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Définition Wikipédia de : Cytokine







Introduction :

      Les cytokines sont des substances solubles de communication synthĂ©tisĂ©es par les cellules du système immunitaire ou par d'autres cellules et/ou tissus, agissant Ă  distance sur d'autres cellules pour en rĂ©guler l'activitĂ© et la fonction. Le terme cytokine est peu connu du grand public alors qu'avec les hormones et les neuromĂ©diateurs, ces molĂ©cules sont essentielles Ă  la communication de nos cellules.







Suite de l'article :

Leur action, par l’intermédiaire de récepteurs spécifiques, peut être paracrine (cellules proches), endocrine (cellules ou tissus distants), juxtacrine (cellules en contact), ou autocrine (sur la cellule productrice ou une cellule proche du même type). Il s'agit de protéines ou de glycoprotéines. Il apparaît aujourd’hui que les cytokines représentent un langage universel dans le dialogue mené entre les différentes cellules de l'organisme.



     Les cytokines ont une masse molĂ©culaire moyenne de 8 Ă  50 kDa

- Sommaire de la page -









Chapitre : Histoire



     Certains considèrent que la première cytokine a Ă©tĂ© identifiĂ©e en 1957. Il s'agit de l’interfĂ©ron, dĂ©fini Ă  l'Ă©poque par son activitĂ© anti-virale (une cellule infectĂ©e Ă©met un message pour sa voisine pour que celle-ci se protège contre l'infection virale). Mais on peut aussi estimer qu'il s'agit de l'endogène pyrogène, identifiĂ© en 1948, comme un facteur Ă©mis au cours de l'infection pour induire la fièvre.


     Le terme « cytokine Â» fut introduit en 1974 par Stanley Cohen.


     En quelques dĂ©cennies, les cytokines ont connu une explosion d'intĂ©rĂŞt dans les domaines de la recherche et de la mĂ©decine qui a abouti Ă  une avalanche d'informations. Il a Ă©tĂ© mis en avant l’implication des cytokines dans les processus liĂ©s Ă  l'embryogenèse, la reproduction (biologie), la gestation, l'hĂ©matopoïèse, la rĂ©ponse immunitaire, l'inflammation. Mais les cytokines contribuent aussi Ă  des situations pathologiques comme : auto-immunitĂ©, sepsis, cancer, maladies inflammatoires chroniques (entĂ©rocolites, maladie de Crohn, polyarthrite rhumatoĂŻde, psoriasis, etc.), hĂ©patites virales, l'infection par le VIH... Les cytokines peuvent ĂŞtre aussi des agents thĂ©rapeutiques (ex. G-CSF pour faciliter la reconstitution hĂ©matologique…) ou des cibles (ex. TNF dans maladie de Crohn, polyarthrite rhumatoĂŻde…)






Chapitre : La grande famille des cytokines



     Il s'agit de cytokines regroupĂ©es sous cette terminologie sans parentĂ© biochimique ni de fonction, mais classĂ©es par commoditĂ© au grĂ© des dĂ©couvertes. Le terme a Ă©tĂ© créé en 1979 Ă  une Ă©poque oĂą l'on ne connaissait que deux interleukines (IL-1 et IL-2). On compte aujourd'hui 35 cytokines sous l'intitulĂ© IL-. Ceci dit il en existe davantage, puisqu'on compte par exemple 11 membres de la famille de l'IL-1.


     DĂ©finit l'ensemble des cytokines de faible poids ayant toute en commun un pouvoir chimiotactique. On en connaĂ®t plus de 40, aujourd'hui. Leur nomenclature est basĂ©e sur des points prĂ©cis de leur structure (CCL1 Ă  CCL28, CXCL1 Ă  CXCL16, XCL1 & 2, CX3CL1)

    Liste :
  • La famille du "tumor necrosis factor" (TNF)

     Des membres issus d'un gène ancestral commun, pouvant aussi ĂŞtre Ă  la surface des cellules

    Liste :
  • Les "Colony stimulating factors" (CSF)

     Des cytokines jouant un rĂ´le dans l'hĂ©matopoïèse, mais aussi pouvant activer les leucocytes matures.


