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Définition Wikipédia de : Guerre froide



Guerre froide
Cold War Map 1959.svg



Introduction :

      La confrontation des blocs en 1959 :







Suite de l'article :

     Pays membres de l'OTAN      Autres pays alliĂ©s des États-Unis      Pays colonisĂ©s      Pays membres du pacte de Varsovie      Autres pays alliĂ©s de l'URSS      Pays non-alignĂ©s


Informations générales
DateDe 1947
Ă  1991
LieuCuba, Berlin, Prague, Afghanistan, Angola, etc. (lieux de tensions et des guerres d'influence)
Issue- Chute du bloc soviétique en Europe de l'Est
- Fin du Monde bipolaire
- Les États-Unis deviennent la seule superpuissance restante
- Dissolution de l'URSS
Belligérants

     Le terme Guerre froide (anglais : Cold War - russe : Холодная война, Holodnaya voÄ­na) dĂ©signe la pĂ©riode de tensions et de confrontations idĂ©ologiques et politiques entre les deux superpuissances que furent les États-Unis et l’Union des rĂ©publiques socialistes soviĂ©tiques (URSS) et leurs alliĂ©s entre 1947 et 1991, annĂ©e de l'implosion de l'URSS et de la dissolution du Pacte de Varsovie.


     C’est sous la plume de l’homme d’État amĂ©ricain Bernard Baruch, en 1947, que l’expression « guerre froide Â», dĂ©jĂ  utilisĂ©e au XIV siècle, fait son apparition pour la première fois dans l'Occident moderne. Elle est vite popularisĂ©e par le journaliste Walter Lippmann. D'après Raymond Aron, il s'agissait d'une « guerre limitĂ©e Â» ou « paix belliqueuse Â» dans un monde bipolaire oĂą les belligĂ©rants Ă©vitaient l’affrontement direct, d'oĂą l'expression « Paix impossible, guerre improbable Â».


     De nombreux conflits, depuis la guerre de CorĂ©e, la guerre du ViĂŞt Nam jusqu’à la guerre d'Afghanistan, ont illustrĂ© l'opposition indirecte entre SoviĂ©tiques et AmĂ©ricains, avec la participation de leurs alliĂ©s respectifs. Les pays du tiers-monde tels que l’Inde de Nehru, l’Égypte de Nasser et la Yougoslavie de Tito formèrent pour un temps le mouvement des non-alignĂ©s, proclamant leur neutralitĂ© et jouant de la rivalitĂ© entre les blocs pour obtenir des concessions.

- Sommaire de la page -









Chapitre : Désignation



     Le terme « froide Â» apposĂ© en oxymore indique qu’il ne s’agit pas d’une guerre au sens habituel du terme, mais d’une confrontation qui proscrit l'affrontement armĂ© direct entre les deux grands vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale ; elle fut Ă©galement marquĂ©e par la course aux armements, la menace nuclĂ©aire (Ă©quilibre de la terreur) et la compĂ©tition technologique dans le domaine de la conquĂŞte de l'espace.


     Il existe une autre dĂ©finition  : si on retient gĂ©nĂ©ralement les dates de l’affrontement idĂ©ologique entre les deux blocs est-ouest (1947-1989), AndrĂ© Fontaine, ancien rĂ©dacteur en chef du journal Le Monde, quant Ă  lui, fait remonter cet affrontement Ă  la rĂ©volution russe de 1917. Certains historiens estiment que la Guerre froide aurait dĂ©jĂ  commencĂ© lors de la bataille de Berlin en 1945 suite aux tensions amĂ©ricano-soviĂ©tiques pour s'emparer des recherches nazies.






Chapitre : Volonté de reconstruction et de paix au lendemain de la Seconde Guerre mondiale





Image (cliquez pour agrandir) :

L'Europe au temps du rideau de fer.
     Bloc de l'Ouest, pays de l'OTAN      Bloc de l'Est, pays du pacte de Varsovie

      Rideau de fer

     Pays Neutre      Mouvement des non-alignĂ©sL'Albanie finira par rompre avec l'URSS pour s'aligner sur la Chine Populaire.




     En 1945, face aux États europĂ©ens ruinĂ©s par la Seconde Guerre mondiale, deux superpuissances Ă©mergent dans le contexte gĂ©opolitique mondial. Les États-Unis dĂ©tiennent le monopole nuclĂ©aire depuis les bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki en aoĂ»t 1945 et disposent d’une puissance Ă©conomique et financière inĂ©galĂ©e. L’Union soviĂ©tique possède une force militaire dĂ©cisive en Europe centrale et orientale, et un prestige politique considĂ©rable.

  - Sous-chapitre : Une reconstruction Ă©conomique


     Un nouvel ordre monĂ©taire et financier mondial est créé autour du dollar amĂ©ricain, pour Ă©viter l’instabilitĂ© Ă©conomique qui existait pendant l’entre-deux-guerres et relancer les Ă©changes internationaux. InstituĂ©e le 22 juillet 1944 par les accords de Bretton Woods, Ă  l’issue d’une confĂ©rence qui rĂ©unit 44 pays, cette nouvelle organisation de l’économie mondiale fut nĂ©gociĂ©e en fait entre la France, le Royaume-Uni et les États-Unis.


     Les accords Ă©tablirent un Fonds monĂ©taire international (FMI), ainsi qu’une Banque internationale pour la reconstruction et le dĂ©veloppement (BIRD), appelĂ©e communĂ©ment « Banque mondiale Â». Le FMI et la BIRD auraient pour mission notamment d’assurer la stabilitĂ© des devises nationales et d’accorder des prĂŞts Ă  la reconstruction et au dĂ©veloppement.


     Par ailleurs, les accords instituaient un système de paritĂ©s fixes par rapport au dollar US, seule monnaie entièrement convertible en or. Comme les États-Unis avaient une rĂ©serve d’or avoisinant les trois quarts des rĂ©serves mondiales, le dollar US s’imposa forcĂ©ment comme monnaie de rĂ©serve internationale, au mĂŞme titre que l’or. En effet, pour financer la guerre, les puissances europĂ©ennes avaient dĂ» vendre leurs stocks d’or aux États-Unis. Ainsi donc, le nouveau système monĂ©taire ne reposait plus uniquement sur le mĂ©tal fin dĂ©tenu par les banques centrales, mais sur le dollar US, as good as gold, dont la valeur Ă©tait garantie par la RĂ©serve fĂ©dĂ©rale des États-Unis, de mĂŞme que par la formidable puissance Ă©conomique des États-Unis.


     En juin 1947, dans un discours prononcĂ© Ă  l’universitĂ© Harvard, le secrĂ©taire d'État George Marshall offrit Ă  l’Europe « une aide fraternelle Â» afin de vaincre « la faim, le dĂ©sespoir et le chaos Â» qui rĂ©gnaient. Le plan Marshall ou « plan de Reconstruction europĂ©enne Â» ((en) European Recovery Program) Ă©tait proposĂ© Ă  toute l’Europe, y compris les pays de l’Est et l’Union soviĂ©tique elle-mĂŞme. Il Ă©tait toutefois assorti de deux conditions : l’aide amĂ©ricaine serait gĂ©rĂ©e par des institutions europĂ©ennes communes et le gouvernement fĂ©dĂ©ral amĂ©ricain aurait un droit de regard sur sa rĂ©partition. Staline hĂ©sita, puis, fin juin, fit part de son refus. La Pologne et la TchĂ©coslovaquie, qui, dans un premier temps, avaient donnĂ© une rĂ©ponse favorable Ă  la proposition amĂ©ricaine, se virent obligĂ©es de la refuser Ă  leur tour.


     Finalement, seize pays, rejoints en 1949 par l'Allemagne de l'Ouest (RFA), acceptèrent le plan Marshall : la France et le Royaume-Uni, qui en seront les principaux bĂ©nĂ©ficiaires, l’Autriche, le Benelux, la Grèce, l’Irlande, l’Islande, l’Italie, les pays scandinaves, le Portugal, la Suisse et la Turquie. En avril 1948, ces seize pays fondèrent l'Organisation europĂ©enne de coopĂ©ration Ă©conomique (OECE), qui deviendra l’Organisation de coopĂ©ration et de dĂ©veloppement Ă©conomiques (OCDE) en 1960, organisme supranational dont la fonction première Ă©tait de gĂ©rer et de rĂ©partir l’aide amĂ©ricaine entre les pays membres.


     De 1948 Ă  1952, plus de treize milliards de dollars US, 5/6 sous forme de dons, 1/6 sous forme de prĂŞts, furent fournis par les États-Unis. Cette aide Ă  la reconstruction se composait d’une partie financière (subventions et prĂŞts) et d’une autre en produits et Ă©quipements divers (denrĂ©es alimentaires, tracteurs, outils de production, etc.).


     Dans un espace Ă©conomique « dollarisĂ© Â» par les accords de Bretton Woods, le plan Marshall fut conçu pour combler le « dollar gap Â», permettant ainsi aux EuropĂ©ens d’acheter aux États-Unis approvisionnements et Ă©quipements tout en assurant un dĂ©bouchĂ© aux produits amĂ©ricains. En effet, en 1946, 42 % des exportations amĂ©ricaines ayant pris le chemin de l’Europe occidentale, un effondrement Ă©conomique de l’Europe Â» se serait rĂ©percutĂ© sur l’économie amĂ©ricaine elle-mĂŞme. Le secrĂ©taire adjoint Ă  l’économie, Will Clayton, l’exprimait ouvertement : « Disons, sans tourner autour du pot, que nos objectifs ont pour arrière-plan les besoins et les intĂ©rĂŞts des États-Unis. Nous avons besoin de marchĂ©s, de gros marchĂ©s, pour y acheter et pour y vendre. Â»


     Cependant, l’objectif du plan Marshall n’était pas uniquement Ă©conomique. Le gouvernement fĂ©dĂ©ral amĂ©ricain Ă  Washington avait compris que la dĂ©tresse des populations europĂ©ennes faisait le jeu des partis marxistes alignĂ©s sur Moscou, en France et en Italie notamment oĂą plus d’un quart de l’électorat votait communiste. Dès lors, l’injection de capitaux amĂ©ricains fut le complĂ©ment Ă©conomique de la doctrine du containment : endiguer l’influence soviĂ©tique par la crĂ©ation d’un espace de prospĂ©ritĂ© en Europe.


     Les SoviĂ©tiques ne tardèrent pas Ă  s’en rendre compte et, en octobre 1947, lors de la confĂ©rence fondatrice du Kominform, AndreĂŻ Jdanov, secrĂ©taire du Parti communiste de l'Union soviĂ©tique (PCUS), rĂ©unit avec les dĂ©lĂ©guĂ©s des neuf partis communistes europĂ©ens, dĂ©nonça l’« impĂ©rialisme amĂ©ricain Â» qui, d’après lui, vassalisait les Ă©conomies europĂ©ennes en les plaçant sous la tutelle de Washington. Selon la doctrine Jdanov, le monde Ă©tait dĂ©sormais divisĂ© en deux camps antagonistes : un « camp impĂ©rialiste et anti-dĂ©mocratique Â» dont les États-Unis sont « la principale force dirigeante Â» et « un camp anti-impĂ©rialiste et dĂ©mocratique Â», placĂ© sous l’égide de Moscou.

  - Sous-chapitre : Une volontĂ© de paix


     En aoĂ»t 1941, Churchill et Roosevelt avaient signĂ© la charte de l’Atlantique, une dĂ©claration commune s’inspirant des principes wilsoniens, dans laquelle les deux chefs d’État prĂ©voyaient la mise en place d’un « système Ă©tendu et permanent de sĂ©curitĂ© gĂ©nĂ©rale Â». En fĂ©vrier 1945, les accords de Yalta reprirent ce propos et annoncèrent la convocation d’« une confĂ©rence des Nations unies sur l’organisation mondiale (…) le 25 avril 1945, aux États-Unis. Â»


     Le 26 juin 1945, portĂ©s par le mouvement d’une opinion publique choquĂ©e par les exactions nazies et la cruautĂ© des combats, les dĂ©lĂ©guĂ©s de 51 pays approuvèrent Ă  San Francisco la Charte des Nations unies, le texte fondateur de l’Organisation des Nations unies (ONU), dont l’objectif le plus important serait de « prĂ©server les gĂ©nĂ©rations futures du flĂ©au de la guerre qui deux fois en l’espace d’une vie humaine a infligĂ© Ă  l’humanitĂ© d’indicibles souffrances. Â»






Chapitre : Les débuts


Article dĂ©taillĂ© : chronologie de la Guerre froide.

