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Définition Wikipédia de : Louis Pasteur



Louis Pasteur
Louis Pasteur, par Nadar
Louis Pasteur, par Nadar

Naissance27 dĂ©cembre 1822
Dole (Jura)
DĂ©cès28 septembre 1895 (Ă  72 ans)
Villeneuve-l'Étang
Marnes-la-Coquette (Seine-et-Oise)
NationalitĂ©France France
Profession(s)Scientifique, chimiste et physicien de formation, pionnier de la microbiologie.




Introduction :

      Louis Pasteur, nĂ© Ă  Dole (Jura) le 27 dĂ©cembre 1822 et mort Ă  Marnes-la-Coquette (Seine-et-Oise) le 28 septembre 1895, est un scientifique français catholique, chimiste et physicien de formation, et un pionnier de la microbiologie.







- Sommaire de la page -









Chapitre : Jeunesse





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Louis Pasteur en 1845
Dessin de Charles Lebayle


Suite de l'article :

Louis Pasteur est nĂ© le 27 dĂ©cembre 1822 Ă  Dole. Son père, après avoir Ă©tĂ© sergent dans l’armĂ©e napolĂ©onienne, reprit la profession familiale de tanneur. En 1825 la famille quitte Dole pour Marnoz, pour enfin s'installer Ă  Arbois en 1830. Le jeune Pasteur suit Ă  Arbois les cours d'enseignement mutuel puis entre au collège de la ville. C'est Ă  cette Ă©poque qu'il se fait connaĂ®tre pour ses talents de peintre ; il a d'ailleurs fait de nombreux portraits de membres de sa famille et des habitants de la petite ville.



     En octobre 1838, il quitte Arbois pour l'Institution Barbet Ă  Paris afin de se prĂ©parer au baccalaurĂ©at puis aux concours. Cependant, dĂ©primĂ© par cette nouvelle vie, il abandonne cette idĂ©e, quitte Paris et termine son annĂ©e scolaire 1838-1839 au Collège d'Arbois. Ă€ la rentrĂ©e 1839, il poursuit ses Ă©tudes au collège royal de Franche-ComtĂ©, Ă  Besançon. En 1840, il obtient le baccalaurĂ©at en lettres puis, en 1842, après un Ă©chec, le baccalaurĂ©at en sciences mathĂ©matiques. Pasteur retourne de nouveau Ă  Paris et est finalement admis Ă  l'École normale en 1843.






Chapitre : Carrière





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Plaque commémorative du laboratoire de Pasteur à l'ENS, rue d'Ulm à Paris.





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Bâtiment le plus ancien de l'Institut Pasteur à Paris. Le tombeau de Pasteur se situe sous les marches de l'entrée, dans la crypte.



     Ă€ l'École normale, Pasteur Ă©tudie la chimie et la physique, ainsi que la cristallographie. Il devient agrĂ©gĂ©-prĂ©parateur de chimie et soutient en 1847 Ă  la facultĂ© des sciences de Paris ses thèses pour le doctorat ès sciences physiques. Ses travaux sur la chiralitĂ© molĂ©culaire lui vaudront la mĂ©daille Rumford en 1856.


     Après avoir Ă©tĂ© professeur Ă  Dijon puis Ă  Strasbourg de 1848 Ă  1853, il y Ă©pouse Marie Laurent, fille du recteur d'AcadĂ©mie.


     En fĂ©vrier 1854, pour avoir le temps de mener Ă  bien des travaux qui puissent lui valoir le titre de correspondant de l'Institut, il se fait octroyer un congĂ© rĂ©munĂ©rĂ© de trois mois Ă  l'aide d'un certificat mĂ©dical de complaisance. Il fait prolonger le congĂ© jusqu'au 1 aoĂ»t, date du dĂ©but des examens. « Je dis au Ministre que j'irai faire les examens, afin de ne pas augmenter les embarras du service. C'est aussi pour ne pas laisser Ă  un autre une somme de 6 ou 700 francs. Â»


     Il est ensuite nommĂ© professeur de chimie et doyen de la facultĂ© des sciences de Lille nouvellement créée en 1854. C'est Ă  cette occasion qu'il prononce la phrase souvent citĂ©e : « Dans les champs de l'observation, le hasard ne favorise que les esprits prĂ©parĂ©s Â». Pasteur, qui s'intĂ©ressait Ă  la fermentation depuis 1849 (voir plus loin), est stimulĂ© dans ces travaux par les demandes des brasseurs lillois concernant la conservation de la bière. Après FrĂ©dĂ©ric Kuhlmann et Charles Delezenne, Pasteur est ainsi un des premiers en France Ă  Ă©tablir des relations fructueuses entre l'enseignement supĂ©rieur et l'industrie chimique. Les travaux qu'il rĂ©alise Ă  Lille entre 1854 et 1857 conduisent Ă  la prĂ©sentation de son 'MĂ©moire sur la fermentation appelĂ©e lactique' dans le cadre de la SociĂ©tĂ© des sciences, de l'agriculture et des arts de Lille le 8 aoĂ»t 1857.


     En 1857, il est nommĂ© administrateur chargĂ© de la direction des Ă©tudes Ă  l'École normale supĂ©rieure.


     En 1861, Pasteur publie ses travaux rĂ©futant la thĂ©orie de la gĂ©nĂ©ration spontanĂ©e. L'AcadĂ©mie des sciences lui dĂ©cerne le prix Jecker pour ses recherches sur les fermentations.


     En 1862, il est Ă©lu Ă  l'AcadĂ©mie des sciences en remplacement de Henri Hureau de Senarmont.


     En 1865, Dumas le nomme membre, avec Claude Bernard et Sainte-Claire Deville, d'une commission chargĂ©e d'Ă©tudier l'Ă©tiologie du cholĂ©ra. Les trois savants, qui cherchent le principe de la contagion dans l'air (alors que Snow, dans un travail publiĂ© en 1855, avait montrĂ© qu'il Ă©tait dans l'eau), ne trouvent pas le microbe, que Pacini avait pourtant fait connaĂ®tre en 1854.


     Ă€ l'École normale supĂ©rieure, Pasteur est jugĂ© autoritaire aussi bien par ses collègues que par les Ă©lèves et se heurte Ă  de nombreuses contestations, ce qui le pousse Ă  dĂ©missionner, en 1867, de ses fonctions d'administrateur. Il reçoit une chaire en Sorbonne et on crĂ©e, Ă  l'École normale mĂŞme, un laboratoire de chimie physiologique dont la direction lui est confiĂ©e.


     Ses Ă©tudes sur les maladies des vers Ă  soie, menĂ©es de 1865 Ă  1869, triomphent de la pĂ©brine mais non de la flacherie et ne permettent pas vraiment d'endiguer le dĂ©clin de la sĂ©riciculture. Durant cette pĂ©riode il subit une attaque cĂ©rĂ©brale, et une hĂ©miplĂ©gie dont il se remet.


     La dĂ©faite de 1870 et la chute de NapolĂ©on III sont un coup terrible pour Pasteur, grand patriote et très attachĂ© Ă  la dynastie impĂ©riale. Par ailleurs, il est malade. L'AssemblĂ©e nationale lui vote une rĂ©compense pour le remercier de ses travaux dont les consĂ©quences Ă©conomiques sont considĂ©rables.




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Institut Pasteur de Lille, inauguré en 1899



     En 1874, ses recherches sur la fermentation lui valent la mĂ©daille Copley, dĂ©cernĂ©e par la Royal Society, de Londres.


     En 1876, Pasteur se prĂ©sente aux Ă©lections sĂ©natoriales, mais c'est un Ă©chec. Ses amis croient qu'il va enfin s'arrĂŞter et jouir de sa retraite, mais il reprend ses recherches. Il gagne Clermont-Ferrand oĂą il Ă©tudie les maladies de la bière avec son ancien prĂ©parateur Émile Duclaux, et conclut ses Ă©tudes sur la fermentation par la publication d'un livre : Les Études sur la bière (1876).


     En 1881 , l'Ă©quipe de Pasteur met au point le vaccin contre le charbon des moutons.


     En 1882, il est reçu Ă  l'AcadĂ©mie française. Dans son discours de rĂ©ception, il accepte pour la science expĂ©rimentale l'Ă©pithète « positiviste Â», en ce sens qu'elle a pour domaine les causes secondes et s'abstient donc de spĂ©culer sur les causes premières et sur l'essence des choses, mais il reproche Ă  Auguste Comte et Ă  LittrĂ© d'avoir voulu imposer cette abstention Ă  toute la pensĂ©e humaine. Il plaide pour le spiritualisme et cĂ©lèbre « les deux saintetĂ©s de l'Homme-Dieu Â», qu'il voit rĂ©unies dans le couple que l'agnostique LittrĂ© formait avec sa femme chrĂ©tienne. C'est dans ce discours que Pasteur prononce la phrase souvent citĂ©e : « Les Grecs (...) nous ont lĂ©guĂ© un des plus beaux mots de notre langue, le mot enthousiasme (...) — un dieu intĂ©rieur. Â»


     Il reçoit, le 29 dĂ©cembre 1883, le MĂ©rite agricole pour ses travaux sur les vins et la fermentation.


     En 1885, Pasteur refusa de poser sa candidature aux Ă©lections lĂ©gislatives, alors que les paysans de la Beauce, dont il avait sauvĂ© les troupeaux grâce au vaccin contre le charbon, l'auraient sans doute portĂ© Ă  la Chambre des DĂ©putĂ©s.


     La dĂ©couverte du vaccin antirabique (1885) vaudra Ă  Pasteur sa consĂ©cration dans le monde : il recevra de nombreuses distinctions.L'AcadĂ©mie des sciences propose la crĂ©ation d'un Ă©tablissement destinĂ© Ă  traiter la rage : l'Institut Pasteur naĂ®t en 1888.


     Il meurt le 28 septembre 1895. Les Français auraient voulu qu'il fĂ»t enterrĂ© au PanthĂ©on de Paris ; finalement sa famille dĂ©cida de l'enterrer dans une crypte de l'Institut Pasteur.






Chapitre : Ĺ’uvre


  - Sous-chapitre : DĂ©couverte de la dissymĂ©trie molĂ©culaire




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Pasteur sépare les 2 formes de cristaux d'acide tartrique, pour former 2 tas: la forme lévogyre, qui, en solution, dévie la lumière polarisée vers la gauche, et la forme dextrogyre qui dévie la lumière polarisée vers la droite. Un mélange des deux solutions ne dévie pas cette lumière.



     Dans les travaux que Pasteur a rĂ©alisĂ©s au dĂ©but de sa carrière scientifique en tant que chimiste, il rĂ©solut en 1848 un problème qui allait par la suite se rĂ©vĂ©ler d'importance capitale dans le dĂ©veloppement de la chimie contemporaine : la sĂ©paration des deux formes de l'acide tartrique. Le seul acide tartrique qu'on connaissait Ă  l'Ă©poque Ă©tait un sous-produit classique de la vinification, utilisĂ© dans la teinturerie. Parfois, au lieu de l'acide tartrique attendu, on obtenait un autre acide, qu'on appela acide racĂ©mique puis acide paratartrique. Une solution de l'acide tartrique, comme de chacun de ses sels (tartrates), tournait le plan de la lumière polarisĂ©e la traversant, alors qu'une solution de l'acide paratartrique, comme de chacun de ses sels (paratartrates), ne causait pas cet effet, bien que les deux composĂ©s aient la mĂŞme formule brute. En 1844, Mitscherlich avait affirmĂ© que, parmi les couples tartrate / paratartrate, il y en avait un, Ă  savoir le couple « tartrate double de soude et d'ammoniaque Â» / « paratartrate double de soude et d'ammoniaque Â», oĂą le tartrate et le paratartrate n'Ă©taient discernables que par la propriĂ©tĂ© rotatoire, prĂ©sente dans le tartrate et absente dans le paratartrate. (« Tartrate double de soude et d'ammoniaque Â» Ă©tait la façon dont on dĂ©signait Ă  l'Ă©poque le tartrate – base conjuguĂ©e de l'acide tartrique – de sodium et d'ammonium.) En particulier, ce tartrate et ce paratartrate avaient, selon Mitscherlich, la mĂŞme forme cristalline. Pasteur eut peine Ă  croire « que deux substances fussent aussi semblables sans ĂŞtre tout Ă  fait identiques Â». Il refit les observations de Mitscherlich et s'avisa d'un dĂ©tail que Mitscherlich n'avait pas remarquĂ© : dans le tartrate en question, les cristaux prĂ©sentent une dissymĂ©trie (« hĂ©miĂ©drie Â»), toujours orientĂ©e de la mĂŞme façon; en revanche, dans le paratartrate correspondant, il coexiste deux formes de cristaux, images spĂ©culaires non superposables l'une de l'autre, et dont l'une est identique Ă  celle du tartrate. Il sĂ©para manuellement les deux sortes de cristaux du paratartrate, en fit deux solutions et observa un effet de rotation du plan de polarisation de la lumière, dans un sens opposĂ© pour les deux Ă©chantillons. La dĂ©viation du plan de polarisation par les solutions Ă©tant considĂ©rĂ©e, depuis les travaux de Biot, comme liĂ©e Ă  la structure de la molĂ©cule, Pasteur conjectura que la dissymĂ©trie de la forme cristalline correspondait Ă  une dissymĂ©trie interne de la molĂ©cule, et que la molĂ©cule en question pouvait exister en deux formes dissymĂ©triques inverses l'une de l'autre. C'Ă©tait la première apparition de la notion de chiralitĂ© des molĂ©cules. Depuis les travaux de Pasteur, l'acide racĂ©mique ou paratartrique est considĂ©rĂ© comme composĂ© d'un acide tartrique droit (l'acide tartrique connu antĂ©rieurement) et d'un acide tartrique gauche.

Article connexe : ChiralitĂ© (chimie).

     Les travaux de Pasteur dans ce domaine ont abouti, quelques annĂ©es plus tard Ă  la naissance du domaine de la stĂ©rĂ©ochimie avec la publication de l'ouvrage la Chimie dans l'Espace par van 't Hoff qui, en introduisant la notion d'asymĂ©trie de l'atome de carbone a grandement contribuĂ© Ă  l'essor de la chimie organique moderne.


     Pasteur avait correctement dĂ©montrĂ© (par l'examen des cristaux puis par l'Ă©preuve polarimĂ©trique) que l'acide paratartrique est composĂ© de deux formes distinctes d'acide tartrique. En revanche, la relation qu'il crut pouvoir en dĂ©duire entre la forme cristalline et la constitution de la molĂ©cule Ă©tait inexacte, le cas spectaculaire de l'acide paratartrique Ă©tant loin d'ĂŞtre l'illustration d'une loi gĂ©nĂ©rale, comme Pasteur s'en apercevra lui-mĂŞme. François Dagognet dit Ă  ce sujet : « la stĂ©rĂ©ochimie n'a rien conservĂ© des vues de Pasteur, mĂŞme s'il demeure vrai que les molĂ©cules biologiques sont conformĂ©es hĂ©licoĂŻdalement Â».


     Gerald L. Geison a notĂ© chez Pasteur une tendance Ă  attĂ©nuer sa dette envers Auguste Laurent pour ce qui est de la connaissance des tartrates.

  - Sous-chapitre : Études sur la fermentation




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Cet « Hommage des membres de l'association des chimistes de sucreries et distilleries rĂ©unis en congrès Ă  Lille les 8, 9 et 10 juillet 1901 Â» apposĂ© sous le buste de Pasteur, devant l'Institut Pasteur de Lille, tĂ©moigne de l'utilitĂ© des travaux de Pasteur pour les industries utilisant la fermentation.


De la dissymétrie moléculaire à la fermentation


     En 1849, Biot signale Ă  Pasteur que l'alcool amylique dĂ©vie le plan de polarisation de la lumière et possède donc la propriĂ©tĂ© de dissymĂ©trie molĂ©culaire. Pasteur estime peu vraisemblable que l'alcool amylique hĂ©rite cette propriĂ©tĂ© du sucre dont il est issu (par fermentation), car, d'une part, la constitution molĂ©culaire des sucres lui paraĂ®t très diffĂ©rente de celle de l'alcool amylique et, de plus, il a toujours vu les dĂ©rivĂ©s perdre la propriĂ©tĂ© rotatoire des corps de dĂ©part. Il conjecture donc que la dissymĂ©trie molĂ©culaire de l'alcool amylique est due Ă  l'action du ferment. S'Ă©tant persuadĂ© (sous l'influence de Biot) que la dissymĂ©trie molĂ©culaire est Ă©troitement liĂ©e Ă  la vie, il voit lĂ  la confirmation de certaines « idĂ©es prĂ©conçues Â» qu'il s'est faites sur la cause de la fermentation et qui le rangent parmi les tenants du ferment vivant.

Les idées de l'époque sur la fermentation


     En 1787, en effet, Adamo Fabbroni, dans son Ragionamento sull'arte di far vino (Florence), avait le premier soutenu que la fermentation du vin est produite par une substance vivante prĂ©sente dans le moĂ»t. Cagniard de Latour et Theodor Schwann avaient apportĂ© des faits supplĂ©mentaires Ă  l'appui de la nature vivante de la levure. Dans le mĂŞme ordre d'idĂ©es, Jean-Baptiste Dumas, en 1843 (Ă©poque oĂą le jeune Pasteur allait Ă©couter ses leçons Ă  la Sorbonne), dĂ©crivait le ferment comme un ĂŞtre organisĂ© et comparait son activitĂ© Ă  l'activitĂ© de nutrition des animaux.


     BerzĂ©lius, lui, avait eu une conception purement catalytique de la fermentation, qui excluait le rĂ´le d'organismes vivants. Liebig, de façon plus nuancĂ©e, avait des idĂ©es analogues : il voulait bien envisager que la levure fĂ»t un ĂŞtre vivant, mais il affirmait que si elle provoquait la fermentation, ce n'Ă©tait pas par ses activitĂ©s vitales mais parce qu'en se dĂ©composant, elle Ă©tait Ă  l'origine de la propagation d'un Ă©tat de mouvement (vibratoire). BerzĂ©lius et Liebig avaient tous deux combattu les travaux de Cagniard de Latour et de Schwann.

Les découvertes de Pasteur


     Pasteur « dispose d'une première orientation donnĂ©e par Cagniard de Latour ; il la dĂ©veloppe et montre que c'est en tant qu'ĂŞtre vivant que la levure agit, et non en tant que matière organique en dĂ©composition. Â» De 1857 Ă  1867, il publie des Ă©tudes sur les fermentations. Inaugurant la mĂ©thode des cultures pures, il Ă©tablit que certaines fermentations (lactique, butyrique) oĂą on n'avait pas aperçu de substance jouant un rĂ´le analogue Ă  celui de la levure (ce qui avait servi d'argument Ă  Liebig) sont bel et bien l'Ĺ“uvre d'organismes vivants.


     Il dĂ©couvre un fait jusqu'alors insoupçonnĂ© : la capacitĂ© qu'ont certains organismes de vivre en l'absence d'oxygène libre (c'est-Ă -dire en l'absence d'air). Il appelle ces organismes anaĂ©robies. (Les mots aĂ©robie et anaĂ©robie sont de lui.)


     Ainsi, dans le cas de la fermentation alcoolique, la levure tenue Ă  l'abri de l'air vit en provoquant aux dĂ©pens du sucre une rĂ©action chimique qui libère les substances dont elle a besoin et provoque en mĂŞme temps l'apparition d'alcool. En revanche, si la levure se trouve en prĂ©sence d'oxygène libre, elle se dĂ©veloppe davantage et la fermentation productrice d'alcool est faible. Les rendements en levure et en alcool sont donc antagonistes. L'inhibition de la fermentation par la prĂ©sence d'oxygène libre est ce qu'on appellera « l'effet Pasteur Â».

Débat sur le rôle exact des agents vivants dans la fermentation


     MĂŞme si Liebig resta sur ses positions, les travaux de Pasteur furent gĂ©nĂ©ralement accueillis comme prouvant dĂ©finitivement le rĂ´le des organismes vivants dans la fermentation. Toutefois, certains faits (comme la dĂ©couverte de la diastase en 1833 par Payen et Persoz) allaient dans le sens de la conception catalytique de BerzĂ©lius et, en 1860, Marcellin Berthelot, dans une note Ă  l'AcadĂ©mie des sciences, proposa une synthèse des deux thĂ©ories, physiologique et catalytique : la fermentation n'est pas produite directement par les ĂŞtres vivants qui en sont responsables couramment (levures etc.) mais par des substances non vivantes, des « ferments solubles Â» (on dira plus tard « zymases Â», puis « enzymes Â»), substances elles-mĂŞmes sĂ©crĂ©tĂ©es ou excrĂ©tĂ©es par les ĂŞtres vivants en question. En 1878, Berthelot publia un travail posthume de Claude Bernard qui, contredisant Pasteur, mettait l'accent sur le rĂ´le des « ferments solubles Â» dans la fermentation alcoolique. Il en rĂ©sulta entre Pasteur et Berthelot une des controverses cĂ©lèbres de l'histoire des sciences.


     Pasteur ne rejetait pas absolument le rĂ´le des « ferments solubles Â». Il accepta toujours qu'on l'envisageât comme une conjecture parmi d'autres. Dans le cas particulier de la fermentation ammoniacale de l'urine, il considĂ©rait mĂŞme comme Ă©tabli, Ă  la suite d'une publication de Musculus, que la cause proche de la fermentation Ă©tait un « ferment soluble Â» (dans ce cas, l'enzyme qu'on appellera « urĂ©ase Â») produit par le ferment microbien qu'il avait dĂ©couvert lui-mĂŞme. Il admettait aussi le phĂ©nomène, signalĂ© par Lechartier et Bellamy, de l'alcoolisation des fruits sans intervention du ferment (microbien) alcoolique. On s'accorde toutefois Ă  penser que Pasteur fut incapable de comprendre l'importance des « ferments solubles Â» (consacrĂ©e depuis par les travaux d' Eduard Buchner) et souligna le rĂ´le des micro-organismes dans les « fermentations proprement dites Â» avec une insistance excessive, qui n'allait pas dans le sens du progrès de l'enzymologie. On met cette rĂ©pugnance de Pasteur Ă  relativiser le rĂ´le des organismes vivants sur le compte de son vitalisme, qui l'empĂŞcha aussi de comprendre le rĂ´le des toxines et d'admettre en 1881, lors de sa rivalitĂ© avec Toussaint dans la course au vaccin contre le charbon, qu'un vaccin « tuĂ© Â» pĂ»t ĂŞtre efficace.


     Les travaux de Pasteur sur la fermentation ont fait l'objet d'un dĂ©bat dans les annĂ©es 1970 et 1980, la question Ă©tant de savoir si, en parlant de « fermentations proprement dites Â», Pasteur avait commis une tautologie qui lui permettait de prouver Ă  peu de frais la cause biologique des fermentations.

  - Sous-chapitre : RĂ©futation de la gĂ©nĂ©ration spontanĂ©e


     Ă€ partir de 1859, Pasteur mène une lutte contre les partisans de la « gĂ©nĂ©ration spontanĂ©e Â», en particulier contre FĂ©lix Archimède Pouchet et un jeune journaliste, Georges Clemenceau; ce dernier, mĂ©decin, met en cause les compĂ©tences de Pasteur, qui ne l'est pas, et attribue son refus de la gĂ©nĂ©ration spontanĂ©e Ă  un parti-pris idĂ©ologique (Pasteur est chrĂ©tien). Il fallut Ă  Pasteur six annĂ©es de recherche pour dĂ©montrer la faussetĂ© sur le court terme de la thĂ©orie selon laquelle « la vie pourrait apparaĂ®tre Ă  partir de rien, et les microbes ĂŞtre gĂ©nĂ©rĂ©s spontanĂ©ment. Â»

Les questions précises


     Depuis le XVIII siècle, partisans et adversaires de la gĂ©nĂ©ration spontanĂ©e (aussi appelĂ©e hĂ©tĂ©rogĂ©nie) cherchent Ă  rĂ©aliser des expĂ©riences dĂ©cisives Ă  l'appui de leur opinion.


     Les partisans de cette thĂ©orie (appelĂ©s spontĂ©paristes ou hĂ©tĂ©rogĂ©nistes) soutiennent que, quand le contact avec l'air fait apparaĂ®tre sur certaines substances des ĂŞtres vivants microscopiques, cette vie tient son origine non pas d'une vie prĂ©existante mais d'un pouvoir gĂ©nĂ©sique de l'air.


