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Définition Wikipédia de : Jean-Baptiste Lamarck



Jean-Baptiste de Lamarck
Jean-Baptiste de Lamarck
Portrait de Jean-Baptiste Lamarck, dans la Galerie des naturalistes de Jules Pizzetta, 1893
Naissance1 aout 1744
Bazentin (France France)
DĂ©cès18 dĂ©cembre 1829 Ă  85 ans
Paris (France France)
NationalitĂ©France France
Champsnaturaliste
Diplôméétudes chez les Jésuites d'Amiens
Distinctions1778 - élu à l'Académie des sciences




Introduction :

      Jean-Baptiste Pierre Antoine de Monet, chevalier de Lamarck (1 aoĂ»t 1744, Bazentin, Somme – 18 dĂ©cembre 1829, Paris) est un naturaliste français connu pour avoir proposĂ© le premier une thĂ©orie matĂ©rialiste et mĂ©caniste de la vie et de l'Ă©volution des ĂŞtres vivants. Il est Ă©galement un des rares Ă©volutionnistes Ă  avoir compris la nĂ©cessitĂ© thĂ©orique de l'Ă©volution des ĂŞtres vivants. Sa thĂ©orie transformiste est fondĂ©e sur deux principes :







  1. la complexification croissante de l'organisation des ĂŞtres vivants sous l'effet de la dynamique interne propre Ă  leur mĂ©tabolisme ;
  2. la diversification, ou spécialisation, des êtres vivants en de multiples espèces, sous l'effet des circonstances variées auxquelles ils sont confrontés dans des milieux variés et auxquelles ils sont contraints de s'adapter en modifiant leur comportement ou leurs organes pour répondre à leurs besoins (cette modification n'étant pas le produit de leur volonté ou de leur désir, mais toujours de cette dynamique interne propre à la vie conçue ici comme un processus où les flux de matière nécessaires à la vie structurent la matière vivante et, par suite, les organismes).
Suite de l'article :

Il est également un de ceux qui ont pour la première fois utilisé le terme de biologie pour désigner la science qui étudie les êtres vivants.


- Sommaire de la page -









Chapitre : Biographie


  - Sous-chapitre : Enfance et formation


     Il est nĂ© dans le village de Bazentin-le-Petit d'une vieille famille noble, comptant de nombreux militaires.


     Il poursuit des Ă©tudes chez les JĂ©suites d'Amiens, de 1755 Ă  1759, avant d'entamer une carrière militaire en 1761, sous le nom de Chevalier de Saint-Martin. Il devient officier sur le champ de bataille de Villinghausen, le 16 juillet de la mĂŞme annĂ©e.


     ObligĂ© de quitter l'armĂ©e en 1765, Ă  la suite d'un accident, il travaille pendant quelque temps pour un comptable, puis il se consacre Ă  des Ă©tudes de mĂ©decine et se passionne pour la botanique. En 1778, l'Imprimerie royale publie sa Flore française, oĂą il donne des clefs dichotomiques permettant Ă  chacun d'identifier les plantes. Cet ouvrage lui apporte une notoriĂ©tĂ© immĂ©diate, et lui vaut d'ĂŞtre Ă©lu Ă  l'AcadĂ©mie des sciences l'annĂ©e suivante, avec l'appui de Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon. D'abord membre adjoint, il en devient titulaire en 1783 puis, enfin, pensionnaire, en 1790, annĂ©e oĂą, spĂ©cialiste de botanique, il n'hĂ©site pas, Ă  cinquante ans, Ă  se reconvertir avec succès, en Ă©tant nommĂ© professeur d'Histoire naturelle des Insectes et des Vers au Jardin du Roi.


     Il participe, en 1793, Ă  la transformation du Jardin du Roi en MusĂ©um national d'histoire naturelle, sous l'impulsion de Lakanal. Il y devient professeur de zoologie, chargĂ© d'enseigner la zoologie des invertĂ©brĂ©s : c'est lui qui invente le mot « biologie Â» pour dĂ©signer la science des ĂŞtres vivants ; il fonde Ă©galement la palĂ©ontologie des invertĂ©brĂ©s.


