Définition Wikipédia de : Guerre froide
| Guerre froide | |
![]() La confrontation des blocs en 1959 : ![]() Suite de l'article : Pays membres de l'OTAN Autres pays alliés des États-Unis Pays colonisés Pays membres du pacte de Varsovie Autres pays alliés de l'URSS Pays non-alignés | |
| Informations générales | |
|---|---|
| Date | De 1947 Ă 1991 |
| Lieu | Cuba, Berlin, Prague, Afghanistan, Angola, etc. (lieux de tensions et des guerres d'influence) |
| Issue | - Chute du bloc soviétique en Europe de l'Est - Fin du Monde bipolaire - Les États-Unis deviennent la seule superpuissance restante - Dissolution de l'URSS |
| Belligérants | |
Le terme Guerre froide (anglais : Cold War - russe : Холодная война, Holodnaya voÄna) dĂ©signe la pĂ©riode de tensions et de confrontations idĂ©ologiques et politiques entre les deux superpuissances que furent les États-Unis et l’Union des rĂ©publiques socialistes soviĂ©tiques (URSS) et leurs alliĂ©s entre 1947 et 1991, annĂ©e de l'implosion de l'URSS et de la dissolution du Pacte de Varsovie.
C’est sous la plume de l’homme d’État américain Bernard Baruch, en 1947, que l’expression « guerre froide », déjà utilisée au XIV siècle, fait son apparition pour la première fois dans l'Occident moderne. Elle est vite popularisée par le journaliste Walter Lippmann. D'après Raymond Aron, il s'agissait d'une « guerre limitée » ou « paix belliqueuse » dans un monde bipolaire où les belligérants évitaient l’affrontement direct, d'où l'expression « Paix impossible, guerre improbable ».
De nombreux conflits, depuis la guerre de Corée, la guerre du Viêt Nam jusqu’à la guerre d'Afghanistan, ont illustré l'opposition indirecte entre Soviétiques et Américains, avec la participation de leurs alliés respectifs. Les pays du tiers-monde tels que l’Inde de Nehru, l’Égypte de Nasser et la Yougoslavie de Tito formèrent pour un temps le mouvement des non-alignés, proclamant leur neutralité et jouant de la rivalité entre les blocs pour obtenir des concessions.

Chapitre : Désignation
Le terme « froide » apposé en oxymore indique qu’il ne s’agit pas d’une guerre au sens habituel du terme, mais d’une confrontation qui proscrit l'affrontement armé direct entre les deux grands vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale ; elle fut également marquée par la course aux armements, la menace nucléaire (équilibre de la terreur) et la compétition technologique dans le domaine de la conquête de l'espace.
Il existe une autre définition : si on retient généralement les dates de l’affrontement idéologique entre les deux blocs est-ouest (1947-1989), André Fontaine, ancien rédacteur en chef du journal Le Monde, quant à lui, fait remonter cet affrontement à la révolution russe de 1917. Certains historiens estiment que la Guerre froide aurait déjà commencé lors de la bataille de Berlin en 1945 suite aux tensions américano-soviétiques pour s'emparer des recherches nazies.

Chapitre : Volonté de reconstruction et de paix au lendemain de la Seconde Guerre mondiale
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L'Europe au temps du rideau de fer.
Bloc de l'Ouest, pays de l'OTAN Bloc de l'Est, pays du pacte de Varsovie
Bloc de l'Ouest, pays de l'OTAN Bloc de l'Est, pays du pacte de Varsovie
Rideau de fer
Pays Neutre Mouvement des non-alignésL'Albanie finira par rompre avec l'URSS pour s'aligner sur la Chine Populaire.
En 1945, face aux États européens ruinés par la Seconde Guerre mondiale, deux superpuissances émergent dans le contexte géopolitique mondial. Les États-Unis détiennent le monopole nucléaire depuis les bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki en août 1945 et disposent d’une puissance économique et financière inégalée. L’Union soviétique possède une force militaire décisive en Europe centrale et orientale, et un prestige politique considérable.
- Sous-chapitre : Une reconstruction économique
Un nouvel ordre monétaire et financier mondial est créé autour du dollar américain, pour éviter l’instabilité économique qui existait pendant l’entre-deux-guerres et relancer les échanges internationaux. Instituée le 22 juillet 1944 par les accords de Bretton Woods, à l’issue d’une conférence qui réunit 44 pays, cette nouvelle organisation de l’économie mondiale fut négociée en fait entre la France, le Royaume-Uni et les États-Unis.
Les accords établirent un Fonds monétaire international (FMI), ainsi qu’une Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), appelée communément « Banque mondiale ». Le FMI et la BIRD auraient pour mission notamment d’assurer la stabilité des devises nationales et d’accorder des prêts à la reconstruction et au développement.
Par ailleurs, les accords instituaient un système de parités fixes par rapport au dollar US, seule monnaie entièrement convertible en or. Comme les États-Unis avaient une réserve d’or avoisinant les trois quarts des réserves mondiales, le dollar US s’imposa forcément comme monnaie de réserve internationale, au même titre que l’or. En effet, pour financer la guerre, les puissances européennes avaient dû vendre leurs stocks d’or aux États-Unis. Ainsi donc, le nouveau système monétaire ne reposait plus uniquement sur le métal fin détenu par les banques centrales, mais sur le dollar US, as good as gold, dont la valeur était garantie par la Réserve fédérale des États-Unis, de même que par la formidable puissance économique des États-Unis.
En juin 1947, dans un discours prononcé à l’université Harvard, le secrétaire d'État George Marshall offrit à l’Europe « une aide fraternelle » afin de vaincre « la faim, le désespoir et le chaos » qui régnaient. Le plan Marshall ou « plan de Reconstruction européenne » ((en) European Recovery Program) était proposé à toute l’Europe, y compris les pays de l’Est et l’Union soviétique elle-même. Il était toutefois assorti de deux conditions : l’aide américaine serait gérée par des institutions européennes communes et le gouvernement fédéral américain aurait un droit de regard sur sa répartition. Staline hésita, puis, fin juin, fit part de son refus. La Pologne et la Tchécoslovaquie, qui, dans un premier temps, avaient donné une réponse favorable à la proposition américaine, se virent obligées de la refuser à leur tour.
Finalement, seize pays, rejoints en 1949 par l'Allemagne de l'Ouest (RFA), acceptèrent le plan Marshall : la France et le Royaume-Uni, qui en seront les principaux bénéficiaires, l’Autriche, le Benelux, la Grèce, l’Irlande, l’Islande, l’Italie, les pays scandinaves, le Portugal, la Suisse et la Turquie. En avril 1948, ces seize pays fondèrent l'Organisation européenne de coopération économique (OECE), qui deviendra l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en 1960, organisme supranational dont la fonction première était de gérer et de répartir l’aide américaine entre les pays membres.
De 1948 à 1952, plus de treize milliards de dollars US, 5/6 sous forme de dons, 1/6 sous forme de prêts, furent fournis par les États-Unis. Cette aide à la reconstruction se composait d’une partie financière (subventions et prêts) et d’une autre en produits et équipements divers (denrées alimentaires, tracteurs, outils de production, etc.).
