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Définition Wikipédia de : Maladies nosocomiales







Introduction :

      Les infections nosocomiales sont les infections contractĂ©es dans un Ă©tablissement de santĂ©.







Suite de l'article :

Le terme nosocomial vient du grec nosous, maladie et de komein soigner .



     Une infection est dite nosocomiale ou hospitalière, si elle est absente lors de l'admission du patient Ă  l'hĂ´pital et qu'elle se dĂ©veloppe 48 heures au moins après l'admission. Ce dĂ©lai permet de distinguer une infection d'acquisition communautaire d'une infection nosocomiale. Ce critère ne doit pas ĂŞtre appliquĂ© sans rĂ©flexion et il est recommandĂ© d'apprĂ©cier, dans les cas douteux, la plausibilitĂ© du lien causal entre hospitalisation et infection.


     Le dĂ©lai de 48h s'allonge jusqu'Ă  30 jours dans le cas d'infections de site opĂ©ratoire, et jusqu'Ă  un an s'il y a mise en place de matĂ©riel prothĂ©tique. Autrement dit, toute infection survenant sur une cicatrice chirurgicale dans l'annĂ©e suivant l'opĂ©ration, mĂŞme si le patient est sorti de l'hĂ´pital, peut ĂŞtre considĂ©rĂ©e comme nosocomiale.

- Sommaire de la page -









Chapitre : Généralités



     L'augmentation des infections nosocomiales est en partie liĂ©e aux progrès diagnostiques et thĂ©rapeutiques de la mĂ©decine : la prise en charge de patients de plus en plus fragiles, notamment atteints de dĂ©ficit congĂ©nital de l'immunitĂ© ou, le plus souvent, d'un dĂ©ficit acquis par l'administration de mĂ©dicaments immunosuppresseurs.


     Il faut cependant relativiser cette affirmation d'augmentation : entre l'enquĂŞte française de prĂ©valence de 1996 et celle de 2001, bien que la comparaison des rĂ©sultats soit difficile, on observe une diminution de 13 % de la prĂ©valence des infections nosocomiales.


     Les nouveau-nĂ©s, les prĂ©maturĂ©s et les personnes âgĂ©es sont particulièrement sujets aux infections nosocomiales.


     Les techniques invasives utilisĂ©es dans les hĂ´pitaux pour le diagnostic, la surveillance et le traitement ouvrent souvent de nouvelles portes Ă  l'infection : sonde urinaire Ă  demeure, mesure de la pression veineuse centrale, perfusions de toute nature, implantation de prothèses…


     Les infections nosocomiales ne sont donc pas toutes Ă©vitables, mĂŞme si près de la moitiĂ© de ces infections peuvent ĂŞtre prĂ©venues par des moyens simples, comme le lavage des mains et une formation continue adaptĂ©e.






Chapitre : Historique



     Afin de rendre non contestables les Ă©tudes sur les infections nosocomiales celles-ci rentrent depuis 1999 dans une dĂ©finition standardisĂ©e. En effet en 1999 le CLIN (ComitĂ© de lutte contre les Infections Nosocomiales) Ă©labore les premières dĂ©finitions.


     Une première dĂ©finition de l'infection nosocomiale avait Ă©tĂ© donnĂ©e par la circulaire 263 du ministère de la santĂ© du 13 octobre 1988 [1] relative Ă  l'organisation de la surveillance et de la prĂ©vention des infections nosocomiales. Cette circulaire a Ă©tĂ© remplacĂ©e par une autre circulaire du 29 dĂ©cembre 2000 du ministère de l'emploi et de la solidaritĂ©, prise en application de la loi du 1 juillet 1998 relative "au renforcement de la veille sanitaire et au contrĂ´le de la sĂ©curitĂ© sanitaire des produits destinĂ©s Ă  l'homme", laquelle met Ă  la charge des Ă©tablissements de santĂ© publics et privĂ©s l'obligation d'organiser en leur sein la lutte contre les infections nosocomiales et autres affections iatrogènes (article L. 6111-1 CSP) ainsi que du dĂ©cret du 6 dĂ©cembre 1999 lequel organise les modalitĂ©s de cette lutte menĂ©e par un comitĂ© de lutte contre les infections nosocomiales dans chaque Ă©tablissement. Aux termes de cette circulaire "les infections nosocomiales sont des infections contractĂ©es dans un Ă©tablissement de santĂ©"[2].


     Le CTIN devenu CTINILS en 2004 Ă©labore en mai 2007 de nouvelles dĂ©finitions considĂ©rant les dĂ©finitions de 1999 non satisfaisantes au vu de la multiplication des parcours de soins et des intervenants dans la dispensation des soins, ainsi de la diversification des structures et des systèmes de soins, et de la survenue parfois tardive de l’infection après chirurgie, en particulier avec prothèses implantĂ©es[3].






Chapitre : Épidémiologie


  - Sous-chapitre : En France


     En 1990, parmi 11 599 patients d’un Ă©chantillon de 39 hĂ´pitaux de court sĂ©jour dans 16 dĂ©partements; la prĂ©valence des patients infectĂ©s Ă©tait de 6,7 % et celle des infections nosocomiales (IN) de 7,4 %, (certains patients ayant contractĂ© deux IN, voire plus) .


