Définition Wikipédia de : Or
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D'après le scénario établi par les astrophysiciens ces cinquante dernières années, l'or terrestre est venu du cosmos. Il a été synthétisé par des générations successives d'étoiles ayant existé il y a 12 à 4,5 milliards d'années. Comme tous les métaux lourds tels que le fer et le nickel, l'or est piégé dans le noyau de la Terre ; il s'accumule là où des fluides chauds circulent dans la croûte terrestre.
L'Homme utilise l'or depuis le Chalcolithique, à la fin de la Préhistoire. Il est le deuxième métal connu après le cuivre. Le plus vieil objet en or a été mis au jour dans la nécropole de Varna (Bulgarie actuelle). Il est daté du milieu du V millénaire av. J.-C..
L'or sert essentiellement à la parure des puissants et aux cérémonies religieuses. L'assimilation de l'or au disque solaire divinisé sera un des leviers les plus puissants. On retrouve des amulettes en or dans les tombes égyptiennes à chacune des grandes époques de l'Égypte antique. Les plus puissants, tels Toutânkhamon et Ramses, se font enterrer avec des masques mortuaires en or et autres parures.
Les quantités disponibles sont très faibles. En Égypte, on extrait l'or dans des endroits désertiques et sans eau au prix du sacrifice de nombreux travailleurs (il n'y avait pas d'esclaves dans l'Égypte ancienne). Les grandes puissances s'assurent de l'or par l'intermédiaire des tributs ou par la victoire militaire. La victoire sur les Hyksôs assure ainsi de larges quantités d'or au pharaon. On retrouvera à travers toute l'histoire des victoires « auréolées » : de celle de Trajan vainqueur des Daces, au début du II siècle rapporte à Rome un butin faramineux : 180 tonnes d'or et 350 tonnes d'argent (on parle depuis de l'« or des Daces ») à Bismarck qui établira le système monétaire de l'Allemagne sur la rançon en or payée par la France après la défaite de 1870.
Durant l'Antiquité, au VI siècle av. J.-C., les rois Lydiens ont frappé une monnaie en électrum (un mélange naturel d'or et d'argent) pour la première fois. L'or sort du temple et du palais pour servir à l'usage des particuliers. Cet usage se répandit ensuite en Perse, en Grèce centrale, puis dans l'ensemble du monde antique durant la période hellénistique à côté des monnaies d'argent, de bronze et de cuivre de moindre valeur. L'or sera continument utilisé comme monnaie en Occident jusqu'en 1973, date à laquelle il sera dépouillé de son dernier rôle monétaire, comme monnaie de réserve internationale.
L'utilisation religieuse de l'or persistera néanmoins pendant des siècles. L'auréole des saints a pour étymologie aureola, l'or en latin. Les Germains enterrent leurs chefs avec une pièce d'or dans la bouche à l'instar des grecs. Les bijoux en or se retrouvent principalement dans les hautes classes de la société sur les armes, les fibules, les boucles, les bagues et les sceaux. La vaisselle en or est à la fois un apparat et une réserve monétaire.
Les conquêtes sassanides, puis arabes compliquèrent l'accès à l'or en Occident. La diffusion de l'or dans le monde occidental connut un renouveau d'abord en Méditerranée au XI siècle, puis au XIII siècle à l'initiative de Venise qui fondera sa fortune sur l'arbitrage entre la forte demande d'argent orientale et la forte demande d'or occidentale.
Les taxes de compensation dans les codes germaniques étaient appelées « wergeld », le « prix de l'homme ».
Les Vikings soumirent les États attaqués à un tribut appelé « danegeld » : « or des Danois ».
Au Moyen Âge, les alchimistes tentèrent de fabriquer de l'or à partir d'autres substances comme le plomb. Ils pensaient obtenir ce résultat en utilisant la mythique pierre philosophale. En alchimie, le symbole de l'or est un point entouré d'un cercle.
