Définition Wikipédia de : Eau
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Lâeau, indispensable Ă la vie.

Lâeau est un composĂ© chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.

Suite de l'article :
Lâeau se trouve en gĂ©nĂ©ral dans son Ă©tat liquide et possĂšde Ă tempĂ©rature ambiante des propriĂ©tĂ©s uniques : câest notamment un solvant efficace pour la plupart des corps solides trouvĂ©s sur Terre â lâeau est quelque fois dĂ©signĂ©e sous le nom de « solvant universel ».
Généralités
Le corps humain est composĂ© Ă 65 % dâeau pour un adulte, Ă (75 % chez les nourrissons), voire Ă 94 % chez les embryons de 3 jours.
La formule chimique de lâeau pure est H2O. Lâeau « courante » est une solution d'eau et de diffĂ©rents sels minĂ©raux ou d'autres adjuvants. Pour cette raison, lâeau quâon trouve sur Terre nâest quâexceptionnellement un composĂ© chimique pur. Les chimistes utilisent de l'eau distillĂ©e pour leurs solutions, cette eau Ă©tant pure Ă 99 %, il s'agit d'une solution aqueuse.
L'expression « solvant universel » est sujette à maintes précautions, les cailloux (les roches) étant, par exemple, non-solubles dans l'eau dans la plupart des cas (ou de maniÚre infime).
PrĂšs de 70 % de la surface de la Terre est recouverte dâeau (97 % dâeau salĂ©e et 3 % dâeau douce dans diffĂ©rents rĂ©servoirs), essentiellement sous forme dâocĂ©ans mais lâeau est aussi prĂ©sente sous forme gazeuse (vapeur dâeau), liquide et solide. Ailleurs que dans les zones humides plus ou moins tourbeuses ou marĂ©cageuses, dans les mers et ocĂ©ans, l'eau est prĂ©sente dans les lagunes, lacs, Ă©tangs, mares, fleuves, riviĂšres, ruisseaux, canaux, rĂ©seaux de fossĂ©s ou de watringues⊠ou comme eau interstitielle du sol.
La circulation de lâeau au sein des diffĂ©rents compartiments terrestres est dĂ©crite par le cycle de l'eau. En tant que composĂ© essentiel Ă la vie, lâeau a une grande importance pour l'Homme (voir gĂ©opolitique de l'eau pour plus de dĂ©tails). Source de vie et objet de culte depuis les origines de l'homme, l'eau est conjointement, dans les sociĂ©tĂ©s d'abondance comme la France, un produit de l'Ă©conomie et un Ă©lĂ©ment majeur de l'environnement.
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Ătymologie et usage du mot
Le terme eau dĂ©rive du latin aqua via les langues d'oĂŻl comme par exemple les mots ewes. Le terme aqua a Ă©tĂ© ensuite repris pour former quelques mots comme aquarium. Un mĂ©lange aqueux est un mĂ©lange dont le solvant est l'eau. Le prĂ©fixe hydro dĂ©rive quant Ă lui du grec ancien áœÎŽÏÏ (hudĂŽr) et non pas de áœÎŽÏÎżÏ (hudros) lequel signifie « serpent Ă eau ».
Par eau, on comprend souvent liquide incolore constitué à majorité d'eau, et pas simplement l'eau pure. Suivant sa composition chimique qui induit son origine ou son usage, on précise :
- eau minĂ©rale, eau de Seltz, eau de source, eau de mer, eau douce, eau potable, eau de pluie, eau du robinet, eau de table, eau gazeuse, eau plateâŠ
- En chimie, on parle d'eau lourde, eau dure, eau distillée.
- Pour un usage plus ancien, on parle de l'eau-forte pour lâacide nitrique diluĂ©, de l'eau rĂ©gale pour un mĂ©lange d'acides qui dissout l'or mais aussi l'eau-de-vie, de l'Ă©thanol diluĂ© d'eau potable.
- Une femme perd ses eaux avant l'accouchement.
Géophysique : l'eau sur Terre et dans l'Univers
L'eau dans l'Univers
L'eau a été trouvée dans des nuages interstellaires dans notre galaxie, la Voie lactée. On pense que l'eau existe en abondance dans d'autres galaxies aussi, parce que ses composants, l'hydrogÚne et l'oxygÚne, sont parmi les plus abondants dans l'Univers.
Les nuages interstellaires se concentrent Ă©ventuellement dans des nĂ©buleuses solaires et des systĂšmes stellaires tels que le nĂŽtre. L'eau initiale peut alors ĂȘtre trouvĂ©e dans les comĂštes, les planĂštes, les planĂštes naines et leurs satellites.
