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Définition Wikipédia de : Fossile






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Ammonite fossilisée





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Poisson fossilisé (Coelodus costai)






Introduction :

      Un fossile (dĂ©rivĂ© du substantif du verbe latin fodere : fossile, littĂ©ralement « qui est fouillĂ© Â») est le reste (coquille, os, dent, graine, feuilles...) ou le simple moulage d'un animal ou d'un vĂ©gĂ©tal conservĂ© dans une roche sĂ©dimentaire. Les fossiles et les processus de fossilisation sont Ă©tudiĂ©s principalement dans le cadre de la palĂ©ontologie.







Suite de l'article :

Suivant les espèces et les périodes, les fossiles peuvent être de différentes qualités et plus ou moins abondants. Le processus de fossilisation est exceptionnel, et les témoignages que nous apportent les fossiles sur plus de trois milliards d'années d'évolution de la vie sur Terre sont encore lacunaires et le resteront certainement. Quand, pour les périodes récentes la fossilisation est inachevée, on parle de subfossilisation.


- Sommaire de la page -









Chapitre : Éléments historiques





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Trilobite perminéralisé (Asaphus kowalewskii)





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Fossile de crevette, datant du Crétacé.


Article dĂ©taillĂ© : Histoire de la palĂ©ontologie.

     Depuis la prĂ©histoire, l'homme a trouvĂ© de nombreux fossiles, restes d'organismes pĂ©trifiĂ©s par les minĂ©raux qui les ont remplacĂ©s ou qui ont conservĂ© leur enveloppe extĂ©rieure. L'homme primitif leur attachait une signification magique. Les auteurs de l'AntiquitĂ©, comme Aristote, les ont observĂ©s et, d'une façon gĂ©nĂ©rale, interprĂ©tĂ©s correctement. Toutefois, les deux idĂ©es essentielles Ă  leur propos, i.e. leur origine organique et le fait qu'il s'agisse de tĂ©moignages que d'autres formes de vie ont existĂ© avant l'Homme, n'ont pas Ă©tĂ© vĂ©ritablement apprĂ©hendĂ©es avant le XVII siècle.


     Le terme « fossile Â» est employĂ© depuis Pline au I siècle, et son utilisation fut rĂ©cupĂ©rĂ©e au XVI siècle par Agricola, pour faire allusion Ă  un corps enterrĂ©, que ce soient des restes d'organismes ou de minĂ©raux intĂ©grĂ©s dans les matĂ©riaux de la croĂ»te terrestre. Cette situation curieuse a perdurĂ© jusqu'au dĂ©but du siècle dernier. Lyell dĂ©crit les fossiles comme les restes d'organismes qui vivaient Ă  une autre Ă©poque et actuellement intĂ©grĂ©e au sein de roches sĂ©dimentaires. Cette dĂ©finition reste valable, bien que dĂ©sormais on accorde une plus grande ampleur au terme, en incluant les manifestations de l'activitĂ© de ces organismes tels que les excrĂ©ments (coprolithes), les restes de constructions organiques, les traces d'empreintes, les impressions de parties du corps (ichnofossiles) ou mĂŞme la dentelle, les squelettes ou les troncs, etc.


     Les premiers progrès rĂ©els dĂ©coulent d'une proposition explicitĂ©e au dĂ©but du XVIII siècle : les terrains contenant des fossiles d'animaux ou vĂ©gĂ©taux marins devaient en toute logique avoir Ă©tĂ© recouverts par la mer, afin qu'ils s'y dĂ©posent sur le fond et s'enfoncent sur le lit sĂ©dimentaire. C'est la première fois que le fossile est envisagĂ© comme indice stratigraphique. Toutefois, le poids de l'idĂ©e de gĂ©nĂ©ration spontanĂ©e, selon laquelle les espèces Ă©taient apparues les unes après les autres et d'origine divine, empĂŞcha une interprĂ©tation systĂ©matisĂ©e et approfondie des causes du renouvellement des espèces, tel que logiquement dĂ©duit de l'Ă©tude des fossiles.


     Ă€ la suite de ces premiers progrès, l'idĂ©e d'une filiation entre les espèces fait son chemin, notamment par les Ă©crits de Geoffroy Saint-Hilaire et Lamarck. S'opposent alors les visions crĂ©ationniste, fixiste d'une part, transformiste, Ă©volutionniste d'autre part. Le cĹ“ur de la controverse est atteint lorsqu'Ă  la question des origines de la vie animale et vĂ©gĂ©tale est mĂŞlĂ©e celle des origines de l'Homme.


     C'est Ă©galement au XVIII siècle que trois grandes branches scindent la palĂ©ontologie — et subsistent encore Ă  ce jour, sous la forme de spĂ©cialitĂ©s disciplinaires : la palĂ©ontologie descriptive et comparative, de Cuvier ; la palĂ©ontologie Ă©volutive, de Lamarck ; un peu plus tard, la palĂ©ontologie stratigraphique, d'Oppel et d'Orbigny. Suit la palĂ©ogĂ©ographie vers 1830.


     De façon très nette, palĂ©ontologie et fossile se sont opposĂ©s de facto Ă  une Église dogmatique, de la mĂŞme manière que l'astronomie au Moyen Ă‚ge. Multidisciplinaire, organisĂ©e comme une enquĂŞte historique, l'Ă©tude des fossiles a Ă©galement eu des implications importantes sur le rapport de l'Homme au temps, par exemple sur la question de l'âge de la Terre ou du vivant, ou encore sur la question des durĂ©es — l'unitĂ© temporelle de base d'un fossile est le million d'annĂ©es, un laps de temps difficilement imaginable. Grâce Ă  des progrès rapides et importants dans les techniques d'observation et d'investigation, la connaissance des fossiles et de la fossilisation au cours des temps gĂ©ologiques a rĂ©alisĂ© ses plus grandes avancĂ©es Ă  partir du XIX siècle.


     Les fossiles sont examinĂ©s perpĂ©tuellement, Ă  chaque fois qu'il est possible d'utiliser des techniques plus modernes. L'application de ces techniques implique parfois la modification des approches prĂ©cĂ©dentes. Par exemple, Ă  la suite d'un examen menĂ© en 2006 avec des techniques de tomographie aux rayons X, il a Ă©tĂ© conclu que la famille qui contient les vers Markuelia avait une grande affinitĂ© avec les vers priapuliens, et est adjacent Ă  la branche de l'Ă©volution des Priapuliens, des NĂ©matodes et des Arthropodes. Le dernier fossile Ă  avoir Ă©tĂ© dĂ©couvert est celui du Lognkosauria, fossile dĂ©couvert en 2007, son squelette Ă©tait intact Ă  70% et est le 3 plus grand fossile au monde et aussi le plus complet d'entre eux.






