Définition Wikipédia de : Lille
Lille est une
commune française du nord de la
France. C'est la
préfecture du
département du Nord et le
chef-lieu de la région
Nord-Pas-de-Calais. Surnommée la «
Capitale de Flandre », Lille est, avec ses 225 789 habitants au 1 janvier 2007, la principale ville, aux côtés de
Roubaix,
Tourcoing et
Villeneuve-d'Ascq, au sein de
Lille Métropole Communauté urbaine,
intercommunalité qui regroupe 85
communes et compte 1,1 million d'habitants (recensement de 2006). Plus largement, elle appartient Ă une vaste
conurbation formée avec les villes
belges de
Mouscron,
Courtrai,
Tournai et
Menin qui a donné naissance en
janvier 2008 au premier
Groupement européen de coopération territoriale,
l'Eurométropole Lille Kortrijk Tournai, et qui totalise près de deux millions d’habitants.
Son nom en
ancien français (
L’Isle), comme en
flamand occidental (
Ryssel,
Rijsel en néerlandais ; de «
ter Yssel ») proviendrait de sa localisation primitive sur une
île des
marécages de la vallée de la
Deûle où elle a été fondée. Lille et ses environs appartiennent à la région historique de la
Flandre romane, ancien territoire du
comté de Flandre mais ne faisant pas partie de l'aire linguistique du
flamand occidental. Depuis son apparition dans l'Histoire au
XI siècle elle a ainsi toujours été une ville de
langue romane. Ville de
garnison, Lille a connu une histoire mouvementée du
Moyen Âge à la
Révolution française. Connue pour avoir été la ville la plus assiégée de
France, elle a appartenu successivement au
comté de Flandre, au
royaume de France, Ă l'
État bourguignon, au
Saint-Empire romain germanique et aux
Pays-Bas espagnols avant d'être définitivement reprise par la
France au terme de la
guerre de Succession d'Espagne. Elle sera encore assiégée en
1792 lors de la
guerre franco-autrichienne et très durement éprouvée par les deux conflits mondiaux du
XX siècle au cours desquels elle est occupée.
Cité marchande depuis ses origines, manufacturière depuis le
XVI siècle, la
révolution industrielle en fera une grande capitale industrielle, principalement autour des industries textiles et mécaniques. Leur déclin, à partir des
années 1960, ouvrira une longue période de crise et ce n'est qu'à partir des
années 1990 que la reconversion vers le
secteur tertiaire et la réhabilitation des
quartiers sinistrés donneront un autre visage à la ville. La construction du nouveau quartier d'affaires
Euralille à partir de 1988, l'arrivée du
TGV en 1993 et de l'
Eurostar en 1994, le développement d'un pôle universitaire qui accueille au début du
XXI siècle près de 100 000 étudiants, le classement
Ville d’art et d’histoire en 2004 et les manifestations de
Lille 2004,
Capitale européenne de la culture, constituent les principaux symboles de ce renouveau.

Chapitre : Géographie
- Sous-chapitre : Situation
Lille est située dans le nord de la
France, au centre du département du
Nord (59) et à proximité de la
Belgique, à une vingtaine de kilomètres de la
région flamande au nord et de la
région wallonne à l'est.
Elle s'est établie dans la vallée de la
Deûle dont plusieurs bras, aujourd'hui pour la plupart couverts, parcourent la ville. Naviguée depuis l'époque
gallo-romaine, la
rivière, aménagée récemment en
canal Ă grand gabarit, traverse la ville du sud-ouest au nord pour rejoindre la
Lys.
Au déclin de l'
empire romain d'Occident, des
peuples Germains se sont installés dès le milieu du
IV siècle au nord de la route
Boulogne-sur-Mer-
Cologne : la
frontière linguistique passait au sud de Lille comme le montre la
toponymie en
hem de
Wazemmes,
Esquermes,
Hellemmes, etc. Pourtant, Lille et ses environs appartiennent à la région historique de la
Flandre romane, c'est-Ă -dire aux anciens territoires du
comté de Flandre ne faisant pas partie de l'aire linguistique du
flamand occidental, contrairement Ă
Dunkerque et
Bailleul. Ainsi, à l'opposé d'une idée assez répandue, Lille n'a jamais été une ville de langue
flamande, mais de
dialectes romans : au
XI siècle, lors de la naissance de Lille, la frontière linguistique passait déjà à l'ouest de la ville.
Lille est à la croisée de grands itinéraires
européens, routiers, mais aussi ferroviaires ou maritimes, Est/Ouest entre l'
Allemagne, le
Luxembourg, la
Belgique et le
Royaume-Uni, Nord/Sud entre les
Pays-Bas, la
Belgique, la
France et l'
Espagne.
Par la route, Lille est distante de
80 km de
Dunkerque, de
110 km de
Calais, de
230 km de
Paris, de
110 km de
Bruxelles, de
90 km d'
Ostende, de
125 km d'
Anvers, de
300 km d'
Amsterdam, de
305 km de
Luxembourg, de
225 km de
Londres (+
55 km en
shuttle), de
330 km de
Cologne et de
345 km de
Bonn.
Ă€ vol d'oiseau, Lille se situe Ă
93 km de
Calais,
205 km de
Paris,
408 km de
Strasbourg,
796 km de
Toulouse,
100 km de
Bruxelles,
242 km du centre de
Londres,
230 km d'
Amsterdam et
405 km de
Francfort.
- Sous-chapitre : Communes limitrophes
Image (cliquez pour agrandir) :
Lille est située au centre de l'
intercommunalité Lille Métropole Communauté Urbaine. Toutes les communes limitrophes en font partie. Il n'y a aucune rupture du tissu urbain entre Lille et ces communes, sauf à l'ouest entre
Lomme et les communes de
Ennetières-en-Weppes,
Capinghem,
Prémesques,
Pérenchies et
Lompret qui restent assez largement rurales.
| Topographie de la ville de Lille.
La ville de Lille est située à environ
20 mètres d'altitude dans un élargissement de la vallée de la
Deûle. À cet endroit, les derniers affleurements
crayeux (
Sénonien et
Turonien) de la
région naturelle du
Mélantois plongent à l’ouest sous les
Weppes, et, au nord, sous le
Barœul, deux régions de reliefs modérés développés dans le sable
landénien et l’argile
yprésienne. La couverture sédimentaire récente (
pléistocène) est omniprésente, sous forme de
lœss sur les versants ou d’
alluvions en fond de vallées.
- Sous-chapitre : Hydrographie
La
Deûle est une rivière au débit faible perdue dans une large vallée. Très fortement
anthropisée dès le
Moyen Âge, les multiples états de ses canalisations et aménagements, dans un contexte de relief très peu marqué, rendent difficile la perception de son tracé originel. Cette rivière fait partie du bassin hydrographique de l'
Escaut.
La ville se serait développée initialement sur un point de rupture de charge de la
Deûle, nécessitant le déchargement des
bateaux jusqu’à une section plus navigable de la rivière. De fait, jusqu’au creusement du canal de l’Esplanade au
XVIII siècle, les marchandises transportées par voie d’eau devaient transiter par voie de terre entre la « Haute » et la « Basse »
Deûle.
La ville ancienne était traversée par de nombreux canaux, pour certains issus du cours originel des petites rivières qui convergeaient vers la
Deûle (les nombreux bras du Fourchon et de l’Arbonnoise, le Bucquet, la Riviérette, le Ruisseau de
Fives, etc.), pour d'autres issus des fossés des enceintes successives ou creusés pour des besoins spécifiques. Soumis à un fort envasement et considérés comme des agents infectieux, la plupart ont été asséchés et comblés, transformés en
égouts ou recouverts au cours du
XIX siècle. Le dernier canal important, le canal de la Basse-Deûle, où était établi l'un des deux ports historiques de la ville, a été comblé au début des années 1930 pour devenir l'
avenue du Peuple-Belge.
En 2009, trois bras de la
Deûle subsistent en partie : le bras de Canteleu ou de la « Haute »
Deûle, qui longe le quartier des
Bois-Blancs ; le bras de la Barre et de la « Moyenne »
Deûle, qui affleure Quai du Wault, entre la
citadelle et le
Vieux-Lille ; et le bras de la « Basse »
Deûle qui émerge au bout de l'avenue du Peuple Belge.
- Sous-chapitre : Ressources en matériaux de construction
Le
lœss a alimenté de nombreuses
briqueteries qui ont fourni la ville, jusque dans la seconde partie du
XX siècle. La
craie, appelée localement
pierre de Lezennes a été largement exploitée pour la construction, en
carrières souterraines (Ă la pĂ©riphĂ©rie de Lille, principalement Ă
Loos-lez-Lille et Ă
Emmerin, au sud, et Ă
Lezennes, au sud-est). Ces anciennes carrières sont matérialisées dans les champs par des ouvertures clôturées (les
têtes de catiches), effondrement ou fontis mettant en relation les réseaux souterrains avec la surface. La
craie en moellons, matériau bon marché, était traditionnellement utilisée en mélange avec la
brique (créant les
rouges-barres). Sinon elle était destinée à la fabrication de
chaux.
- Sous-chapitre : Climat
On rencontre Ă Lille les principaux traits des
climats tempérés océaniques : les amplitudes thermiques saisonnières sont faibles, les précipitations ne sont négligeables en aucune saison. Les
hivers y sont doux et les étés frais.
Tableau comparatif des données climatiques de Lille
| Ville | Ensoleillement
(h/an) | Pluie
(mm/an) | Neige
(j/an) | Orage
(j/an) | Brouillard
(j/an) |
|---|
| Moyenne nationale | 1 973 | 770 | 14 | 22 | 40 |
| Lille-Lesquin | 1 617 | 687 | 19 | 19 | 69 |
| Paris | 1 630 | 642 | 15 | 19 | 13 |
| Nice | 2 668 | 767 | 1 | 31 | 1 |
| Strasbourg | 1 633 | 610 | 30 | 29 | 65 |
| Brest | 1 492 | 1 109 | 9 | 11 | 74 |
Le tableau ci-dessous indique les températures et les précipitations pour la période
1971-
2000 ainsi que l'ensoleillement pour la période
1991-
2000.
Relevé météorologique de Lille| mois | jan. | fév. | mar. | avr. | mai | jui. | jui. | aoû. | sep. | oct. | nov. | déc. | année |
|---|
| Température minimale moyenne (°C) | 1,0 | 1,0 | 3,1 | 4,7 | 8,4 | 11,0 | 13,1 | 12,9 | 10,7 | 7,4 | 3,8 | 2,1 | 6,6 |
|---|
| Température moyenne (°C) | 3,4 | 3,8 | 6,6 | 8,9 | 12,9 | 15,5 | 17,9 | 18,0 | 15,0 | 11,1 | 6,6 | 4,4 | 10,4 |
|---|
| Température maximale moyenne (°C) | 5,7 | 6,7 | 10,1 | 13,1 | 17,5 | 20,0 | 22,7 | 23,1 | 19,4 | 14,7 | 9,3 | 6,6 | 14,1 |
|---|
| Ensoleillement (h) | 63,3 | 70,5 | 119,1 | 159,9 | 199,7 | 202,8 | 213,0 | 218,2 | 141,7 | 117,4 | 64,7 | 47,0 | 1 617,3 |
|---|
| Précipitations (mm) | 57,0 | 43,6 | 57,5 | 50,4 | 62,5 | 68,1 | 61,2 | 52,8 | 63,6 | 66,8 | 71,5 | 68,1 | 723,1 |
|---|
Le tableau ci-dessous indique les records de valeur quotidienne la plus basse et la plus élevée pour la période
1947-
2009.