  - Sous-chapitre : Causes


     Après la Seconde Guerre mondiale, les relations entre les AmĂ©ricains et les SoviĂ©tiques se dĂ©gradent. L'URSS affirme vouloir garantir sa sĂ©curitĂ© en s'entourant de pays alliĂ©s le long de ses frontières. L'ArmĂ©e rouge ne se retire pas des pays qu'elle a libĂ©rĂ©s du nazisme et, contrairement aux engagements pris Ă  la confĂ©rence de Yalta, elle n'y organise pas d'Ă©lections libres. Une « guerre Â» d’un nouveau genre oppose les États-Unis Ă  l'expansionnisme soviĂ©tique, et la guerre des influences concerne rapidement le tiers monde, stabilisĂ©e par un Ă©quilibre nuclĂ©aire, dit l'« Ă©quilibre de la terreur Â», dès 1949, annĂ©e oĂą l'URSS possède Ă  son tour la bombe nuclĂ©aire.

Les causes immĂ©diates : la situation de l’après-guerre


     Staline cherche Ă  mettre l’URSS Ă  l’abri d’une nouvelle attaque par la crĂ©ation d’un « glacis Â» territorial et idĂ©ologique, c’est-Ă -dire d’un espace protecteur qui Ă©loigne la menace des frontières soviĂ©tiques :

    Liste :
  • en repoussant plus Ă  l’Ouest les frontières de l’URSS par l’annexion des pays baltes et d’une partie de la Pologne, alors que les territoires allemands situĂ©s Ă  l’est de l’Oder et de la Neisse de Görlitz sont placĂ©s sous administration polonaise (partage effectuĂ© lors de la confĂ©rence de Potsdam) ;
  • en imposant des gouvernements pro-soviĂ©tiques dans les pays d’Europe centrale et orientale occupĂ©s par l’ArmĂ©e rouge (Ă  l'exception de l'Autriche), pays qui deviendront plus tard des « dĂ©mocraties populaires Â». Le coup de Prague en TchĂ©coslovaquie, une des rares rĂ©elles dĂ©mocraties d’avant-guerre en Europe de l’Est, fut l’expression la plus visible pour l’Ouest de cette politique et fut perçu comme la manifestation de la volontĂ© hĂ©gĂ©monique de l’URSS.

     Avant mĂŞme la fin des hostilitĂ©s avec l’Allemagne, l’Union soviĂ©tique Ă©tablit sa domination dans les territoires libĂ©rĂ©s par l’ArmĂ©e rouge :

    Liste :
  • arrestation de seize dirigeants de l’ArmĂ©e secrète polonaise, formellement conviĂ©s Ă  Moscou pour des « entretiens politiques Â», les deux principaux leaders de la rĂ©sistance polonaise mourant en prison quelques mois plus tard. Le gouvernement polonais en exil Ă  Londres, abandonnĂ© par les Occidentaux, se voit dĂ©nier peu Ă  peu toute responsabilitĂ© et le comitĂ© de Lublin, formĂ© par les SoviĂ©tiques, prend le contrĂ´le du pays ;
  • attribution de la province tchĂ©coslovaque de RuthĂ©nie subcarpatique Ă  l’Ukraine, ce qui procure Ă  l’Union soviĂ©tique une frontière commune avec la Hongrie ;
  • installation au pouvoir des partis communistes tant Ă  Bucarest qu’à Sofia, et Ă©limination de toute autre formation politique ;
  • mise en place Ă  Vienne, sans consulter les Occidentaux, d’un gouvernement provisoire pro-soviĂ©tique dont le chef a approuvĂ© l’Anschluss en 1938 ;
  • enfin, le marĂ©chal Tito, maintenant Ă©tabli Ă  Belgrade, refuse, contrairement Ă  ce que le Kremlin avait promis aux AlliĂ©s, de laisser le roi Pierre II rentrer de son exil.

     De plus en plus inquiet de ces violations rĂ©pĂ©tĂ©es de la charte de l'Atlantique et de la DĂ©claration sur l'Europe libĂ©rĂ©e de Yalta, Churchill s’alarme dans un tĂ©lĂ©gramme du 12 mai 1945 Ă  Truman des risques de voir les forces soviĂ©tiques s’avancer jusqu’aux rives de l’Atlantique et utilise dĂ©jĂ  l’expression « Rideau de fer Â», qui deviendra cĂ©lèbre. En mars 1946, dans un discours retentissant, il dĂ©nonce ouvertement cette mainmise soviĂ©tique sur l’Europe centrale et orientale. « De Stettin dans la Baltique Ă  Trieste dans l’Adriatique, un rideau de fer est tombĂ© sur le continent. (…) Les partis communistes, qui Ă©taient très faibles dans tous ces États de l’Est de l’Europe, ont obtenu un pouvoir qui dĂ©passe de beaucoup leur importance et ils cherchent partout Ă  exercer un contrĂ´le totalitaire. Des gouvernements policiers s’installent un peu partout, au point qu’à l’exception de la TchĂ©coslovaquie, il n’y a pas de vraie dĂ©mocratie. Â»


     En Allemagne, dans leur zone d’occupation, les SoviĂ©tiques mènent avec vigueur la dĂ©nazification dĂ©cidĂ©e Ă  la confĂ©rence de Potsdam. Plus de 120 000 personnes sont internĂ©es dans des « camps spĂ©ciaux Â», qui existeront jusqu’en 1950. 42 000 dĂ©tenus y seraient morts de privations et de sĂ©vices. Cette politique d’épuration va de pair avec la nomination de cadres communistes aux postes-clĂ©s de l’administration, de la police et de la justice, plusieurs milliers d’agents ayant travaillĂ© sous le III Reich sont « recyclĂ©s Â» par les nouveaux services de sĂ©curitĂ© d’Allemagne de l’Est ou maintenus dans l'administration et de nombreux fonctionnaires de l'ancien rĂ©gime serviront le nouveau pouvoir jusqu'aux annĂ©es 1960.


     Les alliĂ©s occidentaux, en revanche, misent davantage sur une « rééducation Â» (Umerziehung) du peuple allemand, associĂ©e Ă  une politique d’indulgence Ă  l’égard des « suiveurs Â» (Mitläufer) et sympathisants du rĂ©gime. Des scientifiques allemands sont ainsi rĂ©cupĂ©rĂ©s par la Joint Intelligence Objectives Agency (JIOA) afin de travailler pour les États-Unis (opĂ©ration Paperclip), tandis qu’il est permis Ă  d’anciens fonctionnaires ou militaires du Troisième Reich, s’ils n’ont pas Ă©tĂ© condamnĂ©s par la justice, d’exercer Ă  nouveau leurs fonctions. Dès la fin de la guerre, l’Office of Strategic Services (OSS), embryon de la Central Intelligence Agency (CIA), confie Ă  l’ex-major-gĂ©nĂ©ral de la Wehrmacht Reinhard Gehlen, chef de l’Abwehr pour le front est (Abteilung Fremde Heere Ost), le soin de crĂ©er un service de renseignements couvrant l’ensemble des territoires naguère occupĂ©s par l’Allemagne. Pour justifier son budget – qui est en partie utilisĂ© pour exfiltrer, en collaboration avec l’ODESSA, d’anciens collaborateurs ou des criminels de guerre nazis –, ce rĂ©seau d’espionnage nouvellement créé, prĂ©curseur du Bundesnachrichtendienst (BND) et baptisĂ© Gehlen Org par la DĂ©fense amĂ©ricaine, transmet parfois des informations entièrement fabriquĂ©es et de plus en plus inquiĂ©tantes sur la puissance de l’ArmĂ©e soviĂ©tique et sur la stratĂ©gie expansionniste de l’URSS. Dès 1947, les États-Unis en font un Ă©lĂ©ment de leur propagande, alors qu’en rĂ©alitĂ© l’Union soviĂ©tique n’a pas encore commencĂ© Ă  se remettre du conflit mondial.


     Il faut prĂ©ciser toutefois que, mĂŞme si Staline n’avait sans doute pas l’intention d’étendre la sphère de domination soviĂ©tique par les armes, l’URSS n’en vassalisa pas moins les pays qu’occupait son armĂ©e par la mise en place progressive de « dĂ©mocraties populaires Â» et entreprit plusieurs tentatives d’accroĂ®tre par intimidation sa sphère d’influence en Iran (voir crise irano-soviĂ©tique), en Grèce et en Turquie. Comme le disait Staline lui-mĂŞme, il savait ne pas aller trop loin si la rĂ©sistance Ă  ses ambitions se crispait.

Opposition idéologique


     Dès le XIX siècle, Alexis de Tocqueville prĂ©dit que les États-Unis et la Russie impĂ©riale ont tous deux vocation Ă  devenir un empire Ă  l’échelle mondiale et qu’ils s’opposeront pour la domination globale dès qu’ils entreront en contact. Il Ă©crit que « chacun d'entre eux [États-Unis et Russie] semble ĂŞtre appelĂ© par un dessein secret de la Providence Ă  tenir un jour dans ses mains les destinĂ©es de la moitiĂ© du monde Â». La « destinĂ©e manifeste Â» des États-Unis d’un cĂ´tĂ©, la volontĂ© d’expansion de la Russie de l’autre, entraĂ®ne la rivalitĂ© des deux principaux États impĂ©rialistes.


     Les deux systèmes socioĂ©conomiques sont diffĂ©rents, voire opposĂ©s sur plusieurs points :

Alliances militaires





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Alliances économiques



     La formation des blocs s’explique en partie par l’arme nuclĂ©aire que les États-Unis possèdent, mais pas l’URSS (qui l’aura bientĂ´t cependant : la bombe A RDS-1 explosant en 1949). Chaque État se range donc sous la protection de l’une ou l’autre des superpuissances : c’est le « parapluie nuclĂ©aire Â». Le ralliement des États se fait par une sĂ©rie de pactes : c’est la « pactomanie Â», expliquant la rapide mise en place des blocs durant la Guerre froide. Un bloc se dĂ©finit donc comme un ensemble de pays sous le parapluie nuclĂ©aire d’une superpuissance. Très vite, le monde se divise en deux blocs.

Le bloc de l’Ouest


     La formation des dĂ©mocraties populaires est ressentie par les pays occidentaux comme une menace. Ils rĂ©agissent :

    Liste :
  • Ă©conomiquement : Ă  partir de 1947, les États-Unis mettent en Ĺ“uvre le plan Marshall, aide Ă©conomique pour la reconstruction de l’Europe, en tant que complĂ©ment Ă  la doctrine Truman.

Le bloc de l’Est

Article dĂ©taillĂ© : Bloc de l'Est.

     L’URSS adopte une stratĂ©gie strictement parallèle. Elle rĂ©agit :

    Liste :
  • politiquement : en septembre 1947, en rĂ©ponse Ă  la doctrine Truman et au plan Marshall, qui d’après eux vise « Ă  l’asservissement Ă©conomique et politique de l’Europe Â», les SoviĂ©tiques mettent en place le ComitĂ© d’information des partis communistes (Kominform). Le but officiel de cet organisme est « l’échange des expĂ©riences et la coordination de l’activitĂ© des partis communistes Â». Lors de la rĂ©union constitutive, Jdanov, dans la mĂŞme perspective manichĂ©enne que Truman, formule la doctrine soviĂ©tique en matière de politique internationale : le monde serait dĂ©sormais divisĂ© en deux camps hostiles, le camp anti-impĂ©rialiste et dĂ©mocratique et le camp impĂ©rialiste et antidĂ©mocratique ; l’URSS serait le leader du camp dĂ©mocratique, alors que les États-Unis seraient Ă  la tĂŞte du camp impĂ©rialiste.
    Liste :
  • Ă©conomiquement : en janvier 1949, suite Ă  la crĂ©ation de l’OECE, l’URSS fonde le Conseil d'assistance Ă©conomique mutuelle (CAEM, en anglais COMECON), qui est chargĂ© de coordonner les Ă©conomies des dĂ©mocraties populaires et de planifier les Ă©changes commerciaux entre elles.
    Liste :
  • militairement : en mai 1955, suite Ă  l’admission de la RFA dans l’OTAN, l’URSS crĂ©e le pacte de Varsovie, qui officialise l’autoritĂ© soviĂ©tique sur les armĂ©es des dĂ©mocraties populaires.

