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Définition Wikipédia de : Plasmide






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Figure 1: Schéma représentant une bactérie contenant des plasmides. 1 ADN chromosomique (bactérien). 2 Plasmides.






Introduction :

      Un plasmide dĂ©signe en microbiologie ou en biologie molĂ©culaire une molĂ©cule d'ADN surnumĂ©raire distincte de l'ADN chromosomique, capable de rĂ©plication autonome et non essentiel Ă  la survie de cellule. Le terme plasmide fut introduit par le biologiste molĂ©culaire amĂ©ricain Joshua Lederberg en 1952.







Suite de l'article :

Les plasmides sont généralement circulaires. Ils se trouvent quasi-exclusivement dans les bactéries, à l'exception notable du plasmide 2Mu que l'on trouve hébergé par un micro-organisme eucaryote (Saccharomyces cerevisiae ou levure du boulanger).



     Une cellule bactĂ©rienne peut en contenir une copie, pour les grands plasmides, ou des centaines pour des plasmides artificiels (construits par gĂ©nie gĂ©nĂ©tique Ă  des fins de clonage de gènes). Les bactĂ©ries en comportent gĂ©nĂ©ralement 5 Ă  30 copies, les levures entre 50 et 100 exemplaires par cellule.


     Plusieurs plasmides diffĂ©rents peuvent coexister dans une mĂŞme cellule sous condition de leur compatibilitĂ© mutuelle. Certains plasmides sont capables de s'intĂ©grer aux chromosomes; on appelle ces plasmides des Ă©pisomes.


     Les plasmides participent aux transferts horizontaux de gènes entre les populations bactĂ©riennes, et donc Ă  la dissĂ©mination des gènes confĂ©rant des avantages sĂ©lectifs (par exemple des rĂ©sistances aux antibiotiques ou des facteurs de virulence). La mobilitĂ© des plasmides (par conjugaison) au sein des populations bactĂ©riennes accroĂ®t le spectre d’hĂ´te des gènes impliquĂ©s dans la virulence. Ces gènes offrent en contrepartie un avantage sĂ©lectif pour le plasmide et les bactĂ©ries hĂ´tes. On conçoit donc la nature quasi-ubiquitaire et persistante des plasmides chez les bactĂ©ries pathogènes. Un exemple est le plasmide contenu dans le vaccin du virus de la grippe A (H1N1).

- Sommaire de la page -









Chapitre : Réplication et transmission



     Chaque plasmide contient au moins une sĂ©quence d'ADN qui sert d'origine de rĂ©plication, ou ori (un point de dĂ©part de rĂ©plication de l'ADN), permettant Ă  l'ADN plasmidique d'ĂŞtre dupliquĂ© indĂ©pendamment du chromosome bactĂ©rien ou saccharomycien (Figure 2), en utilisant la « machinerie Â» de la cellule hĂ´te. Les plasmides peuvent ĂŞtre circulaires, ou parfois linĂ©aires, prĂ©sentant une ressemblance superficielle avec les chromosomes eucaryotes.


     Comme les plasmides prĂ©sents chez les bactĂ©ries ne portent habituellement pas de gènes essentiels Ă  la cellule procaryote, leur pĂ©rennitĂ© dans une lignĂ©e de bactĂ©ries dĂ©pend donc de divers moyens de stabilisation des plasmides, laquelle rĂ©sulte de divers processus de sĂ©lection et de conditions environnementales. De plus, les plasmides peuvent servir de synthĂ©tiseur pour les bactĂ©ries.


     Les plasmides peuvent se transmettre d'une bactĂ©rie mère Ă  une bactĂ©rie fille grâce Ă  la conjugaison bactĂ©rienne par l'intermĂ©diaire de pili sexuels. Lors de la division cellulaire, les plasmides se rĂ©partissent de façon totalement alĂ©atoire (contrairement aux chromosomes) ainsi, mĂŞme si la probabilitĂ© reste faible, il se peut qu'une des deux cellules filles ne possède aucun plasmide. La probabilitĂ© augmente avec la diminution du nombre de plasmides prĂ©sents dans la cellule mère.

Article connexe : Stabilisation des plasmides.





Chapitre : Épisomes





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Figure 3: Comparaison de plasmides non-intégrants (en haut) et d'épisomes (en bas). 1 ADN chromosomique. 2 Plasmides. 3 Division cellulaire. 4 ADN chromosomique avec plasmides intégrés.



     Un Ă©pisome est un plasmide qui peut s'intĂ©grer dans l'ADN chromosomique de la cellule-hĂ´te (Fig. 3). De ce fait, il peut rester intact pendant de longues pĂ©riodes, ĂŞtre dupliquĂ© Ă  chaque division cellulaire de l'hĂ´te, et devenir partie intĂ©grante de son patrimoine gĂ©nĂ©tique. Le terme n'est plus en usage pour les plasmides, depuis qu'il a Ă©tĂ© Ă©tabli qu'une rĂ©gion d'homologie avec le chromosome, comme un transposon, fait d'un plasmide un Ă©pisome. Dans les systèmes mammifères, le terme Ă©pisome fait rĂ©fĂ©rence Ă  un ADN circulaire (comme un gĂ©nome viral) attachĂ© au chromosome de la cellule-hĂ´te de façon non-covalente.