Relevé météorologique de Lille| mois | jan. | fév. | mar. | avr. | mai | jui. | jui. | aoû. | sep. | oct. | nov. | déc. |
|---|
Record de froid (°C) (année du record) | -19,5 (1982) | -17,8 (1956) | -8,8 (1970) | -4,7 (1968) | -2,3 (1967) | 0,0 (1962) | 3,4 (1964) | 3,9 (1956) | 1,2 (1979) | -4,4 (1950) | -7,8 (1998) | -17,3 (1964) |
|---|
Record de chaleur (°C) (année du record) | 15,2 (2007) | 18,9 (1960) | 22,7 (1968) | 27,9 (2007) | 31,7 (2005) | 34,8 (1947) | 36,1 (1959) | 36,6 (2003) | 33,8 (1949) | 27,5 (1985) | 20,1 (1995) | 15,9 (2000) |
|---|
Record de pluie en 24 h (mm) (année du record) | 24,6 (1990) | 21,8 (1996) | 26,3 (1989) | 28,7 (1953) | 34,2 (1948) | 48,6 (1951) | 41,4 (1964) | 49,0 (1975) | 50,7 (1970) | 33,6 (1964) | 32,9 (1966) | 34,8 (1999) |
|---|

Chapitre : Urbanisme
Image (cliquez pour agrandir) :
- Sous-chapitre : Morphologie urbaine
Le tissu urbain
Trois dimensions principales ont contribué, souvent conjointement, à façonner le tissu urbain de la ville actuelle : les extensions successives de la place forte, depuis les origines de la cité jusqu’au lendemain de la Première Guerre mondiale, lorsque les fortifications ont été déclassées ; les destructions survenues lors des principaux conflits qu’elle a connu au cours de son histoire ; les restructurations volontaires de l’espace urbain, à l’initiative des entrepreneurs lors de son industrialisation ou des pouvoirs publics dans le cadre de sa modernisation.
Image (cliquez pour agrandir) :

L'enceinte du
Second Empire et les enceintes précédentes depuis le
XIII siècle.
L’enceinte fortifiĂ©e de Lille a connu sept extensions successives qui ont fait passer l’espace intra-muros de dix Ă
1 000 hectares sur une période de 800 ans. Les trois principales surviennent : au
XIII siècle, lors de l’annexion des paroisses Saint-Maurice et Saint-Sauveur ; en 1670, lors de la construction de la citadelle et du renforcement du système de défense de la ville par
Vauban, lequel s’est accompagné de l’annexion des faubourgs de Saint-André et de la Madeleine ; en 1858, à la suite de l’annexion de
Wazemmes,
Moulins,
Esquermes,
Fives et du
faubourg Saint-Maurice, au terme de laquelle les trois premières communes se trouvent largement inscrites dans le nouveau périmètre fortifié. La première extension définit un périmètre d’urbanisation dense d’origine moyenâgeuse sous influence flamande ; la seconde une adjonction d’époque classique française et une infrastructure militaire particulièrement prégnante ; la troisième l’inscription d'une véritable ville nouvelle, déjà marquée par l’industrialisation naissante, et une emprise de plus en plus considérable des fortifications. Déclassées en 1919, ces fortifications et les terrains militaires qui les entouraient ont offert une réserve foncière à l’implantation d’infrastructures modernes depuis l’entre-deux guerres jusqu’aux années 1990 (nouvelle faculté de Droit, cité administrative, logements sociaux, voies rapides, espaces verts, cité hospitalière,
Lille Grand Palais et
Euralille, etc.) Cette césure entre la partie intra-muros de l'ancienne ville et les quartiers hors les murs reste par conséquent aujourd'hui encore très sensible.
Régulièrement endommagée par les nombreux sièges qu’elle a subis, Lille est toujours reconstruite. Les destructions les plus massives sont aussi les plus récentes. D’abord au cours de la Révolution et du
siège de la ville de 1792. À la vente des
biens nationaux, souvent voués à la démolition, s’ajoutent les dégâts du siège autrichien au cours duquel un grand nombre d’édifices publics ou religieux et 2 000 maisons sont endommagés tandis que 500 sont complètement détruites, en particulier dans le quartier populaire de Saint-Sauveur. La
Première Guerre mondiale, dont la ville sort exsangue après quatre années d’occupation, laisse à son tour des traces indélébiles. Les bombardements de 1914, l’
explosion de 1916, les réquisitions et la destruction des infrastructures par l’occupant laissent une ville en ruine et les baraquements dans les zones sinistrées ne disparaîtront que lentement entre 1924 et 1930. La seconde guerre mondiale se révèle moins dramatique au plan des infrastructures industrielles, mais les dommages sont néanmoins considérables : 1 675
immeubles et édifices publics ont été totalement détruits, 1 709 gravement endommagés, 2 208 plus ou moins touchés.
Image (cliquez pour agrandir) :

Les quartiers de Lille et les grands axes de la trame urbaine
Les premières opérations de restructuration à l’initiative de la puissance publique datent du
XVII siècle espagnol lorsque le Magistrat fait percer et paver de nouvelles rues et impose un nombre défini de types de constructions. C’est l’époque de l’édification de la
Vieille Bourse, de l’essentiel des bâtiments de l’
Hospice Comtesse, des bâtiments d’inspiration hollandaise (comme le
rang des Arbalétriers) et des maisons à arcures dont on trouve encore de nombreux exemples dans le vieux Lille. La seconde vague survient aussitôt après, avant la fin du siècle, lorsque
Louis XIV ordonne la construction d’un nouveau quartier dans les faubourgs annexés qui font face à la
citadelle, et se poursuit tout au long du
XVIII siècle. C’est la naissance du quartier royal, avec ses hôtels particuliers, ses maisons de premier et second rang à un étage et, plus largement, l’édification dans le centre de rangs de maisons de même hauteur à façade identique (rang du Beauregard, rang Anselme Carpentier, rangs de la rue de la Monnaie, maisons de la place aux Oignons, etc.) Une nouvelle vague, déterminante, couvre la seconde moitié du
XIX siècle après l’annexion des communes limitrophes. À la limite sud et ouest de la ville ancienne, de nouvelles avenues larges et rectilignes prennent la place des fortifications démantelées (en particulier, l’actuel boulevard de la Liberté avec la
Place de la République en son centre). La ville nouvelle est par ailleurs structurée par un quadrilatère formé par la rue Nationale, le boulevard Montebello et le boulevard Victor Hugo autour desquels se bâtissent des immeubles bourgeois. C’est l’époque de la construction de grands édifices publics (
Préfecture,
Palais des Beaux-Arts) et des quartiers universitaires, catholique dans le quartier Vauban, laïc avec l’édification du « quartier latin » lillois, le quartier Saint-Michel. C’est aussi l’époque du percement de l’actuelle rue Faidherbe, qui relie la gare à la
Grand Place, puis de l’actuelle
avenue de la RĂ©publique, qui relie Lille Ă
Roubaix et
Tourcoing, prolongée par le boulevard Carnot jusqu’à la Grand Place, et qui entraîneront d’importantes destructions de la ville ancienne. C’est enfin l’époque où la plupart des nombreux canaux à ciel ouvert disparaissent et où se met en place un système de voirie. En revanche, dans les quartiers qui échappent à ces opérations urbanistiques d’envergure, c’est le développement anarchique de l’habitat ouvrier qui se déploie à proximité d’usines qui ne cessent de grandir, soit qu’il investisse l’habitat vétuste de la vieille ville, comme dans le quartier Saint Sauveur, soit qu’il s'entasse dans des alignements de taudis le long de ruelles tracées autour d’elles, percées de cours et de courées, dans les quartiers de
Wazemmes,
Moulins,
Esquermes,
Fives et les faubourgs de
Béthune et d’Arras. Le
XX siècle, enfin préoccupé de salubrité publique, devra, pour faire face au problème récurrent du logement exacerbé par les destructions des deux guerres, composer avec cet état de fait, souvent en procédant à des destructions massives avant que ne s’impose l’idée de préservation du patrimoine. Ce sera le cas pour l’ancien quartier Saint-Sauveur, déjà partiellement démoli lors de l’édification du
nouvel hôtel de ville dans les années 1920, et complètement rasé dans les années 1960 pour faire place à de nouvelles voies et à des ensembles immobiliers modernes.
Les quartiers de Lille
Contrairement à la plupart des villes médiévales, Lille ne s’est pas développée de manière circulaire autour d’un hyper-centre, mais par la construction de quartiers entiers et en absorbant des villes avoisinantes. C'est pourquoi elle se présente plutôt comme une mosaïque de quartiers, avec chacun une physionomie et un dynamisme propre. Le
Vieux-Lille n’est que l’un d’entre eux, largement excentré vers le nord.
