Définition Wikipédia de : Légion d'honneur
| Ordre national de la Légion d’honneur | |
Croix d'officier de la Légion d’honneur | |
| Décerné(e) par | |
| Type | Distinction civile et militaire comportant 3 grades et 2 dignités |
|---|---|
| Éligibilité | Militaires ou civils |
| Décerné(e) pour | Conduite civile irréprochable et méritante ou faits de guerre exceptionnels après enquête officielle |
| Statut | Toujours décernée |
| Statistiques | |
| Création | 19 mai 1802 |
| Première attribution | 14 juillet 1804 |
| Nombre d'attribution | Le nombre maximum de « Légionnaires » est fixé à : Chevaliers : 125 000 Officiers : 10 000 Commandeurs : 1 250 Grands officiers : 250 Grands-croix : 75 Grand maître : 1 |
| Ordre de préséance | |
| Médaille supérieure | Aucune |
| Médaille inférieure | Ordre de la Libération |
Grand Croix ![]() Grand Officier Commandeur Officier Chevalier Barrettes portées sur les uniformes ![]() | |
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Première distribution des décorations de la Légion d’honneur, par l’empereur Napoléon Bonaparte le 14 juillet 1804 d’après le peintre Jean-Baptiste Debret
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Suite de l'article :
L’ordre national de la Légion d’honneur est la compagnie honorifique qui, avec le grand chancelier de l'ordre et le grand maitre, est chargé de décerner la plus haute décoration honorifique française. Elle a été instituée le 19 mai 1802 par Napoléon Bonaparte. Elle récompense depuis ses origines les mérites éminents militaires ou civils rendus à la Nation.

Chapitre : Historique
Romaine par son nom (inspirée par la Legio honoratorum conscripta de l’Antiquité), par son symbolisme (les aigles) et son organisation (seize cohortes pour la France), la Légion d’honneur rompt avec la tradition des ordres d’Ancien Régime en étant ouverte à tous, et non plus seulement aux officiers.
Comme certains y voyaient une atteinte au principe de l’égalité civique, Bonaparte, en conseil d’État justifie cette institution : « Je vous défie de me montrer une république, ancienne ou moderne, qui savait se faire sans distinctions. Vous les appelez les hochets, eh bien c’est avec des hochets que l’on mène les hommes. »
La Révolution française avait en effet aboli toutes les décorations de l’Ancien Régime : L’Assemblée Constituante avait créé la Décoration militaire, bientôt elle aussi supprimée. Sous la Convention, les généraux avaient pris pour habitude d’attribuer des armes d’honneur (fusil d’honneur, sabre d’honneur, ou encore tambour d’honneur) pour récompenser les actes de bravoure.
Le projet de loi fut discuté devant le Conseil d'État à partir du 14 floréal an X (4 mai 1802) : Bonaparte y intervient personnellement et pèse de tout son poids pour soutenir la nécessité de distinctions, pour repousser la création d'un ordre strictement militaire et pour réfuter les accusations de retour à l'Ancien Régime. Le projet fut adopté. Saisi du projet le 17 mai, le Tribunat, qui avait nommé Lucien Bonaparte rapporteur, approuva, malgré l'opposition jacobine qui craignait la restauration d'une nouvelle aristocratie et une entorse au principe révolutionnaire d'égalité. Enfin, Lucien Bonaparte, Pierre-Louis Roederer, Auguste Frédéric Louis Viesse de Marmont et Mathieu Dumas défendèrent, tant et si bien, le texte de loi qu'il fut adopté le 19 mai 1802, par le Corps législatif. La loi ne fut signée et scellée par le Premier Consul que le 9 prairial an X (29 mai 1802).
Le 14 juillet 1804 eut lieu en la chapelle des Invalides la toute première remise de Légion d’honneur par Napoléon Bonaparte aux officiers méritants au cours d’une fastueuse cérémonie officielle.
Un décret du 10 pluviôse An XIII (30 janvier 1805) ajoute la Grande Décoration dont les titulaires furent par la suite nommés « Grand Aigle », puis « grand cordon » (ordonnance du 19 juillet 1814) et enfin « grand’croix » (ordonnance du 26 mars 1816). À cette date, les appellations furent modifiées comme suit, les commandants devinrent des commandeurs, et les légionnaires des chevaliers.
L’association des mérites militaires et civils (la répartition actuelle est environ 2/3 1/3), permet à l’ordre de survivre à tous les régimes jusqu’à aujourd’hui, où on dénombre plus de 110 000 légionnaires.

