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Définition Wikipédia de : Immunologie







Introduction :

      L'immunologie est la branche de la biologie qui s'occupe de l'Ă©tude du système immunitaire. Apparu très tĂ´t dans l'Ă©chelle de l'Ă©volution, ce système a Ă©voluĂ© pour discriminer le soi du non-soi. Les rĂ©actions de dĂ©fense de l'organisme face Ă  un organisme pathogène - quelle que soit la nature de celui-ci, virus, bactĂ©rie, champignon ou protozoaires, les maladies auto-immunes, les allergies et le rejet des greffes forment l'aspect mĂ©dical de cette science. Les mĂ©canismes de synthèse et de maturation des anticorps, d'activation du système du complĂ©ment, la mobilisation et la coordination des cellules de dĂ©fense, forment l'aspect fondamental et mĂ©canistique de cette science.







Suite de l'article :

Le VIH est un virus responsable de la pandémie de SIDA dont le cycle de vie interfère avec le système immunitaire humain.


- Sommaire de la page -









Chapitre : Histoire


  - Sous-chapitre : "PrĂ©histoire"




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Edward Jenner, Fondateur de l’Immunologie



     Les plus anciens tĂ©moignages connus d’observations d’ordre immunologique datent de 430 avant JĂ©sus-Christ. Ă€ cette date, pendant l’épidĂ©mie de fièvre typhoĂŻde qui sĂ©vit Ă  Athènes durant la guerre du PĂ©loponnèse, l’historien Thucydide nota que seules les personnes ayant dĂ©jĂ  supportĂ© et survĂ©cu Ă  l’infection Ă©taient aptes Ă  s’occuper des malades.


     Aux alentours de 6000 avant JĂ©sus-Christ, il existe en Chine des pratiques de transmission volontaire de la variole en vue de prĂ©vention. Cette technique, appelĂ©e "variolisation", consiste Ă  prĂ©lever du pus sur un malade peu atteint par la maladie pour l’inoculer avec une aiguille chez un sujet sain. Ce procĂ©dĂ© se rĂ©pandit Ă  partir du quinzième siècle, surtout en Chine, en Inde et en Turquie. Par l’entremise de l’épouse de l’ambassadeur britannique Ă  Constantinople, qui fit vacciner son fils de cette manière, la variolisation s’est fait connaĂ®tre en Angleterre vers 1722, puis s’est propagĂ©e dans les annĂ©es suivantes dans toute l’Europe.


     Ă€ la mĂŞme Ă©poque, le mĂ©decin de campagne Edward Jenner constatait que les fermières en contact rĂ©gulier, lors de la traite, avec la variole de la vache (vaccine ou Cowpox), qui est inoffensive pour les humains, Ă©taient Ă©pargnĂ©es par les Ă©pidĂ©mies de variole, alors frĂ©quentes, ou ne montraient que de faibles symptĂ´mes. Après avoir intensivement Ă©tudiĂ© le phĂ©nomène, il prĂ©leva le 14 mai 1796 du pus sur une pustule d’une jeune fille contaminĂ©e par la vaccine, et l’injecta Ă  un jeune garçon de huit ans. Après que le garçon eut guĂ©ri de la maladie bĂ©nigne induite par la vaccine, Jenner lui injecta de la variole vĂ©ritable. Le garçon surmonta Ă©galement cette infection sans symptĂ´mes sĂ©rieux. Par rapport Ă  la variolisation, le procĂ©dĂ© de Jenner offrait certains avantages majeurs : les personnes vaccinĂ©es par la vaccine ne prĂ©sentaient pas les boutons et les cicatrices typiques induites par la variolisation ; il n’y avait aucun risque de mortalitĂ© contrairement Ă  la variolisation ; et les personnes vaccinĂ©es ne reprĂ©sentaient aucun risque de contagion. Le virus de la vaccine est la l’origine des noms de "vaccin" et "vaccination", et Edward Jenner est considĂ©rĂ© aujourd’hui comme le fondateur de l’immunologie.

  - Sous-chapitre : Les tournants du dix-neuvième siècle




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     Une autre Ă©tape majeure dans le dĂ©veloppement de l’immunologie est la conception d’un vaccin contre la rage par Louis Pasteur en 1885. Le 6 juillet 1885, il vaccine Joseph Meister, un garçon de neuf ans qui avait Ă©tĂ© mordu deux jours plus tĂ´t par un chien enragĂ©. Joseph Meister devint alors le premier ĂŞtre humain Ă  survivre Ă  la rage dans l’histoire de la mĂ©decine. En une annĂ©e, le vaccin fut administrĂ© Ă  350 personnes contaminĂ©es, et aucune ne mourut de son infection rabique. Deux ans auparavant, Robert Koch avait dĂ©couvert le responsable de la tuberculose, le bacille qui porte son nom, et peu de temps après, le test Ă  la tuberculine, qui permet de prouver l’infection par la tuberculose, et qui se fonde sur la rĂ©ponse immunitaire. Ces travaux servirent de base aux travaux de Calmette et GuĂ©rin, qui dĂ©crivirent le bacille qui porte leur nom (BCG pour bacille de Calmette et GuĂ©rin) et menant Ă  la vaccination contre la tuberculose. Le vaccin permettant de lutter contre les maladies infectieuses se dĂ©veloppa Ă  partir de cette Ă©poque. Max Theiler reçu le prix Nobel de mĂ©decine en 1951 pour la mise au point d’un vaccin contre la fièvre jaune.


     En 1888, Emile Roux et Alexandre Yersin ont dĂ©couvert la toxine diphtĂ©rique. Deux ans plus tard, Emil Adolf von Behring et Shibasaburo Kitasato mettent en Ă©vidence une antitoxine dans le sĂ©rum des patients qui avaient survĂ©cu Ă  la diphtĂ©rie. Emil von Behring fut le premier Ă  utiliser ces anti-sĂ©ra pour la prise en charge des malades diphtĂ©riques. Pour ces travaux, il reçut en 1901 le prix Nobel de mĂ©decine. Le bactĂ©riologue belge Jules Bordet dĂ©couvre en 1898 que chauffer le sĂ©rum au-dessus de 55°C bloque sa capacitĂ© de coller Ă  certaines substances chimiques. La capacitĂ© du sĂ©rum Ă  tuer les bactĂ©ries Ă©tait Ă©galement perdue. Il posa le postulat suivant : il existe dans le sĂ©rum une substance, sensible Ă  la chaleur, nĂ©cessaire Ă  l’action du sĂ©rum sur les bactĂ©ries, et il nomma ce composĂ© "Alexin". Ehrlich Ă©tudia ce composĂ© dans les annĂ©es suivantes, et introduisit le concept de complĂ©ment encore utilisĂ© de nos jours.