Les tentatives de négociation


     Ă€ partir de 1947, plusieurs confĂ©rences internationales rĂ©unissent les grandes puissances afin de dĂ©gager un consensus sur les problèmes qui les divisent : le sort et le statut de l’Allemagne, les conflits internationaux, le dĂ©sarmement gĂ©nĂ©ral, etc. Bien qu’elles constituent une espèce d’armistice en pleine Guerre froide, ces rĂ©unions se soldent par des Ă©checs ou aboutissent Ă  des rĂ©sultats insignifiants.






Chapitre : Les premières crises (1948-1953)


  - Sous-chapitre : La crise irano-soviĂ©tique

Article dĂ©taillĂ© : Crise irano-soviĂ©tique.

     La crise irano-soviĂ©tique fut la toute première Ă©preuve de force de ce qui allait devenir la Guerre froide, et a pour objet l’Iran. Ă€ l’étĂ© 1941, l’URSS et la Grande-Bretagne, Ă  la recherche d’une voie d’acheminement des armes et du ravitaillement Ă  destination du front russe, s’étaient entendus pour en occuper chacune une moitiĂ© et dĂ©poser le chah Reza Pahlavi, coupable de trop de sympathie avec l’Axe.


     Son fils, Mohammed Reza, qui lui a succĂ©dĂ©, a conclu avec ces puissances un traitĂ© prĂ©voyant le retrait de leurs troupes au plus tard le 2 mars 1946.


     Très vite cependant, l’URSS soutient deux mouvements indĂ©pendantistes dans le nord du pays afin de constituer un glacis protecteur au sud comme elle l’a fait en Europe. Ceci conduit Ă  des nĂ©gociations iraniennes et des pressions occidentales qui conduisirent finalement l’ArmĂ©e rouge Ă  se retirer.

  - Sous-chapitre : La première crise de Berlin (1948-1949)

Article dĂ©taillĂ© : Blocus de Berlin.

     En juillet 1945, Ă  la confĂ©rence de Potsdam, les trois dirigeants des principales puissances alliĂ©es, Churchill (puis son successeur, le travailliste Attlee), Staline et Truman s’accordent sur le partage de l’Allemagne et de l’Autriche en quatre zones d’occupation : amĂ©ricaine, britannique, française et soviĂ©tique. De mĂŞme, Berlin, l’ancienne capitale du Reich, est divisĂ©e en quatre secteurs d’occupation. EnclavĂ©e dans la zone soviĂ©tique, des voies d’accès aĂ©riennes, autoroutières et ferroviaires permettent de la raccorder aux zones occidentales.


     Après le coup de Prague, en fĂ©vrier 1948, les Occidentaux dĂ©cident de transformer Ă  brève Ă©chĂ©ance leur trizone en un État souverain ouest-allemand (confĂ©rence de Londres, en avril-juin 1948). La première phase du processus est la crĂ©ation du Deutsche Mark, qui devient le 20 juin la monnaie commune aux trois zones occidentales. Staline proteste contre cette division de fait de l’Allemagne et, le 23 juin 1948, il profite de l’isolement gĂ©ographique de Berlin pour bloquer tous les accès terrestres et fluviaux des secteurs occidentaux. Plus de deux millions d’habitants et 30 000 soldats alliĂ©s se retrouvent pris en otage derrière le rideau de fer.


     Dans un premier temps, les AlliĂ©s envisagent de forcer le blocus, selon la proposition du gĂ©nĂ©ral Clay. Mais ils ne veulent pas prendre le risque de provoquer un conflit armĂ© dont ils auraient pris l’initiative. Ils ne peuvent pas non plus ne pas rĂ©agir, puisque cela aurait impliquĂ© l’échec de la politique du containment.


     Pour sauver la ville de l’asphyxie, Britanniques et AmĂ©ricains dĂ©cident finalement de mettre en place un pont aĂ©rien, c’est-Ă -dire d’assurer le ravitaillement (vivres, carburant, charbon) par avion. Durant les onze mois que dure le blocus, un transporteur atterrit en moyenne toutes les trente secondes Ă  Berlin-Ouest, sur les aĂ©roports de Tempelhof, Gatow et Tegel. Au total, deux millions et demi de tonnes de fret (dont le charbon constitue les deux tiers) sont acheminĂ©s par 275 000 vols. On estime que moins de 5 % des Berlinois de l’Ouest ont prĂ©fĂ©rĂ© se ravitailler auprès des autoritĂ©s soviĂ©tiques. Le 12 mai 1949, conscient de son Ă©chec, Staline dĂ©cide de lever le blocus.


     Pendant la crise, les États-Unis dĂ©ploient trois escadrilles de bombardiers stratĂ©giques B-29 de l’United States Air Force (USAF) au Royaume-Uni pour signifier qu’ils sont prĂŞts Ă  riposter Ă  une Ă©ventuelle invasion de l’Europe de l'Ouest. Cependant, ils n’envisagent Ă  aucun moment de recourir Ă  la menace d’un ultimatum atomique (ils disposent alors du monopole nuclĂ©aire) pour faire cesser le blocus de Berlin et contraindre l’Union soviĂ©tique Ă  se retirer Ă©galement de tous les pays oĂą elle avait refusĂ© de « former des gouvernements intĂ©rimaires largement reprĂ©sentatifs de tous les Ă©lĂ©ments dĂ©mocratiques de la population, qui s’engageraient Ă  faire Ă©tablir aussitĂ´t que possible, par des Ă©lections libres, des gouvernements rĂ©pondant Ă  la volontĂ© du peuple. Â». En effet, l’Europe de l’Ouest est en pleine reconstruction et la puissance militaire conventionnelle du bloc de l'Est est de loin supĂ©rieure Ă  celle des Occidentaux. Par lĂ , les États-Unis entĂ©rinent de facto le partage de l’Europe que Staline avait voulu voir dans les accords de Yalta.


     Le 23 mai 1949, la division de l’Allemagne devient officielle, par la promulgation de la loi fondamentale (Grundgesetz), acte de naissance de la RĂ©publique fĂ©dĂ©rale d’Allemagne (RFA, Bundesrepublik Deutschland), dont la capitale fĂ©dĂ©rale est Bonn. Le 12 octobre, la zone soviĂ©tique Ă  son tour se constitue en un État souverain, la RĂ©publique dĂ©mocratique allemande (RDA, Deutsche Demokratische Republik), dont la capitale est Berlin-Est. Les deux entitĂ©s refusent de se reconnaĂ®tre juridiquement. En 1955, la doctrine Hallstein, Ă©laborĂ©e par la RFA, Ă©nonce que quiconque reconnaĂ®trait la RDA couperait, de fait, ses relations diplomatiques avec Bonn, qui s'affirme comme seule reprĂ©sentante lĂ©gitime de l'Allemagne.


     DĂ©sormais, l’Allemagne se trouve au cĹ“ur de la Guerre froide.


     Cette crise diminuera le prestige de l'URSS dans le monde, d'une part Ă  cause de ces images de Berlinois affamĂ©s rĂ©sistant Ă  sa politique de force et d'autre part l'humiliation militaire, et augmentera parallèlement celui des États-Unis aux yeux des Allemands de l'Ouest, leur statut passant de celui d'occupant Ă  celui de protecteur.

  - Sous-chapitre : La guerre de CorĂ©e (1950-1953)

Article dĂ©taillĂ© : Guerre de CorĂ©e.



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Des Marines à Séoul, en septembre 1950



     La guerre de CorĂ©e a pour contexte la victoire de Mao Zedong sur le nationaliste Tchang KaĂŻ-chek en Chine: la RĂ©publique populaire de Chine est proclamĂ©e par Mao le 1 octobre 1949. Les États-Unis appliquent leur doctrine d'endiguement, qui s'oppose Ă  l'expansion du communisme par la force, au bĂ©nĂ©fice de la CorĂ©e du Sud, pays attaquĂ© par une puissance communiste. La rĂ©action amĂ©ricaine a aussi une explication stratĂ©gique : laisser la CorĂ©e du Nord accomplir impunĂ©ment son agression contre un alliĂ© amĂ©ricain augmenterait le risque d'un basculement d'allĂ©geance du Japon parce que trop isolĂ© face aux puissances communistes.


     Après la dĂ©faite japonaise en aoĂ»t 1945, la CorĂ©e est coupĂ©e en deux au niveau du 38 parallèle : au Sud, la RĂ©publique de CorĂ©e, proamĂ©ricaine, dirigĂ©e par Syngman Rhee, au Nord, la RĂ©publique populaire de CorĂ©e, prosoviĂ©tique, dirigĂ©e par Kim Il Sung.


     En 1948 et en 1949, les armĂ©es soviĂ©tiques et amĂ©ricaines quittent leurs zones d’occupation respectives, de part et d’autre du 38 parallèle.


     Le 12 janvier 1950, le secrĂ©taire d’État amĂ©ricain Dean Acheson dĂ©clare devant des journalistes que le pĂ©rimètre de dĂ©fense des États-Unis comprend les Ă®les AlĂ©outiennes, les Ă®les RyĹ«kyĹ«, le Japon et les Philippines. En d’autres termes, la CorĂ©e n’en fait apparemment pas partie.


     Le 25 juin 1950, l’armĂ©e nord-corĂ©enne franchit le 38 parallèle, avec l’accord de Staline, encouragĂ© peut-ĂŞtre par les dĂ©clarations amĂ©ricaines.


     Le 27 juin, les Nations unies condamnent l’agression nord-corĂ©enne et dĂ©cident de venir en aide Ă  la CorĂ©e du Sud. Depuis fĂ©vrier 1950, afin de protester contre la prĂ©sence de TaĂŻwan et non de la Chine populaire, l’URSS boycotte les sĂ©ances du Conseil de sĂ©curitĂ© et n’a donc pas pu mettre son veto Ă  cette rĂ©solution. Le gĂ©nĂ©ral Mac Arthur, le vainqueur du Pacifique, est nommĂ© commandant en chef des forces de l’ONU, formĂ©es en majeure partie de contingents amĂ©ricains, mais aussi de troupes britanniques, françaises, australiennes, canadiennes entre autres.


     Fin septembre 1950, MacArthur atteint la frontière chinoise.


     En octobre, devant l’intervention de 850 000 « volontaires du peuple chinois Â», en fait des troupes rĂ©gulières, il doit se replier sur le 38 parallèle, oĂą le front finit par se stabiliser en mars 1951.


     Pour remporter la victoire, MacArthur propose alors un plan d'escalade du conflit Ă  Truman : bombardement de la Mandchourie, blocus naval des cĂ´tes chinoises, dĂ©barquement des forces du gĂ©nĂ©ral Tchang KaĂŻ-chek en Chine du Sud et, le cas Ă©chĂ©ant, emploi de l’arme atomique. Truman, qui est convaincu qu’une telle initiative provoquera une intervention soviĂ©tique, limoge Mac Arthur et le remplaça par le gĂ©nĂ©ral Matthew Ridgway.


     Le 27 juillet 1953, après la mort de Staline et deux ans de pourparlers, l’armistice est signĂ© Ă  Panmunjeom, mais ne sera suivi d’aucun traitĂ© de paix.

  - Sous-chapitre : « Guerre Â» idĂ©ologique

En Union soviétique et dans le bloc de l’Est


     Progressivement, les leaders des partis non-communistes qui refusent de se rallier au rĂ©gime sont Ă©cartĂ©s, soit par discrĂ©ditation ou intimidation, soit par des procès politiques suivis d’emprisonnement voire d’exĂ©cution.


     Le bloc de l’Est est le théâtre de nombreux procès politiques contre des personnes accusĂ©s d’être « titistes Â» (terme qui vient de Tito, chef de la Yougoslavie), accusĂ©s de dĂ©vier de la politique de Moscou, (donc d'ĂŞtre « dĂ©viationnistes Â»), de « cosmopolitisme Â» ou de « sionisme Â», ou de travailler pour l'Occident.


     De très nombreuses personnes sont emprisonnĂ©es ou exĂ©cutĂ©es, l’immense majoritĂ© tout simplement car ils gĂŞnent les rĂ©gimes alors en place alors que plusieurs d’entre eux sont d’authentiques communistes comme LászlĂł Rajk qui en RĂ©publique populaire de Hongrie est l’une des premières victimes avec 19 autres hommes de ces Grandes Purges en 1949.

