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Définition Wikipédia de : Culture







Introduction :

      En philosophie, le mot culture dĂ©signe ce qui est diffĂ©rent de la nature, c'est-Ă -dire ce qui est de l'ordre de l'acquis et non de l'innĂ©. La culture a longtemps Ă©tĂ© considĂ©rĂ© comme un trait caractĂ©ristique de l'humanitĂ©, qui la distinguait des animaux. Mais des travaux rĂ©cents en Ă©thologie et en primatologie ont montrĂ© l'existence de cultures animales.







Suite de l'article :

En sociologie, la culture est dĂ©finie comme "ce qui est commun Ă  un groupe d'individus et comme ce qui le "soude". Ainsi, pour une institution internationale comme l'UNESCO : « Dans son sens le plus large, la culture peut aujourd'hui ĂŞtre considĂ©rĂ©e comme l'ensemble des traits distinctifs, spirituels et matĂ©riels, intellectuels et affectifs, qui caractĂ©risent une sociĂ©tĂ© ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l'ĂŞtre humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances. Â» Ce "rĂ©servoir commun" Ă©volue dans le temps par et dans les formes des Ă©changes. Il se constitue en manières distinctes d'ĂŞtre, de penser, d'agir et de communiquer.



     
Par abus de langage, on utilise souvent le mot "culture" pour désigner presque exclusivement l'offre de pratiques culturelles dans les société marchandes, et en particulier dans le domaine des arts et des lettres.


     




     types de cultures


     transmission de la culture


     thĂ©ories sur les dynamiques


     disciplines Ă©tudiant la culture

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- Sommaire de la page -









Chapitre : Définitions



     La culture humaine est, selon le sociologue quĂ©bĂ©cois Guy Rocher, "un ensemble liĂ© de manières de penser, de sentir et d'agir plus ou moins formalisĂ©es qui, Ă©tant apprises et partagĂ©es par une pluralitĂ© de personnes, servent, d'une manière Ă  la fois objective et symbolique, Ă  constituer ces personnes en une collectivitĂ© particulière et distincte." (Guy Rocher, 1969, 88).

  - Sous-chapitre : Étymologie


     L’étymologie du mot culture, du mot latin colere (« habiter Â», « cultiver Â», ou « honorer Â») suggère que la culture se rĂ©fère, en gĂ©nĂ©ral, Ă  l’activitĂ© humaine. Ce mot prend des significations notablement diffĂ©rentes, voire contradictoires, selon ses utilisations.


     Le terme (latin cultura) suggère l’action de cultiver, dans le domaine de l’agriculture en particulier : cultiver des fleurs… Le terme de culture est Ă©galement employĂ© en Ă©thologie. CicĂ©ron fut le premier Ă  appliquer le mot cultura Ă  l'ĂŞtre humain : Un champ si fertile soit-il ne peut ĂŞtre productif sans culture, et c'est la mĂŞme chose pour l'humain sans enseignement. (Tusculanes, II, 13).


     Dans l’Histoire, l’emploi du mot s’est progressivement Ă©largi aux ĂŞtres humains. Le terme culte, d'Ă©tymologie voisine (latin cultus), est employĂ© pour dĂ©signer l’hommage rendu Ă  une divinitĂ©.

  - Sous-chapitre : PluralitĂ© de dĂ©finitions


     DiffĂ©rentes dĂ©finitions du mot culture reflètent les thĂ©ories diverses pour comprendre ou Ă©valuer l’activitĂ© humaine. En 1952, Alfred Kroeber et Clyde Kluckhohn ont rĂ©digĂ© une liste de plus de 200 dĂ©finitions diffĂ©rentes du mot culture dans leur livre .


     La dĂ©finition que peuvent en faire les gouvernements lorsqu’ils fixent sa mission au Ministère de la Culture diffère de celle que l’on en donne dans les sciences humaines ou de celle qui correspond Ă  la culture gĂ©nĂ©rale de chacun d’entre nous.


     Il existe de puissants enjeux politiques et Ă©conomiques pour dĂ©finir et encadrer la culture. Lorsque les entrepreneurs tentent de faire valider la notion de "culture d'entreprise" ou les ingĂ©nieurs celle de "culture technique", ils contribuent Ă  Ă©tendre l'amplitude des significations mais au prix d'en diluer certaines caractĂ©ristiques spĂ©cifiques, comme l'opposition plus traditionnelle entre des styles plus spontanĂ©s, artistiques, religieux, fondĂ©s, comme le disait Hegel, sur le "sentiment" et des types d'actions davantage fondĂ©s sur le calcul, la cognition, la règle. Bien que frĂ©quemment les deux mondes s'entrecroisent, doit-on pour autant les confondre, contribuant alors a privilĂ©gier une conception totalisante de la culture ?


     Le mot culture est parfois employĂ© dans un sens restreint pour dĂ©signer l'industrie des "biens culturels", c'est-Ă -dire les entreprises et activitĂ©s de production, de distribution et de gestion de droits d'exploitation de spectacles et de contenus audio-visuels reproductibles. Ce secteur, sous l'effet du dĂ©veloppement des technologies de l'information et de la communication, est en pleine transformation et son avenir fait l'objet de controverses politiques tendues.


     Selon Geert Hofstede : la culture est une programmation mentale collective propre Ă  un groupe d’individus.


     De manière plus spĂ©cifique, en Ă©thologie, la culture animale dĂ©signe tout comportement, habitude, savoir, système de sens (en anthropologie) appris par un individu biologique, transmis socialement et non par hĂ©ritage gĂ©nĂ©tique de l’espèce Ă  laquelle appartient cet individu. La culture se dĂ©finit en ce sens comme un ensemble de connaissances transmis par des systèmes de croyance, par le raisonnement ou l’expĂ©rimentation, qui la dĂ©veloppent au sein du comportement humain en relation avec la nature et le monde environnant. Elle comprend ainsi tout ce qui est considĂ©rĂ© comme acquisition de l’espèce, indĂ©pendamment de son hĂ©ritage instinctif, considĂ©rĂ© comme naturel et innĂ©. Ce mot reçoit alors des dĂ©finitions diffĂ©rentes selon le contexte auquel on se rĂ©fère.


     Mais la culture n'est pas rĂ©ductible a son acception scientifique, car, comme l'indique la dĂ©finition de l'UNESCO, elle concerne les valeurs a travers lesquelles nous choisissons aussi notre rapport a la science. En ce sens, elle relève davantage de la communautĂ© politique des ĂŞtres humains que de "l'espèce' comme objet de science.

  - Sous-chapitre : Culture individuelle et culture collective


     En langue française, le mot culture dĂ©signe tout d’abord l’ensemble des connaissances gĂ©nĂ©rales d’un individu. C’est la seule dĂ©finition qu’en donne en 1862 le Dictionnaire national de Bescherelle. Les connaissances scientifiques y sont prĂ©sentĂ©es comme Ă©lĂ©ment de premier plan. C’est ce que nous appelons aujourd’hui la "culture gĂ©nĂ©rale".


     Après le milieu du XX siècle, le terme prend une seconde signification. Par exemple, le Petit Larousse de 1980 donne, en plus de la conception individuelle, une conception collective : ensemble des structures sociales, religieuses, etc., des manifestations intellectuelles, artistiques, etc., qui caractĂ©risent une sociĂ©tĂ©. Le terme peut alors revĂŞtir l’un ou l’autre sens, mais la proximitĂ© des domaines d’utilisation de chacun en fait une source d’ambiguĂŻtĂ©.