     Pour les adversaires de la gĂ©nĂ©ration spontanĂ©e, l'air amène la vie sur ces substances non par une propriĂ©tĂ© gĂ©nĂ©sique mais parce qu'il vĂ©hicule des germes d'ĂŞtres vivants.


     En 1837, dĂ©jĂ , Schwann a fait une expĂ©rience que les adversaires de la gĂ©nĂ©ration spontanĂ©e considèrent comme probante en faveur de leur thèse : il a montrĂ© que si l'air est chauffĂ© (puis refroidi) avant de pouvoir exercer son influence, la vie n'apparaĂ®t pas.


     Le 20 dĂ©cembre 1858, l'AcadĂ©mie des Sciences prend connaissance de deux notes oĂą Pouchet, naturaliste et mĂ©decin rouennais, prĂ©tend apporter une preuve dĂ©finitive de la gĂ©nĂ©ration spontanĂ©e.


     Le 3 janvier 1859, l'AcadĂ©mie des Sciences discute la note de Pouchet. Tous les acadĂ©miciens qui participent Ă  cette discussion : Milne Edwards, Payen, Quatrefages, Claude Bernard et Dumas, allĂ©guant des expĂ©riences qu'ils ont faites eux-mĂŞmes, s'expriment contre la gĂ©nĂ©ration spontanĂ©e, qui, d'ailleurs, est alors devenue une doctrine minoritaire.


     MĂŞme après les discussions de l'AcadĂ©mie, il reste cependant deux points faibles dans la position des adversaires de la gĂ©nĂ©ration spontanĂ©e :

  1. sous certaines conditions, ils obtiennent, sans pouvoir l'expliquer, des résultats apparemment favorables à la génération spontanée;
  2. les procĂ©dĂ©s (chauffage, lavage Ă  l'acide sulfurique, filtrage) par lesquels ils dĂ©barrassent l'air des germes qu'il pourrait vĂ©hiculer sont accusĂ©s par les spontĂ©paristes de « tourmenter Â» l'air et de le priver de son pouvoir gĂ©nĂ©sique.

     Louis Pasteur raconte :

« Personne, ne sut indiquer la vĂ©ritable cause d'erreur de ses expĂ©riences [= de Pouchet], et bientĂ´t l'AcadĂ©mie, comprenant tout ce qui restait encore Ă  faire, propose pour sujet de prix la question suivante : « Essayer, par des expĂ©riences bien faites, de jeter un jour nouveau sur la question des gĂ©nĂ©rations spontanĂ©es. Â» Â»

— Pasteur, MĂ©moire sur les corpuscules organisĂ©s qui existent dans l'atmosphère. Examen de la doctrine des gĂ©nĂ©rations spontanĂ©es.


     C'est Pasteur qui va obtenir le prix, pour ses travaux expĂ©rimentaux exposĂ©s dans son MĂ©moire sur les corpuscules organisĂ©s qui existent dans l'atmosphère. Examen de la doctrine des gĂ©nĂ©rations spontanĂ©es. (1861):

Les expériences de Pasteur


     Ses expĂ©riences sont, pour l'essentiel, des versions amĂ©liorĂ©es de celles de ses prĂ©dĂ©cesseurs. Il comble de plus les deux desiderata signalĂ©s plus haut. Tout d'abord, il comprend que certains rĂ©sultats antĂ©rieurs, apparemment favorables Ă  la gĂ©nĂ©ration spontanĂ©e Ă©taient dus Ă  ce qu'on utilisait la cuve Ă  mercure pour empĂŞcher la pĂ©nĂ©tration de l'air ambiant : le mercure, tout simplement, est lui-mĂŞme très sale.




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Ballon Ă  « col de cygne Â» de Pasteur



     Ensuite, il prĂ©sente une expĂ©rience qu'on ne peut pas accuser de « tourmenter Â» l'air : il munit des flacons d'un col en S (col de cygne) et constate que, dans un nombre apprĂ©ciable de cas, l'air qui a traversĂ© les sinuositĂ©s, sans avoir Ă©tĂ© ni chauffĂ©, ni filtrĂ© ni lavĂ©, ne provoque pas l'apparition d'ĂŞtres vivants sur les substances qui se trouvent au fond du flacon, alors qu'il la provoque sur une goutte placĂ©e Ă  l'entrĂ©e du circuit. La seule explication de l'inaltĂ©ration du fond est que des germes ont Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©s par les sinuositĂ©s et se sont dĂ©posĂ©s sur le verre. Cette expĂ©rience avait Ă©tĂ© suggĂ©rĂ©e Ă  Pasteur par le chimiste Balard ; Chevreul en avait fait d'analogues dans ses cours.


     Enfin, Pasteur rĂ©fute un argument propre Ă  Pouchet : celui-ci, arguant de la constance avec laquelle (dans ses expĂ©riences, du moins) la vie apparaissait sur les infusions, concluait que, si la thĂ©orie de ses adversaires Ă©tait exacte, les germes seraient Ă  ce point ubiquitaires que « l'air dans lequel nous vivons aurait presque la densitĂ© du fer Â». Pasteur fait des expĂ©riences en divers lieux, temps et altitudes et montre que (si on laisse pĂ©nĂ©trer l'air ambiant sans le dĂ©barrasser de ses germes) la proportion des bocaux contaminĂ©s est d'autant plus faible que l'air est plus pur. Ainsi, sur la Mer de Glace, une seule des vingt prĂ©parations s'altère.

Incomplétude de la démonstration de Pasteur


     Il y avait toutefois une lacune dans la dĂ©monstration de Pasteur : alors qu'il se posait en rĂ©futateur de Pouchet, il n'utilisa jamais une infusion de foin comme le faisait Pouchet. S'il l'avait fait, il se serait peut-ĂŞtre trouvĂ© devant une difficultĂ© inattendue. En effet, de 1872 Ă  1876, quelques annĂ©es après la controverse Pasteur-Pouchet, Ferdinand Cohn Ă©tablira qu'un bacille du foin, Bacillus subtilis, peut former des endospores qui le rendent rĂ©sistant Ă  l'Ă©bullition.


     Ă€ la lumière des travaux de Cohn, le pasteurien Émile Duclaux reconnaĂ®t que la rĂ©futation de Pouchet par Pasteur devant la Commission acadĂ©mique des gĂ©nĂ©rations spontanĂ©es Ă©tait erronĂ©e : « L'air est souvent un autre facteur important de la rĂ©viviscence des germes (...). [Le] foin contient d'ordinaire, comme Cohn l'a montrĂ© depuis, un bacille très tĂ©nu (...). C'est ce fameux bacillus subtilis (...). Ses spores, en particulier, peuvent supporter plusieurs heures d'Ă©bullition sans pĂ©rir, mais elles sont d'autant plus difficiles Ă  rajeunir qu'elles ont Ă©tĂ© plus maltraitĂ©es. Si on ferme Ă  la lampe le col du ballon qui les contient, au moment oĂą le liquide qui les baigne est en pleine Ă©bullition elles ne sont pas mortes, mais elles ne se dĂ©veloppent pas dans le liquide refroidi et remis Ă  l'Ă©tuve, parce que l'air fait dĂ©faut. Si on laisse rentrer cet air, l'infusion se peuple, et se peuplerait encore si on ne laissait rentrer que de l'air chauffĂ©, car l'air n'agit pas, comme le croyait Pasteur au moment des dĂ©bats devant la Commission acadĂ©mique des gĂ©nĂ©rations spontanĂ©es, en apportant des germes : c'est son oxygène qui entre seul en jeu. Â» (Émile Duclaux ajoute que Pasteur revint de son erreur.)


     L'air comme facteur de rĂ©viviscence de germes non pas morts, mais en Ă©tat de non-dĂ©veloppement, telle est donc l'explication que la science a fini par prĂ©fĂ©rer Ă  l'air convoyeur de germes pour rendre compte d'un phĂ©nomène que Pouchet, pour sa part, interprĂ©tait comme suit : « les Proto-organismes, qui naissent spontanĂ©ment (...) ne sont pas extraits de la matière brute proprement dite, ainsi que l'ont prĂ©tendu quelques fauteurs [= partisans] de l'hĂ©tĂ©rogĂ©nie, mais bien des particules organiques, dĂ©bris des anciennes gĂ©nĂ©rations d'animaux et de plantes, qui se trouvent combinĂ©es aux parties constituantes des minĂ©raux. Selon cette doctrine, ce ne sont donc pas des molĂ©cules minĂ©rales qui s'organisent, mais bien des particules organiques qui sont appelĂ©es Ă  une nouvelle vie. Â»


     On considère que c'est John Tyndall qui, en suivant les idĂ©es de Cohn, mettra la dernière main Ă  la rĂ©futation de la gĂ©nĂ©ration spontanĂ©e.


     Pasteur estimait d'ailleurs que la gĂ©nĂ©ration spontanĂ©e n'Ă©tait pas rĂ©futĂ©e de façon absolue, mais seulement dans les expĂ©riences par lesquelles on avait prĂ©tendu la dĂ©montrer. Dans un texte non publiĂ© de 1878, il dĂ©clarait ne pas juger la gĂ©nĂ©ration spontanĂ©e impossible.

Critiques « externalistes Â»


     Nous avons vu qu'on peut reprocher Ă  Pasteur comme un manque de rigueur le fait de ne pas avoir cherchĂ© Ă  rĂ©pĂ©ter vraiment les expĂ©riences de Pouchet. Il y a une autre circonstance oĂą, dans ses travaux sur la gĂ©nĂ©ration spontanĂ©e, Pasteur peut sembler tendancieux, puisqu'il admet avoir passĂ© sous silence des constatations qui n'allaient pas dans le sens de sa thèse. En effet, travaillant Ă  l'aide de la cuve Ă  mercure alors qu'il n'avait pas encore compris que le mercure apporte lui-mĂŞme des germes, il avait obtenu des rĂ©sultats apparemment favorables Ă  la gĂ©nĂ©ration spontanĂ©e : « Je ne publiai pas ces expĂ©riences; les consĂ©quences qu'il fallait en dĂ©duire Ă©taient trop graves pour que je n'eusse pas la crainte de quelque cause d'erreur cachĂ©e, malgrĂ© le soin que j'avais mis Ă  les rendre irrĂ©prochables. J'ai rĂ©ussi, en effet, plus tard, Ă  reconnaĂ®tre cette cause d'erreur. Â»


     Se fondant sur ces deux entorses de Pasteur Ă  la pure mĂ©thode scientifique, et aussi sur l'Ă©vidente partialitĂ© de l'AcadĂ©mie des sciences en faveur de Pasteur, Farley et Geison, dans un article de 1974, ont soutenu qu'un facteur externe Ă  la science intervenait dans la dĂ©marche de Pasteur et de l'AcadĂ©mie des sciences : le dĂ©sir de faire Ă©chec aux idĂ©es matĂ©rialistes et subversives dont la gĂ©nĂ©ration spontanĂ©e passait pour ĂŞtre l'alliĂ©e. (Pasteur, qui Ă©tait spiritualiste, voyait un lien entre matĂ©rialisme et adhĂ©sion Ă  la gĂ©nĂ©ration spontanĂ©e, mais se dĂ©fendait de s'ĂŞtre lui-mĂŞme laissĂ© influencer par cette sorte de considĂ©rations dans ses travaux scientifiques.) Dans son livre de 1995, Geison reprend une bonne part de l'article de 1974, mais reconnaĂ®t que cet article Ă©tait trop « externaliste Â» au dĂ©triment de Pasteur et faisait la part trop belle Ă  Pouchet.


     H. Collins et T. Pinch, en 1993, prennent eux aussi pour point de dĂ©part de leur rĂ©flexion les deux entorses de Pasteur Ă  la pure mĂ©thode scientifique et la partialitĂ© de l'AcadĂ©mie des sciences, ils mentionnent eux aussi (brièvement) les enjeux religieux et politiques que certains croyaient voir dans la question, mais n'Ă©voquent pas la possibilitĂ© que Pasteur lui-mĂŞme ait cĂ©dĂ© Ă  de tels mobiles idĂ©ologiques. En fait, ils exonèrent Pasteur et blâment plutĂ´t une conception aseptisĂ©e de la mĂ©thode scientifique : « Pasteur savait ce qui devait ĂŞtre considĂ©rĂ© comme un rĂ©sultat et ce qui devait l'ĂŞtre comme une 'erreur'. Pasteur Ă©tait un grand savant, mais la manière dont il a agi ne s'approche guère de l'idĂ©al de la mĂ©thode scientifique proposĂ© de nos jours. On voit mal comment il aurait pu transformer Ă  ce point notre conception de la nature des germes s'il avait dĂ» adopter le modèle de comportement stĂ©rile qui passe aux yeux de beaucoup pour le parangon de l'attitude scientifique. Â»


     Signalons cependant, Ă  propos de cette apologie un peu cynique, que des voix se sont Ă©levĂ©es contre la tendance de certains thĂ©oriciens « externalistes Â» ou « relativistes Â» des sciences Ă  rĂ©duire l'activitĂ© scientifique, et notamment celle de Pasteur, Ă  des manĹ“uvres et Ă  des coups de force oĂą la rationalitĂ© aurait assez peu de part

  - Sous-chapitre : Les maladies du vin et la pasteurisation


     En 1863, il y a dĂ©jĂ  quelques annĂ©es que les maladies des vins français grèvent lourdement le commerce. NapolĂ©on III demande Ă  Pasteur, spĂ©cialiste de la fermentation et de la putrĂ©faction, de chercher un remède. Pasteur propose de chauffer le vin Ă  57 Â°C afin de tuer les germes et rĂ©sout ainsi le problème de sa conservation et du transport, c'est la pasteurisation. Il a au sujet de ce procĂ©dĂ© une querelle de prioritĂ© avec l'Ĺ“nologue Alfred de Vergnette de Lamotte, dans laquelle les savants Balard et Thenard prennent parti respectivement pour Pasteur et pour Vergnette. Pasteur et Vergnette avaient d'ailleurs Ă©tĂ© tous deux prĂ©cĂ©dĂ©s par Nicolas Appert qui avait publiĂ© le chauffage des vins en 1831 dans son ouvrage Le livre de tous les mĂ©nages.. La dĂ©couverte de la pasteurisation vaudra Ă  Pasteur le MĂ©rite Agricole.


     La pasteurisation du vin, bien que des dĂ©gustateurs opĂ©rant Ă  l'aveugle eussent conclu qu'elle n'altĂ©rait pas le bouquet, fut abandonnĂ©e Ă  l'Ă©poque de la crise du phylloxĂ©ra (fin du dix-neuvième siècle). La pasteurisation du lait, en revanche, Ă  laquelle Pasteur n'avait pas pensĂ© (c'est le chimiste allemand Franz von Soxhlet qui, en 1886, proposa d'appliquer la pasteurisation au lait), s'implanta durablement. (Ici encore, d'ailleurs, on marchait sur les traces d'Appert.)

  - Sous-chapitre : Les fermentations mènent aux maladies contagieuses


     La thĂ©orie de l'origine microbienne des maladies contagieuses existait depuis longtemps Ă  l'Ă©tat d'hypothèse quand, vers 1835, quelques savants, dont on a surtout retenu Agostino Bassi, la prouvèrent pour la première fois dans le cas de la muscardine, une des maladies du ver Ă  soie. La thĂ©orie, toutefois, rencontrait des rĂ©sistances et se dĂ©veloppait assez lentement, notamment pour ce qui est des maladies contagieuses humaines. Ainsi, la dĂ©couverte du bacille du cholĂ©ra Ă©tait restĂ©e quasiment lettre morte quand Pacini l'avait publiĂ©e en 1854, alors qu'elle devait trouver immĂ©diatement une vaste audience quand Koch la refit en 1883.


     Ă€ l'Ă©poque des dĂ©buts de Pasteur, donc, la thĂ©orie microbienne existe, mĂŞme si elle est encore dans l'enfance. D'autre part, il est de tradition, surtout depuis le XVIII siècle, de souligner l'analogie entre les maladies fiĂ©vreuses et la fermentation. Il n'est donc pas Ă©tonnant, dans ce contexte, que les travaux de Pasteur sur la fermentation aient stimulĂ© le dĂ©veloppement de la thĂ©orie microbienne des maladies contagieuses. En 1860, après avoir rĂ©affirmĂ© le rĂ´le des organismes vivants dans la putrĂ©faction et la fermentation, Pasteur lui-mĂŞme ajoutait : « Je n'ai pas fini cependant avec toutes ces Ă©tudes. Ce qu'il y aurait de plus dĂ©sirable serait de les conduire assez loin pour prĂ©parer la voie Ă  une recherche sĂ©rieuse de l'origine de diverses maladies. Â» Casimir Davaine, au dĂ©but de ses publications de 1863, qui sont maintenant considĂ©rĂ©es comme la première preuve de l'origine microbienne d'une maladie transmissible Ă  l'homme, Ă©crivait « M. Pasteur, en fĂ©vrier 1861, publia son remarquable travail sur le ferment butyrique, ferment qui consiste en petites baguettes cylindriques, possĂ©dant tous les caractères des vibrions ou des bactĂ©ries. Les corpuscules filiformes que j'avais vus dans le sang des moutons atteints de sang de rate [= charbon] ayant une grande analogie de forme avec ces vibrions, je fus amenĂ© Ă  examiner si des corpuscules analogues ou du mĂŞme genre que ceux qui dĂ©terminent la fermentation butyrique, introduits dans le sang d'un animal, n'y joueraient pas de mĂŞme le rĂ´le d'un ferment. Â»


     Pasteur lui-mĂŞme, en 1880, rappelle ses travaux sur les fermentations et ajoute : « La mĂ©decine humaine, comme la mĂ©decine vĂ©tĂ©rinaire, s'emparèrent de la lumière que leur apportaient ces nouveaux rĂ©sultats. On s'empressa notamment de rechercher si les virus et les contages ne seraient pas des ĂŞtres animĂ©s. Le docteur Davaine (1863) s'efforça de mettre en Ă©vidence les fonctions de la bactĂ©ridie du charbon, qu'il avait aperçue dès l'annĂ©e 1850. Â»


     On verra toutefois que Pasteur, quand il aura Ă  s'occuper des maladies des vers Ă  soie, en 1865, commencera par nier le caractère microbien de la pĂ©brine, compris par d'autres avant lui. Quant aux maladies contagieuses humaines, c'est seulement Ă  partir de 1877 qu'il participera personnellement au dĂ©veloppement de leur connaissance.

  - Sous-chapitre : Antisepsie et asepsie

Antisepsie

     Le chirurgien anglais Joseph Lister, après avoir lu les travaux de Pasteur sur la fermentation (oĂą la putrĂ©faction est expliquĂ©e, comme la fermentation, par l'action d'organismes vivants), se convainc que l'infection postopĂ©ratoire (volontiers dĂ©crite Ă  l'Ă©poque comme une pourriture, une putrĂ©faction) est due elle aussi Ă  des organismes microscopiques. Ayant lu ailleurs que l'acide phĂ©nique (phĂ©nol) dĂ©truisait les entĂ©rozoaires qui infectaient certains bestiaux, il lave les blessures de ses opĂ©rĂ©s Ă  l'eau phĂ©niquĂ©e et leur applique un coton imbibĂ© d'acide phĂ©nique. Le rĂ©sultat est une rĂ©duction drastique de l'infection et de la mortalitĂ©.


     Lister publie sa thĂ©orie et sa mĂ©thode en 1867, en les rattachant explicitement aux travaux de Pasteur. Dans une lettre de 1874, il remercie Pasteur « pour m'avoir, par vos brillantes recherches, dĂ©montrĂ© la vĂ©ritĂ© de la thĂ©orie des germes de putrĂ©faction, et m'avoir ainsi donnĂ© le seul principe qui ait pu mener Ă  bonne fin le système antiseptique. Â»


     L'antisepsie listĂ©rienne, dont l'efficacitĂ© triomphera en quelques annĂ©es des rĂ©sistances, est, au point de vue thĂ©orique, une branche importante de la thĂ©orie microbienne. Sur le plan pratique, toutefois, elle n'est pas entièrement satisfaisante : Lister, qui n'a pensĂ© qu'aux germes prĂ©sents dans l'air, et non Ă  ceux que propagent l'eau, les mains des opĂ©rateurs ainsi que les instruments et les tissus qu'ils emploient, attaque les microbes dans le champ opĂ©ratoire, en vaporisant de l'acide phĂ©nique dans l'air et en en appliquant sur les plaies. C'est assez peu efficace quand il faut opĂ©rer en profondeur et, de plus, l'acide phĂ©nique a un effet caustique sur l'opĂ©rateur et sur le patient. On cherche donc bientĂ´t Ă  prĂ©venir l'infection (asepsie) plutĂ´t qu'Ă  la combattre (antisepsie).

Asepsie

     Pasteur « est de ceux qui cherchent Ă  dĂ©passer l'antisepsie par l'asepsie. Â» Ă€ la sĂ©ance du 30 avril 1878 de l'AcadĂ©mie de mĂ©decine, il attire l'attention sur les germes propagĂ©s par l'eau, l'Ă©ponge ou la charpie avec lesquelles les chirurgiens lavent ou recouvrent les plaies et leur recommande de ne se servir que d'instruments d'une propretĂ© parfaite, de se nettoyer les mains puis de les soumettre Ă  un flambage rapide et de n'employer que de la charpie, des bandelettes, des Ă©ponges et de l'eau prĂ©alablement exposĂ©es Ă  diverses tempĂ©ratures qu'il prĂ©cise. Les germes en suspension dans l'air autour du lit du malade Ă©tant beaucoup moins nombreux que dans l'eau et Ă  la surface des objets, ces prĂ©cautions permettraient d'utiliser un acide phĂ©nique assez diluĂ© pour ne pas ĂŞtre caustique.


     Certes, ces recommandations n'Ă©taient pas d'une nouveautĂ© absolue : Semmelweis et d'autres avant lui (par exemple Claude Pouteau et Jacques Mathieu Delpech) avaient dĂ©jĂ  compris que les auteurs des actes mĂ©dicaux pouvaient eux-mĂŞmes transmettre l'infection, et ils avaient fait des recommandations en consĂ©quence, mais les progrès de la thĂ©orie microbienne avaient tellement changĂ© les donnĂ©es que les conseils de Pasteur reçurent beaucoup plus d'audience que ceux de ses prĂ©dĂ©cesseurs.


     En prĂ©conisant ainsi l'asepsie, Pasteur traçait une voie qui serait suivie (non sans rĂ©sistances du corps mĂ©dical) par Octave Terrillon (1883), Ernst von Bergmann et William S. Halsted .

  - Sous-chapitre : Lutte contre les maladies des vers Ă  soie




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Hommage aux travaux de Pasteur sur le ver à soie à Alès



     En 1865, Jean-Baptiste Dumas, sĂ©nateur et ancien ministre de l'Agriculture et du commerce, demande Ă  Pasteur d'Ă©tudier une nouvelle maladie qui dĂ©cime les Ă©levages de vers Ă  soie du sud de la France et de l'Europe, la pĂ©brine, caractĂ©risĂ©e Ă  l'Ă©chelle macroscopique par des taches noires et Ă  l'Ă©chelle microscopique par les « corpuscules de Cornalia Â». Pasteur accepte et s'installe pour cela Ă  Alès en juin 1865.

Erreurs initiales


     ArrivĂ© Ă  Alès, Pasteur se familiarise avec la pĂ©brine et aussi avec une autre maladie du ver Ă  soie, connue plus anciennement que la pĂ©brine : la flacherie ou maladie des morts-flats. Contrairement, par exemple, Ă  Quatrefages, qui avait forgĂ© le mot nouveau pĂ©brine, Pasteur commet l'erreur de croire que les deux maladies n'en font qu'une et mĂŞme que la plupart des maladies des vers Ă  soie connues jusque-lĂ  sont identiques entre elles et Ă  la pĂ©brine. C'est dans des lettres du 30 avril et du 21 mai 1867 Ă  Dumas qu'il fait pour la première fois la distinction entre la pĂ©brine et la flacherie.


     Il commet une autre erreur : il commence par nier le caractère « parasitaire Â» (microbien) de la pĂ©brine, que plusieurs savants (notamment Antoine BĂ©champ) considĂ©raient comme bien Ă©tabli. MĂŞme une note publiĂ©e le 27 aoĂ»t 1866 par Balbiani, que Pasteur semble d'abord accueillir favorablement, reste sans effet, du moins immĂ©diat. « Pasteur se trompe. Il ne changera d'opinion que dans le courant de 1867 Â».

