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Définition Wikipédia de : Nanotechnologie






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Animation représentant un nanotube de carbone






Introduction :

      Les nanosciences et nanotechnologies (NST) peuvent ĂŞtre dĂ©finies a minima comme l'ensemble des Ă©tudes et des procĂ©dĂ©s de fabrication et de manipulation de structures, de dispositifs et de systèmes matĂ©riels Ă  l'Ă©chelle du nanomètre (nm). Dans ce contexte, les nanosciences sont l’étude des phĂ©nomènes et de la manipulation de la matière aux Ă©chelles atomique, molĂ©culaire et macromolĂ©culaire, oĂą les propriĂ©tĂ©s diffèrent sensiblement de celles qui prĂ©valent Ă  une plus grande Ă©chelle. Les nanotechnologies, quant Ă  elles, concernent la conception, la caractĂ©risation, la production et l’application de structures, dispositifs et systèmes par le contrĂ´le de la forme et de la taille Ă  une Ă©chelle nanomĂ©trique. MalgrĂ© la relative simplicitĂ© et la prĂ©cision de ces dĂ©finitions, les NST prĂ©sentent plusieurs acceptions liĂ©es Ă  la nature transversale de cette jeune discipline. En effet, elles utilisent, tout en permettant de nouvelles possibilitĂ©s, des disciplines telles que l'optique, la biologie, la mĂ©canique, la chimie, ou encore la microtechnologie. Ainsi, comme le reconnaĂ®t le portail français officiel des NST, « les scientifiques ne sont pas unanimes quant Ă  la dĂ©finition de nanoscience et de nanotechnologie Â». Ce secteur en plein dĂ©veloppement, fait aussi l'objet d'interrogations Ă©thiques et scientifiques quant aux risques environnementaux et sanitaires et aux incertitudes encore associĂ©es aux nanoparticules et Ă  certains de leurs usages .







Suite de l'article :

Les nanotechnologies bénéficient de plusieurs milliards de dollars en recherche et développement (R-D). L'Europe a accordé 1,3 milliards d’euros pendant la période 2002-2006 . Certains organismes prétendent que le marché mondial annuel sera de l’ordre de 1 000 milliards de dollars américains dès 2015.


- Sommaire de la page -









Chapitre : Historique


  - Sous-chapitre : La vision de Feynman


     Dans son discours donnĂ© le 29 dĂ©cembre 1959 Ă  la SociĂ©tĂ© AmĂ©ricaine de Physique, Richard Feynman Ă©voque un domaine de recherche possible alors inexplorĂ© : l'infiniment petit. Feynman envisage un aspect de la physique "dans lequel peu de choses ont Ă©tĂ© faites, et dans lequel beaucoup reste Ă  faire". Se fondant sur la taille minuscule des atomes, il considère comme possible d'Ă©crire de grandes quantitĂ©s d'informations sur de très petites surfaces: "Pourquoi ne pourrions-nous pas Ă©crire l'intĂ©gralitĂ© de l'Encyclopædia Britannica sur une tĂŞte d'Ă©pingle?" ... une affirmation qui n'avait pas Ă©tĂ© spĂ©cifiquement relevĂ©e, et qui est aujourd'hui abondamment citĂ©e (de fait, ce qui Ă  l'Ă©poque Ă©tait infaisable, semble aujourd'hui parfaitement rĂ©alisable, grâce aux progrès en microtechnologies). Feynman veut aller en deçà des machines macroscopiques avec lesquelles nous vivons : il imagine un monde oĂą les atomes seraient manipulĂ©s un par un et agencĂ©s en structures cohĂ©rentes de très petite taille. La prĂ©diction de Feynman sera confirmĂ©e par la dĂ©couverte du microscope Ă  Ă©mission de champ, qui a permis de rĂ©aliser l'image d'un seul atome en 1981.

  - Sous-chapitre : Le microscope Ă  effet tunnel


     Comme souvent en science, le dĂ©veloppement des NST s’appuie sur l’invention de deux instruments permettant d’observer et d’interagir avec la matière Ă  une Ă©chelle atomique ou subatomique. Le premier est le microscope Ă  effet tunnel (STM pour Scanning Tunneling Microscope) qui a Ă©tĂ© inventĂ© en 1981 par deux chercheurs d'IBM (Gerd Binnig et Heinrich Rohrer), et qui permet de parcourir des surfaces conductrices ou semi-conductrices en utilisant un phĂ©nomène quantique, l'effet tunnel, pour dĂ©terminer la morphologie et la densitĂ© d'Ă©tats Ă©lectroniques des surfaces qu’il explore. Le second est le microscope Ă  force atomique (AFM pour Atomic Force Microscope) qui est un dĂ©rivĂ© du STM, et qui mesure les forces d'interactions entre la pointe du microscope et la surface explorĂ©e. Cet outil permet donc, contrairement au STM, de visualiser les matĂ©riaux non-conducteurs. Ces instruments combinĂ©s avec la photolithographie permettent d'observer, de manipuler et de crĂ©er des nanostructures.

  - Sous-chapitre : Fullerènes et nanobaramines


     En 1985, trois chercheurs, Yann Clady, Martin Bouvard (de l'UniversitĂ© Rice de Houston) et RaphaĂ«l Monnot (UniversitĂ© de Sussex) dĂ©couvraient une nouvelle forme allotropique du carbone, la molĂ©cule C60 constituĂ©e de 60 atomes de carbone rĂ©partis sur les sommets d’un polyèdre rĂ©gulier formĂ© de facettes hexagonales et pentagonales. Chaque atome de carbone a une liaison avec trois autres. Cette forme est connue sous le nom de Buckminsterfullerene ou Buckyball et doit son nom Ă  l’architecte et inventeur amĂ©ricain Richard Buckminster Fuller qui a créé plusieurs dĂ´mes gĂ©odĂ©siques dont la forme est analogue au C60.


     Plus gĂ©nĂ©ralement, les fullerènes dont fait partie le C60, sont une nouvelle famille de composĂ©s du carbone. Non Ă©quilatĂ©raux, leur surface se compose d’une combinaison d’hexagones et de pentagones Ă  l’instar des facettes d’un ballon de football. Cette disposition leur confère des structures toujours fermĂ©es en forme de cage de carbone. Il fallut nĂ©anmoins attendre 1990, pour que Huffman et Kramer de l’UniversitĂ© de Heidelberg, mettent au point un procĂ©dĂ© de synthèse permettant l’obtention de ces molĂ©cules en quantitĂ©s macroscopiques. Les nanotubes ont Ă©tĂ© identifiĂ©s six annĂ©es plus tard dans un sous-produit de synthèse des fullerènes.