Aux États-Unis

Article dĂ©taillĂ© : Maccarthisme.

     Aux États-Unis, Ă  partir de 1947 les artistes suspectĂ©s de sympathies communistes sont placĂ©s sur la « liste noire Â», et empĂŞchĂ©s de travailler. Les « Dix d'Hollywood Â», refusant de rĂ©pondre aux questions en invoquant le premier amendement, sont emprisonnĂ©s. La Commission d’enquĂŞte de la Chambre des reprĂ©sentants sur les activitĂ©s antiamĂ©ricaines (House Un-American Activities Committee ou HUAC) enquĂŞte sur la propagande communiste et fait boycotter 300 artistes par les studios. Des artistes comme Bertolt Brecht, Charlie Chaplin, Jules Dassin et Orson Welles doivent quitter les États-Unis.


     Entre 1950 et 1954, le sĂ©nateur rĂ©publicain du Wisconsin, Joseph McCarthy, mène une vĂ©ritable chasse aux « Rouges Â». Il fait mettre en accusation pĂŞle-mĂŞle tous ceux qu’il soupçonne d’être des membres du Parti communiste, des « compagnons de route Â» ou de simples sympathisants : des fonctionnaires, des artistes, des intellectuels, des savants et des hommes politiques.


     Le secrĂ©taire d’État Dean Acheson est suspectĂ© d’être « mou dans la lutte contre le communisme Â» (soft on communism) et George Marshall, l’ancien secrĂ©taire d’État, accusĂ© d’avoir lâchĂ© Tchang KaĂŻ-chek en 1946. Ethel et Julius Rosenberg, un couple de juifs communistes amĂ©ricains, sont arrĂŞtĂ©s, condamnĂ©s Ă  mort et exĂ©cutĂ©s pour espionnage au profit des SoviĂ©tiques. Cette affaire suscite une vive Ă©motion en Europe, et tout particulièrement en France, oĂą l’on dĂ©nonce le climat d’hystĂ©rie collective qui a entourĂ© le procès. Il est Ă©tabli aujourd’hui, selon diffĂ©rentes archives et tĂ©moignages, que les Rosenberg, en particulier l’époux, sont bien des espions qui ont transfĂ©rĂ© aux SoviĂ©tiques des documents relatifs au radar et Ă  des armements. Ce sont les seuls espions exĂ©cutĂ©s, suite Ă  une procĂ©dure judiciaire, durant la Guerre froide, aux États-Unis.


     Finalement, en 1954, McCarthy dĂ©passe les bornes et met en doute la loyautĂ© de l’armĂ©e. Il est alors l’objet d’un blâme de la part de ses collègues du SĂ©nat : c’est la fin du maccarthysme. La liste noire restera cependant en activitĂ© pendant plusieurs annĂ©es.






Chapitre : Coexistence pacifique et nouvelles crises (1953-1962)


  - Sous-chapitre : La coexistence pacifique


     Le 5 mars 1953, Staline meurt. Il est remplacĂ© par le nouveau numĂ©ro un soviĂ©tique Nikita Khrouchtchev, dit « Mr K Â», qui condamne les crimes de Staline et commence le processus de dĂ©stalinisation. Commence la coexistence pacifique (1956).


     La thĂ©orie des dominos formulĂ©e le 7 avril 1954 par le prĂ©sident Eisenhower, justifie l'intervention des États-Unis dans le monde, qui abandonnent ainsi dĂ©finitivement l'isolationnisme. La mĂŞme annĂ©e, la doctrine Dulles prĂ©voie des « reprĂ©sailles massives Â» en cas d'attaque de l'URSS : la coexistence pacifique est fondĂ©e sur l'« Ă©quilibre de la terreur Â». Enfin, en 1957, Eisenhower Ă©nonce la doctrine Eisenhower, qui promet des aides Ă©conomiques et militaires aux États du Moyen-Orient pour faire front Ă  l'influence soviĂ©tique. La doctrine est appliquĂ©e lors de la crise de 1958 au Liban, durant laquelle 14 000 militaires amĂ©ricains dĂ©barquent au Liban (opĂ©ration Blue Bat).


     De l'autre cĂ´tĂ©, la doctrine Sokolovski, Ă©noncĂ©e par Khrouchtchev en 1960, rĂ©affirme l'usage soviĂ©tique de l'arme nuclĂ©aire en cas d'attaque.


     Dès 1950, un PB4Y Privateer est abattu par la chasse soviĂ©tique. Ă€ partir de 1956, les AmĂ©ricains utilisent des U2 volant Ă  plus de 20 000 mètres d’altitude. Mais, lors de l'incident de l'U-2 de mai 1960, l’un d’eux est abattu et son pilote, Francis Gary Powers, est emprisonnĂ© Ă  la suite d’un procès très mĂ©diatisĂ©. Les AmĂ©ricains crĂ©eront alors des avions espions de plus en plus perfectionnĂ©s, avant de dĂ©velopper un programme de satellites de surveillance (Corona et KH-6).


     Durant cette pĂ©riode, il y a un dialogue plus ouvert entre les dirigeants des deux blocs. Khrouchtchev rencontre Eisenhower en 1956 au Royaume-Uni, en 1959 aux États-Unis, en 1960 en France et Kennedy en 1961 Ă  Vienne. En effet, le jeune dĂ©mocrate John F. Kennedy a gagnĂ© les Ă©lections de 1960.


     Il prĂ©fère une coexistence pacifique avec l’URSS, mais veut en mĂŞme temps empĂŞcher le communisme de se rĂ©pandre dans le tiers monde. Dans le cadre de la doctrine Kennedy, il appelle ainsi Ă  ce que la « force et l'unitĂ© militaire requise dans la lutte contre le communisme soient contrebalancĂ©es par des espoirs de dĂ©sarmements et de coopĂ©ration globale Â». Dans ce cadre, il crĂ©e « l’Alliance pour le Progrès Â» (1961), un programme d'aide Ă©conomique pour aider l’AmĂ©rique latine et contrer l'influence de Cuba. Celle-ci se rĂ©vèle nĂ©anmoins plutĂ´t dĂ©cevante.


     De plus, il accroĂ®t l’aide amĂ©ricaine au Congo-Kinshasa et envoie des « conseillers militaires Â» au Laos et au ViĂŞt Nam. Dans le mĂŞme temps, la doctrine MacNamara de riposte graduĂ©e remplace, en 1962, la doctrine Dulles de reprĂ©sailles massives.

  - Sous-chapitre : L’insurrection de Budapest (1956)

Article dĂ©taillĂ© : Insurrection de Budapest.

     Le bloc soviĂ©tique vit une importante crise cristallisĂ©e par la rĂ©volte hongroise Ă  Budapest, laquelle mène Ă  une rĂ©pression soviĂ©tique au moment des Jeux olympiques d’étĂ© de 1956.


     Le mouvement hongrois d’octobre 1956 fut une insurrection, voire une rĂ©volution. Ce fut un soulèvement spontanĂ©, sans dirigeant, authentique mouvement de masse uni par la haine du rĂ©gime stalinien et par une volontĂ© d’amĂ©liorer la situation sociale. L’enquĂŞte menĂ©e par le ComitĂ© spĂ©cial de l’ONU sur la Hongrie en 1957 conclut son rapport en disant que le « soulèvement hongrois a eu un caractère non seulement national, mais aussi spontanĂ© Â». L’agitation des Ă©crivains, des Ă©tudiants et des journalistes prouve une Ă©mancipation progressive vis-Ă -vis du Parti des travailleurs hongrois (le parti unique), ainsi qu’une dĂ©sagrĂ©gation du système totalitaire. Mais l’insurrection hongroise est rapidement Ă©crasĂ©e par les chars soviĂ©tiques, ceci sans rĂ©elle rĂ©action du bloc de l'Ouest.

  - Sous-chapitre : La crise de Suez (1956)

Article dĂ©taillĂ© : Crise de Suez.

     Cette crise fait partie de la Guerre froide car c'est le propre de ce conflit que de n'assister Ă  aucune bataille directe entre les deux Grands, puisqu’elle est un conflit opposant de manière indirecte les États-Unis et l’URSS.


     En 1956, le monde assiste Ă  une guerre entre l’Égypte d’une part, la France, le Royaume-Uni et IsraĂ«l d’autre part. La France et le Royaume-Uni subissent les pressions des deux superpuissances, lesquelles n’apprĂ©cient pas de ne pas avoir Ă©tĂ© mises au courant de l’opĂ©ration autour du canal de Suez. L’URSS menace d’utiliser l’arme atomique, car elle y voit une guerre coloniale. Dans ce dossier, les deux grandes puissances adoptent la mĂŞme position.

  - Sous-chapitre : La deuxième crise de Berlin (1961)




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Rencontre de Kennedy et Khrouchtchev Ă  Vienne, 1961


Article dĂ©taillĂ© : Mur de Berlin.

     Entre 1949 et 1961, 3,6 millions d’Allemands de l’Est transitèrent par Berlin pour passer en RFA. Cette hĂ©morragie dĂ©mographique Ă©tait un dĂ©sastre Ă©conomique pour la RDA, car c’étaient surtout des ingĂ©nieurs, des mĂ©decins et des ouvriers spĂ©cialisĂ©s qui commirent le « dĂ©lit de fuite Â» (Republikflucht). En mĂŞme temps, elle Ă©tait une catastrophe politique en ce qu’elle portait atteinte Ă  l’image de marque officielle de la RDA.


     En novembre 1958, cette situation donna lieu Ă  une crise diplomatique connue sous le nom d'« ultimatum de Khrouchtchev Â» et dans laquelle furent impliquĂ©es toutes les puissances occidentales. En juin 1961, Kennedy et Khrouchtchev se rencontrent Ă  Vienne. Khrouchtchev annonce qu'il va signer un traitĂ© de paix avec la RDA, ce qui priverait les États-Unis de leur accès Ă  Berlin-Ouest. Kennedy juge la situation inacceptable et la confĂ©rence ne mène Ă  rien. Khrouchtchev envoie son armĂ©e devant Berlin-Ouest. Kennedy riposte en Ă©talant les chars amĂ©ricains devant les forces soviĂ©tiques et en augmentant le budget militaire amĂ©ricain. Khrouchtchev recule son armĂ©e sous la pression.




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Le Mur de Berlin est l’un des symboles majeurs de la Guerre froide.



     Le 13 aoĂ»t 1961, la construction du mur de Berlin entre le secteur soviĂ©tique et les trois secteurs occidentaux met fin Ă  ce « dĂ©bauchage systĂ©matique de citoyens de la RĂ©publique dĂ©mocratique allemande Â». Mais, Ă©tant donnĂ© que les autoritĂ©s est-allemandes et soviĂ©tiques ne firent aucune tentative pour bloquer les voies de communication entre la RFA et Berlin-Ouest et que, par ailleurs, Khrouchtchev ne mit pas en question le statut quadripartite de la ville, la rĂ©action des Occidentaux se limita Ă  des protestations verbales et Ă  des gestes symboliques : la visite Ă  Berlin-Ouest du gĂ©nĂ©ral Lucius D. Clay, l’organisateur du pont aĂ©rien, et le renforcement de la garnison amĂ©ricaine par 1 500 hommes. En effet, aux yeux des Occidentaux, la construction du mur ne constituait qu’une agression Ă  l’égard des Allemands de l’Est et ne menaçait pas les three essentials (c’est-Ă -dire les intĂ©rĂŞts essentiels) du bloc de l’Ouest.

  - Sous-chapitre : Conflit IndonĂ©sie/Pays-Bas (1962)


     En 1962, un conflit peu mĂ©diatisĂ© opposant l'IndonĂ©sie Ă  son ancienne puissance coloniale, les Pays-Bas au sujet du statut de la Nouvelle-GuinĂ©e nĂ©erlandaise faillit voir l'entrĂ©e en guerre de la marine soviĂ©tique au cĂ´tĂ© de l'IndonĂ©sie le 5 aoĂ»t 1962. Cette rĂ©gion fut finalement transfĂ©rĂ© Ă  l'IndonĂ©sie après l'accord de New York.

  - Sous-chapitre : La crise des missiles cubains (1962)




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Photographie aérienne de missiles nucléaires soviétiques installés à Cuba, le 1 novembre 1962


Article dĂ©taillĂ© : Crise des missiles de Cuba.