La forme liquide de l'eau est seulement connue sur Terre, bien que des signes indiquent qu'elle soit (ou ait Ă©tĂ©) prĂ©sente sous la surface d'un des satellites naturels de Saturne, Encelade, sur Europe et Ă la surface de Mars. Il semblerait qu'il y ait de l'eau sous la forme glace sur la Lune en certains endroits; mais ça reste Ă confirmer. La raison logique de cette assertion est que de nombreuses mĂ©tĂ©orites y sont tombĂ©es et que les grosses mĂ©tĂ©orites contiennent de la glace, d'oĂč la queue qu'on en voit (quand les vents solaires les touchent, laissant une trainĂ©e de vapeur).
Origine de l'eau sur Terre
Selon la conception actuelle :
- l'hydrogÚne est produit trÚs tÎt dans l'histoire de l'Univers, c'est le premier atome formé (voir Big Bang pour les détails) ;
- l'oxygÚne est le produit un peu plus tardif de réaction de fusion thermonucléaire au sein de certaines étoiles ;
- ces deux atomes se combinent au cours d'une rĂ©action exothermique pour former lâeau ;
- lorsque la Terre s'est formĂ©e, lâeau Ă©tait une des molĂ©cules prĂ©sentes en quantitĂ© importante (comme dans les mĂ©tĂ©orites et comĂštes).
Formes de l'eau sur Terre
| Réservoirs | Volume (10 km) | Pourcentage du total |
|---|---|---|
| Océans | 1320 | 97,25 |
| Calottes glaciaires & glaciers | 29 | 2,05 |
| Eau souterraine | 9,5 | 0,68 |
| Lacs | 0,125 | 0,01 |
| Humidité des sols | 0,065 | 0,005 |
| AtmosphĂšre | 0,013 | 0,001 |
| Fleuves et riviĂšres | 0,0017 | 0,0001 |
| BiosphĂšre | 0,0006 | 0,00004 |
Article détaillé : Origine de l'eau sur la Terre.
Le cycle de l'eau (connu scientifiquement sous le nom de cycle hydrologique) se rapporte à l'échange continu de l'eau entre l'hydrosphÚre, l'atmosphÚre, l'eau des sols, l'eau de surface, la nappe phréatique, et les plantes.
Le volume approximatif de l'eau de la Terre (toutes les réserves d'eau du monde) est de 1 360 000 000 km. Dans ce volume :
- 1 320 000 000 km (97,2 %) se trouve dans les océans,
- 25 000 000 km (1,8 %) se trouve dans les glaciers et les calottes glaciaires,
- 13 000 000 km (0,9 %) sont des eaux souterraines,
- 250 000 km (0,02 %) sous forme d'eau douce dans les lacs, les mers intérieures, et les fleuves,
- 13 000 km (0,001 %) sous forme de vapeur d'eau atmosphérique à un moment donné.
L'eau liquide est trouvée dans toutes sortes d'étendues d'eau, telles que les océans, les mers, les lacs, et de cours d'eau tel que les fleuves, les riviÚres, les torrents, les canaux ou les étangs. La majorité de l'eau sur Terre est de l'eau de mer. L'eau est également présente dans l'atmosphÚre en phase liquide et vapeur. Elle existe aussi dans les eaux souterraines (aquifÚres).
Physique
Article détaillé : Molécule d'eau.
Propriétés
La température de vaporisation de l'eau dépend directement de la pression atmosphérique comme le montrent ces formules empiriques :
- Pression normalisée dans la troposphÚre (0 - 11 km) :
![Pression [Pa] = 101325 \times \left(\frac{288 - 0,0065 \cdot Altitude[m]}{288}\right)^{5,255}](http://upload.wikimedia.org/math/4/5/d/45d7b5f93d36e511164619d9c928816f.png)
- Point d'ébullition :
![Point~d'\acute ebullition [K] \approx 27,312 \times \ln(Pression [Pa]) + 58,358](http://upload.wikimedia.org/math/3/b/2/3b22f94888736575e07070f4a4d8c4ca.png)
Par exemple, au sommet de l'Everest, l'eau bout à environ 68 °C, à comparer aux 100 °C au niveau de la mer. Réciproquement, les eaux profondes de l'océan prÚs des courants géothermiques (volcans sous-marins par exemple) peuvent atteindre des températures de centaines de degré et rester liquides.
