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Définition Wikipédia de : Empirisme



Cet article concerne l'empirisme. Pour les résultats empiriques (résultats basés par des faits ou des expériences), voir méthode expérimentale.
Philosophie



Introduction :

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Portail de la philosophie  

     L'empirisme dĂ©signe un ensemble de thĂ©ories philosophiques (avec des applications logiques, psychologiques ou linguistiques) qui font de l'expĂ©rience sensible l'origine de toute connaissance valide et de tout plaisir esthĂ©tique. L'empirisme s'oppose en particulier Ă  l'innĂ©isme des idĂ©es et Ă  l'idĂ©e de connaissance a priori. Il va souvent de pair avec une thĂ©orie associationniste des idĂ©es qui explique leur formation par la conjonction d'idĂ©es simples.




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     L'empirisme postule que toute connaissance provient essentiellement de l'expĂ©rience. ReprĂ©sentĂ© par exemple par les philosophes anglais Roger Bacon, Francis Bacon, John Locke et David Hume, ce courant considère que la connaissance se fonde sur l'accumulation d'observations et de faits mesurables, dont on peut extraire des lois gĂ©nĂ©rales par un raisonnement inductif (dit aussi synthĂ©tique ), allant par consĂ©quent du concret Ă  l'abstrait. L'« empirie Â» est ainsi l'ensemble des donnĂ©es de l'expĂ©rience pure, considĂ©rĂ© comme l'objet sur lequel porte la mĂ©thode expĂ©rimentale.

- Sommaire de la page -









Chapitre : Histoire


  - Sous-chapitre : AntiquitĂ©




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     L'empirisme reprĂ©sentait un courant philosophique dans l'AntiquitĂ©. Il s'est particulièrement manifestĂ© dans la mĂ©decine empirique, qui a elle-mĂŞme beaucoup influencĂ© Sextus Empiricus. Il ne semble nĂ©anmoins pas que cette forme d'empirisme ait jouĂ© un rĂ´le dans l'Ă©laboration du mouvement nĂ© en Angleterre, si ce n'est peut-ĂŞtre chez Hume, par l'intermĂ©diaire de l'influence du scepticisme. Plus d'informations peuvent ĂŞtre trouvĂ©es dans l'Ĺ“uvre de Victor Brochard, La MĂ©thode expĂ©rimentale chez les Anciens.


     La thĂ©orie des prĂ©notions d'Épicure est proche de l'empirisme, et a Ă©tĂ© rangĂ©e sous cette Ă©tiquette par Emmanuel Kant. Elle expose notamment qu'il ne faut rien ajouter Ă  l'expĂ©rience pure pour former des connaissances.


     Enfin, c'est d'Aristote que John Locke reprend la conception de l'esprit comme tabula rasa, la table rase qui reçoit les impressions comme de la cire. En effet, Aristote concevait la connaissance comme l'abstraction de formes intelligibles Ă  partir des objets sensibles, l'abstraction consistant en l'effacement des particularitĂ©s pour obtenir une dĂ©finition universelle. L'âme reçoit donc les formes intelligibles passivement (bien qu'elle les contienne toutes en puissance, Ă  l'Ă©tat de possibles) : c'est l'objet naturel qui est cause directe de la connaissance ; la sensation actualise dans l'âme (l'intellect) la forme intelligible (quidditĂ©) qui signifie dans l'objet naturel sa structure rationnelle ou substance.


     Jean Philopon rappelle ceci Ă  propos de l'âme selon Aristote : « Aristote la reprĂ©sente par une tablette non Ă©crite et la nomme au sens propre facultĂ© d'apprendre. Platon, cependant, la reprĂ©sente par une tablette Ă©crite et la nomme facultĂ© de s'instruire par remĂ©moration. Â»

  - Sous-chapitre : Moyen Ă‚ge


     Pour ce qui est de la pensĂ©e mĂ©diĂ©vale, on a pu voir en Guillaume d'Ockham un prĂ©curseur de l'empirisme, en ce qu'il n'admet que des entitĂ©s singulières dans le monde, c'est-Ă -dire des faits qui sont objets de l'expĂ©rience. Ainsi, toute connaissance doit se ramener en dĂ©finitive Ă  une expĂ©rience immĂ©diate et singulière, « intuitive Â». On peut mentionner aussi Roger Bacon, pour qui « aucun discours ne peut donner la certitude, tout repose sur l'expĂ©rience Â».

  - Sous-chapitre : Francis Bacon

Article dĂ©taillĂ© : Francis Bacon (philosophe).