     Il se trouve qu’en langue allemande, la dĂ©finition de la culture individuelle ou culture gĂ©nĂ©rale correspond au mot Bildung, et qu’il existe un autre mot, Kultur, , qui correspond Ă  un patrimoine social, artistique, Ă©thique appartenant Ă  un ensemble d’individus disposant d’une identitĂ©. Ainsi, ce terme homophone, qui correspond plutĂ´t en français Ă  l’une des acceptions de civilisation, et par les Ă©changes d’idĂ©es entre la France et l’Allemagne, s’est petit Ă  petit amalgamĂ© avec le sens initial du mot culture en français. Cette seconde dĂ©finition est en train de supplanter l’ancienne, correspondant Ă  la culture individuelle. NĂ©anmoins, les dictionnaires actuels citent les deux dĂ©finitions, en plaçant le plus souvent la culture individuelle en premier.


     Il y a donc actuellement en français deux acceptions diffĂ©rentes pour le mot culture :

    Liste :
  • la culture individuelle de chacun, construction personnelle de ses connaissances donnant la culture gĂ©nĂ©rale ;
  • la culture d'un peuple, l'identitĂ© culturelle de ce peuple, la culture collective Ă  laquelle on appartient.

     Ces deux acceptions diffèrent en premier lieu par leur composante dynamique :

    Liste :
  • la culture individuelle comporte une dimension d’élaboration, de construction (le terme Bildung est gĂ©nĂ©ralement traduit en Ă©ducation), et donc par dĂ©finition Ă©volutive et individuelle ;
  • la culture collective correspond Ă  une unitĂ© fixatrice d’identitĂ©s, un repère de valeurs reliĂ© Ă  une histoire, un art parfaitement insĂ©rĂ© dans la collectivitĂ© ; la culture collective n’évolue que très lentement, sa valeur est au contraire la stabilitĂ© figĂ© dans le passĂ©, le rappel Ă  l’Histoire.

     C’est dans cette dichotomie que ces deux significations peuvent s’opposer :


     La culture collective comporte une composante de rigiditĂ© pouvant s’opposer au dĂ©veloppement des cultures individuelles, ou pouvant conduire Ă  des contrecultures, concept qui est inimaginable avec le sens individuel, la connaissance ne pouvant ĂŞtre que positive.


     La science, toujours en Ă©volution, n’est de ce fait pas raccrochĂ©e au concept de culture individuelle, dans les acceptions populaires, alors qu’elle en est une des composantes principales dans la teneur initiale du terme.


     Mais c’est par l’art et l’histoire que les deux concepts se rejoignent. La culture individuelle inclut la connaissance des arts et des cultures, celle des diffĂ©rentes cultures humaines, mais bien Ă©videmment celle affiliĂ©e Ă  la culture (collective) Ă  laquelle l’individu s'apparente.


     C’est lĂ  le point d’amalgame entre les deux acceptions : la culture (individuelle) est comprise comme connaissance de la culture (collective) dont on dĂ©pend. Fusionnant ainsi deux acceptions diffĂ©rentes, le terme culture tend actuellement, en France, vers un compromis dans son acception courante, oĂą il dĂ©signerait essentiellement des connaissances liĂ©es aux arts et Ă  l’Histoire, plus ou moins liĂ©es Ă  une identitĂ© ethnique.


     Les deux sens doivent cependant ĂŞtre analysĂ©s distinctement : la culture collective et la culture individuelle se recoupent en rĂ©alitĂ©, non seulement par leur homonymie, mais aussi par la filiation de l'espèce et de l’individu Ă  une entitĂ© culturelle.

  - Sous-chapitre : Langage courant


     L’utilisation populaire du mot culture dans beaucoup de sociĂ©tĂ©s occidentales, permet de rĂ©aliser un classement de son caractère en fonction de croyance, de la consommation de biens ou de l’exercice d’activitĂ©s considĂ©rĂ©es comme Ă©litistes : la cuisine, l’art, et la musique par exemple.

  - Sous-chapitre : Types de composants


     Une reprĂ©sentation de la culture consiste Ă  la regarder comme formĂ©e de quatre Ă©lĂ©ments qui sont « transmis de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration en apprenant Â»  :

– les valeurs ;
– les normes ;
– les institutions ;
– les artefacts.

     Julian Huxley donne une division lĂ©gèrement diffĂ©rente, en mentifacts, socifacts et artifacts, pour des sous-systèmes idĂ©ologiques, sociologiques, et technologiques respectivement. La socialisation, du point de Huxley, dĂ©pend du sous-système de croyance. Le sous-système sociologique oriente l’interaction entre les gens. Les objets matĂ©riels et leur utilisation forment le sous-système technologique.


     En gĂ©nĂ©ral, les archĂ©ologues se focalisent sur la culture matĂ©rielle, alors que l’anthropologie culturelle se focalise sur la culture symbolique, encore que in fine les deux groupes s’intĂ©ressent aux relations entre ces deux dimensions. De plus, les anthropologues conçoivent le mot "culture" pour se rĂ©fĂ©rer non seulement Ă  la consommation de biens, mais au processus gĂ©nĂ©ral qui produit de tels biens et leur donne une signification, et aux relations et pratiques sociales dans lesquelles de tels objets et processus sont imbriquĂ©s.

  - Sous-chapitre : Les valeurs


     Les systèmes de valeurs comprennent des idĂ©es et des matĂ©riaux qui semble important dans la vie. Elles guident les croyances qui composent la culture en partie


     Il est possible de reconnaĂ®tre des systèmes de valeur associĂ©s de prĂ©fĂ©rence Ă  des civilisations. Ainsi, dans ce qu'on appelle encore l'Occident, il semble que la conversation culturelle se prĂ©occupe beaucoup de la question de la règle, de la mesure, de la loi physique ou sociale, alors qu'en ExtrĂŞme-Orient, l'affaire la plus importante concerne l'identitĂ© dans le monde. Les valeurs des sociĂ©tĂ©s villageoises (comme en Afrique ou en AmĂ©rique latine) portent davantage sur l'Ă©quilibre entre l'homme et la nature, garanti par l'intercession des hommes-mĂ©decine. Les valeurs des sociĂ©tĂ©s nomades sont plutĂ´t attachĂ©es Ă  rĂ©soudre les problèmes des antagonismes inĂ©vitables entre groupes sur le territoire commun. A l'intĂ©rieur de la sphère occidentale, le point de vue anglo-saxon insiste encore davantage sur la loi (culture de la common law, et de la rule of law). Ceci correspond Ă  une religiositĂ© inspirĂ©e des protestantismes prĂ©occupĂ©s de l'usage rationnel du temps personnel (comme le montrait Max Weber), ce qui permet l'autodiscipline, libère un certain libĂ©ralisme et fait l'Ă©conomie d'un contrĂ´le par l'autoritĂ© collective.