     Des facteurs de croissance impliquĂ©s dans la cicatrisation et le contrĂ´le nĂ©gatif de l'inflammation.






Chapitre : Récepteur



     Les rĂ©cepteurs membranaires semblent pouvoir se classer sous un certain nombre de familles en fonction des domaines qui les constituent :

    Liste :
  • RĂ©cepteurs des hĂ©matopoĂŻĂ©tines
  • RĂ©cepteurs des IFNs
  • RĂ©cepteurs apparentĂ©s Ă  la superfamille des immunoglobulines
  • RĂ©cepteurs des chĂ©mokines (Ă  7 domaines transmembranaires)
  • RĂ©cepteurs de la famille du TNF
  • Les rĂ©cepteurs peuvent ĂŞtre libĂ©rĂ©s de la surface des cellules et modifier la fonction des cytokines en tant que rĂ©cepteurs solubles





Chapitre : Ne pas confondre Cytokine et hormone



     Les cytokines se distinguent des hormones par quatre principes fondamentaux

    Liste :
  • Les sources :

     Les cytokines sont sĂ©crĂ©tĂ©es par plusieurs types cellulaires. Les hormones quant Ă  elles sont sĂ©crĂ©tĂ©es par un seul type de cellule spĂ©cialisĂ©e et localisĂ©e.

    Liste :
  • Les cibles :

     Les cellules principalement ciblĂ©es par les cytokines sont nombreuses et incluent les cellules hĂ©matopoĂŻĂ©tiques, alors que dans le cas des hormones, celles-ci sont plus spĂ©cifiques de leurs cellules cibles.

    Liste :
  • Les activitĂ©s :

     Les cytokines ont un large spectre d’activitĂ©. Il existe mĂŞme une forte redondance. Quant aux hormones, elles ont essentiellement une activitĂ© unique ou plus restreinte.

    Liste :
  • Les modes d’action :

     Les hormones ont un mode d’action endocrine (agissent Ă  distance après avoir Ă©tĂ© vĂ©hiculĂ©es par le sang), alors que pour les cytokines il est multiple : paracrine, autocrine juxtacrine et endocrine.






Chapitre : Exemples de cytokines


    Liste :
  • Les lymphokines ou monokines (termes obsolètes).
  • Les chĂ©mokines.
  • Les interleukines.
  • Certains facteurs de croissance qui, en se liant Ă  des rĂ©cepteurs de la surface membranaire, vont stimuler la division cellulaire partagent de nombreuses propriĂ©tĂ©s communes avec les cytokines.





Chapitre : Cytokines et grippe



     Le virus H5N1 hautement pathogène de la grippe aviaire, comme le H1N1 responsable de la grippe espagnole de 1918-1919, dĂ©clenchent chez l'homme (non vaccinĂ© ni immunisĂ©) comme chez l'animal (non vaccinĂ© ni immunisĂ©) une rĂ©action anormalement vive du système immunitaire. La sĂ©crĂ©tion de cytokines est si brutale et importante qu'au lieu de rĂ©guler l'inflammation elle provoque des dĂ©faillances organiques parfois mortelles. Cela arrive Ă©galement lors de certaines "grippes malignes" oĂą une production très abondante de cytokines provoque par exemple un Ĺ“dème aigu du poumon, lequel perd alors de son Ă©lasticitĂ© et donc de sa fonctionnalitĂ©. L'expression «tempĂŞte de cytokines» dĂ©crit ce phĂ©nomène.


     DĂ©but 2003, l’équipe de Robert WEBSTER a montrĂ© que le H5N1 dĂ©jouait une des fonctions du système immunitaire qui est la «rĂ©ponse cytokine».
S.H. Seo et al. ont montré en 2004 que la résistance du virus A(H5N1)HP à l’activité antivirale des cytokines était liée à la présence du gène NS1 et plus précisément à l’acide glutamique en position 92 de la séquence d’acides aminés. Des porcs expérimentalement infectés avec un virus recombinant reconstitué par génétique inverse, porteur du gène de la protéine non structurale (NS1) du virus A(H5N1) isolé à Hong Kong, ont développé une grippe cliniquement plus sévère que lors d'une infection par le virus "sauvage".