Dans un espace économique « dollarisé » par les accords de Bretton Woods, le plan Marshall fut conçu pour combler le « dollar gap », permettant ainsi aux Européens d’acheter aux États-Unis approvisionnements et équipements tout en assurant un débouché aux produits américains. En effet, en 1946, 42 % des exportations américaines ayant pris le chemin de l’Europe occidentale, un effondrement économique de l’Europe » se serait répercuté sur l’économie américaine elle-même. Le secrétaire adjoint à l’économie, Will Clayton, l’exprimait ouvertement : « Disons, sans tourner autour du pot, que nos objectifs ont pour arrière-plan les besoins et les intérêts des États-Unis. Nous avons besoin de marchés, de gros marchés, pour y acheter et pour y vendre. »
Cependant, l’objectif du plan Marshall n’était pas uniquement économique. Le gouvernement fédéral américain à Washington avait compris que la détresse des populations européennes faisait le jeu des partis marxistes alignés sur Moscou, en France et en Italie notamment où plus d’un quart de l’électorat votait communiste. Dès lors, l’injection de capitaux américains fut le complément économique de la doctrine du containment : endiguer l’influence soviétique par la création d’un espace de prospérité en Europe.
Les Soviétiques ne tardèrent pas à s’en rendre compte et, en octobre 1947, lors de la conférence fondatrice du Kominform, Andreï Jdanov, secrétaire du Parti communiste de l'Union soviétique (PCUS), réunit avec les délégués des neuf partis communistes européens, dénonça l’« impérialisme américain » qui, d’après lui, vassalisait les économies européennes en les plaçant sous la tutelle de Washington. Selon la doctrine Jdanov, le monde était désormais divisé en deux camps antagonistes : un « camp impérialiste et anti-démocratique » dont les États-Unis sont « la principale force dirigeante » et « un camp anti-impérialiste et démocratique », placé sous l’égide de Moscou.
- Sous-chapitre : Une volonté de paix
En août 1941, Churchill et Roosevelt avaient signé la charte de l’Atlantique, une déclaration commune s’inspirant des principes wilsoniens, dans laquelle les deux chefs d’État prévoyaient la mise en place d’un « système étendu et permanent de sécurité générale ». En février 1945, les accords de Yalta reprirent ce propos et annoncèrent la convocation d’« une conférence des Nations unies sur l’organisation mondiale (…) le 25 avril 1945, aux États-Unis. »
Le 26 juin 1945, portés par le mouvement d’une opinion publique choquée par les exactions nazies et la cruauté des combats, les délégués de 51 pays approuvèrent à San Francisco la Charte des Nations unies, le texte fondateur de l’Organisation des Nations unies (ONU), dont l’objectif le plus important serait de « préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l’espace d’une vie humaine a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances. »

Chapitre : Les débuts
Article détaillé : chronologie de la Guerre froide.
- Sous-chapitre : Causes
Après la Seconde Guerre mondiale, les relations entre les Américains et les Soviétiques se dégradent. L'URSS affirme vouloir garantir sa sécurité en s'entourant de pays alliés le long de ses frontières. L'Armée rouge ne se retire pas des pays qu'elle a libérés du nazisme et, contrairement aux engagements pris à la conférence de Yalta, elle n'y organise pas d'élections libres. Une « guerre » d’un nouveau genre oppose les États-Unis à l'expansionnisme soviétique, et la guerre des influences concerne rapidement le tiers monde, stabilisée par un équilibre nucléaire, dit l'« équilibre de la terreur », dès 1949, année où l'URSS possède à son tour la bombe nucléaire.
Les causes immédiates : la situation de l’après-guerre
Staline cherche à mettre l’URSS à l’abri d’une nouvelle attaque par la création d’un « glacis » territorial et idéologique, c’est-à -dire d’un espace protecteur qui éloigne la menace des frontières soviétiques :
- en repoussant plus à l’Ouest les frontières de l’URSS par l’annexion des pays baltes et d’une partie de la Pologne, alors que les territoires allemands situés à l’est de l’Oder et de la Neisse de Görlitz sont placés sous administration polonaise (partage effectué lors de la conférence de Potsdam) ;
- en imposant des gouvernements pro-soviétiques dans les pays d’Europe centrale et orientale occupés par l’Armée rouge (à l'exception de l'Autriche), pays qui deviendront plus tard des « démocraties populaires ». Le coup de Prague en Tchécoslovaquie, une des rares réelles démocraties d’avant-guerre en Europe de l’Est, fut l’expression la plus visible pour l’Ouest de cette politique et fut perçu comme la manifestation de la volonté hégémonique de l’URSS.
Avant même la fin des hostilités avec l’Allemagne, l’Union soviétique établit sa domination dans les territoires libérés par l’Armée rouge :
- arrestation de seize dirigeants de l’Armée secrète polonaise, formellement conviés à Moscou pour des « entretiens politiques », les deux principaux leaders de la résistance polonaise mourant en prison quelques mois plus tard. Le gouvernement polonais en exil à Londres, abandonné par les Occidentaux, se voit dénier peu à peu toute responsabilité et le comité de Lublin, formé par les Soviétiques, prend le contrôle du pays ;
- attribution de la province tchécoslovaque de Ruthénie subcarpatique à l’Ukraine, ce qui procure à l’Union soviétique une frontière commune avec la Hongrie ;
- installation au pouvoir des partis communistes tant à Bucarest qu’à Sofia, et élimination de toute autre formation politique ;
- mise en place à Vienne, sans consulter les Occidentaux, d’un gouvernement provisoire pro-soviétique dont le chef a approuvé l’Anschluss en 1938 ;
- enfin, le maréchal Tito, maintenant établi à Belgrade, refuse, contrairement à ce que le Kremlin avait promis aux Alliés, de laisser le roi Pierre II rentrer de son exil.
De plus en plus inquiet de ces violations répétées de la charte de l'Atlantique et de la Déclaration sur l'Europe libérée de Yalta, Churchill s’alarme dans un télégramme du 12 mai 1945 à Truman des risques de voir les forces soviétiques s’avancer jusqu’aux rives de l’Atlantique et utilise déjà l’expression « Rideau de fer », qui deviendra célèbre. En mars 1946, dans un discours retentissant, il dénonce ouvertement cette mainmise soviétique sur l’Europe centrale et orientale. « De Stettin dans la Baltique à Trieste dans l’Adriatique, un rideau de fer est tombé sur le continent. (…) Les partis communistes, qui étaient très faibles dans tous ces États de l’Est de l’Europe, ont obtenu un pouvoir qui dépasse de beaucoup leur importance et ils cherchent partout à exercer un contrôle totalitaire. Des gouvernements policiers s’installent un peu partout, au point qu’à l’exception de la Tchécoslovaquie, il n’y a pas de vraie démocratie. »
En Allemagne, dans leur zone d’occupation, les Soviétiques mènent avec vigueur la dénazification décidée à la conférence de Potsdam. Plus de 120 000 personnes sont internées dans des « camps spéciaux », qui existeront jusqu’en 1950. 42 000 détenus y seraient morts de privations et de sévices. Cette politique d’épuration va de pair avec la nomination de cadres communistes aux postes-clés de l’administration, de la police et de la justice, plusieurs milliers d’agents ayant travaillé sous le III Reich sont « recyclés » par les nouveaux services de sécurité d’Allemagne de l’Est ou maintenus dans l'administration et de nombreux fonctionnaires de l'ancien régime serviront le nouveau pouvoir jusqu'aux années 1960.