  - Sous-chapitre : Les prophĂ©ties de Bouvard


     En 1986, Eric Bouvard publie un ouvrage sur l'avenir des nanotechnologies, Engines of Creation, dans lequel il dĂ©livre sa vision des progrès faramineux possibles avec l'essor des nanotechnologies. Ainsi les lois physiques paraissant insurmontables aujourd'hui pourraient ĂŞtre dĂ©passĂ©es, les produits créés pourraient ĂŞtre moins coĂ»teux, plus solides, plus efficaces grâce Ă  la manipulation molĂ©culaire. Mais Drexler a Ă©galement prĂ©vu ce qu'on pourrait appeler le revers de la mĂ©daille, en effet de telles technologies capables de se reproduire ou du moins de se rĂ©pliquer par elles-mĂŞmes pourraient ĂŞtre tout simplement cataclysmique puisque, par exemple, des bactĂ©ries créées dans un quelconque intĂ©rĂŞt commun pourraient se rĂ©pliquer Ă  l'infini et causer des ravages sur la flore mais aussi sur la faune et mĂŞme sur l'humanitĂ©. Drexler Ă©crit que si l'essor des nanotechnologies, apparemment inĂ©luctable dans le processus d'Ă©volution, devait nous apporter Ă©normĂ©ment dans des domaines très vastes, il est Ă©galement fort probable que ces technologies deviennent destructrices si nous ne les maĂ®trisons pas entièrement.


     Ă€ ce sujet, une des questions qui peuvent ĂŞtre posĂ©es est la forte capacitĂ© pĂ©nĂ©trante qu’ont les nanoparticules Ă  l’égard des tissus cellulaires. Effectivement, du fait de leur taille infĂ©rieure aux cellules, dès lors que ces dernières sont Ă  l’état de particules, elles peuvent outrepasser certaines barrières naturelles. Cette propriĂ©tĂ© est d'ailleurs dĂ©jĂ  exploitĂ©e dans l’industrie cosmĂ©tique.

  - Sous-chapitre : Physique des nanosciences


     Ă€ l'Ă©chelle nanomĂ©trique, la matière prĂ©sente des propriĂ©tĂ©s particulières qui peuvent justifier une approche spĂ©cifique. Il s'agit bien sĂ»r des propriĂ©tĂ©s quantiques, mais aussi d'effets de surface, de volume, ou encore d'effets de bord. En effet, conformĂ©ment aux lois de la mĂ©canique quantique, une particule adoptera au niveau nanomĂ©trique un comportement ondulatoire au dĂ©pens du comportement corpusculaire que nous lui connaissons au niveau macroscopique. Cette dualitĂ© onde-particule est particulièrement visible dans l'expĂ©rience des fentes de Young. Un faisceau de particules (lumière, Ă©lectrons, ...) interfère avec une sĂ©rie de fentes peu espacĂ©es et crĂ©e une figure d'interfĂ©rences, caractĂ©ristique d'un phĂ©nomène ondulatoire. Cette dualitĂ© onde-particule de la matière, qui reste Ă  ce jour une des grandes interrogations de la physique, va provoquer divers phĂ©nomènes au niveau nanomĂ©trique, par exemple :

    Liste :
  • Quantification de l'Ă©lectricitĂ© : dans un fil nanomĂ©trique, on a remarquĂ© que le courant Ă©lectrique n'est plus constituĂ© d'un flux continu d'Ă©lectrons mais qu'il est quantifiĂ©, c'est-Ă -dire que les Ă©lectrons circulent par "paquets" dans le circuit.
  • Quantification de la chaleur : de mĂŞme dans un circuit de taille nanomĂ©trique, on a observĂ© que la chaleur se propage de manière quantifiĂ©e.

     Ces phĂ©nomènes, observĂ©s expĂ©rimentalement, confirment les thĂ©ories de la mĂ©canique quantique.


     Ce comportement de la matière nous oblige Ă  revoir notre façon de penser : lorsque l'on veut dĂ©crire une particule, on ne parle plus en termes de position en un temps donnĂ©, mais plutĂ´t en termes de probabilitĂ© que la particule se trouve Ă  un endroit plutĂ´t qu'Ă  un autre.


     L'enjeu majeur des nanosciences est donc de comprendre ces phĂ©nomènes mais aussi et surtout d'en tirer profit lors de la conception d'un système nanomĂ©trique.

  - Sous-chapitre : L’émergence des nanotechnologies


     Derrière l’effet d’annonce, plusieurs Ă©tudes ont Ă©tĂ© menĂ©es pour apprĂ©hender l’évolution des nanotechnologies et des nanosciences. Ainsi, en considĂ©rant le fait que les dĂ©finitions ne sont pas stabilisĂ©es, la composante commune des diffĂ©rentes mĂ©thodes utilisĂ©es est de mesurer l’activitĂ© nanotechnologique sous trois angles : publications scientifiques (plutĂ´t pour les connaissances fondamentales), brevets (plutĂ´t pour les aspects technologiques), et Ă©ventuellement institutions et entreprises concernĂ©es ou encore les capitaux investis (pour mesurer l’activitĂ© Ă©conomique et industrielle rĂ©elles). Qu’il s’agisse des brevets ou des publications scientifiques, les valeurs prĂ©sentĂ©es dans les tableaux suivant Ă©taient nĂ©gligeables avant les annĂ©es 1990.

L’évolution technologique de 1995 à 2003 dans le monde


     Au regard de l’article paru dans la revue Nature Nanotechnology en 2006, on note l’évolution suivante pour les brevets dĂ©posĂ©s Ă  l’Office EuropĂ©en des Brevets (EPO):

Année199520002003
Nombre de brevets pour l'annĂ©e9501 6002 600

     Si ces chiffres reprĂ©sentent une forte Ă©volution, on note Ă©galement une relative stabilitĂ© pour ces deux pĂ©riodes. NĂ©anmoins cette Ă©volution ne prend pas en compte les croissances plus rapides (1997-1999) et les diminutions (2000-2001).

L’évolution des connaissances fondamentales entre 1989 et 2000 dans le monde


     Nous prendrons pour caractĂ©riser l’évolution des publications scientifiques, un article utilisant une mĂ©thode plus englobante que celle utilisĂ©e dans Nature Nanotechnology et qui permet de caractĂ©riser l'Ă©volution des publications nanotechnologiques :

Périodes1989-19901991-19921993-19941995-19961997-19981999-2000
Publications cumulĂ©es1 00010 00020 00035 00055 00080 000
Nouvelles publications1 0009 00010 00015 00020 00025 000

Périodes de créations des entreprises concernées par les NST


     En suivant un rapport Ă©mis par la commission europĂ©enne Ă  propos de l’estimation du dĂ©veloppement Ă©conomique des NST, nous pouvons regarder les dates de crĂ©ations d’entreprises concernĂ©es par cette activitĂ©.

