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Définition Wikipédia de : Empereur du Japon






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Japon




Introduction :

      Armoiries du Japon
Cet article fait partie de la série sur la
politique du Japon,
sous-série sur la politique.







Suite de l'article :

Famille impériale



     Pouvoir exĂ©cutif


     Pouvoir lĂ©gislatif


     Pouvoir judiciaire


     Administration territoriale


     Diplomatie


      v Â· d Â· m 


Portail politique - Portail national

     L'empereur du Japon (怩皇, Tennƍ) est le chef de l'État japonais. Selon la Constitution promulguĂ©e en 1947 lors de l'occupation ayant suivi la Seconde Guerre mondiale, il a maintenant un rĂŽle uniquement symbolique et dĂ©tient sa fonction du peuple japonais.


     L'empereur actuel, Akihito, est le dernier d’une succession que la tradition prĂ©tend ininterrompue et que la lĂ©gende historique fait commencer en 660 av. J.C. avec l’empereur Jimmu, descendant de la dĂ©esse Amaterasu.


     Pour les partisans du culte impĂ©rial, dont l'influence fut prĂ©dominante lors de l'expansion de l'Ăšre Shƍwa, l'empereur avait un statut divin, symbolisĂ© par les insignes impĂ©riaux. Ce statut a fait l'objet d'une remise en question lors de l'occupation du pays par les forces amĂ©ricaines, ces derniĂšres obligeant en consĂ©quence Hirohito Ă  renoncer officiellement, en janvier 1946, Ă  sa nature de « divinitĂ© incarnĂ©e Â» (akitsumikami) sans toutefois renoncer Ă  son ascendance divine.


     La liste officielle actuelle comprend 125 souverains (dont Akihito), parmi lesquels on trouve 8 impĂ©ratrices (dont 2 rĂ©gnĂšrent sous deux noms diffĂ©rents).


     Le pouvoir impĂ©rial a souvent Ă©tĂ© usurpĂ© de fait par des chefs de familles puissantes, dont les mieux connus sont les shoguns. Pour Ă©chapper aux pressions et conserver leur pouvoir, certains empereurs « retirĂ©s Â» affectĂšrent de laisser le trĂŽne Ă  des membres de leur famille, tout en exerçant leur contrĂŽle depuis les coulisses.


     AprĂšs avoir rĂ©sidĂ© plusieurs siĂšcles au Kyƍto-gosho Ă  Kyƍto, les empereurs se sont installĂ©s au milieu du XIX siĂšcle dans l’ancien chĂąteau d'Edo (Tƍkyƍ), devenu Palais impĂ©rial : KyĆ«jƍ (漼柎) ou Kƍkyo (皇汅). L'Agence impĂ©riale (漼憅ćș, kunaichƍ), situĂ©e sur le domaine du Kƍkyo, gĂšre presque tout ce qui concerne l’empereur et sa famille : service du palais et menus, santĂ©, sĂ©curitĂ©, dĂ©placements et emploi du temps officiel.

- Sommaire de la page -









Chapitre : Appellation



     Jusqu’au milieu du VII siĂšcle, le titre du souverain japonais Ă©tait Amenoshita shiroshimesu ƍkimi (æČ»ć€©äž‹ć€§çŽ‹ littĂ©ralement « Grand roi dirigeant [le territoire] sous le ciel Â») ou Yamato ƍkimi (ăƒ€ăƒžăƒˆć€§çŽ‹/性搛 « Grand roi du Yamato Â»). Les textes chinois le nommaient alors « Roi des Wa Â» (怭王, ć€­ć›œçŽ‹, 性怭王 : waƍ, wakokuƍ, daiwaƍ).


