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Définition Wikipédia de : Nature







Introduction :

      La Nature est un mot polysĂ©mique, qui a plusieurs sens fondamentaux :







    Liste :
  • la composition et la matière d'une chose (ce qu'elle est, son essence) ,
  • l'origine et le devenir d'une chose dans sa spontanĂ©itĂ© et sa lĂ©thargie temporelle (libre d'une fin, la nature humaine).
  • l'ensemble des systèmes et des phĂ©nomènes naturels et humains sont aussi reconnues comme des composĂ©s de la nature.
Suite de l'article :

Ce mot vient de l'anglais nature issu lui même du mot latin naturia signifiant naissance; il évoque donc à ce qui est dans son état natif, c'est-à-dire qui n'a pas été modifié depuis sa naissance. Le mot naturel qualifie effectivement parfois un objet ou une substance qui n'a pas été transformé, mélangé ou altéré par un artifice quelconque. Par extension, il désigne aussi un comportement spontané (comme dans l'expression "ayons l'air naturel"). Mais le sens le plus courant est très éloigné du sens étymologique, car le plus souvent la nature désigne un ensemble de phénomènes et de situations qui peuvent être fortement évolutifs mais dont la transformation n'est pas essentiellement le fait de l'homme.



     Au sens commun la Nature regroupe :


     Face au constat des rĂ©percussions nĂ©gatives des activitĂ©s humaines sur l'environnement biophysique et la perte accĂ©lĂ©rĂ© de naturalitĂ© et de biodiversitĂ© au cours des dernières dĂ©cennies, la protection de la nature et des milieux naturels, la sauvegarde des habitats et des espèces, la mise en place d'un dĂ©veloppement durable et raisonnable et l'Ă©ducation Ă  l'environnement sont devenues des demandes pour une grande partie des citoyens de la plupart des pays industrialisĂ©s. Les principes de l'Ă©thique environnementale, de nouvelles lois et des chartes de protection de l'environnement fondent le dĂ©veloppement d'une idĂ©ologie culturelle humaine en relation avec la biosphère.




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Gold creek en Alaska





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voir la planète terre de l'extérieur (ici vue d'Apollo 17) a probablement contribué à une nouvelle perception de la nature, plus globale et holistique





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Les grandes forces du monde physique ont habituellement Ă©tĂ© considĂ©rĂ©es comme « naturelles Â» ; l'Homme n'ayant pas ou très peu de prise sur elles





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Cellules cycloniques.. Les phénomènes météorologiques et le climat, peuvent aujourd'hui être affectés par les activités humaines





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Pediastrum boryanum. Les processus naturels dépendent d'interactions complexes entre les espèces et les milieux, à toutes les échelles, de l'infiniment petit à la biosphère. Ainsi le plancton interfère-t-il avec le climat et réciproquement, via des processus naturels que l'homme modifie par exemple via la surpêche, l'eutrophisation et les émissions de gaz à effet de serre





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Dans la Nature, le recyclage de la matière organique et de la nécromasse est un processus vital. Il est notamment assuré par les champignons et les bactéries; la biodiversité en est une des conditions reconnue d'auto-entretien de ce processus





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Un des enjeux du développement durable est la conservation des processus naturels vitaux pour le maintien de la vie sur la planète, autrement dit, il s'agit de résoudre les conflits entre nature et artificialisation, dans le domaine agricole et forestier notamment





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La nature sauvage est de plus en plus confinée par l'homme sur des espaces réduits (Parcs et réserves naturelles dont les limites sont en fait artificielles), ce qui pose des problèmes écologiques (dont génétiques, sanitaires) et éthiques





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L'urbanisation, la périurbanisation (ici de Chicago) et la fragmentation des milieux naturels par les réseaux de transport sont devenues une menace pour la nature et ses processus. Ce sont aussi des défis pour le développement durable





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Le saumon consommé est de plus en plus du saumon d'élevage, le saumon sauvage ne trouvant plus les conditions naturelles qui lui sont nécessaire, ou ayant localement disparu, suite à une surpêche. L'élevage (ici la pisciculture) cherche à se substituer à des processus naturels et à les maîtriser pour les utiliser au profit de l'homme. La réintroduction est une stratégie complémentaire visant à restaurer les processus naturels