| Les dix quartiers de Lille |
| Bois Blancs | Situé à l'ouest de la ville, entre Lomme et Vauban Esquermes, le quartier est entouré par la Deûle et présente une importante activité portuaire. Déjà quartier-pilote pour la décentralisation municipale (première mairie de quartier en 1979), c'est ici que se trouve Euratechnologies. Ce projet, pendant d'Euralille pour l'ouest de Lille et de la Métropole, accueille déjà de nombreuses entreprises (dont Microsoft) et plusieurs centaines d'emplois. Il s'insère de plus dans un vaste projet de renouvellement urbain, « Les Rives de la Haute Deûle ». Avec 7 536 habitants, dont près de la moitié sont actifs, et une population assez jeune, le quartier des Bois Blancs est un quartier vivant « où tout le monde se connaît » dit-on. C'est là l'effet d'une situation géographique particulière et d'une vie associative animée. |
| Faubourg de Béthune | Situé au sud ouest de Lille, le Faubourg de Béthune est l’une des entrées de la ville parmi les plus fréquentées. Plus petit quartier de Lille en superficie, il est coupé en deux horizontalement par le périphérique. La partie au nord du périphérique, qui regroupe les secteurs Concorde et Verhaeren, est traversée par les anciens boulevards industriels le long desquels ont été édifiés de grands ensembles d’habitat social. Construits dès les années 1930 et jusqu'aux années 1950, ces grands ensembles sont élevés sur les anciennes fortifications du XIX siècle. La partie au sud du périphérique, celle du secteur Vieux-Faubourg, le long de l'ancienne route de Béthune, est plus ancienne. |
| Fives | Situé à l'est de Lille, entre le périphérique et Hellemmes, Fives est le produit de l’industrialisation au XIX siècle qui a fait de ce quartier « l’usine » de Lille. Pendant près de deux siècles, Fives a filé, tissé, forgé, fondu, assemblé, usiné. Le quartier a gardé de cette histoire socialement riche, une identité forte, très imprégnée de culture ouvrière. La restructuration urbaine, la percée de nouveaux axes de circulation interurbains, la construction de nouveaux logements, d’immeubles de bureaux, ont participé à l’effort de rénovation et de mixité sociale tout en permettant le maintien d’une population très attachée à son quartier. Une nouvelle place, la place Pierre De Geyter, a été aménagée au cœur de Fives, avec comme objectif de constituer un vrai centre autour de la mairie de quartier avec de nouveaux axes, des activités économiques et de nouveaux services à la population. |
| Lille-Centre | Le Centre, c'est la vitrine de Lille... Mais c'est aussi un quartier important de Lille, avec plus de 23 000 habitants. Il couvre un vaste secteur qui s'étend de la gare Saint Sauveur aux halles Solférino, jusqu'à Euralille. Ce quartier atypique offre une densité commerciale et une vie culturelle intense. Le quartier n'est pas monolithique, on distingue quatre secteurs : le noyau ancien avec l'hypercentre autour de la Grand' Place, le quartier « haussmannien » du côté de la place de la République et du boulevard de la Liberté, le secteur plus récent des années 1960 qui concentre une partie de l'habitat collectif du quartier à proximité de l'Hôtel de Ville, avec notamment la résidence Delory, et le nouveau quartier Euralille encore en cours d'aménagement. |
| Lille-Moulins | Situé au sud est de Lille, Moulins est l’un des quartiers de la ville qui s’est le plus transformé au cours de ces dernières années. Les anciennes usines textiles ont été conservées pour accueillir des logements sociaux, un théâtre, une Médiathèque et des services administratifs. La Faculté de Droit, l’Institut d'études politiques de Lille, l’Institut régional d'administration ou encore l’École d’Optique s'y sont implantés, apportant au quartier une vie étudiante forte. Ce quartier est également bien doté en clubs et équipements sportifs, culturels et de santé. Au cours des dix dernières années, plus de 2 000 logements ont ainsi été construits à Moulins. Le « Grand Projet Urbain », Porte de Valenciennes, va permettre la réhabilitation et la construction de nouveaux logements, d’équipements et d’espaces publics, dans le prolongement de la dynamique urbaine d’Euralille. |
| Lille-Sud | Situé tout au sud de Lille, de l'autre côté du périphérique, le quartier de Lille-Sud est l’un des plus importants de la ville avec plus de 20 000 habitants. Il est bordé à l’ouest par l’immense site universitaire hospitalier qu’est le CHRU et son pôle de développement économique Eurasanté, la nouvelle faculté de médecine et l’hôpital Jeanne de Flandre. Au centre, la rue du Faubourg des Postes profile son devenir de « Faubourg des Modes ». À l'est, le cimetière du sud occupe une superficie de 33 hectares. La mise en œuvre du « Grand Projet Urbain » promet le quartier à des transformations importantes en matière de logements, d’équipements et de qualité du cadre de vie dans les prochaines années. |
| Saint-Maurice Pellevoisin | Situé au nord est de Lille, à deux pas du centre-ville, d’Euralille et de la Gare de Lille-Europe, le quartier Saint-Maurice Pellevoisin dispose de nombreux atouts dont la qualité urbaine est marquée par un habitat très diversifié. Saint-Maurice Pellevoisin est situé le long des axes majeurs de la métropole lilloise que sont le Grand Boulevard, le périphérique et la Voie Rapide Urbaine Lille-Roubaix. Il est traversé et irrigué par la rue du Faubourg de Roubaix, vers le Centre, et la liaison Fives - La Madeleine, par les rues Saint-Gabriel et de la Louvière. Le sud ouest du quartier est occupé par le cimetière de l'est, d'une superficie de 22 hectares. |
| Vauban Esquermes | Situé à l'ouest, au sud de la citadelle, Vauban Esquermes est le plus jeune de tous les quartiers lillois, le plus « étudiant », avec notamment l'Institut catholique de Lille, l'EDHEC et de nombreux établissements supérieurs. C'est aussi celui qui a le plus progressé en nombre d’habitants depuis dix ans. Deux atouts du quartier sont vivement appréciés de ses habitants, d’une part sa proximité immédiate du centre-ville et d’autre part son ouverture sur les grands espaces verts (Bois de Boulogne, jardin Vauban, Zoo) qui en font le quartier le plus aéré de Lille. |
| Vieux-Lille | Situé au nord, le Vieux-Lille est sans doute – avec le Centre – le quartier le plus fréquenté et le plus connu de Lille. L’effort accompli depuis plusieurs années pour mettre en valeur son patrimoine et y créer une ambiance attrayante a fait son succès auprès des habitants mais aussi des touristes qui y viennent de plus en plus nombreux. Avec le label « Lille, ville d’art et d’histoire » ou celui de « Lille, ville touristique », l’attraction est encore plus forte. On a plaqué sur le Vieux-Lille le cliché du quartier riche, parce qu’il est proche de l’hyper-centre et qu’il est historique. Mais contrairement aux idées reçues, il présente une grande mixité sociale. |
| Wazemmes | Ce quartier ancien et populaire, bordé à l'ouest par Vauban Esquermes, au nord par le Centre et à l'est par Moulins, a su opérer une profonde mutation. Peu à peu, les friches industrielles, les usines fermées, ont été démolies ou reconquises. Ces espaces libérés ont été transformés soit en équipements collectifs, soit en logements ou en espaces verts, favorisant l’arrivée d’une population nouvelle, plus jeune et plus diversifiée, tout en maintenant la mixité sociale. Le rayonnement de Wazemmes a largement dépassé les limites du quartier et de la ville et l’on vient de loin au marché du dimanche (40 000 visiteurs chaque dimanche matin) mais aussi rue Gambetta qui draine chaque jour de nombreux visiteurs sur ses 1,2 km de linéaire commercial. |
Ă€ ces quartiers traditionnels il faut ajouter
Hellemmes Ă l'est et
Lomme Ă l'ouest,
communes associées plus récemment.
| Les deux communes associées |
| Hellemmes-Lille | Situé à l’est de la ville, dans le prolongement de Fives, Hellemmes se développe comme lui avec la révolution industrielle. Au cours de la première moitié du XX siècle, Hellemmes est une cité ouvrière organisée autour de l’immense usine de Fives Cail Babcock, des ateliers d’entretien de la SNCF et de nombreuses entreprises textiles. Fortement touché par les bombardements de la seconde guerre mondiale, confronté au déclin de ses industries à partir des années 1970, Hellemmes a connu et connaît encore actuellement d’importants programmes de construction et de rénovation urbaine. |
| Lomme | Situé à l’ouest de Lille, couvrant une surface de plus de 930 hectares, Lomme s’est dans un premier temps développé le long de la route de Dunkerque, longtemps nommée la Grand'Route, sur un territoire à forte dominante rurale. Dans les années 1920, Lomme accueille la nouvelle gare de triage de Lomme-Délivrance et la cité jardin construite par la Compagnie des chemins de fer du Nord pour y loger ses employés. Forte de 28 000 habitants, Lomme est aujourd’hui une ville résidentielle dont les réserves foncières ont permis d’accueillir le second Marché d'intérêt national du pays, une zone d’activité commerciale et le plus grand complexe cinématographique de France. |
Les
quartiers défavorisés correspondent plus particulièrement à un croissant s’étendant au sud de la ville et, ponctuellement, à l'est et à l'ouest. Les quartiers de
Moulins,
Faubourg de Béthune et
Lille-Sud sont classés
zones franches urbaines et hébergent environ 15 % de la population de la ville. À l'exception de
Moulins, ces quartiers peinent à se développer malgré les efforts de la municipalité.
Les quartiers du
Vieux-Lille, de
Wazemmes et de
Saint-Maurice Pellevoisin connaissent une évolution particulièrement dynamique. Les raisons de ces évolutions sont variées. On peut citer principalement la beauté et la richesse historique pour le
Vieux-Lille, la vivacité de la vie associative et artistique pour
Wazemmes et la proximité de nouvelles infrastructures commerciales et de transports (
Euralille,
Gare de Lille-Europe) pour
Saint-Maurice Pellevoisin.
La conurbation
Lille est située au sud d’une vaste conurbation transfrontalière. Tout au long de son histoire, Lille s’est trouvée enfermée dans ses fortifications. Des communes puissantes se sont alors développées dans les environs de la place forte, en particulier au cours de la
révolution industrielle : si, entre 1861 et 1931, Lille enregistre une croissance de 50 % de sa population, c’est un doublement que connaît sa banlieue tandis que les populations de
Roubaix et
Tourcoing se trouvent multipliées par 2,5. Aujourd'hui, selon l'
Atlas transfrontalier de l'
Insee, l'ensemble formé par l'agglomération transfrontalière lilloise comprend environ un million d'habitants côté
français et 1,2 million d'habitants si l'on intègre le semis de villes frontalières côté
belge telles que
Mouscron,
Comines,
Wervik, etc. L'agglomération multipolaire dont fait partie Lille est ainsi la quatrième
agglomération française (par sa population) derrière celles de
Paris,
Lyon et
Marseille.
Cette agglomération appartient également à une vaste
conurbation qui s’étend en
Belgique avec, notamment, les villes de
Courtrai,
Tournai,
Roulers,
Mouscron,
Ypres et
Menin, totalisant plus de 1,9 million d’habitants. Elle a donné naissance, en
janvier 2008, au premier
Groupement européen de coopération territoriale, l'
Eurométropole Lille Kortrijk Tournai.
- Sous-chapitre : Logement
En
2006, Lille compte 123 374
logements. Il s'agit, pour 29 176 d'entre eux de maisons et pour 92 244 d'appartements. La plupart des logements lillois sont des résidences principales : il y a 114 191
résidences principales, soit 92,6 % de l'ensemble des logements. On ne compte que 262
résidences secondaires et 988 logements occasionnels. Les logements vacants sont par ailleurs relativement peu nombreux (7 931, soit 6,4 %).
Parmi les résidences principales, 31 646, soit 27,7 %, sont occupées par des propriétaires. Les autres sont louées, et 25 158, soit 22 % du total des résidences principales, sont des logements
HLM. Le logement social est présent dans tous les quartiers, jusque dans le centre historique. Mais sa proportion est nettement plus forte au sud et à l'est que dans le centre résidentiel où l'ambition du projet urbain de janvier 2005 est de porter sa part à 20 %. S'agissant du nombre de
pièces des résidences principales, 22 296, soit 19,5 %, n'en ont qu'une ; 27 953, soit 24,5 %, en comptent deux ; 23 310, soit 20,5 %, en possèdent trois et 40 643, soit 35,5 %, en possèdent quatre ou plus.
Parmi les 114 191 résidences principales, la part des logements récents est importante : 49 087, soit 43 %, datent d'avant
1949 ; 29 879, soit 26 %, datent d'une période comprise entre
1949 Ă
1974 ; 16 938, soit 15 %, datent de
1975 Ă
1989 et 18 287, soit 16 %, datent de
1990 Ă 2006.
Si le confort de ces résidences principales reste variable, il a beaucoup évolué au cours des quarante dernières années. En 1968, seuls 48,6 % des logements ont un WC intérieur, 43,4 % une baignoire ou une douche, 33 % le chauffage central. En 2006, 1 996
résidences, soit 1,7 %, n'ont ni baignoire, ni douche, et 4 590 n'ont pas de pièce réservée pour ces installations. Par ailleurs, 71 938, soit 63 %, ont un chauffage central et 39 551, soit 35 %, bénéficient d'un garage ou d'un
parking.
- Sous-chapitre : Voies de communication et transports
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Piste cyclable avenue de la République qui relie Lille à Roubaix et Tourcoing
Lille dispose d’une situation géographique privilégiée. Depuis une trentaine d'années, un important réseau de transports s’est développé qui en fait aujourd’hui un carrefour
européen, particulièrement au niveau routier et ferroviaire et, dans une moindre mesure, portuaire et aéroportuaire.