     Il passera plusieurs annĂ©es Ă  Ă©tablir une classification raisonnĂ©e des animaux invertĂ©brĂ©s, qui reprĂ©sentent environ 80 % du règne animal.


     Deux ouvrages lui valent d'ĂŞtre considĂ©rĂ© comme le fondateur du [transformisme]] : Philosophie zoologique (1809) et l'introduction de l' Histoire naturelle des animaux sans vertèbres (1815-1822).


     A propos de la rĂ©ception de la Philosophie zoologique par l'empereur NapolĂ©on, Arago relate l'anecdote suivante:

L'Empereur […] passa Ă  un autre membre de l'Institut. Celui-ci n'Ă©tait pas un nouveau venu : c'Ă©tait un naturaliste connu par de belles et importantes dĂ©couvertes, c'Ă©tait M. Lamarck. Le vieillard prĂ©sente un livre Ă  NapolĂ©on.
« Qu'est-ce que cela ? dit celui-ci. C'est votre absurde MĂ©tĂ©orologie, c'est cet ouvrage dans lequel vous faites concurrence Ă  Matthieu Laensberg, cet annuaire qui dĂ©shonore vos vieux jours ; faites de l'histoire naturelle, et je recevrai vos productions avec plaisir. Ce volume, je ne le prends que par considĂ©ration pour vos cheveux blancs. — Tenez ! Â» Et il passe le livre Ă  un aide de camp.
Le pauvre M. Lamarck, qui, Ă  la fin de chacune des paroles brusques et offensantes de l'Empereur, essayait inutilement de dire : « C'est un ouvrage d'histoire naturelle que je vous prĂ©sente Â», eut la faiblesse de fondre en larmes.

     Il fut quatre fois veuf, et devint aveugle pendant les dix dernières annĂ©es de sa vie.

  - Sous-chapitre : La fin de sa vie


     Durant plus d'un siècle, la plupart des textes historiques Ă©voquent la misère de la fin de la vie de Lamarck. Pour Jean-Henri Humbert (1887-1967), Lamarck « dĂ©nuĂ© de ressources Â» doit cĂ©der son herbier au botaniste allemand Johannes August Christian Roeper (1801-1885). Plus près de nous, pour Jaussaud et Brygoo, « [Lamarck est] mort pauvre dans son logis du MusĂ©um Â». L'Ă©tude de Michel GuĂ©dès sur les revenus de Lamarck montre que celui-ci cumulait divers revenus (comme son traitement de professeur du MusĂ©um, ses revenus de l'AcadĂ©mie des sciences, de la vente de ses ouvrages, etc.) qui atteignait la somme de 9 500 F de l'Ă©poque. Ses revenus n'Ă©galaient certes pas ceux de Cuvier (puisque ceux-ci atteignait 41 200 F), mais lui permirent de vivre de façon tout Ă  fait correcte.


     Il meurt le 18 dĂ©cembre 1829, Ă  l'âge de 85 ans, dans sa maison au MusĂ©um. Ses restes sont jetĂ©s Ă  la fosse commune du cimetière Montparnasse. Comme Ă©voquĂ© ci-dessus, c'est pour certains auteurs le signe de sa misère. Pour Laurent, il faut mettre cela « sur le manque de piĂ©tĂ© filiale Â» de son fils, Auguste.






Chapitre : Travaux scientifiques


  - Sous-chapitre : L'invention de la biologie


     Le terme « biologie Â» (du grecs bios (βιος), « vie Â», et logos (λογος), « science Â») a Ă©tĂ© inventĂ© au dĂ©but du XIX siècle (en 1802), notamment par Lamarck :

« Tout ce qui est gĂ©nĂ©ralement commun aux vĂ©gĂ©taux et aux animaux, comme toutes les facultĂ©s qui sont propres Ă  chacun de ces ĂŞtres sans exception, doit constituer l'unique et vaste objet d'une science particulière qui n'est pas encore fondĂ©e, qui n'a mĂŞme pas de nom, et Ă  laquelle je donnerai le nom de biologie. Â»

     Jean-Baptiste Lamarck est le fondateur de la biologie en tant que science de la vie ou science des ĂŞtres vivants. Il est parmi ceux qui ont inventĂ© le mot, mais surtout, il comprend la biologie comme une science Ă  part entière, comme une science autonome : c’est-Ă -dire une science distincte non seulement de la physique et de la chimie, mais aussi de la taxonomie, de l’anatomie, de la physiologie et de la mĂ©decine. Pour Lamarck, la biologie a pour but d’étudier les caractères communs aux animaux et aux vĂ©gĂ©taux, caractères par lesquels ils se distinguent des objets inanimĂ©s.