Victoire sur la pébrine


     Alors que Pasteur n'a pas encore compris la cause de la maladie, il propage un procĂ©dĂ© efficace pour enrayer les infections : on choisit un Ă©chantillonnage de chrysalides, on les broie et on recherche les corpuscules dans le broyat; si la proportion de chrysalides corpusculeuses dans l'Ă©chantillonnage est très faible, on considère que la chambrĂ©e est bonne pour la reproduction. Cette mĂ©thode de tri des « graines Â» (Ĺ“ufs) est proche d'une mĂ©thode qu'avait proposĂ©e Osimo quelques annĂ©es auparavant, mais dont les essais n'avaient pas Ă©tĂ© concluants. Par ce procĂ©dĂ©, Pasteur jugule la pĂ©brine et sauve pour beaucoup l'industrie de la soie dans les CĂ©vennes.

La flacherie résiste


     En 1884, Balbiani, qui faisait peu de cas de la valeur thĂ©orique des travaux de Pasteur sur les maladies des vers Ă  soie, reconnaissait que son procĂ©dĂ© pratique avait remĂ©diĂ© aux ravages de la pĂ©brine, mais ajoutait que ce rĂ©sultat tendait Ă  ĂŞtre contrebalancĂ© par le dĂ©veloppement de la flacherie, moins bien connue et plus difficile Ă  prĂ©venir. En 1886, la SociĂ©tĂ© des Agriculteurs de France Ă©mettait le vĹ“u « que le gouvernement examine s'il n'y avait pas lieu de procĂ©der Ă  de nouvelles Ă©tudes scientifiques et pratiques sur le caractère Ă©pidĂ©mique des maladies des vers Ă  soie et sur les moyens de combattre cette influence. Â» Decourt, qui cite ce vĹ“u, donne des chiffres dont il conclut qu'après les travaux de Pasteur, la production des vers Ă  soie resta toujours très infĂ©rieure Ă  ce qu'elle avait Ă©tĂ© avant l'apparition de la pĂ©brine et conteste dès lors Ă  Pasteur le titre de « sauveur de la sĂ©riciculture française Â».

  - Sous-chapitre : Microbes et vaccins


     Ă€ partir de 1876, Pasteur travaille successivement sur le filtre et l'autoclave, tous deux mis au point par Charles Chamberland (1851-1908), et aussi sur le flambage des vases.


     Bien que ses travaux sur les fermentations, comme on l'a vu, aient stimulĂ© le dĂ©veloppement de la thĂ©orie microbienne des maladies contagieuses, et bien que, dans l'Ă©tude des maladies des vers Ă  soie, il ait fini par se ranger Ă  l'opinion de ceux qui considĂ©raient la pĂ©brine comme «parasitaire», Pasteur, Ă  la fin de 1876 (annĂ©e oĂą l'Allemand Robert Koch a fait progresser la connaissance de la bactĂ©rie du charbon), est encore indĂ©cis sur l'origine des maladies contagieuses humaines : « Sans avoir de parti pris dans ce difficile sujet, j'incline par la nature de mes Ă©tudes antĂ©rieures du cĂ´tĂ© de ceux qui prĂ©tendent que les maladies contagieuses ne sont jamais spontanĂ©es (...) Je vois avec satisfaction les mĂ©decins anglais qui ont Ă©tudiĂ© la fièvre typhoĂŻde avec le plus de vigueur et de rigueur repousser d'une manière absolue la spontanĂ©itĂ© de cette terrible maladie. Â» Mais il devient bientĂ´t un des partisans les plus actifs et les plus en vue de la thĂ©orie microbienne des maladies contagieuses, domaine oĂą son plus grand rival est Robert Koch. En 1877, Pasteur dĂ©couvre le « vibrion septique Â», qui provoque un type de septicĂ©mie et avait obscurci l'Ă©tiologie du charbon; ce microbe sera nommĂ© plus tard Clostridium septicum. En 1880, il dĂ©couvre le staphylocoque, qu'il identifie comme responsable des furoncles et de l'ostĂ©omyĂ©lite. Son combat en faveur de la thĂ©orie microbienne ne l'empĂŞche d'ailleurs pas de reconnaĂ®tre l'importance du « terrain Â», importance illustrĂ©e par l'immunisation vaccinale, Ă  laquelle il va consacrer la dernière partie de sa carrière.

Les inoculateurs avant Pasteur : Ă  la recherche de l'attĂ©nuation


     Quand Pasteur commence ses recherches sur les vaccins, on fait des inoculations prĂ©ventives contre une maladie humaine, la variole (la mĂ©thode de Jenner est cĂ©lèbre), et contre deux maladies du bĂ©tail : la clavelĂ©e, maladie du mouton, et la pĂ©ripneumonie bovine.


     Certains clavelisateurs cherchent Ă  attĂ©nuer la virulence du claveau (la substance morbide injectĂ©e) par culture ou par inoculations successives d'animal Ă  animal, mais, selon un dictionnaire de l'Ă©poque, leurs rĂ©sultats sont illusoires.

Le vaccin contre le choléra des poules




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Louis Pasteur par le photographe Félix Nadar en 1878.


Un don du hasard ?

     Durant l'Ă©tĂ© 1879, Pasteur et ses collaborateurs, Émile Roux et Émile Duclaux, dĂ©couvrent que les poules auxquelles on a inoculĂ© des cultures vieillies du microbe du cholĂ©ra des poules non seulement ne meurent pas mais rĂ©sistent Ă  de nouvelles infections - c'est la dĂ©couverte d'un vaccin d'un nouveau type : contrairement Ă  ce qui Ă©tait le cas dans la vaccination contre la variole, on ne se sert pas, comme vaccin, d'un virus bĂ©nin fourni par la nature (sous forme d'une maladie bĂ©nigne qui immunise contre la maladie grave) mais on provoque artificiellement l'attĂ©nuation d'une souche initialement très virulente et c'est le rĂ©sultat de cette attĂ©nuation qui est utilisĂ© comme vaccin .


     S'il faut en croire la version cĂ©lèbre de RenĂ© Vallery-Radot et d'Émile Duclaux, c'est en reprenant de vieilles cultures oubliĂ©es (ou laissĂ©es de cĂ´tĂ© pendant les vacances) qu'on se serait aperçu avec surprise qu'elles ne tuaient pas et mĂŞme immunisaient. Il y aurait lĂ  un cas de sĂ©rendipitĂ©.


     A. Cadeddu, toutefois, rappelle que « depuis les annĂ©es 1877-1878, [Pasteur] possĂ©dait parfaitement le concept d'attĂ©nuation de la virulence Â». C'est un des motifs pour lesquels Cadeddu, Ă  la suite de Mirko D. Grmek, met en doute le rĂ´le allĂ©guĂ© du hasard dans la dĂ©couverte du procĂ©dĂ© d'attĂ©nuation de la virulence et pense que cette attĂ©nuation a sĂ»rement Ă©tĂ© recherchĂ©e activement, ce que les notes de laboratoire de Pasteur semblent bien confirmer.

Irrégularité du vaccin contre le choléra des poules

     Dans sa double communication du 26 octobre 1880 Ă  l'AcadĂ©mie des Sciences et Ă  l'AcadĂ©mie de mĂ©decine, Pasteur attribue l'attĂ©nuation de la virulence au contact avec l'oxygène. Il dit que des cultures qu'on laisse vieillir au contact de l'oxygène perdent de leur virulence au point de pouvoir servir de vaccin, alors que des cultures qu'on laisse vieillir dans des tubes Ă  l'abri de l'oxygène gardent leur virulence. Il reconnaĂ®t toutefois dans une note de bas de page que l'oxygène ne joue pas toujours son rĂ´le d'attĂ©nuation, ou pas toujours dans les mĂŞmes dĂ©lais : « Puisque, Ă  l'abri de l'air, l'attĂ©nuation n'a pas lieu, on conçoit que, si dans une culture au libre contact de l'air (pur) il se fait un dĂ©pĂ´t du parasite en quelque Ă©paisseur, les couches profondes soient Ă  l'abri de l'air, tandis que les superficielles se trouvent dans de tout autres conditions. Cette seule circonstance, jointe Ă  l'intensitĂ© de la virulence, quelle que soit, pour ainsi dire, la quantitĂ© du virus employĂ©, permet de comprendre que l'attĂ©nuation d'un virus ne doit pas nĂ©cessairement varier proportionnellement au temps d'exposition Ă  l'air. Â»



     Certains voient lĂ  un demi-aveu de l'irrĂ©gularitĂ© du vaccin, irrĂ©gularitĂ© que la suite confirma : « Cette voie, que le gĂ©nie de Pasteur avait ouverte et qui fut ensuite si fĂ©conde, se rĂ©vĂ©la bientĂ´t fermĂ©e en ce qui concerne la vaccination anti-pasteurellique de la poule. Des difficultĂ©s surgirent dans la rĂ©gularitĂ© de l'attĂ©nuation et de l'entretien de la virulence Ă  un degrĂ© dĂ©terminĂ© et fixe. Â»

RĂ´le de l'oxygène ?

     La thĂ©orie de Pasteur, selon laquelle la virulence du vaccin Ă©tait attĂ©nuĂ©e par l'action de l'oxygène, n'a pas Ă©tĂ© retenue. Th. D. Brock, après avoir prĂ©sentĂ© comme vraisemblable l'explication de l'attĂ©nuation dans les cultures par mutations et sĂ©lection (l'organisme vivant, qui possède des dĂ©fenses immunitaires, exerce une sĂ©lection en dĂ©faveur des microbes mutants peu virulents, ce qui n'est pas le cas dans les cultures), ajoute : « Ses recherches [= de Pasteur] sur les effets de l'oxygène sont quelque chose de curieux. Bien que l'oxygène puisse jouer un rĂ´le en accĂ©lĂ©rant les processus d'autolyse, il n'a probablement pas une action aussi directe que Pasteur le pensait. Â»

Le vaccin contre la maladie du charbon




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Pasteur vaccinant des moutons contre le charbon à Pouilly-le-Fort (illustration du XXe siècle)



     Le 5 mai 1881, lors de la cĂ©lèbre expĂ©rience de Pouilly-le-Fort, un troupeau de moutons est vaccinĂ© contre la maladie du charbon Ă  l'aide d'un vaccin mis au point par Pasteur et ses assistants. Cette expĂ©rience fut un succès complet.


     Certains auteurs reprochent Ă  Pasteur d'avoir induit le public scientifique en erreur sur la nature exacte du vaccin utilisĂ©. Cette question fait l'objet d'un article Ă  part, le « Secret de Pouilly-le-Fort Â».

Article dĂ©taillĂ© : secret de Pouilly-le-Fort.

La rage

Travaux antérieurs de Duboué et Galtier

     En 1879, Paul-Henri DubouĂ© dĂ©gage de divers travaux de l'Ă©poque une « thĂ©orie nerveuse Â» de la rage : « Dans cette hypothèse, le virus rabique s'attache aux fibrilles nerveuses mises Ă  nu par la morsure et se propage jusqu'au bulbe. Â» Le rĂ´le de la voie nerveuse dans la transmission du virus de la rage, conjecturĂ© par DubouĂ© presque uniquement Ă  partir d'inductions, fut plus tard confirmĂ© expĂ©rimentalement par Pasteur et ses assistants.


     La mĂŞme annĂ©e 1879, Galtier montre qu'on peut utiliser le lapin, beaucoup moins dangereux que le chien, comme animal d'expĂ©rimentation. Il envisage aussi de mettre Ă  profit la longue durĂ©e d'incubation (c'est-Ă -dire la longue durĂ©e que le virus met Ă  atteindre les centres nerveux) pour faire jouer Ă  un moyen prĂ©ventif (qu'il en est encore Ă  chercher ou Ă  expĂ©rimenter) un rĂ´le curatif : « J'ai entrepris des expĂ©riences en vue de rechercher un agent capable de neutraliser le virus rabique après qu'il a Ă©tĂ© absorbĂ© et de prĂ©venir ainsi l'apparition de la maladie, parce que, Ă©tant persuadĂ©, d'après mes recherches nĂ©croscopiques, que la rage une fois dĂ©clarĂ©e est et restera longtemps, sinon toujours incurable, Ă  cause des lĂ©sions qu'elle dĂ©termine dans les centres nerveux, j'ai pensĂ© que la dĂ©couverte d'un moyen prĂ©ventif efficace Ă©quivaudrait presque Ă  la dĂ©couverte d'un traitement curatif, surtout si son action Ă©tait rĂ©ellement efficace un jour ou deux après la morsure, après l'inoculation du virus Â». Â» (Galtier ne prĂ©cise pas que le moyen prĂ©ventif auquel il pense doive ĂŞtre un vaccin.)


     Dans une note de 1881, il signale notamment qu'il semble avoir confĂ©rĂ© l'immunitĂ© Ă  un mouton en lui injectant de la bave de chien enragĂ© par voie sanguine. (L'efficacitĂ© de cette mĂ©thode d'immunisation des petits ruminants : chèvre et mouton, par injection intraveineuse sera confirmĂ©e en 1888 par deux pasteuriens, Nocard et Roux.)


     Dans cette mĂŞme note, toutefois, Galtier rĂ©pète une erreur qu'il avait dĂ©jĂ  commise dans son TraitĂ© des maladies contagieuses de 1880 : parce qu'il n'a pas pu transmettre la maladie par inoculation de fragments de nerfs, de moelle ou de cerveau, il croit pouvoir conclure que, chez le chien, le virus n'a son siège que dans les glandes linguales et la muqueuse bucco-pharyngienne.


     Les choses en sont lĂ  quand Pasteur, en 1881, commence ses publications sur la rage.

Les études de Pasteur
Études sur les animaux

     Dans une note du 30 mai de cette annĂ©e, Pasteur rappelle la « thĂ©orie nerveuse Â» de DubouĂ© et l'incapacitĂ© oĂą Galtier a dit ĂŞtre de confirmer cette thĂ©orie en inoculant de la substance cĂ©rĂ©brale ou de la moelle de chien enragĂ©. « J'ai la satisfaction d'annoncer Ă  cette AcadĂ©mie que nos expĂ©riences ont Ă©tĂ© plus heureuses Â», dit Pasteur, et dans cette note de deux pages, il Ă©tablit deux faits importants :

  1. le virus rabique ne siège pas uniquement dans la salive, mais aussi, et avec une virulence au moins égale, dans le cerveau;
  2. l'inoculation directe de substance cérébrale rabique à la surface du cerveau du chien par trépanation communique la rage à coup sûr, avec une incubation nettement plus courte (mort en moins de trois semaines) que dans les circonstances ordinaires, ce qui fait gagner un temps précieux aux expérimentateurs.

     Dans cette note de 1881, Galtier n'est nommĂ© qu'une fois, et c'est pour ĂŞtre contredit (avec raison).


     En dĂ©cembre 1882, nouvelle note de Pasteur et de ses collaborateurs, Ă©tablissant que le système nerveux central est le siège principal du virus, oĂą on le trouve Ă  l'Ă©tat plus pur que dans la salive, et signalant des cas d'immunisation d'animaux par inoculation du virus, autrement dit des cas de vaccination. Galtier est nommĂ© deux fois en bas de page, tout d'abord Ă  propos des difficultĂ©s insurmontables auxquelles se heurtait l'Ă©tude de la rage avant l'intervention de Pasteur, notamment parce que « la salive Ă©tait la seule matière oĂą l'on eĂ»t constatĂ© la prĂ©sence du virus rabique Â» (suit une rĂ©fĂ©rence Ă  Galtier) et ensuite Ă  propos de l'absence d'immunisation que les pasteuriens ont constatĂ©e chez le chien après injection intraveineuse : « Ces rĂ©sultats contredisent ceux qui ont Ă©tĂ© annoncĂ©s par M. Galtier, Ă  cette AcadĂ©mie, le 1 aoĂ»t 1881, par des expĂ©riences faites sur le mouton. Â» Galtier, en 1891 puis en 1904, se montra ulcĂ©rĂ© de cette façon de traiter sa mĂ©thode d'immunisation des petits ruminants par injection intraveineuse, dont l'efficacitĂ© fut confirmĂ©e en 1888 par deux pasteuriens, Roux et Nocard.


     Deux notes de fĂ©vrier et mai 1884 sont consacrĂ©es Ă  des mĂ©thodes de modification du degrĂ© de virulence par passages successifs Ă  l'animal (exaltation par passages successifs aux lapins, attĂ©nuation par passages successifs aux singes). Les auteurs estiment qu'après un certain nombre de passages chez des animaux d'une mĂŞme espèce, on obtient un virus fixe, c'est-Ă -dire un virus dont les propriĂ©tĂ©s resteront immuables lors de passages subsĂ©quents. (En 1935, P. LĂ©pine montra que cette fixitĂ© Ă©tait moins absolue qu'on ne le croyait et qu'il Ă©tait nĂ©cessaire de contrĂ´ler le degrĂ© de virulence et le pouvoir immunogène des souches «fixes».)


     En 1885, Pasteur se dit capable d'obtenir une forme du virus attĂ©nuĂ©e Ă  volontĂ© en exposant de la moelle de lapin rabique au contact de l'air gardĂ© sec. Cela permet de vacciner par une sĂ©rie d'inoculations de plus en plus virulentes.




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Tableau d'Albert Edelfelt représentant Louis Pasteur, une de ses représentations les plus célèbres.
Dans cette représentation Pasteur observe dans un bocal une moelle épinière de lapin enragé, suspendue en train de se dessécher au-dessus de cristaux de potasse. C'est le processus qui a permis d'obtenir le vaccin contre la rage.


Essais sur l'Homme

     C'est en cette annĂ©e 1885 qu'il fait ses premiers essais sur l'homme.


     Il ne publia rien sur les deux premiers cas (Girard et la fillette Poughon), ce qui, selon Patrice DebrĂ©, alimente rĂ©gulièrement une rumeur selon laquelle Pasteur aurait « Ă©touffĂ© Â» ses premiers Ă©checs. En fait, dans le cas Girard, qui semble avoir Ă©voluĂ© favorablement, le diagnostic de rage, malgrĂ© des symptĂ´mes qui avaient fait conclure Ă  une rage dĂ©clarĂ©e, Ă©tait douteux, et, dans le cas de la fillette Poughon (qui mourut le lendemain de la vaccination), il s'agissait très probablement d'une rage dĂ©clarĂ©e, ce qui Ă©tait et est encore toujours, avec une quasi-certitude, un arrĂŞt de mort Ă  brève Ă©chĂ©ance, avec ou sans vaccination.


     Le 6 juillet 1885, on amène Ă  Pasteur un petit berger alsacien de Steige âgĂ© de neuf ans, Joseph Meister, mordu l'avant-veille par un chien qui avait ensuite mordu son propriĂ©taire. La morsure Ă©tant rĂ©cente, il n'y a pas de rage dĂ©clarĂ©e. Cette incertitude du diagnostic rend le cas plus dĂ©licat que les prĂ©cĂ©dents et Roux, l'assistant de Pasteur dans les recherches sur la rage, refuse formellement de participer Ă  l'injection. Pasteur hĂ©site, mais deux Ă©minents mĂ©decins, Alfred Vulpian et Joseph Grancher, estiment que le cas est suffisamment sĂ©rieux pour justifier la vaccination et la font pratiquer sous leur responsabilitĂ©. Joseph Meister reçoit treize inoculations rĂ©parties sur dix jours. Il ne dĂ©veloppera jamais la rage.


     Le cas très cĂ©lèbre de Meister n'est peut-ĂŞtre plus très convaincant. Ce qui fit considĂ©rer que le chien qui l'avait mordu Ă©tait enragĂ© est le fait que « celui-ci, Ă  l'autopsie, avait foin, paille et fragments de bois dans l'estomac Â». Aucune inoculation de substance prĂ©levĂ©e sur le chien ne fut faite. Peter, principal adversaire de Pasteur et grand clinicien, savait que le diagnostic de rage par la prĂ©sence de corps Ă©trangers dans l'estomac Ă©tait caduc. Il le fit remarquer Ă  l'AcadĂ©mie de mĂ©decine (11 janvier 1887).


     Un dĂ©tail du traitement de Meister illustre ces mots Ă©crits en 1966 par Maxime Schwartz, alors directeur gĂ©nĂ©ral de l'Institut Pasteur (Paris) : « Pasteur n'est pas perçu aujourd'hui comme il y a un siècle ou mĂŞme il y a vingt ans. Le temps des hagiographies est rĂ©volu, les images d'Épinal font sourire, et les conditions dans lesquelles ont Ă©tĂ© expĂ©rimentĂ©s le vaccin contre la rage ou la sĂ©rothĂ©rapie antidiphtĂ©rique feraient frĂ©mir rĂ©trospectivement nos modernes comitĂ©s d'Ă©thique. Â»


     Pasteur, en effet, fit faire Ă  Meister, après la sĂ©rie des inoculations vaccinales, une injection de contrĂ´le. L'injection de contrĂ´le, pour le dire crĂ»ment, consiste Ă  essayer de tuer le sujet en lui injectant une souche d'une virulence qui lui serait fatale dans le cas oĂą il ne serait pas vaccinĂ© ou le serait mal; s'il en rĂ©chappe, on conclut que le vaccin est efficace.


     Pasteur a lui-mĂŞme dit les choses clairement : « Joseph Meister a donc Ă©chappĂ©, non seulement Ă  la rage que ses morsures auraient pu dĂ©velopper, mais Ă  celle que je lui ai inoculĂ©e pour contrĂ´le de l'immunitĂ© due au traitement, rage plus virulente que celle des rues. L'inoculation finale très virulente a encore l'avantage de limiter la durĂ©e des apprĂ©hensions qu'on peut avoir sur les suites des morsures. Si la rage pouvait Ă©clater, elle se dĂ©clarerait plus vite par un virus plus virulent que par celui des morsures. Â»


     Ă€ propos de la seconde de ces trois phrases, AndrĂ© Pichot, dans son anthologie d'Ă©crits de Pasteur, met une note : « Cette phrase est un peu dĂ©placĂ©e, dans la mesure oĂą il s'agissait ici de soigner un ĂŞtre humain (et non de faire une expĂ©rience sur un animal). Â»

L'efficacité du vaccin de Pasteur remise en cause.

     Pasteur ayant publiĂ© ses premiers succès, son vaccin antirabique devient vite cĂ©lèbre et les candidats affluent. Déçu par quelques cas oĂą le vaccin a Ă©tĂ© inefficace, Pasteur croit pouvoir passer Ă  un « traitement intensif Â», qu'il prĂ©sente Ă  l'AcadĂ©mie des Sciences le 2 novembre 1886. L'enfant Jules Rouyer, vaccinĂ© dans le mois d'octobre prĂ©cĂ©dant cette communication, meurt vingt-quatre jours après la communication et son père porte plainte contre les responsables de la vaccination D'après un rĂ©cit fait une cinquantaine d'annĂ©es après les Ă©vènements par le bactĂ©riologiste AndrĂ© Loir, neveu et ancien assistant-prĂ©parateur de Pasteur, le bulbe rachidien de l'enfant, inoculĂ© Ă  des lapins, leur communique la rage, mais Roux (en l'absence de Pasteur, qui villĂ©giature Ă  la Riviera) fait un rapport en sens contraire; le mĂ©decin lĂ©giste, Brouardel, après avoir dit Ă  Roux « Si je ne prends pas position en votre faveur, c'est un recul immĂ©diat de cinquante ans dans l'Ă©volution de la science, il faut Ă©viter cela ! Â», conclut dans son expertise que l'enfant Rouyer n'est pas mort de la rage. P. DebrĂ© accepte ce rĂ©cit, tout en notant qu'il repose uniquement sur AndrĂ© Loir.


     Ă€ la mĂŞme Ă©poque, le jeune RĂ©veillac, qui a subi le traitement intensif, meurt en prĂ©sentant des symptĂ´mes atypiques oĂą Peter, le grand adversaire de Pasteur, voit une rage humaine Ă  symptĂ´mes de rage de lapin, autrement dit la rage de laboratoire, la rage Pasteur, dont on commence Ă  beaucoup parler.


