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Définition Wikipédia de : Fourmi



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Fourmis
 fourmis
fourmis
Classification
RègneAnimalia
EmbranchementArthropoda
Sous-embr.Hexapoda
ClasseInsecta
Sous-classePterygota
Infra-classeNeoptera
OrdreHymenoptera
Sous-ordreApocrita
Super-familleVespoidea
Famille
Formicidae
Latreille, 1809
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Introduction :

      Les fourmis (famille des formicidĂ©s — Formicidae — ) sont des insectes sociaux formant des colonies, appelĂ©es fourmilières, parfois extrĂŞmement complexes, contenant de quelques dizaines Ă  plusieurs millions d’individus. Certaines espèces forment des « colonies de colonies Â» ou supercolonies. Les fourmis sont classĂ©es dans l’ordre des hymĂ©noptères, comme les guĂŞpes et les abeilles. Les termites, parfois appelĂ©s fourmis blanches, sont de l’ordre des dictyoptères (sous-ordre des isoptères). Ils ne sont donc pas des fourmis, bien qu’ils leur ressemblent.







- Sommaire de la page -









Chapitre : Description


Suite de l'article :

Les premières fourmis connues seraient apparues Ă  la fin du CrĂ©tacĂ© et seraient une Ă©volution des guĂŞpes du jurassique. Morphologiquement, elles se distinguent des autres insectes principalement par des antennes avec un coude marquĂ© et par un pĂ©doncule en forme de perle formĂ© des premiers segments abdominaux (qui sont joints au thorax chez les guĂŞpes). Ce pĂ©tiole intercalĂ© donne Ă  l’abdomen une plus grande mobilitĂ© par rapport au reste du corps (c’est la forme du pĂ©tiole qui permet de dĂ©terminer l’espèce de la fourmi Ă  coup sĂ»r). Ă€ l’exception des individus reproducteurs, la plupart des fourmis sont aptères (sans ailes). Elles se sont adaptĂ©es Ă  presque tous les milieux terrestres et souterrains (on en a trouvĂ© jusqu’au fond d’une grotte de 22 km de long en Asie du Sud-est), sans toutefois avoir colonisĂ© les milieux aquatiques et les zones polaires et glaciaires permanentes.



     Les Ĺ“ufs sont pondus par une ou parfois plusieurs reines (les espèces de fourmis possĂ©dant une seule reine sont appelĂ©es monogynes et celles possĂ©dant plusieurs reines sont dites polygynes). Certaines espèces peuvent tolĂ©rer, lorsque la colonie est consĂ©quente, deux reines tellement Ă©loignĂ©es qu’elles ne se rencontrent jamais (on parle alors d’espèce olygynes). La plupart des individus grandissent pour devenir des femelles aptères et stĂ©riles appelĂ©es ouvrières. PĂ©riodiquement, des essaims de nouvelles reines et de mâles, gĂ©nĂ©ralement pourvus d’ailes, quittent la colonie pour se reproduire. Les mâles meurent ensuite rapidement, tandis que les reines survivantes, fĂ©condĂ©es, fondent de nouvelles colonies ou, parfois, retournent dans leur fourmilière natale.

  - Sous-chapitre : LongĂ©vitĂ©


     Le record de longĂ©vitĂ© pour une fourmi est dĂ©tenu par une reine de la fourmi noire des jardins, Lasius niger, qui vĂ©cut 28 ans et 8 mois dans un laboratoire .

  - Sous-chapitre : DensitĂ© de nids


     Elle varie fortement selon l’espèce et l’environnement, Ă©tant notamment liĂ© Ă  la disponibilitĂ© en nourriture.


     La Formica yessensis, une espèce de fourmi des bois, a construit une colonie de 45 000 nids sur 1 250 ha Ă  HokkaidĹŤ (Japon), abritant plus d’un million de reines et 306 millions d’ouvrières.

  - Sous-chapitre : DĂ©veloppement


     Les fourmis se dĂ©veloppent par mĂ©tamorphose complète, en passant par trois stades successifs : Ĺ“uf, larve, nymphe (parfois pupe ou cocon, principalement chez les Formicinae) puis adulte (sans croissance Ă  l’état adulte). La larve, privĂ©e de pattes, est particulièrement dĂ©pendante des adultes. Les larves et les pupes doivent ĂŞtre maintenues Ă  tempĂ©rature constante pour assurer leur dĂ©veloppement et sont souvent dĂ©placĂ©es parmi les diverses chambres de couvĂ©e de la fourmilière. Les diffĂ©rences morphologiques majeures entre les reines et les ouvrières, et entre les diffĂ©rentes castes d’ouvrières quand elles existent, sont induites par le rĂ©gime alimentaire au stade larvaire. Quant au sexe des individus, il est gĂ©nĂ©tiquement dĂ©terminĂ© : si l’œuf est fĂ©condĂ©, l’individu est alors diploĂŻde et l’œuf donnera une femelle (ouvrière ou reine) ; s’il ne l’est pas, l’individu est haploĂŻde et forme un mâle.


     Une nouvelle ouvrière passe les premiers jours de sa vie adulte Ă  s’occuper de la reine et des jeunes. Ensuite, elle participe Ă  la construction et au maintien du nid, puis Ă  son approvisionnement et Ă  sa dĂ©fense. Ces changements sont assez brusques et dĂ©finissent des castes temporelles. C’est-Ă -dire que les ouvrières se regroupent selon l’activitĂ© commune qu’elles auront Ă  un stade de leur vie.


     Chez certaines fourmis, il existe Ă©galement des castes physiques. Selon leur taille, les ouvrières sont mineures, moyennes ou majeures, ces dernières participant plutĂ´t Ă  l’approvisionnement. Souvent les fourmis les plus grandes sont disproportionnĂ©es : tĂŞte plus grande et mandibules plus fortes. Chez quelques espèces, les ouvrières moyennes ont disparu, et il existe une grande diffĂ©rence physique entre les petites et les gĂ©antes, appelĂ©es parfois soldats bien que leur rĂ´le dĂ©fensif ne soit pas nĂ©cessairement prĂ©pondĂ©rant.

  - Sous-chapitre : Type de morphologie




Image (cliquez pour agrandir) :

Schéma anatomique d’une ouvrière.



     Parmi les 11 800 espèces connues environ (on estime Ă  plus de 20 000 le nombre total d’espèces), la plus grande (30 mm de long) est Dinoponera quadriceps chez laquelle la reproduction d’une ouvrière aboutit, invariablement, Ă  la mort en pleine action de son soupirant : encore accouplĂ©e, elle lui sectionne l’abdomen. Puis elle retourne au nid, toujours munie des pièces gĂ©nitales de sa brève rencontre, ce qui la rend non rĂ©ceptive aux avances des autres mâles.