     La crise des missiles cubains mit plus nettement en Ă©vidence la menace d’une guerre nuclĂ©aire. En janvier 1959, les guĂ©rilleros de Fidel Castro avaient renversĂ© le dictateur Fulgencio Batista, soutenu par les États-Unis. Le nouveau rĂ©gime prit une sĂ©rie de mesures qui lui valurent l’hostilitĂ© croissante de Washington : en 1959, dĂ©mantèlement des latifundia ; signature d’un accord commercial avec l’Union soviĂ©tique en mai 1960, après la rĂ©duction des achats de sucre cubain par les États-Unis ; en juin et juillet, confiscation des entreprises nord-amĂ©ricaines, qui contrĂ´laient, outre la totalitĂ© des raffineries de pĂ©trole, 40 % de l’industrie sucrière, 80 % du tabac et 90 % des mines.


     Ă€ titre de reprĂ©sailles, le gouvernement amĂ©ricain, soumis entre autres Ă  la pression des milieux d’affaires, mit en place un embargo Ă©conomique de l’île en octobre 1960 et, le 2 janvier 1961, il rompit les relations diplomatiques avec La Havane. En mĂŞme temps, la CIA recrutait des « forces anticastristes Â» parmi les rĂ©fugiĂ©s cubains. Au dĂ©but du mois d’avril, Kennedy donna son accord Ă  un projet d’invasion de l’île, tout en refusant d’engager des troupes amĂ©ricaines et en limitant les effectifs Ă  1 200 Cubains. Le dĂ©barquement, qui eut lieu le 17 avril 1961 dans la Baie des Cochons, fut un dĂ©sastre. Kennedy se dĂ©clare seul responsable, mais, en privĂ©, accuse la CIA de lui avoir menti et de l'avoir manipulĂ©. Le prĂ©sident se brouille avec l'agence. La CIA Ĺ“uvre dĂ©sormais clandestinement contre Castro, en collaborant avec la Mafia, ce qui frustra Kennedy.


     En juillet 1961, Cuba signifie son appartenance au « bloc socialiste Â». Le 4 septembre 1962, le pays conclut un accord d’assistance militaire avec l’Union soviĂ©tique et, une semaine plus tard, Moscou dĂ©clare que toute attaque contre Cuba provoquerait une riposte nuclĂ©aire. Le Congrès amĂ©ricain pour sa part vote le 3 octobre une rĂ©solution qui met en demeure contre toute « action subversive dans l’hĂ©misphère occidental Â». Kennedy interdit cependant l’opĂ©ration Northwoods mise au point et proposĂ©e par l’état-major, laquelle prĂ©voyait d’orchestrer une sĂ©rie d’attentats contre les États-Unis, puis d’en accuser Cuba afin de mobiliser l’opinion publique contre Castro.


     Le 14 octobre 1962, un avion amĂ©ricain Lockheed U-2 photographie sur l’île de Cuba des rampes de lancement pour missiles nuclĂ©aires Ă  moyenne portĂ©e (IRBM et MRBM), capables d’atteindre le territoire amĂ©ricain. En mĂŞme temps, la Maison Blanche apprend que 24 cargos soviĂ©tiques transportant des fusĂ©es et des bombardiers Iliouchine font route vers Cuba (opĂ©ration Anadyr).


     Dans la journĂ©e du 22, Kennedy, après avoir hĂ©sitĂ© entre l’inaction et le bombardement des rampes de lancement, se dĂ©cide pour le blocus maritime de l’île. Cette « riposte graduĂ©e Â», proportionnĂ©e Ă  la menace, laisse Ă  Khrouchtchev le choix entre l’escalade ou la nĂ©gociation. Mais Kennedy utilise la plus grande fermetĂ©, afin de forcer Khrouchtchev Ă  reculer. Le 24 octobre, les premiers cargos soviĂ©tiques font demi-tour. Moscou ne peut contacter immĂ©diatement les sous-marins armĂ©s de torpilles Ă  tĂŞte nuclĂ©aire (opĂ©ration Kama) qui accompagnent le convoi avec mission de le protĂ©ger (fait qui ne sera rĂ©vĂ©lĂ© qu’en 2001). Entre-temps, un arrangement permettant Ă  Khrouchtchev de sauver la face est nĂ©gociĂ© en coulisse entre Ă©missaires officieux. Le 26 et le 27 octobre, dans deux messages, le Kremlin propose le retrait des armes offensives ; en contrepartie, les AmĂ©ricains devraient s’engager Ă  ne pas renverser le rĂ©gime cubain et Ă  retirer leurs missiles nuclĂ©aires installĂ©s en Turquie, et pointĂ©s vers l’URSS. Le 28 octobre, Kennedy accepte ce compromis in extremis. Il demande toutefois de cacher le fait que les États-Unis retiraient leurs missiles de Turquie. Khrouchtchev accepta, et il crut avoir gagnĂ© la partie. Or, il avait Ă©tĂ© dupĂ©. Kennedy avait dĂ©cidĂ© de retirer les missiles de Turquie bien avant la crise. De plus, la reculade de Khrouchtchev l'a humiliĂ© devant Castro, Mao Zedong et les autres chefs communistes. C'est dĂ©cidĂ©ment Kennedy qui a gagnĂ© la partie, en plus il voit sa popularitĂ© et son prestige mondial monter en flèche. Kennedy dira nĂ©anmoins après cette crise diplomatique qu'il a « nĂ©gociĂ© au bord du gouffre Â».


     Le dĂ©nouement de la crise fut un succès politique pour les États-Unis, quoiqu’ils doivent tolĂ©rer un pays communiste Ă  l’intĂ©rieur de leur « pĂ©rimètre de dĂ©fense Â». D’autre part, cette « diplomatie au bord du gouffre Â» avait effrayĂ© « jusqu’aux plus hauts dĂ©cideurs, au point de les rappeler Ă  un comportement rationnel. Â» L’installation d’un tĂ©lĂ©phone rouge, ligne directe entre Moscou et Washington, et l’ouverture de nĂ©gociations sur la limitation des armements concrĂ©tisèrent ce retour Ă  la rationalitĂ©. Kennedy, devenu encore plus populaire, change la politique de son pays vers un plan un peu plus pacifique. Mais il n'a pas le temps de mettre en place toutes ses idĂ©es : le 22 novembre 1963, en voyage Ă  Dallas, Texas, Kennedy parade dans les rues de la ville en limousine dĂ©capotable. Lors du dĂ©filĂ©, il est assassinĂ© en pleine gloire par un tireur d'Ă©lite embusquĂ©, et ce devant les yeux horrifiĂ©s de la foule. Khrouchtchev, quant Ă  lui, sort très affaibli de la crise. En 1964, il fut remplacĂ© par Brejnev.






Chapitre : La « dĂ©tente Â» (1963 - 1974)


Article dĂ©taillĂ© : DĂ©tente (guerre froide).

  - Sous-chapitre : Les accords nuclĂ©aires




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Malgré leurs accords de non-prolifération, le stock d'armement nucléaire des deux grands est resté très important



     Au lendemain de la crise des missiles cubains, les États-Unis et l’URSS dĂ©cident de se rapprocher pour maĂ®triser, dans un esprit de transparence, un Ă©quilibre dĂ©sormais fondĂ© sur une « destruction mutuelle assurĂ©e Â» (MAD pour Mutual assured destruction en anglais).


     Dès juin 1963, un « tĂ©lĂ©phone rouge Â», liaison permanente par tĂ©lĂ©scripteur entre le Kremlin et la Maison Blanche, leur permet de se concerter immĂ©diatement et d’éviter ainsi une diplomatie « au bord du gouffre Â».


     En aoĂ»t 1963, ils signent le traitĂ© de Moscou, qui interdit les essais nuclĂ©aires atmosphĂ©riques et sous-marins.


     L'assassinat de John F. Kennedy Ă  Dallas le 22 novembre 1963 bouleverse la planète, partout les gens pleurent ce jeune prĂ©sident, URSS comprise. Le successeur de Kennedy, Lyndon Johnson, s'engage Ă  poursuivre la dĂ©tente. Johnson va engager son pays dans la guerre du ViĂŞt Nam.


     En janvier 1968, par le TraitĂ© de non-prolifĂ©ration nuclĂ©aire (TNP), issu d’un projet conjoint amĂ©ricano-soviĂ©tique prĂ©sentĂ© Ă  la Commission du dĂ©sarmement Ă  Genève, ils s’engagent, ensemble avec le Royaume-Uni, Ă  ne transfĂ©rer ni armes ni technologie nuclĂ©aires aux États non dotĂ©s d’armes nuclĂ©aires (ENDAN).


     En mai 1972, les accords SALT I (Strategic Armements Limitation Talks), signĂ©s par Nixon et Brejnev, limitent les armements dĂ©fensifs anti-missiles (ABM) Ă  deux sites pour chacun des deux pays et gèlent pour une durĂ©e de cinq ans les armes nuclĂ©aires offensives, c’est-Ă -dire les rampes de lancement fixes pour missiles intercontinentaux (ICBM) et les missiles installĂ©s sur sous-marins (SLBM).


     En juin 1979, Carter et Brejnev signent les accords SALT II, nĂ©gociĂ©s depuis 1974 dans le prolongement de SALT I. Ces accords prĂ©voient un gel des lanceurs Ă  ogives multiples (MIRV) et un contrĂ´le rĂ©ciproque des armes nuclĂ©aires. Ils ne furent pas ratifiĂ©s par le SĂ©nat amĂ©ricain en raison de l’invasion de l’Afghanistan par l’Union soviĂ©tique, les deux parties dĂ©clarant toutefois qu’elles en respecteraient les clauses.


     Les mobiles de ce rapprochement sont multiples. Il y a d’abord Ă  l’évidence la volontĂ© de se dĂ©gager d’une course aux armements de plus en plus coĂ»teuse, et absurde en raison de la « capacitĂ© de surextermination Â» (overkill) des arsenaux nuclĂ©aires ; par ailleurs, l’URSS est contestĂ©e par la RĂ©publique populaire de Chine, la rupture sino-soviĂ©tique permettant, dans le cadre d’une diplomatie dĂ©sormais triangulaire, un rapprochement sino-amĂ©ricain ; en mĂŞme temps, en raison d’une Ă©conomie qui stagne, l’URSS a besoin d’une aide extĂ©rieure que les États-Unis lient Ă  des accords politiques (le linkage de Henry Kissinger) ; et enfin, les États-Unis, de leur cĂ´tĂ©, sont engagĂ©s dans la guerre du ViĂŞt Nam qui absorbe une part excessive du budget amĂ©ricain : d’oĂą le dĂ©sir des deux « adversaires-partenaires Â» (Raymond Aron) d’aboutir Ă  une gestion raisonnable de la Guerre froide.

  - Sous-chapitre : La « dĂ©tente Â» en Europe (1962 - 1975)


     Dans chacun des deux blocs, pro-soviĂ©tique et pro-amĂ©ricain, les deux superpuissances sont contestĂ©es. Le modèle soviĂ©tique est contestĂ© en Europe de l’Est. En 1968 la TchĂ©coslovaquie est envahie par les troupes du pacte de Varsovie : le Printemps de Prague touche Ă  sa fin, la doctrine Brejnev de 1968 Ă©nonçant une « souverainetĂ© limitĂ©e Â» pour les pays du bloc de l'Est, justifiant ainsi l'intervention de Moscou.


     Ă€ l’Ouest, De Gaulle prend ses distances avec les États-Unis et l’OTAN, en se retirant du commandement intĂ©grĂ© de l'Alliance atlantique en 1966. La France continue nĂ©anmoins Ă  ĂŞtre membre de l'OTAN mais le siège de l'organisation quitte le pays.


     En 1969, Willy Brandt devient chancelier de la RFA et engage une politique de rapprochement et d’ouverture Ă  l’Est, l'« Ostpolitik Â», rompant ainsi avec la doctrine Hallstein de non-reconnaissance de la RDA. Les deux États se reconnaissent mutuellement en 1972 et entrent Ă  l’ONU en 1973.


