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Définition Wikipédia de : Or




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Informations générales



     D'après le scĂ©nario Ă©tabli par les astrophysiciens ces cinquante dernières annĂ©es, l'or terrestre est venu du cosmos. Il a Ă©tĂ© synthĂ©tisĂ© par des gĂ©nĂ©rations successives d'Ă©toiles ayant existĂ© il y a 12 Ă  4,5 milliards d'annĂ©es. Comme tous les mĂ©taux lourds tels que le fer et le nickel, l'or est piĂ©gĂ© dans le noyau de la Terre ; il s'accumule lĂ  oĂą des fluides chauds circulent dans la croĂ»te terrestre.


     L'Homme utilise l'or depuis le Chalcolithique, Ă  la fin de la PrĂ©histoire. Il est le deuxième mĂ©tal connu après le cuivre. Le plus vieil objet en or a Ă©tĂ© mis au jour dans la nĂ©cropole de Varna (Bulgarie actuelle). Il est datĂ© du milieu du V millĂ©naire av. J.-C..


     L'or sert essentiellement Ă  la parure des puissants et aux cĂ©rĂ©monies religieuses. L'assimilation de l'or au disque solaire divinisĂ© sera un des leviers les plus puissants. On retrouve des amulettes en or dans les tombes Ă©gyptiennes Ă  chacune des grandes Ă©poques de l'Égypte antique. Les plus puissants, tels Toutânkhamon et Ramses, se font enterrer avec des masques mortuaires en or et autres parures.


     Les quantitĂ©s disponibles sont très faibles. En Égypte, on extrait l'or dans des endroits dĂ©sertiques et sans eau au prix du sacrifice de nombreux travailleurs (il n'y avait pas d'esclaves dans l'Égypte ancienne). Les grandes puissances s'assurent de l'or par l'intermĂ©diaire des tributs ou par la victoire militaire. La victoire sur les HyksĂ´s assure ainsi de larges quantitĂ©s d'or au pharaon. On retrouvera Ă  travers toute l'histoire des victoires « aurĂ©olĂ©es Â» : de celle de Trajan vainqueur des Daces, au dĂ©but du II siècle rapporte Ă  Rome un butin faramineux : 180 tonnes d'or et 350 tonnes d'argent (on parle depuis de l'« or des Daces Â») Ă  Bismarck qui Ă©tablira le système monĂ©taire de l'Allemagne sur la rançon en or payĂ©e par la France après la dĂ©faite de 1870.


     Durant l'AntiquitĂ©, au VI siècle av. J.-C., les rois Lydiens ont frappĂ© une monnaie en Ă©lectrum (un mĂ©lange naturel d'or et d'argent) pour la première fois. L'or sort du temple et du palais pour servir Ă  l'usage des particuliers. Cet usage se rĂ©pandit ensuite en Perse, en Grèce centrale, puis dans l'ensemble du monde antique durant la pĂ©riode hellĂ©nistique Ă  cĂ´tĂ© des monnaies d'argent, de bronze et de cuivre de moindre valeur. L'or sera continument utilisĂ© comme monnaie en Occident jusqu'en 1973, date Ă  laquelle il sera dĂ©pouillĂ© de son dernier rĂ´le monĂ©taire, comme monnaie de rĂ©serve internationale.


     L'utilisation religieuse de l'or persistera nĂ©anmoins pendant des siècles. L'aurĂ©ole des saints a pour Ă©tymologie aureola, l'or en latin. Les Germains enterrent leurs chefs avec une pièce d'or dans la bouche Ă  l'instar des grecs. Les bijoux en or se retrouvent principalement dans les hautes classes de la sociĂ©tĂ© sur les armes, les fibules, les boucles, les bagues et les sceaux. La vaisselle en or est Ă  la fois un apparat et une rĂ©serve monĂ©taire.


     Les conquĂŞtes sassanides, puis arabes compliquèrent l'accès Ă  l'or en Occident. La diffusion de l'or dans le monde occidental connut un renouveau d'abord en MĂ©diterranĂ©e au XI siècle, puis au XIII siècle Ă  l'initiative de Venise qui fondera sa fortune sur l'arbitrage entre la forte demande d'argent orientale et la forte demande d'or occidentale.


     Les taxes de compensation dans les codes germaniques Ă©taient appelĂ©es « wergeld Â», le « prix de l'homme Â».
Les Vikings soumirent les États attaquĂ©s Ă  un tribut appelĂ© « danegeld Â» : « or des Danois Â».


     Au Moyen Ă‚ge, les alchimistes tentèrent de fabriquer de l'or Ă  partir d'autres substances comme le plomb. Ils pensaient obtenir ce rĂ©sultat en utilisant la mythique pierre philosophale. En alchimie, le symbole de l'or est un point entourĂ© d'un cercle.


     La recherche d'or constitua l'une des raisons de la conquĂŞte du continent amĂ©ricain. Ainsi, Hernán CortĂ©s entreprit la conquĂŞte de l'empire aztèque, situĂ© au Mexique notamment pour accaparer l'or que possĂ©dait l'empereur aztèque. Hernán CortĂ©s envoya une grande quantitĂ© de ce prĂ©cieux mĂ©tal Ă  Charles Quint, roi d'Espagne, dont une partie sous forme de bijoux, mais la plupart furent fondus pour financer les guerres menĂ©es par l'Espagne. Les conquistadors devaient prĂ©lever le quinto real (c'est-Ă -dire un cinquième de l'or rĂ©cupĂ©rĂ©) et l'envoyer Ă  Charles Quint. L'or affluant depuis les mines du Nouveau Monde provoqua la richesse de l'Espagne et du Portugal au dĂ©but de la pĂ©riode moderne, avant de profiter aux autres États europĂ©ens qui surent mieux le capter, tels la France et la Grande-Bretagne. Ă€ la mĂŞme Ă©poque se diffuse la lĂ©gende de l'Eldorado.


     Au milieu du XIX siècle, une ruĂ©e vers l'or se dĂ©clare en Californie et contribue pour une part Ă  la conquĂŞte de l'Ouest amĂ©ricain et Ă  la croissance dĂ©mographique et Ă©conomique de nombreuses villes californiennes, dont San Francisco. Les citĂ©s minières construites en des endroits trop reculĂ©s furent abandonnĂ©es dès que le filon Ă  l'origine de leur richesse vint Ă  se tarir. Ces citĂ©s sont aujourd'hui ce qu'on appelle des citĂ©s fantĂ´mes, vides de population, mais dont les murs tiennent parfois encore debout, prĂ©servĂ©s par l'ariditĂ© du climat local. Les États-Unis restent le deuxième pays producteur d'or dans le monde en 2004.


     La première synthèse de l'or date de 1941. Elle consiste Ă  bombarder du mercure avec des neutrons. Mais les isotopes de l'or issus de cette nuclĂ©osynthèse sont tous radioactifs. Le coĂ»t de production est beaucoup plus Ă©levĂ© que le prix de l'or, cette mĂ©thode a donc Ă©tĂ© abandonnĂ©e.