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Francis Bacon, père de l'empirisme moderne



     Francis Bacon (1561-1626) est le père de l'empirisme sous sa forme moderne. Il pose le premier les fondements de la science moderne et de ses mĂ©thodes. Dans son Ă©tude des faux raisonnements, sa meilleure contribution a Ă©tĂ© dans la doctrine des idoles. D'ailleurs, il Ă©crit dans le Novum Organum (ou « nouvelle logique Â» par opposition Ă  celle d’Aristote) que la connaissance nous vient sous forme d'objets de la nature, mais que l'on impose nos propres interprĂ©tations sur ces objets. Bacon rĂ©dige deux ouvrages majeurs dans l'histoire de la science : l' Instauratio magna (1620), qui Ă©tablit une classification des sciences de son Ă©poque, et le Novum Organum, qui expose une mĂ©thode pour guider l’esprit et avancer dans les sciences et dans la connaissance.


     D'après Bacon, nos thĂ©ories scientifiques sont construites en fonction de la façon dont nous voyons les objets ; l'ĂŞtre humain est donc biaisĂ© dans sa dĂ©claration d'hypothèses. Pour Bacon, « la science vĂ©ritable est la science des causes Â». S’opposant Ă  la logique aristotĂ©licienne qui Ă©tablit un lien entre les principes gĂ©nĂ©raux et les faits particuliers, il abandonne la pensĂ©e dĂ©ductive, qui procède Ă  partir des principes admis par l’autoritĂ© des Anciens, au profit de l’« interprĂ©tation de la nature Â», oĂą l’expĂ©rience enrichit rĂ©ellement le savoir. En somme, Bacon prĂ©conise un raisonnement et une mĂ©thode fondĂ©s sur le raisonnement expĂ©rimental :

« L'empirique, semblable Ă  la fourmi, se contente d'amasser et de consommer ensuite ses provisions. Le dogmatique, telle l'araignĂ©e ourdit des toiles dont la matière est extraite de sa propre substance. L'abeille garde le milieu; elle tire la matière première des fleurs des champs, puis, par un art qui lui est propre, elle la travaille et la digère. (...) Notre plus grande ressource, celle dont nous devons tout espĂ©rer, c'est l'Ă©troite alliance de ces deux facultĂ©s: l'expĂ©rimentale et la rationnelle, union qui n'a point encore Ă©tĂ© formĂ©e. Â»





Chapitre : L'empirisme moderne





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     L'empirisme moderne est un mouvement philosophique qui naĂ®t d'abord en Angleterre. Il prend racine au XVI siècle et s'Ă©panouit principalement au XVII siècle. Selon le sociologue des sciences Robert King Merton (dans ÉlĂ©ments de thĂ©orie et de mĂ©thode sociologique, 1965) l'empirisme aurait percĂ© dans le champ scientifique grâce Ă  ses liens Ă©troits avec l'Ă©thique protestante et puritaine. Le dĂ©veloppement de la Royal Society de Londres, fondĂ©e en 1660 par des protestants, en est ainsi l'expression aboutie : « la combinaison de la rationnalitĂ© et de l'empirisme, si Ă©vidente dans l'Ă©thique puritaine, forme l'essence de la science moderne. Â» explique Merton.


     Ă€ l'origine, l'empirisme pouvait se concevoir comme un matĂ©rialisme (Francis Bacon et Thomas Hobbes), dans la mesure oĂą il fut l'une des formes d'opposition Ă  la scolastique, lors de la naissance de la science moderne (GalilĂ©e). Bien qu'empirisme et matĂ©rialisme aillent souvent de pair, il n'y a pas de lien nĂ©cessaire entre les deux (comme le montre James).


     L'empirisme dĂ©finissait en effet des modes de connaissance dĂ©rivĂ©s de l'expĂ©rience et de la logique qui s'affranchissaient de la RĂ©vĂ©lation. L'empirisme accompagna ainsi la naissance de la science moderne, caractĂ©risĂ©e par sa mathĂ©matisation et son utilisation de la mĂ©thode expĂ©rimentale. L'apport de Newton Ă  la science s'inscrit dans ce contexte intellectuel empiriste.


     Ses plus cĂ©lèbres reprĂ©sentants sont :




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     Les Lumières françaises et anglaises (Enlightenment et Lumières Ă©cossaises) sont majoritairement empiristes, contrairement aux Lumières allemandes (Aufklärung), lesquelles sont moins hostiles Ă  la religion et plus idĂ©alistes.


     L'empirisme se distingue assez nettement du positivisme, dans la mesure oĂą celui-ci met davantage l'accent sur l'explication des phĂ©nomènes par des formulations mathĂ©matiques. Il est vrai qu'Auguste Comte (1798-1857) appuya sa philosophie en partie sur celle de Francis Bacon, mais cela n'est pas suffisant pour trouver beaucoup de points communs entre empirisme et positivisme.


     L'empirisme radical est une variante dĂ©fendue par William James (1842-1910) et qui affirme, comme l'empirisme classique, qu'il ne faut rien rajouter Ă  l'expĂ©rience, mais aussi, ce qui fait sa spĂ©cificitĂ©, qu'il ne faut rien lui retirer : nous avons une expĂ©rience des relations, qui sont aussi rĂ©elles que les termes de l'expĂ©rience.


