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Définition Wikipédia de : Neuroscience



Neurosciences
Brain Surface Gyri.SVG
Niveaux d'analyse




Introduction :

      MolĂ©culaire • Synaptique • Neuronal • RĂ©seau neuronal • Organique • SystĂ©mique







Méthodes
Suite de l'article :

Imagerie cérébrale • Électrophysiologie • Lésion cérébrale • Intelligence artificielle


Branches d'études

     Neuroanatomie • Neurophysiologie • Neuroendocrinologie • Psychophysiologie • Neurosciences cognitives • Neurosciences sociales •

Concepts majeurs

     Neurone • Potentiel d'action • Synapse • NeuromĂ©diateur • PlasticitĂ© neuronale • PlasticitĂ© synaptique • PrĂ©cablage • RĂ©flexe • RĂ©compense • Cognition • ModularitĂ© de l'esprit

Chercheurs

     RamĂłn y Cajal • C.S. Sherrington • P. Broca • J. Olds • J. LeDoux • D.H. Hubel • T. Wiesel • E. Kandel • J.P. Changeux

Champs d'application

     Neurologie • Neurochirurgie • Neuropsychologie • Psychiatrie • Neuropharmacologie • Chronobiologie •

Vous pouvez voir également :

     Le portail • Le projet • CatĂ©gorie Neurosciences


     Les neurosciences correspondent Ă  l'ensemble de toutes les disciplines biologiques et mĂ©dicales qui Ă©tudient tous les aspects, tant normaux que pathologiques, des neurones et du système nerveux.


     Les neurosciences Ă©tudient le dĂ©veloppement, la structure et le fonctionnement du système nerveux, du niveau molĂ©culaire au niveau psychologique, avec les mĂ©thodes et les moyens des sciences biologiques (biologie, biochimie, pharmacologie, anatomie et physiologie) et sciences mĂ©dicales (neurologie, neuropsychologie et psychiatrie) et des sciences psychologiques (psychologie cognitive).


     Le terme de neurosciences apparaĂ®t Ă  la fin des annĂ©es 1960, pour dĂ©signer une branche des sciences biologiques. Mais depuis les annĂ©es 1990, avec l'accroissement des connaissances, le champ et la portĂ©e des neurosciences a considĂ©rablement augmentĂ©. De nouvelles disciplines, physique, mathĂ©matiques, statistiques, informatique, sciences cognitives et philosophie, se sont intĂ©ressĂ©es Ă  ce domaine d'Ă©tude.


     Grâce aux apports de toutes ces disciplines, les neurosciences permettent actuellement l'Ă©tude pluri- et interdisciplinaire du système nerveux, normal et pathologique, tant au niveau de son fonctionnement molĂ©culaire Ă©lĂ©mentaire, que dans ses fonctions intĂ©grĂ©es les plus Ă©laborĂ©es : les Ă©motions, les comportements, la cognition et le psychisme.

- Sommaire de la page -









Chapitre : Disciplines constitutives des neurosciences



     Les neurosciences sont constituĂ©es de diverses disciplines dont les frontières sont relativement floues. Les principales sont donnĂ©es ci-dessous :


     
Les tableaux ci-dessous prĂ©sentent de manière dĂ©taillĂ©e les disciplines des neurosciences, regroupĂ©es en grandes familles :

    Liste :
  • Les sciences biologiques des neurosciences
  • Les sciences cognitives
  • Les sciences mĂ©dicales
  • L'ingĂ©nierie et la technologie des neurosciences
  • Et les disciplines rĂ©centes

     
Les sciences biologiques des neurosciences :