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Lingots d’or avec Krugerrands



     L'or a servi d'Ă©talon monĂ©taire exclusif (l'Ă©talon-or), d'abord au Royaume-Uni puis dans le monde entier après l'abandon du bimĂ©tallisme or-argent dans les annĂ©es 1870. La guerre de 1914 met fin Ă  ce système qui ne pourra jamais ĂŞtre remis en place. Avec les accords de Bretton Woods, en 1944, c'est un Ă©talon de change or (Gold Exchange Standard) qui est mis en place. Le dollar est dĂ©fini en un certain poids d'or et les autres monnaies en dollar. En 1971, les États-Unis suspendirent la convertibilitĂ© du dollar en or et en 1976, les accords de la JamaĂŻque entre les pays du FMI dĂ©monĂ©tisent l'or qui dès lors n'a plus de rĂ´le monĂ©taire officiel.


     L'or est nĂ©anmoins restĂ© Ă  titre de prĂ©caution dans les rĂ©serves des principales banques centrales. La plus grande rĂ©serve mondiale d'or monĂ©taire se trouve aux États-Unis, il s'agit de la rĂ©serve fĂ©dĂ©rale de New York (Federal Reserve Bank of New York), pourtant moins cĂ©lèbre que celle de Fort Knox, dans le Kentucky. En 1995, les rĂ©serves d'or dans les banques du monde entier se montaient Ă  environ 910 millions d'onces ce qui reprĂ©sente un cube proche de 12 mètres d'arĂŞte.


     L'or conserve un rĂ´le Ă©conomique qui n'est pas nĂ©gligeable. Il est cotĂ© dans les principales bourses occidentales, New York, Londres, Tokyo. Les transactions qui s'opèrent sur cette valeur, notamment en temps de crise, sont considĂ©rĂ©es comme un baromètre Ă©conomique important.
L'or conserve, en outre, ses fonctions artistiques dans les médailles, les bijoux, la dorure, tout en développant un rôle technique dans de nombreuses productions, notamment les produits électroniques.


     Son pouvoir symbolique reste fort : les sports modernes, enfin, utilisent l'or comme rĂ©compense suprĂŞme lors des diffĂ©rentes compĂ©titions : mĂ©dailles d'or aux Jeux olympiques, Ballons d'or en football.


     La thĂ©saurisation en or rĂ©siste Ă  la dĂ©monĂ©tisation, et reprĂ©sente une Ă©pargne de prĂ©caution.
Début 2009, une once d'or vaut environ 1 000 dollars, un niveau inégalé depuis le début des années 1980 (en tenant compte de l'inflation, le prix de l'or reste inférieur à son niveau de 1980).






Chapitre : Propriétés





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Cristaux d’or synthétisés



     La couleur de base de l'or est jaune Ă  reflets complexes que l'on connaĂ®t naturellement comme dorĂ© dans la langue française. Comme tous les mĂ©taux, l'or est un conducteur de courant, cependant moins bon que l'argent.


     Par transparence au travers d'une feuille très fine, l'or apparaĂ®t vert.

  - Sous-chapitre : PropriĂ©tĂ©s chimiques


     L'or est un mĂ©tal noble, ce qui le rend quasiment inaltĂ©rable, son Ă©tat d'oxydation le plus commun est donc (0). Cependant, il peut former plusieurs composĂ©s, son nombre d'oxydation pouvant varier de (-I) Ă  (+V) ; Au(I) et Au(III) sont majoritaires. Toutefois, sa relative inertie chimique le protège des attaques du dioxygène : l'or mĂ©tallique ne se ternit pas et ne forme pas d'oxyde, Ă  quelque tempĂ©rature que ce soit ; et il rĂ©siste Ă©galement Ă  l'action de nombreux produits chimiques, dont la plupart des acides (seuls le cyanure et le mĂ©lange d'acides appelĂ© eau rĂ©gale peuvent le dissoudre).

Ion aureux


     L'ion aureux Au(I) se rencontre sur des ligands doux tels que les thioĂ©thers, les thiolates ou les phosphines tertiaires. Ses composĂ©s sont gĂ©nĂ©ralement linĂ©aires.


     Lors du traitement des sables aurifères par cyanuration, l'or est solubilisĂ© sous forme du complexe dicyanoaurate Au(CN)2, dans lequel se retrouve Au(I). Le dicyanoaurate de potassium est un sel incolore, soluble dans l'eau et très toxique.


     Curieusement, les complexes aqueux de l'ion aureux sont rares. Les halogĂ©nures d'or binaires, comme AuCl, forment des chaĂ®nes polymères en zigzag, de nouveau propre Ă  la coordination linĂ©aire de Au(I). La plupart des mĂ©dicaments Ă  base d'or sont des dĂ©rivĂ©s de l'ion monovalent Au(I).

Ion aurique


     L'autre forme courante de l'or oxydĂ© est l'ion aurique Au(III). Il entre, par exemple, dans la composition du chlorure d'or(III), AuCl3. Son dĂ©rivĂ© est l'acide chloraurique, HAuCl4, qui se forme quand l'or se dissout dans l'eau rĂ©gale. Les complexes auriques sont typiquement configurĂ©s en carrĂ© plat, comme la plupart des composĂ©s avec une orbitale d.

États d'oxydation moins communs : Au(-I), Au(II) et Au(V)


     Fondu avec du cĂ©sium, l'or forme de l'aurure de cĂ©sium CsAu qui n'est pas un alliage, mais un composĂ© ionique. L'atome d'or Au forme alors un ion nĂ©gatif monochargĂ©. Les propriĂ©tĂ©s de l'aurure sont similaires Ă  celles d'un halogĂ©nure. Par exemple, CsAu cristallise dans le motif du chlorure de cĂ©sium. Parmi les autres aurures, on compte ceux de rubidium, de potassium et de tĂ©tramĂ©thylammonium (CH3)4N.


     Les composĂ©s de l'or (II) sont gĂ©nĂ©ralement diamagnĂ©tiques et prĂ©sentent des liaisons Au-Au. C'est le cas dans [Au(CH2)2P(C6H5)2]2Cl2. Un complexe remarquable de Au(II), le complexe tĂ©traxĂ©non-or(II), contient le xĂ©non comme ligand : [AuXe4](Sb2F11)2.


     Le pentaflurorure d'or est l'unique exemple d'Au(V), l'Ă©tat d'oxydation le plus Ă©levĂ© pour cet Ă©lĂ©ment.


     Dans quelques composĂ©s de l'or apparaissent des liaisons aurophiles, qui dĂ©crivent l'interaction rĂ©ciproque d'ions or Ă  une distance trop longue pour constituer une liaison Au-Au covalente, mais plus courte que pour les forces de Van der Waals. La liaison aurophile est comparable Ă  une liaison hydrogène en termes de force.