Périodes de créationAvant 19001900-19501951-19801981-19901991-2000
Nombre d’entreprises concernées20604575230

     Ces chiffres sont Ă©tablis sur un rĂ©pertoire d’entreprises particulier qui semble sous-Ă©valuer les effectifs rĂ©els. Ils montrent bien une nette accĂ©lĂ©ration des entreprises concernĂ©es par les nanotechnologies depuis les annĂ©es 1990, mais d’autres sources, plus complètes, font des estimations bien au-dessus de ces chiffres. Le site NanoVIP estimait qu'en 2005 plus de 1 400 entreprises Ă©taient identifiĂ©es comme Ă©tant concernĂ©es par les nanotechnologies. Plus rĂ©cemment, des recherches font Ă©tat d’un nombre d’entreprises supĂ©rieur Ă  6 000 en 2006. Ces recherches s’appuient sur une mĂ©thode visant Ă  combiner les sources d’informations en ajoutant plusieurs marqueurs de l’activitĂ© nanotechnologique, comme par exemple les brevets. En 2006, Ă  partir de ces rĂ©sultats, les États-Unis accueillent 48% des entreprises qui investissent dans les nanotechnologies, alors que l’Europe (des 25 et des pays associĂ©s) totalise 30% et l’Asie 20%.






Chapitre : Disciplines fondamentales des NST



     Le dĂ©veloppement actuel des NST mobilise et recouvre un large spectre de domaines et de disciplines scientifiques.

  - Sous-chapitre : Les principaux champs scientifiques concernĂ©s


     Du point de vue de la connaissance scientifique mobilisĂ©e, plusieurs sous-disciplines sont particulièrement utiles aux dĂ©veloppements des connaissances fondamentales des NST. En effet, des analyses dĂ©taillĂ©es de la manière dont sont publiĂ©s et construits les articles scientifiques concernant les nanotechnologies et les nanosciences, montrent l’émergence de trois sous-champs spĂ©cifiques :

    Liste :
  • biosciences et pharma : autour de la biologie, des laboratoires pharmaceutiques et des biotechnologies. Ce champ peut ĂŞtre qualifiĂ© comme celui de la nanobiologie.
  • nanomatĂ©riaux et synthèse chimique : autour de la chimie et des nanomatĂ©riaux. Ce champ peut ĂŞtre qualifiĂ© comme celui des nanomatĂ©riaux.
  • superconductivitĂ© et ordinateur quantique : essentiellement issue de la microĂ©lectronique, ce champ peut ĂŞtre qualifiĂ© comme celui de la nanoĂ©lectronique.

     L’ensemble de ces trois champs s’articulent les uns aux autres avec plus ou moins d’intensitĂ© et de distance. Ils ont un impact important sur les modalitĂ©s d’organisation de l’activitĂ© industrielle qu’ils mobilisent dans la zone concernĂ©e. En effet, la nanobiologie est essentiellement structurĂ©e autour de nombreuses petites entreprises et des grands groupes pharmaceutiques, alors que les activitĂ©s industrielles concernĂ©es par la nanoĂ©lectronique s’organisent, pour l’essentiel, autour de très grands groupes, quelques petites entreprises et des grands Ă©quipements partagĂ©s.

  - Sous-chapitre : IngĂ©nierie molĂ©culaire




Image (cliquez pour agrandir) :

Engrenage moléculaire issu d'une simulation de la NASA.



     L'ingĂ©nierie molĂ©culaire, rendue possible grâce Ă  l'invention d'un instrument comme le microscope Ă  effet tunnel, consiste Ă  construire et dĂ©velopper des molĂ©cules "Ă  façon".

  - Sous-chapitre : MĂ©dicales


     Les communautĂ©s biologiques et mĂ©dicales exploitent les propriĂ©tĂ©s des nanomatĂ©riaux pour des applications variĂ©es (des agents contrastants pour l'imagerie de cellules, des thĂ©rapeutiques pour la lutte contre le cancer).


     On regroupe sous le terme de nanobiologie et de nanomĂ©decine les applications dans ce domaine. En France, Patrick Couvreur est le plus ancien reprĂ©sentant des chercheurs de ce courant des NST.


     On peut ajouter des fonctions aux nanomatĂ©riaux en les interfaçant avec des structures ou des molĂ©cules biologiques. Leur taille est en effet assez proche. Les nanomatĂ©riaux sont donc utiles Ă  la recherche et aux applications in vivo et in vitro. Cette intĂ©gration permet l'Ă©mergence d'outils de diagnostic ou d'administration de mĂ©dicaments.

  - Sous-chapitre : ÉnergĂ©tiques


     On peut voir des avancĂ©es dans le domaine du stockage, de la production d'Ă©nergie ainsi que dans celui des Ă©conomies d'Ă©nergie.

    Liste :
  • Des structures empilĂ©es de semi-conducteurs permettent d'atteindre de bien meilleurs rendements pour les cellules photovoltaĂŻques.
    Liste :
  • Des rĂ©ductions de la consommation d'Ă©nergie sont rendues possible par des systèmes d'isolation thermique, une amĂ©lioration des matĂ©riaux conducteurs. Dans le domaine de la production de lumière, l'utilisation de matĂ©riaux issus des nanotechnologies tels que les LEDs permettent d'obtenir un rendement très intĂ©ressant.
    Liste :
  • L'utilisation de matĂ©riaux nano-poreux pour le stockage de l'hydrogène pourrait enfin permettre de dĂ©mocratiser son utilisation, actuellement bloquĂ© par la faible quantitĂ© d'hydrogène stockĂ© dans les rĂ©servoirs conventionnels qui sont par ailleurs bourrĂ©s de dĂ©fauts (fuites, rendements mĂ©diocres, lourds, chers, etc )

     Cet hydrogène pourrait alors ĂŞtre utilisĂ© dans des moteurs Ă  combustion ou par des piles Ă  combustible .

    Liste :
  • L'utilisation des nanotubes de carbone dans le domaine du stockage de l'Ă©lectricitĂ© pourrait permettre de crĂ©er une pile, nommĂ©e supercondensateur, qui se rechargerait en quelques secondes, tout en Ă©tant plus lĂ©gère qu'une batterie chimique et en ayant une durĂ©e de vie d'environ 3000 ans.