     Â« On renonça plus tard Ă  une mĂ©thode de traitement aussi Ă©nergique, et qui pouvait prĂ©senter quelques dangers. Â»


     En fait, on finit mĂŞme par renoncer au traitement ordinaire de Pasteur-Roux. En 1908, Fermi proposa un vaccin contre la rage avec virus traitĂ© au phĂ©nol. Progressivement, dans le monde entier, le vaccin phĂ©niquĂ© de Fermi supplanta les moelles de lapin de Pasteur et Roux. En France, oĂą on en Ă©tait restĂ© aux moelles de lapin, P. LĂ©pine et V. Sautter firent en 1937 des comparaisons rigoureuses : une version du vaccin phĂ©niquĂ© protĂ©geait les lapins dans la proportion de 77,7 %, alors que les lapins vaccinĂ©s par la mĂ©thode des moelles dessĂ©chĂ©es n'Ă©taient protĂ©gĂ©s que dans la proportion de 35 %. Dans un ouvrage de 1973, AndrĂ© Gamet signale que la prĂ©paration de vaccin contre la rage par la mĂ©thode des moelles dessĂ©chĂ©es n'est plus utilisĂ©e. Parmi les mĂ©thodes qui le sont encore, il cite le traitement du virus par le phĂ©nol.


     MĂŞme si ce sont les travaux de Pasteur sur la vaccination antirabique, et donc les derniers de sa carrière, qui ont fait sa gloire auprès du grand public, un spĂ©cialiste en immunologie comme P. DebrĂ© estime que les Ĺ“uvres les plus remarquables de Pasteur sont les premières.

Erreurs théoriques

Les toxines

     En 1877, Pasteur veut tester l'hypothèse selon laquelle le bacille du charbon ne causerait l'Ă©tat morbide que de façon indirecte, en produisant un « ferment diastasique soluble Â» qui serait l'agent pathogène immĂ©diat. Il prĂ©lève le sang d'un animal qui vient de mourir du charbon, le filtre de façon Ă  en Ă´ter les bacilles et inocule le filtrat Ă  un animal sain. L'animal rĂ©cepteur ne dĂ©veloppe pas la maladie et Pasteur estime que cette expĂ©rience « Ă©carte complètement l'hypothèse du ferment soluble Â». Dans une publication ultĂ©rieure, toujours en 1877, Pasteur note toutefois que le sang filtrĂ©, s'il ne cause pas la maladie, rend les globules agglutinatifs, autant et mĂŞme plus que dans la maladie, et envisage que ce soit l'effet d'une « diastase Â» formĂ©e par les bacilles. En fait, les pasteuriens Roux et Yersin prouveront en 1888 (dans le cas de la diphtĂ©rie) que les microbes sĂ©crètent bel et bien une substance (la toxine) qui est la cause directe et isolable de la maladie.


     Des Ă©pistĂ©mologues et historiens des sciences comme F. Dagognet et A. Pichot pensent que le demi-Ă©chec de Pasteur Ă  mettre l'existence et le rĂ´le des toxines en Ă©vidence a la mĂŞme cause que son attitude dĂ©fensive face Ă  la thĂ©orie des enzymes : son « vitalisme Â» (Dagognet dit « vĂ©gĂ©talisme Â»), qui tend Ă  sĂ©parer rigoureusement les domaines du vivant et du non-vivant. Il faut dire, Ă  la dĂ©charge de Pasteur, que l'existence d'une toxine du charbon ne sera dĂ©montrĂ©e qu'en 1955. En 1880, d'ailleurs, Pasteur accepte d'envisager, Ă  titre d'hypothèse, le rĂ´le d'une substance toxique.

Les vaccins par microbes tués (inactivés)

     En 1880, le vĂ©tĂ©rinaire Henry Toussaint estime, Ă  tort ou Ă  raison, avoir immunisĂ© des moutons contre le charbon par deux mĂ©thodes : en inoculant du sang charbonneux dont les microbes ont Ă©tĂ© Ă©loignĂ©s par filtration, et en inoculant du sang charbonneux oĂą les microbes ont Ă©tĂ© laissĂ©s, mais tuĂ©s par chauffage. Pasteur, qui voit ainsi Toussaint, « Ă  son insu, peut-ĂŞtre, car il n'y fait aucune allusion», battre en brèche les opinions publiĂ©es antĂ©rieurement par Pasteur, rejette l'idĂ©e d'un vaccin qui ne contiendrait pas d'agents infectieux vivants. Ici encore, AndrĂ© Pichot voit un effet de la tendance de Pasteur Ă  cloisonner rigoureusement les domaines du vivant et de l'inanimĂ©. Pasteur, toutefois, finira par admettre la possibilitĂ© des « vaccins chimiques Â».

Le mécanisme de l'immunisation

     Pour expliquer l'immunisation, Pasteur adopta tour Ă  tour deux idĂ©es diffĂ©rentes. La première de ces idĂ©es, qu'on trouve dĂ©jĂ  chez Tyndall et chez Auzias-Turenne, explique l'immunisation par l'Ă©puisement, chez le sujet, d'une substance nĂ©cessaire au microbe. La seconde idĂ©e est que la vie du microbe ajoute une matière qui nuit Ă  son dĂ©veloppement ultĂ©rieur. Aucune de ces deux idĂ©es n'a Ă©tĂ© ratifiĂ©e par la postĂ©ritĂ©, encore que la seconde puisse ĂŞtre considĂ©rĂ©e comme une esquisse de la thĂ©orie des anticorps.






Chapitre : Le « gĂ©nie Â» de Pasteur


  - Sous-chapitre : Mise en ordre plutĂ´t qu'innovation


     En 1950, RenĂ© Dubos faisait gloire Ă  Pasteur « d'audacieuses divinations Â». En 1967, François Dagognet cite ce jugement de Dubos, mais pour en prendre le contre-pied : il rappelle que Pasteur a seulement ajoutĂ© Ă  la chimie des isomères que BerzĂ©lius et Mitscherlich avaient fondĂ©e, qu'il avait Ă©tĂ© prĂ©cĂ©dĂ© par Cagniard-Latour dans l'Ă©tude microscopique des fermentations, par Davaine dans la thĂ©orie microbienne des maladies contagieuses et, bien sĂ»r, par Jenner dans la vaccination. Il ajoute que la science de Pasteur « consiste moins Ă  dĂ©couvrir qu'Ă  enchaĂ®ner Â».




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Monument Ă  Pasteur, Place de Breteuil (7, 15 arrondissements de Paris)



     Dans le mĂŞme ordre d'idĂ©es que Dagognet, AndrĂ© Pichot dĂ©finit comme suit le caractère essentiel de l'Ĺ“uvre de Pasteur : « C'est lĂ  le mot-clĂ© de ses travaux : ceux-ci ont toujours consistĂ© Ă  mettre de l'ordre, Ă  quelque niveau que ce soit. Ils comportent assez peu d'Ă©lĂ©ments originaux (En note : Cela peut surprendre, mais les Ă©tudes sur la dissymĂ©trie molĂ©culaire Ă©taient dĂ©jĂ  bien avancĂ©es quand Pasteur s'y intĂ©ressa, celles sur les fermentations Ă©galement; les expĂ©riences sur la gĂ©nĂ©ration spontanĂ©e sont l'affinement de travaux dont le principe Ă©tait vieux de plus d'un siècle; la prĂ©sence de germes dans les maladies infectieuses Ă©tudiĂ©es par Pasteur a souvent Ă©tĂ© mise en Ă©vidence par d'autres que lui; quant Ă  la vaccination, elle avait Ă©tĂ© inventĂ©e par Jenner Ă  la fin du XVIII siècle, et l'idĂ©e d'une prĂ©vention utilisant le principe de non-rĂ©cidive de certaines maladies avait Ă©tĂ© proposĂ©e bien avant que Pasteur ne la rĂ©alisât.); mais, le plus souvent, ils partent d'une situation très confuse, et le gĂ©nie de Pasteur a toujours Ă©tĂ© de trouver, dans cette confusion initiale, un fil conducteur qu'il a suivi avec constance, patience et application. Â»


     Patrice DebrĂ© dit de mĂŞme : « Pasteur donne parfois mĂŞme l'impression de se contenter de vĂ©rifier des rĂ©sultats dĂ©crits par d'autres, puis de se les approprier. Cependant, c'est prĂ©cisĂ©ment quand il reprend des dĂ©monstrations laissĂ©es, pour ainsi dire, en jachère, qu'il se montre le plus novateur : le propre de son gĂ©nie, c'est son esprit de synthèse.  Â»

  - Sous-chapitre : Un savant dans le monde


     Pasteur n'Ă©tait en rien un chercheur isolĂ© dans sa tour d'ivoire. Ses travaux Ă©taient orientĂ©s vers les applications mĂ©dicales, hygiĂ©niques, agricoles et industrielles. Il a toujours collaborĂ© Ă©troitement avec les professions concernĂ©es (mĂŞme si, parmi les mĂ©decins, ses partisans Ă©taient en minoritĂ©) et il a su obtenir le soutien des pouvoirs publics Ă  la recherche scientifique. « C'est sans doute Ă  cela que Pasteur doit sa grande popularitĂ©. Il a lui-mĂŞme sciemment contribuĂ© Ă  l'Ă©dification de sa lĂ©gende, par ses textes et par ses interventions publiques. Â»






Chapitre : Pasteur, la religion catholique et l'euthanasie



     Dans les dernières annĂ©es du XIX siècle et les premières du XX, l'apologĂ©tique catholique attribuait volontiers Ă  Pasteur la phrase « Quand on a bien Ă©tudiĂ©, on revient Ă  la foi du paysan breton. Si j'avais Ă©tudiĂ© plus encore j'aurais la foi de la paysanne bretonne. Â»


     En 1939 (l'entre-deux-guerres fut la grande Ă©poque de l'Union rationaliste), Pasteur Vallery-Radot, petit-fils de Louis Pasteur, fit cette mise au point : « Mon père a toujours eu soin, et ma mère Ă©galement d'ailleurs, de dire que Pasteur n'Ă©tait pas pratiquant. Si vous ouvrez la Vie de Pasteur, vous verrez que mon père parle du spiritualisme et non du catholicisme de Pasteur. Je me souviens parfaitement de l'irritation de mon père et de ma mère, quand quelque prĂŞtre, en chaire, se permettait de lui attribuer cette phrase qu'il n'a jamais dite : « J'ai la foi du charbonnier breton. Â» (...) Toute la littĂ©rature qui a Ă©tĂ© Ă©crite sur le prĂ©tendu catholicisme de Pasteur est absolument fausse. Â»


     En 1994-1995, Maurice Vallery-Radot, arrière-petit-neveu de Pasteur et catholique militant, ne se contente pas du spiritualisme, du thĂ©isme de Pasteur, il tient que Pasteur resta au fond catholique, mĂŞme s'il n'allait pas rĂ©gulièrement Ă  la messe.


     En 2004, Pasteur sert de caution morale Ă  une cause d'une nature diffĂ©rente : son prĂ©cĂ©dent est Ă©voquĂ© Ă  l'assemblĂ©e nationale en faveur de l'euthanasie compassionnelle. La commission rapporte, d'après LĂ©on Daudet, que quelques-uns des dix-neuf Russes soignĂ©s de la rage par Pasteur dĂ©veloppèrent la maladie et que, pour leur Ă©pargner les souffrances atroces qui s'Ă©taient dĂ©clarĂ©es et qui auraient de toute façon Ă©tĂ© suivies d' une mort certaine, on pratiqua sur eux l'euthanasie avec le consentement de Pasteur.


     Pourtant, il y eut une Ă©poque oĂą un Pasteur praticien de l'euthanasie n'Ă©tait pas une chose qu'on exhibait volontiers : Axel Munthe ayant lui aussi racontĂ© l'euthanasie de quelques-uns des mordus russes dans la version originale en anglais de son Livre de San Michele (The Story of San Michele), la traduction française publiĂ©e en 1934 par Albin Michel, bien que donnĂ©e comme « texte intĂ©gral Â», fut amputĂ©e du passage correspondant.






Chapitre : Rues Pasteur



     Il existe 2 020 rues « Pasteur Â» en France. C'est un des noms propres les plus attribuĂ©s comme nom de rue . Lors des grands mouvements de dĂ©colonisation, qui entraĂ®nèrent des renommages de rue, les rues Pasteur gardèrent souvent leur nom.






Chapitre : Ĺ’uvres



     L’œuvre complète de Pasteur est tĂ©lĂ©chargeable sur le site de la Bibliothèque nationale de France, Gallica (cliquer sur le lien puis en haut et Ă  droite Ă  la rubrique « TĂ©lĂ©charger Â»)


     Les communications de Pasteur Ă  l'AcadĂ©mie des Sciences peuvent ĂŞtre Ă©galement tĂ©lĂ©chargĂ©es gratuitement sur le site de la Bibliothèque nationale de France, Gallica, dans les diffĂ©rents tomes des Comptes rendus de l’AcadĂ©mie des sciences. Liste des volumes (tĂ©lĂ©chargeables gratuitement) sur math-doc ou sur Gallica.


     Louis Pasteur, Écrits scientifiques et mĂ©dicaux; choix, prĂ©sentation et notes par AndrĂ© Pichot, Paris, Flammarion, 1994.


     Recherches sur la capacitĂ© de saturation de l'acide arsĂ©nieux. Etude des arsĂ©nites de potasse, de soude et d'ammoniaque. Suivi de Etude des phĂ©nomènes relatifs Ă  la polarisation rotatoire des liquides. Application de la polarisation rotatoire des liquides Ă  la solution de diverses questions de chimie, Thèse de Louis Pasteur. En ligne sur la Jubilothèque, bibliothèque numĂ©rique de l'UPMC.






Chapitre : Bibliographie





Image (cliquez pour agrandir) :

Buste de Pasteur Ă  Dole



     Les ouvrages ci-dessous peuvent ĂŞtre lus pour approfondir le sujet. Par ordre alphabĂ©tique d'auteurs :

    Liste :
  • HervĂ© Bazin, L'histoire des vaccinations, John Libbey Eurotext, Paris, 2008. (Le chapitre 2, pp. 135-282, est consacrĂ© Ă  Pasteur.)
  • Antonio Cadeddu, Les vĂ©ritĂ©s de la science. Pratique, rĂ©cit, histoire : le cas Pasteur, Ă©d. Leo S. Olschki, 2005 (ISBN 88-222-5464-3)
  • Collectif CNRS, Pasteur, cahiers d'un savant, Zulma, 1995
  • Patrice DebrĂ©, Louis Pasteur, Flammarion, 1994
  • Philippe Decourt, Les vĂ©ritĂ©s indĂ©sirables, 2 partie : Comment on falsifie l'histoire : le cas Pasteur, Paris, 1989.
  • Jimmy Drulhon, Louis Pasteur. Cinq annĂ©es dans les CĂ©vennes, Éditions Hermann, 2009
  • RenĂ© Dubos, Louis Pasteur - Franc-tireur de la science, PUF, 1955, rééditĂ© chez La DĂ©couverte, 1995, (ISBN 2707124109)
  • Émile Duclaux, Pasteur, histoire d'un esprit, Imprimerie Charaire, 1896 [tĂ©lĂ©chargeable gratuitement sur le site Gallica]
  • Gerald L. Geison, article Pasteur du Dictionary of Scientific Biography (dir. C. C. Gillispie), New York, 1974.
  • Gerald L. Geison, The private science of Louis Pasteur, Princeton University Press, 1995. (« livre enfin publiĂ© du seul historien vraiment spĂ©cialisĂ© dans l'histoire de Pasteur Â» Bruno Latour, Pasteur : guerre et paix des microbes, 2001, p. 10)
  • Ethel Douglas Hume, BĂ©champ ou Pasteur ?, 1948, traduit de l'anglais par Aurore ValĂ©rie.
« Le mĂ©lange de discussions sĂ©rieuses et de rĂ©flexions plus discutables s'expliqu[e] sans doute par la multiplicitĂ© des origines du livre. D'abord publiĂ© en anglais, il avait Ă©tĂ© 'basĂ©' sur le manuscrit d'un mĂ©decin amĂ©ricain, ami personnel de BĂ©champ, rĂ©digĂ© longtemps plus tard par une Anglaise, puis traduit en français (Le François, Ă©dit., 1948) avec une prĂ©face et un appendice de deux mĂ©decins suisses homĂ©opathes, très hostiles aux vaccinations. Â» (Decourt 1989, p. 139) « Ce livre rĂ©vèle que Pasteur traita son ancien assistant Antoine BĂ©champ (1816-1908) de façon très peu reluisante, mais ne me persuade pas que Pasteur ait « plagiĂ© Â» les travaux et les idĂ©es de BĂ©champ dans un sens raisonnable du mot. Â» (Geison 1995, p. 275, qui reproche aussi Ă  ce livre – qui cherche Ă  discrĂ©diter la vaccination, l'usage des sĂ©rums et l'expĂ©rimentation animale – de grossières erreurs scientifiques.)
    Liste :
  • Bruno Latour, Pasteur, une science, un style, un siècle, Perrin/Institut Pasteur, 1995
  • Bruno Latour, Jean-Marc Pau, Pasteur, bataille contre les microbes, Ă©d. Nathan, 1995 (ISBN 2-09-204466-4) (livre facile Ă  lire pour les enfants)
  • Pierre-Yves Laurioz, Louis Pasteur : La rĂ©alitĂ© après la lĂ©gende, Éditions de Paris, 2003 (ISBN 2851620967)
  • Pierre-Yves Laurioz, « Pasteur : 1822-1895 Â», Historia, 700, avril 2005.
  • Dr Adrien Loir, Ă€ l'ombre de Pasteur, Ă©d. Le mouvement sanitaire, 1938 (Ă©crit par le neveu de Pasteur)
  • M. Lombard, P.-P. Pastoret et A.-M. Moulin, « A brief history of vaccines and vaccination Â», Revue scientifique et technique de l'Office international des Épizooties, 2007, 26 (1), 29-48. En ligne.
  • Richard Moreau, PrĂ©histoire de Pasteur, Paris, L'Harmattan, 2000.
  • Richard Moreau, Les deux Pasteur : le père et le fils, Paris, L'Harmattan, 2003, partiellement consultable sur Google Books.
  • Richard Moreau, Louis Pasteur : De Besançon Ă  Paris, l'envol, Paris, L'Harmattan, 2003.
  • Louis Pasteur (rĂ©unies et annotĂ©es par Louis Pasteur Vallery-Radot), Ĺ’uvres de Pasteur (7 tomes), Masson, 1939
  • Annick Perrot et Maxime Schwartz, Pasteur, des microbes au vaccin, Casterman/Institut Pasteur, 1999
  • Patrice Pinet, Pasteur et la philosophie, Paris, L'Harmattan, 2005, partiellement consultable sur Google Books.
  • Daniel Raichwarg, Louis Pasteur, l'empire des microbes, DĂ©couvertes Gallimard, 1995
  • Roland Rosset, « Pasteur et les vĂ©tĂ©rinaires Â», Bulletin de la SociĂ©tĂ© française d'histoire de la mĂ©decine et des sciences vĂ©tĂ©rinaires, 2003, 2 (2) en ligne
  • Claire Salomon-Bayet (dir.). Pasteur et la rĂ©volution pastorienne. Paris : Payot, coll. « MĂ©decine et sociĂ©tĂ©s Â», 436 pages, 1986 (ISBN 978-2228550802)
  • (en) James Strick, « New Details Add to Our Understanding of Spontaneous Generation Controversies Â», ASM News (American Society of Bacteriology) 63, 1997. p.193-198 en ligne [pdf]
  • RenĂ© Vallery-Radot, La vie de Pasteur, Paris, Hachette, 1900, consultable sur Gallica.
  • Maurice Vallery-Radot, Pasteur, Perrin, 1994