  - Sous-chapitre : Alliages


     L'or de joaillerie, c’est-Ă -dire mĂ©langĂ© Ă  un ou plusieurs autres mĂ©taux pour augmenter sa rigiditĂ©, peut prĂ©senter des teintes blanches (or blanc) ou rouges (or rouge) selon le type d'alliage qui le constitue (argent, cuivre). Le standard des proportions varie d'un pays Ă  l'autre, les États-Unis ou la Grèce utilisant l'or dit « Ă  14 carats Â», contenant 585/1 000 d'or. En France, « lorsqu'il s'agit de produits contenant de l'or, du platine, de l'argent ou du palladium, l'indication du prix doit ĂŞtre accompagnĂ©e de l'indication du mĂ©tal prĂ©cieux utilisĂ© et de son titre exprimĂ© en millièmes Â» ; prĂ©cĂ©demment, une distinction Ă©tait faite entre « or Â» [18 carats (750/1 000) ou plus] et « alliage d’or Â» [moins de 18 carats (750/1 000)].


     Pour de l'or 18 carats :

    Liste :
  • l’or jaune est en principe constituĂ© de 75 % d'or, de 12,5 % d'argent et de 12,5 % de cuivre ;
  • l’or rose est normalement composĂ© de 75 % d'or, de 20 % de cuivre et de 5 % d'argent ;
  • l’or gris comporte habituellement 75 % d'or, de l'argent, du cuivre et parfois du palladium ;
  • l'or blanc de joaillerie est un terme souvent utilisĂ© pour parler de l'or gris. En France et en Europe, le nickel (qui entrait autrefois dans sa composition) est maintenant interdit, car source d'allergies. L'or blanc est donc recouvert d'une fine couche de rhodium (or « rhodiĂ© Â»), qui disparaĂ®t avec le temps, redonnant une couleur gris-jaune Ă  l'or (il est en gĂ©nĂ©ral possible de faire un nouveau bain de rhodium chez un bijoutier, pour quelques dizaines d'euros) ;
  • l'or bleu est un alliage d'or et de fer. Un traitement thermique oxyde les molĂ©cules de fer Ă  la surface du mĂ©tal et lui donne sa couleur azur.

     Pour la dorure Ă  la feuille, l'alliage doit rester le plus mou possible. Quelques exemples de compositions :

    Liste :
  • l'or jaune est composĂ© de 980 ‰ d'or, de 10 ‰ d'argent et de 10 ‰ de cuivre. Il peut ĂŞtre « pur Â» ;
  • l'or rouge est composĂ© de 945 ‰ d'or et de 55 ‰ de cuivre ;
  • l'or ½ jaune est composĂ© de 915 ‰ d'or, de 60 ‰ d'argent et de 25 ‰ de cuivre ;
  • l'or citron est composĂ© de 945 ‰ d'or et de 55 ‰ d'argent ;
  • l'or gris est composĂ© de 750 ‰ d'or, 150 ‰ de palladium et de 100 ‰ d'argent ;
  • l'or blanc français est composĂ© de 200 ‰ d'or et de 800 ‰ d'argent ; ailleurs en Europe, il est Ă  500 ‰, alliĂ© Ă  500 ‰ d'argent.

     


     Chaque batteur d'or a ses alliages propres qui s'Ă©cartent lĂ©gèrement de ces standards.


     De 1980 Ă  nos jours, l'or utilisĂ© dans les circuits Ă©lectroniques des ordinateurs et tĂ©lĂ©phones portables est recyclĂ© sous la forme de lingots, alliage d'or d'une teneur de 5 %.

  - Sous-chapitre : PropriĂ©tĂ©s mĂ©caniques


     Les atomes d'or sont empilĂ©s selon une structure dite « cubique Ă  faces centrĂ©es Â» (CFC). Cette structure cristalline prĂ©sente beaucoup de plans cristallographiques denses. Or, la dĂ©formation plastique se fait par glissement des plans denses les uns sur les autres (comme les cartes Ă  jouer d'un paquet). De manière gĂ©nĂ©rale, tous les cristaux cubiques Ă  faces centrĂ©es sont ductiles (cas du plomb, de l'aluminium…).
La mallĂ©abilitĂ© de l'or est telle qu'avec une once (~31,1 g) de ce mĂ©tal, il est possible d'obtenir une feuille de 8 m (rĂ©duction Ă  ~0,2 ÎĽm d'Ă©paisseur).


     L'or « pur Â» se dĂ©forme facilement Ă  froid, par martelage ou par Ă©tirement (trĂ©filage, laminage), il se cisèle aisĂ©ment. Il a de ce fait Ă©tĂ© utilisĂ© très tĂ´t pour fabriquer des bijoux et ornements, ou sous forme de fines feuilles pour « plaquer Â» des objets. Par exemple, Ă  Paris, le dĂ´me des Invalides est dorĂ© Ă  la feuille. En revanche, n'ayant qu'une faible tenue mĂ©canique, il n'a pas Ă©tĂ© utilisĂ© pour faire des outils.


     Un rĂ©seau cristallin d’atomes d’or chauffĂ© Ă  des tempĂ©ratures dĂ©passant un milliard de degrĂ©s ne fond pas mais au contraire devient plus rĂ©sistant. Il voit son point de fusion augmenter temporairement. Ce paradoxe prĂ©dit thĂ©oriquement a Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© expĂ©rimentalement. La collision de deux ions d'or projetĂ©s en sens inverse Ă  une vitesse proche de celle de la lumière dans un accĂ©lĂ©rateur de particules forme un Ă©tat extrĂŞme de la matière similaire Ă  l'explosion initiale du Big Bang.

  - Sous-chapitre : Conductions thermique et Ă©lectrique


     L'or est un excellent conducteur thermique et Ă©lectrique, mais son coĂ»t (liĂ© Ă  sa raretĂ©) limite ses utilisations.


     En raison de cette caractĂ©ristique, de son inaltĂ©rabilitĂ© et de sa grande ductilitĂ©, il est utilisĂ© pour rĂ©aliser des connexions, notamment dans certains composants Ă©lectroniques, tels les microprocesseurs.


     L'or est Ă©galement utilisĂ© alliĂ© avec du fer dans des thermocouples pour la mesure de tempĂ©ratures infĂ©rieures Ă  la tempĂ©rature ambiante.






Chapitre : Métallurgie


  - Sous-chapitre : MĂ©thodes d'extraction


     L'extraction de l'or est dĂ©coupĂ©e en plusieurs phases :

    Liste :
  • extraction minière du minerai ;
  • concentration de l'or, par gravitation ou par Ă©mission de mousse ;
  • lixiviation (lessivage) Ă  l'aide de cyanure ;
  • suppression du mercure par prĂ©cipitation (traitement de Merrill-Crowe) ;
  • suppression du fer par traitement Ă  l'acide nitrique ;
  • la fusion.

  - Sous-chapitre : Orpaillage


     L'orpaillage est l'exploitation de gisements alluvionnaires, issus du dĂ©pĂ´t de particules d'or dans le lit des cours d'eau.