     Il a existĂ© en japonais plusieurs appellations respectueuses pour l’empereur, employĂ©es Ă  diverses Ă©poques et dans diffĂ©rentes circonstances (par les ministres, par l’empereur lui-mĂȘme, lors des cĂ©rĂ©monies religieuses etc.), mais beaucoup n’existaient que sous forme Ă©crite et se lisaient toutes Sumemima no mikoto ou Sumera mikoto, « sublime souverain qui rĂšgne au-dessus des nuages Â». Mikado (ćŸĄé–€/澝), littĂ©ralement « sublime porte Â», dĂ©signant Ă  l'origine le palais impĂ©rial, fut adoptĂ© par mĂ©tonymie pour dĂ©signer la fonction impĂ©riale (comme l'ÉlysĂ©e dĂ©signe la fonction PrĂ©sidentielle en France) aux Ă©poques Heian et Edo.


     L’appellation la plus usitĂ©e de nos jours est Tennƍ (怩皇), « empereur cĂ©leste Â». Elle apparaĂźt au Japon au VII siĂšcle sous le rĂšgne de l’empereur Tenji (r.661-672) ou Temmu (r.672-686). On pense gĂ©nĂ©ralement que les souverains japonais se sont inspirĂ©s de leur homologue chinois Tang Gaozong (628-683), qui s’était parĂ© de cette appellation Ă  l’origine rĂ©servĂ©e Ă  des dieux du taoĂŻsme, religion officielle de la famille impĂ©riale chinoise. Certains, cependant, pensent que le terme est d’origine japonaise et reflĂšte l’origine divine des empereurs. Il est par la suite utilisĂ© en alternance avec Kƍtei (皇澝), titre habituel des empereurs de Chine depuis Qin Shihuang, prĂ©fĂ©rĂ© dans les documents diplomatiques. DĂ©signĂ© comme appellation officielle par la constitution Meiji, Tennƍ ne remplace entiĂšrement Kƍtei dans les documents officiels qu’à partir de 1936.


     L'empereur rĂ©gnant est gĂ©nĂ©ralement appelĂ© Tennƍ Heika (怩皇陛䞋 « sa majestĂ© l'Empereur Â») ou Kinjƍ Heika (今䞊陛䞋 « majestĂ© prĂ©sente Â»). Les empereurs dĂ©funts sont nommĂ©s du nom de leur Ăšre : Shƍwa Tennƍ (æ˜­ć’Œć€©çš‡ « empereur Showa Â») pour Hirohito ; aprĂšs son dĂ©cĂšs, Akihito sera connu comme l'« empereur Heisei Â» ou Heisei Tennƍ (ćčłæˆć€©çš‡). Le terme Teiƍ (澝王]), littĂ©ralement « empereur-roi Â», est utilisĂ© pour les empereurs Ă©trangers.






Chapitre : Aperçu historique


Article dĂ©taillĂ© : Liste des empereurs du Japon.



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L'empereur Jimmu, fondateur mythique du Japon, représenté par Tsukioka Yoshitoshi (1839-1892).


  - Sous-chapitre : L'empereur comme symbole Ă©tatique


     Certaines dates et des dĂ©tails de l’histoire des empereurs font l’objet de controverses parmi les historiens japonais. Les 15 premiers souverains (dont une impĂ©ratrice rĂ©gente) sont considĂ©rĂ©s comme lĂ©gendaires, et d’autres sont morts Ă  un si jeune Ăąge qu’ils peuvent difficilement avoir rĂ©ellement gouvernĂ©. NĂ©anmoins, les dates de rĂšgne de la liste complĂšte restent la rĂ©fĂ©rence standard pour la dĂ©termination des Ăšres de l'histoire japonaise (en japonais -yo).


     L’empereur Ojin (r.270-310) serait le premier Ă  avoir eu une existence rĂ©elle, mais la famille impĂ©riale actuelle remonterait Ă  l’empereur Keitai (r.507-531), probablement fondateur d’une nouvelle dynastie plutĂŽt qu’hĂ©ritier de ses prĂ©dĂ©cesseurs. L’autorisation d’explorer partiellement les tumulus funĂ©raires impĂ©riaux a Ă©tĂ© accordĂ©e en 2007 par l’Agence de la Famille impĂ©riale. Outre le respect dĂ» aux ancĂȘtres impĂ©riaux, raison avancĂ©e jusqu'ici pour refuser les recherches archĂ©ologiques, beaucoup soupçonnent la crainte de dĂ©couvrir que certains occupants ne sont pas des empereurs, ou que des Ă©lĂ©ments pointent en direction d’une origine corĂ©enne de la lignĂ©e, hypothĂšse d'ailleurs proposĂ©e depuis longtemps et envisagĂ©e ouvertement par l’empereur actuel lors d’une dĂ©claration.