  - Sous-chapitre : DĂ©but du vingtième siècle


     Au dĂ©but du vingtième siècle, la recherche en immunologie prend deux directions distinctes. L’immunologie humorale, dont les principales figures Ă©taient Paul Ehrlich et Emil Adolf von Behring, partait du principe que la base de la dĂ©fense contre les infections devait se trouver dans une substance contenue dans le sĂ©rum, comme les antitoxines. Cette thĂ©orie prĂ©domina vers les annĂ©es 1900 et pendant plusieurs dizaines d’annĂ©es. En parallèle, et Ă  partir des annĂ©es 1883/1884, se dĂ©veloppa le point de vue de l’immunitĂ© cellulaire, qui se base sur les travaux de George Nuttall ainsi que Ilja Iljitsch Metschnikov. Metschnikov put prouver l’implication et l’importance de l’action des cellules du corps dans la lutte contre les pathogènes en Ă©tudiant l’action des globules blancs sur des bactĂ©ries. Ses travaux sur la phagocytose lui valurent le prix Nobel de mĂ©decine en 1908, conjointement avec Paul Ehrlich. Comme il sera montrĂ© plus tard, ces deux types de phĂ©nomènes sont les deux facettes de l’action du système immunitaire et de la rĂ©ponse immunitaire. Il fallut cependant attendre les annĂ©es 1940 pour que l’hypothèse de l’immunitĂ© cellulaire soit gĂ©nĂ©ralement reconnue, et que l’hypothèse selon laquelle les anticorps seraient les acteurs principaux de la rĂ©ponse immunitaire soit abandonnĂ©e.


     En 1901, Karl Landsteiner mit en Ă©vidence l’existence des groupes sanguins et par cette dĂ©couverte permit de franchir une nouvelle Ă©tape importante dans la comprĂ©hension du système immunitaire. Il reçut en 1930 le prix Nobel de mĂ©decine. En 1906, Clemens Peter Freiherr von Pirquet observa que les patients Ă  qui il administrait du sĂ©rum de cheval avaient une forte rĂ©action Ă  la deuxième injection. Il nomma cette rĂ©action d’hypersensibilitĂ© "allergie". Le phĂ©nomène d’anaphylaxie fut dĂ©couvert par Charles Robert Richet, qui reçut pour cela le prix Nobel de mĂ©decine en 1913. Emil von Dungern et Ludwik Hirszfeld publient en 1910 leurs recherches sur la transmission des groupes sanguins, et ainsi les premiers rĂ©sultats sur la gĂ©nĂ©tique d’une partie du système immunitaire. Dans ce travail, ils proposent la nomenclature « ABO Â», qui deviendra un standard international en 1928. En 1917, Karl Landsteiner dĂ©crit le concept d’haptènes, qui après s’être conjuguĂ©es Ă  une protĂ©ine sont capables d’induire une rĂ©ponse immunitaire avec production d’anticorps spĂ©cifiques. Lloyd Felton rĂ©ussit en 1928 la purification des anticorps Ă  partir du sĂ©rum. De 1934 Ă  1938, John Marrack dĂ©veloppa la thĂ©orie de la reconnaissance spĂ©cifique d’un antigène par un anticorps.




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Emil Adolf von Behring, inventeur de l’antitoxine et de l’immunité humorale



     En Ă©tudiant le rejet de greffes, Peter Gorer dĂ©couvrit l’antigène H-2 de la souris, et ainsi, sans le savoir, le premier antigène de ce qu’on appellera ensuite le complexe majeur d'histocompatibilitĂ© (MHC pour l’anglais major histocompatibility complex). Toujours par l’étude du rejet de greffe, Peter Medawar et Thomas Gibson dĂ©couvrirent d’importantes fonctions des cellules immunitaires. C’est par ces travaux que l’acceptation gĂ©nĂ©rale de l’immunitĂ© cellulaire se fit. En 1948, Astrid Fagraeus dĂ©couvrit que les anticorps sont produits dans le plasma sanguin par les lymphocytes B. L’annĂ©e suivante, Frank Macfarlane Burnet et Frank Fenner publiaient leur hypothèse de la tolĂ©rance immunologique, qui fut validĂ©e quelques annĂ©es plus tard par Jacques Miller, qui dĂ©couvrit l’élimination des lymphocytes T auto-rĂ©actifs dans le thymus. Burnet et Fenner reçurent le prix Nobel de mĂ©decine en 1960 pour leurs travaux sur la tolĂ©rance. En 1957, Frank Macfarlane Burnet dĂ©crivit le principe fondamental de l’immunitĂ© adaptative comme Ă©tant la sĂ©lection clonale.


     L’Anglais Alick Isaacs et le Suisse Jean Lindemann, en Ă©tudiant l’infection de cultures cellulaires par des virus, dĂ©couvrirent en 1957 que les cellules, au cours de l’infection par un virus, Ă©taient en grande partie rĂ©sistantes Ă  une autre infection par un deuxième virus. Ils isolèrent Ă  partir des cellules infectĂ©es une protĂ©ine qu’ils nommèrent interfĂ©ron. Ă€ la fin des annĂ©es 1960 et au dĂ©but des annĂ©es 1970, John David et Barry Bloom dĂ©couvrirent le facteur d’inhibition de la migration des macrophages (MIF) ainsi que de nombreuses autres substances secrĂ©tĂ©es par les lymphocytes. Dudley Dumonde proposa pour ces substances le nom de "lymphokine". Stanley Cohen, qui reçut en 1986 le prix Nobel de mĂ©decine pour sa dĂ©couverte des facteurs de croissances NGF et EGF, commença, au dĂ©but des annĂ©es 1970, Ă  travailler avec Takeshi Yoshida sur les fonctions des lymphokines. Ils mirent en Ă©vidence que ces substances, produites de nombreux types diffĂ©rents de cellules, Ă©taient capables d’action Ă  distance, comme des hormones. Suite aux nombreuses dĂ©couvertes dans ce domaine, Stanley Cohen proposa en 1974 le terme "cytokine" qui s’imposa rapidement. Entretemps, plus de cent cytokines diffĂ©rentes Ă©taient identifiĂ©es, et leurs structures et activitĂ©s Ă©tudiĂ©es en dĂ©tail.