     Il ne faut nĂ©anmoins pas confondre l'empirisme avec le pragmatisme de Charles Sanders Peirce (ce dernier parlait d'ailleurs de « pragmaticisme Â») ou Richard Rorty. L'empirisme se fonde sur l'expĂ©rience, le pragmatisme sur l'action.

  - Sous-chapitre : Controverse entre le rationalisme et l'empirisme

Article connexe : Rationalisme.



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     On dĂ©finit souvent l'empirisme en l'opposant au rationalisme ou Ă  l'idĂ©alisme, mais il faut nuancer, car l'opposition n'est pas simplement entre partisans de la raison et partisans de l'expĂ©rience, puisque les empiristes ne nient pas que la raison puisse jouer un rĂ´le dans le processus de la connaissance. Ils refusent seulement l'idĂ©e qu'il puisse y avoir des connaissances purement rationnelles ou a priori, et ils mettent l'accent sur la mĂ©thode expĂ©rimentale.


     En outre, dans certains cas (Berkeley, Condillac), l'empirisme ne soutient pas la thèse de l'existence du monde extĂ©rieur indĂ©pendamment de nous, et dĂ©fend au contraire l'idĂ©alisme sur ce point (mais il ne s'agit Ă©videmment pas d'un idĂ©alisme transcendantal Ă  la manière de Kant ou spĂ©culatif Ă  la manière de Hegel).


     L'empirisme est entrĂ© en controverse avec le rationalisme de :

    Liste :
  • Descartes (qui argumentait en faveur de l'innĂ©isme des idĂ©es),
  • Gottfried Leibniz (qui dĂ©fendait l'idĂ©e qu'il y a des vĂ©ritĂ©s analytiques indĂ©pendantes de l'expĂ©rience sensible),
  • Kant (qui dĂ©fendait l'existence de jugements synthĂ©tiques a priori, et l'idĂ©e que l'expĂ©rience serait conditionnĂ©e par des structures a priori de la subjectivitĂ©, telles l'espace, le temps et les catĂ©gories),

  - Sous-chapitre : PostĂ©ritĂ© contemporaine de l'empirisme


     L'empirisme influença dans la philosophie analytique l'empirisme logique (Cercle de Vienne), le rĂ©futationnisme (Karl Popper) et le pragmatisme (Willard van Orman Quine).


     Il n'a pas Ă©tĂ© sans postĂ©ritĂ© dans la philosophie continentale. Son influence se fait sentir dans la philosophie de Henri Bergson, via sa lecture de James et des sensualistes notamment, et dans la philosophie de Gilles Deleuze, qui a consacrĂ© un livre Ă  David Hume. Quant Ă  Husserl, il s'inspire de Mill lors de sa pĂ©riode psychologiste (dans la Philosophie de l'arithmĂ©tique, 1891), et il rend hommage Ă  Hume dans les Ideen I (1913), tout en cherchant Ă  le rĂ©futer (pĂ©riode phĂ©nomĂ©nologique).

  - Sous-chapitre : Relation Ă  la religion instituĂ©e


     D'un point de vue religieux, l'empirisme (et, semble-t-il, le positivisme) et l'agnosticisme qui en dĂ©coule ont notamment Ă©tĂ© condamnĂ©s par Pie X dans son encyclique Pascendi.






Chapitre : Doctrine


  - Sous-chapitre : ÉpistĂ©mologie


     Selon l'empirisme, le fondement et la première source de la connaissance se trouvent dans l'expĂ©rience. Pour certains empiristes comme George Berkeley, qui reprennent ainsi une thèse nominaliste, il n'y a que les objets singuliers et les phĂ©nomènes qui sont rĂ©els. L'empirisme en gĂ©nĂ©ral admet toutefois l'existence de concepts, images ou synthèses d'images issues de l'expĂ©rience et de l'association des idĂ©es. L'esprit est alors conçu comme une tabula rasa sur laquelle s'impriment des impressions sensibles. La connaissance humaine dĂ©rive ainsi de l'expĂ©rience, il n'y a pas d'idĂ©es innĂ©es qui seraient prĂ©sentes dans l'esprit dès la naissance, ou dans l'âme de toute Ă©ternitĂ© (cette dernière thèse est celle de Platon : c'est la connaissance comme rĂ©miniscence).

Thèses et problèmes


     Les empiristes rĂ©pondent Ă  deux questions : 1) quelle est l'origine de la connaissance ? (que nous allons traiter ici), et 2) qu'est-ce qui valide une thĂ©orie ? (dont traitera la partie « MĂ©thode et logique Â»).


