines espèces ne possĂ©daient que quelques touffes de plumes symĂ©triques dispersĂ©es sur leurs "mains" et leur longue queue osseuse. Pour certaines, le corps Ă©tait Ă©galement couvert de duvet, d'autres enfin avaient un plumage bien plus dĂ©veloppĂ© sur les pattes arrières, ce qui leur permettait peut-ĂŞtre de planer avec leurs quatre membres Ă©tendus. Ces spĂ©cimens tĂ©moignent d'une apparition de la plume indĂ©pendamment de l'origine du vol, mĂŞme si elle a ensuite Ă©tĂ© rĂ©utilisĂ©e Ă  cette fonction: il s'agit d'une exaptation. La plume a donc pu d'abord remplir d'autres rĂ´les (isolation thermique, communication notamment sexuelle, reproduction). Leur apparition, bien avant le vol, semble confirmer ce qui Ă©tait prĂ©dit par la thĂ©orie de l'Ă©volution: l'organe crĂ©e les fonctions.


     Au fil des dĂ©couvertes, l'Ă©poque de l'apparition de la première plume recule. Le spĂ©cimen d’Epidexipteryx dĂ©crit en 2008, dĂ©couvert en Mongolie, possĂ©dait dĂ©jĂ  des plumes primitives. Il a Ă©tĂ© datĂ© de 168 Ă  152 Ma; pour lui aussi, toute capacitĂ© de vol est exclue. En 2008 puis 2009, c'est au tour d'un petit troodontidĂ©, Anchiornis huxleyi d'ĂŞtre dĂ©crit comme Ă©tant lui aussi un dinosaure non avien Ă  plumes, antĂ©rieur Ă  Archaeopteryx. De longues plumes lui couvrent les membres antĂ©rieurs, la queue mais aussi les membres postĂ©rieurs. Il est datĂ© du Jurassique, entre 151 et 161 Ma.


     En 2008, la dĂ©couverte de "poils" sur Tianyulong confuciusi, un dinosaure Heterodontosauridae, donc assez Ă©loignĂ© de la lignĂ©e des thĂ©ropodes et qui vivait entre 99 et 144 Ma, fait reculer l'origine des plumes Ă  l'origine mĂŞme des dinosaures. En effet le groupe des dinosaures s'est sĂ©parĂ© il y a 240 Ma environ en deux grands groupes, les Ornithischia auquels se rattache ce spĂ©cimen et les Saurischia dont seront issus les thĂ©ropodes. De ce fait, si ces protoplumes sont considĂ©rĂ©es comme homologues, cela veut dire qu'il est possible qu'elles existent depuis au moins cette Ă©poque. Ce fait avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© suspectĂ© grâce Ă  un fossile de Psittacosaurus en 2002.


     On connait Ă©galement de nombreux fossiles de PtĂ©rosaures recouverts d'un duvet ("pycnofibres"), par exemple Sordes pillosus, ce qui pose la question d'une origine commune de ces phanères chez les premiers Archosaures.

  - Sous-chapitre : Plumes et Ă©cailles


     Longtemps, on a vu dans la plume une Ă©caille de type reptile modifiĂ©e, par allongement progressif suivi d'une ramification latĂ©rale en barbes et barbules. Cependant, plusieurs observations contredisent ce phĂ©nomène, par exemple il existe en Ă©levage des races d'oiseaux (poules et pigeons) qui ont des plumes sur les orteils, suite Ă  une mutation rĂ©cessive qui apparemment a levĂ© une inhibition. Les plumes ne sont donc pas dĂ©rivĂ©es des Ă©cailles.






Chapitre : Utilisation humaine



     La production de plumes est importante Ă  cause des volumes de volailles produites en aviculture. Des volailles terrestres, on tire essentiellement de la farine animale tandis qu'on exploite les duvets et plumules des oiseaux aquatiques. La production de plumes ornementales est aujourd'hui marginale.