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Célébrations en novembre 1940 pour le 2600 Úme anniversaire de la fondation mythique de l'Empire du Japon par l'empereur Jimmu



     Les premiers empereurs historiques, souverains du Yamato, exerçaient leur pouvoir sur un domaine limitĂ© (nord de KyĆ«shĆ« et sud-ouest de HonshĆ«), qui s’est Ă©tendu progressivement vers le sud-ouest et le nord-est. Les territoires de KyĆ«shĆ« et HonshĆ« ne furent totalement dominĂ©s qu’au IX siĂšcle.


     L’empereur du Japon subissait gĂ©nĂ©ralement la pression des familles alliĂ©es, dont les plus importantes furent Soga (530-645), Fujiwara (850-1070), Taira, Minamoto (1192-1331), Ashikaga (1336-1565) et Tokugawa (1603-1867). Certains souverains se retirĂšrent dans un monastĂšre pour y Ă©chapper, continuant d’ exercer une forte influence et maintenant leur successeur officiel dans leur dĂ©pendance. Ce stratagĂšme n’évitait pas toujours les conflits, comme le montre la rĂ©bellion de Hƍgen (1156). NĂ©anmoins, la fonction impĂ©riale ne fut jamais officiellement usurpĂ©e ni remise en cause ; les shoguns Ă©taient ainsi officiellement investis par l’empereur. Il semble que cette fonction ait dĂšs l'origine Ă©tĂ© surtout religieuse et symbolique, nonobstant l’existence d’empereurs forts. Dans leurs descriptions de l’empire du Soleil levant, Portugais et Espagnols comparaient les positions respectives de l’empereur et du shogun Ă  celles du pape et de l’empereur du Saint-Empire.

  - Sous-chapitre : L'empereur comme chef d'État




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L'empereur Meiji



     Avec la refonte de la constitution en 1868 sous l'Ăšre Meiji, le shinto devint une religion d'État : le Kokka shinto (ć›œćź¶ç„žé“ Shinto d'État). L'empereur du Japon, descendant de la dĂ©esse Amaterasu et dĂ©sormais chef de l'État et commandant suprĂȘme de la Marine et de l'ArmĂ©e, fut l'objet d'un vĂ©ritable culte. En 1889, fut Ă©tabli un sanctuaire dĂ©diĂ© Ă  l’empereur Jimmu, le fondateur mythique de la dynastie. Ce sanctuaire porte le nom de Kashihara-jingu (æ©żćŽŸç„žćźź).


     La restauration de Meiji (1868) mit thĂ©oriquement fin au systĂšme fĂ©odal en plaçant la terre et la population directement sous juridiction impĂ©riale, tout en instaurant un rĂ©gime reprĂ©sentatif. NĂ©anmoins, le Conseil extra-gouvernemental des genro « pĂšres du pays Â», composĂ© de membres de factions ayant soutenu la Restauration, exerça une importante influence dĂšs le rĂšgne de l’empereur Meiji, et la mauvaise santĂ© de son successeur l’empereur Taishƍ permit aux chefs de l’ArmĂ©e et de la Marine impĂ©riale japonaise d'entreprendre une prise en main du pouvoir.