Chapitre : Notes et références


  1. ↑ Annonce de la mort à l'académie des sciences
  2. ↑ Pour les points de chronologie, voir par exemple P. Debré, Louis Pasteur, Flammarion, 1994, pp. 529-538.
  3. ↑ Recherches sur la capacité de saturation de l'acide arsénieux. Étude des arsénites de potasse, de soude et d'ammoniaque. Suivi de Étude des phénomènes relatifs à la polarisation rotatoire des liquides. Application de la polarisation rotatoire des liquides à la solution de diverses questions de chimie.[1]
  4. ↑ « Sans ce travail que l'on me demande en vue de la Correspondance de l'Institut je serais restĂ© Ă  Strasbourg. Seulement tu comprends que ce congĂ© que ces missions m'ont fait avoir avec traitement complet est une irrĂ©gularitĂ© qui a besoin d'ĂŞtre couverte par un motif de santĂ©. Â» (Pasteur, lettre du 25 fĂ©vrier 1854 Ă  son père, dans Pasteur, Correspondance, t. 1, Paris, 1940, p. 261.)
  5. ↑ Pasteur, lettre du 8 mai 1854 à son père, dans Pasteur, Correspondance, t. 1, Paris, 1940, p. 267. Cet épisode de la carrière de Pasteur est noté par Pierre-Yves Laurioz, Louis Pasteur. La réalité après la légende, Paris, 2003, pp. 79-81. Sur l'attitude de Pasteur envers l'argent, voir Richard Moreau, La préhistoire de Pasteur, Paris, L'Harmattan, 2000, pp. 257-262.
  6. ↑ L. Pasteur, Discours prononcé à Douai, le 7 décembre 1854, à l'occasion de l'installation solennelle de la Faculté des lettres de Douai et de la Faculté des sciences de Lille, Œuvres complètes, t. 7, p. 131, consultable sur Gallica. L'article hasard de l'index figurant à la fin du vol. 7 des Œuvres complètes donne encore deux autres passages analogues.
  7. ↑ Les universités et la formation des ingénieurs en France 1870-1914 - André Grelon.
  8. ↑ Louis Pasteur, (Wikilivre) Mémoires de la Société des sciences, de l'agriculture et des arts de Lille, séance du 8 août 1857, 2e sér., V, 1858, p. 13-26. - Annales de chimie et de physique, 3e sér., LII, 1858, p. 404-418. Œuvres complètes de Pasteur, t. 2, Paris, 1922, pp. 3-13.
  9. ↑ Lettre de Pasteur au Temps, en date du 26 juillet 1883, Œuvres complètes de Pasteur, t. 6, pp. 539-540, consultable sur Gallica; René Vallery-Radot, La vie de Pasteur, réimpr. phot. Hachette, 1962, pp. 159-160; Patrice Debré, Louis Pasteur, 1994, p. 323-325.
  10. ↑ En 1867, Ă  propos d'un dĂ©bat au sĂ©nat, quatre-vingts Ă©lèves de l'École envoient une « adresse Â» Ă  l'Ă©crivain Sainte-Beuve pour le soutenir dans son combat en faveur de la libertĂ© de la librairie. Deux d'entre eux ayant, contrairement au règlement de l'Ă©cole, fait publier cette « adresse Â» dans la presse, Pasteur, avec l'accord du ministre de l'Instruction publique, Victor Duruy, prend des mesures disciplinaires contre lesquelles des Ă©lèves manifestent en bloc. L'opposition politique et la presse libĂ©rale attaquent Pasteur et Duruy, Duruy revient sur les mesures contre les Ă©tudiants, la dĂ©mission de Pasteur comme administrateur de l'École normale supĂ©rieure est acceptĂ©e ; il reçoit une chaire en Sorbonne et on crĂ©e, Ă  l'École normale mĂŞme, un laboratoire de chimie physiologique dont la direction lui est confiĂ©e, selon Patrice DebrĂ©, Louis Pasteur, 1994, pp. 149-155.
  11. ↑ Patrice Debré, Pasteur, 1994, p. 535.
  12. ↑ Patrice Debré, Louis Pasteur, 1997, p. 535.
  13. ↑ C'est la date indiquée dans l'édition des Œuvres complètes, vol. 5.
  14. ↑ Œuvres complètes de Pasteur, t. 7, pp. 326-339, consultable sur Gallica et sur Wikisource
  15. ↑ L. Pasteur, « MĂ©moire sur la relation qui peut exister entre la forme cristalline et la composition chimique, et sur la cause de la polarisation rotatoire. (Extrait par l'auteur) Â», Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des sciences, sĂ©ance du 22 mai 1848, t. 26, pp. 535-538, consultable sur Gallica. Ĺ’uvres complètes de Pasteur, t. 1, pp. 61-64 (avec date erronĂ©e du 15 au lieu du 22 mai 1848), consultable sur Gallica. Vous pouvez voir également : des mĂ©moires plus dĂ©taillĂ©s de pasteur sur le mĂŞme sujet dans le mĂŞme volume des Ĺ’uvres complètes.
  16. ↑ Sur l'histoire de l'apparition de l'acide paratartrique et sur ses deux dĂ©nominations, voir J.J. Berzelius, « Composition de l'acide tartrique et de l'acide racĂ©mique (...) et remarques gĂ©nĂ©rales sur les corps qui ont la mĂŞme composition et possèdent des propriĂ©tĂ©s diffĂ©rentes Â», Annales de chimie et de physique, t. 46, 1831, pp. 113-147. Consultable sur Google Books.
  17. ↑ J.B. Biot, « Chimie optique. - Communication d'une Note de M. Mitscherlich Â», Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des sciences, sĂ©ance du 14 octobre 1844, vol. 19, pp. 719-725. Consultable sur Gallica.
  18. ↑ Pour exprimer ce qu'on exprimait alors par le mot « double Â», on dirait maintenant que les deux ions alcalins sont combinĂ©s Ă  une mĂŞme molĂ©cule d'acide. (Jean-Jacques, La molĂ©cule et son double, 1992, p. 24.)
  19. ↑ « je ne pouvais comprendre que deux substances fussent aussi semblables que le disait Mitscherlich, sans ĂŞtre tout Ă  fait identiques Â». L. Pasteur, « La dissymĂ©trie molĂ©culaire Â», ConfĂ©rence faite Ă  la SociĂ©tĂ© chimique de Paris le 22 dĂ©cembre 1883, Ĺ’uvres complètes de Pasteur, t. 1, pp. 369-380, p. 370. Consultable sur Gallica.
  20. ↑ « Je montre, en effet, que l'hĂ©miĂ©drie [dans le langage de Pasteur, hĂ©miĂ©drie = dissymĂ©trie de la forme cristalline] est liĂ©e avec le sens de la polarisation rotatoire. Or, ce dernier phĂ©nomène Ă©tant molĂ©culaire et accusant une dissymĂ©trie dans les molĂ©cules, l'hĂ©miĂ©drie, Ă  son tour, se trouve donc en Ă©troite connexion avec la dissymĂ©trie des derniers Ă©lĂ©ments qui composent le cristal [= avec la dissymĂ©trie des molĂ©cules]. Â» L. Pasteur, « Recherches sur les relations qui peuvent exister entre la forme cristalline, la composition chimique et le sens de la polarisation rotatoire Â», Annales de chimie et de physique, 3 sĂ©rie, vol. 24, 1848, pp. 442-459; Ĺ’uvres complètes de L. Pasteur, t. 1, pp. 65-80, p. 66. Consultable sur Gallica. On trouve par exemple l'expression « pouvoir de rotation molĂ©culaire Â» dans J.-B. Biot, « MĂ©moire sur la polarisation circulaire et sur ses applications Ă  la chimie organique Â» (lu en 1832), MĂ©moires de l'AcadĂ©mie des sciences de l'Institut de France, t. 13, 1835, pp. 39-176, p. 51, consultable sur Gallica.
  21. ↑ D'après Claude Debru, Pasteur marchait en cela sur les traces de son maĂ®tre Delafosse : « Pasteur n'Ă©tait pas le premier Ă  rechercher la raison de l'hĂ©miĂ©drie des cristaux dans l'arrangement des atomes constituant la molĂ©cule. L'un de ses maĂ®tres, Gabriel Delafosse, l'avait Ă©galement envisagĂ©. Â» (Claude Debru, L'interdisciplinaritĂ© et la transdisciplinaritĂ© dans l'oeuvre de Louis Pasteur, en ligne.
  22. ↑ Voir par exemple L. Pasteur, « Recherches sur les relations qui peuvent exister entre la forme cristalline, la composition chimique et le sens de la polarisation rotatoire Â», Annales de chimie et de physique, 3 sĂ©rie, vol. 24, 1848, pp. 442-459; Ĺ’uvres complètes de L. Pasteur, t. 1, pp. 65-80, p. 78 (consultable sur Gallica) : de l'existence, dans le paratartrate double de soude et d'ammoniaque, de deux sortes de cristaux, images spĂ©culaires non superposables les uns des autres, Pasteur conclut qu'il y a lĂ  « deux groupes atomiques symĂ©triquement isomorphes Â».
  23. ↑ (fr) Pasteur Œuvre tome 1 – Dissymétrie moléculaire [pdf]
  24. ↑ Anthonny Guerronnan, Dictionnaire Synonymique, Paris, Gauthier-Villars, 1895, rĂ©impr. Ayer Publishing, 1979, p. 9. Partiellement consultable sur Google Books. Pasteur avait d'abord proposĂ© une terminologie un peu diffĂ©rente : « L'acide paratartrique, ou racĂ©mique, est bien rĂ©ellement formĂ© de deux acides distincts, l'un dĂ©viant Ă  droite, l'autre Ă  gauche le plan de la lumière polarisĂ©e, et tous deux de la mĂŞme quantitĂ© absolue. (...) Je proposerai d'appeler acide lĂ©voracĂ©mique l'acide qui dĂ©vie Ă  gauche, acide dextroracĂ©mique l'acide qui dĂ©vie Ă  droite le plan de polarisation des rayons lumineux. Â» (L. Pasteur, « Recherches sur les relations qui peuvent exister entre la forme cristalline, la composition chimique et le sens de la polarisation rotatoire (Deuxième mĂ©moire) Â», Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des sciences, sĂ©ance du 9 avril 1849, t. 28, pp. 477-478; Ĺ’uvres complètes de Pasteur, t. 1, pp. 81-82, p. 81, consultable sur Gallica.
  25. ↑ (en) Aaron J. Ihde, The development of Modern Chemistry, New York, 1984
  26. ↑ « Ces faits cependant nous montrent, en outre, l'Ă©troite relation qui existe entre la forme cristalline et la constitution molĂ©culaire Â» L. Pasteur, « MĂ©moire sur la relation qui peut exister entre la forme cristalline et la composition chimique, et sur la cause de la polarisation rotatoire (Extrait par l'auteur) Â», Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des sciences, sĂ©ance du 15 mai 1848, t. 26, pp. 535-538; Ĺ’uvres complètes de Pasteur, t. 1, pp. 61-64, p. 62. Consultable sur Gallica.
  27. ↑ L. Pasteur, Œuvres complètes, t. 1, pp. 124, 133, 204, 283-284, 288, 311 (consultables sur Gallica); cités par F. Dagognet, Méthodes et doctrine dans l'œuvre de Pasteur, Paris, 1967; rééd. sous le titre Pasteur sans la légende, 1994, pp. 98-101.
  28. ↑ F. Dagognet, Méthodes et doctrine dans l'œuvre de Pasteur, Paris, 1967; rééd. sous le titre Pasteur sans la légende, 1994, préface à la nouvelle édition, p. 17.
  29. ↑ Gerald L. Geison, The private science of Louis Pasteur, Ă©d. Princeton university press, 1995, p. 86-89. Vous pouvez voir également : (en) [pdf] George B. Kauffman, Robin D. Myers, Pasteur’s resolution of racemic acid : a sesquicentennial retrospect and a new translation, The chemical education, 1998, vol 3, n°6, et ComplĂ©ments Ă  l'article « Auguste Laurent (1807-1853) :chimiste bicentenaire et inconnu Â», de Marika Blondel-MĂ©grelis, L’ActualitĂ© chimique, 2007, n° 314, p. 36, en ligne.
  30. ↑ L. Pasteur, « MĂ©moire sur l'alcool amylique Â», Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des sciences, sĂ©ance du 20 aoĂ»t 1855, vol. 41, pp. 296-300; Ĺ’uvres complètes de L. Pasteur, vol. 1, p. 275, consultable sur Gallica.
  31. ↑ « Chacun sait, en effet, depuis les belles et nombreuses recherches de M. Biot, que beaucoup de substances organiques jouissent de la propriĂ©tĂ© singulière de dĂ©vier Ă  l'Ă©tat de dissolution le plan de polarisation des rayons lumineux. Â» (Pasteur, MĂ©moire sur la relation qui peut exister entre la forme cristalline et la composition chimique, et sur la cause de la polarisation rotatoire. (Extrait par l'auteur), 1848, Ĺ’uvres complètes de Pasteur, t. 1, p. 63, consultable sur Gallica. Pour l'influence de Biot sur Pasteur Ă  ce sujet, voir P. Pinet, Pasteur et la philosophie, Paris, L'Harmattan, 2005, pp. 46-50.
  32. ↑ L. Pasteur, « MĂ©moire sur la fermentation appelĂ©e lactique Â», MĂ©moires de la SociĂ©tĂ© des sciences, de l'agriculture et des arts de Lille, sĂ©ance du 3 aoĂ»t 1857, 2 sĂ©rie, t. 5, 1858, pp. 13-26; Annales de chimie et de physique, 3 sĂ©rie, t. 52, 1858, pp. 404-418, Ĺ’uvres complètes de L. Pasteur, vol. 2, pp. 3-13, spĂ©c. 3-4, consultable sur Wikisource. CitĂ© par F. Dagognet, MĂ©thodes et doctrine dans l'Ĺ“uvre de Pasteur, Paris, 1967, rééd. sous le titre Pasteur sans la lĂ©gende, 1994, pp. 147, 151 et 181.
  33. ↑ Harry W. Paul, Science, Vine and Wine in Modern France, Cambridge University Press, 2002, p. 123 (consultable sur Internet). L. Pasteur, dans son Mémoire sur la fermentation alcoolique, Annales de Chimie et de Physique, Vol. 58, 3e série, 1860, pp. 323-426 (Œuvres complètes, t. 2, pp. 80-81 et 83-84), rappelle les apports de Fabbroni (1787), de Cagniard de Latour (1836) et de Schwann (1837) à la connaissance du rôle des organismes vivants dans la fermentation.
  34. ↑ C. Galey, J. Potus et J. Adrian Ă©crivent un peu schĂ©matiquement : « La connaissance scientifique de la levure fut Ă©tablie au XIXe siècle par Cagniard de Latour qui dĂ©couvre sa nature vivante, par Payen qui Ă©tablit sa composition chimique et Pasteur qui dĂ©crit son mĂ©tabolisme. (C. Galey, J. Potus et J. Adrian, L'emploi de la levure en alimentation, de l'AntiquitĂ© Ă  nos jours, MĂ©decine et nutrition, 1994, vol. 30, n° 6, pp. 299-306.)
  35. ↑ Patrice Debré, Louis Pasteur, Flammarion, 1994, pp. 42-43.
  36. ↑ J.-B. Dumas, Traité de chimie appliquée aux arts, t. 6, pp. 304-305, consultable sur Google Books.
  37. ↑ « la formation des globules dans le moĂ»t de bière en fermentation y dĂ©montre sans doute l'existence d'une activitĂ© vitale Â» (Justus Liebig, Nouvelles lettres sur la chimie, tr. fr., Paris, 1852, 28 lettre, p. 30.
  38. ↑ Pour BerzĂ©lius, voir Hilaire Cuny, Pasteur et le mystère de la vie, Paris, Seghers, 1963, p. 86. Quant Ă  Liebig, il Ă©crivait par exemple: « La levure de bière, et en gĂ©nĂ©ral toutes les matières animales et vĂ©gĂ©tales en putrĂ©faction, reportent sur d'autres corps l'Ă©tat de dĂ©composition dans lequel elles se trouvent elles-mĂŞmes. (...) Le mouvement qui, par la perturbation d'Ă©quilibre, s'imprime Ă  leurs propres Ă©lĂ©ments se communique Ă©galement aux Ă©lĂ©ments qui se trouvent en contact avec elles. Â» (Justus Liebig, TraitĂ© de chimie organique, tr. fr., t. 1, Paris, 1840, introd., p. XVIII, consultable sur Gallica. CitĂ© par Pasteur, MĂ©moire sur la fermentation alcoolique, 1860, Ĺ’uvres complètes de Pasteur, t. 2, Paris, 1922, p. 84, consultable sur Gallica, et par RenĂ© Dubos, Louis Pasteur franc-tireur de la science, rééd. 1995, Paris, p. 150.) Sur les idĂ©es de Liebig, voir aussi Herbert C. Friedmann (1997) « From Friedrich Wöhler’s Urine to Eduard Buchner’s Alcohol Â», in A. Cornish-Bowden (dir.), New Beer in an Old Bottle: Eduard Buchner and the Growth of Biochemical Knowledge, UniversitĂ© de Valence, Valence, 1997, pp. 67–122, en ligne.
  39. ↑ AndrĂ© Pichot, introduction au chapitre des fermentations dans : Louis Pasteur, Écrits scientifiques et mĂ©dicaux, Choix, prĂ©sentation et notes par AndrĂ© Pichot, Paris, Flammarion, pp. 46-47, avec rĂ©fĂ©rence prĂ©cise aux publications de Cagniard de Latour.
  40. ↑ Louis Pasteur, (Wikisource) Mémoires de la Société des sciences, de l'agriculture et des arts de Lille, séance du 8 août 1857, 2e sér., V, 1858, p. 13-26. - Annales de chimie et de physique, 3e sér., LII, 1858, p. 404-418. Œuvres complètes de Pasteur, t. 2, Paris, 1922, pp. 3-13.-Société des sciences, de l'agriculture et des arts de Lille
  41. ↑ P. Debré, Louis Pasteur, 1994, p. 121.
  42. ↑ Le « vibrion butyrique Â» de Pasteur a ensuite Ă©tĂ© nommĂ© Bacillus amylobacter ou Clostridium butyricum. Ph. van Tieghem, « IdentitĂ© du Bacillus amylobacter et du vibrion butyrique de M. Pasteur Â», Comtes rendus de l'AcadĂ©mie des sciences, t. 89 (1879), pp. 5-8, consultable sur Gallica; article Bacillus amylobacter du Pr. Georges Delisi sur MĂ©dicopĂ©dia.
  43. ↑ « Des recherches minutieuses n'ont pu jusqu'Ă  prĂ©sent faire dĂ©couvrir le dĂ©veloppement d'ĂŞtres organisĂ©s. Les observateurs qui en ont reconnu ont Ă©tabli, en mĂŞme temps, qu'ils Ă©taient accidentels et nuisaient au phĂ©nomène. Â» (L. Pasteur, MĂ©moire sur la fermentation appelĂ©e lactique, 1858, consultable sur Wikisource.)
  44. ↑ « On perd complètement de vue (...) que la dĂ©composition du sucre en alcool et en acide carbonique, ou en acide lactique, en mannite, en acide butyrique, ou en huile de pomme de terre, doit dĂ©pendre d'une seule et mĂŞme cause; et que les agents excitateurs de ces diffĂ©rentes sortes de dĂ©compositions n'ont pas, dans tous ces cas, dans leur propriĂ©tĂ© extĂ©rieure, de la ressemblance avec certains vĂ©gĂ©taux d'un ordre infĂ©rieur. Â» (Justus Liebig, Lettres sur la chimie, tr. fr. G.W. Bichon, Paris, 1845, p. 207, consultable sur Google Books.) Cet argument de Liebig est mentionnĂ© par P. DebrĂ©, Louis Pasteur, 1994, p. 120.
  45. ↑ Pour sa dĂ©couverte de la «levure» de la fermentation lactique, par exemple, voir L. Pasteur, « MĂ©moire sur la fermentation appelĂ©e lactique Â», MĂ©moires de la SociĂ©tĂ© des sciences, de l'agriculture et des arts de Lille, sĂ©ance du 8 aoĂ»t 1857, 2 sĂ©r., V, 1858, p. 13-26. - Annales de chimie et de physique, 3 sĂ©r., LII, 1858, p. 404-418. Ĺ’uvres complètes de Pasteur, t. 2, Paris, 1922, pp. 3-13. Consultable sur Wikisource. RĂ©sumĂ© dans P. DebrĂ©, Louis Pasteur, Flammarion, 1994, pp. 119-122, qui conclut : « Quand on parcourt ce premier mĂ©moire, on constate que Pasteur a dĂ©jĂ  presque tout trouvĂ©. Â» (Pasteur appelait «levures» les agents vivants de fermentation qu'il dĂ©couvrait et parlait par exemple de levure lactique. Dans la terminologie scientifique actuelle, un ferment n'est pas forcĂ©ment une levure : une levure appartient par dĂ©finition au règne des champignons, alors que, par exemple, les agents de la fermentation lactique sont des bactĂ©ries, formant le groupe des bactĂ©ries lactiques. L'expression « levure lactique Â» est toutefois encore courante.)
  46. ↑ Hilaire Cuny, Pasteur et le mystère de la vie, Paris, Seghers, 1963, p. 95. AndrĂ© Pichot, Introduction au chapitre des fermentations dans : Louis Pasteur, Écrits scientifiques et mĂ©dicaux, Choix, prĂ©sentation et notes par AndrĂ© Pichot, Paris, Flammarion, p. 49. Pasteur conjectura que, dans la « respiration Â» anaĂ©robie, la substance que la levure prĂ©lève sur les matières fermentescibles est de l'oxygène, comme dans le cas de la respiration aĂ©robie, mais cette opinion est abandonnĂ©e. « Avec l'anaĂ©robiose, Pasteur apporte Ă  la biochimie un phĂ©nomène fondamental, mais propose immĂ©diatement des interprĂ©tations et gĂ©nĂ©ralisations erronĂ©es. Selon lui, la fermentation a pour but d'enlever au sucre l'oxygène qui n'est pas fourni Ă  l'Ă©tat libre. Ces faits et interprĂ©tations rĂ©sument la philosophie de Pasteur en la matière. L'identification de la fermentation Ă  l'anaĂ©robiose est un fait acquis. La thèse selon laquelle l'oxygène reste requis dans l'anaĂ©robiose est une interprĂ©tation erronĂ©e. Pour Pasteur l'oxygène reste, sous une forme libre ou liĂ©e, indispensable Ă  la vie - conception Ă  laquelle la biochimie, au terme de longs dĂ©veloppements, tournera le dos. Â» (Claude Debru, titulaire de la chaire de philosophie des sciences Ă  l'École Normale SupĂ©rieure de Paris, « L'interdisciplinaritĂ© et la transdisciplinaritĂ© dans l'Ĺ“uvre de Louis Pasteur Â», ch. IV, en ligne. Critiques analogues dans F. Dagognet, MĂ©thodes et doctrine dans l'Ĺ“uvre de Pasteur, Paris, 1967, rééditĂ© sous le titre Pasteur sans la lĂ©gende, 1994, pp. 201-202, qui comprend le processus conjecturĂ© par Pasteur comme un prĂ©lèvement de dioxygène (O2) sur les matières fermentescibles et objecte qu'il serait impossible. Sur l'accepteur d'Ă©lectrons final dans le cas de la respiration anaĂ©robie, voir G.J. Tortora, B.R. Funke et C.L. Case, Introduction Ă  la microbiologie, tr. fr., Saint-Laurent (QuĂ©bec), 2003, pp. 144 et 174-175.) Pasteur a signalĂ© l'effet qui porte maintenant son nom dans une communication intitulĂ©e « Sur les ferments Â», Bulletin de la SociĂ©tĂ© chimique de Paris, sĂ©ance du 28 juin 1861, pp. 79-80; Ĺ’uvres complètes de Pasteur, vol. 2, 1922, pp. 148-149, consultable sur Wikisource.
  47. ↑ Payen et Persoz, « MĂ©moire sur la diastase, les principaux produits de ses rĂ©actions et leurs applications aux arts industriels Â», Annales de chimie et de physique, 2 sĂ©rie, t. 53, 1833, pp. 73-92, consultable sur Google Books. CitĂ© comme allant dans le sens de BerzĂ©lius par François Dagognet, MĂ©thodes et doctrine dans l'Ĺ“uvre de Pasteur, Paris, 1967, rééd. sous le titre Pasteur sans la lĂ©gende, 1994, p. 204, et par AndrĂ© Pichot, Pasteur, Ă©crits scientifiques et mĂ©dicaux, Paris, 1994, p. 47.
  48. ↑ M. Berthelot, « Sur la fermentation glucosique du sucre de canne Â», Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des sciences, vol. 50, 1860, pp. 980-984, spĂ©c. 983-984, oĂą Berthelot Ă©tend conjecturalement Ă  toutes les fermentations ce qu'il a observĂ© dans l'interversion du sucre de canne; consultable sur Gallica. CitĂ© par Jean Jacques : Berthelot. Autopsie d'un mythe, Belin, 1987, p. 150 et 280. Vous pouvez voir également : AndrĂ© Pichot, introduction au chapitre des fermentations dans : Louis Pasteur, Écrits scientifiques et mĂ©dicaux, Choix, prĂ©sentation et notes par AndrĂ© Pichot, Paris, Flammarion, pp. 47-48.
  49. ↑ Jean Rostand, La genèse de la vie, Histoire des idées sur la génération des idées spontanées, 1943, tirage de 1946, pp. 169-181, observe que le travail posthume de Claude Bernard était une régression vers la génération spontanée et, pp. 180-181, distingue nettement entre le travail de Claude Bernard et la position de Berthelot dans le débat qui s'ensuivit entre Berthelot et Pasteur.