Référence dans le systÚme métrique
Référence massique
Ă lâorigine, un dĂ©cimĂštre cube (litre) dâeau dĂ©finissait une masse de un kilogramme (kg). Lâeau avait Ă©tĂ© choisie car elle est simple Ă trouver et Ă distiller. Dans notre systĂšme actuel de mesure â le systĂšme international dâunitĂ©s (SI) â cette dĂ©finition de la masse nâest plus valable depuis 1889, date Ă laquelle la premiĂšre ConfĂ©rence gĂ©nĂ©rale des poids et mesures dĂ©finit le kilogramme comme la masse dâun prototype de platine iridiĂ© conservĂ© Ă SĂšvres. Aujourdâhui Ă 4 °C, la masse volumique est de 0,99995 kgâ dm. Cette correspondance reste donc une excellente approximation pour tous les besoins de la vie courante.
Référence de température
Le systĂšme centigrade (Ă ne pas confondre avec le degrĂ© Celsius, ci-dessous) fixe le degrĂ© 0 sur la tempĂ©rature de la glace fondante et dĂ©finit comme degrĂ© 100 la tempĂ©rature de lâeau en Ă©bullition sous pression atmosphĂ©rique normale. LâĂ©chelle est ensuite divisĂ©e en 100°. Câest ainsi que la tempĂ©rature du corps humain est en moyenne de 37°.
Le systĂšme Fahrenheit fixe le point de solidification de lâeau Ă 32 °F et son point dâĂ©bullition Ă 212 °F.
Le kelvin est une mesure absolue de tempĂ©rature thermodynamique qui est Ă©gale Ă 1/273,16 fois la tempĂ©rature du point triple de lâeau.
Le systÚme Celsius est défini arbitrairement par une translation de 273,15 K par rapport au kelvin, pour se rapprocher au plus prÚs du degré centigrade.
Article détaillé : Molécule d'eau.
Référence de densité
Article détaillé : densité.
Utilisations
En quantitĂ©, lâactivitĂ© humaine qui consomme le plus dâeau traitĂ©e est lâagriculture, avec 68 % de la consommation, viennent ensuite la consommation humaine (24 %), l'industrie (5 %) et la production d'Ă©nergie (3 %).
D'un point de vue Ă©conomique, le secteur de l'eau est gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ© comme partie prenante du secteur primaire car il s'agit de l'exploitation d'une ressource naturelle, et il mĂȘme parfois agrĂ©gĂ© au secteur agricole.
Agriculture
Lâagriculture est le premier secteur de consommation dâeau, notamment pour lâirrigation. En France, 68 % de lâeau sert Ă lâagriculture. Le reste est utilisĂ© pour l'eau potable des particuliers (24%), l'industrie (5%) et l'Ă©nergie (3%).
Industrie
Lâeau est aussi utilisĂ©e dans beaucoup de processus industriels et de machines, tels que la turbine Ă vapeur ou lâĂ©changeur de chaleur : on peut ajouter Ă cela son utilisation comme solvant chimique. Le rejet dâeau utilisĂ©e dans lâindustrie et non traitĂ©e, provoque des pollutions. La pollution inclut les rejets de solutions (pollution chimique) et les rejets dâeau de refroidissement (pollution thermique). Lâindustrie a besoin dâeau pure pour de multiples applications, et elle utilise une grande variĂ©tĂ© de techniques de purification Ă la fois pour lâapport et le rejet de lâeau.
Lutte contre les incendies
Article détaillé : Lutte contre l'incendie.
Câest parce que les combustibles se combinent avec lâoxygĂšne de lâair quâil brĂ»lent et dĂ©gagent de la chaleur. Lâeau ne peut pas brĂ»ler, puisquâelle est dĂ©jĂ le rĂ©sultat dâune combustion : celle de lâhydrogĂšne avec lâoxygĂšne.
Elle Ă©teint le feu pour deux raisons, la premiĂšre Ă©tant que lorsquâun objet est recouvert dâeau, lâoxygĂšne de lâair ne peut pas parvenir jusquâĂ lui et activer sa combustion ; la seconde, et câest la principale, est que lâeau peut absorber et retenir une grande quantitĂ© de chaleur lorsquâelle se vaporise. De ce fait, la tempĂ©rature de lâobjet qui brĂ»le sâabaisse au-dessous de son point dâignition.
Alimentation humaine
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LâaccĂšs Ă lâeau est un besoin vital pour toutes les espĂšces, mais nombreux sont les animaux qui nâapprĂ©cient pas son contact direct. Ce qui explique que les fleuves aux berges artificielles et canaux soient des barriĂšres Ă©cologiques importantes.
Politique et économie
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Dans les zones oĂč les nappes sont polluĂ©es, rares ou inexistantes, les retenues sur riviĂšres ont Ă©tĂ© trĂšs utilisĂ©es, non sans contribuer Ă la fragmentation Ă©cologique des cours d'eau, quand des barrages sont infranchissables (Ill : RĂ©servoir d'Itzelberg, sur la riviĂšre Brenz en Allemagne).