     Toutes sortes de comportements sont observĂ©s chez les fourmis, le nomadisme en est l’un des plus remarquable. Les fourmis lĂ©gionnaires d’AmĂ©rique du Sud et d’Afrique notamment ne forment pas de nid permanent, mais alternent plutĂ´t entre des Ă©tapes de vie nomade et des Ă©tapes oĂą les ouvrières forment un nid provisoire (le bivouac) Ă  partir de leurs propres corps. La plupart des fourmis forment des colonies stationnaires, creusant d’habitude dans le sol ou une cavitĂ©. Les colonies se reproduisent par des vols nuptiaux comme dĂ©crit plus haut, ou par la fission (un groupe d’ouvrières creuse simplement un nouveau trou et Ă©lève de nouvelles reines). Les membres de diffĂ©rentes colonies sont identifiĂ©s par l’odeur et habituellement les intrus sont attaquĂ©s, avec des exceptions notables. D’autres mĂ©thodes de dĂ©veloppement de nouvelles colonies ont Ă©tĂ© observĂ©es :




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Reine de Formica sanguinea.


    Liste :
  • Quelques fourmis sont esclavagistes, comme les Formica sanguinea, et pillent le couvain des autres espèces en faisant de vĂ©ritables raids dans les colonies d’autres fourmis, s’emparent de pupes, cocons et nymphes qui sont traitĂ©es comme le couvain gĂ©nĂ©tiquement parent, nourries, choyĂ©es, protĂ©gĂ©es.
Une fois nées, les ouvrières esclaves ne se rendent compte de rien, et pensent être dans leur fourmilière d’origine. Elles se mettent donc tout naturellement au travail.
Il arrive parfois qu’une reine d’une autre espèce soit prise en esclavage, la fourmilière disposera donc pendant une vingtaine d’années d’esclaves à profusion.
Quelques espèces, comme les fourmis amazones (Polyergus rufescens), sont devenues complètement dépendantes de telles esclaves, au point d’être incapables de s’alimenter sans leur aide.
    Liste :
  • Les fourmis pot-de-miel, ont des ouvrières spĂ©cialisĂ©es appelĂ©es replètes qui stockent simplement l’alimentation pour le reste de la colonie ; elles sont gĂ©nĂ©ralement immobilisĂ©es par leurs abdomens considĂ©rablement gonflĂ©s. En Afrique, AmĂ©rique (Myrmecocystus) et Australie oĂą elles vivent, on les considère comme un mets dĂ©licieux.



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Nid de feuilles assemblée par des fourmis tisserandes (Philippines). La reine est transportée un peu plus loin par les ouvrières lorsque les feuilles se dessèchent. De telles fourmis ont été installées depuis des siècles sur des cultures en Chine pour en protéger les fruits contre d’autres insectes, le prix à payer étant quelques piqûres lors de la récolte, mais attention ces espèces sont volontiers invasives.


    Liste :
  • Les fourmis tisserandes (Oecophylla) construisent leur nid dans des arbres en attachant des feuilles ensemble, d’abord en les joignant par un pont d’ouvrières puis en les collant ensemble avec de la soie produite par des larves.
    Liste :
  • Les coupeuses de feuilles (Atta) se nourrissent, pour une part importante, d’un champignon symbiotique qui se dĂ©veloppe uniquement dans leurs colonies. Elles rĂ©coltent continuellement des feuilles dans lesquelles elles dĂ©coupent de petits morceaux qui servent Ă  cultiver le champignon. Les castes de ces fourmis sont organisĂ©es autour de la dĂ©coupe des feuilles et en fonction de la taille des morceaux dont elles sont chargĂ©es.
    Liste :
  • Les fourmis charpentières (certaines espèces du genre Camponotus) font leurs nids en creusant le bois. Elles varient en taille (polymorphisme), elles mesurent, en gĂ©nĂ©ral, plus d’un centimètre, elles comptent parmi les plus grandes espèces d’Europe.
    Liste :
  • Les fourmis moissonneuses (Messor sp.) du Bassin mĂ©diterranĂ©en amassent des graines de graminĂ©es sauvages et cultivĂ©es, parfois par tonnes, dans des « greniers Â» souterrains. Les fourmis adultes (ouvrières et guerrières) dĂ©cortiquent et mâchent chaque grain pendant plusieurs heures, de façon Ă  en obtenir une pâte comestible.
    Liste :
  • Les fourmis « pestes Â», envahisseuses ou encore nuisibles, sont des espèces venues de pays lointains qui envahissent une nouvelle rĂ©gion et s’installent de telle manière qu’on ne puisse les chasser. Les plus connues en France sont les fourmis d’Argentine. Cette espèce particulièrement remarquable par sa petite taille (1-3 mm)et très agressive, a formĂ© une super-colonie de Barcelone Ă  Milan. Les diffĂ©rentes fourmilières, contrairement aux autres espèces, sont alliĂ©es entre elles et par consĂ©quent inarrĂ©tables quand elles forment de très grandes colonies. Cette espèce introduite en France par des pots de Lauriers roses venus d’Argentine a dĂ©jĂ  chassĂ© plusieurs espèces d’autres insectes du sud du pays (dorandillula en particulier).
    Liste :
  • Ă€ noter qu’une espèce Ă©tait classĂ©e espèce protĂ©gĂ©e en France auparavant (elle l’est toujours dans plusieurs pays europĂ©ens), car elle est utile dans son environnement : Formica rufa. Sa prĂ©sence au sein d’une forĂŞt, protège les arbres du dĂ©veloppement d’insectes ravageurs. Une colonie mature capture, en Ă©tĂ©, pas moins de 1 kg d’insectes par jour et autant de miellat. La fourmilière de ces dernières constitue un dĂ´me de brindilles pouvant atteindre plus d’un mètre de haut, souvent en lisière de forĂŞt ou de clairière. Le dĂ´me permet une rĂ©gulation de la tempĂ©rature interne et une exposition optimisĂ©e aux rayonnements solaires, favorisant ainsi une croissance rapide du couvain. Fait, notable, certaines espèces de Fourmis rousses peuvent s’associer en de supercolonie. L’utilisation de feuilles de rĂ©sineux ou de particules de rĂ©sines contribue Ă  la dĂ©sinfection du nid.

     Concernant la reproduction, la Wasmannia auropunctata a la possibilitĂ© assez exceptionnelle d’avoir deux modes de multiplication : la reproduction ou la multiplication asexuĂ©e par clonage.

Fourmi sans reine

Article dĂ©taillĂ© : Fourmi sans reine.

     Un pour cent des espèces de fourmis recensĂ©es dans le monde sont des fourmis sans reine. Elles vivent dans des colonies très rĂ©duites oĂą des ouvrières se reproduisent de temps Ă  autre. On peut citer Streblognathus peetersi, une fourmi vivant en Afrique.


     Citons :


     Le privilège de la reproduction est le fruit d’une organisation hiĂ©rarchique, oĂą la gamergate, individu dominant de la colonie, occupe cette place centrale. Son privilège reproductif pourra ĂŞtre remis en cause par des rivales au cours de joutes phĂ©romonales et d’agressions ritualisĂ©es.