  - Sous-chapitre : Utilisation ornementale




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Amérindien Pataxó



     Les civilisations amĂ©rindiennes tant au sud (quetzal, oiseaux-mouches, ...) qu'au nord (aigle,...) ont utilisĂ© les plumes comme Ă©lĂ©ment dĂ©coratif ou comme signe distinctif du rang social; toutefois l'usage symbolique chez ces peuples ne peut ĂŞtre sĂ©parĂ© de l'usage ornemental. Les coiffes en sont l'usage le plus connu, mais aussi les tambourins, habits, colliers, etc. Dans ce cas les plumes Ă©taient fixĂ©s par ligature sur un support souple ou incluse dans un support rigide (vannerie, osier, etc.). Il existe toutefois un autre usage dĂ©coratif par collage. Si cette dernière technique Ă©tait rĂ©pandue dans une grande partie du monde prĂ©colombien (PĂ©rou, Amazonie, etc.), ce sont les Aztèques qui excellèrent dans sa pratique. Elle atteignie une pĂ©riode d'apogĂ©e au XVIe siècle, juste avant puis juste après la conquĂŞte espagnole avec la crĂ©ation de vĂ©ritables tableaux religieux en mosaĂŻque de plumes. Une quinzaine de ces tableaux du XVIe siècle sont conservĂ©s dans le monde, dont deux en France : le Triptyque de la Crucifixion au MusĂ©e National de la Renaissance (Ecouen) et la Messe de Saint-GrĂ©goire, le plus ancien conservĂ© (1539), au MusĂ©e des Jacobins d'Auch (Gers).


     Cet usage existait aussi dans l'AntiquitĂ© europĂ©enne : les grecs ou les romains en dĂ©coraient leur casques).




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Chapeau décoré de deux plumes d'autruche, Grand magasin du Louvre, Paris, 1911/1912



     Au cours des siècles, diffĂ©rentes vagues de mode apparurent. Les grandes plumes colorĂ©es de certains oiseaux (autruche, casoar...) servent d'Ă©lĂ©ments de dĂ©coration dans le vĂŞtement et le costume de scène ainsi que pour les chapeaux et la coiffure. Sous Henri VIII, les plumes Ă©taient petites et mettaient en valeur les autres accessoires ; sous Charles II et Henri IV, elles ornaient les couvre-chefs en panache. Les boas seraient apparus dès le XVII siècle mais ne sont rĂ©ellement dĂ©crits qu'Ă  partir du siècle suivant.


     Vers la fin du XIX siècle, cette tendance Ă©tait si grande que l'activitĂ©, connue sous le nom de « plumasserie Â», avait acquis un statut industriel. En AmĂ©rique cinq millions d'oiseaux Ă©taient tuĂ©s annuellement pour cet usage. Les plumes des oiseaux de mer Ă©taient particulièrement prisĂ©es en raison de leur rĂ©sistance ; de ce fait, l'industrie de la plume a Ă©tĂ© considĂ©rĂ©e comme l'un des facteurs responsables du dĂ©clin des populations d'oiseaux marins dans bon nombre de rĂ©gions de l'Atlantique Nord Ă  cette Ă©poque. De tels chiffres mobilisèrent l'opinion publique et des mouvements anti-plume furent créés afin que seules les plumes d'oiseaux domestiques soient utilisĂ©es.

  - Sous-chapitre : Éventails




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Éventails Ă©gyptiens, reprĂ©sentation du XIX siècle



     Les Ă©ventails des Ă©gyptiens antiques, dont les plus anciens remontent au III millĂ©naire av. J.-C., Ă©taient en plume. Les premiers Ă©ventails chinois Ă©taient Ă©galement en plume avant d'ĂŞtre fabriquĂ©s en papier, bambou et soie. Ils ont Ă©tĂ© datĂ©s du I millĂ©naire av. J.-C. environ. De cet origine, le caractère chinois pour le mot « Ă©ventail Â» (扇 ou ç…˝) est graphiquement dĂ©rivĂ© de celui du mot « plume Â» (çľ˝). IndĂ©pendamment de toute influence extĂ©rieure, les Aztèques et les Mayas utilisaient aussi des Ă©ventails en plumes.