La protection de ce bien commun qu'est la ressource en eau a motivé la création d'un programme de l'ONU (« UN-Water »), et d'une évaluation annuelle « Global Annual Assessment of Sanitation and Drinking-Water » (GLAAS), coordonné par l'OMS.
La multiplicitĂ© de ses usages fait de l'eau une ressource fondamentale des activitĂ©s humaines. Sa gestion fait lâobjet d'une surveillance permanente et affecte les relations entre les Ătats. Voyez les articles consacrĂ©s Ă ces sujets :
En France, les nombreux acteurs de l'eau et leurs missions diffĂšrent selon les dĂ©partements et les territoires. Il existait 5 polices de l'eau aujourd'hui coordonnĂ©es par les MISEs (Missions interservice de l'eau). Les Agences de l'eau sont des Ă©tablissements publics percevant des redevances qui financent des actions de collectivitĂ©s publiques, d'industriels, d'agriculteurs ou d'autres acteurs pour Ă©purer ou protĂ©ger la ressource en eau. La distribution d'eau potable est un service public gĂ©rĂ©e au niveau communal ou EPCI, soit directement en rĂ©gie, soit dĂ©lĂ©guĂ©e Ă une sociĂ©tĂ© privĂ©e (affermage, concession). L'ONEMA remplace le conseil supĂ©rieur de la pĂȘche, avec des missions Ă©tendues.
La nouvelle Loi sur l'Eau et les Milieux Aquatiques (LEMA) de 2007 modifie en profondeur la précédente loi et traduire dans la législation française la Directive Cadre de l'Eau (DCE) européenne.
La gestion de lâeau couvre de nombreuses activitĂ©s :
- la production agricole (irrigation et drainage) ;
- la production d'eau potable ;
- l'assainissement (ou épuration) ;
- la production d'énergie et le transport ;
- la restauration, protection et gestion des milieux naturels et forestiers (zones humides et milieux aquatiques).
La France est le pays des grandes entreprises de l'eau (Suez, Véolia...). Celles-ci prennent un importance mondiale depuis les années 1990. Mais avec le Grenelle de l'Environnement et du grenelle de la mer, et sous l'égide de personnalités telles que Riccardo Petrella, la question de l'eau comme bien public reste posée.
Un colloque a en 2009 porté sur la régulation et une plus grande transparence des services d'eau en France.
La production d'eau potable
Articles détaillés : Eau potable et Eau potable en France.
De l'eau relativement pure ou potable est nĂ©cessaire Ă beaucoup dâapplications industrielles et Ă la consommation humaine.
Ăpuration, assainissement
Article dĂ©taillĂ© : Ăpuration des eaux.
L'assainissement et l'Ă©puration sont les activitĂ©s de collecte et traitement des eaux usĂ©es (industrielles, domestiques, ou autres) avant leur rejet dans la nature, afin dâĂ©viter la pollution et les nuisances sur lâenvironnement. L'eau aprĂšs un premier traitement souvent est dĂ©sinfectĂ©e par ozonation, chloration ou traitement UV (sans ajout de produit chimique dans ce dernier cas).
Problématique de l'eau en montagne
Les montagnes couvrent une part importante de la Terre. En Europe (35,5 % du territoire en Europe, (90 % en Suisse et en NorvĂšge) et plus de 95 millions dâEuropĂ©ens y vivaient en 2006. Elles sont de vĂ©ritables chĂąteaux dâeau et jouent un rĂŽle capital dans la gestion des ressources aquifĂšres car elles concentrent une part importante des prĂ©cipitations et tous les grands fleuves et leurs principaux affluents y prennent leur source.
En montagne, l'eau est une richesse Ă©cologique mais aussi source d'hydroĂ©lectricitĂ© et de commerce (mise en bouteille dâeau minĂ©rale), et le support de sports et loisirs en eaux vives. En Europe, 37 grandes centrales hydrauliques sont implantĂ©es en montagne (sur 50, soit 74 %) auxquelles sâajoutent 59 autres grandes centrales sur 312 (18,9 %).
Les montagnes prĂ©sentent des situations particuliĂšres, car elles sont tout dâabord des zones de risques :
- Avec la pente et le relief, conjuguĂ©s Ă une vĂ©gĂ©tation souvent rase et fragile du fait dâun climat plus rude, elles sont des zones dâintenses Ă©rosions et de concentration rapide des eaux qui forment les crues et les inondations qui peuvent ĂȘtre ravageuses pour les parties basses des bassins et des plaines. Le phĂ©nomĂšne est accentuĂ© par le surpĂąturage et la dĂ©forestation, par lâimpermĂ©abilisation du sol par les constructions, les aires de stationnement et les routes, en particulier dans les zones de fort dĂ©veloppement urbain et touristique.