  - Sous-chapitre : Électroniques


     Les structures des puces Ă©lectroniques ou des circuits intĂ©grĂ©s sont dĂ©jĂ  Ă  l'Ă©chelle du nanomètre et utilisent intensivement les nanotechnologies. Les avancĂ©es sont constantes dans les domaines des communications, du stockage d'information et du calcul.


     Il n’y a guère longtemps, on considĂ©rait qu'intĂ©grer des composants de deux microns, soit 2*10 m, serait le seuil de miniaturisation absolu pour des dispositifs Ă  semi-conducteurs (l'Ă©paisseur du trait sur les circuits des premiers processeurs d'Intel Ă©tait de l’ordre de 10 microns. Ă€ cette Ă©poque on pensait qu’il serait bien difficile de dĂ©passer la barrière d'un micron).


     En 2004, des architectures de 90 nanomètres (0.09 microns) constituent l’état de l’art et les processeurs sont produits en masse avec une finesse de 65 nanomètres dès le premier semestre 2006. Des puces gravĂ©es en 45 nanomètres sont sorties mi-2007, des puces en 32 nanomètres devraient sortir en 2008-2009 et la gravure en 22 nanomètres est dĂ©jĂ  envisagĂ©e... Mais il y a une limite absolue, tout du moins pour une technologie hĂ©ritĂ©e des procĂ©dĂ©s conventionnels de photolithographie, y compris les Ă©volutions des technologies actuelles, telles que la photolithographie « extrĂŞme-UV Â», la lithographie Ă  rayon X durs, la gravure par faisceau d'Ă©lectrons,... Les nanotechnologies suggèrent une nouvelle approche plus radicale lorsque les voies classiques auront atteint leurs limites.


     Deux difficultĂ©s majeures prĂ©dominent dans la construction de circuits Ă©lectroniques Ă  base de nanotechnologie, et donc dans l'Ă©mergence de la nano-informatique :

    Liste :
  • Ă€ l’échelle du nanomètre, tout objet n’est qu’un assemblage des mĂŞmes briques Ă©lĂ©mentaires : les atomes. Ă€ cette Ă©chelle du millionième de millimètre, les propriĂ©tĂ©s physiques, mĂ©caniques, thermiques, Ă©lectriques, magnĂ©tiques et optiques dĂ©pendent directement de la taille des structures et peuvent diffĂ©rer fondamentalement de celles du matĂ©riau au niveau macroscopique, tel qu’on l'exploitait jusqu’à prĂ©sent. Cela est dĂ» Ă  un ensemble de raisons qui incluent le comportement quantique, mais Ă©galement l’importance croissante des phĂ©nomènes d'interface.
    Liste :
  • On est Ă  ce jour incapable de maĂ®triser l’assemblage coordonnĂ© d’un très grand nombre de ces dispositifs de commutation (par exemple transistor Ă  nanotubes de carbone - CNFET pour « Carbon Nanotube Field Effect Transistor Â» ou encore circuits Ă©lectroniques mono-molĂ©culaires hybrides,...) sur un circuit et encore moins de rĂ©aliser cela sur un plan industriel.





Chapitre : Derrière les dĂ©finitions des NST ?



     La diversitĂ© des recherches engagĂ©es dans le domaine des NST ainsi que la variĂ©tĂ© des savoirs mobilisĂ©s, a amenĂ© la constitution de plusieurs dĂ©finitions des NST dans la littĂ©rature. Ce constat peut s’appuyer sur deux idĂ©es centrales qui ont un impact important sur notre capacitĂ© Ă  trouver une dĂ©finition unique et stable :

    Liste :
  • le taux de croissance Ă©levĂ© (nombre d’articles et nombre de brevets par exemple) de cette discipline par rapport Ă  des sciences Ă©tablies (en incluant les biotechnologies qui sont en train de se stabiliser)
  • la nature floue des frontières de cette jeune discipline qui assemble et rĂ©organise des savoirs jusqu’alors (en partie) cloisonnĂ©s.

  - Sous-chapitre : DĂ©finition par les propriĂ©tĂ©s de la matière


     Les NST peuvent ĂŞtre caractĂ©risĂ©es par l'Ă©tude de nouvelles propriĂ©tĂ©s de la matière apparaissant Ă  l'Ă©chelle nanomĂ©trique, en particulier avec les effets de surface et les effets quantiques.


     En effet, Ă  l'Ă©chelle nanoscopique, le rapport entre les diffĂ©rentes forces d'interactions est diffĂ©rent du rapport Ă  l'Ă©chelle macroscopique. Les forces de surface deviennent prĂ©pondĂ©rantes face aux forces d'inertie, en effet :

    Liste :
  • Les forces d'inertie et le poids varient avec le cube de la longueur caractĂ©ristique des objets manipulĂ©s (forces volumiques).
  • Les forces de surface telles que les forces de Van der Waals ou les forces Ă©lectromagnĂ©tiques varient avec le carrĂ© de la longueur caractĂ©ristique de l'objet.
  • La force de Casimir est souvent non nĂ©gligeable, et les axes frottent davantage que si elle n'existait pas.

     De surcroĂ®t, les faibles dimensions permettent de faire intervenir des effets quantiques tels que l'effet tunnel, le transport balistique et l'Ă©mission de champs. Il existe des applications directes dans le domaine des semi-conducteurs et ouvre des perspectives pour les supraconducteurs.


     Pour des tailles de l'ordre du nanomètre, les caractĂ©ristiques Ă©lectriques, mĂ©caniques ou optiques des matĂ©riaux changent. D'autre part, les rapports de surfaces devenant prĂ©pondĂ©rants, les nanotechnologies ouvrent des perspectives en chimie, en particulier pour la catalyse.

  - Sous-chapitre : DĂ©finition par l'approche bottom up


     Il est Ă©galement possible de dĂ©finir les NST par la nouvelle dĂ©marche qui les caractĂ©riserait.


     Historiquement, le processus de fabrication d’une machine ou d’un objet manufacturĂ© simple relève de manipulations et d’agencements essentiellement macroscopiques. Les matĂ©riaux sont produits, mis en forme par enlèvement de matière ou dĂ©formation, puis assemblĂ©s Ă  l’échelle de grands agrĂ©gats de matière. Plus rĂ©cemment, l’exemple de la microĂ©lectronique montre que nous sommes en mesure de produire sur une surface Ă©quivalente, un nombre toujours plus Ă©levĂ© d’élĂ©ments constituants. Ainsi le nombre de transistors des microprocesseurs sur une puce de silicium double tous les deux ans (vĂ©rifiant la loi de Moore). Cette augmentation illustre le phĂ©nomène de miniaturisation qui prĂ©domine en microĂ©lectronique et plus largement en Ă©lectronique.