  - Sous-chapitre : Fabrication de leurres


     Plusieurs centaines de millions de pĂŞcheurs dans le monde utilisent les plumes pour la fabrication de leurres pour la pĂŞche sportive, notamment en mouche de pĂŞche. La première trace Ă©crite que l'on ait de cette utilisation se trouve dans une description de Claudius Aelianus au IIe siècle.
Les plumes proviennent la plupart du temps d'élevages spécialisés dans la production de plumes. Elles sont soit prélevées sur l'oiseau vivant, soit proviennent de cous ou de selles, nécessitant l'abattage du volatile. Au cours des derniers siècles, pratiquement toutes les espèces ont été concernées. Notons notamment la perdrix rouge, le faisan, le coq de jungle, le paon ... et surtout le coq de pêche. A titre d'exemple, un seul producteur de coqs de pêche, américain, la Whiting Farms Inc, a en 2008 eu un chiffre d'affaire de 20 millions de dollars.

  - Sous-chapitre : Industrie de transformation

Colorations artisanales


     Afin d'obtenir des plumes pour fabriquer entre autres les coiffes, certaines communautĂ©s ont mis en place des techniques diverses. Les colorations Ă  base de teintures ou de dĂ©colorants pour obtenir les couleurs voulues ont Ă©tĂ© utilisĂ©es en AmĂ©rique du Sud notamment. Charles Darwin rapportent que les amĂ©rindiens rĂ©ussissaient Ă  obtenir des couleurs plus conformes Ă  leur souhait en changeant le rĂ©gime alimentaire des oiseaux, ce que savaient faire Ă©galement les malais. Les AmĂ©rindiens pratiquent Ă©galement le tapirage, c'est-Ă -dire qu'en appliquant des produits chimiques sur des oiseaux captifs, ils parviennent Ă  obtenir des nuances de couleurs non naturelles. L'oiseau est soit d'abord plumĂ© puis son Ă©piderme est massĂ© avec des dĂ©coctions de plantes, soit du venin est dĂ©posĂ© dans le calamus des plumes. Les couleurs structurales des plumes disparaissent et les plumes qui repoussent sont alors jaunes ou roses. Les EnawenĂŞ-NawĂŞ, avec du venin de batracien transforment des plumes normalement vertes en plumes jaunes avec des nuances de vermillon.


     Aujourd'hui les nord-amĂ©rindiens colorent des plumes de dindons Ă  l'encre pour fabriquer et vendre des coiffes aux touristes, la dĂ©tention de vraies plumes d'aigle Ă©tant interdite aux non indiens. La teinture de plumes ou la fabrication de plumes artificielles est Ă©galement encouragĂ©e auprès de certaines communautĂ©s pour tenter de sauver les espèces en danger, comme l'Ara bleu en Bolivie. Les boas confectionnĂ©s Ă  partir de plumes d'autruches, de dindes ou de marabouts peuvent Ă©galement ĂŞtre teints.

Récoltes des plumes après abattage


     Toutes les plumes utilisĂ©es ne sont pas obtenues après abattage des oiseaux. La pratique de rĂ©cupĂ©ration des plumules ou duvet pour les palmipèdes, rĂ©cupĂ©rations des plumes d'autruches, etc., sur les animaux vivants est marginale. Dans les abattoirs, les plumes peuvent ĂŞtre arrachĂ©es Ă  sec mais il est plus facile et rapide d'Ă©chauder les oiseaux Ă  environ 70°C pendant 1 Ă  3 minutes. Les plumes sont arrachĂ©es manuellement, quelquefois avec l'aide d'une machine appelĂ©e « plumeuse Â». Les plumes sont ensuite sĂ©chĂ©es dans des tambours pour qu'elles prennent du volume. Elles sont ensuite triĂ©es, industriellement par des machines Ă  flux d'air. Le plumage Ă  sec, n'impliquant pas de processus industriel est plus rentable pour les Ă©leveurs..