     En 1996, une première enquĂŞte nationale de prĂ©valence (ENP) couvrait 236 334 patients dans 830 Ă©tablissements de santĂ© (ES) publics et privĂ©s. La prĂ©valence des patients infectĂ©s Ă©tait de 6,7 %, comme dans l’enquĂŞte de 1990, et celle des IN de 7,6 %


     En 2001, une deuxième ENP Ă©tait proposĂ©e Ă  tous les ES publics et privĂ©s sous l’égide du RĂ©seau d’alerte, d’investigation et de surveillance des infections nosocomiales (Raisin). Cette enquĂŞte a inclus 305 656 patients dans 1 533 Ă©tablissements (78 % des lits d’hospitalisation). La prĂ©valence des patients infectĂ©s Ă©tait de 5,9 % et celle des IN de 6,4 %


     Le jour de l’ENP des IN de juin 2006, 17 817 des 358 353 patients avaient une ou plusieurs IN actives, soit une prĂ©valence nationale des patients infectĂ©s de 4,97 % ; 19 294 IN Ă©taient recensĂ©es, soit une prĂ©valence nationale des IN de 5,38 %.


     Bien que les rĂ©sultats de ces enquĂŞtes ne soient pas directement comparables en raison des diffĂ©rences d’échantillonnage, la baisse des prĂ©valences des IN en France est nĂ©anmoins rĂ©elle. Par exemple, si on se restreint aux IN acquises et aux ES ayant participĂ© aux deux enquĂŞtes nationales de 2001 et 2006, la prĂ©valence des patients infectĂ©s a diminuĂ© de 4,61 % en 2001 Ă  4,25 % en 2006 (- 8 % globalement au niveau national).


     En 2006, les infections urinaires reprĂ©sentaient 30,3 % des pathologies nosocomiales suivies par les pneumopathies (14,7 %), les infections du site opĂ©ratoire (14,2 %).les infections de la peau et des tissus mous (10,2 %), les autres infections respiratoires (6,8%) et les bactĂ©riĂ©mie/septicĂ©mies (6,4 %).


     Les infections nosocomiales compliquent 5 Ă  19 % des admissions dans les hĂ´pitaux gĂ©nĂ©raux et jusqu'Ă  30 % des patients en soins intensifs. En moyenne, ces infections prolongent l'hospitalisation de 4 Ă  5 jours. Les patients admis en rĂ©animation sont particulièrement susceptibles en raison de leur exposition Ă  divers dispositifs invasifs. Parmi les patients adultes hospitalisĂ©s en rĂ©animation plus de 2 jours dans les services participant au RĂ©seau Raisin, 14,4 % ont prĂ©sentĂ© au moins une infection en 2007. Les taux Ă©taient de 13,5 % en 2004, 14,6 % en 2005 et 14,1 % en 2006.


     On estime qu'il y a environ 9 000 morts par an, mais dans seulement 4 200 cas, le pronostic vital n'Ă©tait pas engagĂ© avant la dĂ©claration de la maladie.

  - Sous-chapitre : En Italie


     En Italie, les maladies nosocomiales concernaient dans les annĂ©es 2000 environ 6,7 % des personnes hospitalisĂ©es, soit 450 000 et 700 000 victimes, causant entre 4 500 et 7 000 morts.


     Ă€ la polyclinique Umberto-Ier oĂą les conditions d'hygiène se sont rĂ©vĂ©lĂ©es dĂ©sastreuses en 2006, le taux d'infection dĂ©passait 15 %.

  - Sous-chapitre : Aux États-Unis


     Aux États-Unis, on estime que 10 % des patients hospitalisĂ©s sont victimes d'une infection nosocomiale, soit 2 millions de patients par an.


     Cela a reprĂ©sentĂ© 88 000 morts en 1995, et un coĂ»t allant de 4,5 Ă  11 milliards de dollars. Un tiers des maladies nosocomiales seraient Ă©vitables.






Chapitre : Les modes de transmission



     Il y a quatre grands modes de transmission :

  - Sous-chapitre : Auto-infection


     La malade s'infecte avec ses propres germes, les « portes d'entrĂ©e Â» sont les lĂ©sions des muqueuses, les lĂ©sions cutanĂ©es (plaies, brĂ»lures, maladies de peau). Les germes seront ceux de la peau, des muqueuses, du tractus digestif, etc. Ce mĂ©canisme est favorisĂ© par diffĂ©rents facteurs, la dissĂ©mination des germes du patient dans son environnement (comme par exemple le lit), par l'utilisation de traitement pouvant altĂ©rer l'immunocompĂ©tence (corticostĂ©roĂŻdes, immunosuppresseurs…), par l'administration de traitements sĂ©lectionnant certaines bactĂ©ries (antibiothĂ©rapie Ă  spectre large…). Enfin, les patients immunodĂ©primĂ©s (sida, aplasiques…) sont les personnes les plus Ă  risque du fait du dĂ©faut de vigilance immunitaire de leur organisme, dĂ©veloppant ainsi des pathologies strictement endogènes.

  - Sous-chapitre : HĂ©tĂ©ro-infection


     Dans ce cas, le germe responsable de l'infection nosocomiale provient d'un autre malade, la transmission Ă©tant le plus souvent manuportĂ©e, par le personnel soignant intervenant auprès de plusieurs patients, dissĂ©minant ainsi les germes d'une personne Ă  l'autre. Ces infections sont dites « croisĂ©es Â». C'est le mode de contamination le plus frĂ©quemment retrouvĂ© lors d'Ă©pidĂ©mies. Cependant certains germes, comme celui de la tuberculose, sont transmis par voie aĂ©rienne. Il peut en outre arriver plus rarement que les germes soient transmis par contact direct entre deux patients.

  - Sous-chapitre : XĂ©no-infection


     Ce mode de transmission est un peu Ă  part, dans ce cas les agents pathogènes sont transmis par des personnes venant de l'extĂ©rieur (personnel soignant, visiteurs, sous-traitants), et prĂ©sentant eux-mĂŞmes une pathologie infectieuse, dĂ©clarĂ©e ou en cours d'incubation. Ce mode de transmission n'est cependant pas Ă  nĂ©gliger, car il peut ĂŞtre dĂ©vastateur pour les patients particulièrement fragiles. Ainsi, les professionnels de santĂ© sont de plus en plus encouragĂ©s Ă  se faire vacciner contre la grippe.