     ConfrontĂ© Ă  une intense agitation intĂ©rieure (Convention nationale dĂ©mocratique de 1968, mouvement hippie, etc.), Nixon Ă©nonce la doctrine Nixon en 1968, qui dĂ©cide une rĂ©duction de l'engagement militaire direct du Pentagone dans le monde, celui-ci optant de plus en plus pour un interventionnisme discret, via les forces spĂ©ciales, et des « guerres proxy Â» (par intermĂ©diaire). Dans le mĂŞme temps, la Realpolitik de Kissinger admet l'existence de l'URSS et le dialogue nĂ©cessaire, en mĂŞme temps de l'usage de la carotte et du bâton. En 1971, la publication des Pentagon Papers choque les AmĂ©ricains, qui dĂ©couvrent les opĂ©rations secrètes de la CIA. Le « Credibility gap Â» (manque de crĂ©dibilitĂ©), bien rĂ©el celui-lĂ , vient remplacer le « Missile gap Â» et le « Bomber gap Â» fortement exagĂ©rĂ©s par les forces armĂ©es amĂ©ricaines .


     En 1975, les accords d’Helsinki sont signĂ©s par 33 États europĂ©ens, URSS comprise dans la somme, le Canada et les États-Unis. Les accords doivent permettre la coopĂ©ration entre les États, la libre circulation des personnes et le respect des droits de l’homme.

  - Sous-chapitre : La RĂ©publique populaire de Chine, le 3 acteur


     La cohĂ©sion apparente du « bloc communiste Â» se fissure Ă  partir de la rupture sino-soviĂ©tique, qui voit ces deux rĂ©gimes s'affronter sur le terrain idĂ©ologique et diplomatique.


     Le risque d'une guerre entre ces deux gĂ©ants fut pris très au sĂ©rieux lors du conflit frontalier sino-soviĂ©tique de 1969. Constatant que PĂ©kin ne pouvait affronter Ă  la fois Moscou et Washington, Mao choisit de se rapprocher des États-Unis. La proximitĂ© gĂ©ographique de l’URSS posait en effet selon lui une menace autrement plus grande que les États-Unis.


     Afin d’affaiblir l’Union soviĂ©tique, les États-Unis saisissent la balle au bond et se rapprochent de la RĂ©publique populaire de Chine alors qu’elle se lance dans une course aux armements (bombe A le 16 octobre 1964, bombe H le 14 juin 1967). Nixon cherche Ă  isoler davantage l’Union soviĂ©tique, surtout dans le tiers Monde.


     L’équipe de ping-pong des États-Unis fait un voyage en Chine le 10 avril 1971 : c’est la « ping pong diplomacy Â». Le 25 octobre 1971, sous la pression des États-Unis, l’ONU reconnaĂ®t la Chine populaire qui siège dĂ©sormais au Conseil de sĂ©curitĂ© (76 voix pour, 35 contre, 17 abstentions) et au Conseil de SĂ©curitĂ© Ă  la place de TaĂŻwan, qui quitte l’ONU en signe de protestation. Enfin, le prĂ©sident Nixon, invitĂ© par Mao Zedong, se rend en Chine (fĂ©vrier 1972).


     MalgrĂ© l'antiamĂ©ricanisme d'une grande partie de l'administration chinoise, les relations stratĂ©giques et Ă©conomiques avec les États-Unis prennent de plus en plus d'ampleur. Le conseiller Ă  la sĂ©curitĂ© nationale du prĂ©sident Carter, Zbigniew Brzezinski, nĂ©gocie avec Deng Xiaoping pour installer des bases servant au renseignement d'origine Ă©lectromagnĂ©tique (SIGINT) en Chine, afin d'Ă©couter l'URSS. La rĂ©pression des manifestations de la place Tian'anmen, en 1989, a conduit Ă  freiner cette collaboration.

  - Sous-chapitre : Les limites de la « dĂ©tente Â»


     Les deux Grands sont impliquĂ©s dans des conflits importants. Tous deux mènent une lutte d’influence dans les pays du tiers monde : c'est ce que l'on nomme les conflits pĂ©riphĂ©riques.


     De 1964 Ă  1975, la guerre du ViĂŞt Nam oppose indirectement les grandes puissances. Les États-Unis s’engagent militairement au ViĂŞt Nam Ă  partir de 1962.


     Les États-Unis soutiennent de nombreux pays indĂ©pendamment de leur type de gouvernement (y compris des dictatures), dans le cadre de la doctrine de l'endiguement envers l’URSS, et provoquent ou favorisent plusieurs coups d’État Ă  travers les opĂ©rations Ajax, PBSUCCESS et FUBELT. En AmĂ©rique latine, le rĂ©gime castriste soutient des guĂ©rillas rĂ©volutionnaires, qui se soldent par des Ă©checs.

  - Sous-chapitre : La guerre du ViĂŞt Nam

Article dĂ©taillĂ© : Guerre du ViĂŞt Nam.

     La guerre du ViĂŞt Nam (aussi appelĂ©e deuxième guerre d'Indochine) est une guerre qui a opposĂ© de 1959 Ă  1975, d'une part la RĂ©publique dĂ©mocratique du ViĂŞt Nam (ou Nord-ViĂŞt Nam) et son armĂ©e populaire vietnamienne - soutenue matĂ©riellement par le bloc de l'Est et la Chine - et le Front national pour la libĂ©ration du ViĂŞt Nam (ou Viet Cong), face Ă , d'autre part, la RĂ©publique du ViĂŞt Nam (ou Sud-ViĂŞt Nam), militairement soutenue par l'armĂ©e des États-Unis Ă  partir de 1964, Ă  la suite des incidents du golfe du Tonkin appuyĂ© par plusieurs alliĂ©s (Australie, CorĂ©e du Sud, ThaĂŻlande, Philippines).

  - Sous-chapitre : Tensions dans le monde


     De nombreux pays trouvent la tutelle soviĂ©tique ou amĂ©ricaine lourde et veulent s'en sĂ©parer.

    Liste :
  • Par rapport aux États-Unis :
-Distance avec les États-Unis
-Distance avec l'OTAN
-Développement de l'antiaméricanisme
-Rapprochement avec Mao
-Renversement du dictateur pro-américain Fulgencio Batista
-Distance puis conflit avec les États-Unis
    Liste :
-Renversement du gouvernement installé et maintenu par les États-Unis
-Mise en place d'une république islamiste
    Liste :
  • Par rapport Ă  l'URSS :
-Elle s'éloigne de plus en plus de l'URSS
-Elle se rapproche des États-Unis
-Le printemps de Prague
-L’insurrection de Budapest
-Tito s'oppose à la mainmise de l'URSS sur son pays et tente un socialisme non-aligné
-S'éloigne de l'URSS à partir de la déstalinisation et se rapproche de la Chine de Mao





Chapitre : La seconde Guerre froide ou « guerre fraĂ®che Â» (1975 - 1985)


  - Sous-chapitre : L'expansionnisme de l'Union soviĂ©tique




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Situation de l’alignement des pays du Monde sur les deux blocs en 1980; les guérillas liées à la Guerre froide sont mentionnées.



     Profitant du dĂ©clin des États-Unis sur la scène internationale du fait de l’humiliation subie au ViĂŞt Nam et de la politique relativement pacifiste du prĂ©sident Carter, l’Union soviĂ©tique s'engage davantage, notamment en Asie, en Afrique et en AmĂ©rique du Sud, mais aussi en Europe (crise des euromissiles).


     L’Union soviĂ©tique se met Ă  dĂ©ployer de plus en plus d'armes de nouvelle gĂ©nĂ©ration inquiĂ©tant l'avance technologique de l'Ouest. Carter nĂ©gocie cependant le traitĂ© SALT II avec Brejnev, signĂ©s en 1979.


     Le 3 juillet 1979, Carter signe l'autorisation mettant en place l'opĂ©ration Cyclone d'aide militaire et financière aux moudjahidins afghans, escomptant ainsi, sur les conseils de Brzezinski, provoquer l'URSS Ă  envahir l'Afghanistan. Le 1er octobre 1979, il annonce la formation des United States Rapid Deployment Forces (RDF, Forces de dĂ©ploiement rapide, qui deviendront CENTCOM en 1983). Plus de deux mois plus tard, Ă  la fin dĂ©cembre 1979, les troupes soviĂ©tiques entrent en Afghanistan.


     Quelques jours après l'invasion de l'Afghanistan, Carter rĂ©torque en exposant la doctrine Carter lors de son discours sur l'Ă©tat de l'Union de janvier 1980: la Maison-Blanche dĂ©clare alors qu'elle n'hĂ©sitera pas Ă  intervenir militairement dans le golfe Persique pour dĂ©fendre ses intĂ©rĂŞts nationaux. Il dĂ©clare en outre le boycott des Jeux olympiques de 1980, Ă  Moscou, tandis que les accords SALT II ne sont pas ratifiĂ©s. La crise iranienne des otages l'affecte nĂ©anmoins durement, et Ronald Reagan gagne les Ă©lections, les otages Ă©tant libĂ©rĂ©s immĂ©diatement après.

  - Sous-chapitre : « America is back Â» (1981)


     Aux États-Unis, discrĂ©ditĂ© par sa politique internationale jugĂ©e dĂ©sastreuse et malgrĂ© une bonne gestion de la crise Ă©conomique, Carter est battu aux Ă©lections par Ronald Reagan. Sous les prĂ©sidences de Reagan (1981-1989), puis de George Herbert Walker Bush (1989-1993), les valeurs conservatrices sont remises Ă  l'honneur, comme la morale puritaine. En Ă©conomie, Reagan suit un programme nĂ©olibĂ©ral, inspirĂ© en particulier par l'École de Chicago (monĂ©tarisme de Milton Friedman), tempĂ©rĂ© par un creusement considĂ©rable des dĂ©ficits publics.


     Les interventions extĂ©rieures se dĂ©veloppent : Ă  l’extĂ©rieur, ils abandonnent la dĂ©tente, dĂ©noncent l’Union soviĂ©tique comme « l’empire du mal Â» (lors d'une convention nationale d’évangĂ©listes) et donnent aux États-Unis les moyens militaires de « dĂ©fendre la libertĂ© et la dĂ©mocratie Â». Les interventions directes et indirectes augmentent dans le monde : reprise en main de l'OpĂ©ration Charly menĂ©e dans toute l'AmĂ©rique latine par la junte argentine, aide aux Contras contre le Nicaragua en 1981-1986 (dĂ©bouchant sur l'Irangate) et invasion de la Grenade en 1983.

  - Sous-chapitre : La course aux armements, l’équilibre de la terreur et sa rupture


     Dans un but militaire, plusieurs pays s’équipent de matĂ©riel, souvent au-delĂ  de ce qui est en pratique nĂ©cessaire pour assurer leur survie et leur domination, qu’elle soit gĂ©opolitique ou Ă©conomique. A la fin des annĂ©es 1970, la Guerre froide reprend de la vigueur dans le sillage, notamment, de l'invasion de l'Afghanistan par les troupes soviĂ©tiques et d'une nouvelle affaire de missiles. Après que l'Union soviĂ©tique ait stationnĂ© des missiles nuclĂ©aires moyenne portĂ©e SS-20 en Europe de l'Est, l'OTAN rĂ©pond par sa « double dĂ©cision Â». Celle-ci prĂ©voit l'installation progressive de Pershings et de missiles de croisière amĂ©ricains sur le territoire de cinq pays membres de l'OTAN. Les missiles sont dĂ©ployĂ©s malgrĂ© l'opposition de l'opinion publique. Les États-Unis et l’URSS ont acquis de façon frĂ©nĂ©tique du matĂ©riel de destruction oĂą chacun a tentĂ© de dĂ©montrer sa supĂ©rioritĂ© sur l’autre. Cependant, Ă  l’usure, cette course aux armements, les progrès techniques Ă©tant continus, ce fut le poids trop important du complexe militaro-industriel sur l'Ă©conomie de l'URSS qui mit fin Ă  cette course.

Le résultat de la course aux armements en 1982
OTANPacte de Varsovie
FusĂ©es intercontinentales1 6462 348
Avions de combat11 90012 000
Sous-marins224258
Missiles de moyenne portée0600
Navires de guerre368207
TĂŞtes nuclĂ©aires14 5879 000
Chars d'assaut25 00060 000
Soldats5 200 0005 700 000

     Pendant cette course, ces deux pays ont créé un climat de terreur chez leurs ennemis. Chemin faisant, ils ont dĂ©montrĂ© qu’ils possĂ©daient un arsenal nuclĂ©aire suffisant pour dĂ©truire quiconque s’opposerait de façon notable Ă  leurs plans. Étant assurĂ© de leur destruction mutuelle, ils ont maintenu ce qui est appelĂ© l'Ă©quilibre de la terreur, c’est-Ă -dire une situation oĂą personne ne peut gagner suite Ă  un conflit nuclĂ©aire.