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L'Empereur Shƍwa revĂȘtu de sa tenue de chef du culte de Shinto d'État



     Le rĂŽle de l'empereur devint toutefois prĂ©dominant sous l'Ăšre Showa, et notamment lors de la constitution du Quartier gĂ©nĂ©ral impĂ©rial en 1937. DĂ©jĂ  chef d'État et « commandant suprĂȘme de l'ArmĂ©e et de la Marine Â» en vertu de la constitution, l'empereur Showa devint le commandant d'une structure militaire indĂ©pendante du gouvernement et du conseil des ministres et composĂ©e essentiellement des reprĂ©sentants de l'ArmĂ©e et de la Marine.


     Le Kokka shinto prit une importance primordiale lors de l'expansionnisme du Japon durant l'Ăšre Showa. En tant que Commandant officiel du Quartier gĂ©nĂ©ral impĂ©rial Ă  compter de 1937, l'empereur Shƍwa Ă©tait considĂ©rĂ© comme la pierre d'assise du hakko ichiu (ć…«çŽ˜äž€ćź‡), la « rĂ©union des huit coins du monde sous un seul toit Â». Il fut ainsi instrumentalisĂ© pour justifier l'expansionnisme et la militarisation auprĂšs de la population japonaise. La manifestation tangible qui faisait de l'empereur le reprĂ©sentant des dieux Ă©tait les insignes impĂ©riaux.


     Parmi les partisans les plus notables de cette doctrine, on compte le prince Kotohito Kan'in, chef d'Ă©tat-major de l'ArmĂ©e shĂŽwa et le premier ministre Kuniaki Koiso.


     En 1945, le commandant suprĂȘme des forces alliĂ©es imposa une rĂ©vision de la constitution, abolissant par le fait mĂȘme les pouvoirs de l'empereur et le Kokka shinto.






Chapitre : RĂŽle actuel





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L'empereur actuel, Akihito



     Par la constitution de 1889, l'empereur avait dĂ©jĂ  transfĂ©rĂ© une grande partie de ses anciens pouvoirs de monarque absolu aux reprĂ©sentants du peuple. Son rĂŽle actuel est dĂ©fini dans le chapitre I de la Constitution de 1947 : l'article 1 le dĂ©finit comme le symbole de l'État et de l’unitĂ© du peuple japonais ; l'article 3 stipule que pour toutes ses actions concernant les affaires d’ État, l’autorisation du cabinet est nĂ©cessaire ; l’article 4 prĂ©cise qu’il n’est pas compĂ©tent en matiĂšre de gouvernement ; l’article 6 lui donne le pouvoir d’accrĂ©diter le premier ministre et le chef de la cour suprĂȘme (nommĂ©s respectivement par la diĂšte et le cabinet) ; l’article 7 lui donne le pouvoir d’agir en chef de l'État avec l'approbation du cabinet. Contrairement Ă  la plupart des monarchies constitutionnelles, l'empereur du Japon n'a donc aucun pouvoir rĂ©servĂ© mais se retrouve dans une situation proche de celle du roi de SuĂšde. Il remplit la plupart des rĂŽles d'un chef d'État et est reconnu comme tel par les puissances Ă©trangĂšres (les accrĂ©ditations diplomatiques lui sont prĂ©sentĂ©es par les ambassadeurs Ă©trangers par exemple). Il y existe une controverse rĂ©currente au Japon concernant la façon dont l'empereur doit ĂȘtre envisagĂ© : chef de l'État, ou personne agissant comme chef d'État. Des tentatives des forces conservatrices dans les annĂ©es cinquante pour amender la constitution afin de dĂ©signer clairement l'empereur comme chef d'État furent rejetĂ©es.