  - Sous-chapitre : L'immunologie moderne




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Schéma d'une IgM, un anticorps décavalent



     Les annĂ©es soixante sont en gĂ©nĂ©ral considĂ©rĂ©es comme le dĂ©but de l’époque moderne de l’immunologie. Rodney Porter et Gerald Edelman rĂ©ussirent Ă  Ă©lucider la structure des anticorps entre 1959 et 1961, et furent laurĂ©ats du prix Nobel de mĂ©decine en 1972. En mĂŞme temps, Jean Dausset, Baruj Benacerraf et George Snell dĂ©couvraient le complexe majeur d'histocompatibilitĂ©, Ă©galement appelĂ© système HLA (de l’anglais Human Leukocyt Antigen) chez l’être humain, dĂ©couverte qui leur permit de recevoir le prix Nobel de mĂ©decine en 1980. En 1959, Joseph Murray rĂ©alise la première allogreffe en transplantant un rein. Avec Donnall Thomas, il Ă©tudie l’immunosuppression artificielle qui permet la tolĂ©rance des patients vis-Ă -vis leur greffe ; Ils reçurent le prix Nobel de mĂ©decine en 1990 pour ces Ă©tudes. Vers 1960 Ă©galement, la communautĂ© scientifique dĂ©couvrait, grâce aux travaux de Jacques Miller, d’autres caractĂ©ristiques fondamentales des cellules immunitaires, en particulier la description des fonctions et de la diffĂ©rentiation des lymphocytes B et T. Après cette percĂ©e, la thĂ©orie selon laquelle l’immunitĂ© est divisĂ©e en une partie cellulaire et une autre humorale s’imposa, et les deux thĂ©ories ne furent plus mises en concurrence. Dans les dĂ©cennies suivantes, les diffĂ©rents sous-types (appelĂ©s isotypes) d’anticorps furent identifiĂ©s et leurs fonctions respectives Ă©tudiĂ©es. En 1975, Georges Köhler, Niels Kaj Jerne et CĂ©sar Milstein dĂ©crivent la mĂ©thode de production des anticorps monoclonaux. Cette dĂ©couverte eut un impact majeur sur la recherche fondamentale, ainsi que pour le diagnostic et le traitement de maladies, et ils reçurent en 1984 le prix Nobel de mĂ©decine. D’autres dĂ©couvertes majeures furent faites dans les annĂ©es suivantes : En 1973, Ralph Steinman et Zanzil Cohn dĂ©couvrent les cellules dendritiques ; En 1974, Rolf Zinkernagel et Peter Doherty dĂ©couvrent la restriction de la prĂ©sentation de l’antigène par les molĂ©cules du MHC, dĂ©couverte qui lui valu le prix Nobel de mĂ©decine en 1996; En 1985, Susumu Tonegawa identifie les gènes des immunoglobulines, et reçoit pour cela en 1987 le prix Nobel ; la mĂŞme annĂ©e, Leroy Hood fait de mĂŞme pour les gènes du rĂ©cepteur des cellules T.


     Un autre concept Ă©merge en 1986: celui de l'orientation de la rĂ©ponse immunitaire. BasĂ© sur le rĂ´le des lymphocytes T CD4+, ce concept, dĂ©veloppĂ© par Robert Coffman et Tim Mosmann, prĂ©sente la dichotomie entre une "Th1", rĂ©ponse orientĂ©e contre des cellules d'une part, qui produira des lymphocytes cytotoxiques spĂ©cifiques, comme dans le cas du cancer ou d'une infection intracellulaire; et une rĂ©ponse "Th2" contre un agent soluble, qui produira des anticorps spĂ©cifiques, comme dans le cas d'une bactĂ©rie extracellulaire ou d'une toxine. La balance Th1/Th2 est toujours un intense champ de recherche.


     La notion de tolĂ©rance induite par des lymphocytes fut pour la première fois Ă©voquĂ©e en 1969 par Nishizuka et Sokakura. Ils prĂ©sentaient leurs rĂ©sultats concernant une sous-population de lymphocytes T suppresseurs capables d'empĂŞcher une rĂ©action de lymphocytes naĂŻfs. Très controversĂ©s, ces rĂ©sultats seront oubliĂ©s jusqu'Ă  la redĂ©couverte du phĂ©nomène par Sakaguchi en 1982 sous le nom de T rĂ©gulateur, sujet activement Ă©tudiĂ© actuellement.


     Depuis les annĂ©es 1950, la thĂ©orie qui domine en immunologie est celle de la reconnaissance du "soi" et du "non-soi" par le système immunitaire adaptatif. Cependant, ce modèle ne permet pas d'expliquer de manière satisfaisante les phĂ©nomènes de tolĂ©rance, de rejet de greffe, ni la nĂ©cessitĂ© de la prĂ©sentation de l'antigène, et en 1989, Charles Janeway propose un modèle selon lequel ce serait l'immunitĂ© innĂ©e qui serait la vĂ©ritable gardienne des clefs du dĂ©clenchement d'une rĂ©ponse immunitaire. La dĂ©cision de rĂ©agir ou non face Ă  un agent Ă©tranger reposerait sur la reconnaissance de motifs par des rĂ©cepteurs putatifs qu'il nomme les PRR (pour l'anglais Pattern Recognition Receptor). Ce modèle est approfondi Ă  partir de 1994 par Polly Matzinger, qui dĂ©veloppe la thĂ©orie du danger. D'après Matzinger, le dĂ©clenchement de la rĂ©ponse immunitaire se ferait sur la base de motifs molĂ©culaires associĂ©s aux organismes pathogènes (PAMP, de l'anglais pathogen-associated molecular pattern) par les PRR. Ce modèle fut validĂ© expĂ©rimentalement depuis par l'identification de rĂ©cepteurs de signaux de dangers et de certains de leurs ligands.