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L'univers profond vu par Hubble. L'homme étudie les forces naturelles qui animent l'univers. Il y recherche notamment des indices d'existence d'autres formes de vie


- Sommaire de la page -









Chapitre : Philosophies de la nature



     Dans l'usage commun et religieux, la nature a longtemps Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e dichotomiquement en Europe, comme ce qui est autour de l'Homme, qui n'est pas lui, et qui est animĂ© par des processus ou des forces qui lui Ă©chappent. Ă€ prĂ©sent, avec l'Ă©ducation et l'accès aux connaissances, plus personne ne s'Ă©tonne que l'espèce humaine soit parmi d'autres dans la nature. La nature est, Ă©tait et sera le milieu dans lequel l'homme vit, vivait et vivra. Les sciences et notamment l'Ă©cologie montrent que la nature (co-)Ă©volue dans le temps et l'espace, selon des dynamiques complexes, incluant celles de l'Ă©volution des espèces, la sĂ©lection naturelle et que les forces animĂ©es ou dĂ©tournĂ©es par l'humain ou d'autres espèces sont devenues capables de modifier les grands processus naturels planĂ©taires.
Dans l'interprétation des philosophies animistes ou religieux, la nature est simplement présentée comme manifestant l'équivalent d'une volonté autonome ou d'un sens déterminé. Ainsi est-il courant d'entendre dire sans raisonnement que la nature se vengera de ce qu'on lui fait de mal, ou au contraire elle rendra au centuple le bien qu'on lui fait, et que certains actes sont contre-nature. Ces expressions laissent penser que des cultures de l'homme contemporain accordent une valeur particulière à la Nature, d'ordre éthique, d'ordre morale ou d'ordre naturel; qu'il s'y inclut ou non.


     La nature est perçue par les sens et est pensĂ©e de façons variables par les espèces et les individus inclus. Du point de vue philosophique, la distinction se fait simplement entre la nature, la nature des espèces et la reprĂ©sentation de la nature humaine (homo sapiens). Le raisonnement confine, limite et prĂ©cise donc par dĂ©faut la capacitĂ© humaine et l'envergure Ă  accorder, Ă  reconnaĂ®tre et Ă  considĂ©rer Ă  la valeur de l'exercice.
La reprĂ©sentation de la « nature humaine Â» correspond logiquement aux philosophies humaines existantes et aux cultures humaines possibles.
La "philosophie de la nature" est un sujet d'apparence inexplorable par l'être vivant, malgré de multiples miroitements perceptibles.

  - Sous-chapitre : Conceptions antĂ©rieures aux grandes religions


     On suppose que dans la prĂ©histoire, puis dans l'AntiquitĂ© grecque (pensons Ă  Vulcain, Neptune,...), chez les vikings (Thor), nombreuses ont Ă©tĂ© les divinitĂ©s que l'on invoquait pour calmer la colère des Ă©lĂ©ments. Le soleil, symbole d'une lumière Ă©ternelle, fut souvent choisi comme objet de culte, comme dans l'Égypte antique, ou chez les Incas.

  - Sous-chapitre : Dans le judĂ©o-christianisme : la CrĂ©ation


     D'une certaine façon, on peut dire que le christianisme, suivant la tradition biblique et judaĂŻque, a dĂ©sacralisĂ© la nature, qui fut alors associĂ©e Ă  celle d’une transcendance divine, extĂ©rieure Ă  l'homme.


     Dans la Genèse, la nature est prĂ©sentĂ©e dans le rĂ©cit de la CrĂ©ation, comme l'Ĺ“uvre d'un Dieu crĂ©ateur :

« Au commencement, Dieu crĂ©a les cieux et la terre Â» (Gn 1. 1).

     La CrĂ©ation se poursuit tout au long de "six jours". Le sixième jour, Dieu crĂ©e l'homme et la femme :

« Et Dieu les bĂ©nit, et il leur dit : " Soyez fĂ©conds, multipliez, remplissez la terre et soumettez-la, et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tout animal qui se meut sur la terre. Â» (Gn 1. 28)

     La nature est alors prĂ©sentĂ©e comme un accès Ă  l’Écriture sainte.


     Actuellement, pour les catholiques, la nature est l'appellation laĂŻque de crĂ©ation.