Chapitre : Localisation des sites fossilifères



     Certaines rĂ©gions du globe sont particulièrement connues pour l'abondance de leurs fossiles. Ces sites fossilifères d'une qualitĂ© exceptionnelle portent le nom de Lagerstätten (littĂ©ralement lieu de repos ou d'emmagasinage, en allemand). Ces formations rĂ©sultent probablement de l'enfouissement de carcasses dans un environnement anoxique avec très peu de bactĂ©ries, ce qui a ralenti le processus de dĂ©composition. Sur l'Ă©chelle des temps gĂ©ologiques, les lagerstätten s'Ă©tendent du Cambrien Ă  nos jours.


     Parmi ces sites, on trouve notamment les marnes jurassiques de la Voulte-sur-RhĂ´ne (conservation des parties molles de cĂ©phalopodes en trois dimensions), les schistes de Maotianshan en Chine et ceux de Burgess en Colombie-Britannique, le calcaire lithographique de Solnhofen en Bavière. Celui-ci dĂ©tient, par exemple, un des magnifiques exemples d'ArchĂ©optĂ©ryx. Ces gisements fossilifères sont tellement rares qu'Ă  chacune de leur dĂ©couverte ou redĂ©couverte, ils ont bouleversĂ© la vision de la progression de la vie.






Chapitre : Registre fossile



     Le registre fossile correspond Ă  l'ensemble des fossiles existant. Il s'agit d'un petit Ă©chantillon de la vie du passĂ©, dĂ©formĂ©e et partiale. Toutefois, il ne s'agit pas d'Ă©chantillons alĂ©atoires. Toutes les investigations palĂ©ontologiques doivent tenir compte de ces aspects pour comprendre ce qui peut ĂŞtre obtenu grâce Ă  l'utilisation de fossiles et ce qui ne peut pas l'ĂŞtre.

  - Sous-chapitre : RaretĂ© des fossiles




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     La fossilisation est un Ă©vĂ©nement extrĂŞmement rare. En effet, une grande partie de ce qui compose un ĂŞtre vivant a tendance Ă  se dĂ©composer relativement rapidement après la mort. Pour qu'un organisme soit fossilisĂ©, les restes doivent normalement ĂŞtre recouverts par les sĂ©diments dans les plus brefs dĂ©lais. Cependant, il existe des exceptions Ă  cette règle, comme pour un organisme congelĂ©, dessĂ©chĂ©, ou immobilisĂ© dans un environnement anoxique (sans oxygène). Il existe plusieurs types de fossiles et de fossilisation.


     En raison de l'effet combinĂ© des processus taphonomiques et du simple hasard mathĂ©matique, la fossilisation tend Ă  favoriser les organismes composĂ©s de parties dures, ceux qui sont particulièrement rĂ©pandus sur le globe et ceux qui ont vĂ©cu pendant une longue pĂ©riode. D'autre part, il est très rare de trouver des fossiles de petits corps mous, d'organismes gĂ©ographiquement limitĂ©s ou Ă©phĂ©mères gĂ©ologiquement parlant, en raison de leur relative raretĂ© et la faible probabilitĂ© de conservation. Les spĂ©cimens de grande taille (macrofossiles) sont plus souvent observĂ©s, dĂ©terrĂ©s et exposĂ©s, alors que les restes microscopiques (microfossiles) sont de loin les fossiles les plus courants.


     Certains observateurs occasionnels furent perplexes devant la raretĂ© des espèces transitionnelles dans le registre fossile. L'explication communĂ©ment admise a Ă©tĂ© donnĂ©e par Darwin. Il a ainsi dĂ©clarĂ© que « l'extrĂŞme imperfection du registre gĂ©ologique Â», combinĂ© Ă  la courte durĂ©e et Ă  l'aire de rĂ©partition gĂ©ographique rĂ©duite des espèces de transition, conduisait Ă  une faible probabilitĂ© de trouver beaucoup de ces fossiles. En d'autres termes, les conditions dans lesquelles se dĂ©roule la fossilisation sont assez rares et il est fort peu probable qu'un organisme donnĂ© se fossilise Ă  sa mort. Eldredge et Gould ont dĂ©veloppĂ© une thĂ©orie de l'Ă©quilibre ponctuĂ© qui permet d'expliquer en partie le motif de stase et les apparitions soudaines dans le registre fossile.

  - Sous-chapitre : ReprĂ©sentativitĂ©




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Cône fossilisé de Araucaria sp., datant du Jurassique.





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Fossile de triolobite Phacopide (Eldredgeops rana crassituberculata). Les yeux schizochroaux à facettes ont contribué à la formulation de la théorie de l'équilibre ponctué.



     Le nombre total d'espèces (y compris les plantes et les animaux) dĂ©crites et classĂ©es s'Ă©lève Ă  1,5 millions. Ce nombre continue d'augmenter, avec près de dix mille espèces d'insectes dĂ©couvertes chaque annĂ©e (il y a une grande diversitĂ© d'insectes avec 850 000 espèces connues). Les spĂ©cialistes estiment qu'il n'y a qu'une centaine d'espèces d'oiseaux connues Ă  ce jour (il y a une faible diversitĂ© d'oiseaux avec seulement 8 600 espèces connues). Pour comparaison, on estime Ă  près de 5 millions le nombre d'espèces vivantes possibles. On ne connaĂ®t environ que 300 000 espèces de fossiles, soit 20% du nombre d'espèces vivantes et moins de 6% du nombre probable. Le registre fossile s'Ă©tend d'il y a 3,5 milliards d'annĂ©es jusqu'Ă  aujourd'hui, mais 99% des fossiles ne remontent que jusqu'Ă  545 millions d'annĂ©es. Ces chiffres sont Ă©normes si l'on considère que le registre fossile correspond Ă  une pĂ©riode correspondant Ă  des centaines de millions d'annĂ©es et que la faune et la flore vivant aujourd'hui ne reprĂ©sentent qu'un instantanĂ© Ă  l'Ă©chelle des temps gĂ©ologiques. Si la prĂ©servation des fossiles Ă©tait bonne, on aurait davantage d'espèces fossiles que d'espèces vivantes Ă  l'heure actuelle.