Les alliés occidentaux, en revanche, misent davantage sur une « rééducation » (Umerziehung) du peuple allemand, associée à une politique d’indulgence à l’égard des « suiveurs » (Mitläufer) et sympathisants du régime. Des scientifiques allemands sont ainsi récupérés par la Joint Intelligence Objectives Agency (JIOA) afin de travailler pour les États-Unis (opération Paperclip), tandis qu’il est permis à d’anciens fonctionnaires ou militaires du Troisième Reich, s’ils n’ont pas été condamnés par la justice, d’exercer à nouveau leurs fonctions. Dès la fin de la guerre, l’Office of Strategic Services (OSS), embryon de la Central Intelligence Agency (CIA), confie à l’ex-major-général de la Wehrmacht Reinhard Gehlen, chef de l’Abwehr pour le front est (Abteilung Fremde Heere Ost), le soin de créer un service de renseignements couvrant l’ensemble des territoires naguère occupés par l’Allemagne. Pour justifier son budget – qui est en partie utilisé pour exfiltrer, en collaboration avec l’ODESSA, d’anciens collaborateurs ou des criminels de guerre nazis –, ce réseau d’espionnage nouvellement créé, précurseur du Bundesnachrichtendienst (BND) et baptisé Gehlen Org par la Défense américaine, transmet parfois des informations entièrement fabriquées et de plus en plus inquiétantes sur la puissance de l’Armée soviétique et sur la stratégie expansionniste de l’URSS. Dès 1947, les États-Unis en font un élément de leur propagande, alors qu’en réalité l’Union soviétique n’a pas encore commencé à se remettre du conflit mondial.
Il faut préciser toutefois que, même si Staline n’avait sans doute pas l’intention d’étendre la sphère de domination soviétique par les armes, l’URSS n’en vassalisa pas moins les pays qu’occupait son armée par la mise en place progressive de « démocraties populaires » et entreprit plusieurs tentatives d’accroître par intimidation sa sphère d’influence en Iran (voir crise irano-soviétique), en Grèce et en Turquie. Comme le disait Staline lui-même, il savait ne pas aller trop loin si la résistance à ses ambitions se crispait.
Opposition idéologique
Dès le XIX siècle, Alexis de Tocqueville prédit que les États-Unis et la Russie impériale ont tous deux vocation à devenir un empire à l’échelle mondiale et qu’ils s’opposeront pour la domination globale dès qu’ils entreront en contact. Il écrit que « chacun d'entre eux [États-Unis et Russie] semble être appelé par un dessein secret de la Providence à tenir un jour dans ses mains les destinées de la moitié du monde ». La « destinée manifeste » des États-Unis d’un côté, la volonté d’expansion de la Russie de l’autre, entraîne la rivalité des deux principaux États impérialistes.
Les deux systèmes socioéconomiques sont différents, voire opposés sur plusieurs points :
- Sous-chapitre : Les accords nucléaires
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Au lendemain de la crise des missiles cubains, les États-Unis et l’URSS décident de se rapprocher pour maîtriser, dans un esprit de transparence, un équilibre désormais fondé sur une « destruction mutuelle assurée » (MAD pour Mutual assured destruction en anglais).
Dès juin 1963, un « téléphone rouge », liaison permanente par téléscripteur entre le Kremlin et la Maison Blanche, leur permet de se concerter immédiatement et d’éviter ainsi une diplomatie « au bord du gouffre ».
En août 1963, ils signent le traité de Moscou, qui interdit les essais nucléaires atmosphériques et sous-marins.
L'assassinat de John F. Kennedy à Dallas le 22 novembre 1963 bouleverse la planète, partout les gens pleurent ce jeune président, URSS comprise. Le successeur de Kennedy, Lyndon Johnson, s'engage à poursuivre la détente. Johnson va engager son pays dans la guerre du Viêt Nam.
En janvier 1968, par le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), issu d’un projet conjoint américano-soviétique présenté à la Commission du désarmement à Genève, ils s’engagent, ensemble avec le Royaume-Uni, à ne transférer ni armes ni technologie nucléaires aux États non dotés d’armes nucléaires (ENDAN).
En mai 1972, les accords SALT I (Strategic Armements Limitation Talks), signés par Nixon et Brejnev, limitent les armements défensifs anti-missiles (ABM) à deux sites pour chacun des deux pays et gèlent pour une durée de cinq ans les armes nucléaires offensives, c’est-à -dire les rampes de lancement fixes pour missiles intercontinentaux (ICBM) et les missiles installés sur sous-marins (SLBM).
En juin 1979, Carter et Brejnev signent les accords SALT II, négociés depuis 1974 dans le prolongement de SALT I. Ces accords prévoient un gel des lanceurs à ogives multiples (MIRV) et un contrôle réciproque des armes nucléaires. Ils ne furent pas ratifiés par le Sénat américain en raison de l’invasion de l’Afghanistan par l’Union soviétique, les deux parties déclarant toutefois qu’elles en respecteraient les clauses.
Les mobiles de ce rapprochement sont multiples. Il y a d’abord à l’évidence la volonté de se dégager d’une course aux armements de plus en plus coûteuse, et absurde en raison de la « capacité de surextermination » (overkill) des arsenaux nucléaires ; par ailleurs, l’URSS est contestée par la République populaire de Chine, la rupture sino-soviétique permettant, dans le cadre d’une diplomatie désormais triangulaire, un rapprochement sino-américain ; en même temps, en raison d’une économie qui stagne, l’URSS a besoin d’une aide extérieure que les États-Unis lient à des accords politiques (le linkage de Henry Kissinger) ; et enfin, les États-Unis, de leur côté, sont engagés dans la guerre du Viêt Nam qui absorbe une part excessive du budget américain : d’où le désir des deux « adversaires-partenaires » (Raymond Aron) d’aboutir à une gestion raisonnable de la Guerre froide.
- Sous-chapitre : La « détente » en Europe (1962 - 1975)
Dans chacun des deux blocs, pro-soviétique et pro-américain, les deux superpuissances sont contestées. Le modèle soviétique est contesté en Europe de l’Est. En 1968 la Tchécoslovaquie est envahie par les troupes du pacte de Varsovie : le Printemps de Prague touche à sa fin, la doctrine Brejnev de 1968 énonçant une « souveraineté limitée » pour les pays du bloc de l'Est, justifiant ainsi l'intervention de Moscou.
À l’Ouest, De Gaulle prend ses distances avec les États-Unis et l’OTAN, en se retirant du commandement intégré de l'Alliance atlantique en 1966. La France continue néanmoins à être membre de l'OTAN mais le siège de l'organisation quitte le pays.
En 1969, Willy Brandt devient chancelier de la RFA et engage une politique de rapprochement et d’ouverture à l’Est, l'« Ostpolitik », rompant ainsi avec la doctrine Hallstein de non-reconnaissance de la RDA. Les deux États se reconnaissent mutuellement en 1972 et entrent à l’ONU en 1973.