Chapitre : Attributions
- Sous-chapitre : Règles d'admission
L’admission et l’avancement dans l’ordre sont prononcés dans la limite de contingents fixés par décret du président de la République pour une période de trois ans. Ces contingents sont répartis entre le président et les différents ministres qui adressent leurs propositions au grand chancelier. L’accès à l’ordre ne peut se faire dans un grade supérieur à celui de chevalier, sauf quand il s’agit d’honorer une personnalité étrangère : c’est alors en fonction du rang protocolaire des récipiendaires (ainsi le prince Albert de Monaco a été directement élevé à la dignité de grand officier de l’ordre en 1984). L’admission dans l’ordre (chevalier) comportait à sa création, une rente annuelle insaisissable de deux cent cinquante francs or. En 2009, cette rente annuelle est de :
- chevalier : 6,10 € ;
- officier : 9,15 € ;
- commandeur : 12,20 € ;
- grand officier : 24,39 € ;
- grand-croix : 36,59 €.
L’attribution est presque automatique pour les anciens ministres, les préfets honoraires, les anciens députés ou sénateurs (les ministres et parlementaires en activité sont exclus du champ sauf pour faits de guerre), les hauts magistrats et les membres du corps diplomatique. L’obtention d’une médaille d’or aux Jeux olympiques fait l'objet d'une promotion spéciale. L’armée obtient cinquante pour cent des places et les autres professions bien représentées sont les policiers, les pompiers, les élus, les hauts fonctionnaires et les représentants des cultes. Depuis le décret du 21 novembre 2008 « la dignité de grand officier appartient de plein droit aux anciens Premiers ministres qui ont exercé leurs fonctions durant deux années au moins ».
De plus, à l’origine, les descendants de trois générations successives de décorés de la Légion d’honneur obtenaient ladite décoration par l’hérédité. Cette disposition, tombée en désuétude depuis, n’a cependant jamais été abolie.
- Sous-chapitre : Féminisation de l'ordre
L'ordre est très majoritairement masculin.
- Première femme chevalier : Marie Angélique Duchemin veuve Brulon en 1851.
- Première femme officier : Rosa Bonheur en 1895.
- Première femme commandeur : Anna de Noailles en 1931.
- Première femme grand officier : l'écrivain Colette en 1953
- Première femme grand-croix : Geneviève de Gaulle-Anthonioz en 1998.
Le 31 décembre 2008, Yvette Farnoux devient la huitième femme à obtenir la distinction suprême de grand-croix.
- Sous-chapitre : Villes décorées
Article détaillé : Villes décorées de la Légion d'honneur.
- Sous-chapitre : Institutions décorées
La croix a été remise également à des régiments, des établissements d’enseignement (du supérieur comme l'École des Mines de Paris, l'École des Mines de Saint-Étienne,l’École Centrale Paris, l’École polytechnique, les Écoles Nationales d’Arts et Métiers (aujourd’hui Arts et Métiers ParisTech), l'École des Mines de Douai, l’École des chartes ou l’Université de Nancy, ou du secondaire comme le lycée Lalande de Bourg-en-Bresse, le lycée militaire d'Aix-en-Provence, ou le Prytanée national militaire de La Flèche), des communautés, des entreprises (dont la SNCF) et à une association (la Croix-Rouge française).
La préfecture de police de Paris a été décorée de la Légion d'honneur par le général de Gaulle le 12 octobre 1944, suite à l'insurrection d'une partie de ses agents, le 19 août 1944, dans la caserne de la Cité. C'est la raison pour laquelle ses agents en tenue d'honneur portent la fourragère rouge, à l'épaule gauche, les jours de cérémonie.
- Sous-chapitre : Attributions aux étrangers
La Légion d’honneur n’est pas réservée aux seuls Français : elle est aussi attribuée (hors contingent) à des chefs d’État, Premiers ministres, membres de gouvernement, ambassadeurs, hommes d'affaires ou artistes étrangers lors de leur venue en France, et à quiconque a servi les intérêts de la France. Par exemple, le 19 février 1999, le président de la République Jacques Chirac a remis l’insigne à des anciens combattants américains de la Première Guerre mondiale. Ainsi une polémique a éclaté concernant la décoration en 2006 de Vladimir Poutine, président de la Fédération russe (2001-2008), comme grand-croix de la Légion d’honneur.

Chapitre : Description
L’insigne est une étoile à cinq rayons doubles émaillés de blanc, les dix pointes boutonnées. L’étoile et les boutons sont en argent pour les chevaliers, en vermeil pour les officiers. Les rayons sont reliés par une couronne, d’argent ou de vermeil suivant le grade, émaillée de vert et composée de feuilles de chêne (à droite) et de laurier (à gauche) et dont les extrémités inférieures, entrecroisées, sont attachées par un nœud. Le centre de l’étoile présente un médaillon en or avec une tête de Cérès de profil, symbolisant la République (de Napoléon I sous les deux empires, d'Henri IV sous la Restauration et la monarchie de juillet et de Bonaparte, Consul, sous la Deuxième République), entourée d’un cercle bleu, portant les mots : RÉPUBLIQUE FRANÇAISE. L’étoile est suspendue à une couronne de feuilles (couronne impériale sous les deux empires et royale sous la Restauration et la monarchie de juillet), d’argent ou de vermeil suivant le grade, émaillée de vert et composée de feuilles de chêne (cette fois-ci à gauche) et de laurier (cette fois-ci à droite). Au revers, le médaillon d’or porte deux drapeaux tricolores avec l’inscription Honneur et Patrie (devise inchangée depuis la création de l'ordre) en exergue ainsi que la date de création de l’ordre : 29 floréal An X.
L’insigne est suspendu à un ruban rouge (que certains estiment peut-être hérité de l’ordre militaire de Saint-Louis). Il comporte une rosette pour les officiers. La dimension de l’insigne en vermeil des commandeurs, suspendu à une cravate, est de moitié plus grande que celle des deux premiers grades. La cravate de commandeur se porte toujours seul autour du cou (ce qui n’est pas le cas des autres cravates de commandeurs français : Mérite national, maritime, agricole, etc., qui peuvent être portés ensemble). Les grands officiers portent la croix d’officier accompagnée d'une plaque (vulgairement appelée « crachat ») sur le côté droit de la poitrine. Les grands-croix portent la même plaque, mais en vermeil, sur le côté gauche de la poitrine. Leur croix de vermeil, presque du double de celle des deux premiers grades, se porte en écharpe, suspendue à un large ruban rouge qui passe sur l’épaule droite.
En tenue civile, les chevaliers portent à la boutonnière un ruban rouge, les officiers une rosette rouge, les commandeurs une rosette rouge sur demi-nœud en argent, les grands officiers une rosette rouge demi-nœud moitié argent moitié or, et les grands-croix une rosette rouge sur demi-nœud en or. Le demi-nœud est familièrement appelé « canapé ».





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