Sous-familles


     â€˘ Formicomorphes :


     â€˘ Myrmeciomorphes :


     â€˘ Dorylomorphes :


     â€˘ Leptanillomorphes :


     â€˘ Poneromorphes :


     â€˘ Myrmicomorphes  :


     â€˘ sous-familles Ă©teintes :


     â€˘ incertae sedis :

    Liste :
  • A) Sous-famille des PonĂ©rinĂ©s.

     Chez les PonĂ©rinĂ©s, les reines ne se distinguent gĂ©nĂ©ralement que difficilement des ouvrières ; le passage d’une caste Ă  l’autre se fait plutĂ´t par des formes de transition. Elles diffèrent des autres fourmis par la base de l’abdomen : le pĂ©tiole se compose d’un segment avec un nĹ“ud, et l’anneau abdominal qui suit est sĂ©parĂ© du gastre par une encoche très nette. Reines et ouvrières possèdent un aiguillon. Les nymphes sont toujours enveloppĂ©es par un cocon. Cette sous-famille habite surtout les pays chauds. En France, elle est reprĂ©sentĂ©e par 7 espèces.


     Espèces particulièrement connues en France : Ponera coarctata (fait partie des « Fourmis sans reine Â» citĂ©es plus haut).

    Liste :
  • B) Sous-famille des MyrmicinĂ©s.

     Les MyrmicinĂ©s se distinguent facilement des autres fourmis par leur pĂ©tiole abdominal. Il se compose toujours de deux segments en forme de nĹ“uds qui correspondent aux 1 et 2 segments abdominaux. Reines et ouvrières possèdent un aiguillon, et certaines espèces peuvent infliger des piqĂ»res très douloureuses. Les nymphes ne sont pas enveloppĂ©es d’un cocon comme chez la plupart des fourmis Ă  Ă©caille (myrmicinĂ©s, dolichodĂ©rinĂ©s, formicinĂ©s). En France, on trouve 106 espèces de MyrmicinĂ©s.


     Espèces particulièrement connues en France : Myrmica scabrinodis, Myrmica Rubra, Tetramorium caespitum, Leptothorax Tuberum, Diplorhoptrum fugax (ou Solenopsis fugax), Crematogaster scutellaris, Pheidole pallidula, Messor sp.

    Liste :
  • C) Sous-famille des DolichodĂ©rinĂ©s.

     Les reprĂ©sentants de cette sous-famille peu nombreuse (9 espèces en France) possèdent un pĂ©tiole Ă  Ă©caille, mais celle-ci est basse et inclinĂ©e vers l’avant, contrairement Ă  celui des FormicinĂ©s, que nous verrons par la suite. Le gastre, ou abdomen, n’est composĂ© que de 4 segments chez les reines et ouvrières. Aiguillon atrophiĂ©, nymphes nues.


     Espèces particulièrement connues en France : Tapinoma erraticum.

    Liste :
  • D) Sous-famille des FormicinĂ©s.

     Chez les FormicinĂ©s, le pĂ©tiole entre thorax et abdomen forme une Ă©caille plate et dressĂ©e. Le gastre, derrière le pĂ©tiole, se compose de 5 segments chez les ouvrières et les reines, contrairement aux dolichodĂ©rinĂ©s. L’aiguillon est atrophiĂ© mais les glandes Ă  venin sont totalement dĂ©veloppĂ©es ; l’acide formique est rejetĂ© l’abdomen relevĂ©, après que les mandibules aient infligĂ© une blessure. Chez presque toutes les espèces, les nymphes sont enveloppĂ©es d’un cocon. Ce cocon ne fait dĂ©faut que chez les Camponotus truncatus, une espèce rare. 55 espèce des FormicinĂ©es sont prĂ©sentes en France.

    Liste :
  • Genre Lasius, appartenant aux fourmis Formica

     Très important, il mĂ©rite un paragraphe. Ce genre comprend de petites espèces dont les ouvrières ne possèdent en gĂ©nĂ©ral que des ocelles Ă  peine dĂ©veloppĂ©es. Les articles des antennes, du 2 au 6, sont toujours nettement plus courts que l’avant-dernier d’entre eux. La plupart des espèces se nourrissent principalement de miellat (de pucerons ou de cochenilles). Ces fourmis sont les traditionnelles fourmis noires des jardins, qui apprĂ©cient les fruits et les liquides sucrĂ©s.


     Espèces particulièrement connues en France : Camponotus ligniperda, Lasius sp., Formica rufa, Formica sanguinea, Polyergus rufescens.

    Liste :
  • Source : Cette partie de l’article, Ă  partir de « Sous-familles Â», vient de « Identification de Sous-familles Â», par Grey, forum akolab et forum myrmecofourmis. Travail de documentation Ă  partir de documents de Bert Hölldobler, Luc Passera.





Chapitre : Comportements



     Les fourmis possèdent un comportement que l’on retrouve chez les poussins consistant Ă  rassembler un grand nombre d’individus afin de crĂ©er une colonie fonctionnelle et rapide.

  - Sous-chapitre : Communication




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Les fourmis « sentent Â» avec leurs antennes, mobiles et coudĂ©es. Certains individus dits majors disposent de puissantes mandibules.





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Sous une planche de bois, dans une friche urbaine (Lille, France, le 16 juin 2002).



     La communication entre les fourmis se fait surtout au moyen de produits chimiques volatils appelĂ©s phĂ©romones, Ă©mises par diverses glandes, parfois dans une substance lipophile qui recouvre naturellement tout le corps de la fourmi. Comme d’autres insectes, les fourmis sentent avec leurs antennes. Celles-ci sont assez mobiles, ayant — comme mentionnĂ© plus haut — une articulation coudĂ©e après un premier segment allongĂ© (le scape), leur permettant d’identifier aussi bien la direction que l’intensitĂ© des odeurs. Ce système d’orientation olfactif est combinĂ© avec des composantes visuelles (points de repère, position du soleil), capacitĂ© Ă  mesurer la distance parcourue.


     L’utilisation principale des phĂ©romones rĂ©side dans la dĂ©finition et le repĂ©rage de « pistes Â» olfactives destinĂ©es Ă  guider les fourmis vers des sources de nourriture (voir ci-dessous). Les phĂ©romones sont aussi mĂ©langĂ©es avec la nourriture Ă©changĂ©e par trophallaxie, informant chacune sur la santĂ© et la nutrition de ses congĂ©nères. Les fourmis peuvent aussi dĂ©tecter Ă  quel groupe de travail (par exemple le fourragement ou la maintenance de nid) l’une ou l’autre appartient. De mĂŞme, une fourmi Ă©crasĂ©e ou attaquĂ©e produira une phĂ©romone d’alerte dont la concentration Ă©levĂ©e provoque une frĂ©nĂ©sie agressive chez les fourmis Ă  proximitĂ© ou dont une concentration plus faible suffit Ă  les attirer. Dans certains cas, les phĂ©romones peuvent ĂŞtre utilisĂ©es pour tromper les ennemis, ou mĂŞme pour influencer le dĂ©veloppement des individus. Ainsi, la reine produit une phĂ©romone spĂ©ciale en l’absence de laquelle les ouvrières commenceront Ă  Ă©lever de nouvelles reines.