Confronté à une intense agitation intérieure (Convention nationale démocratique de 1968, mouvement hippie, etc.), Nixon énonce la doctrine Nixon en 1968, qui décide une réduction de l'engagement militaire direct du Pentagone dans le monde, celui-ci optant de plus en plus pour un interventionnisme discret, via les forces spéciales, et des « guerres proxy » (par intermédiaire). Dans le même temps, la Realpolitik de Kissinger admet l'existence de l'URSS et le dialogue nécessaire, en même temps de l'usage de la carotte et du bâton. En 1971, la publication des Pentagon Papers choque les Américains, qui découvrent les opérations secrètes de la CIA. Le « Credibility gap » (manque de crédibilité), bien réel celui-là , vient remplacer le « Missile gap » et le « Bomber gap » fortement exagérés par les forces armées américaines .
En 1975, les accords d’Helsinki sont signés par 33 États européens, URSS comprise dans la somme, le Canada et les États-Unis. Les accords doivent permettre la coopération entre les États, la libre circulation des personnes et le respect des droits de l’homme.
- Sous-chapitre : La République populaire de Chine, le 3 acteur
La cohésion apparente du « bloc communiste » se fissure à partir de la rupture sino-soviétique, qui voit ces deux régimes s'affronter sur le terrain idéologique et diplomatique.
Le risque d'une guerre entre ces deux géants fut pris très au sérieux lors du conflit frontalier sino-soviétique de 1969. Constatant que Pékin ne pouvait affronter à la fois Moscou et Washington, Mao choisit de se rapprocher des États-Unis. La proximité géographique de l’URSS posait en effet selon lui une menace autrement plus grande que les États-Unis.
Afin d’affaiblir l’Union soviétique, les États-Unis saisissent la balle au bond et se rapprochent de la République populaire de Chine alors qu’elle se lance dans une course aux armements (bombe A le 16 octobre 1964, bombe H le 14 juin 1967). Nixon cherche à isoler davantage l’Union soviétique, surtout dans le tiers Monde.
L’équipe de ping-pong des États-Unis fait un voyage en Chine le 10 avril 1971 : c’est la « ping pong diplomacy ». Le 25 octobre 1971, sous la pression des États-Unis, l’ONU reconnaît la Chine populaire qui siège désormais au Conseil de sécurité (76 voix pour, 35 contre, 17 abstentions) et au Conseil de Sécurité à la place de Taïwan, qui quitte l’ONU en signe de protestation. Enfin, le président Nixon, invité par Mao Zedong, se rend en Chine (février 1972).
Malgré l'antiaméricanisme d'une grande partie de l'administration chinoise, les relations stratégiques et économiques avec les États-Unis prennent de plus en plus d'ampleur. Le conseiller à la sécurité nationale du président Carter, Zbigniew Brzezinski, négocie avec Deng Xiaoping pour installer des bases servant au renseignement d'origine électromagnétique (SIGINT) en Chine, afin d'écouter l'URSS. La répression des manifestations de la place Tian'anmen, en 1989, a conduit à freiner cette collaboration.
- Sous-chapitre : Les limites de la « détente »
Les deux Grands sont impliqués dans des conflits importants. Tous deux mènent une lutte d’influence dans les pays du tiers monde : c'est ce que l'on nomme les conflits périphériques.
De 1964 à 1975, la guerre du Viêt Nam oppose indirectement les grandes puissances. Les États-Unis s’engagent militairement au Viêt Nam à partir de 1962.
Les États-Unis soutiennent de nombreux pays indépendamment de leur type de gouvernement (y compris des dictatures), dans le cadre de la doctrine de l'endiguement envers l’URSS, et provoquent ou favorisent plusieurs coups d’État à travers les opérations Ajax, PBSUCCESS et FUBELT. En Amérique latine, le régime castriste soutient des guérillas révolutionnaires, qui se soldent par des échecs.
- Sous-chapitre : La guerre du ViĂŞt Nam
Article détaillé : Guerre du Viêt Nam.
La guerre du Viêt Nam (aussi appelée deuxième guerre d'Indochine) est une guerre qui a opposé de 1959 à 1975, d'une part la République démocratique du Viêt Nam (ou Nord-Viêt Nam) et son armée populaire vietnamienne - soutenue matériellement par le bloc de l'Est et la Chine - et le Front national pour la libération du Viêt Nam (ou Viet Cong), face à , d'autre part, la République du Viêt Nam (ou Sud-Viêt Nam), militairement soutenue par l'armée des États-Unis à partir de 1964, à la suite des incidents du golfe du Tonkin appuyé par plusieurs alliés (Australie, Corée du Sud, Thaïlande, Philippines).
- Sous-chapitre : Tensions dans le monde
De nombreux pays trouvent la tutelle soviétique ou américaine lourde et veulent s'en séparer.
- -Distance avec les États-Unis
- -Distance avec l'OTAN
- -Développement de l'antiaméricanisme
- -Rapprochement avec Mao
- -Renversement du dictateur pro-américain Fulgencio Batista
- -Distance puis conflit avec les États-Unis
- Iran
Liste :
- -Renversement du gouvernement installé et maintenu par les États-Unis
- -Mise en place d'une république islamiste
- -Elle s'éloigne de plus en plus de l'URSS
- -Elle se rapproche des États-Unis
- la République socialiste tchécoslovaque :
Liste :
- -Le printemps de Prague
- la République populaire de Hongrie
Liste :
- -L’insurrection de Budapest
- -Tito s'oppose à la mainmise de l'URSS sur son pays et tente un socialisme non-aligné
- L'Albanie
Liste :
- -S'éloigne de l'URSS à partir de la déstalinisation et se rapproche de la Chine de Mao

Chapitre : La seconde Guerre froide ou « guerre fraîche » (1975 - 1985)
- Sous-chapitre : L'expansionnisme de l'Union soviétique
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Situation de l’alignement des pays du Monde sur les deux blocs en 1980; les guérillas liées à la Guerre froide sont mentionnées.
Profitant du déclin des États-Unis sur la scène internationale du fait de l’humiliation subie au Viêt Nam et de la politique relativement pacifiste du président Carter, l’Union soviétique s'engage davantage, notamment en Asie, en Afrique et en Amérique du Sud, mais aussi en Europe (crise des euromissiles).
L’Union soviétique se met à déployer de plus en plus d'armes de nouvelle génération inquiétant l'avance technologique de l'Ouest. Carter négocie cependant le traité SALT II avec Brejnev, signés en 1979.
Le 3 juillet 1979, Carter signe l'autorisation mettant en place l'opération Cyclone d'aide militaire et financière aux moudjahidins afghans, escomptant ainsi, sur les conseils de Brzezinski, provoquer l'URSS à envahir l'Afghanistan. Le 1er octobre 1979, il annonce la formation des United States Rapid Deployment Forces (RDF, Forces de déploiement rapide, qui deviendront CENTCOM en 1983). Plus de deux mois plus tard, à la fin décembre 1979, les troupes soviétiques entrent en Afghanistan.