     Cette première question permet d'Ă©viter de construire un système mĂ©taphysique spĂ©culatif complexe. En effet, les empiristes (notamment John Locke dans l'Essai sur l'entendement humain) se proposent d'analyser les pouvoirs de l'entendement humain, plutĂ´t que d'interroger la structure mĂ©taphysique du monde sans cette question prĂ©alable, indispensable selon eux. L'argument est qu'avant de chercher Ă  connaĂ®tre le monde, il faut dĂ©jĂ  commencer par connaĂ®tre notre propre instrument de connaissance du monde, l'esprit, afin d'en dĂ©limiter la capacitĂ© et de ne pas l'outrepasser. C'est ainsi que l'empirisme peut dĂ©boucher sur une Ă©thique, une sagesse : ne pas chercher Ă  connaĂ®tre ce qui nous est inacessible Ă  jamais.




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David Hume, partisan de l'expérience pure



     Hume rĂ©pond Ă  ces deux problèmes dans l'EnquĂŞte sur l'entendement humain (1748), synthĂ©tisant ainsi la position empiriste hĂ©ritĂ©e de Locke et annonçant celle de Carnap.


     Ă€ la question de l'origine de la connaissance, Hume rĂ©pond que toutes les idĂ©es que contient l'esprit humain sont des copies de sensations originelles. L'impression immĂ©diate est première dans le processus de connaissance, puis viennent l'imagination et le souvenir. L'imagination consiste en l'anticipation d'une perception. Si la connotation de ce mot n'Ă©tait trop psychanalytique, on pourrait aussi dire que l'imagination est la facultĂ© dĂ©sirante. NĂ©anmoins, l'esprit humain ne peut anticiper que des perceptions qu'il connaĂ®t dĂ©jĂ . Hume rĂ©cuse l'idĂ©e d'un imaginaire radical qui prĂ©cĂ©dĂ©rait la sensation, contrairement Ă  la thèse que dĂ©veloppera plus tard Castoriadis. Quant au souvenir, il consiste en la remĂ©moration d'une perception passĂ©e, dĂ©jĂ  vĂ©cue. LĂ  encore, la sensation est première.


     Hume expose deux arguments pour justifier cette conception : 1) il n'existe pas d'idĂ©e dans l'esprit humain qu'on ne puisse ramener Ă  une sensation qui en est Ă  l'origine, 2) un aveugle ne peut pas concevoir les couleurs (problème de Molyneux).


     Ă€ propos des idĂ©es gĂ©nĂ©rales, la position empiriste rejoint souvent celle du nominalisme. L'empirisme, y compris celui de Hume, considère que toute idĂ©e simple se rapporte Ă  une sensation particulière, et que toute idĂ©e complexe peut ĂŞtre dĂ©composĂ©e en idĂ©es simples se rapportant elles-mĂŞmes Ă  une sensation particulière. Cela signifie qu'il n'existe pas d'idĂ©e « pure Â», indĂ©pendante de l'expĂ©rience. MĂŞme les concepts les plus gĂ©nĂ©raux et les plus abstraits sont des reprĂ©sentations tirĂ©es de l'expĂ©rience, ou alors ce ne sont que des fictions vides qui sont dĂ©pourvues de sens. C'est ainsi que l'on a pu dĂ©signer la philosophie empiriste comme un « psychologisme Â» : la thèse fondamentale du psychologisme est que toute pensĂ©e n'est qu'une reprĂ©sentation subjective. Il n'y aurait donc pas d'idĂ©es gĂ©nĂ©rales ou pures ou objectives ou indĂ©pendantes du sujet qui les pense.

Psychologie et histoire


     La philosophie empiriste met ainsi l'accent sur la façon dont le sujet connaissant perçoit le monde et ressent les Ă©motions, au dĂ©triment d'une spĂ©culation sur l'essence du monde ou sur les idĂ©es innĂ©es, qui n'est pour Hume qu'un vide thĂ©orique et un jargon trompeur. La psychologie empiriste dĂ©veloppera notamment l'associationnisme ou thĂ©orie de l'association des idĂ©es. Hume dĂ©finit le pouvoir et la libertĂ© de l'esprit comme la facultĂ© de composer des idĂ©es complexes avec des idĂ©es simples, s'inspirant de la thĂ©orie de Locke, l'un des premiers Ă  dĂ©velopper l'associationnisme. L'esprit ne peut pas crĂ©er ou inventer des idĂ©es ex nihilo, mais il peut mĂ©langer Ă  sa guise celles qu'il a obtenues par l'expĂ©rience pour en former de nouvelles.


     De mĂŞme, l'empirisme manifeste un grand intĂ©rĂŞt pour l'histoire, en tant que science de l'expĂ©rience proprement humaine. Hume fera lui-mĂŞme oeuvre d'historien : il livrera Ă  la postĂ©ritĂ© une Histoire de l'Angleterre (The History of England, 1754-1762).