     De nos jours, la multiplication des cytokines, chimiokines, sous-types et marqueurs cellulaires rend difficile d'avoir une vue d'ensemble du domaine.






Chapitre : Concepts en Immunologie



     Du fait de la complexitĂ© des phĂ©nomènes Ă©tudiĂ©s et de leur intime imbrication, les immunologistes sont souvent rĂ©duits Ă  utiliser des concepts plus ou moins abstraits pour interprĂ©ter les informations disponibles. Au fil du temps, de plus en plus de nouveaux concepts, se recoupant plus ou moins, se font jour dans la communautĂ© scientifique, la plupart du temps en opposant deux notions opposĂ©es. La liste ci-dessous ne peut pas ĂŞtre exhaustive, mais donne un aperçu de quelques-unes de ces grandes notions. Elle reprend naturellement certains points dĂ©jĂ  vu dans l'historique, mais les dĂ©veloppe sous un aspect simplifiĂ© et plus pragmatique.

  - Sous-chapitre : Antigène

Article dĂ©taillĂ© : antigène.

     Le concept de base de l'immunologie de la rĂ©ponse adaptative est celui d'antigène. Globalement, on qualifie d'antigène toute substance capable de faire rĂ©agir le système immunitaire adaptatif. En pratique et pour simplifier, il s'agit de toute substance dont la seconde introduction dans l'organisme produira un effet diffĂ©rent de la première.

  - Sous-chapitre : InnĂ© ou adaptatif


     Concept important, celui du système "innĂ©" et du système adaptatif (ou acquis, bien que ce terme soit de moins en moins utilisĂ©). Il s'agit ici d'opposer des phĂ©nomènes "non-spĂ©cifiques" Ă  des Ă©vĂ©nements "spĂ©cifiques", sous-entendus "de l'antigène".


     Dans le premier cas, il s'agit d'une rĂ©action suivant l'introduction d'un nouvel Ă©lĂ©ment, quel qu'il soit, et qui repose sur une rĂ©action globale d'un type cellulaire. Toutes les cellules blessĂ©es, quelle qu'en soit la cause, ont des rĂ©actions similaires, et les cellules du système immunitaire rĂ©agissent de manières stĂ©rĂ©otypĂ©es Ă©galement. Cette rĂ©ponse innĂ©e est rapide, sans mĂ©moire et indĂ©pendante de l'antigène. Une multitude de situation (blessure, infection virale ou bactĂ©rienne, etc.) mènent Ă  des rĂ©actions innĂ©es similaires.


     La rĂ©ponse adaptative concerne des phĂ©nomènes liĂ©s aux antigènes, et consiste en la sĂ©lection de clones de lymphocytes, capables de cibler ce qui est perçu comme une menace. Cette rĂ©ponse adaptative est lente, strictement dĂ©pendante des antigènes, et possède une mĂ©moire immunitaire. Chaque situation diffĂ©rente mènera Ă  la sĂ©lection de quelques clones lymphocytaires qui prendront en charge le danger.

  - Sous-chapitre : Cellulaire ou humoral

Article dĂ©taillĂ© : Cellule immunitaire.

     Un des plus anciens concepts oppose une composante cellulaire Ă  une composante soluble ("humorale") de l'immunitĂ©. Elle tient du fait que le sĂ©rum, donc dĂ©barrassĂ© des cellules sanguines et du fibrinogene, peut produire des phĂ©nomènes rapides et très efficaces de destruction ("lyse") d'organismes cibles, d'une part et que les effets de certaines cellules immunitaires sont plus difficiles Ă  observer, car sont plus lents et imposent des conditions d'expĂ©rimentation très strictes. Les deux types de phĂ©nomènes furent pendant longtemps impossibles Ă  observer concomitamment. Cette opposition n'aura plus lieu d'ĂŞtre dès que les techniques permettront de prouver que ce sont bien des cellules immunitaires qui produisent ces facteurs solubles.

  - Sous-chapitre : Th1 ou Th2

Article dĂ©taillĂ© : Lymphocyte T.

     La dĂ©couverte des rĂ´les des cellules T CD4+ "helper" (Th), Ă  savoir d'aider les rĂ©ponses immunitaires, fit se dĂ©gager assez vite un fait expĂ©rimental: dans certaines conditions, les Th peuvent favoriser une rĂ©ponse Ă  mĂ©diation cellulaire, avec gĂ©nĂ©ration de cellules cytotoxiques, ou une rĂ©ponse humorale, avec production d'anticorps. En d'autres termes, un mĂŞme antigène dans des situations diffĂ©rentes induira parfois une rĂ©ponse Ă  mĂ©diation cellulaire, parfois une rĂ©ponse Ă  mĂ©diation humorale. Reprenant l'ancienne dichotomie cellulaire/humorale, le concept Th1/Th2 permet d'opposer les conditions dans lesquelles les T CD4+ rĂ©agissent en produisant des signaux dirigeant la rĂ©ponse vers une cytotoxicitĂ© cellulaire, avec formation de cellules T CD8+ cytotoxiques ("CTL" pour "cytotoxic T lymphocytes") en grand nombre; ou au contraire la formation d'une rĂ©ponse soluble, avec diffĂ©rentiation de lymphocytes B en plasmocytes, produisant des anticorps en grande quantitĂ©.

  - Sous-chapitre : Soi ou non-soi


     La rĂ©ponse cellulaire fut pendant longtemps considĂ©rĂ©e comme rĂ©sultant d'une reconnaissance directe par les cellules immunitaires des cellules Ă©trangères. Autrement comment expliquer que des substances produisent une rĂ©action forte chez un organisme et aucune chez un autre? L'introduction d'un Ă©lĂ©ment Ă©tranger (infection ou greffe) doit ĂŞtre suivie d'une acceptation ou d'un rejet par le système immunitaire. Lors d'une greffe de peau par exemple, la peau prĂ©levĂ©e sur le donneur Ă©tait bien acceptĂ©e par le système immunitaire du donneur. Or, après la greffe, le système immunitaire du receveur peut bien dĂ©cider de considĂ©rer la nouvelle peau comme Ă©trangère, et la rejeter, alors qu'elle ne constitue en rien un danger. Ce concept reste très actuel, bien que ses mĂ©canismes aient Ă©tĂ© en grande partie Ă©lucidĂ©s par l'Ă©tude des interactions entre les TCR et les molĂ©cules de CMH.