  - Sous-chapitre : Exo-infection


     Ce mode de transmission est dĂ»

    Liste :
  • soit Ă  un dysfonctionnement technique d'un matĂ©riel (filtre Ă  air, autoclave…) destinĂ© Ă  la protection des patients qui, ne remplissant plus son office, les laisse en contact avec des germes qui ne devraient, en principe, pas faire l'objet d'une infection, au vu des mesures prises pour les prĂ©venir (aspergillose, lĂ©gionelle…),
  • soit Ă  une erreur commise dans l'exĂ©cution des procĂ©dures de traitement du matĂ©riel mĂ©dico-chirurgical.

  - Sous-chapitre : Formes cliniques


     En France :

    Liste :
  • Infections urinaires : 44 % des cas
  • Infections post-opĂ©ratoires : 45 % des cas
  • Infections pulmonaires : 10-30 % des cas
  • Infections gĂ©nĂ©ralisĂ©es : 5-10 % des cas
  • Infections virales





Chapitre : Causes des infections nosocomiales



     Pour dĂ©velopper une infection nosocomiale, il faut que trois Ă©lĂ©ments soient rĂ©unis :

  1. un agent infectieux ;
  2. un mode de transmission ;
  3. un sujet réceptif.

     Il existe des facteurs favorisants dont ; manque d'hygiène (Ă©ventuellement faute de salles de bain ou douches), le comportement du personnel hospitalier (qui parfois sous-estime le risque ou le comprend mal), ou encore la mobilitĂ© des patients (frĂ©quemment transfĂ©rĂ©s d'un Ă©tablissement ou service Ă  l'autre).

  - Sous-chapitre : L'agent infectieux


     Les infections nosocomiales sont gĂ©nĂ©ralement dues Ă  des bactĂ©ries :

    Liste :
  • commensales, c'est-Ă -dire des germes qui ne peuvent vivre qu'au contact de notre organisme ; ces bactĂ©ries sont souvent utiles au bon fonctionnement du corps humain, ainsi la flore bactĂ©rienne rĂ©sidant dans notre tube digestif (staphylocoque dorĂ©, pseudomonas aeruginosa…) est indispensable Ă  la digestion ; en revanche, si pour une raison ou pour une autre lors d'une intervention chirurgicale, ces germes sont dĂ©versĂ©s dans la cavitĂ© abdominale, ils deviennent dangereux, pathogènes ;
  • saprophytes, c'est-Ă -dire vivant dans l'environnement de l'homme (l'eau, l'air…) et pouvant le coloniser dans certaines conditions.

  - Sous-chapitre : L'hĂ´pital, milieu favorisant


     Le milieu hospitalier met en prĂ©sence des individus sains et de nombreux patients prĂ©sentant des pathologies variĂ©es, infectieuses ou non. Chacun en se dĂ©plaçant dans les locaux, et en dĂ©plaçant du matĂ©riel disperse des germes qui peuvent notamment se retrouver nombreux sur les chaussures, poignĂ©es de porte, interrupteurs, surfaces (« fomites Â») et dans l'air… faisant de l'environnement hospitalier un vĂ©ritable « pot pourri Â» de germes. Ceux-ci Ă©voluent selon leurs capacitĂ©s intrinsèques de rĂ©sistances intrinsèques, et selon les dĂ©sinfectants et antiseptiques utilisĂ©s pour le nettoyage et les soins. Face Ă  ces produits et aux antibiotiques prescrits dans l'Ă©tablissement, des microbes subissent une forte pression de sĂ©lection : seuls les plus rĂ©sistants survivent.


     Chaque patient hospitalisĂ© arrive avec sa propre flore bactĂ©rienne. Mais une fois en contact avec l'environnement hospitalier (le lit, la table de nuit, le personnel…) et les diffĂ©rents traitements, celle-ci va se modifier, et va Ă  son tour subir la pression de sĂ©lection. Par consĂ©quent, les germes rĂ©sistants de l'environnement vont se dĂ©velopper aux dĂ©pens de ceux a priori moins rĂ©sistants de la flore d'origine.


     Les germes hospitaliers sont de ce fait souvent capables de survivre dans un milieu hostile et de dĂ©velopper de multiples rĂ©sistances aux antibiotiques les plus utilisĂ©s. Certains hĂ´pitaux sont ainsi confrontĂ©s Ă  des problèmes liĂ©s Ă  l'Ă©mergence de staphylocoques, d'entĂ©rocoques et de bacilles Gram- rĂ©sistants Ă  de multiples antibiotiques.

  - Sous-chapitre : La sur-utilisation d'antibiotiques


     Les antibiotiques administrĂ©s sans raison valable sont la cause principale des infections nosocomiales. En effet, ils rendent certains micro-organismes rĂ©sistants et contribuent Ă  la sĂ©lection des souches hospitalières multirĂ©sistantes qui peuvent se transmettre d'un patient Ă  l'autre.


     Ces germes, mĂŞme rĂ©sistants, ne sont pas forcĂ©ment pathogènes pour les individus en bonne santĂ©, mais ils le sont pour ceux dont l'Ă©tat de santĂ© est altĂ©rĂ©.


     La gravitĂ© des infections peut ĂŞtre exacerbĂ©e par l'utilisation d'antibiotiques.


     Des patients peuvent aussi arriver avec des bactĂ©ries rĂ©sistantes Ă  des antibiotiques qu'ils ont utilisĂ© dans leur vie professionnelle (Ă©leveurs industriels de porcs ou volaille par exemple, dont les animaux abritent eux-mĂŞmes des microbes antibiorĂ©sistants).