     En France, le plus "laĂŻque" des pays occidentaux, - tradition que l’on pourrait faire remonter au gallicanisme de Philippe le Bel, Ă  la Pragmatique Sanction de Bourges, ou aux positions de Bossuet - on a plutĂ´t affaire Ă  une reprise administrative nationale de l'ancienne autoritĂ© catholique, oĂą se trouve prĂ©servĂ© un principe d'arbitrage divin et royal, dĂ©sormais dĂ©posĂ© dans l'État laĂŻque. La RĂ©volution française introduit un statut civil Ă©quivalent pour tous les citoyens, indĂ©pendamment des croyances ou appartenances religieuses, mais ne renie pas longtemps -avec NapolĂ©on - le principe du pouvoir transcendant et paternaliste. Celui-ci subsiste aujourd'hui dans la trame culturelle de ce pays qui demeure de ce point de vue de tradition catholique. NĂ©anmoins, comme partout ailleurs en Europe, on y rencontre le dĂ©bat avec les deux religions et cultures du "Livre" (la Bible), qui forment les deux autres variantes de la culture occidentale au sens large : la tradition judaĂŻque, qui insiste sur l'alliance entre Dieu et son peuple, au travers d'une loi interprĂ©table; et la tradition musulmane, qui veut rĂ©tablir le principe de la libertĂ© absolue de Dieu. On constate ici combien le monde des valeurs ne se dĂ©veloppe pas au hasard, mais bien comme système logique de diffĂ©rences assumĂ©es. On observe aussi que ce caractère de conversation entre les valeurs demeure le plus souvent inconscient, cachĂ© par l'intransigeance de leurs partisans respectifs.

  - Sous-chapitre : Les normes


     Les normes sont constituĂ©es par les attentes sur la façon dont les personnes doivent se comporter dans diverses situations. Chaque culture a des mĂ©thodes, appelĂ©es sanctions, pour imposer ses normes. Les sanctions varient avec l’importance de la norme ; les normes qu’une sociĂ©tĂ© impose formellement ont le statut de lois.


     On notera qu’en France, la langue française a le statut de langue officielle, et qu’à ce titre, elle est la langue de l’administration et du droit civil.


     Aux États-Unis, il existe une tradition normative très importante en matière industrielle et financière. Les normes comptables en Europe sont actuellement assez largement inspirĂ©es des normes amĂ©ricaines.

  - Sous-chapitre : Les institutions


     Les institutions sont les structures de la sociĂ©tĂ© dans et par lesquelles les valeurs et les normes sont transmises.


     On a vu que, dans le cas de la France, la dĂ©fense de la langue fut prise très tĂ´t en charge par le souverain, François I pour le statut de langue officielle du français (1539), Richelieu pour l’AcadĂ©mie française. De lĂ  est nĂ©e, en France et dans la plus grande partie de l’Europe, une tradition qui lie la culture avec les institutions publiques.


     Aux États-Unis, il n’existe pas une emprise aussi importante de la puissance publique sur la culture proprement dite. Ainsi, de nombreuses grandes entreprises ont des collections d’œuvres d'art telles qu’elles ouvrent des musĂ©es privĂ©s. Des hommes d'affaires et milliardaires n'hĂ©sitent pas Ă  rĂ©aliser du mĂ©cĂ©nat et par leur philanthropie alimentent de grandes fondations (qui portent d'ailleurs souvent leur nom) et qui ont dĂ©veloppĂ© des actions dans le secteur de la culture, des arts et de l'enseignement artistique (des grands musĂ©es comme le Metropolitan ou Guggenheim Ă  New-York, les Fondations comme Ford, Carnegie, etc.)). Les industries culturelles, mettant en Ĺ“uvre les bases d'un vĂ©ritable management culturel, se sont dès le dĂ©part dĂ©veloppĂ©es sur un modèle d'entreprises privĂ©es avec au fil des dĂ©cennies un mouvement de forte concentration financière faisant des grands groupes amĂ©ricains du secteur les principaux protagonistes d'un oligopole mondial des industries de l'entertainment et des mĂ©dias (Time Warner, Disney, Fox, ...). Ainsi, depuis les annĂ©es 1950, l’industrie amĂ©ricaine du cinĂ©ma, concentrĂ©e Ă  Hollywood, domine non seulement Ă©conomiquement mais aussi symboliquement, la distribution des films Ă  grand succès et la consĂ©cration des grandes vedettes.


     En France, la majoritĂ© des institutions culturelles sont des organisations en gestion publique ou des organisations de type associatif mais avec une forte dĂ©pendance Ă  des collectivitĂ©s publiques: acadĂ©mies, musĂ©es, bibliothèques, mĂ©diathèques, conservatoires, salles de concert et de théâtre, orchestres, opĂ©ras, Maisons des jeunes et de la culture. La France a Ă©tĂ© l'une des premières dĂ©mocraties modernes Ă  se doter d´un ministère de la Culture en 1959. Elle fut suivie par de nombreux autres pays en Europe mais selon des formules adaptĂ©es Ă  leur contextes respectifs. Les "petits pays" (petits par leur taille) comme les Pays-Bas, la Finlande, l´Autriche ou le Portugal, ont dans leurs organisations gouvernementales respectives un ministère plus large (Education par exemple) auquel est rattachĂ© un secrĂ©tariat d´État chargĂ© de la Culture. Les pays Ă  structure fĂ©dĂ©rale ont des Ă©quivalents dans leurs rĂ©gions (en rĂ©alitĂ© des Ă©tats fĂ©dĂ©rĂ©s) qui exercent la compĂ©tence culturelle. Ainsi, en Allemagne, dans chaque Land on trouve dans le gouvernement une direction de la Culture et des Arts, le plus souvent rattachĂ©e Ă  l´Enseignement, la Recherche et la Formation professionnelle (ce qui s´explique notamment par l´importance des institutions d´enseignement artistique). L´Espagne s´est quant Ă  elle dotĂ©e d´un ministère de la Culture en 1978, dès que la page du franquisme fut tournĂ©e. Le Royaume Uni constitue un exemple des plus intĂ©ressants dans la prise en compte de l´action Ă©tatique en faveur de la culture. Car il s´agissait d´abord pour le gouvernement d´intervenir et de soutenir les institutions artistiques et en particulier celles du spectacle vivant (théâtre, danse, musique) telles que la Royal Shakespeare Company, le Royal Opera House Covent Garden, les grands orchestres londoniens, etc.


     On trouve donc un schĂ©ma assez voisin dans les pays europĂ©ens. Dans le cas de la musique classique par exemple, onobserve que toutes les institutions musicales (hormis quelques notables exceptions) bĂ©nĂ©ficient du soutien de collectivitĂ©s publiques (État, rĂ©gions, villes). Le Royaume-Uni toutefois se distingue du reste de l'Europe car les institutions musicales y sont plus autonomes . elles sont rarement des Ă©tablissements publics. En revanche dans le domaine des musĂ©es, une forte proportion des institutions sont publiques. De ce point de vue, le Royaume-Uni se distingue des États-Unis, les traditions culturelles des deux pays Ă©tant assez distinctes.


     En France, on trouve quelquefois aussi des institutions privĂ©es (châteaux privĂ©s, Ă©comusĂ©e d'Alsace, le Puy du Fou) qui sont issus le plus souvent d’initiatives rĂ©gionales, mĂŞme si leur rayonnement est souvent national. Depuis une trentaine d’annĂ©es les collectivitĂ©s locales (communes, dĂ©partements et rĂ©gions) se sont dotĂ©es de leur propre politique culturelle et jouent un rĂ´le essentiel dans l’animation et la rĂ©gulation de la vie culturelle locale. Ces politiques, souvent menĂ©es en partenariat avec les services de l’État, participent de plusieurs logiques : facilitĂ© l’accès Ă  la culture du plus grand nombre, soutenir la crĂ©ation et les artistes, contribuer au dĂ©veloppement Ă©conomique et renforcer l’image des collectivitĂ©s locales.