Chapitre : Vecteurs



     Existant Ă  l'Ă©tat naturel, les plasmides sont par ailleurs très utilisĂ©s dans les laboratoires comme vecteur de clonage. Cette technologie est couramment utilisĂ©e en biologie molĂ©culaire.






Chapitre : Propriétés codées par les plasmides


  - Sous-chapitre : Les plasmides conjugatifs

Article dĂ©taillĂ© : Conjugaison (gĂ©nĂ©tique).

     Les plasmides conjugatifs sont les premiers plasmides qui ont Ă©tĂ© dĂ©couverts chez la bactĂ©rie Escherichia coli dans les annĂ©es 1950. On les appelle aussi facteurs de fertilitĂ© ou plasmides F. Ces plasmides confèrent Ă  la bactĂ©rie hĂ´te la capacitĂ© de synthèse de pili dit sexuels. Par l'intermĂ©diaire de ces pili, la bactĂ©rie porteuse (donneuse) peut transfĂ©rer une copie du plasmide F par processus de conjugaison bactĂ©rienne. Les plasmides F possèdent au minimum une origine de rĂ©plication et tous les gènes nĂ©cessaires Ă  la synthèse des pili et du transfert du plasmide. Certains plasmides F sont des Ă©pisomes, c'est-Ă -dire qu'ils peuvent s'intĂ©grer dans le gĂ©nome chromosomique.

  - Sous-chapitre : Les plasmides de rĂ©sistance




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Figure 2: Schéma d'un plasmide codant la résistance à un antibiotique donné. 1 & 2 Gène(s) codant la (les) résistance(s). 3 Ori.



     Les plasmides de rĂ©sistance, appelĂ©s aussi plasmides ou facteurs R, codent des rĂ©sistances aux antibiotiques et aux mĂ©taux lourds.


     En 1959, au Japon, on a retrouvĂ© chez les malades atteints de dysenterie bactĂ©rienne une insensibilitĂ© Ă  tout traitement antibiotique. En fait, la bactĂ©rie responsable, Shigella dysentariae, portait des gènes de rĂ©sistance Ă  plusieurs antibiotiques encore jamais rencontrĂ©s. Par la suite, on en a retrouvĂ© chez d'autres bactĂ©ries (comme E. coli) et on a appelĂ© ces plasmides R.


     Ces plasmides peuvent protĂ©ger la cellule par diffĂ©rents moyens : La synthèse d'une protĂ©ine de rĂ©sistance Ă  la substance toxique : elle va neutraliser (en la dĂ©naturant, hydrolysant, etc.) l'activitĂ© toxique de la substance. Les plasmides peuvent aussi modifier les propriĂ©tĂ©s d'enveloppe de la cellule et la rendre impermĂ©able Ă  la substance toxique (comme c'est le cas pour les mĂ©taux lourds).

  - Sous-chapitre : Les plasmides mĂ©taboliques


     Les plasmides mĂ©taboliques portent des gènes permettant l'utilisation de certains nutriments. Chez E. coli, les gènes portĂ©s par ces plasmides sont par exemple : l'utilisation du citrate comme source de carbone, la production de soufre, l'hydrolyse de l'urĂ©e. Chez les salmonelles on a observĂ© la dĂ©gradation du lactose ce qui est totalement inhabituel chez ce genre bactĂ©rien. La plupart de ces plasmides codent la synthèse d'une ou de plusieurs enzymes.

  - Sous-chapitre : Les plasmides de virulence


     Il s’avère que les bactĂ©ries pathogènes hĂ©bergent très souvent des plasmides conjugatifs qui participent Ă  la pathogĂ©nicitĂ©. Les plasmides de virulence portent des gènes codant des facteurs de virulence, ayant un rĂ´le dans le pouvoir pathogène des bactĂ©ries. Par exemple les Escherichia coli entĂ©rotoxigĂ©niques (ETEC) responsable de la diarrhĂ©e du voyageur (ou tourista) hĂ©bergent au moins deux plasmides, l'un portant les gènes codant un facteur de colonisation, l'autre codant des toxines.


     De mĂŞme, les dĂ©terminants du pouvoir invasif des Shigella sont portĂ©s par un plasmide (pInv). Chez d'autres bactĂ©ries pathogènes (par exemple Salmonella), ces plasmides codent un complexe protĂ©ique situĂ© sur la paroi de la bactĂ©rie : c'est le complexe pili-adhĂ©sine qui permet Ă  la bactĂ©rie d'adhĂ©rer sur des rĂ©cepteurs hydrocarbonĂ©s situĂ©s Ă  la surface de certaines cellules eucaryotes notamment les entĂ©rocytes. Certains plasmides codent des facteurs tumorigènes ; c'est notamment les cas pour la « galle du collet Â» due Ă  un plasmide Ti (pour tumor inducing) hĂ©bergĂ© par les bactĂ©ries du genre Agrobacterium.