La recherche d'or constitua l'une des raisons de la conquête du continent américain. Ainsi, Hernán Cortés entreprit la conquête de l'empire aztèque, situé au Mexique notamment pour accaparer l'or que possédait l'empereur aztèque. Hernán Cortés envoya une grande quantité de ce précieux métal à Charles Quint, roi d'Espagne, dont une partie sous forme de bijoux, mais la plupart furent fondus pour financer les guerres menées par l'Espagne. Les conquistadors devaient prélever le quinto real (c'est-à -dire un cinquième de l'or récupéré) et l'envoyer à Charles Quint. L'or affluant depuis les mines du Nouveau Monde provoqua la richesse de l'Espagne et du Portugal au début de la période moderne, avant de profiter aux autres États européens qui surent mieux le capter, tels la France et la Grande-Bretagne. À la même époque se diffuse la légende de l'Eldorado.
Au milieu du XIX siècle, une ruée vers l'or se déclare en Californie et contribue pour une part à la conquête de l'Ouest américain et à la croissance démographique et économique de nombreuses villes californiennes, dont San Francisco. Les cités minières construites en des endroits trop reculés furent abandonnées dès que le filon à l'origine de leur richesse vint à se tarir. Ces cités sont aujourd'hui ce qu'on appelle des cités fantômes, vides de population, mais dont les murs tiennent parfois encore debout, préservés par l'aridité du climat local. Les États-Unis restent le deuxième pays producteur d'or dans le monde en 2004.
La première synthèse de l'or date de 1941. Elle consiste à bombarder du mercure avec des neutrons. Mais les isotopes de l'or issus de cette nucléosynthèse sont tous radioactifs. Le coût de production est beaucoup plus élevé que le prix de l'or, cette méthode a donc été abandonnée.
L'or a servi d'étalon monétaire exclusif (l'étalon-or), d'abord au Royaume-Uni puis dans le monde entier après l'abandon du bimétallisme or-argent dans les années 1870. La guerre de 1914 met fin à ce système qui ne pourra jamais être remis en place. Avec les accords de Bretton Woods, en 1944, c'est un étalon de change or (Gold Exchange Standard) qui est mis en place. Le dollar est défini en un certain poids d'or et les autres monnaies en dollar. En 1971, les États-Unis suspendirent la convertibilité du dollar en or et en 1976, les accords de la Jamaïque entre les pays du FMI démonétisent l'or qui dès lors n'a plus de rôle monétaire officiel.
L'or est néanmoins resté à titre de précaution dans les réserves des principales banques centrales. La plus grande réserve mondiale d'or monétaire se trouve aux États-Unis, il s'agit de la réserve fédérale de New York (Federal Reserve Bank of New York), pourtant moins célèbre que celle de Fort Knox, dans le Kentucky. En 1995, les réserves d'or dans les banques du monde entier se montaient à environ 910 millions d'onces ce qui représente un cube proche de 12 mètres d'arête.
L'or conserve un rôle économique qui n'est pas négligeable. Il est coté dans les principales bourses occidentales, New York, Londres, Tokyo. Les transactions qui s'opèrent sur cette valeur, notamment en temps de crise, sont considérées comme un baromètre économique important.
L'or conserve, en outre, ses fonctions artistiques dans les médailles, les bijoux, la dorure, tout en développant un rôle technique dans de nombreuses productions, notamment les produits électroniques.
Son pouvoir symbolique reste fort : les sports modernes, enfin, utilisent l'or comme récompense suprême lors des différentes compétitions : médailles d'or aux Jeux olympiques, Ballons d'or en football.
La thésaurisation en or résiste à la démonétisation, et représente une épargne de précaution.
Début 2009, une once d'or vaut environ 1 000 dollars, un niveau inégalé depuis le début des années 1980 (en tenant compte de l'inflation, le prix de l'or reste inférieur à son niveau de 1980).

Chapitre : Propriétés
La couleur de base de l'or est jaune à reflets complexes que l'on connaît naturellement comme doré dans la langue française. Comme tous les métaux, l'or est un conducteur de courant, cependant moins bon que l'argent.
Par transparence au travers d'une feuille très fine, l'or apparaît vert.