     Les bactĂ©ries pouvant Ă©changer entre elles des gènes de rĂ©sistance, notamment quand elles sont stressĂ©es, ce qui est le cas quand on les expose Ă  des dĂ©sinfectants ou antibiotiques, une souche bactĂ©rienne non pathogène mais rĂ©sistante peut aussi rendre une souche pathogène rĂ©sistante.

Article dĂ©taillĂ© : RĂ©sistance aux antibiotiques.

  - Sous-chapitre : Causes Ă©cologiques et comportementales


     Des travaux rĂ©cents ont montrĂ© que les maladies nosocomiales ont connu une très forte augmentation parmi les maladies Ă©mergentes (elles constituaient environ 20 % des 335 cas de maladies Ă©mergentes signalĂ©es entre 1940 et 2004. Ce sont souvent d’anciennes maladies (réémergentes), devenues antibiorĂ©sistantes, dont par exemple la tuberculose).
Le problème est d'autant plus préoccupant que depuis 50 ans, le nombre de vecteurs devenus résistant aux pesticides augmente aussi et que ces maladies émergentes récentes, sont presque toutes des zoonoses (maladies pouvant à la fois toucher l’homme et l’animal) (le nombre d'apparition de ces maladies a presque été multipliés par 4 depuis 50 ans, et plus encore depuis les années 1980, peut-être en raison de l'augmentation des cas de déficience immunitaire acquise). La croissance exponentielle des transports longue distance, par avion et bateau notamment est un autre facteur d'exacerbation du risque. L'exposition chronique d'animaux ou d'humains à certains polluants est également susceptible de diminuer leur immunité.

  - Sous-chapitre : RĂ©ceptivitĂ© du patient


     Les patients hospitalisĂ©s ont souvent - par nature - des dĂ©fenses immunitaires altĂ©rĂ©es, du fait de pathologies portant directement atteinte Ă  leur compĂ©tences immunitaires (diabète, insuffisance respiratoire, pathologies immunitaires, grands brĂ»lĂ©s…), ou en raison de leur Ă©tat gĂ©nĂ©ral.


     Ainsi les personnes dĂ©nutries ou aux âges extrĂŞmes de la vie sont plus rĂ©ceptives aux infections en gĂ©nĂ©ral, et nosocomiales en particulier.

  - Sous-chapitre : Autres traitements, dispositifs mĂ©dicaux propices aux infections Ă  l'hĂ´pital


     Enfin les traitements ou les dispositifs mĂ©dicaux utilisĂ©s, comme les sondes urinaires, les sondes d'intubation, les cathĂ©ters, les drains, mais aussi les traitements par corticoĂŻdes, antibiotiques, immunosuppresseurs... constituent un terrain propice au dĂ©veloppement de pathologies nosocomiales.






Chapitre : La lutte contre les infections nosocomiales



     On estime que 30 % des infections nosocomiales pourraient ĂŞtre Ă©vitĂ©es : « Au total, compte tenu des origines multiples des infections nosocomiales, on estime Ă  70 % la proportion de celles qui ne pourraient pas ĂŞtre Ă©vitĂ©es par une meilleure prĂ©vention (mesures d'hygiène, locaux adaptĂ©s, etc.), notamment en raison de leur origine endogène . Â»

  - Sous-chapitre : Mesures de prĂ©ventions possibles


     Les principales mesures pour combattre les infections nosocomiales relèvent de l'hygiène :

    Liste :
  • hygiène des mains des soignants, des patients et de leur entourage (Souvent par friction hydro-alcoolique en l'absence de cas de Clostridium ou de souillure sur les mains) ;
  • Isolement septique (en particulier dans une chambre individuelle) des malades susceptibles de propager l'infection ;
  • Isolement protecteur des sujets anormalement susceptibles aux infections ;
  • Surveillance de l'usage des antibiotiques dans l'hĂ´pital ;
  • Surveillance de l'environnement par un technicien biohygiĂ©niste (traitement d'air: au bloc opĂ©ratoire, chambres de greffes; contrĂ´le de l'eau: eau bactĂ©riologiquement maĂ®trisĂ©e, eau chaude sanitaire (LĂ©gionelles), eau pour soins standards, ContrĂ´le de la dĂ©sinfection des endoscopes, ContrĂ´le de la qualitĂ© microbiologique des surfaces.
  • Actions prĂ©ventives techniques: traitement des conduites transportant les fluides, notamment l'eau (choc thermique / choc chlorĂ©) des tours aĂ©ro-rĂ©frigĂ©rantes et l'air (nettoyage des gaines, chauffage, climatisation);
  • Formation et contrĂ´le mĂ©dical pĂ©riodique du personnel de l'hĂ´pital : lavage des mains entre chaque patient (dĂ©tersion avec du savon si nĂ©cessaire, et friction Ă  la solution hydro-alcoolique), utilisation de gants stĂ©riles et de masques si nĂ©cessaire, dĂ©sinfection du matĂ©riel (notamment Ă  l'autoclave) et destruction du matĂ©riel Ă  usage unique…
  • Constitution d'un ComitĂ© de Lutte contre les Infections Nosocomiales chargĂ© d'Ă©laborer un programme pour le contrĂ´le des infections nosocomiales en association Ă  une Équipe OpĂ©rationnelle d'Hygiène (E.O.H, UHLIN ...).
  • Changement rĂ©gulier (3 Ă  quatre fois par an) des anti-bactĂ©riens de surface ( et d'une manière gĂ©nĂ©rale de tous les produits d'entretien) pour que les bactĂ©ries ne deviennent pas rĂ©sistantes aux produits. ????