     Le 23 mars 1983, Ronald Reagan annonce le projet Initiative de dĂ©fense stratĂ©gique (IDS) ou « Guerre des Ă©toiles Â» : les États-Unis seraient protĂ©gĂ©s des armes nuclĂ©aires par un « bouclier spatial Â» très coĂ»teux qui les dĂ©vierait. L’Union soviĂ©tique ne peut pas suivre, abandonne la course aux armements et consent Ă  nĂ©gocier. Clinton renoncera Ă  l’IDS en 1993 et c’est George W. Bush qui le rĂ©alisera (dĂ©cembre 2001).

  - Sous-chapitre : Guerres en Afrique


     En Afrique, des guerilleros communistes prennent le pouvoir après 1975 dans les pays nouvellement indĂ©pendants de l'ancien empire colonial portugais (Angola, Mozambique…) et entament des actions militaires en direction de l'Afrique du Sud avec l'appui de l'armĂ©e cubaine, ce qui entraĂ®ne de vĂ©ritables batailles rangĂ©es notamment en Namibie. En Éthiopie, l'armĂ©e soviĂ©tique et les forces cubaines interviennent contre les mouvements luttant contre la dictature de Mengistu Haile Mariam Ă  partir de 1976. Des actions de dĂ©stabilisations sont parfois contrecarrĂ©es, comme le sauvetage de Kolwezi par l'armĂ©e française.

  - Sous-chapitre : La crise des missiles en Europe


     Cette pĂ©riode est marquĂ©e par l’expansion de l’URSS et de son influence dans de nouveaux territoires, notamment en Europe, avec le renforcement du pacte de Varsovie. Cette expansion entraĂ®ne la crise des euromissiles de 1979 Ă  1985 : l’OTAN installe des missiles de croisière et des Pershing II pour faire contrepoids aux missiles SS-20 soviĂ©tiques.


     Cela entraĂ®na de grandes manifestations pacifiques, soutenues par les partis communistes dans les pays concernĂ©s dont un slogan « PlutĂ´t rouge que mort Â» ((de) Lieber rot als tot) entraĂ®na, en autres, cette phrase du prĂ©sident français François Mitterrand au Bundestag : « Le pacifisme est Ă  l'Ouest, les missiles sont Ă  l'Est. Â»


     MalgrĂ© les pressions, ces missiles seront finalement installĂ©s Ă  partir de 1985 et devant le fait accompli, l'URSS entama des nĂ©gociations qui donneront lieu Ă  l'accord amĂ©ricano-soviĂ©tique du 27 mai 1988 sur l'Ă©limination des missiles nuclĂ©aires de portĂ©e intermĂ©diaire des arsenaux des deux États.

  - Sous-chapitre : Le problème de la Pologne


     La Pologne joue un grand rĂ´le dans l’affaiblissement de l’Union soviĂ©tique et la chute du bloc de l’Est :

  - Sous-chapitre : La première guerre d’Afghanistan

Article dĂ©taillĂ© : Première guerre d'Afghanistan.

     En 1978, les communistes s'emparent du pouvoir en Afghanistan Ă  la suite de l'assassinat du prĂ©sident Daoud Khan, qui avait lui-mĂŞme dĂ©posĂ© le roi Zaher Shah en 1973. Les islamistes afghans entrent en conflit avec le pouvoir en place. Le 27 dĂ©cembre 1979, Moscou envoie son armĂ©e, inaugurant la première guerre d’Afghanistan. Les États-Unis s’impliquent dans ce conflit en alimentant sur place la rĂ©sistance antisoviĂ©tique avec l'aide de la RĂ©publique populaire de Chine, de l'Égypte, de l'Arabie saoudite et les services de renseignement de plusieurs pays ouest-europĂ©ens, en finançant et en proposant une formation militaire Ă  des groupes de moudjahiddin, « guerriers saints Â» islamistes rĂ©sistant Ă  l’occupant soviĂ©tique. Les armĂ©es de l’URSS se retirent de l’Afghanistan en fĂ©vrier 1989.






Chapitre : L'Ĺ“uvre de Gorbatchev : de la « nouvelle dĂ©tente Â» Ă  la fin du bloc soviĂ©tique



     Le 11 mars 1985, après la mort de Konstantin Tchernenko, MikhaĂŻl Gorbatchev (âgĂ© de 54 ans) arrive au pouvoir en URSS. Il lancera peu après les politiques de glasnost (transparence) et de perestroĂŻka (restructuration).

    Liste :
  • La recherche du dĂ©sarmement : Gorbatchev veut sortir son pays de la Guerre froide ruinant l’Union soviĂ©tique qui y consacre environ 16 % de son PNB contre 6,5 % pour les États-Unis (M. VaĂŻsse, 2004). La première rencontre officielle entre Gorbatchev et Ronald Reagan a lieu lors du sommet de Genève en octobre 1985. Les deux dirigeants conviennent de se rencontrer Ă  l'avenir pour discuter du dĂ©sarmement ; le sommet se caractĂ©rise par une dĂ©tente manifeste entre les deux supergrands. Un accord Ă©crit est signĂ© Ă  Genève en prĂ©vision d'une future rĂ©duction bilatĂ©rale de 50 % des arsenaux nuclĂ©aires, et certains Ă©voquent dès Ă  prĂ©sent une nouvelle phase de DĂ©tente. Les 11 et 12 octobre 1986, Ronald Reagan et Gorbatchev se rencontrent Ă  Reykjavik, ce qui inaugure une nouvelle « dĂ©tente Â» marquĂ©e par la reprise du dialogue, interrompu en 1979 : les États-Unis refusent d’abandonner l’IDS, mais un accord est presque conclu sur la diminution des armes stratĂ©giques, tandis que Gorbatchev Ă©voque la « maison commune europĂ©enne Â», dĂ©nuclĂ©arisĂ©e et neutralisĂ©e. Ainsi, le 8 dĂ©cembre 1987, Ă  Washington, Reagan et Gorbatchev dĂ©cident d’éliminer tous les missiles prĂ©sents en Europe dans un dĂ©lai de trois ans : c’est l’« option zĂ©ro Â», premier rĂ©el traitĂ© de dĂ©sarmement :
      Liste :
    • L’Europe est vidĂ©e des missiles nuclĂ©aires des deux Grands ;
    • C’est la fin de la « crise des euromissiles Â» ;
    • C’est la fin de la course aux armements (mĂŞme si 4 % des tĂŞtes nuclĂ©aires seulement ont disparu).
    Liste :
  • Chute du bloc de l'Est (1988-1990) : Le 7 dĂ©cembre 1988, Ă  la tribune de l’ONU, Gorbatchev annonce la rĂ©duction des forces armĂ©es soviĂ©tiques en RDA, Hongrie et TchĂ©coslovaquie, ce qui signifie la fin de la « doctrine de souverainetĂ© limitĂ©e Â» : l’Union soviĂ©tique se dĂ©sengage de l’Europe de l’Est. Ce discours inaugure la « RĂ©volution de velours Â», c’est-Ă -dire la transition douce des pays de l’Europe de l’Est entre un rĂ©gime de type soviĂ©tique et un rĂ©gime dĂ©mocratique multipartiste par de nouvelles lois constitutionnelles de 1988 Ă  1990, avec des manifestations populaires, mais sans guère de combats ni de sang versĂ©. En RDA, les habitants commencent Ă  migrer vers la RFA par la Hongrie libre (Ă©tĂ© 1989). Puis, sous la pression de la population, le Mur de Berlin chute le 9 novembre 1989 et l’Allemagne sera rĂ©unifiĂ©e l’annĂ©e suivante (3 octobre 1990). En RĂ©publique socialiste de Roumanie, le rĂ©gime autocratique de CeauĹźescu est le dernier Ă  tomber, le 26 dĂ©cembre 1989 et le dictateur est exĂ©cutĂ© ainsi que sa femme. En 1990, Gorbatchev obtient le prix Nobel de la paix.
    Liste :
  • Un espoir au Moyen-Orient ? : Lors de la guerre Iran/Iraq (1980-1988), l’Occident arme officiellement l’Iraq, et fournit l’Iran en cachette. L’Union soviĂ©tique soutient les deux camps. Le 20 aoĂ»t 1988, l’ONU parvient Ă  un cessez-le-feu sans qu’il n’y ait un rĂ©el vainqueur. Cependant, au Liban, les accord de TaĂ«f soumettent le pays Ă  la Syrie. Dans le conflit israĂ©lo-palestinien, alors que la première Intifada bat son plein, des nĂ©gociations secrètes sont menĂ©es.





Chapitre : L’implosion de l’Union soviétique et la fin de la Guerre froide (1988-1991)



     Dans le contexte de la glasnost (« transparence Â») et de la perestroĂŻka (« restructuration Â») et d’une tentative de dĂ©mocratisation de l’Union soviĂ©tique, son implosion se fait en cinq grandes Ă©tapes :


     Dès aoĂ»t 1990, George Herbert Walker Bush, nouveau prĂ©sident des États-Unis, annonce la fin de l’affrontement Est/Ouest, c’est-Ă -dire de la Guerre froide et de la bipolarisation du monde. L'OTAN et le Pacte de Varsovie entament le dĂ©mantelement aussi bien de leur arsenal nuclĂ©aire que de leurs forces de frappe conventionnelles. Dès novembre 1991, le Conseil de coopĂ©ration nord-atlantique est mis sur pied, un organe de concertation entre l'OTAN et les anciens pays membres du Pacte de Varsovie fraĂ®chement dissous. Six ans plus tard, l'OTAN et la Russie signe un TraitĂ© de CoopĂ©ration et de SĂ©curitĂ©.






Chapitre : Chronologie indicative de la Guerre froide en Asie de l’Est


    Liste :
  • 1 octobre 1949 : le Parti communiste chinois gagne la guerre civile et proclame la crĂ©ation de la RĂ©publique populaire de Chine (RPC). IndĂ©pendance de facto de TaĂŻwan oĂą subsiste la RĂ©publique de Chine, Ă©vacuĂ©e du continent. La prĂ©sence navale amĂ©ricaine neutralise la reprise du conflit.
  • 25 juin - aoĂ»t 1950 : offensive des troupes nord-corĂ©ennes en CorĂ©e du Sud.
  • 27 juin 1950 : le prĂ©sident amĂ©ricain Truman envoie l’armĂ©e amĂ©ricaine soutenir la CorĂ©e du Sud après l’appel de l’ONU.
  • Septembre - octobre 1950 : contre-offensive amĂ©ricaine en CorĂ©e
  • Novembre 1950 - janvier 1951 : riposte de la CorĂ©e du Nord, soutenue par la Chine
  • Mars 1951 : le front se stabilise.
  • 27 juillet 1953 : les deux CorĂ©es signent un armistice.
  • aoĂ»t 1954-mai 1955 : bombardement intensifs d’îles dĂ©pendant de TaĂŻwan par la RPC.
  • AoĂ»t-juillet 1958 : bombardement intensifs des Ă®les de Quemoy et de Matsu et affrontements navals et aĂ©riens entre la RPC et TaĂŻwan. La prĂ©sence de l’US Navy empĂŞche le dĂ©barquement de troupes chinoises.
  • 20 dĂ©cembre 1960 : crĂ©ation du Front national pour la libĂ©ration du ViĂŞt Nam
  • 1961 : Kennedy envoie les premiers conseillers militaires en RĂ©publique du ViĂŞt Nam.
  • Novembre 1963 : la CIA fomente un renversement du chef d'État sud-vietnamien, Ngo Dinh Diem. Kennedy ne veut pas faire tuer Diem, mais la CIA ignore ce point. Diem est blessĂ© par balles, puis poignardĂ© mortellement.
  • 22 novembre 1963 : John Kennedy est abattu au Texas.
  • 25 novembre 1963 : le nouveau chef de la Maison-Blanche, Lyndon Johnson, annule les dĂ©crets de Kennedy concernant le retrait du ViĂŞt Nam.
  • aoĂ»t 1964 : accrochage entre les flottes amĂ©ricaines et nord-vietnamiennes dans le golfe du Tonkin.
  • Mars 1965 : les forces amĂ©ricaines dĂ©cident d’intervenir au ViĂŞt Nam
  • Janvier - fĂ©vrier 1968 : les Nord-Vietnamiens font avancer 70 000 hommes sur le Sud-ViĂŞt Nam
  • Mai 1968 : des nĂ©gociations entre les diffĂ©rentes parties ont lieu
  • 1971 : la RPC est admise Ă  l’ONU et obtient un siège permanent au Conseil de sĂ©curitĂ© Ă  la place de TaĂŻwan, qui dĂ©cide de quitter l’organisation. Aujourd'hui, TaĂŻwan ne fait toujours pas partie de l'ONU et n'est en aucun cas reconnue par la Chine. Elle est appelĂ©e « la province rebelle Â».
  • FĂ©vrier 1972 : visite de Richard Nixon en RĂ©publique populaire de Chine.
  • 27 janvier 1973 : accords de paix de Paris. Retrait des troupes amĂ©ricaines
  • 17 avril : prise de Phnom Penh par les Khmers rouges.
  • 30 avril 1975 : Saigon est prise par les Nord-Vietnamiens.
  • 25 avril 1976 : Ă©lection d’une assemblĂ©e nationale vietnamienne.
  • Juin 1978 : 70 000 soldats Vietnamiens occupent une zone frontalière Ă  l’intĂ©rieur du Cambodge
  • 1 janvier 1979 : les États-Unis reconnaissent PĂ©kin en tant que capitale de la Chine et ferment leur ambassade Ă  Taipei.
  • 7 janvier 1979 :Prise de Phnom Penh par le ViĂŞt Nam. DĂ©but d'une guĂ©rilla antivietnaniemme.
  • FĂ©vrier 1979 : guerre sino-vietnamienne
  • Septembre 1989 : retrait des forces vietnamiennes du Cambodge