Au niveau urbain, Lille dispose d’une
ceinture périphérique et d’un réseau relativement dense de voies rapides reliant la majorité des communes de l’
agglomération. Les transports en commun (
métro,
bus et
tramway) sont bien développés mais, comme dans la plupart des
métropoles, ont l’inconvénient d’être principalement en « étoile », polarisés autour de Lille.
Pour ce qui concerne la ville de Lille proprement dite (hors
Hellemmes et
Lomme), la dernière enquête de
2006 sur les déplacements fait apparaître une mobilité par habitant plutôt élevée (3,99) par rapport à la moyenne de la
Métropole. Le premier mode de déplacement est la marche à pieds qui représente 47 % des déplacements. Le second reste l'automobile avec 33 % des déplacements. Mais les lillois se déplacent relativement moins en
voiture et de moins en moins (-18 % de déplacements par personne en tant que conducteur entre
1998 et
2006). De fait, 41 % des lillois appartiennent à un ménage qui ne possède pas de voiture. En revanche, ils se déplacent plus en transports collectifs urbains (17 % des déplacements) et en
vélo (2 % des déplacements), ces deux modes de transport marquant par ailleurs une nette progression depuis la dernière enquête (+ 46 % pour les transports collectifs et + 39 % pour le vélo).
Depuis le début des années 2000, un effort relativement important de promotion des déplacements en vélo a été entrepris. Compte tenu d'un relief très peu accidenté, le vélo est en effet un mode de déplacement particulièrement adapté, tant pour les trajets courts que pour la promenade. Le réseau des
pistes cyclables totalise ainsi un peu plus de
450 km à l'échelle de la métropole et un maillage complet est prévu à l'horizon 2012.
Transports en commun
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L’
agglomération lilloise bénéficie d’un réseau de transport dense dirigé par
Transpole dont l'ancien nom était TCC.
Deux lignes du
VAL (la première inaugurée en 1983), constituant le premier réseau de métro automatique au monde et le second plus long (
45 km en 60 stations dont deux correspondances entre les lignes), desservent les principales villes jusqu’à la frontière
belge.
Deux lignes de
tramway (
22 km) permettent également de rejoindre
Roubaix et
Tourcoing depuis les deux principales
gares de Lille.
Enfin, un vaste réseau de bus complète l'offre, notamment dans les quartiers comme le
Vieux-Lille où il demeure difficile de construire une ligne de métro pour des raisons géologiques. La
Communauté Urbaine de Lille a décidé en
2005 de créer des lignes de
bus à haut niveau de service (la première «
LIANE », reliant
Ronchin Ă
Comines, a été inaugurée en
janvier 2008 et une nouvelle ligne, reliant
Loos Ă
Wattignies, a vu le jour en janvier
2010). Ces bus, aux couloirs réservés dits « en
site propre », permettent d’assurer un haut débit de transport à l’instar du système
TEOR de
Rouen, en complĂ©tant l’offre du mĂ©tro. Ils permettent Ă©galement un maillage plus fin du rĂ©seau lillois et bĂ©nĂ©ficient du programme « Clair de Lune », qui assure un service de nuit jusqu’Ă
0 h 30.
Lille Métropole Communauté urbaine réfléchit à un projet de
tram-train qui utiliserait les lignes ferroviaires de l'
agglomération pour intensifier les liaisons inter-villes et permettre à la métropole de se doter d’un réseau de transport à la hauteur de ses ambitions. Comme le tram-train, une sorte de
RER permettrait de densifier le réseau urbain dans la métropole, mais aussi d'améliorer les liaisons entre Lille et des villes comme
Douai,
Valenciennes,
Arras,
Béthune,
Lens.
Réseau ferroviaire
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Lille dispose de quatre gares ferroviaires en activité :
Liste :- la gare de Lille-Flandres, dédiée au transport express régional, aux InterCity pour la Belgique (Ostende, Anvers, Tournai, Charleroi et Liège), et aux TGV vers Paris et quelques villes de province. La façade de la gare Lille-Flandres est la façade de la première gare du Nord qui fut démontée et remontée à Lille ;
- la gare de Lille-Europe, dédiée aux TGV, avec des liaisons nationales (Lille est connectée à environ 80 villes de France grâce aux TGV) et internationales vers la Belgique (Bruxelles) et vers l'Angleterre (Londres), et, depuis 2001, des TERGV à destination de la côte maritime régionale (Dunkerque, Calais, Boulogne-sur-Mer) et d'Arras ;
- les gares de Lille-CHR et de Lille-Porte-de-Douai, dédiées au transport express régional des lignes Lille - Béthune et Lille - Lens.
L'ancienne
gare de marchandises Saint-Sauveur, construite dans les
années 1860, a cessé ses activités en
2001 au profit de la
plate-forme multimodale Delta 3 de
Dourges. Partiellement reconvertie, elle accueille depuis
2009 des halles d'exposition, un bar, un cinéma et des espaces de détente.
L'immense gare de triage de
Lomme-Délivrance, construite après la
Première Guerre mondiale, a été fermée en
2004.
L'arrivée du TGV a considérablement accru les flux de voyageurs, en particulier entre Lille et Paris : en 2006, le trafic TGV a représenté plus de 6,6 millions de passagers, dont 4,7 millions sur la ligne Lille - Paris Nord. Actuellement, un réseau dense de lignes rapides place en effet Lille à :
Une
troisième gare TGV est depuis peu à l'étude, et serait située en dehors du territoire de la commune. Elle pourrait être implantée au sud de la métropole, au niveau de
Seclin, sur la ligne Ă grande vitesse, avant la bifurcation vers
Bruxelles, afin de capter le flux de voyageurs circulant entre
Paris et le
Benelux. Intégrée aux futurs réseaux de TER et de tram-train, elle pourrait également jouer un rôle dans la desserte de l'
aéroport de Lille - Lesquin.
Réseau autoroutier
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Infrastructures autoroutières.
Lille est située au croisement de cinq axes
autoroutiers qui forme un
boulevard périphérique :
Les autoroutes autour de Lille sont gratuites. Plus précisément, l'
A25, l'
A22, l'
A23 et l'
A27 sont entièrement gratuites. L'
A1 est gratuite jusqu'Ă
Arras. Cependant, l'idée de mettre des péages autour de la ville a déjà été évoquée.
Le projet d'autoroute
A24, devant relier Lille Ă
Amiens, fait l'objet de controverses entre partisans et opposants d'un tel axe. Les premiers arguent de son utilité en tant qu'axe de déchargement de l'
A1, les seconds mettent en cause son impact écologique.
Réseau aérien
L’
aéroport de Lille - Lesquin est accessible depuis le
centre ville en un quart d’heure en
taxi. Une navette par car relie le
centre commercial Euralille (situé entre les deux gares
Lille-Flandres et
Lille-Europe) Ă l'
aéroport en une vingtaine de minutes toutes les heures.
Il s'agit du 12 aéroport
français en nombre de passagers :
Liste :- environ 970 000 passagers en 2001 ;
- près de 873 000 passagers en 2003 ;
- près de 843 000 passagers en 2005 ;
- plus de 1 000 000 de passagers en 2007 et 2008.
C'est aussi le troisième aéroport
français de fret camionné (transport de fret aérien par un véhicule routier) avec plus de 68 000 tonnes en
2007. Depuis Lille, les réseaux ferroviaire et autoroutier permettent en effet de rejoindre les grands aéroports internationaux situés dans les
capitales voisines
Londres,
Bruxelles,
Paris et
Amsterdam.
Réseau fluvial
Lille est le troisième port fluvial
français après ceux de
Paris et
Strasbourg. Le réseau de la
Deûle est connecté à un réseau fluvial régional de plus de
680 km de voies navigables dont
241 km Ă grand gabarit (par exemple l'axe fluvial
Dunkerque - Lille -
Valenciennes). La
Deûle est ouverte sur l’
Europe du nord via la
Scarpe et l’
Escaut (vers la
Belgique et les
Pays-Bas), et ouverte sur l’international, via la
Lys (vers
Dunkerque et
Calais).
Le
port de Lille est une plate-forme multimodale : fluviale, ferroviaire et routière. Il dispose d’un terminal de
conteneur qui assure un trafic de plus de 70 000
EVP par an.
Trafic total de Port de Lille| Années | 1997 | 2000 | 2003 | 2006 |
|---|
| Millions de tonnes | 5,56 | 6,68 | 7,30 | 7,83 | | Fluvial/Maritime | 8,0 % | 8,3 % | 13,3 % | 16,9 % | | Ferroviaire | 6,3 % | 4,1 % | 2,9 % | 1,6 % | | Routier | 85,7 % | 87,6 % | 83,8 % | 81,6 % |
| - Sous-chapitre : Projets d'aménagements
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Lille est actuellement concernée par trois grands projets d'aménagement :
Liste :- le Grand Projet Urbain (GPU). Il porte principalement sur l'aménagement de l'habitat social et de l'habitat ancien des quartiers de Lille-Sud et de la Porte de Valenciennes à Moulins. Il comprend notamment la construction de 3 400 logements neufs et la reconstruction ou la réhabilitation d'une douzaine d'équipements collectifs. Lancé en 2006, il devrait être achevé en 2012 ;
- l'aménagement des Rives de la Haute Deûle, entre Lomme et le quartier des Bois Blancs. Il couvre une superficie de cent hectares et est organisé autour de l’aménagement d’un centre d’activités dédié aux NTIC, qui accueille le pôle d'excellence Euratechnologies, et de la création d’un parc urbain. Initié en 2004 par la création de la ZAC des Rives de la Haute Deûle, il devrait s'achever en 2012 ;
- l'extension d'Euralille, depuis le nord de la gare Lille-Europe jusqu'à la gare de fret Saint-Sauveur. Le programme porte notamment sur l'extension du Grand Palais et l’implantation d'un casino tandis que la réalisation d'Euralille 2, qui accueille en particulier le nouvel Hôtel de Région et environ 800 logements, devrait s'achever en 2010.
Un quatrième projet engagĂ© dès 1994 se poursuit par ailleurs. Il s'agit du parc EurasantĂ©, destinĂ© Ă accueillir des entreprises dans la filière de la biologie, des biotechnologies et de la santĂ©. Le pĂ©rimètre actuel du parc est de 130 hectares qui devraient ĂŞtre portĂ©s Ă 170 hectares d'ici Ă 2020. Le programme Ă l’horizon 2015 devrait comprendre 300 000 Ă
345 000 m, de bureaux et laboratoires, mais aussi un centre de service, une résidence hôtelière et des logements.
Parmi les grands projets qui restent encore largement à définir, on peut citer la reconversion de l'emprise de l'ancienne
gare Saint-Sauveur dans le centre (environ 20 hectares), et celles des friches de
Fives Cail Babcock Ă
Fives (une vingtaine d'hectares Ă©galement) et de l'ancienne filature Mossley Ă
Hellemmes (3,2 hectares). Cette dernière a toutefois donné lieu à la création d'une
ZAC en 2006, la ZAC du Parc de la Filature, qui propose notamment la construction de 260 logements, un espace vert public de 5 000 m², une médiathèque, une crèche et une résidence-service pour personnes âgées.