DisciplinesSujets majeursMéthodes expérimentales et théoriques
NeurobiologieL'étude biologique du système nerveuxToutes les méthodes ci-dessous
NeurodéveloppementProliferation cellulaire, Neurogenèse, Guidage axonal, Développement dendritique, Migration neuronale, Facteur de croissance, Jonction neuromusculaire, Neurotrophine, Apoptose, SynaptogenèseOvocyte de Xenope, Chimie des protéines, Génomique, Drosophile, Gènes HOX
Neurobiologie moléculaireSynthèse des protéines, Transport des protéines, Canal ionique
NeurohistologieNeurocytologie, Glieimmunohistochimie, Microscopie électronique
NeurophysiologiePotentiel d'action, Synapse, Transmission synaptique, Neurotransmetteurs, Photorécepteurs, Neuroendocrinologie, NeuroimmunologiePCR, Patch clamp, Clonage moléculaire, Dosage biochimique, Hybridation fluorescente in-situ, Southern blots, Puce à ADN, Protéine fluorescente verte, Imagerie calcique, HPLC, Microdialyse, Génomique fonctionnelle
NeuroanatomieSystème somatosensoriel, Système visuel, Cortex visuel primaire, Système auditif, Système vestibulaireDissection, Microscopie photonique, Traçage neuronal
Neuroanatomie fonctionnelleAudition, Integration sensorielle, Nociception, Vision des couleur, Olfaction, Système moteur, Moelle épinière, Sommeil, Homeostasie, Vigilance, Attention
PsychophysiologieRythmes circadiensPotentiel évoqué

     Les sciences cognitives des neurosciences :

DisciplinesSujets majeursMéthodes expérimentales et théoriques
Neurosciences affectivesÉmotions, Motivation, Douleurméthodes expérimentales de Génétique humaine
Neurosciences comportementalesGénétique comportementale, Psychologie biologique, Équilibre (comportement), Comportement d'agression, Comportement maternel, Comportement sexuel, Homeostasie, Contrôle moteur, Effet activationnel des hormonesModèle animal, Souris knock-out
Neurosciences cognitivesVigilance, Attention, Perception, Vision, Audition, Olfaction, Goût, Prise de décision, Langage, Mémoire, Apprentissage moteurEEG, MEG, IRMf, TEP, SPECT, Stimulation magnétique transcranienne, méthodes expérimentales de Psychologie cognitive, Psychométrie
Neurosciences socialesCognition, Emotions, Motivation, Perception sociale, Raisonnement moral, Empathiemodèles théoriques de la Psychologie sociale, Science cognitive, et Biologie;
méthodes expérimentales des Neurosciences, Génétique comportementale, Endocrinologie.
NeurolinguistiqueLangage, Aire de Broca, Acquisition du langage, Perception de la parolemodèles théoriques de Psycholinguistique, Science cognitive, and Informatique;
méthodes expérimentales de Neurosciences cognitives

     Les sciences mĂ©dicales des neurosciences :

DisciplinesSujets majeursMéthodes expérimentales et théoriques
Neuropathologie
NeurologieDémence, Neuropathie périphérique, Traumatisme médullaire, Traumatisme crânien, Système nerveux autonome, Dépression, Anxiété, Maladie de Parkinson, AmnésieEssai clinique, Neuropharmacologie, Stimulation cérébrale profonde, Neurochirurgie
NeuropsychologieAphasie, Apraxie
PsychiatrieAddiction

     IngĂ©nierie et technologie :

DisciplinesSujets majeursMéthodes expérimentales et théoriques
Ingénierie CérébraleInterface neuronale directeÉlectromyogramme
Imagerie cérébraleImagerie structurale, Imagerie fonctionnelleTomographie par émission de positons, Imagerie par résonance magnétique, Magnétoencéphalographie

     Disciplines rĂ©centes :

DisciplinesSujets majeursMéthodes expérimentales et théoriques
Philosophie des neurosciences
Neurosciences computationnelles et théoriquesRéseau de neuroness, Apprentissage hebbienMarkov chain Monte Carlo, high performance computing





Chapitre : Les méthodes





Image (cliquez pour agrandir) :

Animation des sections IRM Ă  travers l'axe-Z d'un ĂŞtre humain adulte sain.