     L'or forme un amalgame avec le mercure, ce qui en permet l'extraction de sa gangue minĂ©rale. L'utilisation de mercure pour amalgamer l'or peut avoir de graves consĂ©quences Ă©cologiques et sanitaires.
En Guyane, les opérations Anaconda et Harpie visent à combattre l'orpaillage illégal.

Article dĂ©taillĂ© : Orpaillage en Guyane.

  - Sous-chapitre : Battage d'or


     Se dit aussi Orbattage.


     Le battage d'or est la rĂ©duction d'or ou d'alliages d'or en feuilles très fines (0,1 µm). Le batteur d'or utilise un alliage au cuivre (pour durcir lĂ©gèrement le mĂ©tal) et Ă  l'argent (pour revenir Ă  la couleur originelle) Ă  980 ‰ d'or.

La forge 
l'alliage est fondu puis coulĂ© dans une lingotière. Un lingot d'environ 400 grammes est laminĂ© en un ruban de 40 mètres par 4 centimètres, le « caucher Â». Ce ruban est coupĂ© en mille quartiers carrĂ©s de 4 Ă— 4 centimètres. Chaque quartier est introduit dans un empilement de papier spĂ©cial de 16 Ă— 16 centimètres de cĂ´tĂ© : le « chaudret Â».
Le dĂ©grossissage 
l'or subit un premier battage sous un marteau mécanique de dix à quinze kilogrammes. Sous la pression des coups de marteau, les quartiers s'agrandissent en s'arrondissant jusqu'à former des feuilles d'environ 15 × 15 centimètres. L'ensemble est alors coupé à l'aide d'un massicot en piles de 5 × 5 centimètres de côté (4 ou 9 piles selon les cas).
L'apprĂŞt 
les mille quartiers d'or sont séparés des papiers pour être introduits un par un entre les feuilles d'un nouvel empilement, la moule de 14 × 14 centimètres de côté. Autrefois en baudruche, les moules sont en mylar (polyester) verni depuis les années 1950.
Le battage 
la moule de deux mille quartiers est battue au marteau mĂ©canique de 5 Ă  8 kg. De nouveau, les quartiers s'agrandissent en s'arrondissant jusqu'Ă  former des feuilles de 12 Ă— 12 centimètres de cĂ´tĂ©.
Le vidage 
une ouvrière, la videuse, prend la moule et retire une Ă  une les feuilles d'or qu'elle coupe au format souhaitĂ©, 80 Ă— 80 mm, 84 Ă— 84 mm, 93 Ă— 93 mm… puis introduit dans un livret de 25 feuilles.

     Les batteurs d'or Ă  la RĂ©volution travaillaient dans une centaine de manufactures qui employaient près de cinq mille personnes.
Aujourd'hui, il n'existe plus en France qu'une seule manufacture, la maison Dauvet fondée en 1834, qui emploie une vingtaine de personnes.

  - Sous-chapitre : Cyanuration


     Le minerai est tout d’abord concassĂ© et broyĂ©, passĂ© dans une unitĂ© de flottation fournissant un concentrĂ© et des rĂ©sidus mis en terril (haldes) contenant de l’or et d’autres mĂ©taux.


     Le traitement du concentrĂ© est effectuĂ© par cyanuration qui consiste Ă  dissoudre le minerai dans une solution de cyanures alcalins.






Chapitre : Économie


  - Sous-chapitre : Production dans le monde


     On estime que depuis la PrĂ©histoire, 145 000 tonnes d'or ont Ă©tĂ© extraites d'après le World Gold Council en 2001. Il ne subsiste que 120 000 tonnes, sous forme de lingots, mĂ©dailles, bijoux, etc., le reste ayant disparu au fil du temps. Les rĂ©serves d'or sont trente fois moins importantes que celles d'argent. Non renouvelables du fait de leur origine cosmique, les rĂ©serves d'or connues se chiffrent Ă  environ 100 000 tonnes. Aujourd'hui, on extrait environ 2 300 tonnes d'or par an. Les principaux pays producteurs sont :




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    Liste :
  • l'Afrique du Sud : les premières mines d'or y ont Ă©tĂ© dĂ©couvertes en 1886 et depuis, l'Afrique du Sud est restĂ© le principal producteur d'or au monde avec aujourd'hui près de 500 tonnes extraites chaque annĂ©e. Les principales mines du pays se situent aux alentours de Johannesburg ;
  • les États-Unis : la folie qui s'est emparĂ©e de l'ouest amĂ©ricain lors de la grande ruĂ©e vers l'or est aujourd'hui finie, mais les États-Unis disposent aujourd'hui d'importantes mines dans le Nevada : la production amĂ©ricaine atteint 548 tonnes par an ;
  • l'Australie : 290 tonnes sont extraites en 2001 ;
  • le Canada : il produit près de 150 tonnes chaque annĂ©e, principalement dans la rĂ©gion de l'Ontario et du nord-ouest du QuĂ©bec ;
  • le Japon : 231 tonnes par an extraites de la rĂ©gion de Shikoku ;
  • la Chine : l'or y est principalement extrait de la rĂ©gion de Shandong ;
  • l'IndonĂ©sie et la Nouvelle-GuinĂ©e : 200 tonnes Ă  elles deux ;
  • la Russie et les anciennes rĂ©publiques socialistes : les mines de l'Oural ne remontent plus Ă  la surface aujourd'hui qu'une centaine de tonnes d'or, chiffre en forte diminution par rapport Ă  la production sous le rĂ©gime de Staline. L'OuzbĂ©kistan produit lui environ 80 tonnes d'or par an ;
  • le Ghana : l'ancienne Gold Coast (cĂ´te de l'Or) extrait toujours de l'or, Ă  raison de 75 tonnes par an ;
  • le Mali : l'or est la première source d'exportation du Mali. C'est d'ailleurs le troisième exportateur d'or en Afrique.

     L'or est une ressource non renouvelable. La production mondiale d'or baisse depuis 2001. Les raisons de cette baisse de production sont :

    Liste :
  • des investissements miniers trop faibles ;
  • le pic de production : contrairement aux baisses de production observĂ©es au XX siècle (Première et Seconde Guerre mondiale, politique monĂ©taire dans les annĂ©es 1970), les causes seraient ici endogènes.

     L'avenir de la production d'or est marquĂ© par deux caractĂ©ristiques :

    Liste :
  • une concentration d'or de plus en plus faible dans les gisements ;
  • une hausse des coĂ»ts de production inĂ©luctable.

     En 2003, le coĂ»t moyen de production d'une once d'or revenait Ă  278 dollars, auquel il convient d'ajouter 30 Ă  40 dollars au titre des coĂ»ts d'exploration.

  - Sous-chapitre : Statistiques


     La production d'or couvre 80 % de la demande en 2003.