  50. ↑ Sur cette âpre polĂ©mique entre Pasteur et Berthelot, voir Jean Jacques : Berthelot. Autopsie d'un mythe, Belin, 1987, pp. 147-158 et un exposĂ© de B. Bourdoncle, qui renvoie au livre de Jean Jacques.
  51. ↑ En 1860 (annĂ©e de la publication de la note de Berthelot) : « Dira-t-on au contraire que la levĂ»re produit en se dĂ©veloppant une matière telle que la pepsine, qui agit sur le sucre et disparaĂ®t aussitĂ´t Ă©puisĂ©e, car on ne trouve aucune substance de cette nature dans les liqueurs ? Je n'ai rien Ă  rĂ©pondre au sujet de ces hypothèses. Je ne les admets ni ne les repousse et veux m'efforcer toujours de ne pas aller au-delĂ  des faits. Et les faits me disent seulement que toutes les fermentations proprement dites sont corrĂ©latives de phĂ©nomènes physiologiques. Â» L. Pasteur, « MĂ©moire sur la fermentation alcoolique Â», Annales de chimie et de physique, 3 sĂ©rie, t. 58 (1860), p. 360, consultable sur Gallica, signalĂ© par Herbert C. Friedmann (1997) « From Friedrich Wöhler’s Urine to Eduard Buchner’s Alcohol Â» pp. 67–122 in A. Cornish-Bowden (dir.)New Beer in an Old Bottle: Eduard Buchner and the Growth of Biochemical Knowledge , UniversitĂ© de Valence, Valence, 1997, en ligne. MĂŞme chose lors de la polĂ©mique de 1878 avec Berthelot; voir Ĺ’uvres complètes de Pasteur, vol. 2, pp. 534 et 592, consultables sur Gallica, citĂ©es par François Dagognet, MĂ©thodes et doctrine dans l'Ĺ“uvre de Pasteur, Paris, 1967, rééd. sous le titre Pasteur sans la lĂ©gende, 1994, pp. 204-206. On notera que ce que Pasteur veut bien envisager dans le passage citĂ© ci-dessus du MĂ©moire de 1860, c'est que la fermentation soit causĂ©e par une substance inconnue, elle-mĂŞme «produite» par la levure. Dans une note du mĂŞme mĂ©moire, p. 342, consultable sur Gallica, il nie que la fermentation soit produite par la substance soluble contenue dans les cellules de levure, ce que certains avaient cru pouvoir dĂ©duire d'expĂ©riences de Colin (expĂ©riences que Pasteur interprète autrement) et qui sera confirmĂ© par Eduard Buchner.
  52. ↑ Musculus, « Sur le ferment de l'urĂ©e Â», Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des sciences, vol. 82, 1876, pp. 333-336, consultable sur Gallica.
  53. ↑ L. Pasteur, avec la collaboration de J. Joubert, « Sur la fermentation de l'urine Â», publiĂ© plusieurs fois en 1876; Ĺ’uvres complètes de Pasteur, t. 6, pp. 80-84, consultable sur Gallica. La publication originale est suivie d'un Ă©change entre Berthelot et Pasteur. (Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des sciences, t. 83, 1876, pp. 8-10, consultable sur Gallica.)
  54. ↑ Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des sciences, t. 79, 1874, pp. 1006-1009, consultable sur Gallica. Pasteur estimait que l'observation de Lechartier et Bellamy confirmait sa thĂ©orie de la fermentation comme vie sans air : dans la « fermentation proprement dite Â», la vie en question est celle du ferment microbien; dans l'observation de Lechartier et Bellamy, il s'agit de la vie des fruits. (Discussion sur la fermentation, Bulletin de l'AcadĂ©mie de mĂ©decine, sĂ©ance du 2 mars 1875, 2 sĂ©rie, vol. 4, pp. 230-257; Ĺ’uvres complètes de Pasteur, t. 6, pp. 28-37, spĂ©c. pp. 34-35, consultable sur Gallica)
  55. ↑ Voir F. Dagognet, MĂ©thodes et doctrine dans l'Ĺ“uvre de Pasteur, Paris, 1967, rééd. sous le titre Pasteur sans la lĂ©gende, 1994, p. 205 et 208-210, qui note que les « majorations Â» et les « hypothèses excessives Â» de Pasteur eurent leur fĂ©conditĂ©.
  56. ↑ P. Pinet, Pasteur et la philosophie, Paris, L'Harmattan, 2005, pp. 79-80, qui renvoie Ă  A.-M. Moulin, « Biologie sans vivant, mĂ©decine sans malades Â», dans Anatomie d'un Ă©pistĂ©mologue: François Dagognet, Paris, Vrin, 1984, p. 60.
  57. ↑ Le mot « vitalisme Â» a des sens diffĂ©rents. EmployĂ© Ă  propos de Pasteur, il dĂ©signe la tendance Ă  sĂ©parer rigoureusement le domaine du vivant et celui de l'inanimĂ©. Voir AndrĂ© Pichot, Introduction gĂ©nĂ©rale Ă  : Louis Pasteur, Écrits scientifiques et mĂ©dicaux, Choix, prĂ©sentation et notes par AndrĂ© Pichot, Paris, Flammarion, 1994, pp. 18-19, et Patrice Pinet, Pasteur et la philosophie, Paris, 2005, chap. II, « Pasteur philosophe de la vie Â», section 3, « Le vitalisme de Pasteur Â», p. 46 et ss. Pour Pasteur, la barrière entre le règne minĂ©ral et le règne organique Ă©tait une hypothèse de travail fĂ©conde plutĂ´t qu'un dogme : « Non seulement je ne crois pas que cette barrière entre les deux règnes minĂ©raux et organiques soit infranchissable, mais j'ai assignĂ©, le premier, des conditions expĂ©rimentales qui seraient propres, selon moi, Ă  la faire disparaĂ®tre. Tant que ces conditions n'auront pas Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es avec succès, il est sage de croire Ă  la distinction dont il s'agit et de la prendre pour guide. Â» (Ĺ’uvres complètes de Pasteur, t. 1, p. 365, consultable sur Gallica, Ă©crit en 1875.
  58. ↑ François Dagognet, MĂ©thodes et doctrines dans l'Ĺ“uvre de Pasteur, Paris, PUF, 1967; rééd. en 1994 sous le titre Pasteur sans la lĂ©gende, pp. 208, 211, 298...; AndrĂ© Pichot, Introduction gĂ©nĂ©rale Ă  : Louis Pasteur, Écrits scientifiques et mĂ©dicaux, Choix, prĂ©sentation et notes par AndrĂ© Pichot, Paris, Flammarion, 1994, p. 18.
  59. ↑ Voir un résumé dans P. Thuillier, D'Archimède à Einstein, 1988, pp. 281-300.
  60. ↑ Clémenceau journaliste1841-1929, les combats d'un républicain pour... , Gérard Minart, 2005
  61. ↑ Th. Schwann, Vorläufige Mitteilung betreffend Versuche über Weingährung und Fäulniss., Annalen der Physik und Chemie, XLI, 1837, p. 184-193. Cité par Pasteur, Mémoire sur les corpuscules organisés qui existent dans l'atmosphère. Examen de la doctrine des générations spontanées., 1861, t. 2 des O. C., p. 217. P. Debré, Louis Pasteur, 1994, p. 177.
  62. ↑ Pouchet, Note sur les proto-organismes animaux et vĂ©gĂ©taux nĂ©s spontanĂ©ment dans l'air artificiel et le gaz oxygène ; Pouchet et Houzeau, ExpĂ©riences sur les gĂ©nĂ©rations spontanĂ©es. Deuxième partie : DĂ©veloppement de certains proto-organismes dans de l'air artificiel ; Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des Sciences, vol. 47, 1858, pp. 979-982 et 982-984.
  63. ↑ Milne Edwards, Remarques sur la valeur des faits qui sont considérés par quelques naturalistes comme étant propres à prouver l'existence de la génération spontanée des animaux, Comptes rendus de l'Académie des Sciences, vol. 48, 1859, pp. 23-36, consultable sur Gallica.
  64. ↑ Par exemple Th. Schwann, Vorläufige Mitteilung betreffend Versuche über Weingährung und Fäulniss., Annalen der Physik und Chemie, XLI, 1837, p. 184-193. Cité par Pasteur, Mémoire sur les corpuscules organisés qui existent dans l'atmosphère. Examen de la doctrine des générations spontanées., 1861, t. 2 des O. C., p. 217-218. P. Debré, Louis Pasteur, 1994, p. 177. Schwann mentionne les résultats aberrants mais estime pouvoir conclure malgré eux.
  65. ↑ « M. BĂ©rard, qui admettait la gĂ©nĂ©ration spontanĂ©e, prĂ©tendait qu'en somme, si mĂŞme les deux expĂ©riences de Schultz et de Schwann Ă©taient positives, cela signifierait tout simplement que des animalcules ne peuvent venir dans de l'air tourmentĂ© par l'acide sulfurique ou par la chaleur rouge. Â» Pouchet, Remarques sur les objections (...), Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des Sciences, vol. 48, 1859, p. 155-156.
  66. ↑ Pasteur, Mémoire sur les corpuscules organisés qui existent dans l'atmosphère. Examen de la doctrine des générations spontanées., 1861, t. 2 des O. C., p. 223. La question fut posée par l'Académie des Sciences dans sa séance du 30 janvier 1860; Comptes rendus de l'Acad. des Sciences, L, 1860, p. 248.
  67. ↑ « les expĂ©riences sur la gĂ©nĂ©ration spontanĂ©e sont l'affinement de travaux dont le principe Ă©tait vieux de plus d'un siècle Â». AndrĂ© Pichot, Introduction gĂ©nĂ©rale Ă  : L. Pasteur, Écrits scientifiques et mĂ©dicaux, Paris, Flammarion, 1994, p. 12.
  68. ↑ Signalés même par Theodor Schwann (dont d'autres expériences étaient considérées comme réfutant la génération spontanée).
  69. ↑ Émile Duclaux, Pasteur, histoire d'un esprit, 1896, p. 130 ; Jean Rostand, La genèse de la vie. Histoire des idĂ©es sur la gĂ©nĂ©ration spontanĂ©e, tirage 1946, p. 130.
  70. ↑ « Je n'ai jamais dit que dans la sĂ©rie de mes expĂ©riences avec matras Ă  cols recourbĂ©s ou sinueux, cent expĂ©riences sur cent rĂ©ussissent. Ce qui doit Ă©tonner, ce qui a profondĂ©ment surpris Ă  l'origine toutes les personnes qui ont vu ces expĂ©riences et moi-mĂŞme, c'est leur succès Ă  peu près constant. Â» (L. Pasteur, « Observations verbales relatives Ă  des notes communiquĂ©es Ă  l'AcadĂ©mie par M. Victor Meunier dans les sĂ©ances des 28 aoĂ»t, 11 septembre et 11 dĂ©cembre 1865 Â», Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des sciences, sĂ©ance du 18 dĂ©cembre 1865, LXI, p. 1091-1093; Ĺ’uvres complètes, t. 2, pp. 349-351.)
  71. ↑ « InaltĂ©ration n.f. Absence d'altĂ©ration, de changement en pis. Â» (LittrĂ©).
  72. ↑ Le pasteurien Émile Duclaux, dans son livre Pasteur, histoire d'un esprit, 1896, p. 138, raconte dans quelles circonstances Balard donna Ă  Pasteur l'idĂ©e des ballons Ă  col de cygne. Pasteur (« ExpĂ©riences relatives aux gĂ©nĂ©rations dites spontanĂ©es Â», Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des sciences, sĂ©ance du 6 fĂ©vrier 1860, vol. 50, p. 303-307; O.C. de Pasteur, vol. 2, pp. 187-191, spĂ©c. 190) signale les expĂ©riences analogues faites antĂ©rieurement par Chevreul.
  73. ↑ F.A. Pouchet, Hétérogénie, Paris, 1859, p. 243. Consultable sur Google Books.
  74. ↑ Pasteur, « Suite Ă  une prĂ©cĂ©dente communication relative aux gĂ©nĂ©rations dites spontanĂ©es Â», Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des Sciences, t. 51, sĂ©ance du 5 novembre 1860, pp. 675-678, spĂ©c. 676, consultable sur Gallica. Vous pouvez voir également : confĂ©rence du 7 avril 1864 Ă  la Sorbonne, Ĺ’uvres complètes de Pasteur, vol. 2, pp. 328-346, spĂ©c. p. 344. Consultable sur Gallica.
  75. ↑ G. L. Geison, The private science of Louis Pasteur, Princeton University Press, 1995, pp. 130-131. Le pasteurien Émile Duclaux dit Ă  ce sujet que Pasteur « ne voulait pas suivre ses adversaires sur leur terrain, sentant que c'Ă©tait dangereux, et qu'on pourrait ainsi l'attirer oĂą on voudrait. Â» (Émile Duclaux, Pasteur, histoire d'un esprit, Imprimerie Charaire, 1896, p. 139, consultable sur Gallica)
  76. ↑ Voir le pasteurien Émile Duclaux, Pasteur, histoire d'un esprit, Imprimerie Charaire, 1896, pp. 141-142, consultable sur Gallica.
  77. ↑ Ferdinand Cohn, « Untersuchungen ĂĽber Bacterien Â», Beiträge zur Biologie der Pflanzen 1, n° 2, 1872, pp. 127-144; « Untersuchungen ĂĽber Bacterien, II Â», Beiträge zur Biologie der Pflanzen 1, n° 3, 1875, pp. 141-207; « Untersuchungen ĂĽber Bacterien, IV, Beiträge zur Biologie der Bacillen Â», Beiträge zur Biologie der Pflanzen 2, n° 2, 1876; citĂ©s par G.L. Geison, art. Cohn, Ferdinand Julius, dans C.G. Gillispie (dir.), The Dictionary of Scientific Biography, vol. 3, New York, 1971, pp. 338-340. En 1868, Casimir Davaine avait dĂ©jĂ  notĂ© que certaines bactĂ©ries ont, outre une forme filamenteuse, une forme granulaire (autrement dit sporulaire) plus rĂ©sistante Ă  la chaleur et que ce fait pouvait avoir son importance dans la question des gĂ©nĂ©rations spontanĂ©es. (C. Davaine, « Recherches physiologiques et pathologiques sur les BactĂ©ries Â», Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des sciences, vol. 66, 1868, pp. 499, spĂ©c. pp. 502-503, consultable sur Gallica. CitĂ© par F. Dagognet, MĂ©thodes et doctrine dans l'Ĺ“uvre de Pasteur, Paris, 1967, rééd. sous le titre Pasteur sans la lĂ©gende, 1994, p. 287.
  78. ↑ Émile Duclaux, Pasteur, histoire d'un esprit, Imprimerie Charaire, 1896, pp. 150-151, consultable sur Gallica.
  79. ↑ F.A. Pouchet, Hétérogénie, Paris, 1859, p. 141, consultable sur Google Books. Cité par François Dagognet, Méthodes et doctrine dans l'œuvre de Pasteur, Paris, 1967, rééd. sous le titre Pasteur sans la légende, 1994, p. 217.
  80. ↑ John Tyndall, « Further researches on the deportment and vital resistance of putrefactive and infective organisms, from a physical point of view Â» Philosophical Transactions of the Royal Society, 167 (1877), pp. 149-206; « On heat as a germicide when discontinuously applied Â», Proceedings of the Royal Society (London), 25 (1877), pp. 569-570; citĂ©s par G.L. Geison, art. Cohn, Ferdinand Julius, dans C.G. Gillispie (dir.), The Dictionary of Scientific Biography, vol. 3, New York, 1971, pp. 339-340. Selon Geison, ib., p. 339, « Cohn et Tyndall Ă  eux deux contribuèrent autant que Pasteur Ă  la victoire finale sur la vieille doctrine de la gĂ©nĂ©ration spontanĂ©e. Â»
  81. ↑ Manuscrit 18002 N.A.F. de la Bibl. Nat. Fr., reproduit incomplètement dans les Ĺ’uvres complètes de Pasteur, t. 7, p. 30, consultable sur Gallica, et plus complètement dans P. Pinet, Pasteur et la phiolosophie, Paris, 2005, pp. 63-64, passage consultable sur Google Books. En fait, dans sa jeunesse (1854) et mĂŞme encore en 1870, Pasteur rĂŞva et tenta de crĂ©er la vie en laboratoire, ce qui doit nuancer l'opinion qu'on lui prĂŞte d'une sĂ©paration radicale entre le vivant et l'inanimĂ©. Voir RenĂ© Dubos, Louis Pasteur Franc-tireur de la science, Ă©d. fr. 1995, pp. 138-141, qui fait ce commentaire : « Pasteur a consacrĂ© une grande partie de sa vie Ă  dĂ©montrer que tout se passe comme s'il Ă©tait impossible de faire ce que lui, Pasteur, avait Ă©tĂ© impuissant Ă  rĂ©aliser. Â» (p. 140)
  82. ↑ Pasteur, Mémoire sur les corpuscules organisés qui existent dans l'atmosphère. Examen de la doctrine des générations spontanées, 1862; Œuvres complètes de Pasteur, t. 2, p. 236, consultable sur Gallica.
  83. ↑ J. Farley et G. Geison, « Science, Politics, and Spontaneous Generation in Nineteenth-Century France : The Pasteur-Pouchet Debate Â», Bulletin of the History of Medicine, t. 48 (1974), pp. 161-198; traduction française dans M. Callon et B. Latour (dir.), La science telle qu'elle se fait, Paris, 1991, pp. 87-146.
  84. ↑ Voir sa confĂ©rence de 1864 Ă  la Sorbonne, Ĺ’uvres complètes de Pasteur, t. 2, pp. 332-333, consultable sur Gallica. Vous pouvez voir également : son discours de rĂ©ception Ă  l'AcadĂ©mie française (1882) : « En prouvant que jusqu'Ă  ce jour, la vie ne s'est jamais montrĂ©e Ă  l'homme comme un produit des forces qui rĂ©gissent la matière, j'ai pu servir la doctrine spiritualiste Â» (Ĺ’uvres complètes de Pasteur, t. 7, p. 326, consultable sur Gallica.)
  85. ↑ G. L. Geison, The Private Science of Louis Pasteur, Princeton University Press, 1995, p. 321.
  86. ↑ En 1999, Dominique Raynaud a repris la question et conclu Ă  l'inanitĂ© de l'apologie de Pouchet prĂ©sentĂ©e par certains historiens «relativistes» des sciences. (Dominique Raynaud, « La correspondance de F.-A. Pouchet avec les membres de l'AcadĂ©mie des Sciences: une réévaluation du dĂ©bat sur la gĂ©nĂ©ration spontanĂ©e Â», European Journal of Sociology, 1999, 40 (2), pp. 257-276, en ligne.
  87. ↑ H. Collins et T. Pinch, The Golem, Cambridge, 1993, tr. fr. Tout ce que vous devriez savoir sur la science, Paris, 1994, pp. 111-125, spéc. p. 125.
  88. ↑ Voir à ce sujet Pierre Thuillier, D'Archimède à Einstein, Fayard, 1988, pp. 281-300.
  89. ↑ P. DebrĂ©, Louis Pasteur, Flammarion, 1994, pp. 241, 256-258. Ă€ propos des querelles de prioritĂ© qu'on fit Ă  Pasteur en matière de chauffage du vin, RenĂ© Dubos Ă©crit : « Ces polĂ©miques ont perdu tout intĂ©rĂŞt aujourd'hui, si ce n'est de mettre en lumière l'Ă©crasante supĂ©rioritĂ© des techniques fondĂ©es sur une thĂ©orie rationnelle par rapport aux procĂ©dĂ©s de l'empirisme. De toute antiquitĂ©, on avait sporadiquement appliquĂ© la chaleur au vin, et certains vignerons savaient qu'on peut y parvenir dans certaines conditions sans en altĂ©rer le goĂ»t. Mais c'est Pasteur qui le premier a donnĂ© une base rationnelle aux traditions empiriques. Ce sont ces Ă©tudes thĂ©oriques qui ont permis de mettre au point des techniques standardisĂ©es et sĂ»res pour la conservation non seulement du vin, mais aussi des autres liquides pĂ©rissables Â». (RenĂ© Dubos, Louis Pasteur franc-tireur de la science, rééd. 1995, p. 180; traduction d'un livre publiĂ© en anglais la première fois en 1950; première traduction française en 1955). Toutefois, Pierre-Yves Laurioz, Louis Pasteur, la rĂ©alitĂ© après la lĂ©gende, Paris, 2003, pp. 109-142, plaide pour la prioritĂ© de Vergnette.
  90. ↑ Pasteur connaissait les conserves d'Appert, mais a dĂ©clarĂ© que quand il publia ses premiers travaux sur la conservation du vin, il ignorait que le vin figurait parmi les substances dont Appert s'Ă©tait occupĂ© (L. Pasteur, Sur la conservation des vins. [Publication en brochure d'une] Lettre adressĂ©e Ă  M. le rĂ©dacteur en chef du Moniteur vinicole, Paris, 1865, note de la publication en brochure; Ĺ’uvres complètes de Pasteur, t. 3, p. 352, note 1, consultable sur Gallica), Appert n'ayant publiĂ© ses expĂ©riences sur le vin que dans les dernières Ă©ditions de son traitĂ© (L. Pasteur, « Note sur l'emploi de la chaleur comme moyen de conservation du vin Â», Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des sciences, t. 61 (1865), p. 979, consultable sur Gallica). Voir P. DebrĂ©, Louis Pasteur, 1994, p. 256.
  91. ↑ Patrice Debré, Louis Pasteur, 1994, pp. 259-260.
  92. ↑ « En 1886, les chimistes allemands V. H. et F. Soxhlet adaptèrent la technique pour la conservation du lait et la rĂ©duction des maladies transmissibles par ce dernier. Â» Lansing M. Prescott et al., Microbiologie, tr. fr., De Boeck UniversitĂ©, 2003, p. 142, consultable sur Google Books.
  93. ↑ Nicolas Appert, Livre de tous les ménages, 1831, p. 84.
  94. ↑ Dutrochet, « Rapport sur divers travaux entrepris au sujet de la maladie des vers Ă  soie, connue vulgairement sous le nom de muscardine Â», Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des sciences, t. 6, 1838, pp. 86-102, spĂ©c. 88-89 et 97-100, consultable sur Gallica, tend Ă  relativiser le rĂ´le de Bassi. CitĂ© par P. Pinet, Pasteur et la philosophie, Paris, L'Harmattan, 2005, p. 180.
  95. ↑ F. Dagognet, MĂ©thodes et doctrine dans l'Ĺ“uvre de Pasteur, Paris, 1967, rééditĂ© sous le titre Pasteur sans la lĂ©gende, 1994, pp. 267-268, donne un exemple tirĂ© de Nicolas LĂ©mery, Cours de chimie, 10 Ă©d., Paris, 1713, p. 268. L'assimilation de la fièvre Ă  la fermentation est dĂ©jĂ  faite en 1663 par Boyle : « Celui qui comprend parfaitement la nature des ferments et des fermentations, bien mieux que celui qui les ignore, sera en mesure de rendre compte des divers aspects de plusieurs maladies (fièvres et autres) qu'on ne saisira peut-ĂŞtre jamais complètement sans avoir pĂ©nĂ©trĂ© la doctrine de la fermentation. Â» (R. Boyle, Sur quelques aspects de la partie pathologique de la physique, 1663; rĂ©fĂ©rence donnĂ©e par RenĂ© Dubos, Louis Pasteur franc-tireur de la science, rééd. 1995, p. 268.) Pasteur cite ce passage de Boyle dans sa lettre du 25 dĂ©cembre 1882 Ă€ Monsieur Koch, Ĺ’uvres complètes de Pasteur, t. 6, p. 425, consultable sur Gallica. (Voir P. Pinet, Pasteur et la philosophie, Paris, L'Harmattan, 2005, p. 171.) P. Pinet signale une opinion semblable chez John Pringle (1707-1782), que Pasteur avait lu. (P. Pinet, Pasteur et la philosophie, Paris, L'Harmattan, 2005, p. 156 et 175-176. Pasteur mentionne cette opinion de Pringle dans ses Recherches sur la putrĂ©faction, 1863, Ĺ’uvres complètes de Pasteur, t. 2, p. 175, consultable sur Gallica.)
  96. ↑ Pasteur, « Suite Ă  une prĂ©cĂ©dente communication relative aux gĂ©nĂ©rations spontanĂ©es Â», Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des sciences, sĂ©ance du 5 novembre 1860, t. 51, pp. 675-678, Ĺ’uvres complètes de Pasteur, t. 2, pp. 202-205, spĂ©c. 204-205, consultable sur Gallica. Dans une note non publiĂ©e, datĂ©e du 17 dĂ©cembre 1859, Pasteur avait dĂ©jĂ  Ă©crit, après avoir dĂ©crit le phĂ©nomène de la fermentation : « Tout annonce Ă©galement que c'est Ă  des causes de cette nature que les maladies contagieuses doivent leur existence Â», mais cette note ne parle pas du rĂ´le des organismes vivants. (Note remise par Pasteur au ministre de l'instruction et des cultes, Ĺ’uvres complètes, t. 3, p. 481, consultable sur Gallica; citĂ© par P. Pinet, Pasteur et la philosophie, Paris, L'Harmattan, Paris, 2005, p. 155.)