- Sous-chapitre : Propriétés chimiques
L'or est un métal noble, ce qui le rend quasiment inaltérable, son état d'oxydation le plus commun est donc (0). Cependant, il peut former plusieurs composés, son nombre d'oxydation pouvant varier de (-I) à (+V) ; Au(I) et Au(III) sont majoritaires. Toutefois, sa relative inertie chimique le protège des attaques du dioxygène : l'or métallique ne se ternit pas et ne forme pas d'oxyde, à quelque température que ce soit ; et il résiste également à l'action de nombreux produits chimiques, dont la plupart des acides (seuls le cyanure et le mélange d'acides appelé eau régale peuvent le dissoudre).
Ion aureux
L'ion aureux Au(I) se rencontre sur des ligands doux tels que les thioéthers, les thiolates ou les phosphines tertiaires. Ses composés sont généralement linéaires.
Lors du traitement des sables aurifères par cyanuration, l'or est solubilisé sous forme du complexe dicyanoaurate Au(CN)2, dans lequel se retrouve Au(I). Le dicyanoaurate de potassium est un sel incolore, soluble dans l'eau et très toxique.
Curieusement, les complexes aqueux de l'ion aureux sont rares. Les halogénures d'or binaires, comme AuCl, forment des chaînes polymères en zigzag, de nouveau propre à la coordination linéaire de Au(I). La plupart des médicaments à base d'or sont des dérivés de l'ion monovalent Au(I).
Ion aurique
L'autre forme courante de l'or oxydé est l'ion aurique Au(III). Il entre, par exemple, dans la composition du chlorure d'or(III), AuCl3. Son dérivé est l'acide chloraurique, HAuCl4, qui se forme quand l'or se dissout dans l'eau régale. Les complexes auriques sont typiquement configurés en carré plat, comme la plupart des composés avec une orbitale d.
États d'oxydation moins communs : Au(-I), Au(II) et Au(V)
Fondu avec du césium, l'or forme de l'aurure de césium CsAu qui n'est pas un alliage, mais un composé ionique. L'atome d'or Au forme alors un ion négatif monochargé. Les propriétés de l'aurure sont similaires à celles d'un halogénure. Par exemple, CsAu cristallise dans le motif du chlorure de césium. Parmi les autres aurures, on compte ceux de rubidium, de potassium et de tétraméthylammonium (CH3)4N.
Les composés de l'or (II) sont généralement diamagnétiques et présentent des liaisons Au-Au. C'est le cas dans [Au(CH2)2P(C6H5)2]2Cl2. Un complexe remarquable de Au(II), le complexe tétraxénon-or(II), contient le xénon comme ligand : [AuXe4](Sb2F11)2.
Le pentaflurorure d'or est l'unique exemple d'Au(V), l'état d'oxydation le plus élevé pour cet élément.
Dans quelques composés de l'or apparaissent des liaisons aurophiles, qui décrivent l'interaction réciproque d'ions or à une distance trop longue pour constituer une liaison Au-Au covalente, mais plus courte que pour les forces de Van der Waals. La liaison aurophile est comparable à une liaison hydrogène en termes de force.
- Sous-chapitre : Alliages
L'or de joaillerie, c’est-à -dire mélangé à un ou plusieurs autres métaux pour augmenter sa rigidité, peut présenter des teintes blanches (or blanc) ou rouges (or rouge) selon le type d'alliage qui le constitue (argent, cuivre). Le standard des proportions varie d'un pays à l'autre, les États-Unis ou la Grèce utilisant l'or dit « à 14 carats », contenant 585/1 000 d'or. En France, « lorsqu'il s'agit de produits contenant de l'or, du platine, de l'argent ou du palladium, l'indication du prix doit être accompagnée de l'indication du métal précieux utilisé et de son titre exprimé en millièmes » ; précédemment, une distinction était faite entre « or » [18 carats (750/1 000) ou plus] et « alliage d’or » [moins de 18 carats (750/1 000)].