- Ă lâinverse, lâabandon des secteurs les plus difficiles par les populations qui pratiquent des activitĂ©s Ă©conomiques traditionnelles comme le pastoralisme, a pour consĂ©quences lâarrĂȘt de lâentretien et la destruction des ouvrages collectifs, des zones de terrasses et des systĂšmes de drainage.
Mais lâeau en montagne, est surtout une source de richesse et de dĂ©veloppement. Une meilleure valorisation de ce potentiel par lâamĂ©nagement du territoire peut ĂȘtre la source de nouvelles richesses pour lâĂ©conomie des zones de montagne, mais dans le cadre dâun comportement Ă©conome et responsable. Avec le rĂ©chauffement climatique, les situations dâĂ©vĂšnements extrĂȘmes comme les sĂ©cheresses, les inondations et lâĂ©rosion accĂ©lĂ©rĂ©e, risquent de se multiplier et dâĂȘtre, avec la pollution et le gaspillage, dâici une gĂ©nĂ©ration un des principaux facteurs limitant le dĂ©veloppement Ă©conomique et social dans la plupart des pays du monde.
Selon les experts rĂ©unis Ă MegĂšve en mars 2007 dans le cadre de lâ« AnnĂ©e internationale de la montagne » avec la participation de la FAO, de lâUNESCO, du Global Water Partnership et du RĂ©seau international des organismes de bassin, afin de tirer un diagnostic et de formuler les propositions prĂ©sentĂ©es au forum mondial de lâeau de Kyoto (mars 2003) : « La « solidaritĂ© amont-aval » reste trop faible : il vaut mieux aider les montagnes dans le cadre de politiques intĂ©grĂ©es de bassins, pour quâils assurent la gestion et lâĂ©quipement nĂ©cessaires des hauts bassins versants. (âŠ) Il est impĂ©ratif en effet de conduire en montagne des actions particuliĂšres renforcĂ©es dâamĂ©nagement et de gestion pour mieux se protĂ©ger contre les inondations et lâĂ©rosion, lutter contre les pollutions et optimiser les ressources en eau disponibles pour les partager entre les usagers, tant en amont que dans les plaines en aval. »
Problématique de l'eau et l'urbanisme
Certains territoires connaissent un dĂ©veloppement important induit par la mise en service dâinfrastructures routiĂšres nouvelles, et un certain niveau de dynamisme Ă©conomique. En France, les documents dâurbanisme sont rĂ©visĂ©s frĂ©quemment pour permettre la construction dâespaces nouveaux. Or, l'extension des territoires urbanisĂ©s gĂ©nĂšre des impacts sur lâenvironnement : accroissement des prĂ©lĂšvements pour lâalimentation des populations en eau potable, augmentation des rejets (eaux pluviales et eaux usĂ©es), fragmentation des milieux naturels... Ceux-ci ne sont pas toujours correctement apprĂ©hendĂ©s au niveau des documents d'urbanisme, qui structurent et planifient l'espace. Ces rĂ©flexions ont Ă©tĂ© au cĆur du « Grenelle de lâEnvironnement ». Ces impacts doivent ĂȘtre pris en compte en amont, dĂšs la dĂ©finition des projets structurant Ă lâĂ©chelle dâun territoire. Aussi convient-il de les intĂ©grer dans lâĂ©laboration des documents de planification urbaine (plans locaux dâurbanisme, cartes communales...). Des nombreuses publications (articles, guides...) existent sur le sujet :
- Prise en compte du volet eau dans les PLU (guide méthodologique)
- Lâeau, une ressource pour lâamĂ©nagement - Revue Diagonal n° 177.
Géopolitique : la « guerre de l'eau »
Inégalité d'accÚs à l'eau potable
La Terre est à 72 % recouverte d'eau. 97 % de cette eau est salée, et 2 % emprisonnée dans les glaces. Il n'en reste qu'un petit pourcent pour irriguer les cultures et étancher la soif de l'humanité toute entiÚre.
En 2007, sur 6,4 milliards d'ĂȘtres humains, plus d'un milliard n'a pas du tout accĂšs Ă l'eau potable et plus de 2,5 milliards ne disposent pas de systĂšme d'assainissement d'eau. Aujourd'hui, dans le monde, 2 milliards d'ĂȘtres humains dĂ©pendent de l'accĂšs Ă un puits. Il faudrait mobiliser 30 milliards de dollars par an pour rĂ©pondre au dĂ©fi de l'eau potable pour tous, quand l'aide internationale est Ă peine de 3 milliards.