  - Sous-chapitre : Immunogène ou tolĂ©rogène


     Une autre question peut se poser: comment se fait-il que certains corps "Ă©trangers" ne soient pas reconnus? La première notion est celle de "tolĂ©rance centrale", qui stipule qu'aucun organisme ne doit, Ă  la base, produire des lymphocytes auto-rĂ©actifs, c'est-Ă -dire des lymphocytes rĂ©agissant contre les antigènes du "soi". La seconde notion est celle de tolĂ©rance pĂ©riphĂ©rique. Elle repose sur des lymphocytes qui inhibent les rĂ©ponses des autres cellules immunitaires, et dont l'action est très plastique. Le problème ici est donc de savoir dans quelles conditions l'introduction d'un Ă©lĂ©ment Ă©tranger, d'un antigène, va ou bien induire une rĂ©ponse immunitaire, auquel cas l'antigène est immunogène, ou bien produire une tolĂ©rance pour cet antigène. On parle dans ce cas de substance tolĂ©rogène.

  - Sous-chapitre : Dangereux ou sans danger


     La thĂ©orie du danger repose sur un constat simple: dans certaines situations, un mĂŞme antigène peut ĂŞtre perçu comme sans danger (tolĂ©rogène), dangereux (immunogène), et dans le cas oĂą il est immunogène, dĂ©velopper des rĂ©ponses très diffĂ©rentes, rĂ©ponses cellulaires ou diffĂ©rentes rĂ©ponses anticorps, allant jusqu'Ă  l'allergie. La thĂ©orie du danger stipule que ce sont les conditions dans lesquelles l'antigène est perçu qui dĂ©terminent le type de rĂ©ponse immunitaire qui sera dĂ©veloppĂ©. Ces conditions particulières impliquent des signaux de danger en plus ou moins grand nombre et plus ou moins grande quantitĂ©, et qui accompagnent l'antigène. La combinaison des signaux de danger (ou leur absence) oriente la rĂ©ponse immunitaire.






Chapitre : Les organes de l'immunité



     L'ensemble des organes du système immunitaire s'appelle le système lymphoĂŻde.

  - Sous-chapitre : Organes lymphoĂŻdes primaires ou centraux

  - Sous-chapitre : Organes lymphoĂŻdes secondaires ou pĂ©riphĂ©riques

    Liste :
  • Au niveau du système sanguin, il y a des Ă©chappĂ©es de protĂ©ines. Ces protĂ©ines se retrouvent dans le liquide interstitiel et doivent retourner dans le sang afin de contrĂ´ler son osmolaritĂ©. Les capillaires lymphatiques rĂ©cupèrent ces protĂ©ines et captent aussi les agents pathogènes, cellules du système immunitaire et dĂ©bris de cellules mortes. Le système lymphatique entraĂ®ne la lymphe au niveau d'un centre intĂ©grateur qui correspond aux ganglions lymphatiques. Après le passage de la lymphe dans le ganglion, la lymphe est Ă©purĂ©e. La lymphe circule vers le cĹ“ur Ă  sens unique. Elle rejoint la circulation sanguine au niveau du cĹ“ur par le canal thoracique et se jette dans la veine sous-clavière gauche.
  • Les ganglions lymphatiques ont une structure plus ou moins globuleuse. Ils se dĂ©composent en plusieurs zones.
      Liste :
    • Un sinus capsulaire qui permet l'arrivĂ©e des vaisseaux lymphatiques affĂ©rents. La lymphe traverse le sinus entre dans le ganglion par l'intermĂ©diaire de travĂ©es.
    • Le cortex du ganglion est occupĂ© par les lymphocytes B. Les cellules B sont regroupĂ©es en amas. Ce sont ces follicules qui grossissent en cas d'infection.
    • Le paracortex abrite les lymphocytes T et les cellules dendritiques.
    • Au centre, on a une zone de sortie avec autant de lymphocytes B que de lymphocytes T. C'est le hile par lequel sortent les vaisseaux lymphatiques effĂ©rents.
  • Les appendices secondaires (formations lymphoĂŻdes agrĂ©gĂ©es) ont des zones particulières d'Ă©puration. Ce sont l’anneau de Waldeyer au carrefour aĂ©rodigestif (amygdales et vĂ©gĂ©tations adĂ©noĂŻdes), l'appendice et les plaques de Peyer.
  • La rate fait Ă©galement partie du système immunitaire car elle Ă©pure le sang vis-Ă -vis des pathogènes qui pourraient s'y trouver.

  - Sous-chapitre : Organes lymphoĂŻdes tertiaires


     Les organes lymphoĂŻdes tertiaires comprennent tous les tissus et organes oĂą la rĂ©ponse immunitaire a lieu. Ils contiennent peu de cellules lymphoĂŻdes dans les conditions physiologiques normales mais peuvent en importer une grande quantitĂ© lors de la prĂ©sence d'un pathogène. Ils comprennent:


     Il faut noter l'existence de sanctuaires immunitaires. Ce sont des tissus oĂą les cellules immunitaires ne pĂ©nètrent pas; il s'agit des testicules et de la chambre antĂ©rieure de l'Ĺ“il. Les lymphocytes naĂŻfs ne peuvent pas franchir la barrière hĂ©mato-encĂ©phalique.






Chapitre : Les différents types de réactions immunitaires


  - Sous-chapitre : L'immunitĂ© humorale


     Il s'agit des mĂ©canismes de dĂ©fense impliquant des facteurs solubles. Elle est de deux type: dĂ©fense innĂ©e et dĂ©fense adaptative.