  - Sous-chapitre : Les instances chargĂ©es de lutter contre les Infections Nosocomiales

En France


     En France, c'est en 1998, que le CLIN (ComitĂ© de Lutte contre les Infections Nosocomiales) ainsi que ses cellules filles rĂ©gionales, les C.CLIN (Centres de Coordination de la Lutte contre les Infections Nosocomiales) sont instituĂ©s. Ces structures d'État ont pour mission :

    Liste :
  • d'auditer grâce aux Ă©quipes d'hygiène et aux CLIN la prĂ©valence et l'incidence des infections nosocomiales des structures de soins publiques ou privĂ©es ;
  • de publier ces informations sous forme d'un communiquĂ© au public, d'une bibliographie documentaire ou d'un rapport d'alerte Ă  l'InVS ou l'Afssa ;
  • de favoriser par des moyens techniques ou bibliographiques les plans de lutte internes Ă  chaque structure de soins (et ce notamment en Ă©ditant annuellement le « Guide de bonnes pratiques et de recommandations Â» Ă  l'intention des professionnels de la santĂ© Ă  l'issue des confĂ©rences de consensus).

     Depuis le 1 Juillet 1998, la loi de sĂ©curitĂ© sanitaire du code de la santĂ© publique prĂ©voit que chaque Ă©tablissement de santĂ© se doit de se doter d'un plan de lutte contre les infections nosocomiales. Le renforcement de la prĂ©vention des risques sanitaires doublĂ© par l'organisation de la lutte contre les infections nosocomiales par le CLIN, permettent Ă  chaque Ă©tablissement de santĂ© de constituer une cellule de lutte contre les infections nosocomiales animĂ©e par l'Équipe OpĂ©rationnelle d’Hygiène (EOH).


     En l'absence de rĂ©glementation les Équipes OpĂ©rationnelles se composent de façon assez diffĂ©rente d'un Ă©tablissement Ă  l'autre:


     Elles peuvent ĂŞtre constituĂ©es de:


     - un ou plusieurs mĂ©decins hygiènistes (ou praticiens hygiĂ©niste s(+ DU d'hygiène)) - une ou plusieurs infirmières hygiènistes avec souvent un cadre infirmier hygiĂ©niste (IDE + DU d'Hygiène) - un ou plusieurs techniciens biohygiĂ©niste (Techniciens de Laboratoire titulaires d'un BAC+2 en biologie de laboratoire (BTS AB par exemple)et ayant effectuĂ© 1 an de spĂ©cialisation en hygiène Ă  l'ENCPB Ă  Paris ou depuis septembre 2007 de la licence professionnelle "Biohygiène" dĂ©cernĂ©e par cette mĂŞme Ă©cole soutenue par l'UniversitĂ© Pierre et Marie Curie - Paris 6.


     On note cependant que la non reconnaissance des spĂ©cialitĂ©s d'hygiĂ©niste et l'absence de lĂ©gislation stricte pour les praticiens, techniciens et infirmières freine largement la crĂ©ation de ces postes considĂ©rĂ©s comme couteux aux yeux des Ă©tablissements actuellement. La crĂ©ation des pĂ´les sur les objectifs de la rentabilitĂ© met Ă  mal ces Ă©quipes qui pourtant travaillent dans l'objectif de minimiser le surcoĂ»t incontournable qu'engendre l'hygiène. L'hygiène est un investissement sur le long terme et ne produit pas une activitĂ© palpable Ă  court terme. Mais le coĂ»t d'une infection nosocomiale est important Ă  la fois pour le patient et l'Ă©tablissement de soin.


     Â« L'InVS a mis au point un système d'alerte efficace. Ce système met en relation les Ă©tablissements qui alertent l'InVS quand une Ă©pidĂ©mie ou une infection rĂ©sistante surviennent ; RAISIN (RĂ©seau d'Alerte, d'Investigation et de surveillance des Infections Nosocomiales) produit alors des recommandations s'il y a lieu. Deux exemples rĂ©cents peuvent ĂŞtre citĂ©s :

    Liste :
  • entĂ©rocoque rĂ©sistant Ă  la vancomycine (alerte en juillet 2005)
  • acinetobacter baumannii multi-rĂ©sistant aux antibiotiques, signalĂ© dans 54 Ă©tablissements rĂ©partis dans 15 dĂ©partements (recommandations juin 2004) Â» ...

     Â« Des rĂ©sultats encourageants corroborent ceux enregistrĂ©s par exemple Ă  l'AP-HP oĂą le pourcentage de SARM a diminuĂ© de ÂĽ en court sĂ©jour et de moitiĂ© en rĂ©animation entre 1993 et 2002 (passant de 55 % Ă  24 %). Une tendance Ă  la baisse du pourcentage de SARM en rĂ©animation durant les 4 dernières annĂ©es a Ă©tĂ© aussi enregistrĂ©e dans les CCLIN Paris-Nord et Sud-Ouest.


     Ces rĂ©sultats qui vont dans le bon sens semblent ĂŞtre le fruit d'une mise en place d'un programme spĂ©cifique de prĂ©vention de la transmission croisĂ©e des bactĂ©ries multi-rĂ©sistantes, et d'un meilleur usage des antibiotiques.


     Mais la vigilance demeure de mise et des progrès restent Ă  faire. Par exemple, la proportion des souches EBLSE a diminuĂ© depuis 1993 (diminution rĂ©gulière dans le temps) mais, en revanche, la rĂ©sistance de ces bactĂ©ries a gagnĂ© l'espèce E. coli, espèce commensale majeure, ce qui fait craindre une diffusion dans la communautĂ©. Elle a gagnĂ© aussi l'espèce E. aerogenes. Â»


     Le ministère de la santĂ© a mis en place un indicateur composite des activitĂ©s de lutte contre les infections nosocomiales "ICALIN", dont l'objectif est d'inciter tous les Ă©tablissements de santĂ© Ă  mesurer leurs actions et leurs rĂ©sultats dans le domaine de la lutte contre les infections nosocomiales.