     Pendant longtemps - et mĂŞme encore aujourd'hui - on a rĂ©duit le système de Lamarck Ă  la seule hĂ©rĂ©ditĂ© des caractères acquis et aux effets de l'usage et du non-usage des organes des ĂŞtres vivants ; autrement dit seulement Ă  une thĂ©orie de l'adaptation. Cela est probablement du au "plus grave dĂ©faut du plan de la Philosophie Zoologique" , son principal ouvrage. Dans la première partie, Lamarck expose son transformisme, qui ne peut en fait se comprendre sans la biologie gĂ©nĂ©rale exposĂ©e dans la seconde partie. Pour bien faire comprendre son système, il aurait fallu qu'il commence par la seconde partie. Or, bien souvent seule la première partie de l'ouvrage a Ă©tĂ© publiĂ©e et lue. C'est aussi probablement ce qui a valu Ă  la thèse de Lamarck d'ĂŞtre assimilĂ© au vitalisme.


     Lamarck commence par constater qu’il existe un « hiatus immense Â» entre les « corps physiques Â» et les « corps vivants Â». A partir de lĂ , il cherche Ă  dĂ©terminer la spĂ©cificitĂ© des ĂŞtres vivants par rapport aux objets inanimĂ©s qu’étudie la physique. Cette spĂ©cificitĂ© rĂ©side selon lui dans l’organisation de la matière qui constitue les ĂŞtres vivants. Mais cet « ordre de choses Â» n’est pas fixe et dĂ©terminĂ© une fois pour toute (comme dans une machine), car l’être vivant naĂ®t, se dĂ©veloppe et meurt. Cette organisation est donc plus qu’une auto-organisation de la matière sous l’effet des contraintes extĂ©rieures (comme par exemple dans la formation d’un cristal de neige), elle est aussi auto-catalytique, c’est-Ă -dire qu’elle engendre elle-mĂŞme les conditions propres Ă  son dĂ©veloppement. Lamarck explique cette dynamique interne comme Ă©tant le produit de fluides qui en se solidifiant constituent les organes qui canalisent et accĂ©lèrent la circulation des fluides et ainsi de suite, permettant le dĂ©veloppement de l’organisme en son entier.


     Sa thĂ©orie sur ce point comprend trois Ă©lĂ©ments essentiels, issus de la biologie mĂ©caniste des XVIIe et XVIIIe siècles : des « parties contenantes Â» (les tissus), des « fluides contenus Â» (le sang, la lymphe, etc.), et une « cause excitatrice Â» qui provoque le mouvement des fluides dans les parties contenantes. Cette division en parties contenantes et fluides contenus (ce que Claude Bernard nommera plus tard le « milieu intĂ©rieur Â» de l’être vivant) signifie qu’un ĂŞtre vivant est essentiellement une masse de matière plus ou moins souple. La nouveautĂ© tient Ă  ce que, au lieu de se faire dans des tuyaux dĂ©jĂ  en place, le mouvement des fluides organise en parties diffĂ©renciĂ©es le tissu originellement indiffĂ©renciĂ©.


     L’organogenèse se fait par le mouvement des fluides qui se fraient des passages au sein du « tissu cellulaire Â» (c’est-Ă -dire le tissu conjonctif aujourd’hui), le compriment et provoquent la formation de membranes. En retour, cette organisation facilite et active le mouvement des fluides ; activation qui accroĂ®t l’organisation et la diffĂ©renciation des parties, et ainsi de suite (Ă  quoi s’ajoute une excitabilitĂ© du tissus qui, chez les animaux, exacerbe le mouvement organisateur).