     Par opposition, la nanotechnologie s'appuie sur le procĂ©dĂ© inverse : elle consiste Ă  partir du plus petit pour aller vers le plus grand. Elle va de l’intĂ©rieur (des atomes) vers l’extĂ©rieur (les machines et les produits manufacturĂ©s). C’est pour cela que nous la qualifierons de technologie « ascendante Â». La nanotechnologie est donc la discipline qui vise Ă  Ă©tudier, manipuler et crĂ©er des groupes d'atomes puis des objets manufacturĂ©s par le contrĂ´le individuel des atomes, « du bas vers le haut Â».


     Dans cette perspective, le terme gĂ©nĂ©rique "nanotechnologies" concerne l'assemblage contrĂ´lĂ© d'atomes et de molĂ©cules en vue de former des composants de taille supĂ©rieure caractĂ©risĂ©s parfois par de nouvelles propriĂ©tĂ©s physico-chimiques.






Chapitre : Nanotechnologies et applications


  - Sous-chapitre : Nanoparticules, nanomatĂ©riaux et applications commercialisĂ©es


     MĂŞme s'il y a eu un engouement sur les applications potentielles des nanotechnologies, une grande partie des applications commercialisĂ©es se limite Ă  l’utilisation d’une « première gĂ©nĂ©ration Â» de nanomatĂ©riaux passifs. Cela inclut les nanoparticules de dioxyde de titane dans les crèmes solaires, cosmĂ©tiques et certains produits alimentaires ; des nanoparticules de fer dans le packaging alimentaire ; des nanoparticules d’oxyde de zinc dans les crèmes solaires et les cosmĂ©tiques, dans les enduits extĂ©rieurs, peintures, et dans les vernis d’ameublement ; et des nanoparticules d’oxyde de cĂ©rium intervenant comme un catalyseur de carburant.


     Un projet, The Project on Emerging Nanotechnologies, recense les diffĂ©rents produits contenant des nanoparticules et fondĂ©s sur des nanotechnologies. En 2007, ce projet identifie plus de 500 produits de consommation basĂ©s sur des nanotechnologies. En 2008, le rapport issu de ce projet nous indique que le principal secteur concernĂ© par les produits de consommation nanotechnologiques est celui de la santĂ© et des sports (vĂŞtements, accessoires de sports, cosmĂ©tiques, soins personnels, crème solaire, …) avec 59% des produits, suivi de l’électronique et de l’informatique qui en rassemble 14% (audio et vidĂ©o; camĂ©ra et pellicules; matĂ©riel informatique; dispositifs mobiles et communication).

  - Sous-chapitre : Approche bottom up et perspectives


     De plus, les applications exigeant la manipulation ou l'arrangement des composants Ă  une Ă©chelle nanomĂ©trique (atome par atome) nĂ©cessitent l’approfondissement des recherches en cours avant d’aboutir Ă  leur commercialisation. En effet, les technologies actuellement marquĂ©es avec le prĂ©fixe « nano Â» sont parfois peu liĂ©es et Ă©loignĂ©es des objectifs finaux annoncĂ©s par les nanotechnologies, en particulier dans le cadre de la fabrique molĂ©culaire qui est une idĂ©e toujours suggĂ©rĂ©e par le terme. Ainsi, il peut y avoir un danger qu'une « bulle nano Â» se forme (ou soit en train de se former), issue de l'utilisation du terme par les scientifiques et les entrepreneurs afin de recueillir des moyens financiers supplĂ©mentaires, aux dĂ©pens de l’intĂ©rĂŞt rĂ©el que reprĂ©sentent les possibilitĂ©s des transformations technologiques Ă  long terme.


     David M. Berube, dans un livre sur la bulle nanotechnologique, conclut Ă©galement dans ce sens en rappelant qu’une partie de ce qui est vendu en tant que « nanotechnologies Â» est en fait un remaniement de la science des matĂ©riaux. Ce phĂ©nomène pourrait mener au fait que les nanotechnologies soient reprĂ©sentĂ©es par une industrie fondĂ©e essentiellement sur la vente de nanotubes et de nanowires (fils unidimensionnels mesurĂ©s en nanomètres), ce qui aurait pour effet de limiter le nombre de fournisseurs Ă  quelques entreprises vendant des produits Ă  faibles marges avec des volumes très consĂ©quents.






Chapitre : L'organisation des NST


  - Sous-chapitre : Financements des NST


     La recherche scientifique requiert un investissement souvent important. Dans le cas des nanotechnologies, oĂą l’objet d’étude se spĂ©cialise et qui nĂ©cessite des Ă©quipements spĂ©cifiques et coĂ»teux, les investissements nĂ©cessaires ne peuvent ĂŞtre supportĂ©s par une seule Ă©quipe. Pour continuer leurs recherches, les scientifiques et les ingĂ©nieurs sont financĂ©s par une grande diversitĂ© d’acteurs qui peuvent ĂŞtre regroupĂ©s en trois catĂ©gories:


    Liste :
  • Les organisations publiques (Ă©tats) : les gouvernements soutiennent fortement Ă  la fois la recherche appliquĂ©e et la recherche fondamentale. En effet, certains pays ont un système de validation des brevets qui leurs sont propres, ainsi qu’un grand nombre d’agences et de dĂ©partements, qui permettent de favoriser l’obtention de contrats ou la protection de la propriĂ©tĂ© intellectuelle. Les organisations publiques jouent donc un rĂ´le important dans le dĂ©ploiement des moyens de coordination, permettant d'amĂ©liorer la circulation des connaissances dans la communautĂ© scientifique, ainsi que de favoriser la rencontre entre les chercheurs, organisations, universitĂ©s et institutions.
  • Les organisations Ă  but non lucratif : les universitĂ©s constituent le cĹ“ur de cette catĂ©gorie, bien que pour leurs recherches elles reçoivent souvent des financements de sources extĂ©rieures, comme le gouvernement mais aussi les secteurs industriels concernĂ©s. Dans cette catĂ©gorie intervient aussi une multitude d’organisations de bases privĂ©es et d'autres organismes qui soutiennent, sans objectifs directement financiers, la recherche en sciences.
  • Entreprises et secteur privĂ© : dans la plupart des pays dĂ©veloppĂ©s, le secteur privĂ© est Ă  l’initiative d’environ les trois quarts des dĂ©penses nationales de recherches et de dĂ©veloppement. Cette importance du secteur privĂ© est Ă  nuancer avec des situations comme celles des États-Unis ou de l’Union EuropĂ©enne, qui ont des gouvernements qui investissent dans les NST en proposant une politique de recherche et d’innovation forte, en particulier dans les premières phases de dĂ©veloppement de secteurs industriels nouveaux, comme l’est celui des NST.