     Pour les palmipèdes en France, 70 Ă  55% des plumes sont utilisables.

La filière duvet


     La fabrication de vĂŞtements isolants (anorak, doudoune, etc.) ainsi que des sacs de couchage, Ă©dredons, duvets, oreillers, couettes est la principale utilisation des plumes. Le duvet est la plume la plus utilisĂ©e et celle qui a le plus de valeur. Le duvet provient aujourd'hui essentiellement des volailles palmipèdes de la filière avicole. Les duvets de certaines espèces sont plus rĂ©putĂ©s que d'autre, aussi plusieurs pays ont mis en place des lĂ©gislation protĂ©geant les consommateurs. Au Canada, il est obligatoire de faire figurer de quel oiseau les plumes proviennent mais les termes employĂ©s sont Ă©quivoques puisqu'ils dĂ©signent en fait toutes les plumes secondaires des oiseaux aquatiques, comme les oies, les canards et les cygnes, constituĂ©es des barbes se ramifiant Ă  partir du penne, mais n'ayant pas de rachis. La plupart des produits du commerce sont fabriquĂ©s Ă  partir d'un mĂ©lange de plumules et de duvet; plus la quantitĂ© de duvet est importante et plus la valeur du produit est Ă©levĂ©e.


     La production est importante Ă  cause des volumes de volailles produites en aviculture. Les plumes des espèces fournissant le duvet et plumules peuvent ĂŞtre valorisĂ©es industriellement en Ă©tant incluses dans des articles textiles, le reste Ă©tant transformĂ© en farine animale, en cystĂ©ine, en engrais ou traitĂ© comme dĂ©chet. En France, la production de plumes de palmipèdes reprĂ©sente 12 000 tonnes par an dont 5 000 tonnes sont des dĂ©chets. Les vĂŞtements et produits Ă  base de plumes sont perçus par la clientèle comme des produits de qualitĂ©, la demande en qualitĂ© augmentant, la quantitĂ© de dĂ©chets devrait aussi augmenter. Les plumes blanches sont les plus recherchĂ©es.


     La rĂ©colte continue, dans les pays industriels, d'ĂŞtre une source de revenus non nĂ©gligeable. Elle est principalement pratiquĂ©e sur les canards ou les oies en Europe. Les revenus proviennent des animaux abattus et des rĂ©coltes des mues naturelles Ă  partir de l'âge de 9 Ă  10 semaines puis toutes les six semaines pour produire 100 grammes de plumes (8 Ă  15% de duvet) environ chez les oies et enfin les plumes Ă  l'abattage.


     En 1994, les Ă©changes internationaux ont portĂ© sur plus de 67 000 tonnes de plumes et duvets bruts, soit 650 millions de dollars amĂ©ricains dont 30% en masse et 40% en valeur pour les oies. 93% de la demande internationale se concentre sur les États-Unis, la France, l'Allemagne, le Japon, TaĂŻwan et l'Italie tandis que 25 pays, surtout en Europe, AmĂ©rique du Nord et Asie, dĂ©tiennent une production significative Ă  l'Ă©chelle du marchĂ© mondial. En 2002, la demande Ă©tait grande et le marchĂ© n'Ă©tait pas saturĂ©. Le prix en 2001 sont en France:

    Liste :
  • 15 Ă  40 € du kilo le duvet
  • 10 Ă  15 € du kilo le « duvet plumeux Â»
  • 1,5 Ă  2 € du kilo la plume et plumette.