Selon l'ONG « Transparency International », la corruption grÚve les contrats de l'eau dans de nombreux pays entraßnant des gaspillages et des coûts excessifs pour les plus pauvres.
Conséquences sanitaires du manque d'eau potable
L'impossibilitĂ© d'accĂšs Ă l'eau potable d'une grande partie de la population mondiale a des consĂ©quences sanitaires graves. Ainsi, un enfant meurt toutes les 5 secondes ; des millions de femmes s'Ă©puisent en corvĂ©es dâeau ; entre 40 et 80 millions de personnes ont Ă©tĂ© dĂ©placĂ©es Ă cause des 47 455 barrages construits dans le monde -dont 22 000 en Chine-. Plus de 4.000 enfants de moins de 5 ans meurent chaque jour de diarrhĂ©es liĂ©es Ă lâabsence dâassainissement et dâun manque dâhygiĂšne ; chaque annĂ©e, 443 millions de jours de scolaritĂ© sont perdus Ă cause d'infections transmises par l'eau insalubre.
Inégalité de consommation d'eau dans le monde
La consommation d'eau est trÚs inégale selon les niveaux de développement des pays :
- 3000 m³/habitant/an dans les pays européens.
- 9985 mÂł/habitant/an aux Ătats-Unis .
- 200 mÂł/habitant/an dans des pays en dĂ©veloppement comme l'Angola ou l'Ăthiopie .
- 20 litres par jour par habitant au Mali ou Ă HaĂŻti .
Les associations humanitaires pointent du doigt ces disparités. Un Américain utilise 600 litres d'eau par jour et un Européen 200, quand un Africain doit survivre avec moins de 30 litres.
Consommation d'eau par l'agriculture
L'agriculture des pays développés est mise en cause pour sa consommation intensive d'eau :
- Au début du XXI siÚcle, 70% des prélÚvements d'eau effectués sont destinés à l'agriculture vivriÚre ou d'exportation pour le marché mondial ;
- Il faut 13 000 litres d'eau pour produire un kilogramme de bĆuf .
Solutions envisagées
Des solutions existent pour Ă©conomiser la consommation d'eau, mĂȘme en menant le mode de vie d'un habitant d'un pays dĂ©veloppĂ©. Ainsi, 57 litres par jour et par personne suffiraient Ă deux retraitĂ©s vivant dans leur Ă©covillage du Queensland (Australie). Leur maison ne fonctionne qu'Ă l'eau de pluie (lessive, arrosage, toiletteâŠ).
Symbolique
- Lâeau, Ă©lĂ©ment vital pour lâhomme, est la boisson naturelle par excellence. Aussi, la consommation optimale d'eau, Ă tempĂ©rature ambiante de 20 °C, pour l'individu adulte en activitĂ© moyenne (1900 kcal Ă 2400), serait d'au moins 1,5 litres. Ce minimum varie selon les pays, aux Ătats-Unis il est recommandĂ© de boire environ 3 litres. 73% des français ne boiraient pas suffisamment. Cependant, aucune Ă©tude ne prouve qu'il est nĂ©cessaire de boire une quantitĂ© dĂ©terminĂ©e d'eau lorsqu'on n'a pas soif.
- Lâeau est un des quatre Ă©lĂ©ments classiques mythiques avec le feu, la terre et lâair, et Ă©tait vue par EmpĂ©docle comme lâĂ©lĂ©ment de base de lâunivers. Les caractĂ©ristiques de lâeau dans ce systĂšme sont le froid et lâhumiditĂ©.
- Dans la symbolique occidentale, lâeau symbolise la purification, le renouveau : par exemple, lâeau bĂ©nite du baptĂȘme, lâeau coulante dâun fleuve.
- Câest aussi lâun des cinq Ă©lĂ©ments chinois avec la terre, le feu, le bois et le mĂ©tal, associĂ© au Nord et Ă la couleur noire, et lâun des cinq Ă©lĂ©ments japonais.
- Dans la thĂ©orie des humeurs corporelles, lâeau Ă©tait associĂ©e au flegme, aussi dĂ©nommĂ©e pituite en physiologie antique.
Lâeau a longtemps revĂȘtu plusieurs aspects dans les croyances et les religions des peuples. Ainsi, de la mythologie grĂ©co-romaine aux religions actuelles, lâeau est toujours prĂ©sente sous diffĂ©rents aspects : destructrice, purificatrice, source de vie, guĂ©risseuse et protectrice.