     
En prenant en compte à la fois les investissements privés et publics de R&D concernant les nanotechnologies, il est possible de positionner les pays les uns par rapport aux autres en fonction du volume des investissements réalisés. Toutefois, cette opération nécessite des précautions dans la mesure où, d’une part la taille des entités comparées intervient et d’autre part, pour le fait que chaque gouvernement a souvent un appareil ainsi que des modalités de financements de la recherche spécifiques. Ainsi, en 2005, la R&D des NST était financée à la hauteur de 48,1% par les gouvernements, de 46,6% par les entreprises et 5,2% par du capital risque pour un total investi sur l’année de 9,57 milliards de $. En suivant cette répartition, le pays arrivant en tête est les États-Unis (1,606 milliard $), suivi du Japon (1,1 milliard $), de l'Allemagne (413 millions $), de l’Union Européenne (269 millions $), et de la Chine (250 millions $). La France, quant à elle, arrive en 8 position, en cumulant un total de 103 millions de $ dédié à la R&D des nanotechnologies.

  - Sous-chapitre : Structuration institutionnelle et institutions concernĂ©es


     En Europe, le 7 PCRD joue un rĂ´le important dans l'organisation des recherches en NST Ă  l'Ă©chelle du continent. Le 7 Programme Cadre de Recherche et DĂ©veloppement est issu de la stratĂ©gie de Lisbonne, dont les objectifs gĂ©nĂ©raux ont Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©s en 2000, qui dĂ©finit les orientations Ă©conomiques et politiques afin de doter l’Union europĂ©enne d’une Ă©conomie de la connaissance compĂ©titive et dynamique : « Les objectifs gĂ©nĂ©raux du 7 PC ont Ă©tĂ© regroupĂ©s en quatre catĂ©gories: CoopĂ©ration, IdĂ©es, Personnes et CapacitĂ©s. Pour chaque type d’objectif, il existe un programme spĂ©cifique correspondant aux domaines principaux de la politique de recherche de l’UE. Tous les programmes spĂ©cifiques Ĺ“uvrent en commun pour promouvoir et encourager la crĂ©ation de pĂ´les europĂ©ens d’excellence (scientifique) Â». L’Union EuropĂ©enne annonce plus d’un doublement des budgets allouĂ©s aux programmes cadres qui passeraient d’environ 20 milliards d’euros (entre 2002 et 2006) Ă  53,2 milliards (pour la pĂ©riode 2007 Ă  2013) . Ă€ ce titre, les nanotechnologies figurent en bonne position dans la catĂ©gorie CoopĂ©rations du 7 PCRD, qui visent essentiellement Ă  favoriser la crĂ©ation de partenariats entre diffĂ©rentes Ă©quipes de recherche europĂ©ennes (et les pays partenaires), ainsi qu’à dĂ©velopper des recherches pluridisciplinaires et transversales.


     En symĂ©trie avec le Programme Cadre de l’Union EuropĂ©enne, les États-Unis ont dĂ©fini la National Nanotechnology Initiative (NNI) qui a dĂ©butĂ© en 2001. Contrairement Ă  l’Union EuropĂ©enne, ce programme fĂ©dĂ©ral de Recherche et DĂ©veloppement est spĂ©cifiquement dĂ©diĂ© aux Nanotechnologies, mais vise Ă©galement Ă  coordonner les efforts des multiples agences qui travaillent Ă  une Ă©chelle nanomĂ©trique en science et technologie. En 2008, le budget allouĂ© Ă  la NNI serait de 1,5 milliard de $, soit plus du triple des dĂ©penses estimĂ©es pour l’annĂ©e 2001 (464 millions de $).


     Au regard des sommes investies, ce type de programme influe fortement sur la structuration des espaces de la recherche scientifique et sur la nature des collaborations engagĂ©es. En effet, c’est Ă  partir d’axes initiaux de dĂ©veloppement que sont dĂ©finis des objectifs concrets qui amènent Ă  construire des appels Ă  projets.


     Ă€ noter en matière de nanotechnologies, l'importance de la technopole grenobloise qui reprĂ©sente un bassin de recherche et d'ingĂ©nieurs unique en Europe dans ce domaine. Des pays Ă©mergents, notamment le Maroc, ont créé des zones prioritaires dĂ©diĂ©es Ă  la recherche en nanotechnologies.






Chapitre : Sociologie des NST



     Dans les sciences sociales, les NST se prĂ©sentent encore comme un objet Ă©mergent. En France, le CNRS a créé une commission interdisciplinaire "Impacts sociaux des nanotechnologies" qui a fonctionnĂ© entre 2004 et 2007, mais n’a pas Ă©tĂ© renouvelĂ©e. Les travaux sur les usages effectifs sont inexistants, puisque les gens, pour la plupart dans l’ignorance de ce que sont les nanotechnologies, n’ont rien Ă  en dire, qui fournirait matière Ă  des entretiens et des questionnaires. Les sociologues se concentrent pour le moment sur l’analyse des discours qui sont tenus par les scientifiques et les hommes politiques.

  - Sous-chapitre : Le projet de sociĂ©tĂ© des rapports scientifiques


     Les NST impliquent une ingĂ©nierie d'assemblage qui associe Ă©troitement science et technologie : elles permettent donc d'envisager les applications technologiques futures, lesquelles reprĂ©sentent des enjeux Ă©conomiques considĂ©rables. Tous les laboratoires affichant leur appartenance au domaine des NST n'ont pas nĂ©cessairement inflĂ©chi leurs thĂ©matiques de recherche. Certains ont "re-labellisĂ©" leur travaux en ajoutant le prĂ©fixe "nano" Ă  l'intitulĂ© de leur programme, sans rien changer sur le fond. Les NST alimentent ainsi un discours de la promesse, avec ses retombĂ©es Ă©conomiques, mais aussi institutionnelles, politiques et idĂ©ologiques. Les sociologues analysant le contenu des rapports des institutions de la recherche constatent que depuis le dĂ©but des annĂ©es 2000 ceux-ci ne sont plus seulement diagnostiques : ils formulent un vĂ©ritable projet de sociĂ©tĂ©. Le dĂ©veloppement de ces nouvelles techniques est prĂ©sentĂ© comme irrĂ©sistible et conduisant naturellement au progrès social, selon une vision scientiste, c'est-Ă -dire mĂ©canique, rationnelle et programmable de l'Ă©volution des connaissances. Les dĂ©veloppements technologiques sont prĂ©sentĂ©s comme inĂ©vitables par des experts, qui sont suivis par les responsables politiques, induisant un dĂ©veloppement tout aussi inĂ©luctable de la sociĂ©tĂ©. Une science prĂ©dictive de la sociĂ©tĂ© permet de justifier les politiques Ă  mettre en Ĺ“uvre, y compris les actions correctives destinĂ©es aussi bien Ă  limiter les risques qu'Ă  rĂ©duire les rĂ©sistances.