Méthode et logique


     Sur le plan de la mĂ©thode, les empiristes dĂ©veloppèrent un moyen original de rĂ©solution des problèmes.


     Hume propose ainsi une mĂ©thode simple qui, selon lui, permettra Ă  l'avenir de rĂ©soudre l'ensemble des Ă©pineux problèmes philosophiques. Elle consiste Ă  « rechercher de quelle impression dĂ©rive cette idĂ©e supposĂ©e [l'idĂ©e qui fait problème] Â». Cette mĂ©thode est un principe d'Ă©conomie, car elle est simple et permet pourtant, d'après les empiristes, de rĂ©soudre la plupart des problèmes. Tout discours, qu'il soit scientifique ou philosophique, et quel que soit son degrĂ© de complexitĂ©, doit toujours pouvoir ĂŞtre ramenĂ© Ă  un fait brut, une expĂ©rience pure, un objet singulier et immĂ©diat de la sensation. Si ce n'est pas le cas, alors ce discours est tout simplement vide, c'est une fiction dĂ©pourvue de sens. On trouvait dĂ©jĂ  cette idĂ©e chez Guillaume d'Ockham (dans la Somme de logique), pour qui un signe n'avait de valeur que s'il pouvait supposer pour un objet singulier dans une proposition.




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     Cette mĂ©thode prĂ©suppose nĂ©anmoins une distinction entre les faits et les pensĂ©es. Elle postule qu'il existe des faits purs d'un cĂ´tĂ©, et de l'autre des signes gĂ©nĂ©raux utilisĂ©s par l'entendement humain pour se reprĂ©senter le monde. Il existe donc deux moyens d'analyser la validitĂ© d'une pensĂ©e : premièrement, en interroger la cohĂ©rence logique (c'est l'ordre des vĂ©ritĂ©s analytiques), deuxièmement, en interroger le rapport Ă  un fait brut (c'est l'ordre des vĂ©ritĂ©s de fait ou synthĂ©tiques). Toute la question sera alors de dĂ©terminer le statut de ces vĂ©ritĂ©s analytiques qui ne dĂ©pendent pas de l'expĂ©rience. Pour les empiristes les plus radicaux (ou nominalistes), les vĂ©ritĂ©s analytiques sont vraies mais sont Ă©galement vides, elles ne nous apprennent rien. Il n'y a que les vĂ©ritĂ©s synthĂ©tiques qui nous apprennent quelque chose sur le monde.


     Cette distinction entre les faits et les pensĂ©es explique en partie le dĂ©veloppement que connaĂ®tra l'empirisme sous sa forme logique, chez Carnap par exemple. L'empirisme logique dĂ©veloppe la double exigence de vĂ©rifier le langage utilisĂ© par l'analyse logique (dĂ©tecter les contradictions et les tautologies) et par le renvoi Ă©ventuel Ă  un objet singulier et immĂ©diat de l'expĂ©rience (critère « vĂ©rificationniste Â»). Cela explique en outre le primat de la philosophie du langage, y compris chez le premier Wittgenstein (dans le Tractatus logico-philosophicus). La plupart des difficultĂ©s en philosophie aurait pour origine une confusion quant aux termes employĂ©s, qu'il faut clarifier Ă  l'aide des outils logiques et expĂ©rimentaux.


     Le dĂ©bat est donc assez complexe entre tenants du « psychologisme Â» (il n'y pas d'idĂ©es pures indĂ©pendantes des sensations et des Ă©motions), de l'empirisme logique (il existe des lois formelles non psychologiques de la pensĂ©e qui organisent le discours scientifique et invalident le discours mĂ©taphysique) et du « platonisme Â» (il existe des objets logiques tels que les nombres qui sont indĂ©pendants de l'expĂ©rience et qui ont un sens en eux-mĂŞmes).

Logique inductive

Article dĂ©taillĂ© : Induction (logique).

     L'empirisme, par exemple celui de Hume ou de John Stuart Mill, dĂ©veloppa ainsi une logique inductive, qui consiste en la gĂ©nĂ©ralisation vers une loi naturelle Ă  partir de donnĂ©es particulières de l'expĂ©rience. Un tel type de raisonnement ne conduit qu'Ă  une connaissance probable (« Que le soleil se lèvera demain est une hypothèse Â»), il n'y a pas de « connexion nĂ©cessaire Â» entre deux faits. Chez Hume par exemple, le raisonnement causal repose en fait sur l'habitude . Je crois que le soleil se lèvera demain car il en a toujours Ă©tĂ© ainsi. Or, plus j'observe l'occurrence d'un mĂŞme phĂ©nomène, plus ma croyance subjective en la rĂ©itĂ©ration de ce phĂ©nomène se renforce. Ainsi, si l'induction ne permet aucune certitude et ne peut fonder aucune loi universelle et nĂ©cessaire, l'observation concomitante et rĂ©itĂ©rĂ©e de deux Ă©vĂ©nements conduit progressivement, via l'associationnisme (c'est-Ă -dire l'association des idĂ©es dans l'esprit), Ă  la formation de l'idĂ©e de causalitĂ© .