     Certaines fourmis Ă©mettent des sons, on parle alors de stridulations (friction de la râpe, formĂ©e d’un alignement de cĂ´tes, de stries, de dents, d’épines, et du grattoir, qui consiste en une saillie ou un bord vif, qui produit la stridulation, un peu comme le ferait un clou grattant sur une lime ou l’ongle passant sur les dents d’un peigne). Ces sons permettent alors d’attirer d’autres ouvrières pour, par exemple, porter une proie trop lourde pour un individu isolĂ©. Cette mĂ©thode est toutefois moins efficace que la piste de phĂ©romones, comme l’a montrĂ© G.D dans sa fameuse expĂ©rience du mĂŞme nom.


     D’autres utilisent aussi la communication visuelle, de moins en moins rĂ©pandue. Chez les Tetraponeras par exemple, lorsque les larves ont un besoin en nourriture, elles remuent simplement la tĂŞte pour que, rapidement, une ouvrière intervienne pour lui ingurgiter de la nourriture liquide de bouche Ă  bouche. Chez les Tisserandes, lorsqu’une ouvrière se lance dans la construction d’un nouveau nid, elle commence par agripper une feuille pour la courber. Elle sera immĂ©diatement rejointe par son entourage qui aura aperçu la scène et qui l’aidera dans sa tâche. C’est ainsi qu’elles pourront rejoindre les bords de deux feuilles pour les tisser entre elles.

  - Sous-chapitre : La trophallaxie


     La majoritĂ© des fourmis pratiquent la trophallaxie, le processus alimentaire au cours duquel une fourmi rĂ©gurgite une partie de la nourriture qu’elle a ingĂ©rĂ©e dans son jabot social pour la restituer Ă  une autre fourmi. Le genre Messor a la particularitĂ© de n’avoir pas de jabot social et de ne pas faire de trophallaxies.

  - Sous-chapitre : Comportement collectif


     Les fourmis attaquent et se dĂ©fendent en mordant et, pour certaines espèces, en projetant de l’acide formique (formicinae) qui fait fondre la chitine des insectes, ou d’autres substances pouvant engluer un adversaire, ou encore en piquant Ă  l’aide d’un aiguillon (qui chez quelques espèces reste piquĂ© avec la glande Ă  venin dans la peau de la victime).


     Chez la plupart des espèces, la colonie a une organisation sociale complexe et est capable d’accomplir des tâches difficiles (exploiter au mieux une source de nourriture, par exemple). Cette organisation apparaĂ®t grâce aux nombreuses interactions entre fourmis, et n’est pas dirigĂ©e — contrairement Ă  une idĂ©e rĂ©pandue — par la reine. On parle alors d’intelligence collective, pour dĂ©crire la manière dont ce comportement collectif complexe apparaĂ®t, grâce Ă  des règles individuelles relativement simples.


     Dans les colonies de fourmis, le « comportement global Â» n’est donc pas programmĂ© chez les individus, on dit qu’il Ă©merge de l’enchaĂ®nement d’un grand nombre d’interactions locales entre les individus et leur environnement.


     Un exemple classique de comportement collectif auto-organisĂ© est l’exploitation des pistes de phĂ©romones. Une fourmi seule n’a pas l’intelligence nĂ©cessaire pour choisir le plus court chemin dans un environnement complexe. De fait, c’est la colonie dans son ensemble (du moins, les individus impliquĂ©s dans le fourragement) qui va choisir ce chemin.


     En 1980, Jean-Louis Deneubourg a pu vĂ©rifier expĂ©rimentalement qu’une colonie de fourmis (de l’espèce Lasius niger) disposant de deux chemins de longueurs diffĂ©rentes pour rallier une source de nourriture, choisissait plus souvent le chemin le plus court. Il dĂ©crit ainsi ce phĂ©nomène :

« (…) un « Ă©claireur Â», qui dĂ©couvre par hasard une source de nourriture, rentre au nid en traçant une piste chimique. Cette piste stimule les ouvrières Ă  sortir du nid et les guide jusqu’à la source de nourriture. Après s’y ĂŞtre alimentĂ©es, les fourmis ainsi recrutĂ©es rentrent au nid en renforçant Ă  leur tour la piste chimique. Cette communication attire vers la source de nourriture une population de plus en plus nombreuse. Un individu qui dĂ©couvre une source de nourriture y « attire Â» en quelques minutes n congĂ©nères (par exemple 5) ; chacun de ceux-ci y attirent Ă  leur tour n congĂ©nères (25), et ainsi de suite. Â»

     Si l’on considère plusieurs chemins pour se rendre sur le lieu d’approvisionnement, on comprend que les individus empruntant le plus court reviendront plus vite Ă  la fourmilière que ceux qui auront pris le plus long. C’est ainsi que ce chemin comportera une trace olfactive de plus en plus forte par rapport aux autres et sera donc prĂ©fĂ©rĂ© par les fourmis.


     On connaĂ®t depuis d’autres exemples de ce type, comme la construction du nid, la rĂ©partition du couvain dans celui-ci, l’entassement des cadavres de la colonie, l’organisation en « supercolonies Â», etc.






Chapitre : Écologie et répartition


  - Sous-chapitre : RĂ©partition

ÉcozoneNombre
d’espèces
Néotropique2162
Néarctique580
Europe180
Afrique2500
Asie2080
Mélanésie275
Australie985
Polynésie42

     Une estimation du nombre de fourmis vivant aujourd’hui sur terre Ă  un instant donnĂ© est environ 10 millions de milliards d’individus. Les fourmis constitueraient 1 Ă  2 % du nombre d’espèces d’insectes, mais près de 20 % de leur biomasse. Chaque individu ne pèse que de 1 Ă  10 milligrammes, mais leur masse cumulĂ©e est environ quatre fois supĂ©rieure Ă  celle de l’ensemble des vertĂ©brĂ©s terrestres. Environ 12 000 espèces de fourmis sont rĂ©pertoriĂ©es en 2005, mais on en dĂ©couvre rĂ©gulièrement, essentiellement en zone tropicale et dans la canopĂ©e (qui n’est explorĂ©e que depuis quelques dizaines d’annĂ©es). Seules 400 espèces sont connues en Europe, alors qu’on peut compter jusqu’à 40 espèces diffĂ©rentes sur un seul mètre carrĂ© de forĂŞt tropicale en Malaisie (668 espèces comptĂ©es sur 4 hectares Ă  BornĂ©o) et 43 espèces sur un seul arbre de la forĂŞt pĂ©ruvienne amazonienne, soit presque autant que pour toute la Finlande ou les Ă®les Britanniques. Environ huit millions d’individus ont Ă©tĂ© comptĂ©s sur un hectare d’Amazonie brĂ©silienne, soit trois Ă  quatre fois la masse cumulĂ©e des mammifères, oiseaux, reptiles, et amphibiens vivant sur cette surface. Elles jouent un rĂ´le majeur dans le recyclage des espèces et dans la formation et la structuration des sols. Plusieurs espèces vivent en symbiose avec des bactĂ©ries, des champignons, des animaux (papillons ou pucerons par exemple) ou avec des arbres ou des fleurs.