     Depuis le TraitĂ© de Maastricht certains aspects de la culture font maintenant partie des responsabilitĂ©s de l’Union europĂ©enne, dans le cadre des principes de subsidiaritĂ©. En particulier, l’Union europĂ©enne doit veiller Ă  l’application de la politique linguistique europĂ©enne, qui pose certaines difficultĂ©s de mise en Ĺ“uvre.


     On a ainsi deux modèles assez distincts : le modèle amĂ©ricain, caractĂ©risĂ© par une alliance forte entre public et privĂ© (oĂą le privĂ© joue un rĂ´le prĂ©pondĂ©rant en matière purement culturelle), et le modèle europĂ©en, essentiellement public.

  - Sous-chapitre : Les artefacts


     Les artefacts — choses ou aspects de la culture matĂ©rielle — dĂ©crivent des valeurs et des normes d’une culture.






Chapitre : Les grandes manifestations de la culture collective


  - Sous-chapitre : Culture et art


     La culture est aussi indissociable du patrimoine artistique, dans le sens oĂą elle est un rattachement Ă  des valeurs traditionnelles. Cet aspect de la culture est beaucoup plus marquĂ© en Europe et en Asie, qu’en AmĂ©rique et surtout aux États-Unis, pour des raisons historiques Ă©videntes.


     NĂ©anmoins, les États-Unis admirent le patrimoine culturel europĂ©en, car il s’agit de leurs racines culturelles : on le constate dans les acquisitions des Ĺ“uvres d'art, dans leur prĂ©sence dans les lieux artistiques (Paris, Bruges, Venise, Égypte…), dans les mĂ©cĂ©nats amĂ©ricains pour la restauration de quelques Ă©lĂ©ments symboliques du patrimoine europĂ©en (château de Versailles…), dans les Ă©changes musicaux (chefs d'orchestre…), etc. Le respect des AmĂ©ricains pour l’histoire monarchique de la France paraĂ®t surprenant au premier abord, mais il rĂ©vèle cet attachement Ă  un patrimoine historique qu’ils n’ont pas, et une reconnaissance au rĂ´le jouĂ© par la France dans l’Histoire et dans la dĂ©fense des libertĂ©s aux États-Unis.


     Lorsqu’on parle de patrimoine, on pense le plus souvent Ă  l’architecture, mais c’est aussi la sculpture, la peinture, le vitrail, la musique, la littĂ©rature, le folklore, la langue…


     En Asie et en Afrique du Nord, on trouve un patrimoine extraordinairement riche, dans les civilisations chinoise, indienne, arabe et berbère par exemple. Le patrimoine de l’Afrique noire est aussi redĂ©couvert (arts premiers).

  - Sous-chapitre : Culture et langage


     Vous pouvez voir également : : CatĂ©gorie langue et culture


     La langue est probablement, dans les sociĂ©tĂ©s humaines, ce qui permet le mieux de vĂ©hiculer une culture, tant orale qu’écrite. C’est ainsi que la culture française s’est dĂ©veloppĂ©e dans l’Europe des Lumières, en fait essentiellement parce qu’elle Ă©tait parlĂ©e dans plusieurs cours princières. Cette prééminence du français Ă©tait due au rayonnement culturel de la France au XVIII siècle, et Ă  l’admiration que des souverains Ă©trangers (en Prusse, en Russie…) portaient, Ă  tort ou Ă  raison, aux souverains français.


     Cette prééminence avait en rĂ©alitĂ© Ă©tĂ© prĂ©parĂ©e par l’édit de Villers-CotterĂŞts, signĂ© par François I en 1539, qui Ă©tablissait le français comme langue officielle, c’est-Ă -dire comme langue de l’administration et du droit (Ă©crit). Puis, au XVII siècle, de grands Ă©crivains donnèrent au français classique ses lettres de noblesse. La France est probablement l’un des seuls pays au monde oĂą la langue parlĂ©e (et officielle) est soutenue par un système d’acadĂ©mies, qui en contrĂ´lent le bon usage. L’AcadĂ©mie française fut fondĂ©e dans ce sens par Richelieu en 1635.


     Aujourd’hui, la langue anglaise est devenue une langue vĂ©hiculaire, porteuse d’un grand nombre d’informations dans des domaines comme le militaire, la finance, la science, et aussi et surtout l’informatique, la plupart des langages informatiques Ă©tant historiquement formĂ©s sur des mots de la langue anglaise. Les normes, en particulier comptables (l’informatique Ă©tant issue Ă  l’origine de la comptabilitĂ© gĂ©nĂ©rale), tendent Ă  imposer un certain modèle culturel.


     En France, après la Seconde Guerre mondiale, on tendit Ă  rĂ©agir contre cette forme d’impĂ©rialisme linguistique en Ă©tablissant des liens culturels avec les pays de langue française dans le monde : la francophonie. La protection de la langue française est aujourd'hui intĂ©grĂ©e dans le droit français : article 2 de la Constitution de 1958, loi Toubon, etc.


     On voit Ă©galement s’établir des liens culturels autour de l’espagnol, entre l’Espagne et l’AmĂ©rique du Sud par exemple.


     L’arabe est Ă©galement un bon exemple des liens culturels Ă©tablis autour de cette langue parlĂ©e le plus souvent dans le monde musulman, et qui vĂ©hicula une brillante civilisation entre le VIII et le XV siècle.


     Le multilinguisme est, au moins officiellement, reconnu dans la politique linguistique de l'Union europĂ©enne, comme portant une valeur de diversitĂ© culturelle .


     Le langage Ă©tant l’un des modes de communication les plus importants (mais pas le seul), on voit apparaitre des modèles linguistiques de communication fondĂ©s sur les fonctions du langage. Dans le schĂ©ma de Jakobson, par exemple, on voit ces concepts culturels liĂ©s au message lui-mĂŞme, contenus notamment dans le code de communication.

  - Sous-chapitre : Culture et technique


     Sciences et techniques sont en interaction permanente, puisque les techniques sont les applications des sciences dans la sociĂ©tĂ©. Parler des manifestations techniques de la culture revient donc Ă  aborder ses relations avec les sciences.


     On constate, depuis plus de trois siècles, une incomprĂ©hension entre les sciences (plus prĂ©cisĂ©ment les sciences "exactes") et la culture, voire Ă  des conflits.


     Jacques Ellul a notamment dĂ©veloppĂ© la thèse selon laquelle la technique s'auto-accroĂ®t, imposant ses valeurs d'efficacitĂ© et de progrès technique, niant l'homme, ses besoins, et notamment sa culture.


     Claude Allègre note, dans Un peu de science pour tout le monde :

« Dans un monde que la rationalitĂ© façonne, l’irrationalitĂ© tend Ă  prendre le pouvoir, comme le montre l’essor sans prĂ©cĂ©dent des astrologues, cartomanciens, et sectes de tout poil. La raison principale de cette dĂ©rive est qu’au nom d’une spĂ©cialisation nĂ©cessaire et toujours exigeante, les scientifiques se sont isolĂ©s et ont laissĂ© la science s’abstraire de la culture gĂ©nĂ©rale. Or, il n’y a pas d’avenir pour un savoir humain, quel qu’il soit, en dehors de la culture, et il ne saurait ĂŞtre de culture dans le monde d’aujourd’hui qui tienne la science Ă  distance. Â»

     Le philosophe Hans Jonas montre en effet, dans le Principe responsabilitĂ© (1979), que l’homme tend Ă  adopter, vis-Ă -vis de la science et surtout de ses applications technologiques, un comportement promĂ©thĂ©en. Il prĂ´ne le principe de prĂ©caution et se trouve Ă  l’origine des principes philosophiques du dĂ©veloppement durable.