     Aujourd'hui, l'Ă©tude du système nerveux passe par de multiples approches qui suivent deux grandes directions :

    Liste :
  • une approche ascendante (ou bottom-up) qui Ă©tudie les briques de base du système nerveux pour essayer de reconstituer le fonctionnement de l'ensemble;
  • une approche descendante (top-down) qui, en Ă©tudiant les manifestations externes du fonctionnement du système nerveux, tente de comprendre comment il est organisĂ© et comment il fonctionne.

     Ces deux dĂ©marches, ascendante pour la première et descendante pour la dernière, commencent aujourd'hui Ă  se rencontrer Ă  un carrefour formĂ© par l'imagerie cĂ©rĂ©brale et plus gĂ©nĂ©ralement les neurosciences cognitives. En effet, les techniques d'imagerie cĂ©rĂ©brale permettent de dĂ©terminer comment une fonction cognitive prĂ©cise est rĂ©alisĂ©e dans le système nerveux en mesurant divers corrĂ©lats de l'activitĂ© neuronale (vasculaire pour l'IRM fonctionnelle, Ă©lectrique pour l'EEG...) lorsque le sujet (humain ou non) rĂ©alise une tâche donnĂ©e (Ă©couter un son, mĂ©moriser une information, lire un texte...).






Chapitre : Les applications



     L'une des activitĂ©s les plus mĂ©diatisĂ©es des neurosciences est l'atlas neuro-fonctionnel du cerveau. Une autre en plein essor est la neuropsychologie. Une meilleure connaissance des pathologies neuronales est aussi un domaine considĂ©rĂ© crucial. On peut aussi citer le dĂ©veloppement de la neuroĂ©conomie.


     Dans ce dernier domaine, les recherches auraient montrĂ© que certaines dĂ©cisions dans des domaines censĂ©s ĂŞtre rationnels (achats et vente en bourse) seraient souvent liĂ©es Ă  de fortes excitations et Ă©motions, mettant en jeu des zones du cerveau associĂ©es au plaisir ou Ă  la souffrance. Cela ouvre la voie Ă  l'exploration du rĂ´le des Ă©motions dans le processus de dĂ©cision quel que soit le domaine.






Chapitre : Histoire des neurosciences


Article dĂ©taillĂ© : Histoire du cerveau.

     Historiquement, les neurosciences ont d'abord Ă©mergĂ© comme une branche de la biologie et de la mĂ©decine, philosophiquement inspirĂ©e par le scientisme du XIXe siècle et postulant l'absence de toute cause endogène (auto-gĂ©nĂ©rĂ©e) du comportement humain. Avec l'Ă©volution des connaissances scientifiques et des mĂ©thodes la chimie, la psychologie, l'informatique et la physique ont par la suite amplement contribuĂ© aux progrès de cette discipline. Par ailleurs, il ne faut pas oublier une branche moderne de la philosophie qui a eu et, qui a encore, un impact important sur la façon d'approcher les neurosciences notamment au travers de ce qu'on appelle les sciences cognitives. Un exemple des plus cĂ©lèbres de la confrontation entre philosophie et neuroscience est la quĂŞte d'une localisation de l'âme dans le cerveau. Ainsi, au XVIIe siècle, le philosophe RenĂ© Descartes utilisait un argument neuroscientifique pour faire de la glande pinĂ©ale le siège de l'âme (tout en accordant Ă  cette dernière une existence distincte) : alors que les diffĂ©rentes structures du cerveau possèdent chacune un symĂ©trique dans l'autre moitiĂ© du cerveau, ce n'est pas le cas de la glande pinĂ©ale . Si les termes de cette question particulière sont aujourd'hui dĂ©passĂ©s, l'approche philosophique du scientisme continue de jouer un rĂ´le important sur les paradigmes mis en Ĺ“uvre dans les neurosciences.