Quelques jours après l'invasion de l'Afghanistan, Carter rétorque en exposant la doctrine Carter lors de son discours sur l'état de l'Union de janvier 1980: la Maison-Blanche déclare alors qu'elle n'hésitera pas à intervenir militairement dans le golfe Persique pour défendre ses intérêts nationaux. Il déclare en outre le boycott des Jeux olympiques de 1980, à Moscou, tandis que les accords SALT II ne sont pas ratifiés. La crise iranienne des otages l'affecte néanmoins durement, et Ronald Reagan gagne les élections, les otages étant libérés immédiatement après.
- Sous-chapitre : « America is back » (1981)
Aux États-Unis, discrédité par sa politique internationale jugée désastreuse et malgré une bonne gestion de la crise économique, Carter est battu aux élections par Ronald Reagan. Sous les présidences de Reagan (1981-1989), puis de George Herbert Walker Bush (1989-1993), les valeurs conservatrices sont remises à l'honneur, comme la morale puritaine. En économie, Reagan suit un programme néolibéral, inspiré en particulier par l'École de Chicago (monétarisme de Milton Friedman), tempéré par un creusement considérable des déficits publics.
Les interventions extérieures se développent : à l’extérieur, ils abandonnent la détente, dénoncent l’Union soviétique comme « l’empire du mal » (lors d'une convention nationale d’évangélistes) et donnent aux États-Unis les moyens militaires de « défendre la liberté et la démocratie ». Les interventions directes et indirectes augmentent dans le monde : reprise en main de l'Opération Charly menée dans toute l'Amérique latine par la junte argentine, aide aux Contras contre le Nicaragua en 1981-1986 (débouchant sur l'Irangate) et invasion de la Grenade en 1983.
- Sous-chapitre : La course aux armements, l’équilibre de la terreur et sa rupture
Dans un but militaire, plusieurs pays s’équipent de matériel, souvent au-delà de ce qui est en pratique nécessaire pour assurer leur survie et leur domination, qu’elle soit géopolitique ou économique. A la fin des années 1970, la Guerre froide reprend de la vigueur dans le sillage, notamment, de l'invasion de l'Afghanistan par les troupes soviétiques et d'une nouvelle affaire de missiles. Après que l'Union soviétique ait stationné des missiles nucléaires moyenne portée SS-20 en Europe de l'Est, l'OTAN répond par sa « double décision ». Celle-ci prévoit l'installation progressive de Pershings et de missiles de croisière américains sur le territoire de cinq pays membres de l'OTAN. Les missiles sont déployés malgré l'opposition de l'opinion publique. Les États-Unis et l’URSS ont acquis de façon frénétique du matériel de destruction où chacun a tenté de démontrer sa supériorité sur l’autre. Cependant, à l’usure, cette course aux armements, les progrès techniques étant continus, ce fut le poids trop important du complexe militaro-industriel sur l'économie de l'URSS qui mit fin à cette course.
| OTAN | Pacte de Varsovie | |
|---|---|---|
| Fusées intercontinentales | 1 646 | 2 348 |
| Avions de combat | 11 900 | 12 000 |
| Sous-marins | 224 | 258 |
| Missiles de moyenne portée | 0 | 600 |
| Navires de guerre | 368 | 207 |
| Têtes nucléaires | 14 587 | 9 000 |
| Chars d'assaut | 25 000 | 60 000 |
| Soldats | 5 200 000 | 5 700 000 |
Pendant cette course, ces deux pays ont créé un climat de terreur chez leurs ennemis. Chemin faisant, ils ont démontré qu’ils possédaient un arsenal nucléaire suffisant pour détruire quiconque s’opposerait de façon notable à leurs plans. Étant assuré de leur destruction mutuelle, ils ont maintenu ce qui est appelé l'équilibre de la terreur, c’est-à -dire une situation où personne ne peut gagner suite à un conflit nucléaire.
Le 23 mars 1983, Ronald Reagan annonce le projet Initiative de défense stratégique (IDS) ou « Guerre des étoiles » : les États-Unis seraient protégés des armes nucléaires par un « bouclier spatial » très coûteux qui les dévierait. L’Union soviétique ne peut pas suivre, abandonne la course aux armements et consent à négocier. Clinton renoncera à l’IDS en 1993 et c’est George W. Bush qui le réalisera (décembre 2001).
- Sous-chapitre : Guerres en Afrique
En Afrique, des guerilleros communistes prennent le pouvoir après 1975 dans les pays nouvellement indépendants de l'ancien empire colonial portugais (Angola, Mozambique…) et entament des actions militaires en direction de l'Afrique du Sud avec l'appui de l'armée cubaine, ce qui entraîne de véritables batailles rangées notamment en Namibie. En Éthiopie, l'armée soviétique et les forces cubaines interviennent contre les mouvements luttant contre la dictature de Mengistu Haile Mariam à partir de 1976. Des actions de déstabilisations sont parfois contrecarrées, comme le sauvetage de Kolwezi par l'armée française.
- Sous-chapitre : La crise des missiles en Europe
Cette période est marquée par l’expansion de l’URSS et de son influence dans de nouveaux territoires, notamment en Europe, avec le renforcement du pacte de Varsovie. Cette expansion entraîne la crise des euromissiles de 1979 à 1985 : l’OTAN installe des missiles de croisière et des Pershing II pour faire contrepoids aux missiles SS-20 soviétiques.
Cela entraîna de grandes manifestations pacifiques, soutenues par les partis communistes dans les pays concernés dont un slogan « Plutôt rouge que mort » ((de) Lieber rot als tot) entraîna, en autres, cette phrase du président français François Mitterrand au Bundestag : « Le pacifisme est à l'Ouest, les missiles sont à l'Est. »
Malgré les pressions, ces missiles seront finalement installés à partir de 1985 et devant le fait accompli, l'URSS entama des négociations qui donneront lieu à l'accord américano-soviétique du 27 mai 1988 sur l'élimination des missiles nucléaires de portée intermédiaire des arsenaux des deux États.
- Sous-chapitre : Le problème de la Pologne
La Pologne joue un grand rôle dans l’affaiblissement de l’Union soviétique et la chute du bloc de l’Est :
- Le 16 octobre 1978, Karol Wojtyła est élu 262 pape sous le nom de Jean-Paul II. Polonais, il est le premier pape non italien depuis Adrien VI (†1523). S’impliquant sur la scène internationale, il va lutter activement contre le communisme ;
- Le 31 août 1980, l’ouvrier métallurgiste Lech Wałęsa fonde le syndicat Solidarność, soutenu par les Occidentaux qui désapprouvent la mise en place du régime très dur du général Wojciech Jaruzelski, soutenu par l’Union soviétique, à Varsovie (13 décembre 1981).
- Sous-chapitre : La première guerre d’Afghanistan
Article détaillé : Première guerre d'Afghanistan.