  - Sous-chapitre : EsthĂ©tique

Théorie du sublime contre le classicisme


     Le livre Recherche philosophique sur l'origine de nos idĂ©es du sublime et du beau (1757) du philosophe irlandais Burke (1729-1797) peut ĂŞtre considĂ©rĂ© comme le manifeste empiriste de la philosophie esthĂ©tique. On peut y ajouter les Essais esthĂ©tiques de Hume.


     L'esthĂ©tique classique, inspirĂ©e par le Banquet de Platon et trouvant une de ses expressions les plus accomplies dans l'Art poĂ©tique de Nicolas Boileau, ne concevait qu'une seule valeur esthĂ©tique, le beau, et son nĂ©gatif, le laid. Le beau Ă©tait conçu en termes d'harmonie, de symĂ©trie, de proportion, de rĂ©gularitĂ©, d'ordre et de mesure. L'esthĂ©tique empiriste ajoutera une seconde valeur esthĂ©tique positive, le sublime. Le sublime est une valeur caractĂ©risĂ©e par la dysharmonie, la dissonance, la dĂ©mesure, la disproportion, la dissymĂ©trie, l'irrĂ©gularitĂ©. LĂ  oĂą le beau produisait le sentiment de la sĂ©rĂ©nitĂ© dans l'âme, le sublime produit des sentiments tels la terreur et la passion violente (sans pour autant verser dans l'horreur). Le sublime trouvera son application artistique la plus absolue dans le romantisme, qui exaltera la passion et la dĂ©mesure dans l'âme humaine (le gĂ©nie artistique, l'amour passionnĂ©, le moi solitaire ou encore la rĂ©volution politique).


     Pour l'esthĂ©tique classique, le beau Ă©tait un concept. On peut parler Ă  ce propos d'« art intellectuel Â» ou d'« intellectualisme esthĂ©tique Â». Par exemple, dans l'AntiquitĂ©, la musique Ă©tait mise parmi les quatre sciences du quadrivium. Elle Ă©tait une science de l'harmonie et de la mesure, ainsi que saint Augustin la dĂ©crit dans son TraitĂ© de la musique.


     Au contraire, l'esthĂ©tique empiriste conçoit le beau et le sublime comme des sentiments intĂ©rieurs. Ce sont des reprĂ©sentations que se fait l'âme lors de l'expĂ©rience esthĂ©tique. Le beau renvoie Ă  un sentiment de plaisir et de calme, tandis que le sublime renvoie Ă  un sentiment de plaisir mĂŞlĂ© de douleur, ou Ă  une alternance contradictoire de sentiments. Le goĂ»t n'est plus alors une notion intellectuelle, mais concerne l'impression sensible et le sentiment, dĂ©finis par les empiristes comme les idĂ©es de l'esprit les plus vraies et les plus vives.

Le relativisme du goût




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Voltaire, partisan du relativisme esthétique



     Cette conception du goĂ»t en termes de sentiments a pu mener Ă  une conception relativiste de l'art, lĂ©gitimant l'adage populaire « Des goĂ»ts et des couleurs, on ne discute pas Â». Cet adage signifie qu'une chose n'est jamais belle absolument ou selon des critères objectifs (comme la symĂ©trie ou les autres critères fondĂ©s sur les mathĂ©matiques, suivant la conception grecque de l'art et du canon), mais qu'elle est belle suivant la subjectivitĂ© toute personnelle de l'observateur. Il n'y a donc pas de dĂ©bat rationnel et argumentĂ© possible pour dĂ©terminer si une oeuvre d'art est belle ou pas. En effet, une Ă©motion ou une sensation est toujours quelque chose d'intime, qui sera diffĂ©rent de l'Ă©motion qu'un autre ressent. Si le « beau Â» se rĂ©sume Ă  un sentiment Ă©prouvĂ© face Ă  l'oeuvre d'art (ou face Ă  une chose naturelle), alors le « beau Â» est une notion toute subjective.


     Voltaire dĂ©veloppe ce relativisme esthĂ©tique dans son article « Beau Â» du Dictionnaire philosophique. Il s'en prend notamment Ă  la conception platonicienne du Beau (en termes d'intellectualitĂ© quasi-mystique). Il lui oppose une conception toute empirique et subjectiviste :

« Demandez Ă  un crapaud ce que c’est que la beautĂ©, le grand beau, le to kalon. Il vous rĂ©pondra que c’est sa crapaude avec deux gros yeux ronds sortant de sa petite tĂŞte, une gueule large et plate, un ventre jaune, un dos brun. Interrogez un nègre de GuinĂ©e; le beau est pour lui une peau noire, huileuse, des yeux enfoncĂ©s, un nez Ă©patĂ©. Interrogez le diable; il vous dira que le beau est une paire de cornes, quatre griffes, et une queue. Consultez enfin les philosophes, ils vous rĂ©pondront par du galimatias; il leur faut quelque chose de conforme Ă  l’archĂ©type du beau en essence, au to kalon. Â»

     Il n'y a pas de plaisir artistique dĂ©sintĂ©ressĂ©, puisque l'on trouve beau ce qui produit en nous du plaisir, y compris l'excitation sexuelle (suivant l'exemple voltairien de l'attirance sexuelle entre le crapaud et sa femelle).