     Saint Augustin, reprenant la tradition philosophique grecque, voit dans les crĂ©atures deux types de nature : l'essence (essentia) et la substance (substantia). Pour lui, « mĂŞme le plus ignorant lit dans le monde Â». Les clĂ©s d'accès aux Écritures sont alors les quatre sens de l'Écriture.


     La littĂ©rature allĂ©gorique du Moyen Ă‚ge faisait appel Ă  plusieurs de ces sens pour l'interprĂ©tation des textes. Alain de Lille (1114-1203) Ă©crivit par exemple deux poèmes (Anticlaudianus et De planctu Naturae) dont le principal personnage est " Nature ", qui est une figure emblĂ©matique des lois du monde créé par Dieu. Il prĂ©cise que ces poèmes doivent ĂŞtre lus Ă  trois niveaux : au sens littĂ©ral (pour l'entendement puĂ©ril), au sens moral, ou au sens allĂ©gorique.


     Une autre illustration de ces reprĂ©sentations de la nature se trouve dans la sĂ©rie des tapisseries de la Dame Ă  la licorne, qui est toute chargĂ©e d'allĂ©gories.


     L’idĂ©e sous-jacente est que la nature ne fait rien au hasard, mais est sous un commandement divin.


     Le transcendantalisme, nĂ© au XIXème siècle, suit le principe selon lequel la nature est un ĂŞtre divin, apprenant Ă  l'homme la raison et la beautĂ©. Les transcendantalistes trouvent dans la nature une source d'expĂ©riences et d'aventures indispensables au dĂ©veloppement intellectuel et spirituel de l'Homme.

  - Sous-chapitre : Avènement de la science moderne


     Cette idĂ©e prĂ©vaut jusqu’à l'apparition de la conception moderne de la science (GalilĂ©e).


     Nouvelles reprĂ©sentations


     Avec GalilĂ©e et Descartes, une nouvelle reprĂ©sentation du monde apparaĂ®t. Descartes rejette la philosophie scolastique :

« [...] au lieu de cette philosophie spĂ©culative qu'on enseigne dans les Ă©coles, on en peut trouver une pratique, par laquelle, connoissant la force et les actions du feu, de l'eau, de l'air, des astres, des cieux, et de tous les autres corps qui nous environnent, aussi distinctement que nous connoissons les divers mĂ©tiers de nos artisans, nous les pourrions employer en mĂŞme façon Ă  tous les usages auxquels ils sont propres, et ainsi nous rendre comme maĂ®tres et possesseurs de la nature. Â»

     Dans sa philosophie, Descartes introduisit des rapports radicalement nouveaux entre la l'homme et la nature.


     Avec l’âge classique au XVII siècle, et la naissance de la science moderne, on assiste ainsi Ă  l’invention d'une nouvelle reprĂ©sentation de la nature. Cette reprĂ©sentation est le rĂ©sultat de la croyance de beaucoup de philosophes des XVII et XVIII siècles, selon lesquels la nature Ă©tait gouvernĂ©e par une loi universelle, la gravitation. On perçoit une extension des limites du monde connu Ă  d'autres planètes. Le monde s'Ă©tend alors au système solaire dont on connaĂ®t les "lois" d'Ă©volution qu'il est possible de dĂ©crire sous une forme mathĂ©matique.


     La mĂ©thode expĂ©rimentale permit de faire progresser la connaissance de l’histoire « naturelle Â» (i.e. des sciences naturelles). Ce qui a fait dire Ă  Maurice Merleau-Ponty que « le changement de l’idĂ©e de nature a permis sa dĂ©couverte Â».


     Ă‰mancipation de la pensĂ©e


     L'Ă©poque moderne a aussi inventĂ© la libertĂ© de pensĂ©e (cogito ergo sum, dit Descartes), il devient possible de parler publiquement d'athĂ©isme.


     L’intervention divine devient alors plus abstraite, confinĂ©e au mystère de la foi. Ainsi, certaines formes d'empirisme ne rejettent pas la notion de foi et de religion, au contraire : la mĂ©thode expĂ©rimentale du physicien et chimiste irlandais Robert Boyle, par exemple, s'appuie sur une foi vĂ©cue dans l'expĂ©rimentation scientifique.