En 1978, les communistes s'emparent du pouvoir en Afghanistan à la suite de l'assassinat du président Daoud Khan, qui avait lui-même déposé le roi Zaher Shah en 1973. Les islamistes afghans entrent en conflit avec le pouvoir en place. Le 27 décembre 1979, Moscou envoie son armée, inaugurant la première guerre d’Afghanistan. Les États-Unis s’impliquent dans ce conflit en alimentant sur place la résistance antisoviétique avec l'aide de la République populaire de Chine, de l'Égypte, de l'Arabie saoudite et les services de renseignement de plusieurs pays ouest-européens, en finançant et en proposant une formation militaire à des groupes de moudjahiddin, « guerriers saints » islamistes résistant à l’occupant soviétique. Les armées de l’URSS se retirent de l’Afghanistan en février 1989.

Chapitre : L'œuvre de Gorbatchev : de la « nouvelle détente » à la fin du bloc soviétique
Le 11 mars 1985, après la mort de Konstantin Tchernenko, Mikhaïl Gorbatchev (âgé de 54 ans) arrive au pouvoir en URSS. Il lancera peu après les politiques de glasnost (transparence) et de perestroïka (restructuration).
- La recherche du désarmement : Gorbatchev veut sortir son pays de la Guerre froide ruinant l’Union soviétique qui y consacre environ 16 % de son PNB contre 6,5 % pour les États-Unis (M. Vaïsse, 2004). La première rencontre officielle entre Gorbatchev et Ronald Reagan a lieu lors du sommet de Genève en octobre 1985. Les deux dirigeants conviennent de se rencontrer à l'avenir pour discuter du désarmement ; le sommet se caractérise par une détente manifeste entre les deux supergrands. Un accord écrit est signé à Genève en prévision d'une future réduction bilatérale de 50 % des arsenaux nucléaires, et certains évoquent dès à présent une nouvelle phase de Détente. Les 11 et 12 octobre 1986, Ronald Reagan et Gorbatchev se rencontrent à Reykjavik, ce qui inaugure une nouvelle « détente » marquée par la reprise du dialogue, interrompu en 1979 : les États-Unis refusent d’abandonner l’IDS, mais un accord est presque conclu sur la diminution des armes stratégiques, tandis que Gorbatchev évoque la « maison commune européenne », dénucléarisée et neutralisée. Ainsi, le 8 décembre 1987, à Washington, Reagan et Gorbatchev décident d’éliminer tous les missiles présents en Europe dans un délai de trois ans : c’est l’« option zéro », premier réel traité de désarmement :
- L’Europe est vidée des missiles nucléaires des deux Grands ;
- C’est la fin de la « crise des euromissiles » ;
- C’est la fin de la course aux armements (même si 4 % des têtes nucléaires seulement ont disparu).
Liste :
- Chute du bloc de l'Est (1988-1990) : Le 7 décembre 1988, à la tribune de l’ONU, Gorbatchev annonce la réduction des forces armées soviétiques en RDA, Hongrie et Tchécoslovaquie, ce qui signifie la fin de la « doctrine de souveraineté limitée » : l’Union soviétique se désengage de l’Europe de l’Est. Ce discours inaugure la « Révolution de velours », c’est-à -dire la transition douce des pays de l’Europe de l’Est entre un régime de type soviétique et un régime démocratique multipartiste par de nouvelles lois constitutionnelles de 1988 à 1990, avec des manifestations populaires, mais sans guère de combats ni de sang versé. En RDA, les habitants commencent à migrer vers la RFA par la Hongrie libre (été 1989). Puis, sous la pression de la population, le Mur de Berlin chute le 9 novembre 1989 et l’Allemagne sera réunifiée l’année suivante (3 octobre 1990). En République socialiste de Roumanie, le régime autocratique de Ceauşescu est le dernier à tomber, le 26 décembre 1989 et le dictateur est exécuté ainsi que sa femme. En 1990, Gorbatchev obtient le prix Nobel de la paix.
- Le règlement des conflits périphériques : Peu à peu, du fait du désengagement de l’Union soviétique et de la fin de la menace communiste, un vent de liberté souffle sur le monde et plusieurs conflits périphériques se règlent. Par exemple, les troupes du Viêt Nam quittent le Cambodge (29 septembre 1989) et les troupes cubaines quittent l’Angola et le Nicaragua. Beaucoup de dictatures d’Amérique latine, soutenues par les États-Unis comme rempart contre la tentation communiste, tombent : Argentine (1983), Brésil (1985), Paraguay (1989), Chili (1990). En Afrique du Sud, Nelson Mandela est libéré (12 février 1990), ce qui va mettre fin à l’apartheid (1991). En Afghanistan, l’Armée rouge quitte le pays (1988-1989) mais la guerre civile se poursuit entre les islamistes modérés du commandant Massoud et les islamistes durs soutenus par le Pakistan.
- Un espoir au Moyen-Orient ? : Lors de la guerre Iran/Iraq (1980-1988), l’Occident arme officiellement l’Iraq, et fournit l’Iran en cachette. L’Union soviétique soutient les deux camps. Le 20 août 1988, l’ONU parvient à un cessez-le-feu sans qu’il n’y ait un réel vainqueur. Cependant, au Liban, les accord de Taëf soumettent le pays à la Syrie. Dans le conflit israélo-palestinien, alors que la première Intifada bat son plein, des négociations secrètes sont menées.

Chapitre : L’implosion de l’Union soviétique et la fin de la Guerre froide (1988-1991)
Dans le contexte de la glasnost (« transparence ») et de la perestroïka (« restructuration ») et d’une tentative de démocratisation de l’Union soviétique, son implosion se fait en cinq grandes étapes :
- Dès mars 1989, les républiques baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie) proclament leur souveraineté. Moscou réagit en envoyant des troupes, mais choisit de les retirer devant les protestations internationales ;
- En juin 1991, Le Conseil d'assistance économique mutuelle (Comecon), une des deux principales organisations du bloc de l'Est, se dissout officiellement.
- Le 12 juin 1991, la République socialiste fédérative soviétique de Russie qui a élu Boris Eltsine à sa présidence, bien que Gorbatchev ait tout fait pour éviter cette élection, proclame à son tour sa souveraineté (8 juin 1991) ;
- Le 1 juillet 1991, l'autre principale organisation, le pacte de Varsovie est officiellement dissous suite au retrait des démocraties populaires est-européennes.
- Le 18 août 1991, des tenants de la ligne dure tentent le putsch de Moscou contre Gorbatchev qui est séquestré quelques jours dans sa datcha en Crimée. Des manifestations s’opposent à ce putsch, et Eltsine réussit à rétablir la situation. Les autres républiques quittent l’Union soviétique de août à décembre 1991 ;
- Le 8 décembre 1991, par les accords de Minsk en Biélorussie, constatant que « l’URSS n’existe plus », 11 ex-républiques socialistes soviétiques fondent la Communauté des États indépendants (CEI), qui est confirmé à Alma-Ata (Kazakhstan) quelques jours plus tard (21 décembre 1991) ;
- Le 25 décembre 1991, président d’un État qui n’existe plus, Gorbatchev est contraint de démissionner.
Dès août 1990, George Herbert Walker Bush, nouveau président des États-Unis, annonce la fin de l’affrontement Est/Ouest, c’est-à -dire de la Guerre froide et de la bipolarisation du monde. L'OTAN et le Pacte de Varsovie entament le démantelement aussi bien de leur arsenal nucléaire que de leurs forces de frappe conventionnelles. Dès novembre 1991, le Conseil de coopération nord-atlantique est mis sur pied, un organe de concertation entre l'OTAN et les anciens pays membres du Pacte de Varsovie fraîchement dissous. Six ans plus tard, l'OTAN et la Russie signe un Traité de Coopération et de Sécurité.