Lâeau destructrice
Lâeau revĂȘt cet aspect-lĂ notamment lorsquâon parle de fin du monde ou de genĂšse. Mais cela ne se limite pas aux religions monothĂ©istes. Ainsi, dans lâĂ©popĂ©e de Gilgamesh, une tempĂȘte qui dura six jours et sept nuits Ă©tait Ă lâorigine des inondations et de la destruction de lâhumanitĂ©. Les AztĂšques ont eux aussi cette reprĂ©sentation de lâeau puisque le monde du Soleil dâEau placĂ© sous le signe de lâĂ©pouse de Tlaloc est dĂ©truit par un dĂ©luge qui rasera mĂȘme jusquâaux montagnes. « Et lâĂternel dit : Jâexterminerai de la face de la terre lâhomme que jâai créé, depuis lâhomme jusquâau bĂ©tail, aux reptiles, et aux oiseaux du ciel ; car je me repens de les avoir faits. », câest par cela quâest dĂ©signĂ©e la fin du monde dans la genĂšse judĂ©o-chrĂ©tienne, et dâajouter : « Les eaux grossirent de plus en plus, et toutes les hautes montagnes qui sont sous le ciel entier furent couvertes. » (La genĂšse, (VI, 7)/ (VII, 19)). Le mythe des aborigĂšnes dâAustralie est, quant Ă lui, attachĂ© Ă lâidĂ©e de punition et non pas de destruction, puisquâune grenouille gĂ©ante aurait absorbĂ© toute lâeau et assĂ©chĂ© la terre mais aurait tout recrachĂ© en rigolant aux contorsions dâune anguille.
Lâeau purificatrice
Cet aspect donne Ă lâeau un caractĂšre presque sacrĂ© dans certaines croyances. En effet, outre la purification extĂ©rieure que confĂšre lâeau, il y a aussi cette facultĂ© dâeffacer les difficultĂ©s et les pĂ©chĂ©s des croyants Ă son contact, et de laver le croyant de toute souillure. Les exemples sont nombreux allant de la purification dans le Gange dans lâhindouisme (oĂč beaucoup de rituels sont exĂ©cutĂ©s au bord de lâeau tels que les funĂ©railles), ou les ablutions Ă lâeau dans lâIslam jusquâau baptĂȘme dans le christianisme ou lâinitiation des prĂȘtres shintoĂŻstes.
Lâeau guĂ©risseuse et protectrice
Outre lâaspect purificateur, lâeau sâest Ă©toffĂ©e au cours des siĂšcles et des croyances dâune facultĂ© de guĂ©rison. Plusieurs signes de culte et dâadoration datant du nĂ©olithique ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s prĂšs de sources dâeau en Europe. Longtemps, des amulettes dâeau bĂ©nite ont Ă©tĂ© accrochĂ©es Ă lâentrĂ©e des maisons pour protĂ©ger ses occupants du Mal. On considĂšre que le contact avec certaines eaux peut aller jusquâĂ guĂ©rir de certaines maladies. Lâexemple le plus proche est celui du pĂšlerinage Ă Lourdes en France oĂč chaque annĂ©e des milliers de gens se rendent pour se baigner dans sa source chaude. Parmi les cas de guĂ©rison par lâeau de Lourdes, 67 ont Ă©tĂ© reconnus par lâĂglise catholique. Du point de vue de la science, les propriĂ©tĂ©s curatives ont Ă©tĂ© dĂ©montrĂ©es puisque, aujourdâhui, lâhydrothĂ©rapie est courante dans les soins de certaines maladies. Les rituels thĂ©rapeutiques christianisĂ©s des bonnes fontaines en constituent une autre illustration.
Lâeau source de vie
Bien que les sciences aient dĂ©montrĂ© que lâeau Ă©tait indispensable Ă la vie, la mythologie avait bien avant Ă©tabli le rapport entre lâeau et la naissance. Ainsi, plusieurs dieux et dĂ©esses romains et grecs sont issus des eaux : ainsi OcĂ©an, un Titan, le fleuve qui entoure le monde et son Ă©pouse TĂ©thys, une titanide, tous deux issus de lâeau donnĂšrent naissance aux dieux fleuves et Ă plus de trois milles OcĂ©anides, leurs filles. Dâautres plus cĂ©lĂšbres ont leur vie liĂ©e Ă lâeau tels VĂ©nus (« celle qui sort de la mer »), Amphitrite (dĂ©esse de la mer), PosĂ©idon ou NĂ©rĂ©e (divinitĂ© marine).
Vous pouvez voir également :
Bibliographie
- Hans Silvester, Bernard Fischesser et Marie-France Dupuis-Tate, Lâeau entre ciel et terre, Ăditions de la MartiniĂšre, Paris, 2000. (ISBN 2732425583).