     Descartes et Spinoza rejettent la conception aristotĂ©licienne de la nature, l'existence de Dieu Ă©tant perçue sur un plan purement mĂ©taphysique. Une nouvelle conception de l’homme apparut au XVIII siècle, un homme qui s'appuie davantage sur la raison et sur l'expĂ©rience pour comprendre le monde. Au XIX siècle, la notion mĂŞme de mĂ©taphysique s'estompe presque complètement, submergĂ©e par les idĂ©ologies.


     Cette conception de l'homme est donc tardive en Occident, mais Ă©galement inĂ©dite dans l’histoire du monde. Les sciences humaines n’hĂ©ritent pas d’un domaine vacant car l’ « homme n’existait pas Â».


     Mais cette Ă©mancipation partielle de l'humanitĂ© n'a pas pour autant supprimĂ© toute forme de croyance. Pendant les Lumières, alors que les pratiques religieuses sont souvent perçues comme des superstitions par les philosophes, la conception populaire d'une sacralisation de la nature prit une emphase toute particulière. Ainsi, la croyance en un dieu crĂ©ateur est très prĂ©sente Ă  travers le dĂ©isme : Voltaire ne croyait-t-il pas en un dieu crĂ©ateur, qui aurait abandonnĂ© l'humanitĂ© Ă  son triste destin ? Cette croyance poussĂ©e Ă  l'extrĂŞme engendra le culte de la Raison et de l'ĂŠtre suprĂŞme. Il est significatif de constater que dans ce contexte de dĂ©christianisation, parmi les fĂŞtes civiques, c'est la fĂŞte de la nature qui aura rĂ©ellement du succès.


     Ă‰volutions sĂ©mantiques et esthĂ©tiques


     Ce changement de reprĂ©sentation se fit Ă  la faveur d'un changement linguistique majeur : l'apparition du français classique.


     Ainsi, le mot physique, qui Ă©tymologiquement, en grec, signifie la nature dans son ensemble (phusika), changea de sens pour prendre un sens presqu'exclusivement scientifique.


     Un autre corollaire fut une Ă©volution de la sensibilitĂ© esthĂ©tique. La hiĂ©rarchie des genres de la peinture classique, par exemple, accordait peu d'importance au paysage. Celui-ci occupa Ă  partir du XIX siècle une place beaucoup plus importante.

  - Sous-chapitre : Sens multiples du mot nature


     La conception cartĂ©sienne de la nature n'a pas pour autant supprimĂ© le sens que donnent les naturalistes Ă  ce mot. L'histoire des sciences naturelles montre que l'interaction des ĂŞtres vivants entre eux et avec leur milieu a Ă©tĂ© une prĂ©occupation constante de beaucoup de scientifiques, qui a pris une importance croissante jusqu'Ă  l'avènement d'une Ă©cologie plus holistique, dont la naissance peut se situer vers le XVIII siècle. Elle illustre la diversitĂ© des thèmes Ă©tudiĂ©s en Ă©cologie, et de façon plus gĂ©nĂ©rale dans les sciences naturelles.


     Le mot nature a pris ou conservĂ© des sens diffĂ©rents selon les contextes :

    Liste :
  • « La nature Â» devient l'ensemble du rĂ©el ignorant les modifications apportĂ©es par l'homme, elles-mĂŞmes qualifiĂ©es d'artificielles. « la nature Â» est alors ce qui ne subit pas la mise en forme d'une finalitĂ© humaine technique. C'est dans cette optique qu'existent certains produits qualifiĂ©s de « naturels Â» (ou biologiques), leur production n'ayant pas nĂ©cessitĂ© de produits « inventĂ©s Â» par l'homme (par exemple un fruit sera dit « naturel Â» lorsqu'il aura Ă©tĂ© produit sans l'aide d'insecticide ou de transformation gĂ©nĂ©tique). Cette distinction sous-entend une sĂ©paration entre l'homme et la nature sur le critère de l'intention (sens moral).
    Liste :
  • Le mot « nature Â», employĂ© dans l'expression « nature humaine Â» par exemple, conserve un sens plus traditionnel qui est l'ensemble des caractères fondamentaux qui dĂ©finissent la personnalitĂ© physique ou morale d'un ĂŞtre. On peut l'employer Ă©galement dans l'expression « nature de la communication Â» .