ProductionRéserves minières
Total mondial2 530
PaysProduction
Afrique du Sud400
États-Unis350
Australie290
Chine185
Russie175
Canada160
Pérou140
Indonésie120
Total mondial50 000
PaysRéserve
Afrique du Sud19 000
États-Unis5 600
Australie5 000
Russie3 000
IndonĂ©sie1 800
Canada1 500
Chine1 000
Pérou200
Chiffres U.S. Geological Survey 2001, en tonnes

     L'Inde est le premier consommateur et dĂ©tenteur d’or au monde.

  - Sous-chapitre : RĂ©serves des banques centrales


     Les banques centrales possèdent environ le quart du stock d'or mondial, Ă  savoir 28 554 tonnes en dĂ©cembre 2003 par l'association mondiale des producteurs d'or :

Banque centrale19482004
RĂ©serve fĂ©dĂ©rale des États-Unis21 7008 100
Banque d'Angleterre1 400312
Banque nationale suisse1 2001 350
Banque de France4873 200
Banque du Japon765
Bundesbank03 400
Banque populaire de Chine600
Banque centrale de Chine420
Banque centrale de Russie~ 400
Inde~ 350
Venezuela~ 350
Banque du Liban286
Ensemble de l'Union europĂ©enne12 700
Banque des règlements internationaux208
Total banques centrales mondiales30 20031 400
Chiffres du Conseil mondial de l'Or 2004, en tonnes

  - Sous-chapitre : Utilisation


     10 % de la production mondiale d'or sont destinĂ©s aux usages industriels, et la demande croĂ®t de 10 % par an en moyenne.
L'industrie de l'or se sĂ©pare en quatre grandes catĂ©gories. La bijouterie consomme environ 70 % de la production. Les banques achètent de l'or en compensation des Ă©missions de monnaie (environ un tiers de la production mondiale). Les particuliers achètent un quart de la production mondiale sous forme de pièces et de lingots. Le restant (Ă  peu près 10 %) est utilisĂ© dans l'industrie, notamment dans la dorure.

  - Sous-chapitre : MarchĂ© de l'or




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Évolution du cours de l'once d'or de 1960 à 2009. Cours nominal (courbe noire) et cours en fonction de la valeur d'achat du dollar en 2009 (en rouge)



     Par rapport Ă  la plupart des autres marchandises, la particularitĂ© du marchĂ© de l'or est que les stocks de cette matière inaltĂ©rable, accumulĂ©s au fil de l'histoire chez les particuliers et diffĂ©rents organismes (banques centrales…), sont estimĂ©s Ă  environ 50 fois la production annuelle mondiale.


     L'or est cotĂ©, sous forme physique, Ă  la bourse de Londres et, sous forme de contrats Ă  terme, Ă  New York. Les cours mondiaux sont fixĂ©s en dollars amĂ©ricains par once troy d'or. En dehors de ces marchĂ©s organisĂ©s, qui traitent des grosses quantitĂ©s, il existe des entreprises de nĂ©goce de l'or et de mĂ©taux prĂ©cieux ouvertes aux particuliers et aux divers transformateurs et utilisateurs.


     Les cours sont particulièrement fluctuants et soumis Ă  divers facteurs : Ă©volution des stocks d'or des banques centrales, demandes d'orfèvrerie, notamment en Inde, aux États-Unis et en Chine, demande industrielle (Ă©lectricitĂ©, Ă©lectronique…), coĂ»ts et volumes de production, Ă©tat des rĂ©serves minières, valeur refuge, ou achats et ventes spĂ©culatives en fonction des incertitudes monĂ©taires. Une partie du marchĂ© est opaque, en raison d'un orpaillage illĂ©gal qui s'est fortement dĂ©veloppĂ© Ă  la fin du XX siècle en AmĂ©rique du Sud.


     Les actions des grands groupes aurifères sont cotĂ©es essentiellement Ă  Londres, New York, Toronto, Johannesbourg et Sydney.

Article dĂ©taillĂ© : Étalon-or.

     Ă€ la fin du XIX siècle, dans une pĂ©riode de stabilitĂ© monĂ©taire dominĂ©e par la livre sterling avec une paritĂ© fixe des principales monnaies, l'or sert d'Ă©talon monĂ©taire. Chaque banque centrale doit pouvoir fournir aux porteurs qui le dĂ©sirent l'Ă©quivalent en or de leurs liquiditĂ©s. Cette pĂ©riode prend fin avec la guerre de 1914. S'ensuit une pĂ©riode d’instabilitĂ© des taux de change qui culminera avec les difficultĂ©s de la crise de 1929.


     Le système mis en place par les accords de Bretton Woods du 22 juillet 1944 est une nouvelle tentative pour stabiliser les taux de change, basĂ©e sur une paritĂ© fixe du dollar par rapport Ă  l'or. Les dĂ©ficits extĂ©rieurs amĂ©ricains mettent Ă  mal cette paritĂ© dès les annĂ©es 1960 et les États-Unis abandonnent la paritĂ© fixe du dollar en 1971.


     Depuis, l'or est une valeur refuge, faisant partie des rĂ©serves monĂ©taires de chaque banque centrale et qui suscite l'attrait des Ă©pargnants quand une crise ou pĂ©riode troublĂ©e est en vue. Antoine Pinay lança un emprunt d'État indexĂ© sur l'or dans les annĂ©es 1950, qui fut un grand succès et donna Ă  son promoteur une image restĂ©e longtemps mythique. La fin des accords de Bretton Woods et la forte poussĂ©e des prix de l'or au dĂ©but des annĂ©es 1970 provoquèrent un effet d'aubaine imprĂ©vu : les heureux souscripteurs qui furent tirĂ©s au sort les derniers (le remboursement se faisait par tirage au sort) touchèrent plus de trois fois leur mise hors inflation.


     MalgrĂ© les diffĂ©rentes tentatives faites par les États pour dĂ©courager la thĂ©saurisation de l'or, et son absence de rendement par rapport aux autres formes de placements, l'or a conservĂ© son rĂ´le de rĂ©serve de prĂ©caution. Après une longue pĂ©riode de dĂ©prĂ©ciation, le prix de l'or en lingot ou en pièce n'a cessĂ© de remonter. Le cours du lingot d'or Ă  Paris a doublĂ© entre janvier 1999 et septembre 2007 (de 8 017 € Ă  16 224 € environ - source : Banque de France). Il a très fortement augmentĂ© au dĂ©but de l'annĂ©e 2008 avant de se replier quelque peu. Il est Ă  nouveau au plus haut. Par exemple, le 4 mars, le kilogramme d'or Ă©tait cĂ´tĂ© 23 230,00 € Ă  l'achat et 23 530,00 € Ă  la vente.