     L’astrophysicien Jean Audouze, ancien directeur de l’Institut d’astrophysique de Paris, dresse le mĂŞme constat, et appelle de ses vĹ“ux une rĂ©conciliation entre la science et la culture.






Chapitre : Importance et place de la culture collective


  - Sous-chapitre : La diversitĂ© culturelle dans les communautĂ©s humaines


     On distingue Ă  travers le monde, les cultures Ă©crites et les cultures orales.


     La langue, Ă©crite ou orale, joue ainsi un rĂ´le essentiel dans l’élaboration d’une forme de connaissance sociale, qui est la pensĂ©e du sens commun, socialement Ă©laborĂ©e et partagĂ©e par les membres d’un mĂŞme ensemble social ou culturel. On appelle quelquefois cette connaissance commune une reprĂ©sentation sociale.


     Dans le domaine de l’archĂ©ologie et de l’anthropologie, la culture se dĂ©finit comme Ă©tant l’ensemble des connaissances et des comportements qui caractĂ©risent une sociĂ©tĂ© humaine, ou plus gĂ©nĂ©ralement un groupe humain Ă  l’intĂ©rieur d’une sociĂ©tĂ©.


     Seulement quelques cultures sont parvenues Ă  l’état de civilisation dans l’Histoire de l’humanitĂ©.


     MĂŞme s’il existe une culture dominante dans une sociĂ©tĂ©, gĂ©nĂ©ralement formĂ©e autour de la culture de l’élite, il se forme toujours des groupes sociaux dont les intĂ©rĂŞts, les pratiques, sont particuliers par rapport Ă  la culture dominante. On trouve ainsi diverses formes de cultures, comme la culture populaire, la culture de masse, la culture de jeunesse, ou ce que l’on appelle la subculture (ou culture intime).


     Dans la dĂ©finition que donne l'UNESCO du patrimoine culturel immatĂ©riel, la diversitĂ© culturelle apparait comme un Ă©lĂ©ment dĂ©terminant :

« Ce patrimoine culturel immatĂ©riel, transmis de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration, est recréé en permanence par les communautĂ©s et groupes en fonction de leur milieu, de leur interaction avec la nature et de leur histoire, et leur procure un sentiment d'identitĂ© et de continuitĂ©, contribuant ainsi Ă  promouvoir le respect de la diversitĂ© culturelle et la crĂ©ativitĂ© humaine Â».

     La culture enfantine se distingue de celle des adultes, car les systèmes de reprĂ©sentation d’un enfant et d’un adulte sont nĂ©cessairement diffĂ©rents.


     Faire dialoguer des personnes de cultures diffĂ©rentes peut nĂ©cessiter une mĂ©diation interculturelle. Des personnes se sont spĂ©cialisĂ©es dans la mĂ©diation culturelle.

  - Sous-chapitre : La culture par rapport Ă  la nature


     Beaucoup de personnes aujourd’hui identifient souvent la culture ou la « civilisation Â» Ă  un Ă©tat Ă©voluĂ© de l’humanitĂ©, qui s’opposerait, selon eux, Ă  l’état sauvage, la « nature Â» Ă©tant un Ă©tat sauvage selon eux. Beaucoup de projets rĂ©alisĂ©s du XVIII siècle au dĂ©but du XX siècle, qui eurent lieu dans le cadre de la rĂ©volution industrielle, s'orientèrent dans le sens prĂ©cĂ©dent.


     Tel n’était pourtant pas le cas de beaucoup de philosophes des Lumières, comme John Locke qui fonda la philosophie politique sur la loi de la nature (law of nature), Robert Boyle, auteur d’ouvrages sur la mĂ©thode expĂ©rimentale (voir philosophie de la nature), Jean-Jacques Rousseau (rĂŞveries d’un promeneur solitaire), Samuel von Pufendorf (qui inspira la constitution des États-Unis), ou de nombreux courants de peinture au XIX siècle (Ă©cole de Barbizon, impressionnisme…).


     Dans les dernières dĂ©cennies, de nombreux philosophes se sont inquiĂ©tĂ©s des rapports avec la nature (RenĂ© Dubos, Hans Jonas…).


     Selon la philosophie moderne, et en particulier dans le sillage de Claude LĂ©vi-Strauss, on considère que la culture est naturelle Ă  l'homme, en tant que tous les hommes en ont une et qu'un quelconque "Ă©tat de nature" (Ă©tat prĂ©-culturel) ne serait que pure fiction. Pour ce thème, voir l'article Jean-Jacques Rousseau.


     Des dĂ©couvertes rĂ©centes tendent Ă  dĂ©montrer que la nature, le biologique, influence la culture. Par leurs recherches, Robert Stoller et ses collaborateurs ont montrĂ© que, dans des cas d'erreur sur la dĂ©termination du sexe Ă  la naissance rĂ©sultant d'une anomalie biologique non apparente, des forces de la nature agissent « sur les attitudes et comportements d'un enfant Ă  travers ses jeux, son habillement, ses choix de pertenaires de jeu, etc., autrement dit, que l'innĂ© peut influencer l'acquis. Â»


     Vous pouvez voir également : : Ă©tat de nature, Philosophie de la nature, dĂ©veloppement durable


     MĂŞme si la culture physique Ă©tait Ă  l’origine cantonnĂ©e aux gymnases, le dĂ©veloppement des activitĂ©s sportives modernes tend Ă  se rapprocher de la nature : alpinisme, ski (notamment le ski de fond), cyclisme, kayak, canyoning…

  - Sous-chapitre : Le facteur culturel dans la mondialisation


     Sans doute la mondialisation fait intervenir des enjeux culturels considĂ©rables. Après la fin de la guerre froide, on assiste ainsi parfois Ă  ce que l’on appelle un choc des civilisations.


     Depuis la chute du mur de Berlin (1989), on tend ainsi Ă  voir apparaĂ®tre un modèle prĂ©dominant, le modèle anglo-saxon rĂ©putĂ© "libĂ©ral", mais oĂą, en fait, on trouve un engagement très fort de la puissance publique amĂ©ricaine dans l’industrie de l’armement et l’industrie informatique. L’emprise amĂ©ricaine est particulièrement forte sur les aspects culturels, et joue sur les interactions multiples (entreprises, partenariats avec des ONG) Ă  partir des composants fondamentaux de la culture (valeurs, normes, institutions, artefacts). L'influence socioculturelle s'exerce par l'intermĂ©diaire du social learning, et de ses composantes que sont l'enseignement, la langue, et le cinĂ©ma.


     Ce modèle anglo-saxon, appuyĂ© sur l’anglais comme langue vĂ©hiculaire, tend Ă  imposer certains modes de fonctionnement dans les institutions mondiales, notamment commerciales, qui, selon certains observateurs, peuvent traduire une forme d’impĂ©rialisme culturel et linguistique.


     Le dĂ©veloppement de la culture de masse depuis les annĂ©es 1930, dans le sillage de l’amĂ©ricanisation, a favorisĂ© des modes de consommation et de production qui ne sont plus forcĂ©ment aujourd’hui compatibles avec les contraintes sociĂ©tales contemporaines.