Chapitre : Alliances





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L'impératrice Michiko



     Les souverains prĂ©cĂ©dant l’empereur Taishƍ Tennƍ (1912-1926) avaient plusieurs Ă©pouses et concubines d’origine noble, dont en principe une (ou plus rarement deux) impĂ©ratrice(s) en titre. Le choix de ces femmes ainsi que leur rang Ă©taient dĂ©terminĂ©s selon leur famille de naissance. Il semble qu’à l’origine les impĂ©ratrices provenaient du clan impĂ©rial lui-mĂȘme. Par la suite, elles furent le plus souvent choisies dans le clan alliĂ© le plus puissant, qui fut tout d'abord les Soga aux VIe -VIIe siĂšcles. Le relais fut pris au dĂ©but du VIIIe siĂšcle (empereur Shomu) par les Fujiwara. L'habitude de choisir l'impĂ©ratrice dans le clan impĂ©rial ou le principal clan alliĂ© faisait qu'une relation consanguine existait entre les conjoints impĂ©riaux, trĂšs rapprochĂ©e parfois, surtout dans les premiers siĂšcles (demi-frĂšre et sƓur ou oncle et niĂšce). Le beau-pĂšre de l’empereur, qui Ă©tait souvent son oncle maternel, exerçait un pouvoir important. Les Fujiwara, en particulier, s’attribuĂšrent de façon hĂ©rĂ©ditaire les positions de rĂ©gents (sessho et kampaku) et dominĂšrent la politique durant la pĂ©riode Heian (794-1185). Fujiwara no Michinaga (966-1027), pour assurer son pouvoir, fit crĂ©er une deuxiĂšme position d’impĂ©ratrice : ChĆ«gĆ« (äž­ćźź littĂ©ralement « Palais du Centre Â» ou « Maison du Centre Â», terme dĂ©signant Ă  l'origine la partie du complexe palatal impĂ©rial oĂč rĂ©sidaient les impĂ©ratrices consort et douairiĂšres) pour sa fille Shosi, Ă©gale Ă  la position de kogo (皇搎) dĂ©tenue par Teishi, fille de son frĂšre aĂźnĂ© Fujiwara no Michitaka. MĂȘme aprĂšs l’ascension des shoguns Minamoto, Taira et Ashikaga, les cinq branches principales du clan Fujiwara (Ichijo, Kujo, Nijo, Konoe et Takatsukasa) continuĂšrent de fournir l'essentiel des impĂ©ratrices. Ce fait fut entĂ©rinĂ© officiellement lors de la restauration de Meiji (1889) ; les filles des cinq grandes branches Fujiwara et du clan impĂ©rial furent dĂ©signĂ©es comme les seules aptes Ă  accĂ©der au statut d'impĂ©ratrice. La derniĂšre impĂ©ratrice Fujiwara fut Teimei, Ă©pouse de Taisho. L’impĂ©ratrice Kojun, femme de Hirohito, venait du clan impĂ©rial ; son fils Akihito fut le premier Ă  Ă©pouser une femme qui ne venait pas de la noblesse (impĂ©ratrice Michiko).


     Les impĂ©ratrices rĂ©gnantes ou rĂ©gentes Ă©taient en gĂ©nĂ©ral mises en place par la principale famille alliĂ©e pour protĂ©ger ses intĂ©rĂȘts en l’absence d’un hĂ©ritier mĂąle liĂ© au clan, ou en cas de conflit insoluble entre deux prĂ©tendants. Durant leur rĂšgne, elles restĂšrent cĂ©libataires, Ă  moins qu’elles ne soient arrivĂ©es ou revenues au pouvoir dĂ©jĂ  veuves. La question du choix d’un empereur consort ne s’est donc jamais posĂ©e.






Chapitre : Succession


  - Sous-chapitre : Autrefois


     Selon l’historiographie traditionnelle, le titre d’empereur du Japon est toujours restĂ© dans le mĂȘme clan patrilinĂ©aire (lignĂ©e Yamato) depuis les dĂ©buts lĂ©gendaires de la dynastie au VII siĂšcle av. J.-C.. MĂȘme si ce n’est pas la rĂ©alitĂ©, il est en tout cas vraisemblable que depuis le premier empereur historique (fin du III siĂšcle), les souverains successifs ont maintenu entre eux d’authentiques liens de consanguinitĂ©, d'autant plus que les Ă©pouses et concubines impĂ©riales Ă©taient gĂ©nĂ©ralement issues d’un nombre limitĂ© de familles ; mĂȘme Keitai (450-531), qui semble ĂȘtre venu d’un clan diffĂ©rent de celui de ses prĂ©dĂ©cesseurs, leur Ă©tait apparentĂ© par les femmes.