Enfin, des études concernant la remise en eau de certains des anciens canaux sont en cours. Il s'agit principalement de la remise en eau de la basse Deûle dans le Vieux-Lille, actuellement avenue du peuple Belge. Une première partie devrait concerner la jonction de l'avenue, en face de l'ancien hospice général, avec le cours actuel du canal dans la ville de
Saint-André-lez-Lille. Le canal du Cirque, qui entourait la cathédrale, le canal Saint-Pierre et l'abreuvoir Saint-Jacques pourraient aussi faire partie du projet, comme la reconstruction du moulin Saint-Pierre, avec ses trois roues à aube, dont seule subsiste la façade, rue de la Monnaie.

Chapitre : Toponymie
Le nom de la ville provient de sa situation géographique : une île sur la
Deûle où la ville a été fondée. Elle est ainsi successivement nommée
Isla dans la charte de 1066,
Insula en 1104,
castro Insulano en 1177 et
Lysle en 1259. Elle sera ensuite appelée
L’Isle en
vieux français pour devenir finalement Lille.

Chapitre : Histoire
Lille possède une longue histoire et une riche tradition de résistance armée. C'est notamment la ville la plus assiégée de
France et ses canonniers constituaient une
confrérie très respectée. Voici ci-dessous les périodes et les faits historiques les plus marquants de la commune.
- Sous-chapitre : Héraldique
| Les armes de Lille se blasonnent ainsi : De gueules à la fleur de lys florencée d'argent.
Le blason de Lille date de 1199. Il porte alors une fleur de lys à cinq feuilles ou pétales. La fleur de lys à trois branches apparaît en 1235 sur la charte de Jeanne de Flandre. Ces armes figureraient la ville, lilia en latin signifiant lys, florencé pour rappeler l'iris d'eau qui poussait dans les marais qui entouraient la ville. Son dessin actuel date de 1926.
|
| Lille a connu d'autres blasons. En 1811, Napoléon Ier a donné à la ville de Lille des armes impériales : coupé d'azur et de gueules, l'azur au drapeau en lance d'argent orlé d'or ; la gueule à la ville fortifiée et bombardée, le tout d'argent au chef cousu des bonnes villes. De tels écus sont encore visibles au niveau du dôme de la Poste située place de la République et sur la façade de la préfecture (fronton de l'aile nord).
|
- Sous-chapitre : Les origines
Lille aurait, selon la légende, été fondée en
640 par
Lydéric. Toutefois elle n’apparaît dans les
archives qu’à partir du
XI siècle. Le site actuel de la ville recèle des traces d’occupation antérieure (
préhistoire, époque
gallo-romaine,
mérovingienne,
carolingienne) mais les vestiges retrouvés ne disent rien de l'
urbanisation à ces époques, même s'il semble probable qu'un
hameau existait au moins à l'époque
romaine. Il porta peut ĂŞtre le nom de
Treola (Treille en
latin), domaine
viticole mentionné à l'époque
carolingienne et vocable sous lequel la
Vierge est honorée à Lille. Les conditions de la naissance de la ville restent ainsi un sujet controversé, création
ex nihilo de
Baudouin V de Flandre pour certains, lente évolution d'un domaine rural de l'époque carolingienne pour d'autres.
- Sous-chapitre : Le Moyen Âge
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Le
comté de Flandre, dont Lille devient l'une des capitales avec
Gand,
Bruges et
Saint-Omer, est constitué progressivement à partir de
866 par
Baudouin I de Flandre.
En
1066, lorsque le
comte Baudouin V de Flandre établit la grande
charte de dotation de la
collégiale Saint-Pierre, Lille est déjà une petite ville avec
remparts, accolée à son
château fort, le
château de la Motte-Madame, et qui commence à se développer autour du faubourg marchand de la
paroisse Saint-Étienne, situé au sud du
castrum. À l'est, le
village de Fins possède, lui aussi, une
église, l'église
Saint-Maurice. Il sera intégré à Lille au cours du siècle suivant.
La ville se développe grâce à son emplacement privilégié de traversée de la
Deûle, au
blé qu’on récoltait alentour en abondance et à ses relations avec les autres villes du prospère
Comté de Flandre. Une foire au drap est ainsi fondée au
XII siècle.
En
1127 et
1128, Lille connaît ses premiers
sièges par les
armées du
Roi de France,
Louis VI de France, lors des affrontements entre
Guillaume Cliton, fils du
duc de Normandie, et
Thierry d'Alsace, comte d'
Alsace, pour la succession du
comté de Flandre.
En juin
1213, c'est
Philippe Auguste qui fait le siège de Lille et remporte la ville en trois jours. Elle est reprise par
Ferrand de Portugal en septembre de la même année, puis par
Philippe Auguste qui incendie la ville, avant de remporter, l'année suivante, la
bataille de Bouvines.
Ă€ partir de
1214,
Jeanne de Flandre s'emploie Ă reconstruire la ville et ses
fortifications. Elle fonde notamment l'
hĂ´pital Saint-Sauveur et l'
hospice Comtesse.
Lille est réunie une première fois au
domaine royal en
1304. Entre
1297 et
1304, Lille a connu trois sièges, par les armées de
Philippe le Bel d'abord, lors des affrontements qui l'opposent Ă
Guy de Dampierre, par
Jean I de Namur ensuite, lors des évènements qui font suite aux
matines de Bruges et Ă la
bataille de Courtrai (1302), puis de nouveau par
Philippe le Bel après la
bataille de Mons-en-Pévèle.
En
1369, Lille est cédée par le
Roi Charles V de France, avec
Douai et
Orchies, Ă
Philippe II de Bourgogne lorsqu'il épouse la fille de
Louis II de Flandre,
Marguerite III de Flandre. S'ouvre alors une période de prospérité au cours de laquelle Lille devient une des trois capitales des possessions du
duc de Bourgogne, avec
Dijon et
Bruxelles. Elle devient aussi un pĂ´le administratif de premier plan et accueille la Cour des comptes de l'
État bourguignon. Le premier chapitre de l'
ordre de la toison d'or est constitué à Lille en
1431.
En
1477, Ă la mort de
Charles le Téméraire,
Marie de Bourgogne épouse
Maximilien I du Saint-Empire et apporte la ville aux
Habsbourg. Lille rejoint ainsi le
Saint-Empire romain germanique et partage le destin des
Pays-Bas pendant plus de 150 ans.
- Sous-chapitre : L'époque moderne
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En
1549,
Charles Quint promulgue la
Pragmatique Sanction qui confère une large autonomie aux
Dix-sept Provinces des
Pays-Bas dont fait partie le
comté de Flandre. Elles deviennent pleinement
espagnoles en
1556, lorsque
Charles Quint transmet la
couronne d'
Espagne Ă
Philippe II d'Espagne.
Au
XVI siècle, Lille est touchée par les
guerres de religion. Dès
1533, deux
protestants sont brûlés sur la
Grand Place et trois autres décapités. Une première vague de répression survient en
1555, puis la
guerre des
Hurlus (rebelles protestants) Ă partir de
1560 ; ils tentent de prendre Lille en
1580 et
1582.
En
1581, les
sept provinces à majorité
protestantes, situées au nord des
Pays-Bas, font
sécession et constituent les
Provinces-Unies par l'
Acte de La Haye. Les
dix provinces catholiques, ou
Pays-Bas du Sud, dont Lille est l'une des capitales, restent sous le contrĂ´le de la couronne d'
Espagne.
En dépit d'une prospérité retrouvée, la première moitié du
XVII siècle est marquée par le retour de la
peste, Ă plusieurs reprises entre 1603 et 1636, et des crises de subsistance. Puis par le retour de la guerre. En
1635, la
guerre franco-espagnole éclate et les faubourgs de Lille sont ravagés par l'armée
française en
1645. Elle s'achève en
1659 par le
traité des Pyrénées qui donne l'
Artois Ă la
France tandis que Lille reste Ă l'
Espagne.
Le Roi
Philippe IV d'Espagne meurt en
1665 et
Louis XIV réclame la
Flandre au nom de son épouse, l'
infante Marie-Thérèse d'Autriche. En
1667, en huit jours (
19-
27 août), Lille est prise par les armées
françaises menées par
Sébastien Le Prestre de Vauban, simultanément avec
Douai. Son rattachement au
Royaume de France est officialisé le
2 mai 1668, par le
traité d’Aix-la-Chapelle. La même année,
Vauban commence à fortifier la ville et est nommé
gouverneur de la citadelle. En
1672,
Charles de Batz de Castelmore d'Artagnan est brièvement gouverneur de la ville.
En
1708, la
citadelle capitule devant
John Churchill Duc de Marlborough au terme de plus de trois mois de combats lors de la
guerre de Succession d'Espagne, après la
bataille d'Audenarde et la défaite française de
Wattignies. La ville reste aux mains de la coalition
européenne jusqu'aux
traités d'Utrecht de
1713.
En
1789, Lille, restée profondément
catholique, ne connaît pas de véritable
révolution populaire, bien que des
émeutes éclatent comme ailleurs. En
1790, a lieu l'installation de la première municipalité élue.
En
1792, la
Révolution française pousse les
Autrichiens, alors présents dans les
Provinces-Unies, à assiéger Lille le
20 avril. La ville est sévèrement bombardée en
septembre de la même année, mais la résistance des Lillois et la pression des
armées révolutionnaires conduisent
Albert de Saxe-Teschen Ă lever le
siège le
8 octobre.
- Sous-chapitre : L'époque contemporaine
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Au début du
XIX siècle, la ville s’industrialise : le
blocus continental stimule son
industrie textile et la ville passe de 53 000 habitants en
1800 Ă 200 000 en
1891.
En
1832, lorsque la ville est touchée par une première
épidémie de
choléra, elle compte déjà près de 70 000 habitants. La moitié de la population appartient à la
classe ouvrière. Elle est essentiellement occupée dans le travail du
coton et du
lin, pour moitié en
usine et pour moitié à domicile (dentellières, brodeuses, tisserands, cardeurs, etc.). Il s'agit d'une population pauvre qui habite principalement les quartiers de Saint-Sauveur et de
Saint-Maurice dans des conditions de logement épouvantables. Le
chômage est élevé et environ 30 % de la population lilloise est considérée comme indigente et est aidée par le Bureau de Bienfaisance.
En
1858, la ville, surpeuplée, s'étend. Elle absorbe les communes de
Wazemmes,
Esquermes,
Moulins et
Fives et un vaste programme de restructuration urbaine est entrepris afin de les intégrer et de faciliter les communications. Il se poursuit pendant près de cinquante ans.
En
1896,
Gustave Delory est le premier
maire socialiste de
France. À cette époque, Lille compte une vingtaine de
filatures occupant plus de 15 000 ouvriers, une activité de tissage plus modeste qui en occupe 5 000, une activité de confection qui en fait la première place de
France. À côté de cette prééminence des
industries du textile et de l'habillement, la
métallurgie emploie également près de 15 000 ouvriers tandis que la
chimie commence à se développer. Mais les conditions de vie de la masse de la population restent terriblement dégradées : en 1900, Lille enregistre le plus fort taux de mortalité infantile en France, de l'ordre de 30 %.