Pour de l'or 18 carats :
- l’or jaune est en principe constitué de 75 % d'or, de 12,5 % d'argent et de 12,5 % de cuivre ;
- l’or rose est normalement composé de 75 % d'or, de 20 % de cuivre et de 5 % d'argent ;
- l’or gris comporte habituellement 75 % d'or, de l'argent, du cuivre et parfois du palladium ;
- l'or blanc de joaillerie est un terme souvent utilisé pour parler de l'or gris. En France et en Europe, le nickel (qui entrait autrefois dans sa composition) est maintenant interdit, car source d'allergies. L'or blanc est donc recouvert d'une fine couche de rhodium (or « rhodié »), qui disparaît avec le temps, redonnant une couleur gris-jaune à l'or (il est en général possible de faire un nouveau bain de rhodium chez un bijoutier, pour quelques dizaines d'euros) ;
- l'or bleu est un alliage d'or et de fer. Un traitement thermique oxyde les molécules de fer à la surface du métal et lui donne sa couleur azur.
Pour la dorure Ă la feuille, l'alliage doit rester le plus mou possible. Quelques exemples de compositions :
- l'or jaune est composé de 980 ‰ d'or, de 10 ‰ d'argent et de 10 ‰ de cuivre. Il peut être « pur » ;
- l'or rouge est composé de 945 ‰ d'or et de 55 ‰ de cuivre ;
- l'or ½ jaune est composé de 915 ‰ d'or, de 60 ‰ d'argent et de 25 ‰ de cuivre ;
- l'or citron est composé de 945 ‰ d'or et de 55 ‰ d'argent ;
- l'or gris est composé de 750 ‰ d'or, 150 ‰ de palladium et de 100 ‰ d'argent ;
- l'or blanc français est composé de 200 ‰ d'or et de 800 ‰ d'argent ; ailleurs en Europe, il est à 500 ‰, allié à 500 ‰ d'argent.
Chaque batteur d'or a ses alliages propres qui s'écartent légèrement de ces standards.
De 1980 à nos jours, l'or utilisé dans les circuits électroniques des ordinateurs et téléphones portables est recyclé sous la forme de lingots, alliage d'or d'une teneur de 5 %.
- Sous-chapitre : Propriétés mécaniques
Les atomes d'or sont empilés selon une structure dite « cubique à faces centrées » (CFC). Cette structure cristalline présente beaucoup de plans cristallographiques denses. Or, la déformation plastique se fait par glissement des plans denses les uns sur les autres (comme les cartes à jouer d'un paquet). De manière générale, tous les cristaux cubiques à faces centrées sont ductiles (cas du plomb, de l'aluminium…).
La malléabilité de l'or est telle qu'avec une once (~31,1 g) de ce métal, il est possible d'obtenir une feuille de 8 m (réduction à ~0,2 μm d'épaisseur).
L'or « pur » se déforme facilement à froid, par martelage ou par étirement (tréfilage, laminage), il se cisèle aisément. Il a de ce fait été utilisé très tôt pour fabriquer des bijoux et ornements, ou sous forme de fines feuilles pour « plaquer » des objets. Par exemple, à Paris, le dôme des Invalides est doré à la feuille. En revanche, n'ayant qu'une faible tenue mécanique, il n'a pas été utilisé pour faire des outils.
Un réseau cristallin d’atomes d’or chauffé à des températures dépassant un milliard de degrés ne fond pas mais au contraire devient plus résistant. Il voit son point de fusion augmenter temporairement. Ce paradoxe prédit théoriquement a été démontré expérimentalement. La collision de deux ions d'or projetés en sens inverse à une vitesse proche de celle de la lumière dans un accélérateur de particules forme un état extrême de la matière similaire à l'explosion initiale du Big Bang.
- Sous-chapitre : Conductions thermique et électrique
L'or est un excellent conducteur thermique et électrique, mais son coût (lié à sa rareté) limite ses utilisations.
En raison de cette caractéristique, de son inaltérabilité et de sa grande ductilité, il est utilisé pour réaliser des connexions, notamment dans certains composants électroniques, tels les microprocesseurs.