     L'or est Ă©changĂ© sur le marchĂ© des mĂ©taux prĂ©cieux, principalement sur les places de New York, Londres, Zurich et Hong-Kong. Il est cotĂ© en once (troy ounce) (1 once = 31,1034768 g) et en dollars amĂ©ricains. DĂ©but 2004, le cours s'Ă©levait Ă  environ 400 $ (300 euros, soit environ 10 € le gramme) contre 300 $ en 2001, 600 $ en 2005. La crise monĂ©taire et bancaire qui s'Ă©tend depuis septembre 2007 n'a fait qu'accĂ©lĂ©rer le mouvement. L'once frĂ´lera les 1 000 dollars l'once (plus de 20 € le gramme) au dĂ©but de l'annĂ©e 2008 et Ă  nouveau au dĂ©but de l'annĂ©e 2009. Les Ă©normes plans de relance laissent craindre une inflation dĂ©vastatrice en mĂŞme tant que les placements Ă  rendement sont devenus extrĂŞmement dangereux.


     Il existe diffĂ©rents types de lingots suivant les pays. Sur le marchĂ© de gros de Londres, le London Bullion Market, qui est l'un des tous premiers marchĂ©s au monde pour la nĂ©gociation physique d'or et d'argent, l'unitĂ© de nĂ©gociation est le lingot monĂ©taire de 400 onces troy, environ 12,5 kg.


     Sur les marchĂ©s nationaux dits « de dĂ©tail Â», on peut trouver des lingots de diffĂ©rentes tailles. En Europe continentale, le lingot d'un kilogramme est le plus souvent utilisĂ©, et lorsque le pays possède encore un marchĂ© de l’or national, la barre de 1 kg est cotĂ©e. En France, l'or n'est plus cotĂ© en Bourse depuis 2004. Ă€ la Bourse de Luxembourg par exemple, le lingot de 1 kg est quotidiennement cotĂ© en euros. Mais on peut aussi trouver des lingots de 500 grammes, 250 grammes... Les plus petits des lingots sont appelĂ©s lingotins.

  - Sous-chapitre : FiscalitĂ©


     En France, les ventes d'or rĂ©alisĂ©es dans l'Union europĂ©enne par les contribuables français sont soumises Ă  une taxe forfaitaire de 7,5 % (article 150 V bis du code gĂ©nĂ©ral des impĂ´ts). Cette taxe, instituĂ©e en 1976, a causĂ© la fermeture du marchĂ© français de l'or, au bĂ©nĂ©fice de la place financière de Londres. Suite Ă  la loi de finances rectificative 2005 du 30 dĂ©cembre 2005, les plus-values peuvent dĂ©sormais ĂŞtre imposĂ©es selon un rĂ©gime proche du droit commun (sans abattement).
Les Français ne résidant pas en France ne doivent pas payer cette taxe.

  - Sous-chapitre : Art et artisanat




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Poinçon de l'or



     L'or est principalement utilisĂ© pour la bijouterie (environ 70 % de l'or dans le monde en 1990). De plus, environ 2 700 tonnes d'or ont Ă©tĂ© travaillĂ©es pour la bijouterie, en 1995.
L'or « pur Â» a Ă©tĂ© utilisĂ© dans certains bijoux asiatiques, qui ont donc la particularitĂ© d'ĂŞtre dĂ©formables (ce qui oblige Ă  se limiter Ă  des formes simples : bracelets en torsades, par exemple). L'or pur reste cependant peu utilisĂ© en bijouterie ; afin d'obtenir une meilleure tenue mĂ©canique ainsi que des couleurs originales, il est alliĂ© par exemple Ă  l'argent et au cuivre (or jaune, or rose), au cuivre (or rouge), Ă  l'argent (or vert).


     En orfèvrerie, l'argent recouvert d'or s'appelle le vermeil.


     L'or est ainsi utilisĂ© pour crĂ©er des bijoux, des mĂ©dailles, des objets de luxe (montre, stylo).


     Il peut Ă©galement ĂŞtre utilisĂ© sous forme de feuilles pour dorer les boiseries, les livres, les ferronneries par un procĂ©dĂ© de dorure ; ainsi que les bonbons en chocolat en Occident et les gâteaux en Inde.


     Le pourcentage d'or dans le mĂ©tal s'appelle le titre. Depuis très longtemps, il peut faire l'objet d'une garantie (de l'État actuellement) grâce Ă  un poinçon qui indique le titre de l'alliage utilisĂ©. Les orfèvres l'Ă©valuent grossièrement grâce Ă  la pierre de touche.


     En France, le marquage des bijoux en or est obligatoire depuis le 9 novembre 1797 par l'apposition de poinçons (sauf si l'objet est trop petit pour recevoir le poinçon). Deux poinçons sont utilisĂ©s : le premier, appelĂ© « poinçon d'État Â», indique le titre ; le second est celui du fabricant, il est appelĂ© « poinçon de MaĂ®tre Â». Le poinçon actuel est une tĂŞte d'aigle pour l'or massif.


     Les carats correspondent au pourcentage massique d'or compris dans le mĂ©tal.

Carats
Connecteurs électriques dorés



     Ce mĂ©tal est recherchĂ© par l'industrie Ă  cause de son inaltĂ©rabilitĂ© et de sa bonne conductivitĂ© Ă©lectrique et thermique.
Il est utilisé en connectique et en électronique, afin de réaliser des contacts électriques inoxydables.
De nos jours, l'or est fréquemment utilisé dans les techniques de pointe et particulièrement dans la fabrication des microprocesseurs (environ 2 € d'or dans un Pentium Pro).
L'industrie électronique utilisait 318 tonnes annuellement en 2003.
L'ensemble des appareils Ă©lectroniques et informatiques usagĂ©s dans le monde reprĂ©sente un gisement de taille : Ă  partir d'une tonne de vieux tĂ©lĂ©phones portables, il est possible de rĂ©cupĂ©rer environ 230 g d'or.


     Il est Ă©galement utilisĂ© pour opacifier des organes optiques dans le cadre de techniques spatiales, et comme catalyseur dans des piles Ă  combustible.

  - Sous-chapitre : MĂ©decine


     Sur le plan mĂ©dical, la dentisterie consommait 67 tonnes d'or par an.
L'or a Ă©tĂ© - et reste, pour qui accepte de faire face Ă  la dĂ©pense - un substitut nettement supĂ©rieur aux amalgames pour les occlusions dentaires, mais demande l'emploi d'une technique diffĂ©rente des classiques « plombages Â» : ce sont les inlays.


     En mĂ©decine, certains dĂ©rivĂ©s organiques de l'or, dits « sels d'or Â» ont Ă©tĂ© parfois utilisĂ©s dans le traitement de certaines affections en rhumatologie (ChrysothĂ©rapie) :

    Liste :
  • auranofine (Ridaura) ;
  • aurothiomalate sodique ;
  • aurothiosulfate sodique ;
  • aurothioglucose ;
  • aurotioprol.

     La feuille d'or ou d'argent a Ă©tĂ© utilisĂ©e comme enrobage des pilules, notamment les plus amères.


     Historiquement, l'or a Ă©tĂ© un composant d'un « Ă©lixir de jeunesse Â» et a pu contribuer au dĂ©cès de Diane de Poitiers par surdosage.