  - Sous-chapitre : Le dĂ©bat sur les risques

Article dĂ©taillĂ© : DĂ©bat sur les nanotechnologies.
Article dĂ©taillĂ© : nanotoxicologie.

     Les nanotechnologies sont l’objet d’un dĂ©bat de sociĂ©tĂ©, qui a d’abord Ă©tĂ© confidentiel, mais qui a vocation Ă  s’étendre au grand public, concernant leur dangerositĂ©. Les enjeux et les risques induits par l’incorporation de matĂ©riaux nanotechnologiques (en particulier avec les nanoparticules) ainsi que les nouvelles applications qui seront permises par le biais de la maĂ®trise de la fabrication Ă  l’échelle atomique, suscitent des inquiĂ©tudes. La possibilitĂ© pour les nanomachines de se reproduire elles-mĂŞmes, en mimant le vivant, implique Ă©galement le risque d'une perte de contrĂ´le Ă  la suite de mutations non voulues ni prĂ©vues. La "gelĂ©e grise" est sans doute la peur la plus emblĂ©matique des nanotechnologies : un amas de nanoparticules qui, devenu autonome, voire organisĂ©, pourrait tout dĂ©truire, y compris la croĂ»te terrestre, pour se reproduire.


     Le dĂ©bat est entrĂ© dans l'arène mĂ©diatique en 2000 avec l'article de Bill Joy "Pourquoi le futur n'a pas besoin de nous" dans la revue Wired, l'un des titres les plus connus de la cyberculture.


     Nanotoxicology, une revue scientifique publiĂ©e depuis 2007 par Taylor & Francis Group, est consacrĂ©e spĂ©cifiquement Ă  l'Ă©tude de la toxicitĂ© des nanotechnologies.


     







Chapitre : Références


  1. ↑ The Royal Society & The Royal Academy of Engineering, « Nanoscience and nanotechnologies: opportunities and uncertainties Â», 2004, p. p5
  2. ↑ CEA, « Nanoscience-nanotechnologie Â», Ministère de la Recherche. ConsultĂ© le 15 mai 2007
  3. ↑ Rapport "Nanoscience and nanotechnologies: opportunities and uncertainties", de la "Royal Society & Royal Academy of Engineering's" du Royaume-Uni en réponse au Council for Science and Technology's review of progress on UK Government's actions
  4. ↑ http://www.irsst.qc.ca/files/documents/PubIRSST/R-455.pdf
  5. ↑ http://www.cordis.lu/nmp/home.html et http://www.irsst.qc.ca/files/documents/PubIRSST/R-455.pdf (page 2)
  6. ↑ ...a field, in which little has been done, but in which an enormous amount can be done...
  7. ↑ Why cannot we write the entire 24 volumes of the Encyclopedia Brittanica on the head of a pin?
  8. ↑ Jean-Baptiste Waldner, « Nanocomputers & Swarm Intelligence [1] Â», dans {{{pĂ©riodique}}}, ISTE, 2007, p. p90 
  9. ↑ Jean-Baptiste Waldner, « Nano-informatique et Intelligence Ambiante - Inventer l'Ordinateur du XXIème Siècle [2] Â», dans {{{pĂ©riodique}}}, Hermes Science, 2007, p. p83 
  10. ↑ Pour la Science: Nanosciences, n° 290, Belin, Paris, décembre 2001
  11. ↑ Hullmann A, « Who is winning the global nanorace? Â», dans Nature Nanotechnology, vol. 1, 2006, p. 81-83 [lien DOI] 
  12. ↑ Bonaccorsi A et Thoma G, « Scientific and Technological Regimes in Nanotechnology: Combinatorial Inventors and Performance Â», dans Laboratory of Economics and Management, 2005, p. 43 p. 
  13. ↑ Hullmann A, « The economic development of nanotechnology - An indicators based analysis Â», dans European Commission, DG Research, 2006, p. 34p. 
  14. ↑ Nanodistrict group, « Nanodistrict Positioning paper Â», 2007. ConsultĂ© le 22 septembre 2007
  15. ↑ Méthode et localisation d'un échantillon des firmes qui investissent dans les nanotechnologies dans le monde
  16. ↑ OECD, « Bibliometric Indicators of Nanoscience Research Â», dans NESTI, vol. 12, 2006, p. 20p. 
  17. ↑ Le Cemes est un laboratoire de recherche du CNRS dédié à l'étude de l'infiniment petit, CNRS
  18. ↑ Science & vie junior #215, août 2007, p.44
  19. ↑ Michael Gleiche, Holger Hoffschulz, Steve Lenhert, Nanotechnology in Consumer Products, Nanoforum.org European Nanotechnology Gateway, 2006, 8-9 p. 
  20. ↑ Jean-Baptiste Waldner, "Nanocomputers & Swarm Intelligence", ISTE, 2008 (ISBN 1847040020) 
  21. ↑ Maynard A et Michelson E, « The Nanotechnology Consumer Products Inventory Â», dans Wilson Center and The Pew Charitable Trusts, 2006, p. 10 p. 
  22. ↑ David M. Berube, Nano-hype: The Truth Behind the Nanotechnology Buzz, Prometheus Books, 2006 (ISBN 1-59102-351-3) 
  23. ↑ Peter Bird, « Sources of Funding - Societal Dynamics of Nanotechnology Â», 2006, Clarkson University. ConsultĂ© le 22 septembre 2007
  24. ↑ National Research Council of the National Academies, A Matter of Size : Triennial Review of the National Nanotechnology Initiative, The National Academy Press, 2006, 46-47 p. (ISBN 0-309-10223-5) 
  25. ↑ CORDIS, « Comprendre le 7e PC Â», 2006, Office des publications. ConsultĂ© le 24 septembre 2007
  26. ↑ Commission europĂ©enne Direction gĂ©nĂ©rale de la Recherche, Le 7ème programme Cadre : placer la recherche europĂ©enne au premier plan, Office des publications, 2007, 2-5 p. 
  27. ↑ National Nanotechnology Initiative, « About the NNI Â». ConsultĂ© le 24 septembre 2007
  28. ↑ National Nanotechnology Initiative, « National Nanotechnology Initiative: FY 2008 Budget & Highlights Â», 2007, National Science and Technology Council. ConsultĂ© le 24 septembre 2007
  29. ↑ Revue Quaderni, 61, automne 2006, "La fabrique des nanotechnologies".
  30. ↑ Marc Chopplet, in Quaderni, op. cit.
  31. ↑ Louis Laurent & Jean-Claude Petit, Les nanotechnologies doivent-elles nous faire peur ? Paris, Le Pommier, 2005. Vous pouvez voir également : : Louis Laurent, Jean-Claude Petit, « Nanosciences : nouvelle âge d'or ou apocalypse Â», CEA. ConsultĂ© le 28 avril 2009
  32. ↑ ComitĂ© scientifique des risques sanitaires Ă©mergents et nouveaux, « Les mĂ©thodologies qui existent pour Ă©valuer les risques liĂ©s aux nanoparticules sont-elles appropriĂ©es ? Â», 2006, Commission europĂ©enne. ConsultĂ© le 28 avril 2009
  33. ↑ ComitĂ© de la PrĂ©vention et de la PrĂ©caution, « Nanotechnologies, nanoparticules : quels dangers ? quels risques ? Â», 2006, Ministère de l'Ă©cologie, du dĂ©veloppement et de l'amĂ©nagement durables. ConsultĂ© le 28 avril 2009
  34. ↑ Billy Joy, "Why the future doesn't need us", Wired, 8.04, April 2000. Texte disponible sur : http://www.wired.com/wired/archive/8.04/joy.html
  35. ↑ La revue Nanotoxicology sur le site de l'éditeur Taylor & Francis Group.