     Il y a plusieurs explications possibles Ă  la pauvretĂ© relative des espèces fossiles. Dans un premier temps, il est possible que la biodiversitĂ© ait connu une forte croissance au fil du temps. Ceci conduit les experts Ă  se demander s'il n'y aurait pas un manque de variĂ©tĂ© dans le passĂ© gĂ©ologique. Une autre explication peut provenir du fait que la diversitĂ© se mesure au nombre de taxons (espèces, genres, familles, ...) qui ont vĂ©cu au cours d'un intervalle de temps dĂ©fini et que chaque ère gĂ©ologique ne prĂ©sente peut-ĂŞtre pas la mĂŞme diversitĂ©. Il ne faut pas oublier par ailleurs que certaines des parties de la colonne gĂ©ologique sont mieux connues que d'autres. Par exemple, le nombre de palĂ©ontologues travaillant sur le PrĂ©cambrien et le PalĂ©ozoĂŻque ne reprĂ©sente qu'un très faible pourcentage des chercheurs, alors que le travail sur ces pĂ©riodes est considĂ©rable. Enfin, il est probable qu'il faille aussi tenir compte du fait que les roches rĂ©centes se trouvent dans les strates supĂ©rieures, ce qui expliquerait pourquoi on les retrouve plus facilement.


     Tout donne Ă  penser que la diversitĂ© actuelle peut ne pas ĂŞtre significativement plus Ă©levĂ©e que la moyenne, pour les ères gĂ©ologiques remontant jusqu'au Cambrien. Par consĂ©quent, le faible nombre d'espèces fossiles ne peut ĂŞtre expliquĂ© de façon satisfaisante par l'idĂ©e que la diversitĂ© croĂ®t avec les progrès de l'Ă©volution. Les espèces disparaissent et sont remplacĂ©es par de nouvelles au cours des temps gĂ©ologiques. Il a Ă©tĂ© suggĂ©rĂ© qu'il faudrait un dĂ©lai de 12 millions d'annĂ©es pour opĂ©rer un remplacement complet de toutes les espèces. La durĂ©e de chaque biochrone se situe entre 0,5 et 5 millions d'annĂ©es (2,75 Ma en moyenne). Enfin, en conclusion, la quantitĂ© d'espèces fossiles est estimĂ©e Ă  :

Nb d'espèces par biochrone x Nb de biochrones =(5 \times 10^6) \times \frac{545 \times 10^6}{2,75 \times 10^6}= 991 \times 10^6





Chapitre : Les types de fossiles





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Tronc pétrifié d'Araucarioxylon arizonicum.



     Les fossiles les plus anciens sont les stromatolithes, qui sont composĂ©es de roches créées par la sĂ©dimentation de substances (telles que le carbonate de calcium) grâce Ă  l'activitĂ© bactĂ©rienne. Celle-ci a Ă©tĂ© dĂ©couverte Ă  travers l'Ă©tude des stromatolithes actuellement produits par des tapis microbiens. La formation Gunflint contient de nombreux microfossiles, largement acceptĂ©s comme Ă©tant des restes microbiens.


     Il existe de nombreux types de fossiles. Les plus courants sont les restes d'escargots ou des os transformĂ©s en pierre. Beaucoup d'entre eux montrent tous les dĂ©tails originaux de la coquille ou de l'os. Les pores et autres petits espaces de leur structure sont remplis de minĂ©raux. Les minĂ©raux, tels que la calcite (carbonate de calcium), sont des composĂ©s chimiques qui ont Ă©tĂ© dissous dans l'eau. Lorsque l'escargot (ou l'os) passe Ă  travers le sable ou la boue, des minĂ©raux se dĂ©posent dans les espaces de sa structure. C'est pourquoi les fossiles sont si lourds. D'autres fossiles ont pu perdre toutes les marques de leur structure originelle. Par exemple, un escargot dont la coquille Ă©tait Ă  l'origine composĂ©e de calcite peut se dissoudre complètement après avoir Ă©tĂ© enterrĂ©. L'impression laissĂ©e dans la roche peut alors se remplir par d'autres matĂ©riaux et forme une rĂ©plique exacte de l'escargot. Dans d'autres cas, l'escargot est dissous et il ne reste alors plus qu'un trou dans la pierre, une sorte de moule que les palĂ©ontologues peuvent remplir de plâtre pour dĂ©couvrir Ă  quoi ressemblait l'animal.


     GĂ©nĂ©ralement, les fossiles ne montrent seulement que les parties rigides de l'animal ou du vĂ©gĂ©tal : le tronc d'un arbre, la coquille d'un escargot ou les os d'un dinosaure. Certains fossiles sont plus complets. Si une plante ou un animal reste enfoui dans un type spĂ©cial de boue, qui ne contient pas d'oxygène, certaines des parties molles peuvent Ă©galement ĂŞtre prĂ©servĂ©es en fossiles.


     Les plus spectaculaires « fossiles parfaits Â» sont ceux des mammouths laineux qui ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s dans un sol gelĂ©. La viande Ă©tait tellement gelĂ©e, qu'elle aurait pu ĂŞtre consommĂ©e, mĂŞme après 20 000 ans. Par convention, on estime que les plus rĂ©cents fossiles d'organismes vivaient Ă  la fin de la dernière glaciation quaternaire (WĂĽrm), c'est-Ă -dire il y a quelques 13 000 ans environ. Les autres, qui datent d'une Ă©poque plus rĂ©cente (nĂ©olithique, âge des mĂ©taux, etc.) sont gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ©s comme des sous-fossiles.


     Enfin, il faut aussi tenir compte des produits chimiques inclus dans les sĂ©diments qui indiquent l'existence de certains organismes qui les sĂ©crĂ©taient ou en Ă©tait fait. Ils reprĂ©sentent l'extrĂŞme limite de la notion de fossiles (marqueurs biologiques ou fossiles chimiques).

  - Sous-chapitre : Ichnofossile




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Asteriacites, ichnogenre attribué à des étoiles de mer (groupe Cubichnia).



     Les ichnofossiles sont les restes de dĂ©pĂ´ts, d'empreintes, d'Ĺ“uf, de nids, de bioĂ©rosion ou de n'importe quel autre type d'impression. Ils sont l'objet d'Ă©tude de la PalĂ©oichnologie. Les ichnofossiles prĂ©sentent des caractĂ©ristiques qui les rendent facilement identifiables et permettent leur classification comme parataxons : ichnogenres et ichnoespèces. Les ichnotaxons sont des classes de pistes de fossiles regroupĂ©s suivant leurs propriĂ©tĂ©s communes : gĂ©omĂ©trie, structure, taille, type de substrat et fonctionnalitĂ©. Bien que parfois un diagnostic de l'espèce productrice de l'ichnofossile peut s'avĂ©rer ambigu, en gĂ©nĂ©ral, il est possible de dĂ©duire au moins le groupe biologique ou le taxon supĂ©rieur auquel il appartenait.