     La notion de nature porte donc en elle des questions philosophiques, Ă  travers les rapports que l'homme entretient avec le milieu naturel et l'environnement, ses conceptions de la vie sociale, et les multiples sens qu'il est possible d'attribuer au mot nature dans les reprĂ©sentations sociales.


     Le mot nature a donc conservĂ© des sens multiples (polysĂ©mie). Les prĂ©occupations environnementales actuelles montrent combien il importe d'identifier ces sens et leurs finalitĂ©s dans chaque contexte particulier.






Chapitre : Composantes de la nature



     La nature recouvre les rĂ©alitĂ©s suivantes :

  - Sous-chapitre : Terre


     Voir :

  - Sous-chapitre : Vie

Origines de la vie et évolution

Microbes

Plantes

Animaux

Écosystèmes

Hypothèse Gaïa

Article dĂ©taillĂ© : Hypothèse GaĂŻa.

     L'hypothèse GaĂŻa est la thĂ©orie initialement avancĂ©e par James Lovelock en 1969, mais Ă©galement Ă©voquĂ©e par Johannes Kepler dès la XVII siècle, selon laquelle l'ensemble des ĂŞtres vivants sur Terre (ou sur toute planète sur laquelle la vie s'est dĂ©veloppĂ©e) serait comme un vaste organisme (appelĂ© GaĂŻa, d'après le nom de la dĂ©esse grecque (voir aussi ThĂ©ories GaĂŻa)), rĂ©alisant l'autorĂ©gulation de ses divers Ă©lĂ©ments (par exemple, la composition chimique de l'atmosphère) en faveur des conditions de la vie.


     La notion de biosphère Ă©noncĂ©e par Vernadsky en 1924 allait dĂ©jĂ  dans ce sens.






Chapitre : Homme et nature : l'environnement


  - Sous-chapitre : Une relation ambiguĂ«


     Le caractère imprĂ©cis de la dĂ©finition mĂŞme de Nature entretient une ambiguĂŻtĂ© dans la relation entre Homme et Nature.


     La biosphère terrestre Ă©tant de plus en plus marquĂ©e par l'empreinte de l'Homme, il devient de plus en plus difficile d'y trouver des espaces purement naturels. La nature au sens le plus strict est refoulĂ©e d'une part vers le bas, dans le sous-sol lointain et les grands fonds ocĂ©aniques, et d'autre part vers le haut, dans l'espace intersidĂ©ral. Les phĂ©nomènes climatiques eux-mĂŞmes ne sont plus considĂ©rĂ©s comme indĂ©pendants de l'activitĂ© humaine.


     D'un autre cĂ´tĂ©, le concept est souvent employĂ© dans un sens dĂ©rivĂ© pour dĂ©signer des espaces amĂ©nagĂ©s par l'homme mais dans lesquels une large place est rĂ©servĂ©e Ă  des peuplements vĂ©gĂ©taux et animaux; c'est ainsi qu'on peut parler de nature Ă  propos d'une forĂŞt, mĂŞme si elle est cultivĂ©e et exploitĂ©e depuis des siècles, et qu'on qualifie mĂŞme de parcs naturels des territoires oĂą s'exercent des activitĂ©s agricoles intensives dotĂ©es de moyens mĂ©caniques et chimiques modernes. Dans ce cas, le qualificatif naturel dĂ©signe certaines caractĂ©ristiques paysagères (variables selon le lieu et sans dĂ©finition universelle) et n'implique pas l'absence d'artifice humain. Il fait rĂ©fĂ©rence Ă  un mode de gestion de l'espace par l'Homme, plutĂ´t qu'Ă  une absence d'intervention humaine.


     Le mot naturel a Ă©galement Ă©tĂ© employĂ© Ă  l'Ă©poque coloniale dans un sens Ă©quivalent Ă  celui du mot anglais native, c'est-Ă -dire au sens Ă©tymologique, pour dĂ©signer les habitants natifs des pays colonisĂ©s. Cette appellation, qui ne se voulait pas injurieuse, avait cependant une connotation raciste dans la mesure oĂą elle suggĂ©rait que ces hommes vivaient dans des conditions plus "proches de la nature" que les autres. Dans le mĂŞme ordre d'idĂ©es, l'imagination populaire reprĂ©sente souvent les hommes de la PrĂ©histoire comme plus naturels que les hommes d'aujourd'hui, suggĂ©rant que la nature correspond Ă  un Ă©tat primitif dont le progrès amène inĂ©luctablement Ă  s'Ă©loigner.


