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Définition Wikipédia de : Jacques Rohault






Image (cliquez pour agrandir) :

Jacques Rohault
Gravure par Étienne Jehandier Desrochers.






Introduction :

      Jacques Rohault, nĂ© en 1618 (ou peut-ĂŞtre vers la fin de 1617) Ă  Amiens et mort le 27 dĂ©cembre 1672 Ă  Paris, est un physicien français qui prĂ©cisa et vulgarisa par des expĂ©riences remarquables la physique cartĂ©sienne et contribua au dĂ©clin de l'aristotĂ©lisme.







- Sommaire de la page -









Chapitre : Biographie


Suite de l'article :

Jacques Rohault Ă©tait le fils d'Ambroise Rohault, riche marchand de vin d'Amiens et marguillier de la paroisse Saint-Germain, et d'Antoinette de Ponthieu. Il fit des Ă©tudes classiques chez les jĂ©suites et apprit la gĂ©omĂ©trie en autodidacte. Il s'Ă©tablit professeur de mathĂ©matiques Ă  Paris. Son enthousiasme et ses talents de vulgarisateur lui attirèrent une clientèle de plus en plus nombreuse : Claude Clerselier fut son Ă©lève ; Bossuet lui obtint la charge de professeur de mathĂ©matiques et de philosophie du Dauphin, et il enseignait les mathĂ©matiques aux princes de Conti. La matière de ces cours Ă©tait :


    Liste :
  • les six premiers livres d'Euclide
  • l'arithmĂ©tique
  • la trigonomĂ©trie et les triangles sphĂ©riques
  • les mathĂ©matiques pratiques, c'est-Ă -dire la gĂ©odĂ©sie, l'arpentage et le jaugeage
  • les fortifications
  • les machines simples : treuil, levier, coin
  • le dessin en perspective

     Il Ă©tudia la philosophie Ă  Paris, peut-ĂŞtre avec Clerselier, dont il Ă©pousa une fille, Geneviève, en 1663 après la mort de sa première femme, Nicole Filassier, et dĂ©couvrit ainsi les idĂ©es de Descartes. Il Ă©tait membre de l'acadĂ©mie de Montmor. En dĂ©cembre 1656, dĂ©jĂ  cĂ©lèbre, il rĂ©pĂ©ta Ă  Notre-Dame en prĂ©sence d'un public nombreux les expĂ©riences baromĂ©triques que Blaise Pascal avait faites Ă  la tour Saint-Jacques.


     Devant l'affluence Ă  ses leçons, il organisa chez lui des sĂ©ances publiques hebdomadaires, les « mercredis de Rohault Â», Ă  partir de l'annĂ©e suivante. Il s'agissait d'expĂ©riences commentĂ©es, souvent nouvelles et originales, oĂą ses talents d'expĂ©rimentateur et d'homme de spectacle trouvaient Ă  s'exprimer. Plusieurs tĂ©moignages montrent qu'il Ă©tait familier du travail des mĂ©taux et du verre, et donc proche des savoirs d'artisan : il aimait certainement, dit Paul Mouy, « pĂ©nĂ©trer les secrets de fabrication Â». Parmi les expĂ©riences qu'il donnait au public, on trouve :

    Liste :
  • inspirĂ©es par le TraitĂ© du Vuide de Blaise Pascal, des expĂ©riences originales montrant la pesanteur de l'air ;
  • inspirĂ©es par les MĂ©tĂ©ores de Descartes, des expĂ©riences sur la dispersion de la lumière ;
  • des recherches personnelles sur des curiositĂ©s de l'Ă©poque : l'attraction des aimants, les larmes bataviques.

     Ces expĂ©riences se dĂ©roulaient de la façon suivante : Rohault prĂ©sentait les phĂ©nomènes de façon Ă  susciter des explications contradictoires de la part du public. Puis, par des contre-expĂ©riences et un raisonnement, il amenait Ă  sa propre conclusion. Malebranche tĂ©moigne : « Il n'y avait pas de sĂ»retĂ© Ă  le pousser (...) car tout le monde sait avec quelle justesse et avec quelle force ce savant homme repoussait les coups qu'on voulait lui porter, et qu'avec deux ou trois paroles prononcĂ©es sans chaleur et sans mouvement, il abattait l'imagination de ceux qui, tout plein d'eux-mĂŞmes, croyaient le couvrir de confusion Â»


     Ces mercredis eurent un succès prodigieux : « il s'y trouvait des personnes de tout âge, de tout sexe et de toute condition Â». Par Rohault, la physique cartĂ©sienne devint Ă  la mode et faisait fureur dans les salons.


     Ă€ partir de 1664, Rohault s'impose comme le chef de file de la science cartĂ©sienne. En 1667, ayant Ă  organiser les festivitĂ©s qui accompagnaient le retour en France des cendres de Descartes, il imagina, non sans habiletĂ©, de faire prononcer le second Ă©loge du savant par le chanoine Foucher, demi-adversaire du cartĂ©sianisme.






Chapitre : Le Traité de physique (1671)



     Cet ouvrage au succès exceptionnel se distingue des livres de physique antĂ©rieurs par la place donnĂ©e Ă  l'expĂ©rimentation : les faits y prĂ©cèdent les explications. Bien que les idĂ©es sous-jacentes soient pour l'essentiel tirĂ©es de la Dioptrique et des MĂ©tĂ©ores de Descartes, Rohault a eu le souci d'expliquer des phĂ©nomènes nouveaux : la capillaritĂ©, le magnĂ©tisme.