     De plus, les Ă©tudes in vitro sur culture de cellules pulmonaires porcines infectĂ©es montrent que l’adjonction au milieu de culture d’interfĂ©ron alpha, gamma et de facteur nĂ©crose tumorale alpha, n’altère pas la rĂ©plication du virus A(H5N1).


     En 2007, l'autopsie d’un fĹ“tus (atteint par le H5N1) d’une femme chinoise de 24 ans, morte du H5N1 HP neufs jours après les premiers symptĂ´mes, a rĂ©vĂ©lĂ© la prĂ©sence de virus H5N1 dans le placenta et le foie du fĹ“tus, mais surtout dans ses poumons oĂą il a cependant provoquĂ© moins de dĂ©gâts que dans ceux de la mère. L'Ă©tude suggère que ces faibles dommages puissent ĂŞtre expliquĂ©s par l’immaturitĂ© du système immunitaire du fĹ“tus, qui n'a pas produit de tempĂŞte de cytokines et chemokines face au virus.


     Il semble exister nĂ©anmoins des oiseaux (ex : canards) porteurs asymptomatiques chez lesquels le virus ne dĂ©clenche pas cette «tempĂŞte de cytokines». Il serait intĂ©ressant de comprendre comment ils s'en protègent.


     Chez l'homme, ce phĂ©nomène semble toucher plus particulièrement les jeunes et les adultes dans la pleine force de l'âge, ce qui expliquerait que les enfants et les personnes âgĂ©es aient Ă©tĂ© moins touchĂ©s par la grippe espagnole et le sont aussi moins par le H5N1 depuis son apparition en 1997 et son extension en 2003.


     On ne connaĂ®t que deux virus, caractĂ©risĂ©s tous deux par une particularitĂ© gĂ©nĂ©tique, capables de produire de tels dĂ©gâts et si rapidement : le H1N1 de 1918 et les variants H5N1 HP rĂ©cemment apparus. Les personnes âgĂ©es dĂ©veloppent souvent des formes pneumoniques avec surinfections. La femme enceinte peut en mourir ou avorter. Une Ă©tude rĂ©trospective a montrĂ© que les fĹ“tus et embryons qui ont survĂ©cu Ă  la pandĂ©mie de 1918 chez des mères ayant contractĂ© le virus semblent en avoir gardĂ© des sĂ©quelles durables mais la responsabilitĂ© des cytokines n'a pas Ă©tĂ© Ă©tudiĂ©e pour l'embryon ou le fĹ“tus.


     (Source : Menno de Jong, Nature Medicine, oct 2006)






Chapitre : Cytokines et système immunitaire



     Les cytokines sont produites en rĂ©ponse soit Ă  des microbes, soit Ă  des antigènes. Une fois qu'elles ont rĂ©pondu Ă  l'antigène, elles stimulent les cellules chargĂ©es du dĂ©veloppement des dĂ©fenses immunitaires.


     Elles stimulent la croissance et la diffĂ©renciation des lymphocytes.


     Exemples de cytokines qui mĂ©dient et rĂ©gulent l'immunitĂ© innĂ©e : TNF (tumor necrosis factor ; par exemple le TNFα) ou l'interleukine 1 (IL1).






Chapitre : Sources principales


    Liste :
  • "LES CYTOKINES", sous la direction de J.-M. Cavaillon aux Éditions Masson, 1996
  • "MOLECULAR MEDIATORS : CYTOKINES", J.-M. Cavaillon, dans "Encyclopedia of Molecular Cell Biology and Molecular Medicine", 2nd Edition, Vol. 8Wiley-VCH Verlag, Weinheim, Germany, 2005, pp 431-460





Chapitre : Références


  1. ↑ Rapport publié par le publié par le centre d’étude des maladies infectieuses de Pékin, journal The Lancet, Septembre 2007

© Source : Wikipedia sous licence GFDL







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