     Il reprend en cela l’embryogenèse de Descartes – laquelle est radicalement Ă  l’opposĂ© de son idĂ©e d’animal-machine – qu’il augmente des connaissances physiologiques de son temps. Lamarck, avant toute chose expose ainsi une thĂ©orie physique des ĂŞtres vivants Ă  partir de laquelle il Ă©labore ensuite une thĂ©orie de la transformation et de l’évolution des ĂŞtres vivants. Cette dernière consiste en deux tendances opposĂ©es, d’une part la complexification sous l’effet de la dynamique interne, qui enrichit les organismes d’organes et de fonctions nouvelles, et d’autre part une tendance Ă  l’adaptation qui diversifie les organismes en fonction des circonstances qu’ils rencontrent.


     (a suivre...)

  - Sous-chapitre : La nĂ©cessitĂ© thĂ©orique de l'Ă©volution


     Lamarck cherchait Ă  comprendre ce qui diffĂ©rencie les ĂŞtres vivants des objets inanimĂ©s Ă©tudiĂ©s par la physique. En effet, l’existence mĂŞme des ĂŞtres vivants atteste le fait de l’évolution parce que leur prĂ©sence ne pourrait rĂ©sulter du seul jeu actuel des phĂ©nomènes physico-chimiques. Par exemple, un flocon de neige ou n’importe quel cristal de glace est le produit de circonstances atmosphĂ©riques particulières (humiditĂ© de l’air, tempĂ©rature, etc.) Ă  un instant donnĂ©, et il disparaĂ®tra avec elles. Le flocon de neige est le produit du seul jeu actuel des conditions atmosphĂ©riques, et dès que celles-ci se modifient, il se transforme en consĂ©quence ; Ă©ventuellement commence Ă  fondre. Le flocon de neige est tout entier le jouet des circonstances qui l’environnent immĂ©diatement, il ne possède en lui-mĂŞme aucune activitĂ© autonome qui puisse maintenir son organisation, au contraire d’un ĂŞtre vivant.


     N’importe quel ĂŞtre vivant, mĂŞme les plus simples actuellement connus (et ils sont forts diffĂ©rents et certainement dĂ©jĂ  beaucoup plus complexes que les tous premiers ĂŞtres vivants apparus il y a environ 3,5 milliards d’annĂ©es), ne peuvent se former spontanĂ©ment Ă  partir des circonstances actuelles. Non seulement il n’y pas de gĂ©nĂ©ration spontanĂ©e de mammifères Ă©voluĂ©s, comme des souris ou des rats Ă  partir de vieux chiffons, comme on le pensait encore au XVIII siècle, mais il n’y en a pas non plus de bactĂ©ries les plus simples, comme Pasteur l’a Ă©tabli plus tard.


     Tout ĂŞtre vivant naĂ®t Ă  partir d’un ĂŞtre vivant. De lĂ , s’il existe des organismes plus complexes que d’autres (ne serait-ce que des ĂŞtres pluricellulaires, qui ont une organisation diffĂ©rente des ĂŞtres unicellulaires, comme les bactĂ©ries), c’est nĂ©cessairement qu’il y a eu une histoire pour en arriver lĂ , c’est-Ă -dire une Ă©volution des espèces.


     Autrement dit, l’idĂ©e d’évolution est avant tout une nĂ©cessitĂ© thĂ©orique pour comprendre la prĂ©sence des ĂŞtres vivants complexes, c’est-Ă -dire des ĂŞtres vivants qui ne sont pas seulement le produit du jeu actuel des phĂ©nomènes physico-chimiques, mais Ă©galement le produit d’une construction et d’une Ă©laboration historique de ces phĂ©nomènes en une organisation de plus en plus complexe et diffĂ©renciĂ©e.


     Lamarck avait le premier compris ce point. Darwin, que l'on oppose souvent Ă  Lamarck, lui qui cherchait avant tout Ă  dĂ©couvrir L'Origine des espèces, c'est-Ă -dire Ă  comprendre comment les ĂŞtres vivants s'adaptent Ă  leurs conditions d'existence sans faire intervenir les "crĂ©ations spĂ©ciales", les explications crĂ©ationnistes de William Paley. Et il est curieux de voir qu'encore aujourd'hui, cet argument puissant en faveur de l'Ă©volution n'est toujours pas compris de la plupart des Ă©volutionnistes.

