haut
Twitter  RSS




Définition Wikipédia de : Phosphore



Pour le magazine publié par Bayard presse, voir Phosphore (magazine).

15
P
 
        
        
                  
                  
                                
                                
                                
                  
↑
P
↓
As
Table complète • Table étendue
Informations gĂ©nĂ©ralesD1A : Matière très toxique ayant des effets immĂ©diats gravesE : Matière corrosiveB4, D1A, E,
phosphore rouge :
B4 : Solide inflammable
B4,
SGH
phosphore rouge :
SGH02 : Inflammable
Danger
H228, H412,Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.Suite de l'article :

Le phosphore est un élément chimique de la famille des pnictogènes, de symbole P et de numéro atomique 15.



     Le phosphore se prĂ©sente sous plusieurs formes de couleurs diffĂ©rentes : blanc-jaune, rouge, et violet-noir.


     Très pur, le phosphore « blanc Â» est transparent ; plus gĂ©nĂ©ralement il est blanc ambrĂ©, lĂ©gèrement mallĂ©able avec une faible odeur d'ail. Les formes rouge et noire peuvent se prĂ©senter en poudre ou cristallisĂ©es.


     Le nom dĂ©rive du mot grec phosphoros, ce qui signifie porteur de lumière. Le nom a Ă©tĂ© attribuĂ© au fait que le phosphore blanc Ă©met de la lumière visible dans l'obscuritĂ© quand il est exposĂ© Ă  l'air.

- Sommaire de la page -









Chapitre : Histoire





Image (cliquez pour agrandir) :

Phosphore en poudre dans l'obscurité.



     Il est vraisemblable que l'alchimiste arabe Alchid Bechil ait identifiĂ© le phosphore dès le XII siècle. La dĂ©couverte de cet Ă©lĂ©ment est attribuĂ©e Ă  Hennig Brandt en 1669 en Allemagne Ă  partir de l'urine. Il obtint un matĂ©riau blanc qui luisait dans l'obscuritĂ©, et brĂ»lait en produisant une lumière Ă©clatante.


     Les premières allumettes utilisaient du phosphore blanc dans leur composition : la toxicitĂ© du phosphore les rendait d'ailleurs assez dangereuses : leur usage entraĂ®na des meurtres, des suicides et des empoisonnements accidentels (une lĂ©gende populaire raconte qu'une femme tenta d'empoisonner son mari avec du phosphore blanc, mais celui-ci s'en aperçut du fait de la lumière Ă©mise par son ragoĂ»t).


     De plus, l'inhalation des vapeurs de phosphore entraĂ®nait, chez les ouvriers des fabriques d'allumettes, une nĂ©crose des os de la mâchoire, connue sous le nom de nĂ©crose phosphorĂ©e.


     Lorsque le phosphore rouge fut dĂ©couvert, son inflammabilitĂ© et sa toxicitĂ© plus faibles poussèrent Ă  son adoption comme une alternative moins dangereuse pour la fabrication des allumettes.






Chapitre : Propriétés



     Les phosphores blanc et rouge ont une structure quadratique.


     Il existe un phosphore noir allotrope, ayant une structure similaire Ă  celle du graphite : les atomes sont arrangĂ©s en couches hexagonales, et il est conducteur Ă©lectrique.


     Le phosphore blanc est constituĂ© de molĂ©cules tĂ©traĂ©driques P4. C'est un corps toxique qui s'oxyde lentement Ă  l'air Ă  tempĂ©rature ambiante. On le conserve toujours sous l'eau. Le phosphore blanc se transforme en phosphore rouge sous l'influence de la lumière.


     Le phosphore rouge est constituĂ© de molĂ©cules de longueur indĂ©terminĂ©e, mais très grande. On peut lui donner Ă  titre d'exemple la formule P2000. Il n'est ni toxique ni facilement inflammable. Le phosphore rouge se transforme en phosphore blanc (gazeux) sous l'influence de la chaleur, soit 280 Â°C.






Chapitre : Gisements



     Les phosphates sont des minĂ©raux assez frĂ©quents, dont la concentration a gĂ©nĂ©ralement une origine animale (guano d'oiseaux ou de chauve-souris accumulĂ©s durant des milliers ou millions d'annĂ©es sur des sites dortoirs ou de reproduction).


     Les roches phosphatĂ©es exploitables se concentrent cependant en peu d'endroits : Maroc (plus du tiers des rĂ©serves mondiales), Chine (un peu plus du quart des rĂ©serves mondiales), Afrique du Sud, États-Unis. De plus les rĂ©serves actuelles correspondent Ă  moins d'un siècle de consommation.