L'or est également utilisé allié avec du fer dans des thermocouples pour la mesure de températures inférieures à la température ambiante.

Chapitre : Métallurgie
- Sous-chapitre : Méthodes d'extraction
L'extraction de l'or est découpée en plusieurs phases :
- extraction minière du minerai ;
- concentration de l'or, par gravitation ou par émission de mousse ;
- lixiviation (lessivage) Ă l'aide de cyanure ;
- suppression du mercure par précipitation (traitement de Merrill-Crowe) ;
- suppression du fer par traitement Ă l'acide nitrique ;
- la fusion.
- Sous-chapitre : Orpaillage
L'orpaillage est l'exploitation de gisements alluvionnaires, issus du dépôt de particules d'or dans le lit des cours d'eau.
L'or forme un amalgame avec le mercure, ce qui en permet l'extraction de sa gangue minérale. L'utilisation de mercure pour amalgamer l'or peut avoir de graves conséquences écologiques et sanitaires.
En Guyane, les opérations Anaconda et Harpie visent à combattre l'orpaillage illégal.
Article détaillé : Orpaillage en Guyane.
- Sous-chapitre : Battage d'or
Se dit aussi Orbattage.
Le battage d'or est la réduction d'or ou d'alliages d'or en feuilles très fines (0,1 µm). Le batteur d'or utilise un alliage au cuivre (pour durcir légèrement le métal) et à l'argent (pour revenir à la couleur originelle) à 980 ‰ d'or.
- La forge
- l'alliage est fondu puis coulé dans une lingotière. Un lingot d'environ 400 grammes est laminé en un ruban de 40 mètres par 4 centimètres, le « caucher ». Ce ruban est coupé en mille quartiers carrés de 4 × 4 centimètres. Chaque quartier est introduit dans un empilement de papier spécial de 16 × 16 centimètres de côté : le « chaudret ».
- Le dégrossissage
- l'or subit un premier battage sous un marteau mécanique de dix à quinze kilogrammes. Sous la pression des coups de marteau, les quartiers s'agrandissent en s'arrondissant jusqu'à former des feuilles d'environ 15 × 15 centimètres. L'ensemble est alors coupé à l'aide d'un massicot en piles de 5 × 5 centimètres de côté (4 ou 9 piles selon les cas).
- L'apprĂŞt
- les mille quartiers d'or sont séparés des papiers pour être introduits un par un entre les feuilles d'un nouvel empilement, la moule de 14 × 14 centimètres de côté. Autrefois en baudruche, les moules sont en mylar (polyester) verni depuis les années 1950.
- Le battage
- la moule de deux mille quartiers est battue au marteau mécanique de 5 à 8 kg. De nouveau, les quartiers s'agrandissent en s'arrondissant jusqu'à former des feuilles de 12 × 12 centimètres de côté.
- Le vidage
- une ouvrière, la videuse, prend la moule et retire une à une les feuilles d'or qu'elle coupe au format souhaité, 80 × 80 mm, 84 × 84 mm, 93 × 93 mm… puis introduit dans un livret de 25 feuilles.
Les batteurs d'or à la Révolution travaillaient dans une centaine de manufactures qui employaient près de cinq mille personnes.
Aujourd'hui, il n'existe plus en France qu'une seule manufacture, la maison Dauvet fondée en 1834, qui emploie une vingtaine de personnes.
- Sous-chapitre : Cyanuration
Le minerai est tout d’abord concassé et broyé, passé dans une unité de flottation fournissant un concentré et des résidus mis en terril (haldes) contenant de l’or et d’autres métaux.
Le traitement du concentré est effectué par cyanuration qui consiste à dissoudre le minerai dans une solution de cyanures alcalins.