- Erik Orsenna, L'avenir de l'eau, Prix Joseph Kessel 2009, Fayard (ISBN 9782213634654)
Articles connexes
- Sciences
- Origine de l'eau sur la Terre, Cycle de l'eau, pluie, rosée, goutte, liquide, cours d'eau, mer, océan, nappe phréatique, brouillard, nuage, brume, glace, neige.
- inondation, sécheresse, soif
- canular du monoxyde de dihydrogĂšne
- Teneur en eau, hygrométrie, humidité
- Ăpuration des eaux, Dessalement
- Géopolitique de l'eau,
- Pollution de l'eau, pollution marine, Pollution de l'eau, Pollution de l'eau par les produits phytosanitaires, turbidité
- Dans le Wikilivre de Tribologie, des données concernant le Frottement sur la glace
- Utilisations
- eau potable, eau du robinet, eau en bouteille, eau minérale, boisson
- Prix de l'eau potable,
- Thalassothérapie
- Gestion et réglementation
- Directive cadre sur l'eau, Schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) et Schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE), Parc naturel marin
- Agence de l'eau
- Police de l'eau
- Technicien de riviĂšre
Liens externes
- « Lâeau douce : une ressource prĂ©cieuse », dossier Sagascience du CNRS
- Conférence sur les propriétés physiques et chimiques de l'eau par Bernard Cabane à l'Université de tous les savoirs
- Une Eau Pure, guide de la consommation d'eau
- Les agences de l'eau en France , tout savoir sur l'eau
- Un dossier pluridisciplinaire sur l'eau, de futura-sciences
- Infos eau, l'actualité de l'eau dans le monde
- Actualités, répertoire d'extraits et de références d'actualités sur l'eau dans le monde à usage pédagogique
- Vidéo reportage (La bataille de l'or bleu) (Archive de la Télévision suisse romande)
- (en)Portail de l'ONU sur l'eau
- (en)Portail de la CEE-ONU sur l'eau
Notes et références
- â Chanson de Roland, Ă©d. J. BĂ©dier, 1831 : Li val parfunt et les ewes curant
- â PhysicalGeography.net. CHAPTER 8: Introduction to the Hydrosphere. Retrieved on 2006-10-24.
- â Chiffres de la consommation d'eau en France par secteur sur le site Eaufrance
- â Enseignement agricole - Des dĂ©bouchĂ©s principalement dans les mĂ©tiers de l'amĂ©nagement paysager et de la production agricole sur INSEE. ConsultĂ© le 17 fĂ©vrier 2010
- â GLASS, 2008
- â Colloque organisĂ© Ă lâAssemblĂ©e nationale le 12 mars 2009, Ă lâinitiative de la Fondation France-LibertĂ©s, de la FĂ©dĂ©ration des distributeurs dâeau indĂ©pendants (FDEI) et des Entreprises publiques locales de lâeau, regroupĂ©es au sein de lâassociation Arpege (Propositions faites lors du colloque et programme)
- â Le Figaro du jeudi 26 juin 2008, page 20
- â source = l'eau et ses enjeux - François ANCTIL, « commission mondiale des barrages », 2000, WCD Press releases & Annoucements. ConsultĂ© le 11 mai 2009
- â Appel de l'OCDE Ă investir dans les infrastructures de l'eau
- La Mondialisation, L. Carroué, D. Collet, C. Ruiz, éd. Bréal
- â Atlas de la Banque Mondiale 2003-2004, ESKA, 2004
- â La Mondialisation, L. CarrouĂ©, D. Collet, C. Ruiz, Ă©d. BrĂ©al
- â La Mondialisation, L. CarrouĂ©, D. Collet, C. Ruiz Ă©d. BrĂ©al
- â Voir sources dans Eau virtuelle
- â Ătude CREDOC publiĂ©e le 20 mars 2008
- â (en) Dan Negoianu and Stanley Goldfarb, « Just Add Water » sur http://jasn.asnjournals.org/, 2008-04-02, Journal of the American Society of Nephrology. ConsultĂ© le 25 juillet 2009.
- â UFC-Que Choisir (NumĂ©ro 460), qui conseille de boire l'eau lorsque le besoin se fait sentir
- â Les fontaines Ă thĂ©rapie en France sont prĂ©sentĂ©es dans L'eau et le sacrĂ©, les cultes thĂ©rapeutiques autour des fontaines en France du Moyen Ăge Ă nos jours, Brigitte Caulier, Beauchesne, presses de l'universitĂ© Laval (ISBN 2-7010-1214-7<)
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