     Le TrĂŽne du chrysanthĂšme se transmettait selon le principe patrilinĂ©aire, mais avec une certaine souplesse. Contrairement Ă  la monarchie française, aucun ordre rigoureux de succession ne semble avoir Ă©tĂ© imposĂ©, la transmission pouvant se faire de frĂšre Ă  frĂšre aussi bien que de pĂšre Ă  fils, avec dans ce dernier cas prioritĂ© aux fils de l’impĂ©ratrice en titre, mais Ă©galement possibilitĂ© d’adopter le fils d’un autre membre masculin de la famille. À l’époque de l’empereur Go-Saga (1220-1272), une alternance de la fonction impĂ©riale fut instaurĂ©e entre deux branches collatĂ©rales issues de deux princes impĂ©riaux. Le systĂšme finit mal, donnant lieu Ă  l’apparition de deux empereurs rivaux, un du nord et un du sud. À partir du XVI siĂšcle, la transmission du trĂŽne au fils aĂźnĂ© est devenu le mode le plus habituel, sans pour autant ĂȘtre une obligation officielle. Il Ă©tait Ă©galement possible Ă  une princesse impĂ©riale de monter sur le trĂŽne, mais pas de le transmettre, c’est pourquoi les impĂ©ratrices rĂ©gnantes furent en gĂ©nĂ©ral nommĂ©es en attente d’un candidat masculin valable et restĂšrent cĂ©libataires, Ă  moins qu’elles ne soient dĂ©jĂ  veuves. De nombreux empereurs abdiquĂšrent aprĂšs quelques dix annĂ©es de rĂšgne, soit pour diriger dans les coulisses, soit pour jouir d’une retraite confortable. La fonction impĂ©riale, Ă  l’origine fortement religieuse, avait des aspects rituels trĂšs contraignants peu favorables Ă  l’exercice effectif du pouvoir.

  - Sous-chapitre : Depuis Meiji




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De g. Ă  d. : la princesse Masako et son Ă©poux le prince hĂ©ritier Naruhito, l'empereur Akihito et l'impĂ©ratrice Michiko, le prince et la princesse Akishino, pour les 72 ans de l'empereur en 2005



     L’article 2 de la constitution de 1889 interdit formellement que le trĂŽne soit occupĂ© par une femme. La loi sur la famille impĂ©riale prĂ©cisa que les fils de l’empereur prenaient le pas sur ses frĂšres et ses neveux dans la succession ; si l’empereur n’avait pas de fils, le trĂŽne passait Ă  la branche collatĂ©rale la plus proche. L’empereur Ă©tait autorisĂ© Ă  prendre une ou plusieurs concubines si nĂ©cessaire, ce que fera d’ailleurs l’empereur Meiji, l’impĂ©ratrice Ă©tant stĂ©rile. En 1947, l’interdiction des femmes sur le trĂŽne fut maintenue et la taille de la famille impĂ©riale rĂ©duite aux descendants de l’empereur Taisho. Seuls les fils biologiques lĂ©gitimes peuvent hĂ©riter du trĂŽne, excluant le recours aux adoptions et aux concubines.