  97. ↑ C. Davaine, Recherches sur les infusoires du sang dans la maladie connue sous le nom de « sang de rate Â» - Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des Sciences, 1863, vol. 57, p. 221. (Consultable sur le site Gallica). CitĂ© par Jean ThĂ©odoridès ; (en) Casimir Davaine (1812-1882) a precursor of Pasteur, Med Hist. 1966 - p. 159. [pdf]
  98. ↑ L. Pasteur, Sur les maladies virulentes, et en particulier sur la maladie appelée vulgairement choléra des poules., Comptes rendus de l'Académie des Sciences, séance du 9 février 1880, t. 90, 1880, p. 239-248; Bulletin de l'Académie de médecine, séance du 10 février 1880, 2e série, t. 9, p. 121-134; O. C., vol. 6, p. 291-303, spéc. p. 292.
  99. ↑ P. Pinet, Pasteur et la philosophie, Paris, L'Harmattan, 2005, p. 157.
  100. ↑ P. Debré, Louis Pasteur, 1994, p. 296-297.
  101. ↑ Cité par P. Debré, Louis Pasteur, Paris, 1994, pp. 299-300.
  102. ↑ Pour ce qui est de la mise en Ă©vidence de l'importante prĂ©sence de germes dans l'eau, Pasteur et Joubert (« Sur les germes des bactĂ©ries en suspension dans l'atmosphère et dans les eaux Â», Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des sciences, t. 84, 1877, pp. 206-209, spĂ©c. 207-208, Ĺ’uvres complètes de Pasteur, t. 2, pp. 467-469, spĂ©c. p. 468, consultable sur Gallica, rendent hommage Ă  Burdon-Sanderson, « The origin and distribution of microzymes (bacteria) in water, and the circumstances which determine their existence in the tissue and liquids of the living body Â», Quarterly Journal of Microscopical Science, n. ser., XI, 1871, pp. 323-352, consultable sur le site du Journal of Cell Science.
  103. ↑ P. Debré, Louis Pasteur, Paris, 1994, p. 301.
  104. ↑ P. DebrĂ©, Louis Pasteur, 1994, p. 307. L'expression « Pasteur est de ceux Â» de P. DebrĂ© suggère que l'asepsie post-listĂ©rienne n'est pas le fait du seul Pasteur. En 1874, par exemple, FĂ©lix Terrier, qui ne s'initiera que plus tard Ă  la bactĂ©riologie, pratique l'asepsie « en quelque sorte par intuition Â». (Ém. Lagrange, Monsieur Roux, Bruxelles, 1954, p. 83.)
  105. ↑ Pasteur, Joubert et Chamberland, « La thĂ©orie des germes et ses applications Ă  la mĂ©decine et Ă  la chirurgie Â», Bulletin de l'AcadĂ©mie de mĂ©decine, 2e sĂ©rie, t. 7, 1878, p. 446; Ĺ’uvres complètes de Pasteur, t. 6, pp. 112-130, spĂ©c. 123-124, consultable sur Gallica. Communication publiĂ©e sous le mĂŞme titre dans les Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des Sciences, sĂ©ance du 29 avril 1878 (t. 86, 1878, pp. 1037-1043), mais la partie contenant les recommandations de stĂ©rilisation a Ă©tĂ© supprimĂ©e pour ne pas dĂ©passer la longueur rĂ©glementaire. Ă€ la sĂ©ance du 5 janvier 1874 de l'AcadĂ©mie des Sciences, Pasteur avait dĂ©jĂ  dit : « Si j'avais l'honneur d'ĂŞtre chirurgien, jamais je n'introduirais dans le corps de l'homme un instrument quelconque sans l'avoir fait passer dans l'eau bouillante et mieux encore dans la flamme tout aussitĂ´t avant l'opĂ©ration, et refroidir rapidement. Â» (Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des Sciences, t. 78 (1874), pp. 46-47.
  106. ↑ P. Debré, Louis Pasteur, Paris, 1994, p. 310. Bruno Halioua, Histoire de la médecine, Paris, Masson, 2004, p. 176, passage consultable sur Google Books.
  107. ↑ Contrairement Ă  ce qui est dit ou semble dit sur Internet, la phrase « Au lieu de s'ingĂ©nier Ă  tuer les microbes dans les plaies, ne serait-il plus raisonnable de ne pas en introduire ? Â» ne figure pas dans la communication que Pasteur fit Ă  l'AcadĂ©mie des sciences le 29 avril 1878 et Ă  l'AcadĂ©mie de mĂ©decine le lendemain.
  108. ↑ « Il la [= la flacherie] connaissait depuis longtemps, depuis son premier sĂ©jour dans le Midi en 1865, oĂą l'une des deux Ă©ducations qui avaient servi de point de dĂ©part Ă  ses dĂ©ductions Ă©tait atteinte de cette maladie, en mĂŞme temps que de celle des corpuscules. Â» Émile Duclaux, Pasteur, Histoire d'un esprit, pp. 218-219, consultable sur Gallica
  109. ↑ « Cette dĂ©nomination de morts-blancs, employĂ©e par l'abbĂ© de Sauvages et plusieurs autres Ă©crivains, est inexacte; c'est pourquoi j'ai cru devoir ajouter celle de morts-flats, vulgairement employĂ©e dans plusieurs dĂ©partements, et qui dĂ©signe fort bien l'Ă©tat de mollesse et de flacciditĂ© dans lequel se trouvent les vers morts de cette maladie.» Pierre Hubert Nysten, Recherches sur les maladies des vers Ă  soie, Paris, 1808, p. 5, consultable sur Google Books.
  110. ↑ Voir récit de Quatrefages reproduit dans L. Pasteur, Études sur la maladie des vers à soie, Paris, 1870, Œuvres complètes de Pasteur, t. 4, p. 27, consultable sur Gallica.
  111. ↑ « Mais les cas d'association Ă©taient tellement frĂ©quents, prĂ©cisĂ©ment parce que la maladie des corpuscules Ă©tait très rĂ©pandue, que Pasteur avait considĂ©rĂ© les deux affections comme liĂ©es l'une Ă  l'autre et devant disparaĂ®tre ensemble. Â» (Émile Duclaux, Pasteur, Histoire d'un esprit, pp. 218-219, consultable sur Gallica) Pasteur a exprimĂ© cette opinion, notamment dans « Nouvelles Ă©tudes sur la maladie des vers Ă  soie Â», Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des sciences, t. 63 (1866), pp. 126-142 : « Je suis très-portĂ© Ă  croire qu'il n'existe pas de maladie actuelle particulière des vers Ă  soie. Le mal dont on se plaint me paraĂ®t avoir existĂ© toujours, mais Ă  un moindre degrĂ©. (...) En outre, j'ai des motifs sĂ©rieux de croire que la plupart des maladies du ver Ă  soie connues depuis longtemps sont liĂ©es Ă  celle qui nous occupe, la muscardine et, peut-ĂŞtre, la grasserie exceptĂ©es. Â» (p. 136). Consultable sur Gallica. MĂŞme chose dans une lettre du 27 juin 1866 Ă  Dumas : « toutes les autres maladies dites anciennes du ver Ă  soie, moins la muscardine et peut-ĂŞtre la grasserie, telles que la maladie des motrs-flats, des petits, des passis, des arpians, ne sont que des formes de la maladie actuelle. Â» (Correspondance, t. 2, p. 265. CitĂ© par Ph. Decourt, Les vĂ©ritĂ©s indĂ©sirables, Paris, 1989, p. 173, et par P. Pinet, Pasteur et la phiolosophie, Paris, 2004, p. 158.
  112. ↑ « Sur la maladie des vers Ă  soie. Lettre de M. L. Pasteur Ă  M. Dumas. Â» Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des sciences, sĂ©ance du 3 juin 1867, t. 64, p. 1113. Consultable sur Gallica.
  113. ↑ Philippe Decourt, Les vérités indésirables, Paris, 1989, pp. 165-193. reproche à Pasteur un déni de justice envers Antoine Béchamp, qui étudia la pébrine en même temps que Pasteur et affirma d'emblée la nature parasitaire de la maladie. Voir détails dans l'article Antoine Béchamp.
  114. ↑ Balbiani, « Recherches sur les corpuscules de la pĂ©brine et sur leur mode de propagation Â», Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des Sciences, sĂ©ance du 27 aoĂ»t 1866, vol. 63 (1866), pp. 388-391, consultable sur Gallica. Balbiani commence ainsi : « Parmi toutes les opinions contradictoires qui ont Ă©tĂ© Ă©mises sur la nature des corpuscules de la pĂ©brine, la plus discutable, Ă  mon avis, est celle qui consiste Ă  les assimiler Ă  des Ă©lĂ©ments anatomiques soit normaux, soit plus ou moins altĂ©rĂ©s, ou Ă  des produits morbides tels que les globules du pus, etc. Il y a plus de huit ans que cette opinion a Ă©tĂ© rĂ©futĂ©e par M. le professeur Lebert (...); mais je crois pouvoir apporter en outre, contre la manière de voir citĂ©e plus haut, des preuves plus dĂ©cisives, fondĂ©es sur l'observation des phĂ©nomènes que ces corpuscules prĂ©sentent dans leur Ă©volution, phĂ©nomènes qui mettent hors de doute leur Ă©troite parentĂ© avec les organismes parasites connus sous le nom de Psorospermies Â»
  115. ↑ « Pour ce qui est des opinions Ă©mises par M. Balbiani sur la nature des corpuscules, bien que je ne les partage pas, j'apporterai beaucoup de soin Ă  les examiner, pour deux motifs : parce qu'elles sont d'un observateur habile, et que je n'ai encore sur les objets qu'elles concernent que des vues prĂ©conçues, auxquelles je ne tiens pas plus que de raison. Il y a plus : je souhaite vivement que les idĂ©es de MM. Balbiani et Leydig soient vraies (...) Â». Pasteur, « Observations au sujet d'une Note de M. Balbiani relative Ă  la maladie des vers Ă  soie Â», Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des Sciences, sĂ©ance du 10 septembre 1866, vol. 63 (1866), pp. 441-443.
  116. ↑ Le 29 mai 1867, Pasteur Ă©crit encore Ă  Dumas : « MalgrĂ© tout ce que j'aurais Ă  dire sur les notes de BĂ©champ, Estor, Balbiani et sur les articles que les deux premiers insèrent dans le Messager du Midi, je suis votre conseil, je ne rĂ©ponds pas. Si vous saviez combien il est erronĂ© de dire que cette maladie n'est pas constitutionnelle et seulement parasitaire. Son caractère essentiel est prĂ©cisĂ©ment son caractère constitutionnel. Â» (CitĂ© par Ph. Decourt, Les vĂ©ritĂ©s indĂ©sirables, Paris, 1989, p. 190.)
  117. ↑ P. DebrĂ©, Louis Pasteur, Flammarion, 1994, p. 219. Dans ses Études sur la maladie des vers Ă  soie, publiĂ©es en 1870 (Ĺ’uvres complètes de Pasteur, vol. 4, consultable sur Gallica), Pasteur rapporte qu'il consulta Leydig sur la question de la nature vivante des corpuscules. (Une de ses lettres Ă  Leydig est de dĂ©cembre 1866.) Il admet que « pour le fond Â» il a adoptĂ© les opinions de Leydig et de Balbiani, mais il les contredit sur la question du mode de formation des corpuscules (pp. 135, 137 et 138). En 1884, Balbiani soumettra Ă  un examen la thĂ©orie de Pasteur sur le dĂ©veloppement des corpuscules et conclura comme suit : « Je crois qu'il est inutile de m'arrĂŞter plus longtemps sur les observations de M. Pasteur, que je pense pouvoir caractĂ©riser d'un seul mot en disant que leur auteur y prouve combien il est peu familier avec les recherches de la biologie. Mais avec cette rĂ©serve, je rends justice Ă  ses travaux qui ont rendu aux sĂ©riciculteurs un rĂ©el service en leur permettant de reconnaĂ®tre une graine saine d'une graine malade. Â» (G. Balbiani, Leçons sus les sporozoaires, Paris, 1884, pp. 160-163. En ligne.) Sur les erreurs de Pasteur dans l'Ă©tude des vers Ă  soie et le jugement qu'il portait lui-mĂŞme sur ces erreurs, voir Richard Moreau, « Le dernier pli cachetĂ© de Louis Pasteur Ă  l'AcadĂ©mie des sciences Â», La vie des sciences, Comptes rendus, sĂ©rie gĂ©nĂ©rale, t. 6, 1989, n° 5, pp. 403-434, en ligne.
  118. ↑ Louis Pasteur, Études sur la maladie des vers à soie; Œuvres complètes, t. 4, pp. 166-167, consultable sur Gallica.
  119. ↑ Pasteur mentionne les idĂ©es d'Osimo dans Louis Pasteur, Études sur la maladie des vers Ă  soie; Ĺ’uvres complètes, t. 4, pp. 38-39, consultable sur Gallica. RĂ©sumant un dĂ©veloppement du pasteurien Émile Duclaux (Émile Duclaux, Pasteur, histoire d'un esprit, Sceaux, 1896, p. 198, consultable sur Gallica), P. DebrĂ© Ă©crit que Pasteur est « conduit Ă  proposer une mĂ©thode de tri des graines Ă  peu près identique Ă  celle prĂ©conisĂ©e quelques annĂ©es auparavant par Orcino [lire : Osimo]. Si celle-ci avait Ă©chouĂ©, affirme Pasteur, c'est par manque de confiance; ce qui, bien sĂ»r, n'est pas son cas. Â» P. DebrĂ©, Louis Pasteur, Flammarion, 1994, p. 210.
  120. ↑ G. Balbiani, Leçons sus les sporozoaires, Paris, 1884, pp. 167-168 En ligne..
  121. ↑ En 1878, au Congrès international sĂ©ricicole, Pasteur avait admis que « si la pĂ©brine est vaincue, la flacherie exerce toujours ses ravages. Â» Il attribuait la persistance de la flacherie au fait que les Ă©leveurs n'avaient pas suivi ses conseils. (Comptes rendus stĂ©nographiques du Congrès international sĂ©ricicole, tenu Ă  Paris du 5 au 10 septembre 1878; Paris, 1879, pp. 27-38. Reproduit dans les Ĺ’uvres complètes de Pasteur, t. 4, pp. 698-713, spĂ©c. 699 et 713; consultable sur Gallica.
  122. ↑ Philippe Decourt, Les vérités indésirables, Paris, 1989, p. 301.
  123. ↑ D'après le pasteurien Émile Duclaux, les travaux sur le filtre, l'autoclave et le flambage des vases furent stimulés par les objections des adversaires des idées de Pasteur sur la génération spontanée. (Émile Duclaux, Pasteur, histoire d'un esprit, Imprimerie Charaire, 1896, pp. 148, 150 et 152, consultable sur Gallica.)
  124. ↑ Lettre de décembre 1876 au D Godelier, Correspondance, t. 2, p. 659. Cité par P. Pinet, Pasteur et la philosophie, Paris, 2005, pp. 159-160.
  125. ↑ Pasteur et Joubert, « Charbon et septicĂ©mie Â», Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des sciences, t. 85 (1877), pp. 101-115, consultable sur Gallica.
  126. ↑ Charles L. Hatheway, « Toxigenic Clostridia Â», Clinical microbiology reviews, vol. 3, n° 1, janv. 1990, p. 66-98, p. 85, en ligne.
  127. ↑ Pasteur, « De l'extension de la thĂ©orie des germes Ă  l'Ă©tiologie de quelques maladies communes Â», Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des sciences, sĂ©ance du 3 mai 1880, t. 90, pp. 1033-1044; Bulletin de l'AcadĂ©mie de mĂ©decine, sĂ©ance du 4 mai 1880, 2 sĂ©rie, t. 9, pp. 435-447; Ĺ’uvres complètes, t. 6, Paris, 1933, pp. 147-158, spĂ©c. p. 151, consultable sur Gallica.
  128. ↑ « (...) des germes qui, vous le voyez, ont une facilitĂ© extrĂŞme de propagation dans les tissus et qui entraĂ®neraient infailliblement la mort des opĂ©rĂ©s dans un temps très court si la vie, dans ces membres, ne s'opposait Ă  la multiplication de ces germes. Mais, hĂ©las ! combien de fois cette rĂ©sistance vitale est impuissante, combien de fois la constitution du blessĂ©, son affaiblissement, son Ă©tat moral (...) n'opposent qu'une barrière insuffisante Ă  l'envahissement des infiniment petits Â» (L. Pasteur, avec Joubert et Chamberland, « La thĂ©orie des germes et ses applications Ă  la mĂ©decine et Ă  la chirurgie Â», 1878; Ĺ’uvres complètes, t. 6, pp. 123-124, consultable sur Gallica; citĂ© par P. Pinet, Pasteur et la philosophie, Paris, L'Harmattan, 2005, pp. 193-194.
  129. ↑ « Aujourd'hui, dans divers pays, on clavelise les moutons pour les prĂ©server de la clavelĂ©e; on inocule la pĂ©ripneumonie pour prĂ©server de cette très grave affection de l'espèce bovine. Â» L. Pasteur, « Sur les maladies virulentes, et en particulier sur la maladie appelĂ©e vulgairement cholĂ©ra des poules Â», Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des Sciences, sĂ©ance du 10 fĂ©vrier 1880, t. 90, p. 245; Ĺ’uvres complètes de Pasteur, t. 6, p. 298; anthologie Pichot, p. 209.
  130. ↑ « C'est de cette croyance qu'est nĂ©e l'idĂ©e de cultiver le virus claveleux; on a pensĂ© ainsi affaiblir le virus claveleux, lui faire perdre de son activitĂ© virulente, le mitiger par des inoculations successives, tout en lui conservant ses propriĂ©tĂ©s prĂ©servatrices. Cependant, des expĂ©riences, faites Ă  l'Ă©cole de Vienne, ont prouvĂ© que (...) la culture du virus claveleux ne mitige (...) pas l'action de celui-ci. Â» L.H.J. Hurtrel d'Arboval, Dictionnaire de mĂ©decine, de chirurgie et d'hygiène vĂ©tĂ©rinaires, Ă©dition entièrement refondue par A. Zundel, vol. 1, Paris, 1874, article Clavelisation, p. 402.
  131. ↑ Ce microbe Ă©tait connu depuis quelques annĂ©es. « D'après les recherches de Moritz, [le sang de l'animal malade du cholĂ©ra des poules] renferme parfois des bactĂ©ries. Ici encore il faudrait de nouvelles recherches pour bien spĂ©cifier la nature et l'espèce des microphytes (...) Â» (Dictionnaire de mĂ©decine, de chirurgie et d'hygiène vĂ©tĂ©rinaires de L. H. J. Hurtrel d'Arboval, refondu par A. Zundel, t. 2, Paris, 1875, p. 467.) « La maladie [= le cholĂ©ra des poules] est produite par un organisme microscopique, lequel, d'après le dictionnaire de Zundel, aurait Ă©tĂ© soupçonnĂ© en premier lieu par M. Moritz, vĂ©tĂ©rinaire de la haute Alsace, puis a Ă©tĂ© mieux figurĂ© en 1878 par Perroncito, vĂ©tĂ©rinaire de Turin, et enfin retrouvĂ© en 1879 par M. Toussaint, professeur Ă  l'Ă©cole vĂ©tĂ©rinaire de Toulouse, qui a dĂ©montrĂ© par la culture du petit organisme dans l'urine neutralisĂ©e que celui-ci Ă©tait bien l'auteur de la virulence du sang. Â» L. Pasteur, Sur les maladies virulentes, et en particulier sur la maladie appelĂ©e vulgairement cholĂ©ra des poules, Comptes Rendus de l'Acad. des Sciences, sĂ©ance du 9 fĂ©vrier 1880, XC, p. 239-248; Bulletin de l'Acad. de mĂ©decine, sĂ©ance du 10 fĂ©vrier 1880, 2e sĂ©r., IX, p. 121-134; Paris, 1880 (brochure); Recueil de mĂ©decine vĂ©tĂ©rinaire, 6e sĂ©r., VII, 1880, p. 125-135. (O. C., vol. 6, p. 291-303, spĂ©c. p. 294.) « Certains vĂ©tĂ©rinaires y [= dans le « virus Â» du cholĂ©ra des poules] avaient soupçonnĂ© l'existence de petits ferments animĂ©s, de bactĂ©ries, notamment un Ă©lève de M. Zundel. Il [= ?] a Ă©tĂ© signalĂ© aussi par un vĂ©tĂ©rinaire de Turin et par un professeur de Toulouse, M. Toussaint. C'est de M. Toussaint que j'ai eu la première petite quantitĂ© de sang provenant d'une poule morte de ce qu'on dĂ©signe par cholĂ©ra des poules. Â» (L. Pasteur, Sur les virus-vaccins du cholĂ©ra des poules et du charbon, Comptes rendus des travaux du Congrès international des directeurs des stations agronomiques, session de Versailles, juin 1881. Paris, 1881, 4e sĂ©ance, 22 juin 1881, p. 151-162. (O. C., vol. 6, p. 358-369, spĂ©c. p. 359.) (fr) Pasteur Ĺ’uvre tome 6 - Maladie virulentes. Virus. Vaccins. Prophylaxie de la rage [pdf]
  132. ↑ « En 1880, M. Pasteur dĂ©couvrait prĂ©cisĂ©ment le premier exemple d'une maladie (cholĂ©ra des poules) produite par un microbe spĂ©cial, lequel, par un artifice particulier, pouvait ĂŞtre privĂ© d'une partie de sa virulence et ĂŞtre ensuite inoculĂ© sans danger aux poules. Par ce virus attĂ©nuĂ© on pouvait communiquer aux poules une maladie bĂ©nigne; et, Ă  la suite de cette lĂ©gère atteinte, elles Ă©taient prĂ©servĂ©es contre la maladie mortelle. Â» (Ch. Chamberland, Le charbon et la vaccination charbonneuse, Paris, 1883, p. 94, citĂ© par A. Cadeddu, Les vĂ©ritĂ©s de la science, Florence, 2005, p. 109.)
  133. ↑ René Vallery-Radot, La vie de Pasteur, 1900, p. 427, consultable sur Gallica. Passage reproduit par A. Cadeddu, Les vérités de la science, Florence, 2005, p. 108.
  134. ↑ Émile Duclaux, Pasteur. Histoire d'un esprit, Sceaux, 1896, pp. 348-349, consultable sur Gallica; reproduit par A. Cadeddu, ouvr. cité, p. 110, et résumée par P. Debré, Louis Pasteur, 1997, p. 404.
  135. ↑ A. Cadeddu, Les vérités de la science, Florence, 2005, p. 122.
  136. ↑ A. Cadeddu, Les vérités de la science, Florence, 2005, p. 105-125.
  137. ↑ A. Cadeddu avait dĂ©jĂ  traitĂ© cette question dans son article « Pasteur et le cholĂ©ra des poules. RĂ©vision critique d'un rĂ©cit historique Â», History and Philosophy of the Life Science, 1985, t. VII. Patrice DebrĂ©, Louis Pasteur, 1994, qui cite cet article dans sa bibliographie, p. 545, Ă©crit dans le corps de son livre, p. 404, après avoir reproduit la version de la dĂ©couverte fortuite : « Une autre version des mĂŞmes faits, reconstituĂ©e Ă  partir des archives de Pasteur, fait une part moins belle au hasard Â».
  138. ↑ (Pasteur, O. C., vol. 6, p. 329.)
    (fr) Pasteur Ĺ’uvre tome 6 - Maladie virulentes. Virus. Vaccins. Prophylaxie de la rage [pdf]
  139. ↑ Philippe Decourt, Les vĂ©ritĂ©s indĂ©sirables, Paris, 1989, p. 232, faisait ce commentaire : « Dans ces conditions, il est impossible de parler d'un procĂ©dĂ© de vaccination. On est obligĂ© de constater qu'Ă  la fin d'octobre 1880, Pasteur n'en a encore aucun. Â»
  140. ↑ G. Lesbouyries, La pathologie des oiseaux, Paris, 1941, p. 340; citĂ© par HervĂ© Bazin, L'Histoire des vaccinations, 2008, p. 155, qui prĂ©sente G. Lesbouyries comme « un excellent spĂ©cialiste de la pathologie des oiseaux Â». On lit dans une publication Internet du DĂ©partement amĂ©ricain de l'agriculture en date du 14 janvier 2005 : « Pasteur travailla sur un vaccin contre le cholĂ©ra des poules, mais sans grand succès. Depuis Pasteur, il y eut plusieurs tentatives de produire un vaccin efficace contre le cholĂ©ra des poules. Une immunitĂ© substantielle mais non absolue peut ĂŞtre confĂ©rĂ©e Ă  la volaille, dans des conditions contrĂ´lĂ©es, Ă  l'aide de vaccins tuĂ©s de Pasteurella multocida. Â» (« Pasteur did some work with a vaccine for fowl cholera but was not very successful. Since Pasteur, there have been several attempts to produce efficient vaccines for fowl cholera. Substantial but not absolute immunity can be induced in fowl using killed Pasteurella multocida vaccines under controlled conditions. Â») (Turkey Slaughter, 14 janvier 2005, p. 10.)
  141. ↑ Thomas D. Brock, Milestones in microbiology 1546 to 1940, ASM Press (American Society for Microbiology), 1999, p. 130, passage consultable sur Google Books.
  142. ↑ Paul-Henri Duboué, De la physiologique pathologique et du traitement de la rage, Paris, 1879. Cité par Jean Théodoridès, Histoire de la rage, Paris, Masson, 1986, p. 184.
  143. ↑ Jean Théodoridès, Histoire de la rage, Paris, Masson, 1986, p. 185.