     Face Ă  cette forme de domination, certains pays rĂ©agissent en prĂ´nant la diversitĂ© culturelle, et s’organisent en consĂ©quence.


     En France, l’expression exception culturelle tend Ă  prendre un sens pĂ©joratif, dans la mesure oĂą les solutions adoptĂ©es pour dĂ©fendre la diversitĂ© culturelle passent par des formes d’action concentrĂ©es autour de l’État (aides publiques et subventions aux diffĂ©rentes formes de mĂ©dias…), qui ne vont pas nĂ©cessairement dans le sens de la qualitĂ© de la crĂ©ation culturelle.

  - Sous-chapitre : La culture par rapport au patrimoine

Article dĂ©taillĂ© : Patrimoine (culture).

     SpontanĂ©ment, l'expression patrimoine culturel fait penser Ă  un patrimoine matĂ©riel (sites, monuments historiques, Ĺ“uvres d'art, ...). L'UNESCO a Ă©tabli en 1972 une liste du patrimoine mondial, composĂ©e de plusieurs centaines de sites dans le monde.


     Cette conception du patrimoine a Ă©voluĂ© depuis une quinzaine d'annĂ©es. On lui a d'abord adjoint une liste MĂ©moire du monde (1992), qui recense les collections documentaires d'intĂ©rĂŞt universel (dĂ©claration des droits de l'homme et du citoyen, instauration du système mĂ©trique, mĂ©moire du canal de Suez, ...).


     En 1997, la notion de patrimoine oral et immatĂ©riel de l'humanitĂ© a Ă©tĂ© dĂ©finie par l'UNESCO.


     On s'oriente donc progressivement vers une conception du patrimoine qui inclut Ă  la fois un patrimoine matĂ©riel, mais aussi un patrimoine culturel immatĂ©riel (PCI).


     Ce changement de conception du patrimoine n'est pas sans avoir de consĂ©quence sur les reprĂ©sentations sociales et la psychologie sociale des communautĂ©s, puisque les traditions vivantes (carnaval de Binche par exemple) et documentaires sont reconnues au mĂŞme titre que les monuments et Ĺ“uvres d'art du passĂ©.


     Lorsque des effets similaires se produisent sur un ensemble d’individus appartenant Ă  une mĂŞme communautĂ©, on parlera plutĂ´t de biais culturel.

  - Sous-chapitre : Les relations entre culture et entreprises privĂ©es

Article dĂ©taillĂ© : Culture d'entreprise.

     L’objectif des entreprises n’est pas le plus souvent de produire de la culture. NĂ©anmoins, et mĂŞme dans les secteurs autres que la culture, d’une part, on trouve de plus en plus de liens avec les activitĂ©s culturelles, et d’autre part la notion de culture d'entreprise se dĂ©veloppe, avec l’apparition de chartes dĂ©finissant les valeurs partagĂ©es des personnes travaillant dans une mĂŞme entreprise.


     Historiquement, ce fut la crĂ©ation des comitĂ©s d'entreprise qui permit d’abord aux employĂ©s de bĂ©nĂ©ficier d’activitĂ©s culturelles proches de leur lieu de travail (prĂŞt de livres, de disques…).


     Plus rĂ©cemment, les activitĂ©s de mĂ©cĂ©nat se sont multipliĂ©es, afin de renforcer l’image des entreprises : par exemple le sport (voile, tennis, football, cyclisme…), pour donner une image d’esprit d'Ă©quipe.


     Le mĂ©cĂ©nat tend Ă  s’ouvrir aujourd’hui Ă  des activitĂ©s plus artistiques. On peut voir par exemple des entreprises privĂ©es participer Ă  l’organisation d’expositions. Ainsi une entreprise du secteur pĂ©trolier peut trouver des intĂ©rĂŞts Ă  participer Ă  des expositions en relation avec la culture arabo-musulmane par exemple.


     Dans le cadre de stratĂ©gies de dĂ©veloppement durable et de responsabilitĂ© sociĂ©tale, on trouve aujourd’hui une multiplication des messages des entreprises autour de chartes d’entreprise, et de mĂ©cĂ©nats culturels ou sociaux. Ces diffĂ©rents aspects ont pour objectif de renforcer l’image de l’entreprise.


     Ce type d’activitĂ© est très naturel aux États-Unis, oĂą les relations entre entreprises et ONG s’établissent facilement. Ce mode de fonctionnement dĂ©centralisĂ© et privĂ© n’est pas encore totalement passĂ© dans les mĹ“urs dans beaucoup de pays europĂ©ens, particulièrement en France, oĂą la puissance publique, on l’a vu, joue traditionnellement un rĂ´le important. Les ONG culturelles peuvent pourtant favoriser l’éducation dans les pays en dĂ©veloppement (en Afrique par exemple), et renforcer les liens.


     NĂ©anmoins, si l’entreprise considère le mĂ©cĂ©nat comme de la communication pure dans ses rapports d’activitĂ© annuels (voir responsabilitĂ© sociĂ©tale), cela peut cacher dans certains cas des insuffisances dans les stratĂ©gies.


     La culture d'entreprise, impulsĂ©e par les dĂ©cideurs, et expliquĂ©e aux employĂ©s et aux parties prenantes de l’entreprise, devrait ainsi participer, d’une manière gĂ©nĂ©rale, Ă  la construction d’une culture stratĂ©gique d’entreprise.






Chapitre : Évolution, diffusion et sélection culturelles


  - Sous-chapitre : Principes gĂ©nĂ©raux de l’évolution culturelle


     Les cultures concernant la seule espèce humaine, et que l'on peut repĂ©rer dans le vivant au lien Ă©troit qu'elles entretiennent avec le langage symbolique et avec les formes spĂ©cifiques d'organisation, les techniques et technologies qui en dĂ©coulent, se modifient sans cesse depuis leur Ă©mergence, il y a plusieurs centaines de milliers d'annĂ©es. Elles se situent dans le prolongement des cultures des primates qui furent nos ancĂŞtres, et qui ressemblaient plausiblement en partie Ă  celles qui sont encore celles de "nos cousins" les grands singes. Toutefois, entre l'utilisation de la voix (dans l'aria des gibbons) ou le recours Ă  l'instrumentation simple, voire jour de relations sociales très complexes (chez les chimpanzĂ©s), et le fonctionnement dĂ©coulant d'une interposition d'une grille de signifiants commune entre les individus d'une mĂŞme sociĂ©tĂ© et le monde, il existe une rupture. Celle-ci est difficilement niable, quels que soient les efforts -mĂ©ritoires et fort utiles - pour abolir la notion de "propre de l'homme", qui reste Ă  expliquer, notamment pour ce qu'il a entraĂ®nĂ© une divergence assez extraordinaire entre le destin de notre espèce et ceux des autres, les plus proches.