     En France, les espèces de fourmis les plus frĂ©quentes sont Crematogaster scutellaris, Camponotus ligniperdus, Formica fusca, Lasius niger, Messor structor, Myrmica rubra, Pheidole pallidula, Tetramorium caespitum.

  - Sous-chapitre : Relations de coopĂ©ration et de prĂ©dation




Image (cliquez pour agrandir) :

Fourmis (Oecophylla smaragdina) avec des pucerons.


    Liste :
  • Des pucerons sĂ©crètent un liquide sucrĂ© appelĂ© le miellat. Normalement il tombe au sol, mais certaines fourmis s’en nourrissent. Les fourmis tiennent Ă  distance les prĂ©dateurs des pucerons et les transportent aux meilleurs emplacements pour se nourrir. Certaines les accueillent au sein mĂŞme de la fourmilière, pour les espèces se nourrissant sur les racines des plantes. Les fourmis sont donc les seuls animaux connus Ă  possĂ©der, tout comme l’homme, des animaux domestiques.
  • Des chenilles myrmĂ©cophiles ou aimant la fourmi (gĂ©nĂ©ralement bleues, cuivrĂ©es, ou aux poils rayĂ©s) sont mises en pâture comme du bĂ©tail par les fourmis le jour, et sont ramenĂ©es Ă  l’intĂ©rieur du nid des fourmis la nuit. Ces chenilles ont une glande qui sĂ©crète le miellat quand les fourmis les massent .
  • Quelques chenilles myrmĂ©cophages (se nourrissant de fourmis) sĂ©crètent une phĂ©romone qui fait que les fourmis prennent la larve pour une des leurs. Les chenilles sont alors emportĂ©es dans le nid oĂą elles peuvent se nourrir de larves de fourmi .



Image (cliquez pour agrandir) :

Fourmis récoltant le miellat d’un puceron.


    Liste :
  • D’autres espèces de chenilles sĂ©crètent une phĂ©romone les faisant passer pour des larves de fourmis. Elles peuvent ainsi se dĂ©velopper en Ă©tant protĂ©gĂ©es et nourries par la colonie. C’est une forme de parasitisme .

  - Sous-chapitre : RĂ©sistance


     Les fourmis produisent naturellement, notamment pour protĂ©ger leurs Ĺ“ufs et leurs cultures des champignons, des insecticides, des fongicides, des bactĂ©ricides, des virucides et une batterie de molĂ©cules complexes dont les fonctions ne sont pas toutes connues. Elles font partie des premières espèces pionnières et montrent des capacitĂ©s Ă©tonnantes de terrassement, de colonisation et de rĂ©silience Ă©cologique, et mĂŞme de rĂ©sistance Ă  la radioactivitĂ©.

  - Sous-chapitre : RĂ´le environnemental

Terrassement




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Entrée de fourmilière.



     Les ouvrières de l’espèce Atta d’un seul nid peuvent mobiliser et rĂ©partir sur 100 mètres carrĂ©s jusqu’à 40 tonnes de terre. Certaines espèces jouent un rĂ´le au moins aussi important que celui des lombrics pour les couches superficielles du sol ; ce sont de 400 Ă  800 kg de sol qui sont creusĂ©s, mobilisĂ©s, transportĂ©s, maçonnĂ©s pour construire un nid climatisĂ© dans le dĂ©sert, et 2,1 tonnes en Argentine par Camponotus punctulatus. De nombreuses espèces dĂ©colmatent et acidifient le sol rendant mobilisables des nutriments autrement moins biodisponibles. Elles enfouissent de la matière organique et remontent en surface un sol fragmentĂ© en petites particules propices Ă  la croissance des graines. Les fourmis contribuent Ă  la fois Ă  homogĂ©nĂ©iser et aĂ©rer le sol, Ă  l’enrichir en surface et en profondeur, tout en diversifiant les habitats en fonction de la proximitĂ© de la fourmilière.

Fonctions écologiques




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Les fourmis tropicales Atta peuvent dĂ©couper les feuilles d’arbres sains, mais ses individus sont attirĂ©s par l’odeur de la sève des feuilles ou tiges blessĂ©es. Elles peuvent dĂ©folier entièrement un grand arbre tombĂ© au sol en 12 Ă  48 heures. Ces feuilles serviront de support aux cultures d’un champignon dont la fourmi atta est friande.



     Les fourmis jouent un rĂ´le pĂ©dologique majeur, elles protègent certains arbres de parasites. La fourmi rousse des bois Formica polyctena est ainsi protĂ©gĂ©e par la loi dans plusieurs pays, Ă  juste titre puisqu’elle consommerait 14 500 tonnes d’insectes par an, rien que dans les forĂŞts alpines d’Italie, conservant des « Ă®lots verts Â» autour de leurs nids lors des Ă©pisodes de dĂ©foliation).


     D’autres espèces cultivent des parasites des plantes (pucerons ou cochenilles dont elles exploitent le miellat) Elles protègent aussi certaines espèces qui leur fournissent abri ou nourriture. Elles contribuent Ă  disperser et Ă  faire germer de nombreuses graines, près de 100 % des graines d’une euphorbe mĂ©diterranĂ©enne sont transportĂ©es par 3 ou 4 espèces de fourmis qui consomment l’élaiösome charnu et gras de la graine en rejetant le reste, sans affecter sa capacitĂ© germinative. Dans un mĂŞme environnement, une prairie avec fourmilières est plus productive que celle qui en est dĂ©pourvue. De nombreuses Ă©piphytes dĂ©pendent des fourmis ou sont favorisĂ©es par leur prĂ©sence. Pour les attirer, ces Ă©piphytes leur offrent du nectar et/ou un abri en Ă©change d’une protection contre divers prĂ©dateurs et parfois d’une aide Ă  la dispersion des graines (certaines fourmis (Crematogaster ou Camponotus) vĂ©gĂ©talisent leurs nids et fabriquent des jardins suspendus en incorporant des graines d’épiphytes dans les parois de leurs nids faits de fibres ou pulpe de bois mâchĂ©es) Elles dĂ©fendent activement leurs jardins et en tirent un nectar extrafloral, un abri supplĂ©mentaire et peut-ĂŞtre une protection microclimatique.


     Certaines espèces causent cependant des dĂ©gâts Ă  certaines plantes cultivĂ©es par l’élevage des pucerons et cochenilles. Des espèces introduites et très invasives ne sont pas combattues par les fourmis locales du pays d’arrivĂ©e (elles ne les reconnaissent pas comme dangereuses). C’est une cause de rĂ©gression de la biodiversitĂ©, par rĂ©gression ou disparition d’espèces de fourmis concurrentes ou d’espèces d’autres règnes.