  144. ↑ V. Galtier, « Études sur la rage », Rec. MĂ©d. vĂ©t., 6, 2e sĂ©rie, n° 17, 1879, 857-67; Ann. mĂ©d. vĂ©t., 28, 1879, 627-39; conclusions in : Comptes Rendus de l'AcadĂ©mie des Sciences, 89, 1879, 444-6. CitĂ© par Jean ThĂ©odoridès, Histoire de la rage, Paris, 1986, p. 191.
  145. ↑ V. Galtier, « Transmission du virus rabique Â», Bulletin de l'AcadĂ©mie de MĂ©decine, 2e sĂ©rie, 10, 1881, 90-94. CitĂ© par J. ThĂ©odoridès, Histoire de la rage, Paris, Masson, 1986, p. 192.
  146. ↑ E. Nocard et É. Roux, « ExpĂ©riences sur la vaccination des ruminants contre la rage par injections intraveineuses du virus rabique», Annales de l'Institut Pasteur, 2, 1888, 341-353. CitĂ© par J. ThĂ©odoridès, Histoire de la rage, Paris, 1986, p. 197.
  147. ↑ J. ThĂ©odoridès, Histoire de la rage, Paris, 1986, pp. 191-2 (« assertion inexacte Â»).
  148. ↑ Pasteur, Chamberland, Roux et Thuillier, « Sur la rage Â», Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des Sciences, 92, 1881, 1259-60. CitĂ© par J. ThĂ©odoridès, Histoire de la rage, Paris, Masson, 1986, pp. 202-3.
  149. ↑ Pasteur, Chamberland, Roux et Thuillier, Nouveaux faits pour servir à la connaissance de la rage, Comptes rendus de l'Académie des Sciences, 95, 1882, 1187-92; Bulletin de l'Académie de Médecine, 2e série, 11, 1882, 1440-45; cité par J. Théodoridès, Histoire de la rage, Paris, 1986, p. 203.
  150. ↑ Seconde édition de son Traité des maladies contagieuses, 1891, vol. 2, p. 141. Cité par J. Théodoridès, Histoire de la rage, Paris, Masson, 1986, p. 198.
  151. ↑ V. Galtier, « Une page d'histoire. DĂ©couverte de l'immunitĂ© rabique. Vaccination antirabique par injection intraveineuse Â», J. MĂ©d. VĂ©t. Zoot. (Lyon), 55, 1904, 274-77. CitĂ© par J. ThĂ©odoridès, Histoire de la rage, Paris, Masson, 1986, p. 197.
  152. ↑ J. Théodoridès, Histoire de la rage, Paris, 1986, p. 198.
  153. ↑ E. Nocard et É. Roux, « ExpĂ©riences sur la vaccination des ruminants contre la rage par injections intraveineuses du virus rabique», Annales de l'Institut Pasteur, 2, 1888, 341-353. CitĂ© par J. ThĂ©odoridès, Histoire de la rage, Paris, 1986, pp. 197 et 214.
  154. ↑ Pasteur, Chamberland et Roux, « Nouvelle communication sur la rage Â», Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des Sciences, 98, 1884, 457-63; Bulletin de l'AcadĂ©mie de mĂ©decine, 2e sĂ©rie, 13, 1884, 337-44. CitĂ© par J. ThĂ©odoridès, Histoire de la rage, Paris, Masson, 1986, pp. 203-204.
  155. ↑ Pasteur, Chamberland et Roux, « Sur la rage Â», Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des Sciences, 98, 1884, 1229-31; Bulletin de l'AcadĂ©mie de mĂ©decine, 2e sĂ©rie, 13, 1884, 661-64. CitĂ© par J. ThĂ©odoridès, Histoire de la rage, Paris, Masson, 1986, p. 204.
  156. ↑ J. Théodoridès, Histoire de la rage, Paris, Masson, 1986, p. 234-5.
  157. ↑ A. Cadeddu, Les vérités de la science, Florence, Olschki, 2005, p. 178, signale que, d'après les notes de laboratoire de Pasteur, ses résultats n'avaient pas vraiment une telle régularité.
  158. ↑ L. Pasteur, « MĂ©thode pour prĂ©venir la rage après morsure Â», Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des Sciences, t. 101 (1885), sĂ©ance du 26 octobre 1885, pp. 765-774, consultable sur Gallica; reproduit dans L. Pasteur, Écrits scientifiques et mĂ©dicaux, choix, prĂ©sentation et notes par AndrĂ© Pichot, Paris, Flammarion, 1994, pp. 302-311.
  159. ↑ Patrice Debré, Louis Pasteur, 1994, p. 463.
  160. ↑ En 1973, André Gamet ne voit que deux exceptions individuelles, et encore très douteuses, au pronostic fatal de la rage déclarée. (André Gamet, La rage, Paris, 1973, p. 94.) M. Fekadu, au contraire, considère comme probants plusieurs cas de guérison de rage clinique chez l'animal et chez l'homme qui ont été signalés, entre autres par Pasteur lui-même, au XIX et au XX siècle. Voir Makonnen Fekadu, dans G. M. Baer (dir.), The natural history of rabies, 2 éd., CRC Press, 1991, pp. 192 et 370.
  161. ↑ Patrice Debré, Louis Pasteur, 1994, pp. 463-466; Pierre Madeline, La première vaccination antirabique de Pasteur in L’aventure de la vaccination, éd. Frison-Roche, 1996, pp. 160-167. A. Cadeddu, Les vérités de la science, Florence, Olschki, 2005, p. 185-192, qui renvoie aux notes de laboratoire de Pasteur, à Geison 1995, p. 198-205, à Madeline dans Moulin 1996, p. 160-167, et à Debré 1994, p. 441-474 (spéc. 464-465).
  162. ↑ Patrice Debré, Louis Pasteur, 1994, p. 467. Ce refus de Roux est attesté par Adrien Loir, dont Émile Lagrange (Monsieur Roux, Bruxelles, 1954, pp. 75 et 79), qui a connu Roux, reprend le récit à son compte.
  163. ↑ L. Pasteur, « MĂ©thode pour prĂ©venir la rage après morsure Â», Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des Sciences, t. 101 (1885), sĂ©ance du 26 octobre 1885, pp. 765-774, consultable sur Gallica; reproduit dans L. Pasteur, Écrits scientifiques et mĂ©dicaux, choix, prĂ©sentation et notes par AndrĂ© Pichot, Paris, Flammarion, 1994, pp. 302-311.
  164. ↑ Pasteur, carnet du 6 juillet 1885, notes reproduites dans F. Balibar et M.-L. PrĂ©vost (coord.), Pasteur, Cahiers d'un savant, CNRS Éditions, Paris, et Zulma, Cardeilhan, 1995, p. 212, et sur le site de l'AcadĂ©mie de Versailles. Dans sa publication, Pasteur dit que l'estomac Ă©tait rempli de foin, de paille et de fragments de bois. (L. Pasteur, « MĂ©thode pour prĂ©venir la rage après morsure Â», Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des Sciences, t. 101 (1885), sĂ©ance du 26 octobre 1885, pp. 765-774; reproduit dans L. Pasteur, Écrits scientifiques et mĂ©dicaux, choix, prĂ©sentation et notes par AndrĂ© Pichot, Paris, Flammarion, 1994, pp. 302-311.)
  165. ↑ « Autrefois, vous vous le rappelez, tout chien dans l'estomac duquel on trouvait des corps Ă©trangers : bois, paille, etc., Ă©tait rĂ©putĂ© enragĂ©; cette preuve est abandonnĂ©e. Â» Peter, dans le Bulletin de l'AcadĂ©mie de MĂ©decine, 2e sĂ©rie, t. 17, 1887, sĂ©ance du 11 janvier 1887, p. 51; citĂ© par Ph. Decourt, Les vĂ©ritĂ©s indĂ©sirables, 1989, p. 145. Victor Babès, disciple de Pasteur, confirmait dans son TraitĂ© de la rage (Paris, 1912, p. 74) que « l'autopsie est, en effet, insuffisante Ă  Ă©tablir le diagnostic de rage. En particulier, la prĂ©sence de corps Ă©trangers dans l'estomac est Ă  peu près sans valeur. Â» Le diagnostic de rage chez le chien qui avait mordu Meister est Ă©galement considĂ©rĂ© comme incertain par I. Vodopija et H. F. Clark, « Human vaccination again rabies Â», dans G. M. Baer (dir.), The natural history of Rabies, 2 Ă©d., 1991, CRC Press, p. 573. Dans un autre cas cĂ©lèbre de 1885, celui de Jean-Baptiste Jupille, rien, dans le rĂ©cit de Pasteur (L. Pasteur, « MĂ©thode pour prĂ©venir la rage après morsure Â», Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des Sciences, t. 101 (1885), sĂ©ance du 26 octobre 1885, pp. 765-774; reproduit dans L. Pasteur, Écrits scientifiques et mĂ©dicaux, choix, prĂ©sentation et notes par AndrĂ© Pichot, Paris, Flammarion, 1994, pp. 302-311), n'indique que le chien ait donnĂ© des marques d'agressivitĂ© avant que Jupille n'ait marchĂ© vers lui en brandissant un fouet, ce qui, d'après Decourt, ouvr. cit., pp. 146-147, invalide le diagnostic de rage.
  166. ↑ Préface au livre de Bruno Latour, Pasteur, une science, un style, un siècle, Perrin et Institut Pasteur, 1996, p. 2.
  167. ↑ L. Pasteur, « MĂ©thode pour prĂ©venir la rage après morsure Â», Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des Sciences, t. 101 (1885), sĂ©ance du 26 octobre 1885, pp. 765-774; reproduit dans L. Pasteur, Écrits scientifiques et mĂ©dicaux, choix, prĂ©sentation et notes par AndrĂ© Pichot, Paris, Flammarion, 1994, pp. 302-311. Note 237 de Pichot, pp. 308 et 336.
  168. ↑ Louis Pasteur, « Nouvelle communication sur la rage Â», Compts rendus de l'AcadĂ©mie des Sciences, t. 103, sĂ©ance du 2 novembre 1886, pp. 777-785.
  169. ↑ P. Debré, Louis Pasteur, Flammarion, 1994, p. 482.
  170. ↑ P. Debré, Louis Pasteur, Flammarion, 1994, pp. 482-485.
  171. ↑ Bulletin de l'Académie de médecine, séances de janvier 1887. Ph. Decourt, Les vérités indésirables, Paris, 1989, p. 158.
  172. ↑ P. LĂ©pine et L. Cruveilhier, dans Annales de l'Institut Pasteur, vol. 55, 1935, supplĂ©ment sur la rage, p. 20. Reprenant une suggestion (retirĂ©e presque aussitĂ´t faite) de RenĂ© Dubos, Louis Pasteur, Freelance of science, Boston, 1950, tr. fr. Louis Pasteur franc-tireur de la science, Paris, 1995, pp. 376-377 et 380), François Dagognet pense que le traitement de Pasteur, en dĂ©pit de ses dĂ©nĂ©gations, provoquait bel et bien des accidents (paralytiques), dus non pas au virus mais aux tissus nerveux (moelle) qu'il contenait. (F. Dagognet, MĂ©thodes et doctrine dans l'Ĺ“uvre de Pasteur, Paris, 1967, p. 224, rééditĂ© sous le titre Pasteur sans la lĂ©gende, Ă©d. SynthĂ©labo, 1994, p. 354; opinion reprise par Anne-Marie Moulin, « Biologie sans vivant, mĂ©decine sans malades Â», dans Anatomie d'un Ă©pistĂ©mologue : François Dagognet, Paris, 1984, p. 61, et par Jean ThĂ©odoridès, Histoire de la rage, Paris, 1986, p. 211. Vous pouvez voir également : F. Horaud, Institut Pasteur, « La sĂ©curitĂ© virale des produits biologiques : aspects historiques et conceptuels Â», Virologie, Volume 1, NumĂ©ro 5, 365-72, Septembre - Octobre 1997, en ligne.) Au dĂ©but du XXI siècle, l'OMS prĂ´nait l'abandon complet des vaccins contre la rage sur tissus nerveux. Voir un document de l'Organisation panamĂ©ricaine de la santĂ©
  173. ↑ P. LĂ©pine et V. Sautter, « Essais expĂ©rimentaux sur la valeur pratique des vaccins antirabiques phĂ©niquĂ©s Â», Annales de l'Institut Pasteur, vol. 59, 1937, pp. 39-56; citĂ© par Ph. Decourt, Les vĂ©ritĂ©s indĂ©sirables, Paris, 1989, pp. 152-153 et 311. En 1927, dĂ©jĂ , Paul Remlinger s'Ă©tait montrĂ© critique envers la mĂ©thode des moelles dessĂ©chĂ©es; voir J.-P. Dedet, Les Instituts Pasteur d'outre-mer, Paris, 2000, p. 94, partiellement consultable sur Google Books. Sur la difficultĂ© d'Ă©valuer l'efficacitĂ© des vaccins antirabiques (vaccination avant exposition, après exposition, sur l'homme, sur l'animal) dĂ©crits dans la littĂ©rature d'avant 1940, voir quelques indications dans George M. Baer (dir.), The natural history of rabies, 2 Ă©d., CRC Press, 1991, pp. 16, 573 et 575-576, oĂą on renvoie notamment Ă  L.T. Webster, « The immunizing potency of antirabies vaccines. A critical review Â», dans American journal of hygiene, vol. 30, 1939, p. 113.
  174. ↑ AndrĂ© Gamet, La rage, Paris, coll. Que sais-je ?, 1973, p. 88.
  175. ↑ « ses premiers travaux, qui sont Ă  mes yeux les plus remarquables de toute son Ĺ“uvre. Â» (P. DebrĂ©, Louis Pasteur, 1994, p. 18.
  176. ↑ Pasteur et Joubert, « Ă‰tude sur la maladie charbonneuse Â», Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des sciences, sĂ©ance du 30 avril 1877, t. 84, pp. 900-906, consultable sur Gallica; Ĺ’uvres complètes de Pasteur, t. 6, pp. 164-171, consultable sur Gallica; citĂ© par F. Dagognet, MĂ©thodes et doctrine dans l'Ĺ“uvre de Pasteur, Paris, 1967, rééd. sous le titre Pasteur sans la lĂ©gende, 1994, pp. 298-299, comme montrant que Pasteur rejeta erronĂ©ment l'idĂ©e des toxines.
  177. ↑ Pasteur et Joubert, « Charbon et septicĂ©mie Â», Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des sciences, sĂ©ance du 16 juillet 1877, t. 85, pp. 101-105, consultable sur Gallica; Ĺ’uvres complètes de Pasteur, t. 6, pp. 172-188, consultable sur Gallica; citĂ© par F. Dagognet, MĂ©thodes et doctrine dans l'Ĺ“uvre de Pasteur, Paris, 1967, rééd. sous le titre Pasteur sans la lĂ©gende, 1994, pp. 298-299, Ă  propos de la position de Pasteur sur les toxines. Dagognet inverse par erreur l'ordre chronologique des publications de Pasteur d'avril et de juillet 1877.
  178. ↑ F. Dagognet, MĂ©thodes et doctrine dans l'Ĺ“uvre de Pasteur, Paris, 1967, rééd. sous le titre Pasteur sans la lĂ©gende, 1994, pp. 298-299; AndrĂ© Pichot, Introduction gĂ©nĂ©rale Ă  : Louis Pasteur, Écrits scientifiques et mĂ©dicaux, Choix, prĂ©sentation et notes par AndrĂ© Pichot, Paris, Flammarion, 1994, p. 18.
  179. ↑ Smith, H., J. Keppie et J. L. Stanley, « The chemical basis of the virulence of Bacillus anthracis. V. The specific toxin produced by B. anthracis in vivo.  Â», British journal of experimental pathology, vol. 36, 1955, pp. 460-472. CitĂ© par exemple par G. G. Wright et G. L. Mandell, « Anthrax toxin (...) Â», Journal of experimental medicine, vol. 164, nov. 1986, pp. 1700-1709, en ligne, et par Theresa M. Koehler, Anthrax, Springer, 2002, ISBN 3-540-43497-6, 9783540434979, partiellement consultable sur Google Books, p. 125.
  180. ↑ « Parlez de poison, si vous le voulez, mais vous serez contraint d'ajouter que, si un poison fait la mort, c'est le microbe qui engendre le poison. Â» (Pasteur, « Relations de la variole et de la vaccine. CholĂ©ra des poules Â», Bulletin de l'AcadĂ©mie de mĂ©decine, 2 sĂ©rie, vol. 9, 1880; Ĺ’uvres complètes de Pasteur, t. 6, p. 477, consultable sur Gallica.) CitĂ© par P. Pinet, Pasteur et la philosophie, Paris, L'Harmattan, 2005, p. 191.
  181. ↑ Pasteur, avec la collaboration de Chamberland et Roux, « De la possibilitĂ© de rendre les moutons rĂ©fractaires au charbon par la mĂ©thode des inoculations prĂ©ventives Â», Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des sciences, t. 92 (1881), sĂ©ance du 21 mars 1881, pp. 662-665, consultable sur Gallica.
  182. ↑ Pasteur, Écrits scientifiques et médicaux, Choix, présentation et notes par André Pichot, 1994, pp. 18-19.
  183. ↑ Voir par exemple Pasteur, « Observations sur une note de M. N. GamaleĂŻa Â», Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des sciences, sĂ©ance du 20 aoĂ»t 1888, t. 107, pp. 434-435, Bulletin de l'AcadĂ©mie de mĂ©decine, sĂ©ance du 21 aoĂ»t 1888, 3 sĂ©rie, t. 20, pp. 308-309, Ĺ’uvres complètes de Pasteur, t. 6, pp. 548 et ss. (consultable sur Gallica), qui renvoie Ă  des publications des Annales de l'Institut Pasteur, 1887.
  184. ↑ J.-A. Auzias-Turenne, La syphilisation, Paris, 1878, p. 710, citĂ© par F. Dagognet, MĂ©thodes et doctrine dans l'Ĺ“uvre de Pasteur, Paris, 1967, rééd. Sous le titre «Pasteur sans la lĂ©gende, 1994, p. 331. Cette influence d'Auzias-Turenne sur Pasteur a Ă©tĂ©t notĂ©e par RenĂ© Dubos, Louis Pasteur : Freelance of science, Boston, 1950, tr. fr. Louis Pasteur franc-tireur de la science, Ă©d. La dĂ©couverte, Paris, 1995, p. 357 et 385-386, qui mentionne aussi Tyndall.
  185. ↑ Louis Pasteur, « Sur les maladies virulentes, et en particulier sur la maladie appelĂ©e vulgairement cholĂ©ra des poules Â», publiĂ© plusieurs fois en 1880; Ĺ’uvres complètes de Pasteur, vol. 6, p. 301, consultable sur Gallica.
  186. ↑ Cette idĂ©e est attribuĂ©e Ă  Chauveau par AndrĂ© Pichot, Pasteur, Ă©crits scientifiques et mĂ©dicaux, 1994, p. 200. Voir A. Chauveau, « Du renforcement de l'immunitĂ© des moutons algĂ©riens, Ă  l'Ă©gard du sang de rate, par les inoculations prĂ©ventives. Influence de l'inoculation de la mère sur la rĂ©ceptivitĂ© du foetus Â», Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des sciences, t. 91, 1880, pp. 148-151, spĂ©c. p. 151, consultable sur Gallica, mais noter que cette communication de Chauveau (juillet 1880) est postĂ©rieure Ă  la communication d'avril 1880 de Pasteur. F. Dagognet, plus bienveillant qu'AndrĂ© Pichot, voit dans cette communication de Chauveau une anticipation sur la sĂ©rothĂ©rapie. (F. Dagognet, Pasteur sans la lĂ©gende, 1994, pp. 327-328.)
  187. ↑ L. Pasteur, « Sur le cholĂ©ra des poules; Ă©tudes de la condition de la non-rĂ©cidive de la maladie et de quelques autres de ses caractères Â», Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des sciences, sĂ©ance du 26 avril 1880, t. 90, 1880, p. 957; Ĺ’uvres complètes de Pasteur, t. 6, p. 308, consultable sur Gallica.
  188. ↑ René Dubos, Louis Pasteur freelance of science, Boston, 1950, tr. fr. Louis Pasteur franc-tireur de la science, Paris, 1995, pp. 387-390, cite des passages ultérieurs de Pasteur qu'il considère comme prophétiques, mais A. Pichot (Pasteur, écrits scientifiques et médicaux, 1994, p. 200) estime que les essais de Pasteur pour théoriser l'immunisation sont extrêmement sommaires et que Pasteur ne s'intéressait pas vraiment à cette question, la science étant pour lui, encore plus qu'un moyen de connaissance, un moyen d'action.
  189. ↑ Noté par P.-Y. Laurioz, Louis Pasteur. La réalité après la légende, Paris, 2003, p. 150.
  190. ↑ René Dubos, Louis Pasteur, franc-tireur de la science, Paris, 1995, p. 393. (Traduction française d'un livre américain de 1950.)
  191. ↑ François Dagognet, Méthodes et doctrines dans l'œuvre de Pasteur, Paris, 1967, rééd. sous le titre Pasteur sans la légende, éd. Synthélabo, 1994, pp. 361-362.
  192. ↑ AndrĂ© Pichot, Introduction gĂ©nĂ©rale Ă  : L. Pasteur, Écrits scientifiques et mĂ©dicaux, Paris, Flammarion, 1994, p. 12.
  193. ↑ P. Debré, Louis Pasteur, Flammarion, 1994, p. 17. P. Debré développe cette idée p. 383.
  194. ↑ « Envers les mĂ©decins, Pasteur ne fut pas toujours comprĂ©hensif ... et ceux-ci le lui rendirent bien.  Â» Hilaire Cuny, Pasteur et le mystère de la vie, Paris, 1963, p. 49. Mais H. Cuny rappelle aussi, p. 50, que Pasteur, qui n'Ă©tait pas mĂ©decin, avait Ă©tĂ© reçu Ă  l'AcadĂ©mie de mĂ©decine.
  195. ↑ AndrĂ© Pichot, Introduction gĂ©nĂ©rale Ă  : Louis Pasteur, Écrits scientifiques et mĂ©dicaux, Choix, prĂ©sentation et notes par AndrĂ© Pichot, Paris, Flammarion, 1994.
  196. ↑ Maurice Vallery-Radot (Pasteur, Perrin, 1994, p. 378), selon qui Pasteur, même sans pratique religieuse régulière, était au fond resté chrétien, traite avec dédain cette phrase qui apparut, sans références, au lendemain de la mort de Pasteur, dans la Semaine religieuse .... du diocèse de Versailles, 6 octobre 1895, p. 153 et fut popularisée par le livre de François Bournand, Un bienfaiteur de l'humanité, Pasteur, sa vie, son œuvre, Paris, 1904, p. 262. Le frontispice de ce livre, qui porte la phrase en question, est reproduit dans G.L. Geison, The private science of Louis Pasteur, Princeton, 1995, entre les pp. 242 et 243.
  197. ↑ Pasteur Vallery-Radot, Lettre Ă  Paul Dupuy, 1939, citĂ©e par Hilaire Cuny, Pasteur et le mystère de la vie, Paris, Seghers, 1963, pp. 53-54. Patrice Pinet, Pasteur et la philosophie, Paris, 2005, pp. 134-135, rapporte des propos de mĂŞme teneur de Pasteur Vallery-Radot et renvoie Ă  Pasteur Vallery-Radot, Pasteur inconnu, p. 232, et Ă  AndrĂ© George, Pasteur, Paris, 1958, p. 187. De mĂŞme, la phrase « Un peu de science Ă©loigne de Dieu ; beaucoup y ramène Â», souvent attribuĂ©e Ă  Pasteur sans rĂ©fĂ©rences, remonte en fait Ă  Francis Bacon, qui a exprimĂ© la mĂŞme idĂ©e dans plusieurs de ses ouvrages, notamment dans ses Meditationes sacrae, X, De Atheismo. (Voir par exemple Ĺ’uvres philosophiques de Bacon, avec notice, sommaires et Ă©claircissemens, par M. Bouillet, t. 3, Paris, 1834, p. XXXIV, n. 1, et p. 473; consultable sur Google Books.)
  198. ↑ Œuvre d'Orient
  199. ↑ Maurice Pasteur Vallery-Radot, Pasteur, Ă©d. Perrin, 1994; La Croix, 31 dĂ©cembre 1995. Vous pouvez voir également : Ibid. Recension du livreIbid. Recension sur www.pasteur.fr. « Apparemment, Pasteur allait aux offices du dimanche l'Ă©tĂ©, quand il Ă©tait Ă  Arbois. (...) Pasteur, une fois dĂ©gagĂ© de toute fonction administrative Ă  l'École normale, n'alla pas (...) Ă  la messe de sa paroisse, et sa femme et sa fille s'y rendaient seules. Â» P. Pinet, Pasteur et la philosophie, Paris, L'Harmattan, 2005, p. 135, qui renvoie Ă  des travaux de Richard Moreau (R. Moreau, « Les expĂ©riences de Pasteur sur les gĂ©nĂ©rations spontanĂ©es Â», La Vie des sciences. Comptes rendus de l'AcadĂ©mie des sciences, sĂ©rie gĂ©nĂ©rale, t. 9, 1992, pp. 254-260; PrĂ©histoire de Pasteur, Paris, L'Harmattan, 2000, pp. 210-214; Louis Pasteur : De Besançon Ă  Paris, l'envol, Paris, L'Harmattan, 2003, pp. 154-156) selon lesquels Pasteur Ă©tait dĂ©iste plutĂ´t que chrĂ©tien.
  200. ↑ (fr) Rapport fait au nom de la mission d’information sur l’accompagnement de la fin de vie – tome II (30 juin 2004) (voir page 42) [pdf]
  201. ↑ LĂ©on Daudet, Souvenirs des milieux littĂ©raires, politiques, artistiques et mĂ©dicaux (chap. « Devant la douleur Â», pp. 170-171), Ă©d. Robert Laffont (collection Bouquins) (ISBN 978-2-221-07175-5). Voir le contexte de la citation sur l'EncyclopĂ©die de l'Agora.
  202. ↑ Axel Munthe, The story of San Michele, éd. John Murray, 2004 (première éd. 1929), pp. 54-56 (ISBN 0-7195-6699-1).
  203. ↑ Noté par Louise Lambrichs, La vérité médicale, éd. R. Laffont, Coll. Pluriel, 2001, p. 98
  204. ↑ Les voies les plus représentées en France - La poste





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