  - Sous-chapitre : La thĂ©orie de la transmission des caractères acquis

Article dĂ©taillĂ© : Transmission des caractères acquis.



Image (cliquez pour agrandir) :

Statue par Léon Fagel, sur le monument érigé en 1908 par souscription universelle au Jardin des Plantes de Paris.



     L'histoire de la biologie a fait de Lamarck l'auteur d'une « thĂ©orie de la transmission des caractères acquis Â». La transmission des caractères acquis Ă©tait pourtant admise depuis Aristote et jusqu'Ă  August Weismann, qui, Ă  la fin du XIX siècle, la rejettera plus pour des raisons thĂ©oriques qu'il ne la rĂ©futera expĂ©rimentalement. Lamarck, dans toute son oeuvre, ne propose aucune thĂ©orie de l'hĂ©rĂ©ditĂ©, il ne fait que reprendre les idĂ©es courantes chez les savants de son Ă©poque sur le sujet. Lamarck n'a, pas plus que ces prĂ©dĂ©cesseurs, thĂ©orisĂ© cette transmission, il n'a fait que l'intĂ©grer Ă  sa propre thĂ©orie de l'Ă©volution.

« 4° loi : Tout ce qui a Ă©tĂ© acquis, tracĂ© ou changĂ© dans l'organisation des individus pendant le cours de leur vie, est conservĂ© par la gĂ©nĂ©ration, et transmis aux nouveaux individus qui proviennent de ceux qui ont Ă©prouvĂ© ces changements. Cette loi, sans laquelle la nature n'eĂ»t jamais pu diversifier les animaux, comme elle l'a fait, et Ă©tablir parmi eux une progression dans la composition de leur organisation et dans leurs facultĂ©s, est exprimĂ©e ainsi dans ma Philosophie zoologique (vol. I, p.230). « Tout ce que la nature a fait acquĂ©rir ou perdre aux individus par l'influence des circonstances dans lesquelles leur race se trouve depuis longtemps exposĂ©e, et, par consĂ©quent, par l'influence de l'emploi prĂ©dominant de tel organe, ou par celle d'un dĂ©faut constant d'usage de telle partie, elle le conserve, par la gĂ©nĂ©ration , aux nouveaux individus qui en proviennent, pourvu que les changements acquis soient communs aux deux sexes, ou Ă  ceux qui ont produit ces nouveaux individus. Â» Cette expression de la mĂŞme loi offre quelques dĂ©tails qu'il vaut mieux rĂ©server pour ses dĂ©veloppements et son application, quoiqu'ils soient Ă  peine nĂ©cessaires. En effet, cette loi de la nature qui fait transmettre aux nouveaux individus, tout ce qui a Ă©tĂ© acquis dans l'organisation, pendant la vie de ceux qui les ont produits , est si vraie, si frappante, tellement attestĂ©e par les faits, qu'il n'est aucun observateur qui n'ait pu se convaincre de sa rĂ©alitĂ©." Histoire naturelle des animaux sans vertèbres (p 62) Â»

     Par contre, c'est Charles Darwin, dans La variation des animaux et des plantes sous l'effet de la domestication (1868), qui thĂ©orisera cette transmission des caractères acquis.


     Lamarck fut aussi un grand novateur en affirmant, en 1809, dans Philosophie zoologique, livre oĂą il dĂ©veloppe sa thĂ©orie transformiste, que les organismes Ă©voluaient. En examinant des petits mollusques fossiles, il constate une modification au cours des âges de leurs caractĂ©ristiques physiques. Il est l'un des premiers Ă  s'interroger officiellement sur ce facteur. Sa thèse est que les individus s'adaptent pendant leur vie, notamment en utilisant plus ou moins certaines fonctions organiques, qui se dĂ©veloppent ou s'attĂ©nuent en rapport avec l'usage ou le non-usage des organes.