Chapitre : Aliments Ă  forte teneur en phosphore



     Selon une idĂ©e reçue, le poisson serait bon pour la mĂ©moire car il contiendrait beaucoup de phosphore. Cette idĂ©e reçue est fausse. En rĂ©alitĂ©, ce sont d'autres composants du poisson qui ont cet effet bĂ©nĂ©fique (omĂ©ga-3, taurine, etc...).


     Dans l'organisme humain, le phosphore est prĂ©sent dans les cellules oĂą il sert de support Ă  l'Ă©nergie (AdĂ©nosine triphosphate).


     
Un excès de phosphore alimentaire déclenche une hyperphosphatémie temporaire qui inhibe la synthèse de vitamine D.






Chapitre : Utilisation


  - Sous-chapitre : Phosphore

    Liste :
  • Allumettes et pyrotechnie : le phosphore sous sa forme rouge est l'Ă©lĂ©ment igniteur des allumettes et d'un grand nombre de dispositifs pyrotechniques.
  • Alliage : involontaire dans l'acier, car Ă©tant prĂ©sent dans le coke de fonderie, il provoque un effondrement des caractĂ©ristiques mĂ©caniques, notamment une chute des rĂ©siliences ayant des effets dramatiques (le cas du RMS Titanic est un très bon exemple) et parfois un alliage volontaire est rĂ©alisĂ© avec le bronze, oĂą il permet une usinabilitĂ© amĂ©liorĂ©e. Par contre les pièces en bronze phosphoreux soudĂ©es ou brasĂ©es donnent une très mauvaise tenue mĂ©canique.

  - Sous-chapitre : Usages militaires

Article dĂ©taillĂ© : phosphore blanc.



Image (cliquez pour agrandir) :

Explosion d'un obus au phosphore (Première Guerre mondiale).





Image (cliquez pour agrandir) :

L'USS Alabama (BB-8) touché par une bombe incendiaire au phosphore, septembre 1921.



     Les bombes incendiaires au phosphore ont Ă©tĂ© largement utilisĂ©es pendant et depuis la Seconde Guerre mondiale.


     Le protocole III de la Convention sur certaines armes classiques (CCWC), entrĂ© en vigueur en 1983, interdit les armes incendiaires contre des civils, et mĂŞme contre des bases militaires situĂ©es « Ă  l’intĂ©rieur d’une concentration de civils Â».


     L'armĂ©e amĂ©ricaine aurait cependant utilisĂ© du phosphore blanc lors de l'attaque contre Falloujah, le 8 mars 2004. Cependant, le DĂ©partement de la DĂ©fense des États-Unis se dĂ©fend de s'ĂŞtre servi de Willie Pete pour des usages incendiaires. Si les États-Unis sont signataires de ce protocole additionnel aux Conventions de Genève, ils n'ont par contre pas signĂ© le protocole III de la convention de 1983 rĂ©gissant l'usage des armes conventionnelles, dont Willie Pete - le phosphore blanc peut aussi bien ĂŞtre utilisĂ© comme Ă©clairage que comme arme incendiaire et chimique. Mais, en raison de cette ambigĂĽitĂ©, il reste classĂ© dans les armes conventionnelles.

  - Sous-chapitre : Phosphate


     De loin l'utilisation la plus rĂ©pandue du phosphore :

    Liste :
  • Engrais : monohydrogĂ©nophosphate CaHPO4 ou dihydrogĂ©nophosphate Ca(H2PO4)2
  • Pâte dentifrice : agent polisseur sous forme de dihydrogĂ©nophosphate et comme apporteur de fluor Na2PO3F
  • Additif stabilisant (E339, E340) : des phosphates de sodium ou de potassium, substances « tampon Â» ont un effet stabilisateur dans des compositions alimentaires.

  - Sous-chapitre : Acide phosphorique : H3PO4


     L'acide phosphorique a de nombreuses applications :

    Liste :
  • DĂ©tartrants : On utilise une solution d'acide phosphorique comme dĂ©tartrant pour les appareils sanitaires et mĂ©nagers, tels les cafetières Ă©lectriques.
  • Additif alimentaire (E 338) : agent acidifiant dans les boissons gazeuses
  • Nutriment : Dans le traitement des eaux, le phosphore est ajoutĂ© Ă  un rĂ©acteur biologique pour assurer la survie et la croissance des bactĂ©ries.
  • Protection contre la corrosion des aciers par trempage des pièces dans cet acide (opĂ©ration dite de phosphatation). Il en rĂ©sulte une pellicule noire, fine, stable et poreuse qui est une excellente base dans l'accrochage des peintures anti-rouille.