Production de cystéine


     La β-keratin est obtenue par dialyse d'une solution aqueuse d'urĂ©e et de 2-mercaptoethanol dans laquelle sont trempĂ©es les plumes. Une agrĂ©gation de protĂ©ines a lieu et le rĂ©sidu est soumis Ă  plusieurs acides et agents chimiques. L'acide L-cystĂ©ique est ensuite transformĂ© en cystĂ©ine (E910 (L-cystĂ©ine), E920 (L-cystĂ©ine hydrochloride), E921 (L-cystĂ©ine hydrochloride monohydrate) ). La cystĂ©ine est par exemple utilisĂ©e en boulangerie comme correcteur de la force des pâtes Ă  pain. Si, historiquement, la cystĂ©ine a Ă©tĂ© extraite de plumes d’oiseaux et de cheveux, la lĂ©gislation europĂ©enne interdit maintenant l'usage de cystĂ©ine d’origine humaine.

La poudre de plume


     La farine ou poudre de plumes est une farine animale, elle est peu considĂ©rĂ©e du fait de son odeur. Elle est produite avant tout avec les plumes des volailles terrestres. Ces farines ont la composition des plumes c'est-Ă -dire que la kĂ©ratine reprĂ©sente 85,9% de la teneur en protĂ©ines et 70% de la matière sèche totale.


     La poudre, pour amĂ©liorer sa digestibilitĂ©, est hydrolysĂ©e par traitement enzymatique ou physiquo-chimique. Si la digestibilitĂ© apparente atteint 65% pour les volailles, et 85% pour les ruminants, l'apport nutritif est faible car elle ne contient que 0,5% de mĂ©thionine, 2,2% de Lysine, 0,8% de histidine et 0,7% de tryptophane mais sont riches en cystĂ©ine. Elles ont en revanche un relativement bon apport Ă©nergĂ©tique, comparable Ă  la farine de sang toutes deux pauvres en matières minĂ©rales.

Composition chimique
Matières sèchesMatières azotées totalesLipidesCendresCalciumPhosphore
939233,40,20,7

     La production de farine animale reprĂ©sentait 531 000 tonnes en 1997 en France, la production de farine de plume reprĂ©sentait 34 370 tonnes, 31 000 tonnes en 1996 et 28 000 tonnes en 1994 pour 742 000 tonnes au total. La production de farine de plume est en constante augmentation, mĂŞme sans dĂ©bouchĂ© et alors que la production gĂ©nĂ©rale est en baisse.


     En principe, en France:

    Liste :
  • 39% est incinĂ©rĂ©e,
  • 1% environ est transformĂ©e en aliments pour l'aquaculture.
  • 13% pour l'alimentation animale mais cet usage est limitĂ© du fait des odeurs de cette farine.
  • 5% environ ont Ă©tĂ© incorporĂ©es dans la fabrication d'engrais en agriculture biodynamique,
  • 47 % sont stockĂ©es « en attente Â» et gĂ©rĂ©es par la Mission InterministĂ©rielle sur les farines animales.

     Mais en fait, en 2001, 10% seulement a Ă©tĂ© incinĂ©rĂ© du fait de la saturation des sites d'incinĂ©ration. Moins de 5% de la production est utilisĂ©e pour l'alimentation animale.

Déchets et recyclage


     Les dĂ©chèteries peuvent recycler certaines plumes. Cet usage est fort ancien, les selliers-garnisseur ou bourreliers rĂ©cupĂ©raient les vieux matelas, pour en produire des nouveaux. Bon nombre de plumes, comme celles des Gallus gallus domesticus qui n'ont pas de valeur commerciale suffisante sont considĂ©rĂ©es comme des dĂ©chets encombrants. Des chercheurs de l'UniversitĂ© HĂ©braĂŻque de JĂ©rusalem ont produit un OGM appelĂ© « bare chicken Â» qui ne possède pas de plumes, ce qui a des implications religieuses.