     Il se manifeste deux lignes d'analyse antagoniques sur ce problème : l'une met en avant lĂ©gitimement l'appartenance de l'humanitĂ© Ă  la nature, et se dĂ©fie des prĂ©jugĂ©s religieux (prĂ©fĂ©rant situer l'origine de l'homme dans une dĂ©cision divine), ou de la rĂ©ticence largement partagĂ©e Ă  accepter que nous sommes aussi une espèce animale. La seconde, fondant les sciences humaines et sociales, tente de rĂ©sister Ă  un "naturalisme" rĂ©ducteur en dĂ©fendant leur domaine propre, irrĂ©ductible Ă  d'autres niveaux de rĂ©alitĂ© : le domaine d'une anthropologie qui trouve prĂ©cisĂ©ment son territoire dans l'Ă©tude de ce que l'homme ne partage pas avec les autres animaux. Il faut sans doute dĂ©passer les formes dogmatiques de cet antagonisme inĂ©vitable pour dĂ©finir plus finement le rapport entre "continuitĂ© naturelle" entre cultures des primates et cultures humaines, et l'apparition d'une divergence spĂ©cifique. Pour ce faire, on peut recourir jusqu'Ă  un certain point Ă  l'analogie entre la "longue Ă©volution" (du vivant) et la "très courte" (de la culture humaine) : des biologistes (comme Jean Claude Ameisen) ont Ă©tudiĂ© l'histoire des bactĂ©ries, afin de comprendre l'incroyable complexitĂ© des mĂ©canismes assurant vie et mort des cellules dans les organismes multicellulaires. Ils concluent Ă  la nĂ©cessitĂ© de reconstituer des "Ă©poques disparues", pour interprĂ©ter la situation prĂ©sente, et comprendre des phĂ©nomènes cle cancer. D'autres biologistes se sont intĂ©ressĂ©s davantage Ă  l'histoire des espèces elles-mĂŞmes : dans tous les cas, l'analogie avec les histoires humaines se rĂ©vèle heuristique, quitte Ă  payer le prix de l'anthropomorphisme en dotant les gènes ou les cellules de traits humains intentionnels comme des "intĂ©rĂŞts", ou des "stratĂ©gies". En revanche, les spĂ©cialistes des sciences humaines utilisent peu le recours aux savoirs biologiques. Ils ont sans doute tort en partie, mais leurs arguments n'ont rien Ă  voir avec une variante du "CrĂ©ationnisme" : ils tentent seulement de mettre au point des outils d'analyse qui ne soient pas d'abord importĂ©s d'autres disciplines, alors que dans leur propre domaine (notamment pour la pĂ©riode de moins de 30 000 ans pour laquelle ils disposent de traces incontestables de la culture symbolique : rites funĂ©raires, reprĂ©sentations, systèmes de signes), la diversitĂ© et la confluence, bref le mouvement des cultures, semble obĂ©ir en prioritĂ© Ă  des lois spĂ©ciales.

Analogies avec l'évolution biologique


     Tout comme il y a une Ă©volution biologique, certains Ă©thologues, ainsi que plusieurs gĂ©nĂ©ticiens, estiment qu’il y a une Ă©volution culturelle, et que cette Ă©volution se fait par mutation, puis est transmise par des "gènes" de la culture, appelĂ©s mèmes, qui subissent une pression sociale et environnementale, aboutissant Ă  leur disparition ou au contraire Ă  leur expansion (propagation).


     La spĂ©cificitĂ© durable des cultures humaines est qu’elles fonctionnent comme des "conversations politiques" entre positions diffĂ©rentes, des processus de propositions-objections, rĂ©organisant constamment les collectifs sociaux. La disparition d’une culture n’est donc pas nĂ©cessairement la "mort" d’un organisme, mais le passage Ă  une autre configuration conversationnelle ; l’abandon de certaines mĂ©taphores collectives pour d’autres. L'analogie avec l'Ă©volution des formes vivantes demeure intĂ©ressante et fructueuse car, comme les cultures langagières humaines, les espèces biologiques sont les produits d'une histoire : elles ne "meurent" pas comme les organismes, mais se transforment. Comme l’a montrĂ© l'anthropologue britannique Mary Douglas, aucune culture humaine n’est "homogène" : elle rĂ©sulte toujours d’une diffĂ©renciation interne entre partisans (ou adeptes) de valeurs plus individualistes, de valeurs plus collectives, de solutions organisationnelles hiĂ©rarchiques et enfin de formes de rĂ©sistance passive ou active Ă  toutes les valeurs en vigueur. MĂŞme dans les sociĂ©tĂ©s dites — Ă  tort — "primitives" et supposĂ©es "sans histoire", il n’existe pas de stabilitĂ© culturelle, de consensus sans rĂ©sistance, d’unicitĂ© sans variations individuelles ou collectives. De la mĂŞme façon, il n'existe pas d'espèces "homogènes" constituĂ©es d'individus tous identiques, toute espèce se caractĂ©rise en effet par un rĂ©pertoire de gènes communs mais aussi une diversitĂ© gĂ©nĂ©tique entre les individus qui la composent. Dans une espèce donnĂ©e, l'apparition et la diffusion de nouveaux allèles rĂ©sultera d'une compĂ©tition au sein du pool gĂ©nĂ©tique, elle aussi marquĂ©e par une "rĂ©sistance" au changement quantifiable en termes de dĂ©rive et d'antidĂ©rive gĂ©nĂ©tique.


     L'analogie entrĂ© Ă©volution biologique et Ă©volution culturelle doit toutefois ĂŞtre mesurĂ©e : il ne s'agit pas des mĂŞmes espaces de temps, l'Ă©volution du vivant courant sur des centaines de millions d'annĂ©es, alors que les cultures humaines se distinguent des cultures des autres primates par le fait qu'elles se dĂ©veloppent probablement seulement depuis quelques centaines de milliers d'annĂ©es, certains linguistes datant mĂŞme l'Ă©mergence du langage symbolique Ă  moins de 60 000 ans.


     Une autre diffĂ©rence substantielle, entre Ă©volution des vivants et Ă©volution des cultures humaines, est leur tendance Ă  s'organiser sur certains plans en une "culture mondiale" unitaire : or si la vie ne se reproduit et n'Ă©volue que par la mise en compĂ©tition d'une multitude d'espèces et d'organismes, elle ne connaĂ®t pas l'organisation unique. L'idĂ©e mĂŞme d'une unique espèce ou d'un unique organisme serait absurde. On peut d'ailleurs s'interroger sur le sens que peut prendre la tendance Ă  une sociĂ©tĂ© "planĂ©taire".

Coévolution gène-culture


     D'autres liens plus directs ont Ă©tĂ© proposĂ©s entre l'Ă©volution des cultures humaines et l'Ă©volution biologique de l'espèce humaine sous le concept de coĂ©volution gène-culture. Selon cette thĂ©orie dĂ©veloppĂ©e par les sociobiologistes Charles J. Lumsden et Edward O. Wilson au dĂ©but des annĂ©es 1980, les traditions culturelles peuvent ĂŞtre dĂ©composĂ©es en culturgènes c'est-Ă -dire en petites "unitĂ©s" de culture. La transmission culturelle est donc fortement influencĂ©e par la nature de l'esprit humain qui est le produit d'une Ă©volution biologique. Mais rĂ©ciproquement, un comportement culturel peut aussi favoriser Ă©volution gĂ©nĂ©tique via la stabilisation de certains gènes qui donnent un avantage adaptatif dans le groupe oĂą ce comportement culturel est observĂ©.

Histoire et devenir des cultures humaines


     Depuis que les primates humains ont adoptĂ© le langage symbolique pour reprĂ©senter leurs relations, celui-ci les a entraĂ®nĂ©s dans un mouvement rapide qui les distingue des cultures des autres primates (telles que les dĂ©crit par exemple l’éthologue Frans de Waal, lorsqu’il parle de « politique du ChimpanzĂ© Â») : les mots fixĂ©s par les systèmes de signifiants ne sont en effet jamais assez prĂ©cis et englobants pour empĂŞcher la controverse. Ainsi l’histoire des cultures (Ă  commencer par celle des mythes Ă©tudiĂ©s par Claude LĂ©vi-Strauss) est-elle celle d’une sorte de "course-poursuite" entre diffĂ©rentes façons de "prendre la vie".