Chapitre : Économie
- Sous-chapitre : Production dans le monde
On estime que depuis la Préhistoire, 145 000 tonnes d'or ont été extraites d'après le World Gold Council en 2001. Il ne subsiste que 120 000 tonnes, sous forme de lingots, médailles, bijoux, etc., le reste ayant disparu au fil du temps. Les réserves d'or sont trente fois moins importantes que celles d'argent. Non renouvelables du fait de leur origine cosmique, les réserves d'or connues se chiffrent à environ 100 000 tonnes. Aujourd'hui, on extrait environ 2 300 tonnes d'or par an. Les principaux pays producteurs sont :
- l'Afrique du Sud : les premières mines d'or y ont été découvertes en 1886 et depuis, l'Afrique du Sud est resté le principal producteur d'or au monde avec aujourd'hui près de 500 tonnes extraites chaque année. Les principales mines du pays se situent aux alentours de Johannesburg ;
- les États-Unis : la folie qui s'est emparée de l'ouest américain lors de la grande ruée vers l'or est aujourd'hui finie, mais les États-Unis disposent aujourd'hui d'importantes mines dans le Nevada : la production américaine atteint 548 tonnes par an ;
- l'Australie : 290 tonnes sont extraites en 2001 ;
- le Canada : il produit près de 150 tonnes chaque année, principalement dans la région de l'Ontario et du nord-ouest du Québec ;
- le Japon : 231 tonnes par an extraites de la région de Shikoku ;
- la Chine : l'or y est principalement extrait de la région de Shandong ;
- l'Indonésie et la Nouvelle-Guinée : 200 tonnes à elles deux ;
- la Russie et les anciennes républiques socialistes : les mines de l'Oural ne remontent plus à la surface aujourd'hui qu'une centaine de tonnes d'or, chiffre en forte diminution par rapport à la production sous le régime de Staline. L'Ouzbékistan produit lui environ 80 tonnes d'or par an ;
- le Ghana : l'ancienne Gold Coast (cĂ´te de l'Or) extrait toujours de l'or, Ă raison de 75 tonnes par an ;
- le Mali : l'or est la première source d'exportation du Mali. C'est d'ailleurs le troisième exportateur d'or en Afrique.
L'or est une ressource non renouvelable. La production mondiale d'or baisse depuis 2001. Les raisons de cette baisse de production sont :
- des investissements miniers trop faibles ;
- le pic de production : contrairement aux baisses de production observées au XX siècle (Première et Seconde Guerre mondiale, politique monétaire dans les années 1970), les causes seraient ici endogènes.
L'avenir de la production d'or est marqué par deux caractéristiques :
- une concentration d'or de plus en plus faible dans les gisements ;
- une hausse des coûts de production inéluctable.
En 2003, le coût moyen de production d'une once d'or revenait à 278 dollars, auquel il convient d'ajouter 30 à 40 dollars au titre des coûts d'exploration.
- Sous-chapitre : Statistiques
La production d'or couvre 80 % de la demande en 2003.
| Production | Réserves minières | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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| Chiffres U.S. Geological Survey 2001, en tonnes | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
L'Inde est le premier consommateur et détenteur d’or au monde.
- Sous-chapitre : Réserves des banques centrales
Les banques centrales possèdent environ le quart du stock d'or mondial, à savoir 28 554 tonnes en décembre 2003 par l'association mondiale des producteurs d'or :
| Banque centrale | 1948 | 2004 |
|---|---|---|
| Réserve fédérale des États-Unis | 21 700 | 8 100 |
| Banque d'Angleterre | 1 400 | 312 |
| Banque nationale suisse | 1 200 | 1 350 |
| Banque de France | 487 | 3 200 |
| Banque du Japon | 765 | |
| Bundesbank | 0 | 3 400 |
| Banque populaire de Chine | 600 | |
| Banque centrale de Chine | 420 | |
| Banque centrale de Russie | ~ 400 | |
| Inde | ~ 350 | |
| Venezuela | ~ 350 | |
| Banque du Liban | 286 | |
| Ensemble de l'Union européenne | 12 700 | |
| Banque des règlements internationaux | 208 | |
| Total banques centrales mondiales | 30 200 | 31 400 |
| Chiffres du Conseil mondial de l'Or 2004, en tonnes | ||
- Sous-chapitre : Utilisation
10 % de la production mondiale d'or sont destinés aux usages industriels, et la demande croît de 10 % par an en moyenne.