     Les plumes de rĂ©cupĂ©ration reprĂ©sentent 10 000 tonnes par an dont 30 % Ă  50 % seraient re-traitĂ©es ce qui gĂ©nĂ©rerait 2 500 Ă  3 000 tonnes par an de coutil, 500 Ă  1 500 tonnes par an de dĂ©chets et 100 Ă  200 tonnes de poussières.

  - Sous-chapitre : Autre usages

    Liste :
  • L'usage des plumes, principalement d'oie, mais aussi d'autres oiseaux selon l'usage recherchĂ©, comme instrument d'Ă©criture est très ancien. La plume a Ă©tĂ© l'outil principal de l'Ă©criture en Occident jusqu'au XIXe siècle, oĂą elle a Ă©tĂ© progressivement supplantĂ©e par les plumes mĂ©talliques, puis les divers types de stylographes. Elle demeure irremplaçable dans divers styles de calligraphie occidentale. Sa portĂ©e symbolique reste importante.
  • Au XIX siècle, l'usage est courant, chez les camelots, de vendre au Carnaval de Paris, de longues plumes de paon, pour chatouiller les passants. Cette pratique sera pourchassĂ©e par la police et disparaĂ®tra.
  • Les plumes d'oiseaux mouches Ă©taient aussi utilisĂ©es pour concevoir des fleurs artificielles.
  • Les première balles dont celles de golf, Ă©taient des poches circulaires en cuir bourrĂ©es de plumes.
  • En AmĂ©rique du Sud, les Ă©ventails en plumes de condors Ă©taient utilisĂ©s dans la mĂ©decine traditionnelle.
  • En Inde, les plumes du Paon bleu ont Ă©tĂ© utilisĂ©es dans la mĂ©decine traditionnelle pour tenter de soigner les morsures de serpent, la stĂ©rilitĂ© et la toux.

  - Sous-chapitre : Vocabulaire


     Le terme de plume dĂ©rive du latin plĹ«ma, « duvet Â» puis « plume Â» et a Ă©liminĂ© penna (penne*) dans presque toutes les dialectes gallo-romains. Il a dĂ©signĂ©, par mĂ©tonymie, une plume tout aussi bien que le plumage. La synecdoque plume-oiseau se retrouve dans l'expression « gibier Ă  plume Â» pour dĂ©signer ce gibier. L'association plume/lĂ©ger, se retrouve dans l'expression poids plume, une catĂ©gorie de boxe.


     Ce terme a donnĂ© de nombreuses expressions et sens dĂ©rivĂ©s. Plumer signifie enlever les plumes des oiseaux mais aussi dĂ©rober tous les biens d'un individu, tandis que plumard dĂ©signe un lit, sens en relation avec les matelas autrefois fait en plumes.


     On parle aussi de plume pour l'organe cornĂ© des calmars.

  - Sous-chapitre : RĂ´le symbolique




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Maât



     La plume a un rĂ´le symbolique, il dĂ©signe l'Ă©criture, un Ă©crivain, etc... Dans de nombreuses symboliques s'appuyant sur la thĂ©orie des Quatre Ă©lĂ©ments la plume est reliĂ©e Ă  l'air, ou au souffle qui est Ă  son tour symbole de vie. Les Égyptiens de l'antiquitĂ© appelaient la plume « le traceur de tout Â». C'est le symbole de l'expression de la parole divine dĂ©livrĂ©e par l'Ă©criture. Mais, comme la plume est l'attribut exclusif des oiseaux, elle symbolise aussi des vertus anthropomorphiques prĂŞtĂ©es Ă  certaines espèces d'oiseaux comme l'aigle, qui est symbole de sagesse et messager spirituel entre les dieux et l'homme pour les peuples nord-amĂ©rindiens, la plume d'aigle apporte la sagesse Ă  celui qui la porte.