Pendant la
Première Guerre mondiale, la ville est occupée par les
Allemands d’octobre
1914 Ă octobre
1918. Durant cette période, elle est endeuillée et pour partie détruite par la violente
explosion du
dépôt de munition dit « des dix-huit ponts », dont le bruit est entendu jusqu'au milieu des
Pays-Bas. C'est à Lille que fut mis en place le principal réseau de renseignement à l'arrière des lignes allemandes. Créé fin
1914, il est dirigé par
Louise de Bettignies. Un
monument lillois rend hommage aux
fusillés de ce réseau de résistance. Les Anglais du
général Birdwood entrent dans Lille le 17 octobre 1918. Au sortir de l'occupation, la ville est ruinée, l'essentiel des équipements industriels ayant été pillés ou détruits, les infrastructures routières et ferroviaires très gravement endommagées.
En dépit de l'ampleur des reconstructions nécessaires, la période de l'entre deux-guerres reste marquée par l'incidence du développement du
machinisme sur l'emploi local et par la successions de crises conjoncturelles jusqu'au début des
années 1930, où la ville est durement touchée par la
Grande Dépression : un tiers des Lillois est dans la misère en
1935.
La prise de la
poche de Lille le
31 mai 1940 livre la ville aux
Allemands. Elle est rattachée au
commandement allemand de
Bruxelles et ne relève pas du
régime de Vichy. Totalement coupée du reste de la France, la région constitue une « zone interdite ». Elle reste profondément marquée par l’occupation allemande de la Première Guerre mondiale et des petits groupes de résistance se constituent dès juillet 1940. Après de furieux combats entre
Allemands en déroute et
Forces françaises de l'intérieur, Lille est libérée le
3 septembre 1944, de nouveau par les
Britanniques.
Après la
Seconde Guerre mondiale, la ville se reconstruit sur ses
industries traditionnelles (dont le textile) et doit affronter les crises industrielles Ă partir des
années 1970. Dans ces années de crise, le
patrimoine architectural est malmené. Il faut attendre les
années 1990 pour que les Lillois prennent conscience de sa valeur et se remettent à le promouvoir.
Dans les
années 1990, la ville se modernise (
Euralille,
LGV Nord, etc.) et joue de sa position géographique pour tenter de s'imposer comme plaque tournante du commerce entre le
Royaume-Uni, le
Benelux et la
France.

Chapitre : Politique et administration
En
2010, la commune de Lille a été récompensée par le
label « Ville Internet @@@@ ».
- Sous-chapitre : Tendances politiques
Politiquement, Lille est une ville de
gauche, les électeurs ayant majoritairement voté
socialiste et
communiste pour les
élections municipales depuis le
XIX siècle, avec notamment l'élection en
1896 de
Gustave Delory qui fut membre du
Parti ouvrier français. Depuis ce dernier, d'autres maires lui ont succédé qui, pour la plupart, se réclament d'une sensibilité de
gauche. On peut citer comme maires membres de la
Section française de l'Internationale ouvrière,
Roger Salengro,
Alexandre Bracke-Desrousseaux, suivi de Charles Saint-Venant et Denis Cordonnier. La transition entre la
SFIO et le
Parti socialiste se fit lors du
mandat du maire
Augustin Laurent qui connut depuis comme successeurs
Pierre Mauroy, l'ancien
premier ministre, et
Martine Aubry,
ministre du
Gouvernement Jospin et
Premier secrétaire du Parti socialiste.
À l’
élection présidentielle française de 2007, le premier tour a vu arriver en tête
Ségolène Royal avec 32,98 %, soit 31 574 voix, suivie de
Nicolas Sarkozy avec 26,40 %, soit 25 275 voix, suivi de
François Bayrou avec 18,53 %, soit 17 742 voix, et enfin de
Jean-Marie Le Pen avec 9,13 %, soit 8 742 voix, aucun autre
candidat ne dépassant le seuil des 5 %. Au second tour, les électeurs ont voté à 55,92 %, soit 52 874 voix, pour
Ségolène Royal contre 44,08 %, soit 41 680 voix, pour
Nicolas Sarkozy, résultat inverse de celui de la moyenne nationale qui fut, au second tour, de 53,06 % pour
Nicolas Sarkozy et 46,94 % pour
Ségolène Royal. Pour cette
élection présidentielle, le taux de participation a été très élevé. On compte alors 122 606 inscrits sur les
listes électorales lilloises. 80,04 %, soit 98 132 électeurs, ont participé aux votes, le
taux d’abstention fut de 19,96 %, soit 24 474 électeurs, 3,65 %, soit 3 578 électeurs, ont effectué un
vote blanc ou
nul et enfin 94 554 suffrages, soit 77,12 %, ont été exprimés.
- Sous-chapitre : Administration municipale
Voici ci-dessous le partage des sièges au sein du
conseil municipal de Lille :
- Sous-chapitre : Finances publiques et fiscalité
Le budget principal de la commune pour l'année 2007 s’est élevé à 274 millions d'euros pour le fonctionnement et à 101,5 millions d'euros pour l'investissement. L’investissement est constitué de 67,8 millions d’euros de dépenses d’équipement et de 32,8 millions d’euros de remboursement d’emprunt. La ville s’est en effet engagée dans une démarche de désendettement depuis 2005, et l’endettement a été ramené de 209 millions d’euros en 2004 à 159 millions d’euros en 2007, soit
727 euros par habitant, sensiblement au-dessous de la moyenne de la strate des communes de plus de 100 000 habitants (
1 078 €/hab en 2007). De fait, le montant des investissements d’équipement par habitant, soit
309 € en 2007, est généralement un peu inférieur à celui de la moyenne de la strate (
346 € en 2007). Au total, le budget de la commune ne présente pas de déséquilibre significatif et dégage régulièrement une
Capacité d'autofinancement de l’ordre de 40 millions d’euros par an (elle est exceptionnellement élevée en 2007 à 67,1 millions d’euros).
Les taux d’imposition locaux sont parmi les plus élevés de France, en particulier pour la
taxe d’habitation. Toutefois, le niveau moyen de prélèvement par habitant n’est pas très éloigné de la moyenne de la strate (soit, en 2007,
229 €/hab pour la taxe d’habitation et
251 €/hab pour la
taxe foncière sur le bâti). La
taxe professionnelle n’est pas perçue par la commune mais par la communauté urbaine (régime de la Taxe Professionnelle Unique).
Fiscalité directe 2007
| Taxe | Taux | Euros par habitant |
|---|
| d'habitation | 34,00 % | 282 |
|---|
| foncière sur le bâti | 24,03 % | 232 |
|---|
| foncière sur le non-bâti | 16,65 % | 1 |
|---|
| professionnelle | (23,78 %) | |
|---|
| Sources des données : Site du ministère de l'Intérieur, Fiscalité locale. Taxes en pourcentage de la valeur locative cadastrale |
- Sous-chapitre : Instances judiciaires et administratives
Image (cliquez pour agrandir) :
Longtemps,
Douai et Lille ont été rivales, pour la suprématie commerciale d'abord, puis administrative. Aujourd'hui, Lille est la
préfecture de la
région Nord-Pas-de-Calais et du
département du Nord. À ce titre, elle concentre la plupart des activités liées à la représentation de l’
État au niveau régional et départemental. Mais c'est
Douai qui a reçu le
Parlement de Flandres en
1713 et qui est actuellement encore le siège de la
cour d'appel de la région Nord-Pas-de-Calais.
La ville de Lille possède un
tribunal de grande instance, un
tribunal d'instance, un
tribunal correctionnel, un
tribunal de police, un
Tribunal administratif, un
tribunal des affaires de Sécurité sociale, un
Tribunal de commerce et un
Conseil de Prud'hommes. C'est aussi le siège de la Direction interrégionale des services pénitentiaires et de la
Direction départementale de la Protection judiciaire de la jeunesse.
Elle accueille également de nombreuses autres administrations, en particulier :
Principal pôle de décision de la
région Nord-Pas-de-Calais et du
département du Nord, Lille cumule également des fonctions correspondant à tous les niveaux d’organisation administrative du
territoire (
Conseil régional,
Conseil général,
communauté urbaine, etc.).
- Sous-chapitre : Extension lilloise
Image (cliquez pour agrandir) :
Lille s’est étendue en fusionnant avec des communes voisines, à plusieurs reprises :
Depuis
1970, les différents maires de Lille ont cherché la fusion volontaire et concertée des communes limitrophes. Il s’agit du projet du Grand-Lille, projet qui se base sur un constat simple, et qui sera constamment repris par
Augustin Laurent,
Pierre Mauroy puis
Martine Aubry : Lille, capitale du
Nord-Pas-de-Calais, pèse moins de 200 000 habitants sur moins de 2 500 hectares. Pour affirmer son rôle de leader, être en capacité de se développer et entraîner dans son sillage l’ensemble de la
métropole, Lille doit s’agrandir.
En
1966-
1967, la proposition d’
Augustin Laurent comprend
Ronchin,
Lezennes,
Hellemmes et
Lomme, mais les maires rejetèrent tous la proposition. En
1976,
Pierre Mauroy propose une association-fusion Ă cinq communes voisines :
Ronchin,
Hellemmes,
Lezennes,
Mons-en-Barœul et
Villeneuve-d'Ascq. Seule
Hellemmes accepte et en avril
1977, le rapprochement est officialisé.
Martine Aubry propose une association en
2000 Ă la ville de
Lomme, et le
22 février 2000, le
Conseil d'État donne le feu vert à l'association. Lille dépasse enfin les 200 000 habitants sur près de 3 500 hectares.
Depuis, l'agrandissement semble arrêté, l'absorption de nouvelles communes nécessitant désormais une ratification par
référendum des populations concernées. Lors du processus de fusion association par accord des deux maires de Lille et de
Lomme en
2000, les maires des 12 communes alentours, pour dénoncer l'absence de
dĂ©mocratie participative, ont effectuĂ© des rĂ©fĂ©rendums au sein de leurs communes sur une Ă©ventuelle fusion avec Lille. Le taux le plus Ă©levĂ© pour une fusion a Ă©tĂ© Ă
La Madeleine avec 16 % de
votes favorables.
Autre sujet de controverse, les deux dernières fusions sont dénoncées comme étant en fait un acte de
manipulation de la carte Ă©lectorale destinĂ© Ă maintenir la ville Ă
gauche et Ă©viter les risques de virement Ă
droite dus au relatif embourgeoisement de Lille au cours des dernières décennies.
- Sous-chapitre : Extension de l'influence de la ville
Dès 1905, quelques membres de la Chambre de commerce de Lille et un groupe d’ingénieurs des travaux publics lancent l’idée d’une fusion des villes de Lille,
Roubaix et
Tourcoing. Mais c’est Lille qui est engoncée dans ses fortifications tandis que Roubaix et Tourcoing sont alors au sommet d’un développement industriel qui semble sans limites. Elles ne songent pas un instant à s’unir à leur voisine et rivale. Il faudra ainsi attendre 1967 pour que le gouvernement décide seul, sans concertation des élus locaux, la création de la communauté urbaine Lille-Roubaix-Tourcoing. Depuis lors, sous l'action d'
Augustin Laurent (plusieurs fois
ministre) puis de
Pierre Mauroy dans ses différentes fonctions (
sénateur du
Nord, président de
Lille Métropole Communauté urbaine, ancien Président du
Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais et notamment ancien
Premier ministre), l’influence de Lille s'est considérablement accrue au sein de l'
agglomération puis du
département, de la
région et au-delà .