     L'idĂ©e de nature a Ă©tĂ© remaniĂ©e par la culture urbaine Ă  travers la notion mythique de sauvagerie dĂ©signant de manière gĂ©nĂ©rale ce qui est extĂ©rieur Ă  la civilisation. Le fait que le mĂŞme mot sauvage soit utilisĂ© d'une part comme un synonyme de naturel et d'autre part pour qualifier des actes particulièrement violents ou cruels (mĂŞme s'ils sont commis dans des sociĂ©tĂ©s urbaines avec des moyens techniques sophistiquĂ©s) met bien en Ă©vidence une certaine tradition idĂ©ologique qui place plus ou moins consciemment du cĂ´tĂ© de la nature ce qui est Ă©tranger Ă  la culture dominante et/ou mauvais. Paradoxalement, il se trouve aussi que, dans d'autres contextes, le mot naturel est employĂ© dans la langue populaire comme un synonyme de normal, lĂ©gitime ou logique; la Nature, lieu de la sauvagerie, est donc aussi celui du bon sens fondamental et, par voie de consĂ©quence, elle est la source des principes les plus lĂ©gitimes de l'Homme civilisĂ©.


     Le dĂ©veloppement des sciences et des techniques au cours des deux derniers siècles a Ă©tĂ©, de son cĂ´tĂ©, largement accompagnĂ© par une idĂ©ologie d'opposition entre l'Homme et la Nature, la connaissance Ă©tant gĂ©nĂ©ralement perçue comme un instrument de domination de la Nature plutĂ´t que comme un moyen de vivre en harmonie avec elle. Cette Ă©poque a vu aussi se dĂ©velopper la philosophie du droit naturel, dont dĂ©coulent notamment les droits de l'homme et selon laquelle l'Homme se verrait attribuer par la nature des prĂ©rogatives immuables; mais ici le paradoxe n'est qu'apparent, car dans ce contexte la notion de nature est employĂ©e dans le sens de nature humaine, et n'implique aucune espèce de "rĂ©conciliation" avec la Nature (la promotion des droits de l'homme est d'ailleurs, jusqu'Ă  prĂ©sent, indĂ©pendante de toute prĂ©occupation environnementale).


     En fait, la distinction entre l'humain et le naturel repose essentiellement sur des notions historiques et subjectives, voire contradictoires. La question de son bien-fondĂ© universel reste ouverte. La distinction (parfois conçue comme une opposition) a Ă©tĂ© inspirĂ©e et justifiĂ©e par le besoin, d'origine religieuse ou dĂ©coulant de certaines formes d'humanisme, de reprĂ©senter l'Homme comme un ĂŞtre en-dehors ou au-dessus de la Nature. Mais l'Homme n'est pas sĂ©parable de son environnement naturel, avec lequel il est en interaction permanente et dont il ne peut pas plus s'affranchir que n'importe quelle autre espèce vivante.

  - Sous-chapitre : Destruction de la nature


     Voir les thèmes suivants :

  - Sous-chapitre : Protection de la nature


     Les associations d'Ă©tude et de protection de la nature sont des acteurs majeurs dans le domaine de la protection de la nature. Près de 3000 associations locales se regroupent au sein de la fĂ©dĂ©ration nationale France Nature Environnement ([1]). Un certain nombre d'association d'envergure dĂ©partementale ou rĂ©gionale dĂ©clinent cette appellation nationale en fonction des territoires concernĂ©s (ex: Mayenne Nature Environnement ([2])/ou Sologne Nature Environnement ([3]). En France, la protection de la nature a sa place dans l'enseignement agricole : il existe un BTSA GPN (Gestion et Protection de la Nature), divisĂ© en 2 sections : GEN (Gestion des Espaces Naturels) et AN (Animation Nature). Des professions tels que les gardes particuliers des bois et forĂŞts bĂ©nĂ©voles ou professionnels, assurent aussi la surveillance des espaces naturels. La formation est dispensĂ©e par des organismes tels que EPSECO (source SIGP31).