    Liste :
  • Dans la religion de l'Égypte antique, lors de la pesĂ©e de l'âme, Maât reprĂ©sentĂ©e par une femme coiffĂ©e d'une plume d'autruche ou simplement par cette plume elle-mĂŞme, aussi lĂ©gère qu'une plume, est le contrepoids du cĹ“ur qui doit ĂŞtre aussi lĂ©ger qu'elle pour que le Ka, l'âme du dĂ©funt, puisse accĂ©der au monde des bienheureux.
  • Dans la Religion romaine antique, des bijoux Ă  base de plumes ou des plumes Ă©taient dĂ©posĂ©s dans les sanctuaires de Junon. Cette tradition, venue vraisemblablement d'Orient, Ă©tait Ă©quivalente Ă  celle retenue pour le culte grec d'HĂ©ra. Dans la mythologie, c'est Junon/HĂ©ra qui a placĂ© les ocelles sur les plumes du paon. A Rome, les plumes de paon symbolisaient Junon (IVNO REGINA) puisque justement sa beautĂ© rĂ©sidait, paraĂ®t-il surtout dans ses yeux.
  • Pour les civilisations mĂ©soamĂ©ricaines, les plumes, et plus particulièrement celles des Quetzals, Ă©taient le symbole du pouvoir et de la richesse. Huitzilihuitl (« Plume de colibri Â»), Quetzalcoatl (« serpent Ă  plume Â») ne sont que deux exemples de divinitĂ©s de leurs panthĂ©ons avec des attributs en plumes. L'artiste chilienne Ximena Armas, chez laquelle l’oiseau est la victime première d’une nature outragĂ©e, dissĂ©mine des plumes Ă©parses dans ses dessins, pastels et acryliques.
  • Les belles plumes sont rares et chères, elles Ă©taient jusqu'au XIX siècle Ă©galement le symbole d'un statut social Ă©levĂ©.

  - Sous-chapitre : Culture






Chapitre : Vous pouvez voir également :



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     Voir « plume Â» sur le Wiktionnaire.

  - Sous-chapitre : Articles connexes

  - Sous-chapitre : Bibliographie

    Liste :
  • (en) Humphrey, P.S. and K.C. Parkes., « An approach to the study of molts and plumages Â», dans The Auk, vol. 76, 1959, p. 1-31 [PDF texte intĂ©gral] 
  • CloĂ© Fraigneau, ReconnaĂ®tre facilement les plumes, Delachaux et NiestlĂ©, coll. « Les guides du naturaliste Â», avril 2007, 191 p. (ISBN 9782603014332) 
  • (en) Lukas Jenni, Raffael Winkler, Moult and Ageing of European passerines, Academic Press, Londres, juillet 1994 (ISBN 978-0123841506) 
  • (en) Forsman, Dick, The Raptors of Europe and the Middle East, T and A D Poyser, London, 1999 (ISBN 0-85661-098-4) 
  • (en) Shawkey, Matthew D.; Beck, Michelle L. & Hill, Geoffrey E., « Use of a gel documentation system to measure feather growth bars. Â», dans J. Field Ornithol., vol. 74, 2, 2003, p. 125–128 [texte intĂ©gral] 
  • Guilhem Lessafre, Nouveau prĂ©cis d'ornithologie, Vuibert 
  • (en) Furst, Peter, Crowns of Power: Bird and Feather Symbolism in Amazonian Shamanism, The Gift of Birds: Featherwork of Native South American Peoples, Ruben E. Reina, Kenneth M., 1991, « VIII Â» 

     


  - Sous-chapitre : Liens externes




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Une plume en gros plan.


  - Sous-chapitre : RĂ©fĂ©rences

  1. ↑ Claude AugĂ© (dir.) ; Adolphe Millot (ill.), Le Larousse pour tous : Nouveau dictionnaire encyclopĂ©dique, vol.2, Librairie Larousse, Paris, [1907-1910], p.465.
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