L'industrie de l'or se sépare en quatre grandes catégories. La bijouterie consomme environ 70 % de la production. Les banques achètent de l'or en compensation des émissions de monnaie (environ un tiers de la production mondiale). Les particuliers achètent un quart de la production mondiale sous forme de pièces et de lingots. Le restant (à peu près 10 %) est utilisé dans l'industrie, notamment dans la dorure.
- Sous-chapitre : Marché de l'or
Image (cliquez pour agrandir) :
Par rapport à la plupart des autres marchandises, la particularité du marché de l'or est que les stocks de cette matière inaltérable, accumulés au fil de l'histoire chez les particuliers et différents organismes (banques centrales…), sont estimés à environ 50 fois la production annuelle mondiale.
L'or est coté, sous forme physique, à la bourse de Londres et, sous forme de contrats à terme, à New York. Les cours mondiaux sont fixés en dollars américains par once troy d'or. En dehors de ces marchés organisés, qui traitent des grosses quantités, il existe des entreprises de négoce de l'or et de métaux précieux ouvertes aux particuliers et aux divers transformateurs et utilisateurs.
Les cours sont particulièrement fluctuants et soumis à divers facteurs : évolution des stocks d'or des banques centrales, demandes d'orfèvrerie, notamment en Inde, aux États-Unis et en Chine, demande industrielle (électricité, électronique…), coûts et volumes de production, état des réserves minières, valeur refuge, ou achats et ventes spéculatives en fonction des incertitudes monétaires. Une partie du marché est opaque, en raison d'un orpaillage illégal qui s'est fortement développé à la fin du XX siècle en Amérique du Sud.
Les actions des grands groupes aurifères sont cotées essentiellement à Londres, New York, Toronto, Johannesbourg et Sydney.
Article détaillé : Étalon-or.
À la fin du XIX siècle, dans une période de stabilité monétaire dominée par la livre sterling avec une parité fixe des principales monnaies, l'or sert d'étalon monétaire. Chaque banque centrale doit pouvoir fournir aux porteurs qui le désirent l'équivalent en or de leurs liquidités. Cette période prend fin avec la guerre de 1914. S'ensuit une période d’instabilité des taux de change qui culminera avec les difficultés de la crise de 1929.
Le système mis en place par les accords de Bretton Woods du 22 juillet 1944 est une nouvelle tentative pour stabiliser les taux de change, basée sur une parité fixe du dollar par rapport à l'or. Les déficits extérieurs américains mettent à mal cette parité dès les années 1960 et les États-Unis abandonnent la parité fixe du dollar en 1971.
Depuis, l'or est une valeur refuge, faisant partie des réserves monétaires de chaque banque centrale et qui suscite l'attrait des épargnants quand une crise ou période troublée est en vue. Antoine Pinay lança un emprunt d'État indexé sur l'or dans les années 1950, qui fut un grand succès et donna à son promoteur une image restée longtemps mythique. La fin des accords de Bretton Woods et la forte poussée des prix de l'or au début des années 1970 provoquèrent un effet d'aubaine imprévu : les heureux souscripteurs qui furent tirés au sort les derniers (le remboursement se faisait par tirage au sort) touchèrent plus de trois fois leur mise hors inflation.
Malgré les différentes tentatives faites par les États pour décourager la thésaurisation de l'or, et son absence de rendement par rapport aux autres formes de placements, l'or a conservé son rôle de réserve de précaution. Après une longue période de dépréciation, le prix de l'or en lingot ou en pièce n'a cessé de remonter. Le cours du lingot d'or à Paris a doublé entre janvier 1999 et septembre 2007 (de 8 017 € à 16 224 € environ - source : Banque de France). Il a très fortement augmenté au début de l'année 2008 avant de se replier quelque peu. Il est à nouveau au plus haut. Par exemple, le 4 mars, le kilogramme d'or était côté 23 230,00 € à l'achat et 23 530,00 € à la vente.