     Voir :






Chapitre : Nature dans l'art et la culture


  - Sous-chapitre : Interaction des communautĂ©s humaines avec la nature


     La notion de nature renvoie a priori Ă  l’idĂ©e d’un domaine ayant ses propres principes de dĂ©veloppement, qui serait hors de l’action de l’homme. Or, on rĂ©alise aujourd'hui que le changement climatique a une origine anthropique. L’idĂ©e de nature n’est donc pas suffisante. Il y a une complĂ©mentaritĂ© et une interaction entre la nature et les communautĂ©s humaines. L’esquisse de cette complĂ©mentaritĂ© rĂ©ciproque peut s'Ă©clairer avec la notion de culture Ă©cologique.


     On constate par exemple que les notions de patrimoine naturel et de patrimoine culturel sont intimement liĂ©es, en observant le patrimoine mondial de l'UNESCO qui dresse une liste de sites naturels et culturels.


     La convention de 2007 de l'UNESCO souligne l'interaction des communautĂ©s humaines avec la nature, dans la dĂ©finition qui a Ă©tĂ© donnĂ©e du patrimoine culturel immatĂ©riel :

« Ce patrimoine culturel immatĂ©riel, transmis de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration, est recréé en permanence par les communautĂ©s et groupes en fonction de leur milieu, de leur interaction avec la nature et de leur histoire, et leur procure un sentiment d'identitĂ© et de continuitĂ©, contribuant ainsi Ă  promouvoir le respect de la diversitĂ© culturelle et la crĂ©ativitĂ© humaine. Â»

     Vous pouvez voir également : : Culture et nature

  - Sous-chapitre : Les deux sens du mot culture en français


     La notion de culture recouvre deux sens :


     Le premier correspond Ă  l’idĂ©e de civilisation. Cette idĂ©e est aussi ancienne que l'histoire de l'humanitĂ©, mais a trouvĂ© une nouvelle signification avec la Philosophie des Lumières. Dans ce sens, la culture est le trait distinctif de l’espèce humaine, associĂ© Ă  ses savoirs et savoir-faire. Cette conception française de la culture serait plutĂ´t individualiste (pensons aux RĂŞveries d'un promeneur solitaire de Rousseau).


     Le second est le sens allemand, Ă©mergeant sous l’influence du romantisme. La culture est la configuration particulière de croyances coutumières, traits matĂ©riels, organisations sociales… elle est une totalitĂ© singulière, une sphère autonome incommensurables avec d’autres totalitĂ©s. Cette conception plus collective s'oppose Ă  la conception française.


     Dans les Mots et les Choses, Michel Foucault dĂ©finit l’anthropologie comme l’étude des rapports entre la nature et la culture. Globalement on peut apprĂ©hender cette question en distinguant les anthropologies matĂ©rialistes et les anthropologies symbolistes.


     Les anthropologies matĂ©rialistes s’intĂ©ressent aux fonctions structurantes de la vie matĂ©rielle. L’idĂ©e sous-jacente est que la nature est un dĂ©terminant de base : elle y est dĂ©finie en terme ethnocentrique, comme Ă©tant le moteur de la vie sociale. On y trouve l’anthropologie marxiste des annĂ©es 1970 en France, pour laquelle la nature est une donnĂ©e brute qui peut ĂŞtre appropriĂ©e ou transformĂ©e, et l’environnement naturel est une prĂ©condition de l’environnement Ă©conomique. On trouve aussi la sociobiologie et l’écologie culturelle, entre lesquelles on souligne un certain parallèle puisque pour les deux, la cause ultime des comportements revient au champ de la nature. Dans tous les cas, pour les anthropologies matĂ©rialistes, la culture est une forme particulière d’adaptation Ă  une nature qui serait partout un Ă©lĂ©ment dĂ©terminant et conditionnant.


     Les anthropologies symbolistes s’intĂ©ressent aux caractères symboliques de la vie sociale. Elles mettent l’accent sur les aptitudes des hommes Ă  crĂ©er un monde de signification et d’intentionnalitĂ©s dĂ©pendant des dĂ©terminations brutes de la nature.