Immunité humorale innée


     Les dĂ©fenses innĂ©es correspondent Ă  des molĂ©cules prĂ©sentes spontanĂ©ment dans l'organisme et qui prĂ©existent Ă  la menace. Il s'agit des anticorps naturels, des dĂ©fensines, du système du complĂ©ment. Les tissus agressĂ©s produisent Ă©galement des molĂ©cules de l'inflammation, tels que le facteur tissulaire et les dĂ©rivĂ©s de l'acide arachidonique: leucotriènes et prostaglandines

Immunité humorale adaptative


     Elle est supportĂ©e par la prĂ©sence d'anticorps circulants. Les anticorps sont produits par les plasmocytes, issus de la diffĂ©renciation terminale d'un clone de lymphocyte B. Ce sont des molĂ©cules de type immunoglobuline de diffĂ©rents types:

    Liste :
  • Les IgM qui sont les premiers produits lors d'une infection. Ils sont dĂ©cavalents et leur aviditĂ© pour les antigènes est très grande. Ils ont un rĂ´le majeur dans la formation de complexes immuns.
  • Les IgG de haute affinitĂ©, ayant un rĂ´le essentiel dans la cytotoxicitĂ© liĂ©e aux anticorps.
  • Les IgE supports de l'allergie immĂ©diate (rĂ©action d'hypersensibilitĂ© type 1).
  • Les IgA secrĂ©tĂ©s au niveau des muqueuses, jouent un rĂ´le majeur dans la neutralisation des pathogènes prĂ©sents sur les Ă©pithĂ©lia (bronches, tube digestif).

     De manière gĂ©nĂ©rale, les anticorps agissent de deux manières diffĂ©rentes: soit par l'activation du complĂ©ment, soit par fixation du complexe immun sur une cellule immunitaire possĂ©dant un rĂ©cepteur pour le fragment constant des anticorps (tels que les macrophages, les lymphocytes NK par exemple)

  - Sous-chapitre : L'immunitĂ© cellulaire


     Les phĂ©nomènes immunitaires Ă  mĂ©diation cellulaire impliquent diffĂ©rents types de cellule, regroupĂ©s dans deux concepts: les cellules de l'immunitĂ© innĂ©e et celles de l'immunitĂ© adaptative.

Cellules de l'immunité innée


     Ce sont des cellules qui sont capables de rĂ©agir Ă  un phĂ©nomène sans Ă©ducation prĂ©alable. Elles rĂ©agissent Ă  des stimuli prĂ©sents sur une variĂ©tĂ© de pathogènes, et indĂ©pendamment des antigènes. Il s'agit:

Cellules de l'immunité adaptative


     Il s'agit de rĂ©actions qui mettent en jeu des cellules de type lymphocyte T. Leur maturation dĂ©pend d'un stimulus antigĂ©nique et d'une Ă©ducation par une cellule prĂ©sentatrice d'antigène. Leur activation face Ă  une cible dĂ©pend de la prĂ©sentation de l'antigène par la cellule cible. Les lymphocytes T ne sont donc capables de reconnaĂ®tre que des cellules transformĂ©es (c'est-Ă -dire infectĂ©es par un pathogène intracellulaire, ou une cellule tumorale). Il y a deux types principaux de lymphocytes T:

    Liste :
  • les lymphocytes CD8+ reconnaissent un antigène portĂ© par une molĂ©cule de CMH de type I. Ils se diffĂ©rencient gĂ©nĂ©ralement en lymphocytes cytotoxiques et produisent relativement peu de cytokines;
  • les lymphocytes CD4+ reconnaissent un antigène portĂ© par une molĂ©cule de CMH de type II. Leur action principale est la sĂ©crĂ©tion de cytokines, qui orientent et amplifient la rĂ©ponse immunitaire, c'est ce qu'on nomme le "help" (en français: aide), d'oĂą le surnom de "helper" donnĂ©s Ă  ces lymphocytes T. Le paradigme actuel est de diffĂ©rencier deux types de CD4+: les lymphocytes helpers qui orientent vers une rĂ©ponse cytotoxique ("Th1") et ceux qui orientent vers une rĂ©ponse plus humorale ("Th2").

     On retrouve Ă©galement les lymphocytes B via la diversitĂ© de leurs BCR, qui sont des AC.






Chapitre : Les maladies de l'immunité


  - Sous-chapitre : Les dĂ©ficits immunitaires


     Voir dĂ©ficit immunitaire.

    Liste :
  • CongĂ©nitaux
      Liste :
    • Ă€ prĂ©dominance humorale, touchant les anticorps.
    • Ă€ prĂ©dominance cellulaire.
    • CombinĂ©s.
  • Acquis

  - Sous-chapitre : Les rĂ©actions immunitaires dĂ©favorables

    Liste :
  • Les diffĂ©rents types d'allergie ou hypersensibilitĂ©.
      Liste :
    • De type 1, dite "immĂ©diate": MĂ©diĂ©e par les IgE, rapide voire foudroyante.
    • De type 2, appelĂ©e aussi "maladie sĂ©rique": CytotoxicitĂ© directe des immunoglobulines.
    • De type 3: Complexes immuns circulants.
    • De type 4 dite "retardĂ©e": Allergie retardĂ©e d'immunitĂ© cellulaire.
  • Les maladies auto-immunes.
  • Les rĂ©actions Ă  la transfusion sanguine.
  • Le rejet de greffe d'organe.





Chapitre : L'immunologie en pratique


  - Sous-chapitre : L'immunologie dans les laboratoires de diagnostic et dans la recherche


     La connaissance des mĂ©canismes immunologiques a permis le dĂ©veloppement de nombreuses techniques d'analyses aussi bien quantitatives que qualitatives, utilisant notamment les anticorps, vecteurs de l'immuntĂ© humorale, mais aussi parfois des tests cellulaires. La maitrise de production des anticorps a ouvert le champ Ă  de nombreuses technique de purification par "affinitĂ©", mais aussi des applications thĂ©rapeutiques.