Chapitre : Les chercheurs renommés



     Plusieurs personnalitĂ©s scientifiques oeuvrant dans le domaine des neurosciences ont Ă©tĂ© rĂ©compensĂ©es du Prix Nobel de mĂ©decine et de physiologie :

AnnéeLauréat(s)NationalitéTravaux récompensés
1904Ivan Petrovich PavlovRussie Russieen reconnaissance de son travail sur la physiologie digestive, grâce auquel la connaissance sur les aspects vitaux du sujet a Ă©tĂ© transformĂ©e et Ă©largie.
1906Camillo Golgi et
Santiago RamĂłn y Cajal
Italie Italie
Espagne Espagne
en reconnaissance de leurs travaux sur la structure du système nerveux.
1914Robert BárányFlag of the Habsburg Monarchy.svg Autriche-Hongriepour son travail sur la physiologie et la pathologie de l'appareil vestibulaire.
1932Sir Charles Scott Sherrington
Edgar Douglas Adrian
Royaume-Uni Royaume-Unipour leurs dĂ©couvertes sur les fonctions des neurones .
1936Sir Henry Hallett Dale

Otto Loewi
Royaume-Uni Royaume-Uni

Allemagne Allemagne
pour leurs découvertes relatives à la transmission chimique des signaux nerveux .
1944Joseph Erlanger, Herbert Spencer GasserÉtats-Unis Ă‰tats-Unispour leurs dĂ©couvertes sur les fonctions hautement diffĂ©renciĂ©es d'une fibre nerveuse isolĂ©e.
1949Walter Rudolf Hess

AntĂłnio Caetano de Abreu Freire Egas Moniz
Suisse Suisse

Portugal Portugal
sa découverte de l'organisation fonctionnelle du mésencéphale comme coordinateur des activités des organes internes.

pour sa découverte de la valeur thérapeutique de la lobotomie dans certaines psychoses.
1963Sir John Carew Eccles

Alan Lloyd Hodgkin

Andrew Fielding Huxley
Australie Australie

Royaume-Uni Royaume-Uni

Royaume-Uni Royaume-Uni
pour leurs découvertes concernant les mécanismes ioniques impliqués dans l'excitation et l'inhibition de les portions périphérique et centrale de la membrane cellulaire des nerfs.
1967Ragnar Granit

Haldan Keffer Hartline

George Wald
Suède Suède

États-Unis Ă‰tats-Unis

États-Unis Ă‰tats-Unis
pour leurs découvertes concernant la physiologie primaire et les processus chimiques visuels dans l'œil.
1970Sir Bernard Katz

Ulf von Euler

Julius Axelrod
Royaume-Uni Royaume-Uni

Suède Suède

États-Unis Ă‰tats-Unis
pour « leurs dĂ©couvertes concernant les transmetteurs humoraux dans les terminaisons nerveuses et les mĂ©canismes de leur stockage, relargage et inactivation Â».
1971Earl W. Sutherland, Jr.États-Unis Ă‰tats-Unispour « ses dĂ©couvertes les mĂ©canismes d'action des hormones Â».
1972Gerald M. Edelman

Rodney R. Porter
États-Unis Ă‰tats-Unis

Royaume-Uni Royaume-Uni
pour « leurs dĂ©couvertes concernant la structure chimique des anticorps Â».
1973Karl von Frisch

Konrad Lorenz

Nikolaas Tinbergen
Autriche Autriche

Autriche Autriche

Pays-Bas Pays-Bas
pour « leurs dĂ©couvertes concernant l'organisation et l'incitation des comportements individuels et sociaux Â».
1977Roger Guillemin et Andrzej Wiktor Schally

Rosalyn Yalow
France France Pologne Pologne États-Unis Ă‰tats-Unis

États-Unis Ă‰tats-Unis
pour « leurs dĂ©couvertes concernant la production d'hormones peptidiques dans le cerveau Â»

pour « le dĂ©veloppement des radio-immuno assays des hormones peptidiques Â».
1979Allan MacLeod Cormack

Godfrey Newbold Hounsfield
États-Unis Ă‰tats-Unis

Royaume-Uni Royaume-Uni
pour « le dĂ©veloppement de tomographie Â».
1981Roger Sperry