Chapitre : Notes et références


  1. ↑ (en) Lippmann, Walter, Cold War, Harper, 1947 
  2. ↑ R. Aron, Les Conventions de la Guerre froide dans Une Histoire du XX siècle, Plon, 1996, p. 255
  3. ↑ Le Monde diplomatique, fĂ©vrier 1992, p. 4
  4. ↑ Communiqué final de la Conférence de Yalta
  5. ↑ Heinrich A. Winkler, Histoire de l’Allemagne, XIX ‑ XX siècle, Fayard, 2000, p. 565
  6. ↑ Christine Ockrent, Alexandre de Marenches, Dans le secret des princes, Stock, 1986, p. 86
  7. ↑ Avec un succès très limitĂ© : en novembre 1946, d’après un sondage en zone amĂ©ricaine, 37 % d’Allemands estimaient que « l’extermination des Juifs, des Polonais et d’autres « non-Aryens Â» Ă©tait indispensable Ă  la survie du peuple allemand Â» et, en 1952 25 % des Allemands de l’Ouest admettaient avoir « une opinion favorable Â» sur Hitler. (Voir Tony Judt, Postwar – A History of Europe since 1945, Pimlico, 2005, p. 58)
  8. ↑ J. Loftus, L’Affreux Secret : quand les AmĂ©ricains recrutaient des espions nazis. De Gehlen Ă  Barbie, Plon, Paris, 1985
  9. ↑ Voir notamment E. J. Hobsbawm, L’Âge des extrêmes, Éditions Complexe, 1994.
  10. ↑ Tocqueville, De la démocratie en Amérique, 1er livre, 1835.
  11. ↑ Un des aspects les plus terrifiants de la Guerre froide fut la course aux armements entre les États-Unis et l’URSS ; Armement nuclĂ©aire
  12. ↑ Ă€ partir de 1948, les deux blocs s’organisent progressivement tant sur le plan militaire que sur le plan Ă©conomique ; L’organisation des blocs
  13. ↑ L’organisation du bloc occidental sur le plan économique
  14. ↑ L’organisation du bloc occidental sur le plan militaire
  15. ↑ Rapport IC 2000 (Interception Capabilities 2000) publiĂ© pour le Parlement europĂ©en par le Bureau d'Evaluation des Options Techniques et Scientifiques (STOA), et publiĂ© et traduit in Duncan Campbell, Surveillance Ă©lectronique planĂ©taire, Editions Allia, Paris, 2005, p. 17-24 spĂ©cifiquement sur l'UKUSA et p. 37
  16. ↑ Duncan Campbell, op.cit., p. 42-45
  17. ↑ L’affrontement des grandes puissances et la dissolution des blocs, Georges COUMES
  18. ↑ Le blocus est levĂ© par les SoviĂ©tiques le 12 mai 1949. L’Allemagne est durablement coupĂ©e en deux. Les SoviĂ©tiques crĂ©ent Ă  leur tour une nouvelle monnaie dans leur zone d’occupation : le Mark. Les occidentaux regroupent leur zone d’occupation le 8 mai 1949, d’oĂą la crĂ©ation de la RĂ©publique fĂ©dĂ©rale allemande (RFA), alors que les soviĂ©tiques crĂ©ent la RĂ©publique dĂ©mocratique allemande (RDA) le 7 octobre 1949. L’Allemagne - les points de tension
  19. ↑ La Guerre froide, Les points de tension
  20. ↑ La Guerre froide a créé en Corée, comme en Allemagne, deux États. Le 38 parallèle de latitude N sépare la Corée du Nord, dictature pro-soviétique, de la Corée du Sud démocratie pro-occidentale. La guerre qui s’y déroule entre 1950 et 1953 fait suite à la victoire, en Chine, de Mao, qui soutient le gouvernement nord-coréen. La Corée
  21. ↑ cf. S. Courtois, La Vérité sur l’affaire Rosenberg, L’Histoire, septembre 2004
  22. ↑ 1) Des éléments nouveaux dans les rapports est-ouest Un dialogue plus ouvert
  23. ↑ Johanna Granville, (Le Premier Domino)The First Domino: International Decision Making During the Hungarian Crisis of 1956, Texas A & M University Press, 2004. ISBN: 1585442984.
  24. ↑ La crise du canal Suez
  25. ↑ DĂ©claration du Conseil des ministres de la RDA, citĂ©e par Heinrich A. Winkler, Histoire de l’Allemagne, Fayard, 2000, p. 625
  26. ↑ ibid.
  27. ↑ Sous-marins soviĂ©tiques et US Navy, Alexandre MozgovoĂŻ, Marines Ă©ditions, 2003, (ISBN 2909675947), p. 45-46
  28. ↑ Cuba - Castro, communisme et crise des missiles
  29. ↑ Bernard Droz et Anthony Rowley, Histoire gĂ©nĂ©rale du XX siècle, Éditions du Seuil, 1987, Tome III, p. 218
  30. ↑ E. Hobsbawm, L’Âge des extrĂŞmes, Éditions Complexe, 1994, p. 308
  31. ↑ En 1968, les États-Unis et l’URSS engagent des négociations sur la limite d’armes stratégiques (Strategic Arms Limitations Talks). Les accords S.A.L.T.
  32. ↑ Dès 1973, les négociations SALT II commencent en raison de l’apparition de nouvelles armes qui ne sont par répertoriées dans les catégories définies par SALT I, tels les armes chimiques, les bombes à neutron et les missiles sol-sol. Les accords S.A.L.T.
  33. ↑ Dwayne A. Day, Of myths and missiles: the truth about John F. Kennedy and the Missile Gap, The Space Review, 3 janvier 2006
  34. ↑ Le 30 octobre 1973, des pourparlers commencent Ă  Vienne entre 12 pays de l’OTAN. et 7 du pacte de Varsovie en vue de la rĂ©duction mutuelle des forces et armes stationnĂ©es en Europe Centrale. Deux ans plus tard tous les pays d’Europe, sauf l’Albanie, participent Ă  la confĂ©rence d’Helsinki sur la sĂ©curitĂ© et la coopĂ©ration en Europe. Elle aboutit aux accords d’Helsinki, signĂ© le 1 aoĂ»t 1975. Ils sont souvent considĂ©rĂ©s comme le point culminant de la dĂ©tente. …Les accords d’Helsinki
  35. ↑ «Nous avons fait le choix de tout savoir», entretien avec Zbigniew Brzezinski, par Vincent Jauvert, dans Le Nouvel Observateur 1779, 10 décembre 1998
  36. ↑ Le Viêt Nam du nord est un régime communiste qui possède l’aide de l’URSS. Le Viêt Nam du sud est à la base une démocratie, mais son gouvernement est dictatorial, il est appuyé par les États-UnisLa guerre du Viet-Nam
  37. ↑ « Oui, la CIA est entrĂ©e en Afghanistan avant les Russes... Â», entretien avec Brzezinski dans Le Nouvel Observateur, n°1732, 15 janvier 1998
  38. ↑ Chalmers Johnson, The Largest Covert Operation in CIA History, History News Network, 6 septembre 2003
  39. ↑ Manuel d'Histoire franco-allemand, Terminales L/ES/L, Nathan, 2006
  40. ↑ Pour la première fois dans l’histoire, l’humanité avait le potentiel de se détruire. La peur régnait à travers le monde, autant dans les pays producteurs que les pays spectateurs Armement nucléaire - Destruction de l’environnement au profit de la défense
  41. ↑ Dans son discours sur l'Ă©tat de l'Union du 28 janvier 1992, il dĂ©clare : « Grâce Ă  Dieu, les États-Unis ont gagnĂ© la Guerre froide ; un monde jadis divisĂ© en deux camps armĂ©s reconnaĂ®t aujourd’hui la supĂ©rioritĂ© d’une seule puissance : les États-Unis ; cette constatation n’inspire aucune peur car le monde a confiance en notre nation et il a raison. Â»





Chapitre : Vous pouvez voir également :


  - Sous-chapitre : Bibliographie

    Liste :
  • Sophie Chautard, L'indispensable des conflits du XX siècle, Levallois-Perret, Studyrama, 272 p.
  • Pierre du Bois de Dunilac, «Guerre froide, propagande et culture (1945-1953)», Relations internationales, n° 115, 2003, pp.437-454
  • Pierre du Bois de Dunilac, «Cold War, culture and propaganda, 1953 to 1975», in, Wilfried Loth and Georges-Henri Soutou (eds), The Making of dĂ©tente, Eastern and Western Europe in the Cold War, 1965-75, London and New York, Routledge, 2008, p. 9 Ă  24.
  • AndrĂ© Fontaine, La Guerre froide, 1917-1991, Paris, La Martinière, 2006, 572 p.
  • RenĂ© Girault, Robert Frank, Jacques Thobie, La Loi des gĂ©ants, 1941-1964 : Histoire des relations internationales contemporaines, III, Paris, Payot et Rivages, 2005, 541 p.
  • Granville, Johanna (Le Premier Domino)The First Domino: International Decision Making During the Hungarian Crisis of 1956, Texas A & M University Press, 2004. ISBN: 1585442984.
  • Granville, Johanna (Imre Nagy autrement connu sous le nom de l'espion 'Volodya') "Imre Nagy aka 'Volodya' - A Dent in the Martyr's Halo?", Cold War International History Project Bulletin, no. 5 (Woodrow Wilson Center for International Scholars, Washington, DC), Spring, 1995, pp. 28, and 34-37.
  • Granville, Johanna, "Radio Europe Libre et la rĂ©volution hongroise" "Caught With Jam on Our Fingers”: Radio Free Europe and the Hungarian Revolution in 1956” Diplomatic History, vol. 29, no. 5 (2005): pp. 811-839.
  • Granville, Johanna, "Documents d'archives soviĂ©tiques sur la Hongrie" "Soviet Archival Documents on the Hungarian Revolution, 24 October - 4 November 1956", Cold War International History Project Bulletin, no. 5 (Woodrow Wilson Center for International Scholars, Washington, DC), Spring, 1995, pp. 22-23, 29-34.
  • Jeannesson, Stanislas, La Guerre froide, La DĂ©couverte, Paris, 2002, 123 p.
  • Lewkowicz, Nicolas, The German Question and the Origins of the Cold War, IPOC, Milan, 2008 ISBN: 8895145275
  • Lilly Marcou, La Guerre froide, l’engrenage, Bruxelles, Éditions Complexe, 1987, 275 p.
  • Georges-Henri Soutou, La Guerre de Cinquante ans, Fayard, 2001.
  • Maurice VaĂŻsse, Les relations internationales depuis 1945, Armand Colin, 3 Ă©d., 2003, 257 p.
  • Michel Winock (Ă©d.), Le temps de la Guerre froide. Du rideau de fer Ă  l'effondrement du communisme. Paris, Seuil, 1994, collection Points-Seuil (Recueil d'articles publiĂ©s dans le magazine L'Histoire).

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