     Le terme ichnofaciès fait rĂ©fĂ©rence Ă  l'association caractĂ©ristique des traces fossiles qui reflètent les conditions environnementales telles que la bathymĂ©trie, la salinitĂ© et le type de substrat. Les traces et les empreintes d'invertĂ©brĂ©s marins constituent d'excellents indicateurs palĂ©oĂ©cologiques. En effet, elles sont le rĂ©sultat de l'activitĂ© de ces organismes, en liaison avec leur environnement spĂ©cifique (nature du substrat et conditions du milieu aquatique : salinitĂ©, tempĂ©rature, bathymĂ©trie). En particulier, la profondeur de la mer conditionne le type d'organismes qui vont s'y dĂ©velopper et, par consĂ©quent, il n'est pas surprenant que l'on puisse distinguer une gamme d'ichnofaciès suivant la bathymĂ©trie, dont la nomenclature due Ă  Seilacher fait rĂ©fĂ©rence aux types de pistes les plus frĂ©quentes et les plus caractĂ©ristiques.

  - Sous-chapitre : Microfossile




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Microfossiles de sédiments marins, en provenance de l'Antarctique.



     Le microfossile dĂ©signe une plante ou un animal fossilisĂ© dont la taille est trop petite pour ĂŞtre analysĂ© Ă  l'Ĺ“il nu. On applique communĂ©ment un seuil de taille pour distinguer les microfossiles des macrofossiles, 1 mm, mais il ne s'agit que d'un guide approximatif. Les microfossiles peuvent ĂŞtre soit des organismes complets (ou quasi-complets), comme les foraminifère planctoniques ou benthiques, les ostracodes, soit des parties isolĂ©es de petits ou grands organismes, plantes ou animaux, comme les coccolithophoridĂ© (restes calcaires de petites algues), les spicules de spongiaires, les pièces pĂ©dicellaires d'Ă©chinides, les oscicules d'ophiurides ou d'astĂ©rides, les spicules d'Holothurides, les petites dents, les Ă©cailles de petits poissons ou les spores. Les microfossiles sont, par leur abondance et leur diversitĂ© d'une grande importance pour les biostratigraphes. Ceux-ci les utilisent pour dater des roches sĂ©dimentaires et donc corrĂ©ler des sĂ©ries sĂ©dimentaires. Ils les utilisent aussi comme indicateurs palĂ©oenvironnementaux (salinitĂ©, profondeur des mers et ocĂ©ans, palĂ©oclimat)...


     Les microfossiles peuvent ĂŞtre scindĂ©s en eucaryotes et procaryotes. Les procaryotes relativement petits puisqu'unicellulaires sont de loin les plus frĂ©quents. Ils sont parfois reprĂ©sentĂ©s par des tests aux formes très complexes ("grands foraminifères"). Ce sont principalement par des restes dissociĂ©s que les eucaryotes sont retrouvĂ©s en micropalĂ©ontologie.

  - Sous-chapitre : RĂ©sine fossile




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Un moustique et une mouche inclus dans de l'ambre, datant de 40-60 millions d'années.



     La rĂ©sine fossile (aussi appelĂ© ambre) est un polymère naturel que l'on rencontre dans plusieurs types de strates diffĂ©rentes, partout dans le monde. Il s'agit de rĂ©sine fossilisĂ©e provenant de la sève des arbres et datant pour la plupart du Tertiaire (2-5 millions d'annĂ©es), voire du Trias (200 millions d'annĂ©es). On le trouve gĂ©nĂ©ralement sous forme de pierres jaune-orangĂ©es.


     On estime que la rĂ©sine est une adaptation Ă©volutive des arbres pour la protection contre les insectes et l'Ă©tanchĂ©itĂ© des blessures causĂ©es par les Ă©lĂ©ments. La rĂ©sine fossile contient souvent d'autres fossiles, appelĂ©s inclusions, qui ont Ă©tĂ© capturĂ©s par la rĂ©sine collante. Il s'agit notamment de bactĂ©ries, de champignons, de plantes ou d'animaux. Les inclusions animales sont gĂ©nĂ©ralement de petits invertĂ©brĂ©s, principalement les arthropodes comme les insectes et les araignĂ©es, et très rarement des vertĂ©brĂ©s comme un petit lĂ©zard.

  - Sous-chapitre : "Fossile vivant"




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Nautile.



     Le terme de fossile vivant est inexact mais couramment utilisĂ© pour qualifier une espèce vivante qui prĂ©sente des ressemblances morphologiques avec des fossiles retrouvĂ©s. En règle gĂ©nĂ©rale, il s'agit d'espèces qui ont très peu Ă©voluĂ©, du point de vue morphologique, au cours du temps. On parle ainsi plutĂ´t de panchronisme. Les brachiopodes sont de parfaits exemples de panchronisme. On peut aussi citer les lingulata (dont des fossiles datant de 200 millions d'annĂ©es ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s) ou les cĹ“lacanthes. Ce fut une grande surprise quand ces derniers ont Ă©tĂ© dĂ©couverts le long des cĂ´tes africaines, en 1938, alors qu'on les pensait disparus depuis 70 millions d'annĂ©es.


     Ce peut donc ĂŞtre une espèce ou un taxon connu uniquement sous forme de fossiles avant que des reprĂ©sentants vivants ne soient dĂ©couverts (cĹ“lacanthe, monoplacophore primitif, ginkgo biloba, ...), une espèce vivante sans aucun proche parent (cagou de Nouvelle-CalĂ©donie, caurale soleil, ...) ou un petit groupe d'espèces Ă©troitement liĂ©es sans proche parent (stromatolithe, lingulata, nautile, psilotum, limule, sphĂ©nodon, ...).

  - Sous-chapitre : Pseudo-fossile




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Dendrites de manganèse à la surface d'une dalle de calcaire lithographique du type Solnhofen, couramment employé en terrassement.