L'or est échangé sur le marché des métaux précieux, principalement sur les places de New York, Londres, Zurich et Hong-Kong. Il est coté en once (troy ounce) (1 once = 31,1034768 g) et en dollars américains. Début 2004, le cours s'élevait à environ 400 $ (300 euros, soit environ 10 € le gramme) contre 300 $ en 2001, 600 $ en 2005. La crise monétaire et bancaire qui s'étend depuis septembre 2007 n'a fait qu'accélérer le mouvement. L'once frôlera les 1 000 dollars l'once (plus de 20 € le gramme) au début de l'année 2008 et à nouveau au début de l'année 2009. Les énormes plans de relance laissent craindre une inflation dévastatrice en même tant que les placements à rendement sont devenus extrêmement dangereux.
Il existe différents types de lingots suivant les pays. Sur le marché de gros de Londres, le London Bullion Market, qui est l'un des tous premiers marchés au monde pour la négociation physique d'or et d'argent, l'unité de négociation est le lingot monétaire de 400 onces troy, environ 12,5 kg.
Sur les marchés nationaux dits « de détail », on peut trouver des lingots de différentes tailles. En Europe continentale, le lingot d'un kilogramme est le plus souvent utilisé, et lorsque le pays possède encore un marché de l’or national, la barre de 1 kg est cotée. En France, l'or n'est plus coté en Bourse depuis 2004. À la Bourse de Luxembourg par exemple, le lingot de 1 kg est quotidiennement coté en euros. Mais on peut aussi trouver des lingots de 500 grammes, 250 grammes... Les plus petits des lingots sont appelés lingotins.
- Sous-chapitre : Fiscalité
En France, les ventes d'or réalisées dans l'Union européenne par les contribuables français sont soumises à une taxe forfaitaire de 7,5 % (article 150 V bis du code général des impôts). Cette taxe, instituée en 1976, a causé la fermeture du marché français de l'or, au bénéfice de la place financière de Londres. Suite à la loi de finances rectificative 2005 du 30 décembre 2005, les plus-values peuvent désormais être imposées selon un régime proche du droit commun (sans abattement).
Les Français ne résidant pas en France ne doivent pas payer cette taxe.
- Sous-chapitre : Art et artisanat
L'or est principalement utilisé pour la bijouterie (environ 70 % de l'or dans le monde en 1990). De plus, environ 2 700 tonnes d'or ont été travaillées pour la bijouterie, en 1995.
L'or « pur » a été utilisé dans certains bijoux asiatiques, qui ont donc la particularité d'être déformables (ce qui oblige à se limiter à des formes simples : bracelets en torsades, par exemple). L'or pur reste cependant peu utilisé en bijouterie ; afin d'obtenir une meilleure tenue mécanique ainsi que des couleurs originales, il est allié par exemple à l'argent et au cuivre (or jaune, or rose), au cuivre (or rouge), à l'argent (or vert).
En orfèvrerie, l'argent recouvert d'or s'appelle le vermeil.
L'or est ainsi utilisé pour créer des bijoux, des médailles, des objets de luxe (montre, stylo).
Il peut également être utilisé sous forme de feuilles pour dorer les boiseries, les livres, les ferronneries par un procédé de dorure ; ainsi que les bonbons en chocolat en Occident et les gâteaux en Inde.
Le pourcentage d'or dans le métal s'appelle le titre. Depuis très longtemps, il peut faire l'objet d'une garantie (de l'État actuellement) grâce à un poinçon qui indique le titre de l'alliage utilisé. Les orfèvres l'évaluent grossièrement grâce à la pierre de touche.
En France, le marquage des bijoux en or est obligatoire depuis le 9 novembre 1797 par l'apposition de poinçons (sauf si l'objet est trop petit pour recevoir le poinçon). Deux poinçons sont utilisés : le premier, appelé « poinçon d'État », indique le titre ; le second est celui du fabricant, il est appelé « poinçon de Maître ». Le poinçon actuel est une tête d'aigle pour l'or massif.
Les carats correspondent au pourcentage massique d'or compris dans le métal.
| Carats |




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