Chapitre : Chronologie indicative de la Guerre froide en Asie de l’Est
- 1 octobre 1949 : le Parti communiste chinois gagne la guerre civile et proclame la création de la République populaire de Chine (RPC). Indépendance de facto de Taïwan où subsiste la République de Chine, évacuée du continent. La présence navale américaine neutralise la reprise du conflit.
- 25 juin - août 1950 : offensive des troupes nord-coréennes en Corée du Sud.
- 27 juin 1950 : le président américain Truman envoie l’armée américaine soutenir la Corée du Sud après l’appel de l’ONU.
- Septembre - octobre 1950 : contre-offensive américaine en Corée
- Novembre 1950 - janvier 1951 : riposte de la Corée du Nord, soutenue par la Chine
- Mars 1951 : le front se stabilise.
- 27 juillet 1953 : les deux Corées signent un armistice.
- août 1954-mai 1955 : bombardement intensifs d’îles dépendant de Taïwan par la RPC.
- Août-juillet 1958 : bombardement intensifs des îles de Quemoy et de Matsu et affrontements navals et aériens entre la RPC et Taïwan. La présence de l’US Navy empêche le débarquement de troupes chinoises.
- 20 décembre 1960 : création du Front national pour la libération du Viêt Nam
- 1961 : Kennedy envoie les premiers conseillers militaires en République du Viêt Nam.
- Novembre 1963 : la CIA fomente un renversement du chef d'État sud-vietnamien, Ngo Dinh Diem. Kennedy ne veut pas faire tuer Diem, mais la CIA ignore ce point. Diem est blessé par balles, puis poignardé mortellement.
- 22 novembre 1963 : John Kennedy est abattu au Texas.
- 25 novembre 1963 : le nouveau chef de la Maison-Blanche, Lyndon Johnson, annule les décrets de Kennedy concernant le retrait du Viêt Nam.
- août 1964 : accrochage entre les flottes américaines et nord-vietnamiennes dans le golfe du Tonkin.
- Mars 1965 : les forces américaines décident d’intervenir au Viêt Nam
- Janvier - février 1968 : les Nord-Vietnamiens font avancer 70 000 hommes sur le Sud-Viêt Nam
- Mai 1968 : des négociations entre les différentes parties ont lieu
- 1971 : la RPC est admise à l’ONU et obtient un siège permanent au Conseil de sécurité à la place de Taïwan, qui décide de quitter l’organisation. Aujourd'hui, Taïwan ne fait toujours pas partie de l'ONU et n'est en aucun cas reconnue par la Chine. Elle est appelée « la province rebelle ».
- Février 1972 : visite de Richard Nixon en République populaire de Chine.
- 27 janvier 1973 : accords de paix de Paris. Retrait des troupes américaines
- 17 avril : prise de Phnom Penh par les Khmers rouges.
- 30 avril 1975 : Saigon est prise par les Nord-Vietnamiens.
- 25 avril 1976 : élection d’une assemblée nationale vietnamienne.
- Juin 1978 : 70 000 soldats Vietnamiens occupent une zone frontalière à l’intérieur du Cambodge
- 1 janvier 1979 : les États-Unis reconnaissent Pékin en tant que capitale de la Chine et ferment leur ambassade à Taipei.
- 7 janvier 1979 :Prise de Phnom Penh par le Viêt Nam. Début d'une guérilla antivietnaniemme.
- Février 1979 : guerre sino-vietnamienne
- Septembre 1989 : retrait des forces vietnamiennes du Cambodge

Chapitre : Notes et références
- ↑ (en) Lippmann, Walter, Cold War, Harper, 1947
- ↑ R. Aron, Les Conventions de la Guerre froide dans Une Histoire du XX siècle, Plon, 1996, p. 255
- ↑ Le Monde diplomatique, février 1992, p. 4
- ↑ Communiqué final de la Conférence de Yalta
- ↑ Heinrich A. Winkler, Histoire de l’Allemagne, XIX ‑ XX siècle, Fayard, 2000, p. 565
- ↑ Christine Ockrent, Alexandre de Marenches, Dans le secret des princes, Stock, 1986, p. 86
- ↑ Avec un succès très limité : en novembre 1946, d’après un sondage en zone américaine, 37 % d’Allemands estimaient que « l’extermination des Juifs, des Polonais et d’autres « non-Aryens » était indispensable à la survie du peuple allemand » et, en 1952 25 % des Allemands de l’Ouest admettaient avoir « une opinion favorable » sur Hitler. (Voir Tony Judt, Postwar – A History of Europe since 1945, Pimlico, 2005, p. 58)
- ↑ J. Loftus, L’Affreux Secret : quand les Américains recrutaient des espions nazis. De Gehlen à Barbie, Plon, Paris, 1985
- ↑ Voir notamment E. J. Hobsbawm, L’Âge des extrêmes, Éditions Complexe, 1994.
- ↑ Tocqueville, De la démocratie en Amérique, 1er livre, 1835.
- ↑ Un des aspects les plus terrifiants de la Guerre froide fut la course aux armements entre les États-Unis et l’URSS ; Armement nucléaire
- ↑ À partir de 1948, les deux blocs s’organisent progressivement tant sur le plan militaire que sur le plan économique ; L’organisation des blocs
- ↑ L’organisation du bloc occidental sur le plan économique
- ↑ L’organisation du bloc occidental sur le plan militaire
- ↑ Rapport IC 2000 (Interception Capabilities 2000) publié pour le Parlement européen par le Bureau d'Evaluation des Options Techniques et Scientifiques (STOA), et publié et traduit in Duncan Campbell, Surveillance électronique planétaire, Editions Allia, Paris, 2005, p. 17-24 spécifiquement sur l'UKUSA et p. 37
- ↑ Duncan Campbell, op.cit., p. 42-45
- L’affrontement des grandes puissances et la dissolution des blocs, Georges COUMES
- ↑ Le blocus est levé par les Soviétiques le 12 mai 1949. L’Allemagne est durablement coupée en deux. Les Soviétiques créent à leur tour une nouvelle monnaie dans leur zone d’occupation : le Mark. Les occidentaux regroupent leur zone d’occupation le 8 mai 1949, d’où la création de la République fédérale allemande (RFA), alors que les soviétiques créent la République démocratique allemande (RDA) le 7 octobre 1949. L’Allemagne - les points de tension
- ↑ La Guerre froide, Les points de tension
- ↑ La Guerre froide a créé en Corée, comme en Allemagne, deux États. Le 38 parallèle de latitude N sépare la Corée du Nord, dictature pro-soviétique, de la Corée du Sud démocratie pro-occidentale. La guerre qui s’y déroule entre 1950 et 1953 fait suite à la victoire, en Chine, de Mao, qui soutient le gouvernement nord-coréen. La Corée
- ↑ cf. S. Courtois, La Vérité sur l’affaire Rosenberg, L’Histoire, septembre 2004
- ↑ 1) Des éléments nouveaux dans les rapports est-ouest Un dialogue plus ouvert
- ↑ Johanna Granville, (Le Premier Domino)The First Domino: International Decision Making During the Hungarian Crisis of 1956, Texas A & M University Press, 2004. ISBN: 1585442984.