Accusée de lillo-
centralisme par ses détracteurs, Lille est aujourd'hui le siège de nombreuses institutions :
Image (cliquez pour agrandir) :
Pour certains, une confusion existe entre l'influence de Lille et celle de la
communauté urbaine, celle-ci étant renforcée par la volonté de la
communauté urbaine de communiquer uniquement sous l'appellation de
Lille Métropole (ou même de
Lille tout court) concernant les projets auxquels elle apporte son soutien. On peut citer ainsi :
Pour autant, formellement, Lille et la
communauté urbaine Lille Métropole ne peuvent être confondues, dans la mesure où, contrairement aux autres
communautés urbaines, celle de Lille a pour spécificité que la ville-phare représente moins de 20 % de la population globale.
- Sous-chapitre : Liste des cantons
Image (cliquez pour agrandir) :

Les cantons de Lille (hormis celui de
Lomme)
Lille est divisée en neuf
cantons :
Liste :- le canton de Lille-Centre est formé d’une partie de Lille (21 959 habitants), Conseillère générale : Martine Filleul Parti socialiste (PS) ;
- le canton de Lille-Est est formé d’une partie de Lille, dont la commune associée d'Hellemmes (30 154 habitants), Conseiller général : Bernard Derosier, Président du Conseil Général, Parti socialiste (PS) ;
- le canton de Lille-Nord est formé d’une partie de Lille et de la commune de La Madeleine (30 354 habitants), Conseiller général : Jean-Claude Dubus, Union pour un mouvement populaire (UMP) ;
- le canton de Lille-Nord-Est est formé d’une partie de Lille et de la commune de Mons-en-Barœul (50 878 habitants), Conseillère générale : Betty Gleizer, Parti socialiste (PS) ;
- le canton de Lille-Ouest est formé d'une partie de Lille et des communes de Lambersart, Marquette-lez-Lille, Saint-André-lez-Lille et Wambrechies (63 270 habitants), Conseiller général : Olivier Henno, Mouvement démocrate (MoDem) ;
- le canton de Lille-Sud est formé d’une partie de Lille (44 380 habitants), Conseillère générale : Marie-Christine Staniec, Parti socialiste (PS) ;
- le canton de Lille-Sud-Est est formé d’une partie de Lille et des communes de Faches-Thumesnil, Lezennes, et Ronchin (41 812 habitants), Conseiller général : Marc Godefroy, Parti socialiste (PS) ;
- le canton de Lille-Sud-Ouest est formé d’une partie de Lille (42 135 habitants), Conseiller général : Patrick Kanner, Parti socialiste (PS) ;
- le canton de Lomme est formé d’une partie de Lille (correspondant à la commune associée de Lomme) et des communes de Beaucamps-Ligny, Englos, Ennetières-en-Weppes, Erquinghem-le-Sec, Escobecques, Hallennes-lez-Haubourdin, Le Maisnil, Radinghem-en-Weppes et Sequedin (40 311 habitants), Conseiller général : Roger Vicot, Parti socialiste (PS).
- Sous-chapitre : Sécurité
L'effectif total de policiers de la circonscription de police de Lille (qui excède la seule commune de Lille puisqu'elle couvre une population de plus de 550 000 habitants) s'établissait en 2008 à 1 381 (ADS compris).
La même année, le taux de criminalité de la circonscription a été de 109,87 actes pour mille habitants, en troisième position des douze villes françaises de plus de 250 000 habitants, après
Nice (114,32) et
Marseille (114,04), au mĂŞme niveau que
Paris (109,81). Comme pour toutes les grandes villes françaises, ce taux est sensiblement plus élevé que la moyenne nationale (57,51) et que la moyenne de la région d'appartenance (61,53).
En 2008, le nombre de faits élucidés par policier s'élevait à 11,1, pour une moyenne nationale de 10,6.
- Sous-chapitre : Politique environnementale
La préoccupation environnementale n'est pas récente puisque dès les années 1860, poussée par le mouvement
hygiéniste, la ville tente notamment de déployer une politique d'espaces verts. À cette époque, un plan d'embellissement global de la ville est en particulier élaboré par le paysagiste
Jean-Pierre Barillet-Deschamps. Mais sa réalisation aurait supposé la mise en cause d'une partie des fortifications qui suscite l'opposition des militaires et il ne sera que très partiellement mis en œuvre. De même, la loi de 1919 sur l'aménagement et l'embellissement des villes restera largement lettre morte à Lille faute de moyens. Plus généralement, le développement anarchique de l'industrie et les contraintes économiques et sociales qui en résultent resteront longtemps des freins à la réalisation d'actions d'ampleur. C'est pourquoi, en dépit des besoins manifestes, l'investissement de Lille dans une véritable politique environnementale moderne n'est pas si ancien. Il s'est traduit en particulier par l'adhésion de la ville à la
Charte d'Aalborg en novembre
1995, par l'adoption d'un
Plan d'action pour le développement durable (PADD) en
mars 1999, puis par la
signature d'un
agenda 21 en
juin 2000. Le bilan de l’état d’avancement des 180 projets engagés depuis lors serait en cours de finalisation. Un grand nombre de ces initiatives s'inscrit dans le cadre plus large de la communauté urbaine et certaines sont particulièrement originales, comme par exemple le système de tri sélectif assuré par une
Société d'économie mixte, Triselec, qui associe qualité environnementale et
économie solidaire.
Lille accueille par ailleurs pour la période
2007 Ă
2010 le
Forum mondial de l’économie responsable organisé par le Réseau
Alliances en partenariat avec des institutions publiques et privées, dont la Ville de Lille et
Lille Métropole.
- Sous-chapitre : Partenariats européens et internationaux
Lille s'est engagée très tôt dans des relations de jumelages : un an après la signature du
Traité de Rome en 1957, la ville décide de mettre en place un jumelage avec une ville de chacun des cinq autres pays signataires du Traité.
Jumelages
Partenariats

Chapitre : Population et société
- Sous-chapitre : Démographie
Lille est la principale ville d'une vaste conurbation transfrontalière qui constitue l'une des zones urbaines les plus peuplées de
France et de
Belgique avec environ 1 900 000 habitants. Mais Lille, en tant que commune isolée, n'est que la dixième ville de
France et une ville
européenne de taille très moyenne.
La première expansion démographique remonte aux
XII et
XIII siècles, lorsque Lille se constitue en cité marchande : au tout début du
XIV siècle, sa population est déjà estimée à 25 000 à 30 000 habitants, si ce n'est 40 000. Les guerres et les épidémies feront ensuite parfois des ravages - à la fin du
XIV siècle, la population se serait trouvée réduite des deux-tiers, voire des trois quarts, par la famine et la
peste noire - mais le nombre des habitants se maintient globalement autour de 40 000 Ă 50 000 Ă partir du
XVII siècle. La seconde expansion vient avec la
révolution industrielle, tout au long du
XIX siècle : en moins d'un siècle, la population fait plus que tripler. Après cette très forte expansion, Lille connait trois grands chocs démographiques au
XX siècle. D’abord, celui de la
Première Guerre mondiale au cours de laquelle la population est amputée de 40 % et ramenée à 130 000 habitants. Beaucoup de ceux qui sont partis ou ont été déportés (on estime à 9 500 le nombre des déportés de la seule rafle d'avril 1916) ne rentreront pas, et en particulier les 4 442 lillois officiellement morts au combat. Ainsi, Lille ne retrouvera qu’au début des
années 2000, après l’intégration d’
Hellemmes et de
Lomme, sa population d’avant la
guerre de 1914. Ensuite, celui de la
Seconde Guerre mondiale. De nouveau, la population est ramenée à 168 000 habitants en
1941 du fait des morts, des
prisonniers et déportés et des 20 000 évacués de
1940. Là encore, beaucoup ne reviendront pas dans une ville dévastée, en proie au chômage et à une sévère crise du logement. Enfin, le choc de la
périurbanisation, commun à un grand nombre de villes à partir des
années 1960, avec en l’espèce la création de la ville nouvelle de
Villeneuve-d’Ascq. Mais à Lille, ce mouvement a certainement été accentué par la paupérisation d'une partie de la population du fait de la
crise économique liée au déclin des
industries lilloises. Ainsi, entre
1968 et
1990, Lille perd plus de 18 000 habitants en dépit de l’intégration d’
Hellemmes (soit une baisse réelle de la population de la ville de l’ordre de 20 %). Et ce n’est que dans le courant des
années 1990 que Lille retrouve une
croissance significative, due notamment à l’afflux d’une population étudiante.
L'évolution du nombre d'habitants depuis 1793 est connue à travers les recensements de la population effectués à Lille depuis cette date :
Évolution démographique de 1793 à 2007

Liste :- Depuis 1977, la population de la ville de Hellemmes entre dans le total de la population.
- Depuis 2000, la population de la ville de Lomme est comptabilisée dans le total de la population.
Leurs populations s’élevaient, en
1999, Ă 18 371 pour
Hellemmes (population totale) et 27 940 pour
Lomme (population sans doubles comptes).
Comme toutes les grandes villes
européennes, Lille a connu plusieurs vagues d'immigration, qui sont venues compenser en partie le déficit démographique après les deux conflits mondiaux. Mais la première a commencé dès le milieu du
XIX siècle lorsque, après la crise de 1845 en
Flandres belges, des milliers de familles ont franchi la frontière pour chercher du travail dans les usines textiles du Nord de la France. Sans ĂŞtre aussi importante qu’Ă
Roubaix ou
Tourcoing, la population étrangère, essentiellement
belge, représente ainsi jusqu’à 25 % de la population lilloise au cours de la seconde moitié du
XIX siècle. Entre les deux guerres, des
Italiens et déjà plusieurs milliers de travailleurs maghrébins ont contribué au repeuplement. Des
Polonais sont également venus s'installer à Lille, mais moins massivement que dans le Bassin Minier du Nord. Après la deuxième guerre mondiale, la ville connaît de nouveau une forte immigration, en provenance du sud de l'Europe (principalement d'
Italie et du
Portugal) et surtout du
Maghreb (essentiellement d'
Algérie et du
Maroc), fortement concentrée dans les quartiers sud et est de la ville, à Wazemmes, Lille-Moulins et Fives. L'immigration en provenance de
Turquie, de
Chine ou d'
Afrique noire est plus récente et de moindre ampleur. Enfin, Lille connaît actuellement une immigration de
Roms qui vivent souvent dans des conditions particulièrement précaires. Au total, les principales vagues d'immigration sont relativement anciennes. En 2006, seuls 9 311 habitants, soit 4,1 % de la population totale, sont
français par acquisition et 17 983, soit 8 % de la population totale, sont de nationalité étrangère. Parmi eux, les plus nombreux sont Marocains (5 161), majoritairement issus de la région du
Rif, et Algériens (3 779). Viennent ensuite 3 464 Européens, 3 368 Africains (hors Maroc et Algérie) et 2 211 ressortissants d'autres pays du monde.