     Ă€ partir de la naissance en 2001 de la princesse Aiko, fille de l’actuel prince hĂ©ritier Naruhito, un dĂ©bat s’est Ă©levĂ© au Japon concernant la pertinence de soumettre Ă  la DiĂšte une proposition de rĂ©vision des lois de succession visant Ă  autoriser l’accession des femmes au TrĂŽne du chrysanthĂšme. La rĂ©duction drastique du nombre de branches collatĂ©rales autorisĂ©es Ă  hĂ©riter, associĂ©e Ă  la stricte monogamie, peut en effet mener Ă  une totale absence d’hĂ©ritier mĂąle. Ainsi, le frĂšre cadet de Naruhito, Akishino, avait Ă  l’époque deux filles ; les trois autres hĂ©ritiers possibles, frĂšre ou cousins de Akihito, dĂ©jĂ  quinqua ou sexagĂ©naires, Ă©taient aussi sans descendance mĂąle. En janvier 2005, le premier ministre Jun'ichirƍ Koizumi mit en place une commission composĂ©e de juges, d'universitaires et de cadres de l'administration pour Ă©tudier les changements possibles aux rĂšgles de succession et proposer des recommandations Ă  cet Ă©gard. Le 25 octobre 2005, l’ouverture du trĂŽne aux femmes fut recommandĂ©e et en janvier 2006, Koizumi promit d’entreprendre un changement lĂ©gislatif, mais la venue au monde cette mĂȘme annĂ©e du prince Hisahito a suspendu ce projet, que le nouveau premier ministre Shinzƍ Abe a dĂ©clarĂ© officiellement abandonnĂ© en janvier 2007.






Chapitre : Nécropole impériale



     Tous les empereurs et impĂ©ratrices, depuis l'empereur Taishƍ en 1926, ont Ă©tĂ© inhumĂ©s dans un vaste complexe funĂ©raire situĂ© dans la ville d'Hachiƍji Ă  l'ouest de Tƍkyƍ, et gĂ©nĂ©ralement appelĂ© « CimetiĂšre impĂ©rial Musashi Â» (æ­Šè”” é™”ćą“ćœ°, Musashi Ryƍbochi) depuis 1990. Le terme de Musashi (æ­Šè””) renvoie Ă  l'ancienne Province de Musashi, qui comprenait, entre autres, l'actuel territoire de la prĂ©fecture de Tƍkyƍ.


     Cette nĂ©cropole Ă©tait Ă  l'origine, suite Ă  sa crĂ©ation en 1927, et jusqu'en 1990, dĂ©signĂ©e sous le terme de MausolĂ©e impĂ©rial Tama (ć€šæ‘© ćŸĄé™”, Tama Goryƍ), la ville d'Hachioji faisant partie de la zone gĂ©ographique appelĂ©e aire de Tama qui consiste en la partie occidentale de la prĂ©fecture de Tƍkyƍ, non comprise donc dans les 23 arrondissements tokyoĂŻte. Il comprend :

    Liste :
  • Tama-no-misasagi (ć€šæ‘© é™”), ou mausolĂ©e de Tama, sĂ©pulture de l'empereur Taishƍ depuis le 7 fĂ©vrier 1927, et le Tama-no-Higashi-no-Misasagi (ć€šæ‘© 東 é™”) ou mausolĂ©e de l'Est de Tama (le terme de higashi, ou est, qualifiant les mausolĂ©es de toutes les Ă©pouses des empereurs), sĂ©pulture de l'impĂ©ratrice Teimei depuis 1951.
  • Musashino-no-Misasagi (歊蔔野 é™”), ou mausolĂ©e de Musashino, sĂ©pulture de l'empereur Shƍwa depuis le 24 fĂ©vrier 1989, et le Musashino-no-Higashi-no-Misasagi (歊蔔野 東 é™”), ou mausolĂ©e de l'Est de Musashino, sĂ©pulture de l'impĂ©ratrice Kƍjun depuis le 25 juillet 2000. Le terme de Musashino (歊蔔野), ou plaine de Musashi, est le nom donnĂ© Ă©galement Ă  la plaine qui s'Ă©tend sur une large partie de l'ouest de la prĂ©fecture de Tƍkyƍ.





Chapitre : Références et notes


  1. ↑ Inscription tombale, mais il est possible qu’elle soit postĂ©rieure au reste de la tombe.
  2. ↑ Document sur bois datĂ© de 673 Ă  688, dĂ©couvert en 1998 Ă  Asuka (éŁ›éł„æ± , Asuka ike), prĂ©fecture de Nara, l’un des sites de la capitale.
  3. ↑ Msnbc 4 Janv. 2007
  4. ↑ France Inter 6 Sept. 2006





Chapitre : Vous pouvez voir également :



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