Chapitre : Environnement



     Le phosphore est un Ă©lĂ©ment toxique quand il est pur, mais indispensable aux organismes vivants sous forme de phosphate notamment, lequel tend Ă  se rĂ©pandre, sous l'action du lessivage, du haut du bassin versant vers la mer. L'Ă©rosion Ă©olienne peut transporter des quantitĂ©s significatives de phosphore vers des zones très Ă©loignĂ©es (dont du sahara jusqu'en Amazonie, via des aĂ©rosols visibles de satellite). Mais autrefois, c'Ă©taient surtout les migrations d'oiseaux marins ou piscivores (via leurs fientes enrichies en phosphore) et plus encore les migrations de saumons qui constituaient le mĂ©canisme principal de retour Ă  la terre du phosphore. Après leur phase de croissance en mer et leur remontĂ©e, en mourant par dizaines de millions dans les rivières des hauts de bassin versant après y avoir pondu, les saumons remontaient et libĂ©raient des quantitĂ©s importantes de phosphore recyclĂ©es dans les Ă©cosystèmes situĂ©s en amont des bassins-versants, via leurs squelettes et cadavres particulièrement riches en phosphore, et via les urines et excrĂ©ments des animaux qui chassaient ou pĂŞchaient les saumons lors de leur remontĂ©es (ours en particulier). Aujourd'hui les saumons ont fortement rĂ©gressĂ© ou ont disparu sur une grande partie de leur ancienne aire de rĂ©partition, et l'agriculture intensive se fournit en phosphates de guano ou de synthèse, importĂ©s.


     En France, depuis les annĂ©es 70, l'amĂ©lioration des pratiques culturales a permis de rĂ©duire significativement les apports en engrais minĂ©raux phosphatĂ©s par unitĂ© de surface. MalgrĂ© cela, les teneurs en phosphore des sols agricoles augmentent globalement, bien que de manière inĂ©gale selon les rĂ©gions : augmentation en Bretagne, Pays de la Loire , Champagne-Ardenne et Aquitaine, et diminution au nord, au centre et Ă  l'ouest. En Bretagne, par exemple, cette hausse est causĂ©e par l'emploi des effluents issus de l'Ă©levage intensif pour la fertilisation des sols.


     Un autre problème environnemental est que les terrils ou crassiers de phosphogypse dĂ©coulant de la production industrielle d'engrais contiennent des Ă©lĂ©ments radioactifs, et que les engrais phosphatĂ©s sont aussi une source de cadmium toxique qui s'accumule dans les champs ou pollue l'environnement.


     Le phosphore est enfin, avec le nitrate un des grands responsables de l'eutrophisation.






Chapitre : Vous pouvez voir également :







Chapitre : Notes et références


  1. ↑ (en) David R. Lide, CRC Handbook of Chemistry and Physics, CRC Press Inc, 2009, 90 Ă©d., ReliĂ©, 2804 p. (ISBN 978-1-420-09084-0) 
  2. ↑ (en) Beatriz Cordero, VerĂłnica GĂłmez, Ana E. Platero-Prats, Marc RevĂ©s, Jorge EcheverrĂ­a, Eduard Cremades, Flavia Barragán et Santiago Alvarez, « Covalent radii revisited Â», dans Dalton Transactions, 2008, p. 2832 - 2838 [lien DOI] 
  3. ↑ (en) David R. Lide, CRC Handbook of Chemistry and Physics, TF-CRC, 2006, 87 Ă©d. (ISBN 0849304873), p. 10-202 
  4. ↑ « Phosphore jaune Â» dans la base de donnĂ©es de produits chimiques Reptox de la CSST (organisme canadien responsable de la sĂ©curitĂ© et de la santĂ© au travail), consultĂ© le 25 avril 2009
  5. ↑ « Phosphore rouge Â» dans la base de donnĂ©es de produits chimiques Reptox de la CSST (organisme canadien responsable de la sĂ©curitĂ© et de la santĂ© au travail), consultĂ© le 25 avril 2009
  6. ↑ Numéro index 015-002-00-7 dans le tableau 3.1 de l'annexe VI du règlement CE N° 1272/2008 (16 décembre 2008)
  7. ↑ Vaccari D, Phosphore : une crise imminente, Pour la Science, janvier 2010, p36-41
  8. ↑ LA NUTRITION.FR
  9. ↑ IdĂ©e reçue fausse : Manger du poisson ne participe pas forcĂ©ment au dĂ©veloppement de la mĂ©moire.
  10. ↑ Utilisation d'armes chimiques par le Pentagone, article paru sur humanite.presse.fr
  11. ↑ Utilisation d'armes chimiques par le Pentagone, article paru sur monde.diplomatique.fr
  12. ↑ comme on l'appelle aussi
  13. ↑ Commissariat général au développement durable, Le phosphore dans les sols, nécessité agronomique, préoccupation environnementale, juin 2009





Chapitre : Liens externes



     


  Portail de la chimie
     


© Source : Wikipedia sous licence GFDL







Robothumb