Fonctions agronomiques ou pour l’agrosylviculture


     Certaines espèces de fourmis tisserandes sont depuis longtemps introduites dans les cultures fruitières pour dĂ©fendre les fruits d’attaques d’insectes, des fourmis du genre Ectatomma Ă  petits effectifs mais Ă  nids nombreux (11 000 nids/ha comptabilisĂ©s dans les plantations de cafĂ© ou cacao au Chiapas au Mexique patrouillent en permanence et mangeraient annuellement 16 millions de proies pour Ectatomma tuberculatum et 15 fois plus (260 millions) pour Ectatomma ruidum.. les Solenopsis invicta dĂ©fendent la canne Ă  sucre de certains parasites majeurs, comme la Wasmannia auropunctata protège les cocotiers des punaises, mais ces espèces sont souvent invasives et provoquent des piqĂ»res très douloureuses.

Fonction sanitaire




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Certaines espèces de fourmis, nécrophages, limitent la diffusion et pullulation de pathogènes.



     Les fourmis jouent un rĂ´le majeur de nĂ©crophage, mĂŞme en pleine ville et en zone tempĂ©rĂ©e pour des oiseaux, rats, souris et autres petits animaux morts par exemple. En nettoyant rapidement les cadavres dont elles ne laissent souvent que les os, cuticules dures ou arĂŞtes elles empĂŞchent la libĂ©ration dans l’environnement de nombreux propagules de microbes pathogènes.


     On estime que 90 % au moins des cadavres d’insectes, dans la nature finissent dans des fourmilières, avant d’être recyclĂ©s dans le sol.


     Les fourmis se nettoient sans cesse et s’enduisent, elles, leurs reines ainsi que leurs Ĺ“ufs de molĂ©cules bactĂ©ricides, virucides et antifongiques. Les fourmis chargĂ©es d’éliminer les cadavres du nid, les excrĂ©ments et autres dĂ©chets sont souvent des ouvrières en fin de vie ou des individus qui restent dans les endroits consacrĂ©s aux dĂ©chets et n’ont plus de contacts directs avec les autres fourmis. Certaines espèces s’enduisent de bactĂ©ries filamenteuses « amies Â» qui repoussent d’autres bactĂ©ries, pathogènes. Cependant, leurs Ă©levages de pucerons peuvent induire l’infestation des plantes par des champignons, via le miellat ou les piqĂ»res faites dans les feuilles.

Autres fonctions


     L’industrie, pharmaceutique notamment, s’intĂ©resse aux nombreuses substances synthĂ©tisĂ©es par les fourmis. Des fourmilières reconstituĂ©es et circulant dans des salles et couloirs de plastique sont utilisĂ©s comme moyen pĂ©dagogique. La fourmi en tant qu’individu ou sociĂ©tĂ© intĂ©resse Ă©galement les cybernĂ©ticiens ou les scientifiques qui travaillent sur l’auto-organisation.






Chapitre : Menaces



     Certaines pollutions, dont celles par les pesticides affectent de nombreuses espèces, mais c’est surtout l’introduction d’autres espèces de fourmis, invasives, et la destruction de leurs habitats (forĂŞts, prairies, savanes et brousses tempĂ©rĂ©es, savanes, bocage) qui sont les premières menaces. Leurs prĂ©dateurs naturels sont nombreux, des mouches parasites, aux mammifères tels que le pangolin ou le tamanoir qui sont des consommateurs spĂ©cialisĂ©s, de nombreux animaux les consomment Ă©pisodiquement, le faisan ou l’ours brun en Europe, ou encore les chimpanzĂ©s, qui savent utiliser des brindilles pour aller les chercher dans leur nid, sans jamais mettre en pĂ©ril les espèces, semble-t-il.


     Les fourmis arboricoles se dĂ©plaçant le long des branches ou sur les feuilles dans la canopĂ©e de la forĂŞt courent le risque d’être balayĂ©es par le vent, la pluie, ou mĂŞme par un singe qui passe. On a observĂ© en 2005 que les fourmis arboricoles survivent en se comportant en « parachutistes Â». Lorsqu’elles tombent, elles se mettent en position pattes Ă©cartĂ©es, comme les parachutistes qui contrĂ´lent leur chute en inclinant leurs membres et leur corps. Ces fourmis glissent avec les pattes antĂ©rieures et l’abdomen orientĂ©s vers le tronc d’arbre, effectuant souvent des virages Ă  180° en direction de la cible dans les airs.






Chapitre : Évolution de l'espèce



     Les Formicidae sont apparues au cours du CrĂ©tacĂ©, il y a un peu plus de 100 millions d’annĂ©es. Le plus ancien fossile connu apparentĂ© aux fourmis est Gerontoformica cretacica qui a Ă©tĂ© dĂ©couvert dans l’ambre de l’Albien supĂ©rieur de Charente-Maritime (France). Les fourmis semblent avoir divergĂ© d’insectes apparentĂ©s aux guĂŞpes. Dès lors, de nombreuses espèces sont apparues en se spĂ©cialisant aussi bien pour la vie souterraine que arboricole, voire les deux. La sous-famille Martialinae, dont la seule espèce connue est Martialis heureka, pourrait ĂŞtre Ă  l’origine de toutes les autres sous-familles.


     Position phylogĂ©nĂ©tique de la famille Formicidae

   Vespoidea   


     Sierolomorphidae






     Tiphiidae





     Sapygidae




     Mutillidae








     Pompilidae




     Rhopalosomatidae






     Formicidae





     Vespidae




     Scoliidae












Chapitre : La fourmi et l'homme



     Les rapports entre humains et fourmis sont très variables. D’une part, les fourmis ont souvent Ă©tĂ© utilisĂ©es dans des fables et des histoires enfantines pour reprĂ©senter l’acharnement au travail et l’effort coopĂ©ratif. Elles peuvent aussi ĂŞtre perçues comme utiles pour nettoyer des insectes parasites et aĂ©rer le sol. D’autre part, elles peuvent devenir sources de nuisances mineures ou parasites elles-mĂŞmes quand elles envahissent les maisons, les cours, les jardins et les champs. La fourmi Tetraponera colonise un arbre creux le Barteria surnommĂ© au Gabon l’arbre de l’adultère. On y attachait les femmes adultères dans le temps. La morsure d’une fourmi Ă©tant aussi douloureuse que celle d’une guĂŞpe mais moins durable.


     Les fourmis sont un plat particulièrement apprĂ©ciĂ© pour ses qualitĂ©s nutritives par certaines tribus aborigènes d'Australie, oĂą il s'en servent aussi pour chasser. Diverses expĂ©ditions ont montrĂ© que la tribu « Rahamefy Â» se sert des fourmis pour rendre les sols meubles.