     Cependant, Charles Darwin a fait peu de cas des idĂ©es de Lamarck. Avec d'autres darwiniens qui lui succĂ©deront, il contribuera grandement Ă  dĂ©considĂ©rer Lamarck aux yeux des biologistes. Pourtant, c'est Ă  Lamarck que l'on doit la première vĂ©ritable ThĂ©orie de l'Ă©volution des espèces formalisĂ©e - et non Ă  Darwin, qui proposera un mĂ©canisme - celui de la variation alĂ©atoire et de la sĂ©lection naturelle, Ă  partir duquel les scientifiques allaient forger la thĂ©orie que l'on appliquera Ă  toute l'Ă©volution du vivant suite aux dĂ©couvertes sur l'ADN par Friedrich Miescher qui, si elles ne remettent pas encore en question la thĂ©orie lamarckiste des "caractères acquis", purent permettre de donner plus de sens Ă  la fois aux thĂ©ories de Darwin et de Lamarck sur l'Ă©volution des ĂŞtres vivants.


     Un des clichĂ©s les plus rebattus sur les idĂ©es de Lamarck est certainement celui sur la Girafe : une girafe qui Ă©tirait son cou toute sa vie pour atteindre les branches d'un arbre aurait une descendance avec un cou plus long. Darwin et d'autres auteurs anglo-saxons semblent en avoir dĂ©duit que c'Ă©tait la volontĂ© de l'animal qui Ă©tait Ă  l'origine de la transformation de certains organes. Cette mauvaise interprĂ©tation des idĂ©es de Lamarck, inspirĂ©e par L'Eloge funèbre Ă©crit par Cuvier, semble venir d'une erreur dans la traduction anglaise de la Philosophie zoologique, oĂą l'idĂ©e que l'effort rĂ©sultant des habitudes dans la satisfaction des besoins de l'ĂŞtre vivant a Ă©tĂ© improprement traduit par le terme dĂ©sir.


     Voici ce qu'Ă©crit Lamarck Ă  propos de la girafe :

« Relativement aux habitudes, il est curieux d'en observer le produit dans la forme particulière et la taille de la girafe (camelo-pardalis) : on sait que cet animal, le plus grand des mammifères, habite l'intĂ©rieur de l'Afrique, et qu'il vit dans des lieux oĂą la terre, presque toujours aride et sans herbage, l'oblige de brouter le feuillage des arbres, et de s'efforcer continuellement d'y atteindre. Il est rĂ©sultĂ© de cette habitude, soutenue, depuis longtemps, dans tous les individus de sa race, que ses jambes de devant sont devenues plus longues que celles de derrière, et que son col s'est tellement allongĂ©, que la girafe, sans se dresser sur les jambes de derrière, Ă©lève sa tĂŞte et atteint Ă  six mètres de hauteur (près de vingt pieds). Â»

— Lamarck, [PZ, p. 256]


     Pour certains, les travaux actuels de l'Ă©pigĂ©nĂ©tique pourraient rĂ©habiliter, au moins partiellement, les thèses de Lamarck (voir article Transmission des caractères acquis).






Chapitre : Postérité







Chapitre : Annexes


  - Sous-chapitre : Liste partielle des publications


     Voici la liste sĂ©lective des Ĺ“uvres et ouvrages disponibles en ligne au format texte :

  - Sous-chapitre : Sources

    Liste :
  • Michel GuĂ©dès (1982). Les revenus de Lamarck, Histoire et Nature, 21 : 49-60. (ISSN )
  • Henri Jean Humbert (1946). L’œuvre botanique de Lamarck dans le cadre de son temps, Bicentenaire de J.-B. de Monet de Lamarck (1744-1829), 7, MusĂ©um national d’histoire naturelle de Paris, collection Publications du MusĂ©um : 17-22.
  • Philippe Jaussaud et Édouard R. Brygoo (2004). Du Jardin au MusĂ©um en 516 biographies, MusĂ©um national d’histoire naturelle de Paris : 630 p. (ISBN 2-85653-565-8)
  • Goulven Laurent (2001). La Naissance du transformisme. Lamarck entre LinnĂ© et Darwin, Vuibert (Paris) et ADAPT (Paris) : 151 p. (ISBN 2-7117-5348-4)
  • LĂ©on Szyfman (1982). Jean-Baptiste Lamarck et son Ă©poque, Masson (Paris) : xxiii + 448 p. (ISBN 2-225-76087-X)