  - Sous-chapitre : Les plasmides de bactĂ©riocines


     Ces plasmides codent la synthèse d'une protĂ©ine extracellulaire dont la biosynthèse est lĂ©tale pour la bactĂ©rie productrice ainsi que pour les autres bactĂ©ries non-productrices environnantes. Cependant, ces plasmides codent aussi une deuxième protĂ©ine intracellulaire de rĂ©sistance Ă  cette première toxine. Les bactĂ©riocines agissent sur des fonctions vitales de la bactĂ©rie.


     Chez E. coli, on trouvera diffĂ©rentes catĂ©gories de bactĂ©riocines (colicines codĂ©es par les plasmides col) et par exemple le gène colE1 code une endonuclĂ©ase et le gène colE3, une ribonuclĂ©ase qui inactive les ribosomes.






Chapitre : Fabrication de plasmides recombinants



     Ă€ complĂ©ter






Chapitre : Application en génie génétique


  - Sous-chapitre : Application pour la production de molĂ©cule


     On dĂ©sire faire produire par des bactĂ©ries une certaine protĂ©ine (protĂ©ine d'intĂ©rĂŞt). C'est par l'intermĂ©diaire de plasmides qu'on introduira dans des cultures de bactĂ©ries un gène codant notre protĂ©ine d'intĂ©rĂŞt et un gène de rĂ©sistance Ă  un antibiotique X. On sĂ©lectionnera les bactĂ©ries ayant intĂ©grĂ© les plasmides en faisant pousser les colonies bactĂ©riennes sur un milieu contenant l'antibiotique X; les bactĂ©ries n'ayant pas intĂ©grĂ© le plasmide ne se dĂ©velopperont pas. Cette technique est dĂ©jĂ  grandement utilisĂ©e pour la production de somatostatine, hormone de croissance, humaine. Avant la connaissance de cette mĂ©thode, l'hormone Ă©tait rĂ©cupĂ©rĂ©e sur les morts, engendrant de nombreux problèmes de transmission de pathologies non repĂ©rĂ©es sur les cadavres prĂ©levĂ©s. Depuis que la production de celle-ci est effectuĂ©e par des bactĂ©ries modifiĂ©es gĂ©nĂ©tiquement via les plasmides, les patients souffrant d'un dĂ©ficit d'hormone de croissance peuvent bĂ©nĂ©ficier de ces protĂ©ines qui leur manquent sans ce risque de transmission inter-humaine. Des tests sont Ă©galement en cours pour la production d'un mĂ©dicament contre les troubles liĂ©s Ă  la mucoviscidose, maladie gĂ©nĂ©tique pour laquelle la biomĂ©decine manque pour le moment de soins efficaces.


     Il est Ă©galement possible de produire des protĂ©ines d'intĂ©rĂŞt par des cultures eucaryotes, mammifères en particulier. Cela prĂ©sente l'avantage de disposer de la machinerie de modifications post-traductionnelles telles que la glycosilation, absente chez les procaryotes. Or pour la plupart des protĂ©ines relativement complexes, celles-ci ne deviennent bioactives qu'une fois ces modifications opĂ©rĂ©es. Il est possible d'effectuer ces podifications Ă  l'issue d'une production par une culture procaryote, mais cela reste encore fort complexe et exigent.

  - Sous-chapitre : Application pour le sĂ©quençage


     Cette application est particulièrement utile en gĂ©nie gĂ©nĂ©tique pour le sĂ©quençage d'ADN : l'ADN d'une cellule quelconque est difficile Ă  sĂ©quencer car il dĂ©passe très souvent 40 000 Kb (1 Kilo base = 1 000 bases) et se trouve en faible quantitĂ©. Ainsi, pour rendre le sĂ©quençage plus facile, on dĂ©coupe l'ADN Ă  analyser et l'ADN plasmidique avec une enzyme de restriction, dans des conditions spĂ©cifiques; l'ADN Ă  sĂ©quencer va s'intĂ©grer dans l'ADN plasmidique et le plasmide sera transfĂ©rĂ© dans le hyaloplasme bactĂ©rien. Une fois mise en culture, la bactĂ©rie va rĂ©pliquer l'ADN plasmidique (et donc le fragment Ă  sĂ©quencer) en grande quantitĂ©. Après avoir extrait l'ADN Ă  sĂ©quencer, et Ă©liminĂ© le reste d'ADN plasmidique par des enzymes de restriction, on rĂ©cupère les fragments d'ADN reproduits Ă  plusieurs milliers d'exemplaires, que l'on peut maintenant sĂ©quencer facilement.






Chapitre : Références


  1. ↑ J. Lederberg, 1952, Physiol. Rev. 32, 403-430





Chapitre : Liens externes



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