     Le beau est donc un sentiment de plaisir, et non un concept intellectuel d'harmonie :

« [...] pour donner Ă  quelque chose le nom de beautĂ©, il faut qu’elle vous cause de l’admiration et du plaisir. Il convint que cette tragĂ©die lui avait inspirĂ© ces deux sentiments, et que c’était lĂ  le to kalon, le beau. Â»

     En conclusion, il est inutile de thĂ©oriser le beau comme si c'Ă©tait un concept mathĂ©matique ou purement intellectuel (Ă  l'instar du nombre ou du triangle par exemple, qui sont des entitĂ©s objectives et indĂ©pendantes de l'expĂ©rience) : le beau est relatif, et le philosophe « [...] s’épargna la peine de composer un long traitĂ© sur le beau. Â» Ce texte de Voltaire, essentiellement nĂ©gatif, mène au scepticisme quant Ă  la possibilitĂ© d'Ă©tablir une norme esthĂ©tique.

La critique kantienne


     L'esthĂ©tique empiriste sera Ă©tudiĂ©e et critiquĂ©e par Kant dans la Critique de la facultĂ© de juger (1790). Il reconnaĂ®tra sa dette Ă  Burke, mais tentera de dĂ©passer sa position en concevant le beau comme une harmonie entre l'imagination et l'entendement, et le sublime comme un passage de l'harmonie Ă  la dysharmonie et vice-versa, concernant cette fois le libre jeu de l'imagination et de la raison (comme facultĂ© qui aspire Ă  l'infini, contrairement Ă  l'entendement fini). Kant rĂ©introduit alors le travail intellectuel dans l'expĂ©rience esthĂ©tique, contre les empiristes qui l'avaient dĂ©valuĂ©. Cela lui permet de proposer une solution au relativisme du jugement de goĂ»t : si la raison entre en jeu dans le jugement esthĂ©tique, cela signifie qu'il est possible d'Ă©tablir une notion universelle et dĂ©sintĂ©ressĂ©e du beau (valable pour tous, indĂ©pendamment de la subjectivitĂ© particulière) : « Est beau ce qui plaĂ®t universellement sans concept. Â»






Chapitre : Bibliographie


  - Sous-chapitre : Principaux ouvrages empiristes

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Sur l'empirisme moderne

Sur l'empirisme logique

    Liste :
  • Pierre Jacob, L'empirisme logique, Ă©d. Minuit, 1980.
  • Christian Bonnet et Pierre Wagner (dir.), L'âge d'or de l'empirisme logique, Ă©d. Gallimard, 2006.