     Le livre comporte quatre parties :

    Liste :
  • L'exposĂ© des principes de la physiques, tirĂ©s des idĂ©es cartĂ©siennes sur l'Ă©tendue et le mouvement. Rohault en dĂ©duit les lois gĂ©nĂ©rales de l'hydrostatique, de l'optique, de la dĂ©formation des solides. Rohault dĂ©veloppe une thĂ©orie du choc un peu diffĂ©rente de celle de Descartes.
  • Une cosmographie, oĂą Rohault, après avoir exposĂ© les doctrines traditionnelles (PtolĂ©mĂ©e, Tycho Brahe) prend parti pour le système de Copernic.
  • Une physico-chimie des Ă©lĂ©ments terrestres  : terre, air et eau. Rohault y dĂ©veloppe particulièrement une thĂ©orie de l'aimantation qui, Ă©cartant l'idĂ©e absurde d'action Ă  distance, repose sur l'intervention d'une matière subtile composĂ©e de « particules vis Â» et de « particules Ă©crous Â».
  • Une Ă©tude dĂ©taillĂ©e du mouvement des « corps animĂ©s Â», c'est-Ă -dire des principes du vivant. Rohault suit lĂ  encore gĂ©nĂ©ralement Descartes, mais prĂ©fère la thĂ©orie de Harvey pour la circulation du sang et le fonctionnement du muscle cardiaque.

     Le TraitĂ© de Physique parut en traduction latine Ă  Genève en 1674. Ă€ l'initiative de John Clarke, une autre traduction latine parut Ă  Londres en 1702, qui connut cinq rééditions.


     Par Rohault, la physique cartĂ©sienne se perpĂ©tua jusqu'en 1730 dans l'esprit mĂ©caniste, plutĂ´t que par la mĂ©taphysique.






Chapitre : Les Entretiens sur la philosophie (1672)



     Devant les attaques de l'Eglise contre les idĂ©es de Descartes (dĂ©cret de la CongrĂ©gation de l'Index du 20 novembre 1663), Rohault, chef d'Ă©cole du cartĂ©sianisme, dĂ©fendit dans des Entretiens l'enseignement du maĂ®tre sur deux points :


     L'ouvrage ne fit pas grand'chose pour la cause, et attira dès sa parution une sĂ©rie de calomnies contre Rohault, qui mourut peu après. Les autoritĂ©s exigèrent de lui, dans ses derniers moments, une profession de foi catholique en bonne et due forme.






Chapitre : Notes et références


  1. ↑ Selon Nicolas Liènard (Le Journal des Sçavants du 9 Mai 1695) Rohault aurait eu cinquante-cinq ans à sa mort.
  2. ↑ Voir : [1]
  3. ↑ La Recherche de la Vérité, tome II, pp. 41-42
  4. ↑ John Clarke (1682-1757), physicien anglais et doyen du chapitre de Salisbury à partir de 1728, était le fils du député de Norwich et le frère cadet du philosophe Samuel Clarke. Il écrivit Recherches sur l'origine et les causes du mal (1720). Il fut en 1750 l'éditeur de La religion naturelle de William Wollaston.





Chapitre : Ĺ’uvres


    Liste :
  • TraitĂ© de Physique, 1 vol. in-4°, Ă©d. par Vve Savreux, Paris, 1671. Rééditions : 1672, 1675, 1682, 1705, 1723, 1730 par Denys Thierry, Paris.
  • Entretiens sur la Philosophie, 1 vol. in-12°, Paris, 1672. Réédition avec notes par Pierre Clair, C.N.R.S., Paris, 1978.
  • Ĺ’uvres posthumes de M. Rohault, 1 vol. in-4° avec prĂ©face de Clerselier, Paris, 1682.





Chapitre : Bibliographie


    Liste :
  • Adrien Baillet, Vie de M. Descartes, 1691. Réédition : La Table Ronde, 2 vol. in-4° chez Daniel Horthemels, Paris, 1946. ISBN 2-7103-0534-8
  • Paul Mouy, Le DĂ©veloppement de la physique cartĂ©sienne (1646-1712), Vrin, Paris, 1934.
  • Pierre Costabel et Monette Martinet, « Quelques savants et amateurs de science au XVII siècle Â» in Cahiers d’histoire et de philosophie des sciences, n° 14, 1986.
  • Trevor McClaughlin et Guy Picolet, "Un exemple d'utilisation du Minutier Central de Paris: La Bibliothèque et les instruments scientifiques du physicien Jacques Rohault selon son inventaire après dĂ©cès",in Revue D'Histoire des Sciences, 1976-XXIX/1,pp3-20.
  • Trevor McClaughlin, "Quelques mots sur Rohault et Molière" in Europe, 569, 1976, pp.178-83.
  • Trevor McClaughlin, "Descartes, experiments, and a first generation Cartesian, Jacques Rohault" in Descartes' Natural Philosophy,edited by Stephen Gaukroger, John Schuster and John Sutton, Routledge, London & New York, 2000, pp.330-346.
  • Archives Nationales, Minutier Central, Etude XXXIX, Liasse 127, Inventaire après dĂ©cès de Jacques Rohault, 27 fĂ©vrier 1673.
  • Trevor McClaughlin, "Jacques Rohault and the natural sciences", PHD (unpublished) History faculty, Cambridge University, 1972.

© Source : Wikipedia sous licence GFDL







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