     Avec la mondialisation des Ă©changes commerciaux et des transports, plusieurs espèces sont devenues invasives. Une certaine espèce, appelĂ©e fourmi tueuse, a tendance Ă  attaquer des animaux beaucoup plus grands qu’elle dans sa quĂŞte de nourriture ou dans la dĂ©fense de ses nids. Les attaques sur l’homme sont rares, mais les piqĂ»res et les morsures peuvent ĂŞtre très douloureuses et incapacitantes si elles sont rĂ©pĂ©tĂ©es, avec un choc anaphylactique possible pour quelques espèces dangereuses. Les fourmis peuvent aussi ĂŞtre source de problème lorsqu’elles sont introduites dans des zones gĂ©ographiques oĂą elles ne sont pas indigènes (comme Linepithema humile, la fourmi d’Argentine, formant la supercolonie qui va des cĂ´tes italiennes aux cĂ´tes espagnoles en passant par la France, soit plus de 6 000 km, et exterminant les espèces indigènes). Les fourmis de feu peuvent par exemple attaquer et tuer de jeunes alligators du Mississippi au sortir de l’œuf.






Chapitre : L'invasion de la fourmi d'Argentine



     La fourmi d’Argentine ou Linepithema humile, dĂ©crite pour la première fois en 1868, a profitĂ© des Ă©changes commerciaux pour s’expatrier et coloniser le Sud des États-Unis dès 1891, l’Europe en 1904, l’Afrique du Sud en 1908 et l’Australie en 1939. Il est probable qu’elle atteignit les cĂ´tes mĂ©diterranĂ©ennes en 1920 par le biais de plantes Ă  fleur.


     En 2002, des entomologistes europĂ©ens ont constatĂ© que la fourmi d’Argentine avait envahi l’Europe du Sud sur 6 000 km du nord de l’Italie jusqu’à la Galice et le Portugal, en passant par le sud de la France. Cette colonie est la plus grande jamais observĂ©e dans le monde. La deuxième se situe en Catalogne.


     Le changement d’environnement de ces fourmis serait Ă  l’origine de leur très grande cohĂ©sion. En effet, lorsqu’elles sont en Argentine, les colonies de Linepithema Humile ne comptent qu’un seul nid. C’est l’absence de prĂ©dateur en Europe qui a permis Ă  ces fourmis d’augmenter la densitĂ© des nids et donc les Ă©changes entre les ouvrières de ceux-ci, entraĂ®nant un appauvrissement de la diversitĂ© gĂ©nĂ©tique des gènes de reconnaissance des individus au sein de leur nid. Les fourmis d’Argentine apprirent la diplomatie, et les diffĂ©rents nids ne s’entretuèrent plus. Au fil du temps, la densitĂ© des nids permit la crĂ©ation d’une supercolonie, et deux individus d’un bout Ă  l’autre de cette mĂ©galopole de fourmis peuvent se reconnaĂ®tre au premier coup de phĂ©romones, comme Ă©tant de la mĂŞme fratrie.


     Les fourmis d’Argentine ne sont pas dangereuses pour l’homme mais elles nuisent Ă  l’écosystème originel de l’Europe du Sud : elles dĂ©truisent les bourgeons des arbres et prennent la place des fourmis europĂ©ennes. La seule façon d’empĂŞcher l’expansion de cette supercolonie serait de dĂ©truire l’esprit de l’unicolonialitĂ© qui unit les nids de fourmis. Cet esprit d’équipe est condamnĂ© Ă  disparaĂ®tre une fois l’objectif de la super colonie atteint: coloniser un maximum de territoire. La deuxième supercolonie en Catalogne serait plus belliqueuse que la première et pourrait bien chercher Ă  l’éliminer.


     En 2004, des scientifiques amĂ©ricains ont remis en cause l’idĂ©e d’appauvrissement gĂ©nĂ©tique. L’étude de Deborah Gordon sur une supercolonie prĂ©sente en Californie, publiĂ©e dans la revue Ecology, a rĂ©vĂ©lĂ© que la coopĂ©ration des fourmis aurait donc pour origine un rĂ©gime alimentaire commun.






Chapitre : Galerie photos


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Chapitre : Bibliographie


    Liste :
  • Bernard Werber la trilogie des fourmis (1992,1993) : les fourmis, le jour des fourmis, la rĂ©volution des fourmis
  • Heikko Bellmann (1999). Guide des abeilles, bourdons, guĂŞpes et fourmis d’Europe. Delachaux et NiestlĂ© (Lausanne), coll. Les compagnons du naturaliste : 336 p. 
  • Daniel Cherix (1986). Les Fourmis des bois. Payot (Lausanne), collection Atlas visuels, sĂ©rie Comment vivent-ils ? : n.f.
  • Bert Hölldobler et Edward O. Wilson (1994) Voyage chez les fourmis, , Seuil (Paris), coll. Science ouverte : 247 pages.
  • Julian Huxley (1955). Les Voies de l’instinct : fourmis et termites. Ă€ la Baconnière (Neuchâtel), coll. Observation et synthèse : 104 p. 
  • Pierre Jolivet (1986), Les Fourmis et les Plantes. Un exemple de coĂ©volution. Éditions BoudĂ©e (Paris) : 254 pages.
  • Pierre-AndrĂ© Latreille (1989). Histoire des fourmis de la France. CitĂ© des sciences et de l’industrie (Paris) : 64 p. 
  • Luc Passera (1987). L’organisation sociale des Fourmis. Privat (Toulouse), coll. Bios  : 280 p. 
  • Luc Passera et Serge Aron (2005): Les fourmis: comportement, organisation sociale et Ă©volution. Les Presses scientifiques du CNRC, Ottawa, Canada. 480 p.  (ISBN 978-0-660-97021-9)
  • Luc Passera La vĂ©ritable histoire des fourmis. Fayart (France) le temps des science. Octobre 2006 ISBN 2-213-62886-6 33-60-3086-2/01
  • Albert Raigner (1952). Vie et MĹ“urs des fourmis. Payot (Lausanne), coll. Bibliothèque scientifique, 11 : 223 p. 
  • Laurent Keller et Elisabeth Gordon (2006) : La vie des fourmis. Odile Jacob, 303 p. 





Chapitre : Aspects culturels



     La fourmi est souvent symbole d’un ĂŞtre travailleur, agressif et vindicatif. Les fourmis sont parfois utilisĂ©es comme un remède contre la paresse (comme au Maroc). Dans certaines rĂ©gions africaines, les fourmis sont les messagers des dieux. On dit souvent que les morsures de fourmi ont des propriĂ©tĂ©s curatives. Quelques religions amĂ©rindiennes, comme la mythologie Hopi, reconnaissent les fourmis comme des ancĂŞtres. Les morsures de fourmi sont utilisĂ©es comme test d’endurance et de courage dans les cĂ©rĂ©monies d’initiation de certaines cultures africaines et amĂ©rindiennes.