     Un pseudo-fossile est un motif que l'on peut observer sur une roche mais qui est le rĂ©sultat d'un processus gĂ©ologique, plus que biologique. Ils peuvent facilement ĂŞtre confondus avec de vrais fossiles. Certains pseudo-fossiles, tels que les dendrites, sont formĂ©s par des fissures qui se produisent naturellement dans la roche et qui se remplissent par percolation des minĂ©raux. Parmi les autres types de pseudo-fossiles, on peut Ă©galement citer les reins de minerai (formes rondes dans le minerai de fer) ou l'agate mousse, qui ressemble Ă  de la mousse ou des feuilles coincĂ©es dans une agate. Des concrĂ©tions, sphĂ©riques ou ovoĂŻdes, en forme de nodules dans certaines couches sĂ©dimentaires ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© considĂ©rĂ©es comme Ă©tant des Ĺ“ufs de dinosaures et sont Ă©galement souvent confondus avec des fossiles.


     Les erreurs d'interprĂ©tation dues aux pseudo-fossiles vont gĂ©nĂ©rer plusieurs controverses tout au long de l'histoire de la palĂ©ontologie. Ainsi, en 2003, un groupe de gĂ©ologues espagnols a remis en question l'authenticitĂ© des fossiles de Warrawoona. Selon William Schopf, il s'agirait de cyanobactĂ©ries qui seraient les premières traces de vie sur la Terre, il y 3,5 milliards d'annĂ©es. Le groupe espagnol affirme, pour sa part, qu'un sel de baryum et un silicate, placĂ© dans un environnement alcalin, Ă  tempĂ©rature et pression ambiante, peut produire des structures filamenteuses similaires.






Chapitre : La fossilisation



     La fossilisation des ĂŞtres vivants est en gĂ©nĂ©ral un processus de minĂ©ralisation (remplacement des tissus vivants par des substances minĂ©rales) dans de la roche sĂ©dimentaire qui est la roche par excellence pour la conservation de fossiles. Dans des cas plutĂ´t rares, on peut avoir une conservation de la matière organique (mammouth dans le pergĂ©lisol, momification dans du bitume, la diatomite (roche siliceuse), inclusion dans de l'ambre). Dans d'autres cas, ce ne sont que des traces d'activitĂ© biologique qui sont conservĂ©es (palĂ©oichnologie).

  - Sous-chapitre : Processus de dĂ©composition




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Squelette fossile d'un tarbosaurus, au Museum d'Histoire naturelle de MĂĽnster.



     La capacitĂ© de conservation des fossiles est en grande partie due au processus de dĂ©composition des organismes. Celui-ci explique pourquoi il est rare de retrouver des fossiles des parties molles organiques (60% des individus d'une communautĂ© marine sont uniquement composĂ©s de parties molles). La prĂ©sence des parties molles est alors le rĂ©sultats de conditions sĂ©dimentologique et diagĂ©nĂ©tiques exceptionnelles.


     La biodĂ©gradation s'effectue de manière rapide et efficace grâce Ă  une dĂ©composition aĂ©robie. Ainsi, il est nĂ©cessaire d'avoir un environnement anoxique pour pouvoir prĂ©server des organismes lĂ©gèrement minĂ©ralisĂ©s et composĂ©s de parties molles. Ceci exige une concentration Ă©levĂ©e d'oxygène (106 moles pour 1 mole de carbone organique) :

(CH_2O)_{106}(NH_3)_{16}H_3PO_4 + 106O_2 \rightarrow 106CO_2 + 16NH_3 + H_3PO_4 + 106H_2O \,\!

     La dĂ©composition est la source principale de perte de donnĂ©es dans le registre fossile et la minĂ©ralisation est le seul moyen de la freiner. Les tissus peuvent se conserver sous la forme de perminĂ©ralisations (dĂ©chets organiques altĂ©rĂ©s) ou, quand la dĂ©tĂ©rioration est prolongĂ©e, sous la forme d'empreintes. Si la dĂ©composition est plus importante que la minĂ©ralisation, les tissus sont dĂ©truits et seuls les matĂ©riaux rĂ©fractaires (chitine, lignine ou cellulose) sont conservĂ©s.


     La dĂ©composition dans le registre fossile se caractĂ©rise Ă  trois niveaux. Dans un premier temps, il s'agit d'identifier la dĂ©composition et la perte d'information sur la structure de l'organisme fossilisĂ©. Ensuite, il faut reconnaĂ®tre les minĂ©raux particuliers et les marqueurs gĂ©ochimiques associĂ©s aux rĂ©gimes particuliers de dĂ©composition. Enfin, il faut garantir la prĂ©servation des microbes fossiles impliquĂ©s dans le processus.


     La majeure partie de la matière organique se recycle pour la majeure partie Ă  l'intĂ©rieur de la colonne d'eau, en particulier dans la zone euphotique. Une petite proportion de la matière organique produite sert Ă  la formation des sĂ©diments adjacents et est affectĂ©e par les modifications du flux organique (biostratinomique) telles que la photo-oxydation, l'activitĂ© microbienne et les organismes dĂ©tritivores.

  - Sous-chapitre : Processus de diagenèse fossile




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Catellocaula vallata, organisme à corps mou (trous en forme d'étoile), préservé par bioimurration dans un squelette de bryozoaire, datant de l'Ordovicien Supérieur.



     En plus des lipides, la matière organique comprend Ă©galement des biopolymères, comme les glucides, les protĂ©ines, la lignine et la chitine, dont certains seront utilisĂ©s pour sa consommation ou modifiĂ© par les organismes benthiques et les micro-organismes. Ceux qui ne sont pas utilisĂ©s pourront subir une polycondensation qui conduira Ă  la formation de gĂ©opolymères qui s'intĂ©greront au proto-kĂ©rogène (prĂ©curseur du kĂ©rogène). Lors de l'enfouissement des sĂ©diments, la condensation s'accroĂ®t et l'insolubilitĂ© produit la lente conversion diagĂ©nĂ©tique du kĂ©rogène, constituant principal de la matière organique dans les sĂ©diments anciens.


     On trouve de grandes quantitĂ©s de molĂ©cules organiques dans les sĂ©diments et les roches sĂ©dimentaires. On les qualifie de marqueurs biologiques ou de « biomarqueurs Â». Leur Ă©tude et leur identification nĂ©cessitent des techniques avancĂ©es d'investigation et d'analyse. Ces marqueurs conservent un registre très dĂ©taillĂ© de l'activitĂ© biologique passĂ©e et ils sont liĂ©s aux molĂ©cules organiques actuelles. On trouve autant de sources possibles de marqueurs biologiques dans les Ă©chantillons que de molĂ©cules dans un organisme.