     Dans Anthropologie Structurale 2, LĂ©vi-Strauss dit que l’anthropologie est la discipline qui pense la relation entre la nature et la culture. La dichotomie nature / culture soulevĂ©e, l’opposition nature / culture suggère deux possibilitĂ©s. Soit la culture est ce qui donne un sens Ă  nature (la culture impose sa signification Ă  la nature). Soit la nature dĂ©termine les rapports sociaux (la nature donne forme Ă  la culture).

    Liste :
  • Jean-Marc Rouvière, Brèves mĂ©ditations sur la crĂ©ation du monde, Paris L'Harmattan, 2006.

  - Sous-chapitre : L’opposition nature/culture comme outil analytique


     La dichotomie nature / culture utilisĂ©e comme outil analytique est en partie dĂ©rivĂ©e de Claude LĂ©vi-Strauss. Il l’a notamment utilisĂ© comme opĂ©rateur central pour dĂ©coder les mythologies. Celui-ci a Ă©tĂ© reconnu pertinent par les ethnologues de ces sociĂ©tĂ©s amĂ©rindiennes. La mythologie retrace la construction de la nature sur un fond initial d’indiffĂ©renciation culturelle. (Ainsi dans les mythes amĂ©rindiens, au dĂ©but les animaux et les hommes avaient la mĂŞme apparence). Chez LĂ©vi-Strauss, l’opposition, lĂ  oĂą elle est pertinente, c’est-Ă -dire dans les mythes, n’est qu’une façon de mettre une Ă©tiquette sur des contrastes.


     L’écologie culturelle donne un crĂ©dit illimitĂ© Ă  la nature. L’anthropologie structurale, Ă  ce propos, n’oppose pas une forme d’idĂ©alisme mais aussi un naturalisme, mais un naturalisme de principe. LĂ©vi-Strauss n’a jamais variĂ© dans l’idĂ©e que la nature conditionne les opĂ©rations intellectuelles, la nature devenant donc une construction empirique. L’étude naturaliste doit permettre de comprendre la structure des groupes culturels. Ce qui intĂ©resse LĂ©vi-Strauss est de rendre compte de la manière dont l’esprit opère dans des contextes culturels et gĂ©ographiques distincts (ex : les Mythologiques). La mythologie rĂ©vèle dans une forme Ă©purĂ©e les opĂ©rations d’un esprit qui n’est plus condamnĂ© Ă  mettre en ordre, mais qui peut « jouer Â» avec les règles de fonctionnement de la pensĂ©e.

  - Sous-chapitre : Remise en cause de cette dichotomie


     La dichotomie nature / culture est une spĂ©cificitĂ© culturelle occidentale rĂ©cente, qui n'est pas partagĂ©e universellement. Ce paradigme n’est pas simplement un outil analytique parmi d’autres, il est aussi la clef de voĂ»te de l’épistĂ©mologie moderne. Ainsi Descola distingue quatre « modes d’identification Â» qui sont le totĂ©misme, l’animisme, l'analogisme et le naturalisme. Seule la sociĂ©tĂ© naturaliste (occidentale) produit cette frontière entre soi et autrui Ă  travers l’idĂ©e de « nature Â». La nature serait ce qui ne relève pas de la culture, ce qui ne relève pas des traits distinctifs de l’espèce humaine, et des savoirs et savoir-faire humains.


     Son usage comme outil analytique en ethnologie a parfois Ă©tĂ© fĂ©cond. Toutefois, et Philippe Descola l’a montrĂ© dans Par-delĂ  nature et culture (2005), l’idĂ©e de nature est Ă©trangère Ă  de nombreuses sociĂ©tĂ©s.






Chapitre : Citations


    Liste :
  • "Les hommes sont la nature prenant conscience d'elle-mĂŞme." Frantisek Kupka
  • "L'homme est la nature prenant conscience d'elle-mĂŞme." ElisĂ©e Reclus
  • "Pour un ĂŞtre humain comprendre la biosphère est sans doute aussi compliquĂ© que pour une fourmi comprendre New York " - Jeremy Narby
  • "C'est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain n'Ă©coute pas" - Victor Hugo





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  - Sous-chapitre : Notes


     


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