     La fourmi est aussi un Ă©lĂ©ment de certains expressions imagĂ©es :

    Liste :
  • "avoir des fourmis dans les jambes" : cette expression fait rĂ©fĂ©rence Ă  la sensation de picotement ressentie habituellement dans les jambes du fait d'une baisse de l'afflux sanguin, Ă  cause d'une mauvaise position du corps.
  • "on dirait des fourmis" : cette comparaison est faite lorsque des personnes ou des animaux en grand nombre sont vus de loin et apparaissent de fait très petits, ressemblant de loin Ă  un groupe de fourmis.
  • "nous ne sommes que des fourmis" / "tu n'es qu'une fourmi" : du fait de sa très petite taille et de son influence quasi-nulle (la mort de quelques fourmis est une perte minime pour une fourmilière), la fourmi est considĂ©rĂ© comme un animal insignifiant. Cette comparaison est donc utilisĂ© pour insister sur l'insignifiance d'une personne : son influence est nulle et son Ă©ventuelle disparition serait sans consĂ©quence; ou sur l'insignifiance d'un groupe ou de l'espèce humaine en gĂ©nĂ©ral : "nous ne sommes que des fourmis par rapport Ă  la taille de l'univers".

     La fourmi a Ă©tĂ© le thème d’un certain nombre de crĂ©ations culturelles :


     Fourmi dans les arts plastiques : Fourmis gĂ©antes en mĂ©tal au rond-point de BĂ©darieux.




Image (cliquez pour agrandir) :

Rond-point de Bédarieux. Sculpteur Jean-Pierre Maurice.



     Vous pouvez voir également : : liste des fourmis de fiction.


     Une sourate du Coran s’appelle les fourmis, il s’agit de la rĂ©fĂ©rence Ă  une parabole qui Ă©voque les fourmis


     La fourmi est le symbole du Mouvement de LibĂ©ration du Congo.






Chapitre : Vous pouvez voir également :


  - Sous-chapitre : Articles connexes sur des espèces de fourmis

  - Sous-chapitre : Articles connexes sur des sujets associĂ©s aux fourmis

  - Sous-chapitre : RĂ©fĂ©rences externes


     Sur les autres projets Wikimedia :

  - Sous-chapitre : Liens externes

    Liste :
  • (en) AntBase.org, base de donnĂ©es (environ 12 000 espèces)
  • myrmecos.net, base de donnĂ©es photographiques sur les espèces de formicidae.
  • AntArea, Ă©tude des fourmis françaises mĂ©tropolitaines (identification, systĂ©matique, clef de dĂ©termination, rĂ©partition et localisation des espèces).
  • Antbase.fr, site coopĂ©ratif d’étude des fourmis de France mĂ©tropolitaine.
  • (en)projects.biodiversity.be/ants/, the objective of this website is to provide rapidly information about the numerous morphospecies (unnamed species diagnosed by standard taxonomic procedures) collected and to provide detailed data about the ant distribution and morphology.
  • Camponotus ligniperdus, dĂ©crit l’espèce de fourmi Camponotus ligniperdus.
  • RĂ©actualisation de la liste des fourmis de France, rĂ©actualisation de la liste des fourmis de France avec une bibliographie très complète par Janine Weulersse et Christophe Galkowski.

  - Sous-chapitre : Notes

  1. ↑ (en) « In search of ant ancestors Â», dans Proc. Natl. Acad. Sci. USA, vol. 97, 26, 2000, p. 14928–14029 [rĂ©sumĂ©] .
  2. ↑ Les fourmis: comportement, organisation sociale et évolution. Par Luc Passera, Serge Aron. NRC Research Press, 2005. ISBN 0-660-97021-X, 9780660970219, 480 pages. en ligne
  3. ↑ (en) Higashi, S. et K. Yamauchi, « Influence of a Supercolonial Ant Formica (Formica) yessensis Forel on the Distribution of Other Ants in Ishikari Coast Â», dans Japanese Journal of Ecology, vol. 29, 1997, p. 257-264 .
  4. ↑ Neil Campbell et Jane Reece (trad. RenĂ© lachaĂ®ne et Michel Bosset), Biologie, Pearson education, 2007 (ISBN 978-2-7440-7223-9) 
  5. ↑ Interview de Christian Peeters.
  6. ↑ Sur archipress.org.
  7. ↑ (en) B. Hölldobler et E. O. Wilson, The Ants, Harvard University Press .
  8. ↑ Voyage chez les fourmis, de Bert Hölldobler et Edward O. Wilson, p. 12.
  9. ↑ E.O Wilson, Success and Dominance in Ecosystems : The Case of the Social Insects (1990), Ecology Institute, Oldendorf.
  10. ↑ http://www.antbase.fr
  11. ↑ http://www.antbase.fr/fiches-especes.html
  12. ↑ http://www.antbase.fr/Crematogaster-scutellaris-repartition.html
  13. ↑ http://www.antbase.fr/Camponotus-ligniperdus-repartition.html
  14. ↑ http://www.antbase.fr/Formica-fusca-repartition.html
  15. ↑ http://www.antbase.fr/Lasius-niger-repartition.html
  16. ↑ http://www.antbase.fr/Messor-structor-repartition.html
  17. ↑ http://www.antbase.fr/Myrmica-rubra-repartition.html
  18. ↑ http://www.antbase.fr/Pheidole-pallidula-repartition.html
  19. ↑ http://www.antbase.fr/Tetramorium-caespitum-repartition.html
  20. ↑ (en) Truman P. Young, Maureen L. Stanton, Caroline E. Christian (2003) Effects of natural and simulated herbivory on spine lengths of Acacia drepanolobium in Kenya. Oikos April 2003, 101 (1), 171–179. DOI:10.1034/j.1600-0706.2003.12067.x
  21. ↑ (en) Stapley L (1999) Physical worker castes in colonies of an acacia-ant (Crematogaster nigriceps) correlated with an intra-colonial division of defensive behaviour. Insectes sociaux 1999, vol. 46, 2, p. 146-149.
  22. ↑ Passera (2006), p. 27.
  23. ↑ (en)Nel A, Perrault G, Perrichot V & Neraudeau D. 2004. The oldest ant in the Lower Cretaceous amber of Charente-Maritime (SW France) (Insecta : Hymenoptera : Formicidae). Geologica Acta, 2(1) : 23-29.
  24. ↑ (en)Brothers, D. J. 1999. Phylogeny and evolution of wasps, ants and bees (Hymenoptera, Chrysisoidea, Vespoidea, and Apoidea). Zoologica Scripta 28: 233–249.
  25. ↑ (en) Giraud, Tatiana, Jes S. Pedersen, et Laurent Kelle, « Evolution of supercolonies: The Argentine ants of southern Europe Â», dans National Academy of Sciences, vol. 99, 9, 2002 [rĂ©sumĂ©] .
  26. ↑ Voir en particulier le roman L’enfant noir de Camara Laye.
  27. ↑ Sourate XXVII du Coran, verset 18.

     


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