     Une roche mère est un volume rocheux qui a gĂ©nĂ©rĂ© et expulsĂ© des hydrocarbures en quantitĂ© suffisante pour former une accumulation de pĂ©trole et de gaz. La plupart des roches mères potentielles contiennent entre 0,8 et 2% de carbone organique. Il est couramment admis, comme limite basse, un pourcentage de 0,4% en volume de carbone organique pour la production d'hydrocarbures. Toutefois, la gĂ©nĂ©ration est plus efficace avec un pourcentage supĂ©rieur Ă  5-10%. La nature des hydrocarbures gĂ©nĂ©rĂ©s dĂ©pend essentiellement de la composition du kĂ©rogène, qui peut ĂŞtre composĂ© de deux types de matières organiques : les dĂ©bris de plantes terrestres - les sĂ©diments libèrent alors du gaz - ou d'organismes aquatiques, comme les algues, le phytoplancton, le zooplancton - auquel cas ils forment alors du pĂ©trole (si la maturation est suffisante).

  - Sous-chapitre : Processus de destruction physico-chimique




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Tigre à dents de sabre (Smilodon californicus) fossilisé.



     La durabilitĂ© des squelettes dĂ©pend de leur rĂ©sistance Ă  la rupture et Ă  la destruction par des agents chimiques, physiques et biotiques. Ces processus destructeurs peuvent ĂŞtre divisĂ©es en cinq catĂ©gories qui suivent plus ou moins l'ordre sĂ©quentiel : la dĂ©sarticulation, la fragmentation, l'abrasion, la bioĂ©rosion et la corrosion/dissolution.


     La dĂ©sarticulation correspond Ă  la dĂ©sintĂ©gration de squelettes composĂ©s de plusieurs Ă©lĂ©ments le long des jointures ou des articulations prĂ©existantes. Ce phĂ©nomène peut Ă©galement se produire avant mĂŞme la mort, comme la mue ou l'exuvie chez les arthropodes). Cette dĂ©composition dĂ©truit les ligaments reliant les ossicules d'Ă©chinodermes en quelques heures ou quelques jours après la mort. Les ligaments, comme ceux des moules, composĂ©s de conchyoline, sont plus rĂ©sistantes et peuvent rester intacts pendant des mois, en dĂ©pit de la fragmentation de la coquille.


     La fragmentation se produit lors d'un impact par des objets physiques et par des agents biotiques, tels que les prĂ©dateurs ou les nĂ©crophages. Certaines formes de rupture permettent d'identifier le prĂ©dateur. Les coquilles ont tendance Ă  se briser le long de lignes de faiblesse prĂ©-existantes, telles que les lignes de croissance ou d'ornementation. La rĂ©sistance Ă  la fragmentation dĂ©pend de plusieurs facteurs : la morphologie du squelette, la composition et la microstructure (notamment Ă©paisseur et pourcentage de matière organique).


     L'abrasion est le rĂ©sultat du polissage et du concassage des Ă©lĂ©ments du squelette, qui produit un arrondissement et une perte des dĂ©tails de la surface. Il y a eu des Ă©tudes semi-quantitatives sur les proportions de l'abrasion, en introduisant des coquilles dans un tambour rotatif, rempli de gravier siliceux. Le degrĂ© d'intensitĂ© est liĂ©e Ă  plusieurs facteurs : l'Ă©nergie du milieu, le temps d'exposition, la taille de la particule abrasive et la microstructure du squelette.




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Fossile d'Eurypterus remipes.



     La bioĂ©rosion ne peut se produire que si elle est associĂ©e Ă  des fossiles reconnaissables, tels que les Ă©ponges Cliona ou les algues endolithiques. Son action destructrice est très importante dans les milieux marins peu profonds, oĂą on peut observer une perte de masse allant de 16 Ă  20% dans les coquilles des mollusques actuels. Aucune Ă©tude ne montre toutefois si les proportions Ă©taient les mĂŞmes au PalĂ©ozoĂŻque, quand les Ă©ponges cliona Ă©taient moins abondantes.


     La corrosion et la dissolution est le rĂ©sultat de l'instabilitĂ© chimique des minĂ©raux qui se trouvent dans la colonne d'eau et dans les pores des sĂ©diments. La dissolution commence Ă  l'interface sĂ©diment-eau avant de continuer vers l'intĂ©rieur du sĂ©diment. La bioturbation des sĂ©diments favorise normalement la dissolution grâce Ă  l'introduction d'eau de mer Ă  l'intĂ©rieur du sĂ©diment, ce qui permet Ă©galement l'oxydation des sulfures.


     Dans la pratique, il est difficile de distinguer les effets de l'abrasion mĂ©canique, de la bioĂ©rosion et de la corrosion. Certains auteurs ont ainsi proposer le terme de corrasion pour indiquer l'Ă©tat gĂ©nĂ©ral des coquilles, comme le rĂ©sultat d'une combinaison de ces processus. Le grade de corrasion est proportionnel Ă  un indice gĂ©nĂ©ral du temps durant lequel les restes ont Ă©tĂ© exposĂ©s Ă  ces trois processus.

  - Sous-chapitre : Diagenèse fossile


     La comprĂ©hension des processus diagĂ©nĂ©tiques est essentielle pour l'interprĂ©tation correcte de la minĂ©ralogie originale, de la structure des squelettes et des coquilles, de leurs affinitĂ©s taxonomiques et de la palĂ©oĂ©cologie. L'un des problèmes auxquels nous sommes confrontĂ©s est très souvent de dĂ©duire ce qu'a Ă©tĂ© la minĂ©ralogie originale de groupes disparus (coraux bruts, archĂ©ocyathes, stromatopores...). La transition vers un Ă©tat de fossile dĂ©pend surtout de la composition du squelette.

Nodule de carbonate et de calcaire lithographique




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Rusophycus, que l'on assimile généralement à des restes de trilobites.