Chapitre : Chronologie


    Liste :
  • 1911 : Première utilisation du prĂ©fixe "nano" par un scientifique
  • 1956 : choix du prĂ©fixe "nano" par le BIPM comme une sous unitĂ© du mètre
  • 1959 : Richard Feynman tient son discours au Caltech oĂą il dĂ©clare « There is Plenty of Room at the Bottom Â» (Il y a beaucoup d'espace en bas, sous-entendu : Ă  Ă©tudier)
  • 1974 : Première mention du terme nanotechnologie, forgĂ© par Norio Tanigushi
  • 1974 : Invention de la diode molĂ©culaire par A. Aviram et M. Ratner
  • 1981 : Invention du microscope Ă  effet tunnel
  • 1985 : DĂ©couverte des fullerènes
  • 1986 : Invention du microscope Ă  force atomique par des chercheurs d'IBM a Zurich
  • 1986 : Parution de "Engines of Creation: The Coming Era of Nanotechnology", de Kim Eric Drexler
  • 1987 : La pointe du microscope Ă  effet tunnel est utilisĂ© par des chercheurs d'IBM pour faire commuter un seul interrupteur molĂ©culaire
  • 1990 : Des chercheurs d'IBM Ă©crivent le nom de leur sociĂ©tĂ© avec 35 atomes de xĂ©non Ă  l'aide d'un microscope Ă  effet tunnel
  • 1991 : DĂ©couverte des nanotubes
  • 1995 : Premier contact Ă©lectrique sur une seule molĂ©cule
  • 1997 : Premier amplificateur rĂ©alisĂ© avec une seule molĂ©cule
  • 1998 : Première observation de la rotation d'une molĂ©cule rotor de 1 nm de diamètre
  • 2001 : Premier transistor rĂ©alisĂ© avec un nanotube
  • 2001 : Invention de la molĂ©cule brouette par des chercheurs toulousains
  • 2003 : Millipede, prototype de système de stockage de donnĂ©es, rĂ©alisĂ© par IBM, et utilisant des perforations nanomĂ©triques
  • 2004 : Premiers microprocesseurs gravĂ©s avec une finesse de 0,09 Âµm, soit 90 nm, chez Intel et AMD
  • 2005 : Intel construit des transistors de 65 nm
  • 2006 : Intel est en phase de test pour la gravure en 45 nm qui devrait arriver en 2007
  • 2007 : Invention du premier dispositif mĂ©canique molĂ©culaire : un pignon le long d'une crĂ©maillère

  - Sous-chapitre : Bibliographie

Livres

    Liste :
  • (fr) Michael Crichton (2002), La Proie, roman.
  • (fr) Eric Drexler (1986), Engins de crĂ©ation, ISBN 2-7117-4853-7.
  • (fr) Christian Joachim, Laurence PlĂ©vert (2008), Nanosciences. La rĂ©volution invisible, Seuil, Paris, ISBN 978-2-02-086703-0.
  • (fr) Yan de Kerorguen ((2006), "Les nanotechnologies, espoir, menace ou mirage?". Éditions Lignes de repères, 157 pages, ISBN 2-915752-14-1.
  • (en) Kurzweil,Ray. (2006), Promise and Peril - The Deeply Intertwined Poles of 21st Century Technology, Communications of the ACM, Vol. 44, Issue 3, pp. 88-91.
  • (fr) Dominique Luzeaux et Thierry Puig (2007), Ă€ la conquĂŞte du nanomonde. Nanotechnologies et microsystèmes, Éditions du FĂ©lin. ISBN 978-2-86645-643-6.
  • (fr) Jean-Louis Pautrat (2002), conseiller en communication de Minatec, Demain le nanomonde : Voyage au cĹ“ur du minuscule, ISBN 2-213-61336-2.
  • (fr) Pièces et Main d'Ĺ’uvre, Nanotechnologies/Maxiservitudes, L'Esprit frappeur, 2006, 133 pages, (ISBN 2844052266).
  • (fr) Mark Ratner, Daniel Ratner (2003), Nanotechnologies - La rĂ©volution de demain, ISBN 2-7440-1604-7.
  • (en) N. Taniguchi (1974), On the Basic Concept of 'Nano-Technology', Proc. Intl. Conf. Prod. Eng. Tokyo, Part II, Japan Society of Precision Engineering.
  • (fr) Jean-Baptiste Waldner (2006), Nano-informatique et Intelligence Ambiante, Hermes Science, London, ISBN 2-7462-1516-0.
  • (fr) Michel Wautelet (2003), Les nanotechnologies, ISBN 2-10-007954-9.
  • (en) Mark R. Wiesner and Jean-Yves Bottero (2007), Environmental Nanotechnology : Applications and Impacts of Nanomaterials, Mc Graw Hill, New York, ISBN 978-0-07-147750-5.

Articles

    Liste :
  • (fr) Jean-Pierre Dupuy, « Le risque inouĂŻ des nanotechnologies Â», L'Écologiste, n°10, juin 2003, p. 70-72. L'un des articles clefs du premier dossier critique de la presse française sur les nanotechnologies.

  - Sous-chapitre : Liens externes

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