David Hubel

Torsten Wiesel
États-Unis Ă‰tats-Unis

États-Unis Ă‰tats-Unis

Suède Suède
pour « ses dĂ©couvertes concernant la rĂ©partition fonctionnel des hĂ©misphères cĂ©rĂ©braux. Â»


pour «leurs dĂ©couvertes concernant l'analyse des informations dans le système visuel. Â»
2000Arvid Carlsson

Paul Greengard

Eric R. Kandel
Suède Suède

États-Unis Ă‰tats-Unis

États-Unis Ă‰tats-Unis
pour « avoir prouvĂ© que la dopamine est le neurotransmetteur dont la dĂ©plĂ©tion provoque les symptĂ´mes de la maladie de Parkinson Â».

pour « avoir montrĂ© comment les neurotransmetteurs agissent sur les cellules et peuvent activer une molĂ©cule importante connu sous le nom DARPP-32 Â».

pour « avoir dĂ©crit les bases molĂ©culaires de la mĂ©moire Ă  court terme et Ă  long terme Â».
2003Paul C. Lauterbur

Sir Peter Mansfield
États-Unis Ă‰tats-Unis

Royaume-Uni Royaume-Uni
pour « leur dĂ©couvertes concernant l'imagerie par rĂ©sonance magnĂ©tique Â».
2004Richard Axel

Linda B. Buck
États-Unis Ă‰tats-Unispour « leurs dĂ©couvertes des rĂ©cepteurs olfactifs et de l'organisation du système olfactif Â».
Article dĂ©taillĂ© : CatĂ©gorie:Neuroscientifique.





Chapitre : Les critiques



     Paul ValĂ©ry s'est montrĂ© sceptique Ă  l'Ă©gard de ceux qui affirmaient voir - Ă  son Ă©poque - l'esprit au bout de leur bistouri :

« Veuillez donc supposer que les plus grands savants qui ont existĂ© jusqu'Ă  la fin du XVIIIème siècle, les Archimède et les Descartes, Ă©tant assemblĂ©s en quelque lieu des Enfers, un messager de la Terre leur apporte une dynamo et la leur donne Ă  examiner Ă  loisir (...). Ils la font dĂ©monter, en interrogent et en mesurent toutes les parties. Ils font en somme tout ce qu'ils peuvent... Mais le courant leur est inconnu, l'induction leur est inconnue; ils n'ont guère l'idĂ©e que de transformations mĂ©caniques. Ainsi tout le savoir et tout le gĂ©nie humain rĂ©unis devant ce mystĂ©rieux objet Ă©chouent Ă  en deviner le secret, et Ă  deviner le fait nouveau qui fut apportĂ© par Volta (...), Ampère, Oersted, Faraday, et les autres (...) [C'est] ce que nous-mĂŞmes faisons quand nous interrogeons un cerveau, le pesant, le dissĂ©quant, le dĂ©bitant en coupes minces et soumettant ces lamelles fixĂ©es Ă  l'examen histologique Â»

     (VariĂ©tĂ© III, Le bilan de l'intelligence).


     Pour leur ambition de comprendre les mĂ©canismes de la pensĂ©e selon une vision tirĂ©e du monisme anthropologique et du scientisme, les neurosciences font l'objet de critiques qui se rassemblent autour d'une dĂ©marche antirĂ©ductionniste : selon ces critiques, les neurosciences sous-estiment la diffĂ©rence d'Ă©chelle entre leur discipline et des phĂ©nomènes qui relèvent jusqu'ici d'autres champs scientifiques comme la linguistique, l'anthropologie, la psychologie, la sociologie ou la psychiatrie. Ainsi par exemple ce que Jean-Pierre Changeux nomme concept dans L'homme neuronal reste encore une extension du percept, très Ă©loignĂ©e encore des concepts du niveau Ă©tudiĂ© en philosophie. Sans mettre en cause l'intĂ©rĂŞt de la dĂ©marche, ces critiques affirment que les neurosciences crient juste victoire encore un peu tĂ´t.