Dans les pays scandinaves


     Un travail a Ă©tĂ© fait pour comparer des protocoles d'Ă©viction des staphylocoques dorĂ©s rĂ©sistants Ă  la mĂ©ticilline (SARM) dans les pays scandinaves. Car "dans les Pays-Bas et les pays scandinaves, le taux de SARM est infĂ©rieur Ă  1 % alors qu'il est en France de 28 % selon l'EARSS 2004, et se situe aussi Ă  des taux importants au Royaume Uni, en Allemagne, en Belgique et aux États-Unis (50 % selon le National Nosocomial Infections Surveillance System8(*)".


     Les pays scandinaves et les Pays-Bas, pour obtenir un taux si faible de SARM, ont dĂ©veloppĂ© le protocole appelĂ© Search and Destroy (S & D). Les impacts des mesures de ce programme S & D ont Ă©tĂ© Ă©tudiĂ©s en utilisant des modèles mathĂ©matiques en considĂ©rant soit un faible taux de SARM (<1 %), soit un fort taux de SARM (>10 %).


     Les 6 mesures prĂ©ventives Ă©tudiĂ©es Ă©taient :

    Liste :
  • Mesure I : la prise en charge des porteurs de SARM en chambre seule
  • Mesure II : la recherche d'une colonisation et l'isolement des patients Ă  risque, c'est-Ă -dire les patients dĂ©jĂ  identifiĂ©s comme porteurs de SARM ou provenant de services Ă  risque
  • Mesure III : la recherche systĂ©matique de SARM chez tous les patients après la dĂ©tection d'une IN dans un service
  • Mesure IV : mesure III associĂ©e Ă  la recherche systĂ©matique d'une colonisation par le SARM dans le personnel soignant d'un service infectĂ©, et arrĂŞt de travail jusqu'Ă  dĂ©contamination des membres du personnel infectĂ©s
  • Mesure V : interdiction de nouvelles admissions dans les services prĂ©sentant une transmission avĂ©rĂ©e entre les patients, cette mesure Ă©tant prolongĂ©e jusqu'Ă  isolement en chambre seule de tous les porteurs de SARM
  • Mesure VI : la colonisation du SARM est Ă©radiquĂ©e Ă  la fin de l'hospitalisation.

     Les simples mesures d'hygiène des mains sont sous-entendues dans le comportement du personnel de santĂ© et ne sont donc pas mentionnĂ©es en tant que telles bien qu'elles soient indispensables et nĂ©cessairement respectĂ©es.

    Liste :
  • Première constatation : dans les modèles Ă  faible taux de SARM (<1 %), l'absence de toute mesure de contrĂ´le s'accompagne en 10 ans d'une augmentation du taux atteignant plus de 15 %. L'application de la mesure I seule n'est pas suffisante pour maintenir le taux d'IN Ă  SARM Ă  moins de 1 % mais l'augmentation est très lente (1,5 % en 30 ans). L'association de la mesure I avec la mesure II ou avec la mesure III permet de maintenir un taux de SARM Ă  moins de 1 %. L'association des mesures I, II et III donne les meilleurs rĂ©sultats. Les mesures IV, V, et VI offrent chacune un bĂ©nĂ©fice supplĂ©mentaire minime.
    Liste :
  • Deuxième constatation : dans les modèles Ă  fort taux de SARM (>10 %), l'application de l'ensemble des mesures du programme S & D rĂ©duit le taux de SARM Ă  1 % en 6 Ă  12 ans. L'application de la mesure I seule le rĂ©duit Ă  5 % en 15 ans. Et les applications, par Ă©tape ou globalement, de la mesure I avec la mesure II ou avec la mesure III ou avec les mesures II et III aboutissent Ă  une diminution du taux de SARM allant de moins de 2 % Ă  moins de 1 % sur 20 Ă  30 ans selon le modèle. Le nombre total de jours requis en isolement par hĂ´pital sur 30 ans est d'une centaine de milliers de jours.

     Comment s'inspirer de ce protocole Search and Destroy ? Les pays ayant un fort taux de SARM pourraient s'inspirer de ce programme S & D et de ses 6 mesures.


     Ă€ noter que ces mesures, pour ĂŞtre efficaces, doivent ĂŞtre respectĂ©es de façon exhaustive : par exemple, une efficacitĂ© d'isolement des patients de seulement 50 % ne pourrait conduire Ă  une diminution du taux de SARM.


     Des limites s'imposent immĂ©diatement pour appliquer un tel programme en France :

  1. Un problème architectural existe qui fait que souvent dans les services de rĂ©animation, les rĂ©animateurs ne disposent pas de chambre d'isolement ou n'en disposent pas en nombre suffisant (chambres en rĂ©animation Ă  3 lits, heureusement de moins en moins frĂ©quentes...) ;
  2. Un problème culturel comportemental existe également qui entrave les plus simples mesures d'hygiène, mesures appliquées depuis longtemps dans les pays scandinaves.

     Mais ce modèle est Ă  garder Ă  l'esprit. On remarquera Ă  ce propos que les pays ayant de bons rĂ©sultats en matière de rĂ©sistance aux antibiotiques ne sont pas toujours ceux qui ont de bons rĂ©sultats en matière d'IN. Les mesures Ă  prendre pour ces deux objectifs, pourtant très liĂ©s, sont distinctes.