Techniques


     La plupart de ces techniques utilisent les propriĂ©tĂ©s des anticorps monoclonaux ou polyclonaux purifiĂ©s par affinitĂ©. Leur affinitĂ© et leur spĂ©cificitĂ© de liaison Ă  leur cible fait d'eux des outils incontournables de dĂ©tection ou capture spĂ©cifique. Ils permettent de dĂ©terminer la prĂ©sence dans un Ă©chantillon complexe d'un Antigène ou mĂŞme d'une de ses parties particulière(Ă©pitope). De nombreuses modalitĂ©s de mise en oeuvre existent

techniques avec anticorps non marqués

     Les premières techniques d'analyse proposĂ©es utilisaient des anticorps non marquĂ©s, par exemple dans le rĂ©actions de prĂ©cipitation,, les rĂ©actions d'agglutination (ex: "test de Coombs"), turbidimĂ©trie ou nĂ©phĂ©lomĂ©trie et les rĂ©actions de neutralisation. On utilise la capacitĂ© de former des complexes immuns multiples de l'antigène cible et des 2 sites des IgG ou 5 sites des IgM, et Ă©ventuellement le fait que l'anticorps est fixĂ© ou se fixe Ă  des cellules ou des particules (agarose). Les complexes antigène-anticorps deviennent visibles macroscopiquement de manière diffuse (opacitĂ© par turbidimĂ©trie) ou locale (prĂ©cipitation), Ă©ventuellement après coloration, ex. au [[Bleu_de_Coomassie[Coomassie]].


     Par exemple dans plusieurs mĂ©thodes dites d'immunoprĂ©citation (ex. Outchtalony), l'anticorps prĂ©sent dans un gel immobilise un antigène diffusant depuis un puit, et on visualise une ligne blanche. Une variante combinant l'Electrophorese existe (Fused Rocket Electrophoresis). Une autre technique dite d'immunoprĂ©cipitation est utilisĂ©e en recherche pour dĂ©celer des interactions entre deux protĂ©ines ou pour purifier un composĂ© dans une solution.

techniques avec anticorps marqués

     Des mĂ©thodes devenues plus frĂ©quentes consistent Ă  utiliser des anticorps marquĂ©s, "dĂ©tectables" facilement, cad couplĂ©s Ă  avec des composĂ©s colorĂ©s ou le plus souvent fluorescents, des particules d'or, des enzymes qui produiront un signal colorĂ© fluorescent ou luminescent, ou de petits composĂ©s dĂ©tectables indirectement (biotin, "tags"), voire des Ă©lĂ©mentes radioactifs. La rĂ©action ag/ac est mise en oeuvre en phase homogène ou hĂ©terogĂ©ne. Par exemple cette dernière modalitĂ© se dĂ©cline dans les techniques comme l'ELISA, le blotting ou le micro-rĂ©seau, selon que le support est une microplaque, membrane, lame de verre... Ces techniques d'analyse in-vitro permettent de dĂ©tecter des protĂ©ines ou autres molĂ©cules, de facon qualitative (spĂ©cificitĂ©) et/ou semi-quantitative (par titration, comparĂ© Ă  un titration de standards). L'ELISA sur microplaque est une technique très flexible, de la R&D au contrĂ´le qualitĂ© ou au screening. Selon la spĂ©cifitĂ© des anticorps, on peut dĂ©tecter de faibles diffĂ©rences ou modifications entre molĂ©cules (isoformes de protĂ©ines, phosphorylation, acĂ©tylation, etc.). Le microrĂ©seau permet de tester qualitativement des centaines de milliers de molĂ©cules (ou anticorps) sur 1 cm2 ("Screening"), avec 2 ou 3 paramètres (anticorps . Le western blot après Ă©lectrophorèse 2D permet de distinguer qualitativement et quantitativement dans un mĂŞme Ă©chantillon des protĂ©ines et leurs variant (profiling).


     D'autres techniques utilisent le principe de l'ELISA, mais le support consiste en la cible Ă  dĂ©tecter, par exemple une cellule ou un virus. Par exemple une coupe de tissus est "marquĂ© immunologiquement" (fixation de l'anticorps), et on analyse avec un microscope les cellules "colorĂ©es" par l'anticorps (Immuno-Histochimie (IHC)), ou rendu fluorescentes (Immuno-Fluorescence (IH) - on observe l'intensitĂ© de la fluorescence, ou son changement de longueur spectrale (ratiomĂ©trie), ou le changement de polarisation de la fluorescence (Fluorescence Polarization), ou le temps entre l'excitation et l'Ă©mission (Life Time Resolved Fluorescence) ). Ces immuno-analyses renseignent sur la localisation d'antigènes, dans une cellule ou un tissus, et leur relative abondance. Une limitation repose sur la rĂ©solution optique, et sur la superposition des antigènes (dans l'Ă©paisseur de la coupe), ce qui est partiellement adressĂ© par scaning focal (Microscopie confocale). En CytomĂ©trie de flux ("FCM"), on marque les cellules en suspension, qui sont analysĂ©e individuellement, ce qui rend l'information très puissante (populations cellulaires, notamment en multiple dĂ©tections, d'autant que les cellules peuvent ĂŞtre triĂ©es.


     Les techniques d'analyse immunologique (immuno-mĂ©trique si elles sont rendues quantitatives) utilisant des anticorps marquĂ©s recourent souvent Ă  des systèmes d'amplication, qui repose souvent sur plusieurs anticorps, dont des anticorps "secondaires", marquĂ©s et reconnaissant les anticorps "primaires" spĂ©cifiques de la cible Ă  dĂ©tecter. Elles peuvent ĂŞtre multiplexĂ©es dans divers techniques (ELISA Fluo, MicroArray, W-Blot, IHF, CMF): 2 et jusqu'Ă  4 anticorps spĂ©cifiques marquĂ©s diffĂ©rement sont utilisĂ©s simultanĂ©ment, et l'on peut alors avoir des rĂ©sultats multiples sur le mĂŞme Ă©chantillon (simultanĂ©ment, ou après superposition). Des variantes combinent des billes pour atteindre jusqu'Ă  48 dĂ©tections. D'autres modalitĂ©s permettent d'apprĂ©cier la distance entre 2 molĂ©cules (FRET, BRET).

autres techniques

     Une autre propriĂ©tĂ© des anticorps utilisĂ©e en clinique animale et depuis quelques annĂ©es en clinique humaine est la facultĂ© de certains isotypes d'anticorps Ă  lier le complĂ©ment, et donc de lyser les cellules Ă  la surface desquelles ils sont fixĂ©s. En pratique, cela permet de dĂ©truire les cellules possĂ©dant un marqueur antigĂ©nique particulier (techniques de "lyse").