  - Sous-chapitre : Orientation bibliographique

    Liste :
  • Pietro Corsi (2001). Lamarck. Genèse et enjeux du transformisme. 1770-1830, CNRS Éditions : 434 p. (ISBN 2-271-05701-9)
  • AndrĂ© Pichot (1997). Histoire de la notion de vie, Ă©d. Gallimard, coll. « TEL Â» : 980 p. (ISBN 2070731367), chapitre 7 « Lamarck et la biologie Â».

  - Sous-chapitre : Articles connexes

  - Sous-chapitre : Liens externes

    Liste :
  • Oeuvres et rayonnement de Jean-Baptiste Lamarck. Ce site web, créé et rĂ©alisĂ© sous la direction du Pietro Corsi (universitĂ© d'Oxford), prĂ©sente la vie et l'Ĺ“uvre de Jean-Baptiste Lamarck. Il permet de consulter la liste des Ă©lèves de Lamarck, plus de 900, ayant suivi des cours au MusĂ©um d'histoire naturelle de Paris, l'ensemble de ses ouvrages, la totalitĂ© de ces manuscrits (soit plus de 11000 folios) et la totalitĂ© de son herbier (plus de 20000 planches). Il est rĂ©alisĂ© par le Centre de Recherche en Histoire des Sciences et des Techniques avec le soutien financier du CNRS, qui hĂ©berge le site, et de la CitĂ© des Sciences et de l'Industrie ; du Centre Alexandre-KOYRE (EHESS) ; de l'universitĂ© Paris I, PanthĂ©on Sorbonne ; de l'École Normale SupĂ©rieure ; du MusĂ©um national d'histoire naturelle ; de l'universitĂ© de Cassino, Italie ; de l'Espace Pierre-Mendès-France, centre de culture scientifique de Poitou-Charentes ; de l'Institut culturel italien de Paris ; ainsi que d'un soutien financier important de la fondation ARS-Cuttoli-Paul Appell, placĂ©e sous l'Ă©gide de la Fondation de France.
  • Jardins de Valloires.com. Les Jardins de Valloires dans la Somme ont dĂ©diĂ© 6 000 m au travail de Lamarck.
  • L'origine bĂ©arnaise de la famille de Lamarck (Article paru le 10 octobre 1909 dans la Revue Scientifique).
  • EncyclopĂ©die de la Botanique de Lamarck : les 1000 planches reprĂ©sentant les 2900 espèces de la botanique de Lamarck en ligne.
  • La biologie et le transformisme de Lamarck RĂ©sumĂ© de la thĂ©orie de la vie et de l'Ă©volution selon Lamarck.
  • Lamarck, fondateur de la biologie et prĂ©curseur du transformisme par Ivo Rens dans Le Courrier (quotidien Suisse) du mardi 7 juillet 2009.





Chapitre : Notes et références


  1. ↑ Szyfman (1982) : 4.
  2. ↑ Arago, Histoire de ma jeunesse, 1846, chapitre 46.
  3. ↑ Humbert (1946) : 21.
  4. ↑ Jaussaud et Brygoo (2004) : 324.
  5. ↑ CitĂ© par Laurent (2001) : 134-136.
  6. ↑ Le salaire moyen de l'ouvrier Ă©tait de 1000 F, cf. Laurent (2001) : 135.
  7. ↑ Laurent (2001) : 136.
  8. ↑ Présentation d'André Pichot à la Philosophie Zoologique de Lamarck, éd. Flammarion GF, 1994.
  9. ↑ André Pichot, Histoire de la notion de gène, éd. Flammarion, 1999, p. 251.
  10. ↑ Cf. André Pichot, Histoire de la notion de vie, 1993.
  11. ↑ Cf. André Pichot, Histoire de la notion de vie, éd. Gallimard, coll. TEL, 1993.
  12. ↑ AcadĂ©mie d'Amiens, « CitĂ© Scolaire Lamarck Â». ConsultĂ© le 27 mai 2009

     


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