Lille est aussi une ville jeune : la part des moins de 20 ans atteint 24 % de la population, soit un taux proche de ceux de
Marseille (23 %) et
Nantes (22 %), sensiblement supérieur à ceux de
Lyon (21 %) ou
Toulouse (19 %). D’abord en raison d'un
solde naturel (naissances - décès) relativement élevé : depuis le début des années 2000, la ville enregistre plus de 3 500 naissances domiciliées à Lille pour un peu moins de 1 600 décès. Ensuite parce que c’est une ville étudiante : 20,8 % de la population est étudiante, taux comparable à ceux de
Rennes ou
Montpellier, voire de Toulouse (17,8 %), mais très supérieur à ceux de Nantes (15,4 %), Lyon (13,8 %) ou Marseille (10,1 %). Enfin parce que c’est une ville d'actifs plutôt jeunes et où l’on ne reste pas l’âge de la retraite venu : les plus de 60 ans ne représentent que 13 % de la population de la ville, contre 18 % à Nantes, 19 % à Lyon et Toulouse, 23 % à Marseille.
L'examen de la pyramide des âges de la population lilloise en
2006 et la comparaison avec
1982 font apparaître que les classes d'âge les plus nombreuses, qui sont aussi celles qui ont le plus fortement progressé, sont 20 à 24 ans (37 574 individus) et 25 à 29 ans (26 647 individus).
Ménages de :| 1 personne | 2 pers. | 3 pers. | 4 pers. | 5 pers. | 6 pers. ou + | | Lille | 52,2 % | 26,0 % | 9,6 % | 6,6 % | 3,3 % | 2,2 % |
|---|
| Moyenne Nationale | 32,8 % | 32,6 % | 15,0 % | 12,7 % | 4,9 % | 1,9 % |
|---|
| Sources des données : INSEE |
- Sous-chapitre : Enseignement
Établissements éducatifs
Les établissements éducatifs de la commune relèvent de l'
académie de Lille qui évolue sous la supervision de l'
Inspection académique du Nord.
La commune compte 50 écoles maternelles, 51 écoles élémentaires, 21 collèges, 16 lycées généraux, neuf lycées professionnels et 1
EREA. L'
enseignement privé sous contrat y tient une part importante puisqu'il concerne neuf collèges, neuf lycées généraux et trois lycées professionnels.
Huit lycées comprennent des classes préparatoires aux grandes écoles, soit quatre lycées publics : Faidherbe (filières scientifique, économique, littéraire et commerciale), Berger (filière économique), Baggio (filières scientifique et réservée aux techniciens supérieurs), Montebello (filière scientifique) et quatre lycées privés : Saint Pierre (filière scientifique), Ozanam (filière scientifique), Saint Paul (filière économique), Notre Dame de la Paix (filière littéraire et commerciale).
Sont par ailleurs situés dans la commune des établissements de l'
Université Lille I (sciences et technologies) , de l'
Université Lille II (droit et santé), de l'
Université Lille III (sciences humaines, lettres et arts), ainsi que l'
Université catholique de Lille. Leurs laboratoires contribuent au
pôle de recherche et d'enseignement supérieur Université Lille Nord de France.
Les locaux de plusieurs écoles d'enseignement supérieur sont également situés dans la commune :
École des hautes études commerciales du Nord,
École supérieure de commerce de Lille,
École supérieure de journalisme de Lille,
Institut d'administration des entreprises de Lille,
Institut d'études politiques de Lille,
Institut d'économie scientifique et de gestion — School of Management.
Vie étudiante
Image (cliquez pour agrandir) :

L'institut catholique de Lille
Au
XVI siècle, c'est
Douai qui accueille les facultés nordistes sous l’impulsion des
monarques espagnols ; les facultés deviennent
université impériale en 1808.
À cette époque, Lille ne possède ni université, ni académie, mais seulement deux collèges enseignant les humanités : le collège de St Pierre créé en 1569 par des prêtres séculiers et le collège de la ville fondé en 1592, dirigé par des Jésuites jusqu'en 1765, puis par des prêtres séculiers jusqu'en 1791.
Cependant, au cours du
XVIIIe siècle, un enseignement artistique commence à se développer : une école publique de dessin s'ouvre en 1753, une école d'architecture en 1758 et un cours de mathématiques en 1763. Ces trois institutions fusionnent en 1766 pour donner naissance à l'Académie des Arts. De même, des sociétés savantes se créent. D'abord une société littéraire, Le Brunin, fondée notamment par
Charles-Joseph Panckoucke, libraire et éditeur de revue. Puis, en 1785, le Collège des Philalèthes, fondé par Liborio Valentino, apothicaire à Lille, et Charles-Joseph Panckoucke. Issu d'une loge maçonnique, ce collège qui enseigne les sciences et techniques est actif jusqu'à la Révolution française. Il est suivi par la
société des sciences, de l'agriculture et des arts de Lille à partir de 1802.
Mais ce n'est qu'au cours du
XIXe siècle que la vocation académique de Lille s'affirme. Une école de médecine est mise en place en 1805 ; des cours municipaux de sciences sont établis en 1817 ; un lycée est créé en 1852 ; la
faculté des sciences de Lille, dont le premier doyen est
Louis Pasteur, est fondée en 1854 ; une école publique d'ingénieurs est créée en 1854 par la municipalité de Lille et devient en 1864 l'
École impériale des arts industriels et des mines.
Dès la création de la faculté de Sciences, de nombreux bâtiments sont construits pour accueillir les étudiants entre le boulevard Jean-Baptiste Lebas et la rue Jeanne d'Arc, dans le quartier Saint-Michel. C'est là que s'établit en 1872 l’
Institut industriel du Nord devenu depuis l’
École centrale de Lille. Les bâtiments de la faculté de médecine et de pharmacie de Lille sont inaugurés par
Jules Ferry le 24 avril 1874.
Depuis 1875, il existe à Lille des facultés catholiques (droit, lettres et sciences) qui se fédèrent en 1877 sous le terme d'
institut catholique de Lille, lequel s'installe au cœur du quartier
Vauban Esquermes. Toujours présent dans ses locaux historiques, il comprend aujourd'hui six facultés :
lettres et
sciences humaines,
droit,
sciences et
techniques,
médecine et
théologie,
économie et
gestion.
Image (cliquez pour agrandir) :

La bibliothèque universitaire et la faculté des Lettres de 1895
Le 22 octobre 1887, deux décrets signés par le ministre
Eugène Spuller transfèrent les facultés douaisiennes de Lettres et de Droit à Lille, mettant un terme à trente ans de rivalités entre les deux villes. Toutes les facultés publiques sont ainsi regroupées à Lille , elles sont unifiées pour devenir l’
université de Lille, qui se développe d’abord au sein du quartier
Lille-Centre. Elle est rejointe par l’
École supérieure de commerce de Lille, fondée en 1892 ; l’
École nationale supérieure de chimie de Lille, créée en 1894 en tant qu'Institut de chimie de Lille et qui poursuit notamment les travaux pionniers de
Frédéric Kuhlmann sur les procédés de production d'acide sulfurique pour l'industrie textile ; l'
Institut Pasteur de Lille, établi en 1898 et dirigé par
Albert Calmette ; l’antenne lilloise de l’
École nationale supérieure d'arts et métiers, créée en 1900 boulevard Louis XIV.
Comme dans le reste du pays, les évènements de mai 1968 entrainent à Lille un déménagement vers des campus modernes en périphérie, de l'
École centrale de Lille en 1968, puis de l'
École nationale supérieure de chimie de Lille et de l'université entre 1970 et 1974. L’État crée alors à partir de l'université trois entités publiques axées chacune autour d’un campus spécifique :
Lille I Ă
Villeneuve-d'Ascq,
Lille II Ă
Ronchin et
Lille III Ă©galement Ă
Villeneuve-d'Ascq. Cependant, durant la dernière décennie du
XX siècle, un retour partiel dans Lille s'amorce : l'
institut d'administration des entreprises dépendant de Lille I s'implante dans le quartier du
vieux-Lille et, en 1991, l'
Institut d'études politiques de Lille s'installe dans le quartier de
Moulins où il est rejoint par la faculté de Droit à partir de 1995.
En
2006, l'agglomération de Lille était, après
Paris et
Lyon, le troisième pôle étudiant de France avec plus de 115 000 élèves, étudiants et stagiaires de plus de 15 ans. Le
PRES université Lille Nord de France comprend le
Collège doctoral européen Université Lille Nord de France, qui regroupe les six écoles doctorales du Nord-Pas-de-Calais, et rassemble 3 000 doctorants.
- Sous-chapitre : Cultes
Lille est un haut lieu du
catholicisme depuis les origines de la ville. Tout au long de son histoire, elle en a connu les excès, comme à l'époque de la
Contre-Réforme, mais aussi les avancées avec, par exemple, le
catholicisme social d'un
Philibert Vrau. C'est également une terre d'immigration qui a amené avec elle un renouveau du
protestantisme à partir du début du
XIX siècle, une petite communauté
juive au cours de la seconde moitié du
XIX siècle et une importante communauté
musulmane à partir du début du
XX siècle.
Catholiques
Dès les origines, Lille connait une vie religieuse intense qui se traduit notamment par la multiplication rapide des
paroisses : en 1280, Lille en possède déjà sept. Elle se traduit aussi par la fondation d'un
béguinage en 1240 et le développement des fondations religieuses, comme par exemple celle des
dominicains, et hospitalières, dont la plus célèbre est l'
Hospice Comtesse fondé en 1236. De grandes cérémonies religieuses ponctuent l'année liturgique, notamment autour du culte de Notre-Dame de la Treille, à laquelle une série de miracles est attribuée à partir de 1254.
Entre le milieu du
XVI siècle et le début du
XVII siècle, Lille devient un bastion de la
Contre-Réforme. Cette époque est marquée par l'arrivée des
jésuites, des
capucins, des
augustins, des
minimes, des
carmes déchaussées, des
brigittines, des
carmélites, des
urbanistes, des
célestines, des
ursulines, etc. qui partout bâtissent des couvents. En
1634, après quatre siècles de dévotion, la
Vierge Marie devient la
sainte patronne de la ville sous le
vocable de
Notre-Dame-de-la-Treille. Elle est fêtée le dimanche après la
Sainte Trinité (fin mai-début juin).
Après la Révolution française et tout au long du
XIX siècle, le militantisme catholique lillois reste très vivace. Il est notamment incarné par une bourgeoisie majoritairement monarchiste mais aussi par une partie du patronat animée d'une conception chrétienne du
corporatisme et qui est à l'origine de nombreuses initiatives comme la création de l'
Université catholique de Lille en 1875. Pourtant, ce n'est que le 25 octobre 1913 que l'
archidiocèse de Cambrai est divisé en deux pour donner naissance au
diocèse de Lille.
En 2008, Lille est élevée au rang d'archevêché métropolitain, siège de l'
archevêque qui a autorité sur les diocèses d'
Arras,
Cambrai et Lille. Actuellement, la seule
zone pastorale de Lille comprend 24 églises regroupées en neuf paroisses sur quatre
doyennés :
Liste :- le doyenné de Lille Ouest (deux paroisses et cinq églises pour 35 000 habitants);
- le doyenné de Lille Est (trois paroisses et sept églises pour 46 000 habitants);
- le doyenné de Lille Sud (deux paroisses et six églises pour 60 000 habitants);
- le doyenné de Lille Centre (deux paroisses et six églises pour 25 000 habitants).
Enfin, pour couvrir l'ensemble de la ville, il faut y ajouter la paroisse de L'Emmanuel - Lomme, Capinghem, qui comprend trois Ă©glises, dont deux Ă
Lomme.
La rue Faidherbe lors de la Braderie en 2005