- ↑ La crise du canal Suez
- ↑ Déclaration du Conseil des ministres de la RDA, citée par Heinrich A. Winkler, Histoire de l’Allemagne, Fayard, 2000, p. 625
- ↑ ibid.
- ↑ Sous-marins soviétiques et US Navy, Alexandre Mozgovoï, Marines éditions, 2003, (ISBN 2909675947), p. 45-46
- ↑ Cuba - Castro, communisme et crise des missiles
- ↑ Bernard Droz et Anthony Rowley, Histoire générale du XX siècle, Éditions du Seuil, 1987, Tome III, p. 218
- ↑ E. Hobsbawm, L’Âge des extrêmes, Éditions Complexe, 1994, p. 308
- ↑ En 1968, les États-Unis et l’URSS engagent des négociations sur la limite d’armes stratégiques (Strategic Arms Limitations Talks). Les accords S.A.L.T.
- ↑ Dès 1973, les négociations SALT II commencent en raison de l’apparition de nouvelles armes qui ne sont par répertoriées dans les catégories définies par SALT I, tels les armes chimiques, les bombes à neutron et les missiles sol-sol. Les accords S.A.L.T.
- ↑ Dwayne A. Day, Of myths and missiles: the truth about John F. Kennedy and the Missile Gap, The Space Review, 3 janvier 2006
- ↑ Le 30 octobre 1973, des pourparlers commencent à Vienne entre 12 pays de l’OTAN. et 7 du pacte de Varsovie en vue de la réduction mutuelle des forces et armes stationnées en Europe Centrale. Deux ans plus tard tous les pays d’Europe, sauf l’Albanie, participent à la conférence d’Helsinki sur la sécurité et la coopération en Europe. Elle aboutit aux accords d’Helsinki, signé le 1 août 1975. Ils sont souvent considérés comme le point culminant de la détente. …Les accords d’Helsinki
- ↑ «Nous avons fait le choix de tout savoir», entretien avec Zbigniew Brzezinski, par Vincent Jauvert, dans Le Nouvel Observateur n 1779, 10 décembre 1998
- ↑ Le Viêt Nam du nord est un régime communiste qui possède l’aide de l’URSS. Le Viêt Nam du sud est à la base une démocratie, mais son gouvernement est dictatorial, il est appuyé par les États-UnisLa guerre du Viet-Nam
- ↑ « Oui, la CIA est entrée en Afghanistan avant les Russes... », entretien avec Brzezinski dans Le Nouvel Observateur, n°1732, 15 janvier 1998
- ↑ Chalmers Johnson, The Largest Covert Operation in CIA History, History News Network, 6 septembre 2003
- ↑ Manuel d'Histoire franco-allemand, Terminales L/ES/L, Nathan, 2006
- ↑ Pour la première fois dans l’histoire, l’humanité avait le potentiel de se détruire. La peur régnait à travers le monde, autant dans les pays producteurs que les pays spectateurs Armement nucléaire - Destruction de l’environnement au profit de la défense
- ↑ Dans son discours sur l'état de l'Union du 28 janvier 1992, il déclare : « Grâce à Dieu, les États-Unis ont gagné la Guerre froide ; un monde jadis divisé en deux camps armés reconnaît aujourd’hui la supériorité d’une seule puissance : les États-Unis ; cette constatation n’inspire aucune peur car le monde a confiance en notre nation et il a raison. »

Chapitre : Vous pouvez voir également :
- Sous-chapitre : Bibliographie
- Sophie Chautard, L'indispensable des conflits du XX siècle, Levallois-Perret, Studyrama, 272 p.
- Pierre du Bois de Dunilac, «Guerre froide, propagande et culture (1945-1953)», Relations internationales, n° 115, 2003, pp.437-454
- Pierre du Bois de Dunilac, «Cold War, culture and propaganda, 1953 to 1975», in, Wilfried Loth and Georges-Henri Soutou (eds), The Making of détente, Eastern and Western Europe in the Cold War, 1965-75, London and New York, Routledge, 2008, p. 9 à 24.
- André Fontaine, La Guerre froide, 1917-1991, Paris, La Martinière, 2006, 572 p.
- René Girault, Robert Frank, Jacques Thobie, La Loi des géants, 1941-1964 : Histoire des relations internationales contemporaines, III, Paris, Payot et Rivages, 2005, 541 p.
- Granville, Johanna (Le Premier Domino)The First Domino: International Decision Making During the Hungarian Crisis of 1956, Texas A & M University Press, 2004. ISBN: 1585442984.
- Granville, Johanna (Imre Nagy autrement connu sous le nom de l'espion 'Volodya') "Imre Nagy aka 'Volodya' - A Dent in the Martyr's Halo?", Cold War International History Project Bulletin, no. 5 (Woodrow Wilson Center for International Scholars, Washington, DC), Spring, 1995, pp. 28, and 34-37.
- Granville, Johanna, "Radio Europe Libre et la révolution hongroise" "Caught With Jam on Our Fingers”: Radio Free Europe and the Hungarian Revolution in 1956” Diplomatic History, vol. 29, no. 5 (2005): pp. 811-839.
- Granville, Johanna, "Documents d'archives soviétiques sur la Hongrie" "Soviet Archival Documents on the Hungarian Revolution, 24 October - 4 November 1956", Cold War International History Project Bulletin, no. 5 (Woodrow Wilson Center for International Scholars, Washington, DC), Spring, 1995, pp. 22-23, 29-34.
- Jeannesson, Stanislas, La Guerre froide, La Découverte, Paris, 2002, 123 p.
- Lewkowicz, Nicolas, The German Question and the Origins of the Cold War, IPOC, Milan, 2008 ISBN: 8895145275
- Lilly Marcou, La Guerre froide, l’engrenage, Bruxelles, Éditions Complexe, 1987, 275 p.
- Georges-Henri Soutou, La Guerre de Cinquante ans, Fayard, 2001.
- Maurice Vaïsse, Les relations internationales depuis 1945, Armand Colin, 3 éd., 2003, 257 p.
- Michel Winock (éd.), Le temps de la Guerre froide. Du rideau de fer à l'effondrement du communisme. Paris, Seuil, 1994, collection Points-Seuil (Recueil d'articles publiés dans le magazine L'Histoire).
- Sous-chapitre : Articles connexes
- Chronologie de la Guerre froide
- Liste des alliances internationales de la Guerre froide
- Conférences internationales lors de la Guerre froide
- Désarmement nucléaire
- « Erreurs » de jugement de la Gehlen Org et de l’OSS-CIA
- Plan Marshall
- Anticommunisme
- Antiaméricanisme

Chapitre : Liens externes
- (en) Archives soviétiques sur la Guerre froide
- (fr) Hiroshima et Nagasaki, le début de la Guerre froide ?
- (fr) Sur l'auto-implosion de l'URSS
- (fr) Sur la guerre froide
- (fr) Sur les Missions de Potsdam
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