Sur d'autres formes d'empirisme






Chapitre : Notes et références


  1. ↑ Pour un débat entre les dogmatiques et les empiristes en médecine dans l'Antiquité, Galien, Traités philosophiques et logiques, éd. GF-Flammarion, 1998, notamment les essais Esquisse empirique et De l'expérience médicale.
  2. ↑ Cf. David Hume, Système sceptique et autres systèmes, Ă©d. Seuil, « Points-Essais Â», 2002.
  3. ↑ Diogène Laërce, X, 33.
  4. ↑ Emmanuel Kant, Critique de la raison pure, ThĂ©orie transcendantale de la mĂ©thode, ch. 4 : « Histoire de la raison pure Â», Ă©d. GF-Flammarion, 2001, p.686.
  5. ↑ Aristote, De l'Ă‚me, III, 4 : « Et il doit en ĂŞtre comme d’une tablette oĂą il n’y a rien a d’écrit en entĂ©lĂ©chie : c’est exactement ce qui se passe pour l’intellect. Â»
  6. ↑ Aristote, De l'Ă‚me, III, 8 : « C'est pourquoi, si l'on avait pas la sensation on n'apprendrait rien, on ne comprendrait rien. Â»
  7. ↑ Cf. Commentaire sur le traité de l'âme d'Aristote, III, 4, 429a27, éd. Hayduck p.524.
  8. ↑ Cf. Guillaume d'Ockham, Somme de logique, Première partie, ch.15 et 16, éd. T.E.R., 1993.
  9. ↑ Cf. Guillaume d'Ockham, Intuition et abstraction, recueil de textes, éd. Vrin, 2005.
  10. ↑ Cf. Roger Bacon, Opus majus (1266), VI, p. 201.
  11. ↑ Pour plus de dĂ©tails, voir : Francis Bacon, science et mĂ©thode par Michel Malherbe, Jean-Marie Pousseur, en ligne.
  12. ↑ Francis Bacon la fustige Ă  travers cette cĂ©lèbre dĂ©claration, tirĂ©e du Novum Organum : « La science doit ĂŞtre tirĂ©e de la lumière de la nature, elle ne doit pas ĂŞtre retirĂ©e de l’obscuritĂ© de l’antiquitĂ©. Â»
  13. ↑ « Ce ne sont pas des ailes qu’il faut Ă  notre esprit, mais des semelles de plomb. Â» explique-t-il, afin de montrer la prĂ©pondĂ©rance de l'expĂ©rience sur l'abstraction.
  14. ↑ Cf. Francis Bacon, Novum Organum, Livre I, 95, Chapitre La fourmi, l'araignée, l'abeille.
  15. ↑ Thomas Hobbes, Léviathan, I, 1651.
  16. ↑ Cf. par exemple Voltaire, Lettres philosophiques, 1734.
  17. ↑ Cf. Élisabeth de Fontenay, Diderot ou le matérialisme enchanté, éd. Grasset, 2001.
  18. ↑ Cf. par exemple Adam Smith, la Richesse des nations, 1776.
  19. ↑ Auguste Comte, Cours de philosophie positive, 1830-1842.
  20. ↑ William James, Essais d'empirisme radical, Agone, 2005, Essais 1 à 4.
  21. ↑ Charles Sanders Peirce, Oeuvres philosophiques. : Volume 1, Pragmatisme et pragmaticisme, Ă©d. du Cerf, 2002.
  22. ↑ Cf. la distinction que fait Kant dans la Critique de la raison pure, deuxième partie (La logique transcendantale), première division (L'analytique transcendantale), livre II (Analytique des principes), ch.II, 3è section, 4, « RĂ©futation de l’idĂ©alisme Â», Ă©d. GF-Flammarion, 2001, p.282.
  23. ↑ René Descartes, Méditations métaphysiques, 1641.
  24. ↑ Gottfried Leibniz, Nouveaux Essais sur l'entendement humain, 1704.
  25. ↑ Emmanuel Kant, Critique de la raison pure, 1781, 2è éd. 1787.
  26. ↑ Cf. Henri Bergson, La pensĂ©e et le mouvant (1934), « Sur le pragmatisme de William James. VĂ©ritĂ© et rĂ©alitĂ© Â» (1911), Ă©d. PUF, 2003.
  27. ↑ Cf. Gilles Deleuze, Empirisme et subjectivité. Essai sur la nature humaine selon Hume, éd. PUF, 1953.
  28. ↑ « La très grande majoritĂ© des hommes tient fermement et tiendra toujours que le sentiment et l'expĂ©rience seuls, sans ĂŞtre Ă©clairĂ©s et guidĂ©s de la raison, ne conduisent pas Ă  Dieu. Â» (Pascendi, §55).
  29. ↑ George Berkeley, Principes de la connaissance humaine, Introduction, §10, 1710 (rééd. 1734).
  30. ↑ Cf. par exemple le Phédon, 72e-73a.
  31. ↑ David Hume, EnquĂŞte sur l'entendement humain, section II : « Origine des idĂ©es Â».
  32. ↑ Cornelius Castoriadis, L'imaginaire comme tel, éd. Hermann, 2008.
  33. ↑ Ainsi Gottlob Frege, Ă  propos de John Stuart Mill, dans la recension qu'il fait de Philosophie der Arithmetik I (Edmund Husserl), reprise dans Écrits logiques et philosophiques, Ă©d. Seuil, « Points-Essais Â» 1971.
  34. ↑ David Hume, EnquĂŞte sur l'entendement humain, section III : « L'association des idĂ©es Â».
  35. ↑ David Hume, EnquĂŞte sur l'entendement humain, section II : « Origine des idĂ©es Â».
  36. ↑ David Hume, EnquĂŞte sur l'entendement humain, section IV : « Doutes sceptiques sur les opĂ©rations de l'entendement Â».
  37. ↑ Rudolf Carnap, La construction logique du monde, éd. Vrin, 2001.
  38. ↑ Gottlob Frege, Les fondements de l'arithmétique, éd. Seuil, 1970.
  39. ↑ John Stuart Mill, Système de logique déductive et inductive, 1843.
  40. ↑ Hume, David, Enquête sur l'entendement humain, VII
  41. ↑ Cf. Edmund Burke, Recherche philosophique sur l'origine de nos idées du sublime et du beau, éd. Vrin, 1990.
  42. ↑ Cf. David Hume, Essais esthétiques, éd. GF-Flammarion, 2000.





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