Chapitre : Symbolique


    Liste :
  • Les noces d'or symbolisent les 50 ans de mariage dans le folklore français.
  • L'or est le 10 niveau dans la progression de la sarbacane sportive.
  • L'or reprĂ©sente la lumière solaire en tant que symbole de la lumière manifestĂ©e, mais aussi symbole d'Ă©nergie (Yáng).
  • L'or est le matĂ©riau symbolique des mĂ©dailles sportives correspondant Ă  la première place avant l'argent et le bronze.
  • L'or exprime la connaissance. On parle aussi de l’Âge d'or qui constitue la perfection.
  • L'or est le mĂ©tal des rois et des empereurs, non seulement en Occident mais dans tout le reste du monde. Il Ă©voque le Soleil et toute sa symbolique : fĂ©conditĂ©, richesse, domination, rayonnement ; centre de chaleur, amour, don ; foyer de lumière et de connaissance.

  - Sous-chapitre : L'or et la religion




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Bague d'or (Égypte antique)





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Masque funéraire de Toutânkhamon



     L'or pur est inaltĂ©rable. C'est vraisemblablement cela qui en fait un mĂ©tal si prisĂ©, plus que sa raretĂ©. Cette propriĂ©tĂ© lui a aussi donnĂ© une grande charge symbolique, dès sa dĂ©couverte par l'Homme. InaltĂ©rable, comme les dieux sont Ă©ternels, Ă©clatant comme le soleil (d'ailleurs son nom vient du latin aurum, signifiant aussi aurore). L'or symbolise ainsi le pouvoir et le divin.


     Dans de nombreuses civilisations (pourtant sans connexion) l'or fut le symbole du divin par excellence. Cela peut s'expliquer notamment par deux propriĂ©tĂ©s qu'il possède :

    Liste :
  • sa quasi-inaltĂ©rabilitĂ© au temps, qui en fait un matĂ©riel d'immortalitĂ©, hors de l'en deçà ;
  • sa couleur jaune Ă©clatante qui reflète la puissance du soleil jaune.

     Les Égyptiens de l'AntiquitĂ©, qui avaient un intĂ©rĂŞt quasi-obsessionnel de l'Ă©ternitĂ©, donnaient Ă  l'or des propriĂ©tĂ©s divines en le dĂ©finissant comme la chair des dieux. L'or Ă©tait employĂ© pour confectionner les masques funĂ©raires qui avaient pour but de fixer Ă  jamais le visage idĂ©alisĂ© du pharaon et de l'identifier aux Ă©toiles. Le masque d'or du pharaon Toutânkhamon est fait de 11 kg d'or massif et on estime avoir retrouvĂ© dans son tombeau (l'un des plus petits de la vallĂ©e des rois) plus d'une tonne d'or pur. Le Bouddha d'or de Bangkok, qui mesure plus de 3 mètres de haut pour une masse de 5,5 tonnes, reprĂ©sente la plus importante statue d'or massif au monde.


     Dans le livre de l'Exode, le Veau d'or symbolise l'idolâtrie. NĂ©anmoins, l'or est aussi utilisĂ© pour de nombreux objets cultuels du Temple de JĂ©rusalem : menorah, coupes, arche d'alliance… Dans le Nouveau Testament, les mages venus d'orient apportent de l'or Ă  JĂ©sus. Dans le livre de l'Apocalypse, le Christ apparaĂ®t Ă  Jean entourĂ© de sept chandeliers d'or et un ange verse de l'encens avec une pelle en or. L'or est donc, dans les cultures juives et chrĂ©tiennes, le mĂ©tal qui souligne la dignitĂ© de la divinitĂ©.
Dans l'art religieux, les saints et les anges ont souvent leurs têtes entourées d'or sous la forme du nimbe. L'or symbolise aussi la lumière de Dieu, et donc sa présence, dans l'art de l'icône et dans beaucoup d'œuvres d'art chrétiennes occidentales où il occupe les fonds (mosaïques de Ravenne, de Palerme…).

  - Sous-chapitre : Histoires d'or




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Ancienne mine d'or de Skidoo, dans la Vallée de la mort en Californie


    Liste :
  • Durant l'AntiquitĂ©, Midas, CrĂ©sus (ces deux rois de Lydie tiraient leur or en particulier du fleuve Pactole) ou encore le roi Salomon, Ă©taient connus pour leur lĂ©gendaire richesse et pour leur goĂ»t de l'or.
  • Le consul romain Crassus, connu pour sa soif d'or et pour son immense richesse, fut fait prisonnier par le gĂ©nĂ©ral parthe SurĂ©na. Ce dernier, pour exĂ©cuter son captif, aurait coulĂ© de l'or dans la gorge du Romain.
  • Le « bon saint Éloi Â» de la chanson Le bon roi Dagobert Ă©tait un orfèvre. Les orfèvres de l'Ă©poque mĂ©rovingienne, en raison d'une pĂ©nurie d'or en Occident, Ă©taient connus pour rĂ©cupĂ©rer les chutes d'or, quitte Ă  « rogner Â» un peu plus les objets lors de leur fabrication (en les raclant). Avec la quantitĂ© habituellement nĂ©cessaire pour faire un trĂ´ne, saint Éloi fabriqua deux trĂ´nes, prouvant par lĂ  mĂŞme son honnĂŞtetĂ©.
  • Au Moyen Ă‚ge, les alchimistes cherchaient le moyen de transmuter le plomb en or.
  • La recherche de l'Eldorado, le pays de l'or, fut l'une des motivations de la colonisation de l'AmĂ©rique latine.
  • Un livre de Blaise Cendrars, L'Or, raconte la ruĂ©e vers l'or aux États-Unis, mais surtout la malheureuse histoire de John Sutter, Ă  qui appartenait lĂ©galement l'or extrait, et dont les droits ne furent jamais reconnus par la justice.



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Amas de cristaux de pyrite


    Liste :
  • Un livre, Le TrĂ©sor de la Sierra Madre de B. Traven, raconte comment trois AmĂ©ricains succombent Ă  la fièvre de l'or au retour de leur expĂ©dition dans la jungle mexicaine. Ce livre a Ă©tĂ© adaptĂ© au cinĂ©ma par John Huston en 1948.
  • L'Or du Rhin, premier des quatre opĂ©ras constituant le prĂ©lude de L'Anneau du Nibelung de Richard Wagner, relate comment Alberich s'empare de l'or du Rhin, forge l'anneau dont la malĂ©diction traversera toute la tĂ©tralogie.
  • Lors des tout premiers tests de la base de donnĂ©es documentaire de la Bourse de Paris, aucune information relative Ă  l'or ne pouvait ĂŞtre retrouvĂ©e, jusqu'Ă  ce qu'un ingĂ©nieur eĂ»t l'idĂ©e de consulter la liste de mots vides (« Ă  ne pas indexer Â») fournie en standard avec le logiciel, et d'en retirer une certaine conjonction de coordination.
  • La pyrite (FeS2) et la chalcopyrite (CuFeS2) sont aussi appelĂ©es « or des fous Â» (fool's gold) Ă  cause de leur couleur jaune ressemblant Ă  celle de l'or. Cette caractĂ©ristique a Ă©garĂ© des prospecteurs peu compĂ©tents croyant avoir dĂ©couvert des pĂ©pites d'or.