     Les techniques de purification par affinitĂ© utilisent les anticorps couplĂ©s chimiquement Ă  des rĂ©sines pour capturer des antigène cibles (Ă©ventuellement complexĂ©s Ă  d'autres partenaires - technique voisine de l'immunoprĂ©cipitation). Les applications vont de la R&D Ă  l'industrie (fabrication).

Applications


     Les applications des analyses immunologiques sont majeures en R&D, en diagnostique mĂ©dical et vĂ©tĂ©rinaire, et mĂŞme en controle qualitĂ© (alimentaire).

Sérologie

     Le diagnostic des infections bactĂ©rienne (ex la toxoplasmose) ou virales (ex le VIH, l'hĂ©patite B) se base le plus souvent sur la dĂ©tection d'anticorps circulants dans le sĂ©rum des patients (parfois dans d'autres fluides). La technique la plus utilisĂ©e est l'ELISA 'direct'.

Détection immunologique directe d'agents pathogènes

     La technique la plus utilisĂ©e est l'ELISA avec les modalitĂ© dites 'sandwich' et 'inhibition' (ou 'compĂ©tition'), en colorimĂ©trie (EIA: Enzyme ImmunoAssays) ou radiomĂ©trique (RIA: RadioImmunoAssay), plus rarement fluorescence. Mais comptent aussi la cytomĂ©trie de flux pour des cas plus difficiles et recherche hospitalière, le micro-rĂ©seau qui se dĂ©veloppe pour prĂ©ciser le diagnostique avec plus de paramètres. Enfin la Microscopie avec immunochimie (IHC) est très utilisĂ©e pour prĂ©ciser le (ou Ă  defaut de) diagnostique sĂ©rologique, dans les hopitaux, et mĂŞme l'immunofluorescence (IF). Ceci vaut aussi pour le cancer (cf infra).

Détection immunologique de paramètres biologiques

     Les immuno-analyses sont capables de doser certains analyses circulants, et de dĂ©tecter des marqueurs cellulaires normaux (qui signent le type ce cellule, ou une activitĂ© -rĂ©cepteur,enzyme-) ou cancĂ©reux.


     La dĂ©termination de la formule lymphocytaire fait appel Ă  la cytomĂ©trie en flux, utilisant des anticoprs monoclonaux couplĂ©s Ă  des molĂ©cules fluorescentes spĂ©cifiques de marqueurs (cluster de diffĂ©rentiation CD4/8...).


     Le dosage d'hormones dans le sĂ©rum est fait souvent par ELISA, mais certaines (hormones thyroĂŻdiennes notamment) se font par turbidimĂ©trie ou nĂ©phĂ©lomĂ©trie.


     La recherche du cancer du colon et du pancrĂ©as se fait par ELISA avec quelques marqueurs frequents (par ex le CA19-9)Marqueurs tumoraux</ref>

Divers

     En clinique animale et depuis quelques annĂ©es en clinique humaine on recours Ă  la facultĂ© de certains isotypes d'anticorps Ă  lier le complĂ©ment, et donc de lyser les cellules Ă  la surface desquelles ils sont fixĂ©s.

  - Sous-chapitre : L'immunologie dans la pratique mĂ©dicale


     La connaissance de l'immunologie et les techniques immunologiques sont prĂ©sentes Ă  de nombreux niveaux en mĂ©decine, du diagnostic au dĂ©veloppement de vaccins, du traitement de maladies auto-immunes au thĂ©rapies par greffe ou utilisant des anticorps.


     L'utilisation de toutes sortes de vaccins a permis le triomphe de la mĂ©decine contre de nombreuses maladies infectieuses. Ainsi, la variole est Ă©radiquĂ©e, et d'autres maladies sont des candidats Ă  l'Ă©radication par la vaccination : la rougeole, l'hĂ©patite B par exemple. Ce sont des maladies causĂ©es par des virus dont l'ĂŞtre humain est le seul rĂ©servoir. La vaccination d'une grande partie de la population permettrait de les Ă©radiquer. Ce sont des objectifs fixĂ©s par l'organisation mondiale de la santĂ©.


     Par ailleurs, il existe depuis 2006 un vaccin destinĂ© Ă  diminuer le risque de cancers du col de l'utĂ©rus. Ce vaccin est dirigĂ© contre un virus responsable de la transformation des cellules Ă©pithĂ©liales du col en cellules tumorales. Vacciner les jeunes filles avant leurs premiers contacts sexuels permettrait de diminuer de 80% les cas de cancer du col.


     L'immunologie et l'Ă©tude du système immunitaire est un outil indispensable pour deux domaines particuliers : le rejet de greffe et les maladies auto-immunes, comme le diabète. Parallèlement, l'immunologie des tumeurs Ă©tudie comment le système immunitaire interagit avec les cellules tumorales, dans le but d'influencer mĂ©dicalement la puissance potentielle d'une rĂ©action immunitaire dirigĂ©e contre une tumeur.


     CĂ´tĂ© thĂ©rapeutique, on utilise des anticorps modifiĂ©s ("humanisĂ©s") pour vĂ©hiculer des agents toxiques (toxines, radioĂ©lĂ©ments) jusqu'Ă  des cellules cibles cancereuses pour dĂ©truire des tumeurs (Immuno-ThĂ©rapie). Similairement mais pour du diagnostic, des anticorps spĂ©cifiques de marqueurs tumoraux sont marquĂ©es (fluorescence ou radioactivitĂ© faible (Immunoscintigraphie|Immuno-Scintigraphie)) et injectĂ©s au patient avant imagerie mĂ©dicale afin de diagnostiquer ou localiser des tumeurs avant chirurgie. A ces applications pointues, appelons enfin simplement l'importance des techniques immunologiques classiques pour le diagnostic mĂ©dical, sĂ©rologique ou infectieux notamment -voir ci dessus section techniques & applications-.






Chapitre : Vous pouvez voir également :


  - Sous-chapitre : Notes

  1. ↑ Voir ce document, site de l'OMS.

  - Sous-chapitre : Liens internes

  - Sous-chapitre : Liens externes

  - Sous-chapitre : Sources


     


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