     La prĂ©servation des parties molles est souvent associĂ©e Ă  la prĂ©cipitation des carbonates sous la forme de nodules stratifiĂ©s, comme pour le calcaire lithographique. Les nodules de carbonates sont composĂ©s de calcite ou de sidĂ©rite, et associĂ©s aux sĂ©diments argileux riches en micro-organismes. Ils contiennent souvent des fossiles conservĂ©s dans leurs trois dimensions, et contiennent parfois mĂŞme les restes fossilisĂ©s des parties molles. Leur taille varie entre 10 et 30 centimètres, mĂŞme si certains atteignant les 10 mètres ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s (dont un PlĂ©siosaure complet). Le contenu de micro-organismes et leur dĂ©composition sont les principaux facteurs qui contrĂ´lent le degrĂ© d'anoxie, le potentiel d'oxydo-rĂ©duction et le pH. En prĂ©sence d'oxygène, la respiration microbienne produit du CO2 qui s'accumule dans l'eau interstitielle des sĂ©diments, favorisant la dissolution des carbonates :

H_2O + CaCO_3 + CO_2  \Longleftrightarrow  2 HCO_3^- + Ca^{2+}

     En l'absence d'oxygène, les bactĂ©ries utilisent une sĂ©rie d'oxydants alternatifs dans le processus de la respiration (Mn, NO3, Fe ou SO4). Une fois que tous les oxydants ont disparu, la fermentation devient la rĂ©action dominante et la production de mĂ©thane augmente. Le calcaire lithographique se forme dans un environnement marin ou lacustre et prĂ©sente sous forme de fines bandes Ă  grain fin. On peut citer comme exemple, le cĂ©lèbre calcaire de Solnhofen datant du Jurassique et contenant des fossiles d'Archaeopteryx. Les dĂ©pĂ´ts de carbonate peuvent provenir de sources biogĂ©niques (comme les algues calcaires) ou d'un prĂ©cipitĂ© chimique.

Squelette d'aragonite


     Normalement, l'aragonite se transforme en calcite Ă  travers un processus de dissolution ou de calcification. Si les eaux du guĂ© ne sont pas saturĂ©s en carbonates, il se produit une dissolution totale du squelette et des chairs par la calcite. L'espace vide reproduit le moule d'une coquille vide et la structure de cette dernière n'est pas conservĂ©e. Il peut se former des druses avec des cristaux dirigĂ©s vers le centre. La durĂ©e de ce processus est variable. Dans le cas de la calcification, le squelette des coquilles conserve son ancienne structure (en couches ou lamelles). Il se peut mĂŞme que soient prĂ©servĂ©s les cristaux d'aragonite, ce qui nous donne des renseignements très utiles. Ce remplacement se fait progressivement et respecte la structure d'origine.

Squelette de calcite




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Moulage calcitique d'une coquille de bivalve.



     En gĂ©nĂ©ral, les squelettes fossiles qui Ă©taient constituĂ©s de calcite, conservent souvent leur composition originale (Ă  moins qu'ils ne se silicifient ou ne se dolomitisent). La teneur en magnĂ©sium a tendance Ă  diminuer, de sorte qu'il puisse y avoir une altĂ©ration diagĂ©nique, soit Ă  forte, soit Ă  faible teneur en calcite. Il existe des techniques spĂ©ciales, telles que la cathodoluminescence, pour dĂ©terminer son contenu original Ă  partir des zones qui ont conservĂ© leur composition originale.

Squelette calcaire


     Les squelettes de carbonate de calcium peuvent se transformer en apatite sans modification de la morphologie externe. Dans les milieux naturels, cette modification diagĂ©nique est associĂ©e Ă  des dĂ©pĂ´ts de phosphate. La transformation bactĂ©rienne des organismes calcaires en apatite a Ă©tĂ© dĂ©montrĂ©e en laboratoire. Ces observations et ces expĂ©riences suggèrent, dans un premier temps, que le phosphore nĂ©cessaire pour remplacer le carbonate par de l'apatite provient des micro-organismes des sĂ©diments. Par ailleurs, il semble que les micro-organismes (bactĂ©ries, algues, champignons) favorisent la dĂ©composition, en libĂ©rant des ions phosphates et en acidifiant l'eau interstitielle des sĂ©diments. Cette acidification, qui peut ĂŞtre très localisĂ©e, favorise la dissolution des carbonates. Le phosphate libĂ©rĂ© se combine avec le calcium pour former de l'apatite, prĂ©fĂ©rentiellement Ă  l'interface entre le carbone et le micro-organisme remplaçant le carbonate dissous. Ce remplacement prĂ©serve l'apparence originale de la coquille et le fluor joue un rĂ´le important en ce qui concerne la composition finale en carbonate-fluor-apatite.

Squelette de silice




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Fossile d'un gastéropode sur lequel est accroché un ver Serpulidae, datant du Pliocène.



     Le phosphatisation de la silice primaire apparaĂ®t aussi sur certains squelettes de radiolaires, bien que ce processus ne soit pas encore bien connu Ă  l'heure actuelle. L'examen microscopique d'Ă©chantillons de phosphorites montre que de nombreux micro-organismes sans carapace minĂ©rale (algues, champignons, bactĂ©ries) se minĂ©ralisent comme l'apatite, bien qu'ils n'aient aucun prĂ©curseur minĂ©ral. Un exemple bien connu est le coprolithe phosphatĂ©, oĂą la matière organique est elle-mĂŞme remplacĂ©e par de l'apatite qui conserve la forme exacte de l'objet. La phosphatisation des parties molles est Ă©galement frĂ©quente, notamment chez de nombreux arthropodes (copĂ©podes, ostracodes) oĂą des nodules calcaires et phosphatĂ©s apparaissent au sein de calcaire nodulaire ou de coprolithes de grands vertĂ©brĂ©s.


     Des Ă©tudes sur les phosphorites et sur la synthèse expĂ©rimentale de l'apatite ont abouti Ă  une estimation des conditions probables de fossilisation de l'apatite. En raison de son besoin de stabilitĂ©, l'apatite se forme de prĂ©fĂ©rence dans un environnement dĂ©ficient en oxygène, parfois mĂŞme dans des conditions totalement rĂ©ductrices, comme l'indique la prĂ©sence frĂ©quente de pyrite Ă  proximitĂ©. Cet environnement est atteint facilement dans les milieux oĂą l'on trouve beaucoup de matière organique qui est la principale source de phosphore.


     La silice peut remplacer la calcite et l'aragonite des coques et perminĂ©raliser le bois. Il peut Ă©galement se former des nodules et des couches de silex, en remplaçant les sĂ©diments carbonĂ©s, en prĂ©cipitant directement ou en remplissant les fossiles ou les inclusions. La coque peut alors ĂŞtre remplacĂ©es par une croĂ»te blanche granuleuse, par une couche finement granuleuse ou par des anneaux concentriques de silice.

Fossile pyritisé




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Fossile d'Orthoceras datant du Silurien.