En Suisse


     Dans le canton de Genève, l'Ă©tude "Clean Care is Safer Care" menĂ©e par les HĂ´pitaux Universitaires de Genève (HUG), en partenariat avec l'OMS, a pu mettre en Ă©vidence qu'en fournissant un flacon de poche de solution hydro-alcoolique (SHA) Ă  chaque professionnel de santĂ©, la prĂ©valence des infections nosocomiales d'origine manuportĂ©e Ă©tait rĂ©duite de moitiĂ©. Une des principales explications mises en avant par l'audit est qu'un lavage des mains Ă  l'eau et au savon est plus contraignant que de pratiquer une hygiène des mains Ă  l'aide d'une friction de SHA.


     Ă€ la suite de cette Ă©tude rĂ©vĂ©lant qu'en levant certaines contraintes (temps d'un lavage, intolĂ©rance cutanĂ©e au papier d'essuyage, facilitĂ© d'emploi de la SHA et disponibilitĂ© sur l'instant du produit), la cellule VigiGerme des HUG recommande qu'Ă  opportunitĂ© Ă©gale, il vaut mieux privilĂ©gier une friction de SHA Ă  un lavage classique.






Chapitre : Cas de la France



     Â« On admet communĂ©ment que, en France, 6 % Ă  7 % des hospitalisations sont compliquĂ©es par une infection nosocomiale (IN) plus ou moins grave, soit environ 750.000 cas sur les 15 millions d'hospitalisations annuelles. Â»


     Toujours selon ce dernier rapport de l'OPEPS (juin 2006), les infections nosocomiales constituent « 22 % des Ă©vĂ©nements graves liĂ©s aux soins, contre 37,5 % pour les autres suites d'une intervention chirurgicale et 27,5 % pour les accidents mĂ©dicamenteux. Â»

  - Sous-chapitre : 4200 dĂ©cès par an ?


     L'estimation habituelle du nombre de dĂ©cès annuels est de 7 000-10 000. Une enquĂŞte rĂ©cente (C.CLIN Paris-Nord, PHRC, 2001) table plutĂ´t sur 4 200. « Au total, les infections nosocomiales seraient donc en cause pour 9.000 dĂ©cès par an, dont 4.200 concernent des patients pour lesquels le pronostic vital n'Ă©tait pas engagĂ© Ă  court terme Ă  leur entrĂ©e Ă  l'hĂ´pital. Pour la moitiĂ© de ces 4.200 dĂ©cès, aucune autre cause de dĂ©cès n'est dĂ©tectĂ©e.. Â»


     L'imputabilitĂ© est de toute façon dĂ©licate Ă  Ă©tablir. « Peu d'Ă©tudes ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es mais il semblerait que les IN multiplient le risque de dĂ©cès par 3 si on compare le nombre de dĂ©cès des patients ayant acquis une IN Ă  celui des patients « identiques Â»n'ayant pas acquis une IN. ...


     Finalement on peut estimer le nombre de dĂ©cès en secteur hospitalier avec IN Ă  environ 9 000, dont 4 200 chez des patients dont le pronostic vital n'Ă©tait pas engagĂ© Ă  court terme, dont la moitiĂ© sans autre cause de dĂ©cès. Â»


     Il est probable que les 3/4 de ces 4200 dĂ©cès soient victimes de bactĂ©ries multirĂ©sistantes aux antibiotiques

  - Sous-chapitre : Un coĂ»t Ă©conomique certain, plus cher que la prĂ©vention


     Â« Les infections nosocomiales entraĂ®nent un surcoĂ»t financier important, essentiellement dĂ» Ă  un allongement de la durĂ©e d'hospitalisation (4 jours en moyenne), au traitement anti-infectieux et aux examens de laboratoire nĂ©cessaires au diagnostic et Ă  la surveillance de l'infection. On estime ainsi que la survenance d'une infection allonge le sĂ©jour en chirurgie orthopĂ©dique de près de 2 semaines et augmente les coĂ»ts de prise en charge du patient de 300 %.


     Les diffĂ©rentes Ă©tudes disponibles font Ă©tat d'une Ă©chelle de coĂ»ts très large, allant de 340 euros en moyenne pour une infection urinaire Ă  40.000 euros pour une bactĂ©riĂ©mie sĂ©vère en rĂ©animation. Les estimations varient donc sensiblement en fonction du site anatomique de l'infection, de la nature du germe, de la pathologie prise en charge mais aussi du service d'hospitalisation.


     En appliquant une fourchette de surcoĂ»t moyen de 3.500 Ă  8.000 euros par infection aux 750.000 infections nosocomiales annuelles, on atteint un montant de dĂ©penses de 2,4 Ă  6 milliards d'euros.


     Ainsi, une diminution de 10 % du nombre d'infections conduirait Ă  une Ă©conomie de 240 Ă  600 millions d'euros, soit jusqu'Ă  6 fois plus que l'effort de prĂ©vention consenti par les Ă©tablissements hospitaliers, qui s'Ă©tablit Ă  une centaine de millions d'euros.