Chapitre : Autres acceptions


  - Sous-chapitre : HĂ©raldique




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Couleur hĂ©raldique « or Â»



     En hĂ©raldique, l'or est l'un des deux mĂ©taux (l'autre Ă©tant l'argent) - reprĂ©sentĂ© par la couleur jaune, ou par un semis de points en version monochrome.

  - Sous-chapitre : Expressions

    Liste :
  • « Or blanc Â» : la neige et le sel;
  • « Or vert Â» : l'agriculture, l'agronomie ;
  • « Or noir Â» : pĂ©trole ;
  • « Or bleu Â» : eau ;
  • « Or rouge Â» : le corail rouge ;
  • « Tout ce qui brille n'est pas d'or Â» : les apparences peuvent ĂŞtre trompeuses ;
  • « La parole est d'argent et le silence est d'or Â» ;
  • « Pour tout l'or du monde Â» Ă  aucun prix ;
  • « As good as gold Â» utilisĂ© après 1945 pour dĂ©signer le dollar ;
  • « Une personne en or Â» reprĂ©sente une personne pleine de bonnes qualitĂ©s : gentille, douce, agrĂ©able, etc. ;
  • « Avoir un « cĹ“ur d'or Â» : ĂŞtre très gĂ©nĂ©reux ;
  • « Rouler sur l'or Â», « ĂŠtre cousu d'or Â» : ĂŞtre très riche ;
  • « Se dorer la pilule Â» : bronzer, rester Ă©tendu au soleil. Autrefois, certaines pilules au goĂ»t particulièrement dĂ©sagrĂ©able Ă©taient roulĂ©es dans une feuille d'or qui ne se rompait qu'une fois dans l'estomac ;
  • « C'est une vraie mine d'or Â» : dĂ©finit une situation, une personne ou un objet très lucratifs ;
  • « Valoir son pesant d'or Â» : valoir très cher, valoir son poids d'or (aussi pour les choses abstraites : l'expression qu'il avait valait son pesant d'or) - ironiquement : valoir son pesant de cacahuètes - ;
  • « Ă€ prix d'or Â» : extrĂŞmement cher, nĂ©gocier Ă  prix d'or ;
  • « Tuer la poule aux Ĺ“ufs d'or Â» : perdre une affaire très prospère Ă  la suite de dĂ©cisions hasardeuses ou inconsĂ©quentes ;
  • « Avoir de l'or dans les mains Â» : ĂŞtre très habile manuellement ;
  • « Parler d'or Â» : dire des choses très pertinentes ;
  • « C’est de l’or en barre Â» : c’est une valeur sĂ»re ;
  • Un « parachute dorĂ© Â» est une prime de dĂ©part astronomique perçue par un patron ;
  • « Se faire des couilles en or Â» (vulgaire) : s'enrichir par une activitĂ© très lucrative.





Chapitre : Notes et références


  1. ↑ (en) David R. Lide, CRC Handbook of Chemistry and Physics, CRC Press Inc, 2009, 90 Ă©d., ReliĂ©, 2804 p. (ISBN 978-1-420-09084-0) 
  2. ↑ Base de données Chemical Abstracts interrogée via SciFinder Web le 15 décembre 2009 (résultats de la recherche) [pdf]
  3. ↑ (en) Beatriz Cordero, VerĂłnica GĂłmez, Ana E. Platero-Prats, Marc RevĂ©s, Jorge EcheverrĂ­a, Eduard Cremades, Flavia Barragán et Santiago Alvarez, « Covalent radii revisited Â», dans Dalton Transactions, 2008, p. 2832 - 2838 [lien DOI] 
  4. ↑ (en) David R. Lide, CRC Handbook of Chemistry and Physics, CRC, 2009, 89 Ă©d., p. 10-203 
  5. ↑ (en) World Gold Council. Consulté le 16 février 2010
  6. ↑ Fabienne Lemarchand, L'or, Science et Vie, mars 2005, p. 110-121
  7. ↑ Catherine Louboutin, Naissance de la métallurgie, Musée des Antiquités nationales, Fiche pédagogique, Saint-Germain-en-Laye, 1988, p. 2
  8. ↑ Didier Latapie, La Fabuleuse histoire de la ruée vers l'or (Californie - XIX° siècle), éd. Privat, p. 114-131
  9. ↑ François Pernot, L'or, ArtĂ©mis, 2004 (ISBN 978-2844162823), p. 162-165, 215 
  10. ↑ R. Sherr, K. T. Bainbridge et H. H. Anderson, « Transmutation of Mercury by Fast Neutrons Â», dans Physics Review, vol. 60, 7, 1941, p. 473-479 [texte intĂ©gral lien DOI] 
  11. ↑ Hubert Schmidbaur, The Aurophilicity Phenomenon: A Decade of Experimental Findings, Theoretical Concepts and Emerging Application, Gold Bulletin 33 (1): 3-10, 2000
  12. ↑ Arrêté du 21 mars 2005 modifiant l'arrêté du 3 décembre 1987 relatif à l'information du consommateur sur les prix
  13. ↑ Joyce.fr, L'or
  14. ↑ Muséum national d'histoire naturelle, Exposition 2009-2010, Or des Amériques
  15. ↑ Sciences et Avenir, L'or brille au Muséum, avril 2009, p. 90
  16. ↑ Laurent Sacco, ChauffĂ© Ă  un milliard de degrĂ©s, l’or devient plus dur !, Futura-Sciences, 25 janvier 2009
  17. ↑ Cécile Bonneau, Deux atomes d'or recréent le Big Bang, Science et Vie, mars 2005, p. 62
  18. ↑ L'Or - Cyanuration : dissolution de l'or par l'eau ?, article sur le site ENS-DGESCO CultureSciences-chimie
  19. ↑ La production d'or dans le monde
  20. ↑ Histoire de la Monnaie royale canadienne
  21. ↑ (en) Sally Morgan, Waste, recycling and reuse, Evans Brothers Ltd, coll. « Sustainable Futures - WWF Â», 2006 (ISBN 9780237527709), p. 31 
  22. ↑ D'après Dorvault (1875), dans l'ouvrage de Yannick Romieux, De la hune au mortier, Éditions ACL, Nantes, 1986
  23. ↑ (en) P. Charlier, J. Poupon, I. Huynh-Charlier, J.-F. Saliege, D. Favier, C. Keyser et B. Ludes, A gold elixir of youth in the 16th century French court, 16 décembre 2009, BMJ 2009;339:b5311





Chapitre : Vous pouvez voir également :


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