     La pyrite sĂ©dimentaire est une composante mineure des sĂ©diments clastiques marins. Les Ă©tudes actuelles sur les sĂ©diments ont montrĂ© que la formation de la pyrite authigĂ©nique a lieu au tout dĂ©but de la diagenèse, Ă  quelques centimètres au-dessous de l'interface eau-sĂ©diments. Une augmentation du nombre de micro-organismes et/ou de la profondeur d'enfouissement empĂŞche la diffusion de l'oxygène dans les sĂ©diments et les micro-organismes sont obligĂ©s de respirer en anaĂ©robie. La minĂ©ralisation empĂŞche la perte d'information relative Ă  la dĂ©composition de macro-organismes et la prĂ©cipitation de la pyrite, au dĂ©but de la diagenèse, est un moyen important pour la prĂ©servation des fossiles. Dans les tissus mous, comme les muscles et la chitine, il peut se produire un pyritisation au dĂ©but de la diagenèse. Lorsque la dĂ©composition est plus avancĂ©e (mais avant que ne se produise la formation de la pyrite), les tissus mous seront dĂ©truits et seuls les composĂ©s biologiques rĂ©sistants (appelĂ©s rĂ©fractaires), comme la cellulose et la lignine, sont prĂ©servĂ©s. Les parties biogĂ©niques dures, telles que les coquilles (composĂ©es de carbonate de calcium et de magnĂ©sium) et les os (phosphate de calcium) sont quelques-unes des structures biologiques les plus rĂ©sistantes Ă  la dĂ©composition. Sur les deux, le carbonate de calcium est le plus instable et il est donc plus probable qu'il soit remplacĂ© par la pyrite.


     La formation de la pyrite est contrĂ´lĂ©e par la concentration en carbone organique, en sulfate et en minĂ©raux dĂ©tritiques ferreux. Dans un environnement marin normal, les minĂ©raux ferreux et les sulfates sont prĂ©sents en abondance et la formation de pyrite est contrĂ´lĂ©e par l'approvisionnement en carbone organique. Toutefois, dans les milieux en eau douce, la formation de pyrite est très limitĂ©e par la faible concentration en sulfates.

Plante fossile




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Fougère fossilisée (Pecopteris arborescens), datant du carbonifère supérieur.



     Les diffĂ©rentes parties des plantes (branches, racines, feuilles, pollen, fruits, graines) se dĂ©tachent pour certaines au cours de leur vie, et pour les autres après leur mort. Une bonne comprĂ©hension des processus de dispersion qui affectent la dispersion de ces parties est très important pour interprĂ©ter correctement les associations palĂ©ofloristiques. Les Ă©tudes sur la dispersion des feuilles par le vent montrent qu'elle dĂ©pend de leur poids et de leur forme. Les dĂ©bris vĂ©gĂ©taux se conservent soit par prĂ©servation du matĂ©riel original, soit par carbonisation, soit par perminĂ©ralisation.


     La perminĂ©ralisation se produit après l'enfouissement, quand les espaces vides situĂ©s Ă  l'intĂ©rieur d'un organisme (espaces remplis de liquide ou de gaz, quand il est en vie) se remplissent d'eaux souterraines riches en minĂ©raux et que ces minĂ©raux prĂ©cipitent en comblant les espaces vides. Ce processus ne peut se produire que dans de très petits espaces, notamment au sein de la paroi cellulaire d'une cellule vĂ©gĂ©tale. Une perminĂ©ralisation Ă  petite Ă©chelle peut produire des fossiles avec de très nombreux dĂ©tails. Pour que la perminĂ©ralisation se produise, il faut que l'organisme soit recouvert par les sĂ©diments peu de temps après la mort ou peu après le dĂ©but du processus de dĂ©composition. La vitesse de dĂ©gradation des restes, une fois recouverts, dĂ©termine les futurs dĂ©tails du fossile. Ainsi, alors que certains fossiles ne comprennent que des ossements ou des dents, d'autres contiennent des traces fossiles de peau, de plumes ou mĂŞme de tissus mous.






Chapitre : Importance scientifique





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Insecte (Sciaridae) piégé dans de l'ambre.



     De tout temps, les fossiles ont intriguĂ© les hommes qui, suivant les Ă©poques, leur ont donnĂ© diffĂ©rentes significations : talismans, restes de gĂ©ants, objets malĂ©fiques, animaux disparus lors du DĂ©luge. Ce n'est qu'au XIX siècle, avec les travaux de Charles Lyell, de Jean-Baptiste de Lamarck, puis de Charles Darwin et les thĂ©ories de l'Ă©volution, puis de la thĂ©orie de la tectonique des plaques, formulĂ©e par Alfred Wegener en 1915, que se met en place le cadre thĂ©orique moderne dans lequel sont Ă©tudiĂ©s les fossiles.


     Pour le grand public, les fossiles sont surtout connus grâce Ă  quelques familles caractĂ©ristiques comme les ammonites, sortes de cĂ©phalopodes marins, les trilobites de la famille des arthropodes, les oursins ou enfin les vĂ©gĂ©taux fossiles conservĂ©s dans le charbon (fougères, prĂŞles, etc.).


     L'extraction d'ADN fossile a rĂ©cemment Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©e grâce Ă  l'amplification permise par la rĂ©action en chaĂ®ne par polymĂ©rase. Depuis la fin des annĂ©es 1990, les connaissances sur ces techniques se sont amĂ©liorĂ©es. L'une des techniques proposĂ©es consiste Ă  extraire de l'ADN de l'ambre. Bien que cette idĂ©e soit actuellement irrĂ©alisable, l'imagination populaire a Ă©tĂ© nourrie Ă  travers le livre et le film « Jurassic Park Â». Dans ce livre, on suggère que les moustiques piĂ©gĂ©s dans l'ambre pourraient avoir conservĂ© intact l'ADN d'autres animaux, tels que les dinosaures. On a cru parvenir Ă  de bons rĂ©sultats grâce Ă  cette mĂ©thode et plusieurs Ă©tudes font ainsi Ă©tat d'ADN datant de plus de 100 millions d'annĂ©es , mais des Ă©tudes plus rĂ©centes (quoique moins mĂ©diatisĂ©es) ont montrĂ© que ces rĂ©sultats n'Ă©taient absolument pas concluants et provenaient la plupart du temps de contaminations actuelles .


     De l'ADN peut Ă©galement ĂŞtre extrait de cristaux prĂ©sents dans les os fossilisĂ©s. Les scientifiques ont montrĂ© que parfois des cristaux se formaient Ă  l'intĂ©rieur des os, et que ces cristaux pouvaient contenir des traces d'ADN.


     L'importance de l'Ă©tude de la formation des fossiles a conduit Ă  la fondation d'une nouvelle discipline, la taphonomie.






Chapitre : Annexes


  - Sous-chapitre : Notes et rĂ©fĂ©rences

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  - Sous-chapitre : Articles connexes

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  - Sous-chapitre : Liens externes


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