     Si des neuroscientifiques comme Changeux semblent tomber effectivement dans une approche assez rĂ©ductionniste, d'autres comme le philosophe Daniel Dennett dĂ©noncent ce rĂ©ductionnisme comme pouvant correspondre Ă  des motivations mercantiles. Les neurosciences cognitives contemporaines essaient en tout cas de tracer des ponts entre l'exploration des mĂ©canismes cĂ©rĂ©braux et la richesse des quelques phĂ©nomènes cognitifs simples. Nul ne conteste qu'il reste beaucoup Ă  Ă©tablir avant de pouvoir expliquer une conduite ou un Ă©tat d'âme aux moyens de ces nouveaux outils scientifiques, en admettant mĂŞme que cette technique soit la plus simple pour cela (nous n'avons pas besoin par exemple de connaĂ®tre en dĂ©tail le cerveau d'un chat pour savoir qu'il se mettra Ă  courir après une souris, pas plus que de connaĂ®tre la physique du solide pour Ă©valuer la robustesse d'un escabeau).


     L'usage de l'imagerie mĂ©dicale comme outil d'interprĂ©tation du comportement humain suscite Ă©galement un certain scepticisme, car cette dĂ©marche est susceptible de confondre la cause et l'effet (l'excitation d'un organe pouvant ĂŞtre le rĂ©sultat physiologique d'une dĂ©cision, et non sa cause). Plus gĂ©nĂ©ralement, de telles conclusions tirĂ©es de l'observation d'un ĂŞtre animĂ© pourraient ĂŞtre entâchĂ©es de l'erreur de raisonnement connue sous le nom de petitio principii (oĂą la conclusion de l'expĂ©rience rĂ©sulte directement des postulats mĂ©taphysiques du chercheur, voire de ses prĂ©jugĂ©s sociaux, et non des faits).


     Une autre critique concerne la dimension Ă©thique, sociale et technologique des neurosciences. Le problème de la responsabilitĂ© sociale de l'activitĂ© scientifique n'est pas propre aux neurosciences mais il est exacerbĂ© par la mĂ©diatisation des avancĂ©es faites dans ce domaine et par la fascination liĂ©e Ă  l'idĂ©e de transformer non pas l'enveloppe corporelle de l'homme (Ă  ce sujet voir l'article clonage) mais le fonctionnement de son esprit (voir transhumanisme). Certains s'inquiètent ainsi de l'Ă©mergence d'un neuromarketing dont l'objectif est d'utiliser les neurosciences pour amĂ©liorer l'efficacitĂ© des campagnes de marketing : ces recherches trouvent des financements, mais on ne connaĂ®t pas les motivations des financiers de cet investissement, ni quel retour ils en espèrent, et pas davantage s'ils ne sont motivĂ©s que par la connaissance pure. D'autre part, la remise en question du libre arbitre peut ĂŞtre interprĂ©tĂ©e comme une remise en cause de la DĂ©claration universelle des droits de l'homme, justifiant ainsi des restrictions politiques de la part de gouvernements prompts Ă  exploiter ce genres d'occasions, comme cela a Ă©tĂ© le cas au XXe siècle avec l'eugĂ©nisme.


     Il y a cependant en face le souhait de mieux comprendre le mental humain.Le choix d'applications aux dĂ©couvertes est liĂ© Ă  tout progrès scientifique et n'est en rien spĂ©cifique aux neurosciences. Un pouvoir politique bien contrĂ´lĂ© par le citoyen peut tenter de mettre des garde-fous Ă©thiques aux utilisations technologiques ou sociales des progrès scientifiques sans pour autant entraver la recherche. On en revient alors au dilemme bien connu entre les citoyens et les dĂ©tenteurs de puissance financière - qui sont parfois les mĂŞmes.






Chapitre : Vous pouvez voir également :


  - Sous-chapitre : Bibliographie

  - Sous-chapitre : Liens externes


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