     Ce rapide calcul montre combien le coĂ»t de la non-qualitĂ© est supĂ©rieur Ă  celui de la prĂ©vention . Â»

  - Sous-chapitre : Une politique de prĂ©vention qui commence Ă  porter ses fruits


     Plusieurs mesures depuis 1995 ont « produit des rĂ©sultats non nĂ©gligeables en termes de prĂ©valence des infections nosocomiales parmi les patients hospitalisĂ©s. Ainsi, entre l'enquĂŞte de prĂ©valence de 1996 et celle menĂ©e en 2001, ce taux a Ă©tĂ© ramenĂ© de 8,3 % Ă  7,2 % dans les centres hospitaliers universitaires et de 6,5 % Ă  5 % dans les centres hospitaliers. Â»

  - Sous-chapitre : Une prise de conscience collective, mais une information insuffisante


     Une enquĂŞte Ipsos (2006) montre que 83 % des personnes interrogĂ©es ont entendu parler des infections nosocomiales, et que ces risques « constituent la source d'inquiĂ©tude première des Français dans le cadre d'une hospitalisation, avant les erreurs mĂ©dicales. Â» Crainte sous-estimĂ©e par les professionnels de santĂ©, qui estiment que la peur d'ĂŞtre anesthĂ©siĂ© serait leur premier facteur d'anxiĂ©tĂ©.


     Â« En revanche, le grand public ne s'estime pas correctement informĂ© sur les causes et les consĂ©quences des infections nosocomiales. Â». L'Opeps conclut que « l'effort en matière de lutte contre les infections nosocomiales devra, dans les annĂ©es Ă  venir, mettre l'accent sur l'information des professionnels de santĂ©, comme de la population dans son ensemble. Â»






Chapitre : Notes


  1. ↑ Quenon JL, Gottot S, Duneton P, Lariven S, Carlet J, RĂ©gnier B, BrĂĽcker G. EnquĂŞte nationale de prĂ©valence des infections nosocomiales en France : HĂ´pital Propre (octobre 1990). BEH n° 39/1993.
  2. ↑ Comité technique des infections nosocomiales (CTIN), Cellule infections nosocomiales, CClin Est, CClin Ouest, CClin Paris-Nord, CClin Sud-Est, CClin Sud-Ouest, avec la participation de 830 établissements de santé. Enquête nationale de prévalence des infections nosocomiales,1996, BEH n° 36/1997, 2 sept. 1997, 4 pp.. Résumé.
  3. ↑ Lepoutre A, Branger B, Garreau N, Boulétreau A, Ayzac L, Carbonne A, Maugat S, Gayet S, Hommel C, Parneix P, Tran B pour le Réseau d’alerte, d’investigation et de surveillance des infections nosocomiales (Raisin). Deuxième enquête nationale de prévalence des infections nosocomiales, France, 2001, Surveillance nationale des maladies infectieuses, 2001-2003. Institut de veille sanitaire, sept. 2005, 11 pp. Résumé.
  4. ↑ Institut de veille sanitaire Enquête nationale de prévalence des infections nosocomiales, France, juin 2006, Volume 1 – Méthodes, résultats, perspectives, mars 2009, ii + 81 pp. Volume 2 – Annexes, mars 2009, ii + 91 pp. Synthèse des résultats, Mars 2009, 11 pp.
  5. ↑ La différence avec les taux indiqués précédemment est en partie liées au fait que l’enquête 2006 a inclus plus d’ES à faible risque d’IN.
  6. ↑ Ibid, Vol. 1, Tableau 31, p. 24.
  7. ↑ Services des Ă©tablissements publics ou privĂ©s de France pratiquant la rĂ©animation (Ă  l’exclusion des rĂ©animations nĂ©onatales et pĂ©diatriques et, dĂ©sormais, des services de surveillance continue et soins intensifs). Source : RĂ©seau REA-Raisin « Surveillance des infections nosocomiales en rĂ©animation adulte. France, rĂ©sultats 2007 Â», Institut de veille sanitaire, sept. 2009, ii + 60 pp.
  8. ↑ Vasselle, Alain « Rapport sur la politique de lutte contre les infections nosocomiales Â», Office parlementaire d'Ă©valuation des politiques de santĂ©, juin 2006, 290 pp. (III.5. Quelle est l’estimation de la mortalitĂ© attribuable aux IN ?)
  9. ↑ L'Italie scandalisĂ©e par « l'hĂ´pital de l'horreur Â», Éric Jozsef, LibĂ©ration, 15 janvier 2007
  10. ↑ Nosocomial infection
  11. ↑ Global trends in emerging infectious diseases (Kate E. Jones et al. Nature 451, 990-993 (21 février 2008), doi:10.1038/nature06536
  12. ↑ PrĂ©venir les infections nosocomiales : une exigence de qualitĂ© des soins hospitaliers
  13. ↑ La résistance bactérienne aux antibiotiques
  14. ↑ Bootsma MCJ. Et al. Controlling methicillin-resistant Staphylococcus aureus : quantifying the effects of interventions and rapid diagnostic testing. Proceed. Nat. Acad. Sciences, Ă©dition avancĂ©e en ligne (www.pnas.org/cgi/doi.10.1073/pnas.0510077103)
  15. ↑ La réalité des infections nosocomiales en France
  16. ↑ Des conséquences lourdes pour le patient comme pour la société
  17. ↑ Quelle est l'estimation de la mortalitĂ© attribuable aux IN ?
  18. ↑ Sur 10 000 personnes qui succombent chaque année à une infection nosocomiale, environ 7 500, soit les ¾, seraient victimes de bactéries multirésistantes aux antibiotiques."Les maladies nosocomiales"
  19. ↑ Les premiers succès de la politique de prévention





Chapitre : Vous pouvez voir également :


  - Sous-chapitre : LĂ©gislation française et ComitĂ©s de lutte contre les infections nosocomiales (CLIN)

  - Sous-chapitre : Étude de cas cliniques, en France

  - Sous-chapitre : Articles connexes

  - Sous-chapitre : Liens externes et rĂ©fĂ©rences


     DEFINITION DES INFECTIONS ASSOCIEES AUX SOINS Mai 2007 (CTINILS, DIRECTION GENERALE DE LA SANTE, DIRECTION DE L’HOSPITALISATION ET DE L’ORGANISATION DES SOINS [4]


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