     Il est possible que la culture mondiale en formation rĂ©duise la richesse des possibilitĂ©s des milliers de cultures encore existantes, mais elle pourra difficilement absorber dans un modèle unique les diffĂ©rentes "passions fondamentales" dont elle est le lieu d’expression, non seulement dans l’art ou la religion, mais aussi dans l’activitĂ© pratique et dans le dĂ©bat politique.

  - Sous-chapitre : Culture et transmission, la Toile


     Conscients de l’importance des mĂ©dias (journaux, radio, tĂ©lĂ©phone, tĂ©lĂ©vision, …), dans la diffusion de la culture, les gouvernements ont souvent eu la tentation de contrĂ´ler la diffusion des informations par la prise de contrĂ´le des mĂ©dias. Cela prit parfois des formes de propagande, soit via l’art, ou la nationalisation des moyens de diffusion par l’État.


     Ă€ l’époque du web, l’approche moderne pour apprĂ©hender la diffusion de la culture par les mĂ©dias, mais aussi par la langue, est sans doute celle de la mĂ©diologie. Ce qui caractĂ©rise aujourd’hui la diffusion par les mĂ©dias, spĂ©cifiquement internet, c’est que l’individu n’est plus seulement destinataire de l’information (radio, tĂ©lĂ©vision) ou Ă©metteur dans une relation un Ă  un (tĂ©lĂ©phone). Il peut aussi Ă©mettre Ă  un grand nombre d’individus, par le biais de forums, messageries, blogs…


     Cette forme de communication fait penser Ă  l’apparition de l’imprimerie au XV siècle. On sait comment cette forme de diffusion bouleversa la sociĂ©tĂ© europĂ©enne, pour finalement assurer un fort dĂ©veloppement lors de la Renaissance, Ă  travers les grandes dĂ©couvertes.


     Ă€ notre Ă©poque, nous vivons un passage de la culture de l’écrit Ă  une culture de l’information codĂ©e numĂ©riquement sur support Ă©lectronique : disque, CD-ROM, diffusion par internet… Cette transformation radicale n’est pas sans poser des problèmes de propriĂ©tĂ© intellectuelle pour les artistes. Par exemple, l’industrie du disque peut ĂŞtre gravement menacĂ©e par la multiplication des actes de piratage.


     Un autre aspect significatif de cette mutation est le fait que les bibliothèques sont maintenant amenĂ©es Ă  s’ouvrir aux mĂ©dias numĂ©riques. On appelle de plus en plus les bibliothèques des mĂ©diathèques, puisque le support du mĂ©dia n’est plus seulement le papier, mais un support numĂ©rique. Il s’agit alors de bibliothèques numĂ©riques. La sĂ©lection sur critères des ouvrages sur des Ă©crans informatiques permet de trouver plus facilement l’ouvrage dans les rayonnages, et l’information recherchĂ©e.


     Lorsque la mĂ©diathèque renferme des jeux, il s’agit alors d’une ludothèque.


     Le nombre de sites web dans chaque pays, et notamment le nombre de sites web par habitant, est un indicateur de la diffusion contemporaine de la culture, autour de la langue.


     RĂ©gis Debray pense que la transmission de la culture comporte une forte composante de croyance et de sacrĂ©. Selon lui, après deux premières rĂ©volutions, celle du codex (la Bible), et celle de l'imprimerie, l'humanitĂ© vit aujourd'hui une nouvelle rĂ©volution qui s'appuie sur les technologies de l'information et notamment sur la Toile

  - Sous-chapitre : Culture et zones de contact entre civilisations


     L’Histoire montre que les zones de contact entre civilisations peuvent ĂŞtre sources de conflits, ou au contraire extrĂŞmement fructueuses sur le plan des Ă©changes culturels.


     On peut citer par exemple les Ă©changes maritimes dans la Grèce antique entre les citĂ©s et leurs colonies (ÉlĂ©e, PhocĂ©e…), dans la Rome antique, Venise, les zones de contact en Espagne entre musulmans et chrĂ©tiens (Califat de Cordoue), la Syrie après les conflits des Croisades, la route de la soie, le royaume de Roger II de Sicile (qui apporta une connaissance cartographique prĂ©cieuse Ă  l’occident Ă  partir du savoir arabo-musulman, Ă  Palerme ; les contributions de Al Idrissi en sont emblĂ©matiques.), les voyages de missionnaires et d’explorateurs, le commerce Ă  partir de Bruges (villes hansĂ©atiques et relations maritimes avec le sud de l’Europe), le protectorat français au Maroc…


     C’est par ce type d’échanges que de nombreux traitĂ©s scientifiques et philosophiques sont parvenus en occident, depuis la Grèce antique, l’Asie, la MĂ©sopotamie, l’Inde, ainsi que des techniques très utiles : boussole, sextant, informations cartographiques, papier, imprimerie, chiffres "arabes"…






Chapitre : Culture générale d’un individu



     La culture d’un individu, aussi appelĂ©e culture gĂ©nĂ©rale, correspond Ă  l’ensemble des connaissances qu’il a sur le monde.


     Elle est en partie construite par l’éducation et l’enseignement, mais comprend de surcroĂ®t une part de construction active de la part de l’individu. Elle comprend aussi une dimension de structuration de l’esprit, vis-Ă -vis de l’ensemble des connaissances : La culture est ce qui reste lorsque l’on a tout oubliĂ© (attribuĂ© en gĂ©nĂ©ral Ă  Édouard Herriot). Cette structuration donne au sujet cultivĂ© la capacitĂ© de rattacher facilement un quelconque domaine d’étude Ă  ses connaissances. C’est la culture gĂ©nĂ©rale.


     Ainsi, la culture gĂ©nĂ©rale peut inclure des connaissances aussi diverses que l’Histoire, la musique, l’art, la littĂ©rature, les sciences, l’astronomie, la gĂ©ographie, la philosophie, le cinĂ©ma, le sport…


     On voit cependant que cette conception de la culture, qui peut paraĂ®tre Ă©litiste, correspond en fait Ă  la dĂ©finition de la culture individuelle. Les cultures de diffĂ©rents groupes sociaux (culture populaire par exemple) peuvent comporter des formes de connaissances plus variĂ©es ou plus particulières.


     Par rapport Ă  ces formes de culture, la culture gĂ©nĂ©rale est le fond de culture minimal que devrait possĂ©der un individu pour pouvoir s’intĂ©grer dans la sociĂ©tĂ©.






Chapitre : Notes


  1. ↑ définition de l'UNESCO de la culture, Déclaration de Mexico sur les politiques culturelles. Conférence mondiale sur les politiques culturelles, Mexico City, 26 juillet - 6 août 1982.+.
  2. ↑ Le terme allemand Weltanschauung ou « vision du monde Â» est aussi utilisĂ© en psychologie allemande, avec Erich Fromm, par exemple. Il correspond Ă  la « construction de l’intĂ©rieur Â» ou « instruction Â» du Bildung.
  3. ↑ (voir aussi Kultur (Begriffsklärung))
  4. ↑ Source : Wikipedia anglophone et Hoult, T. F, ed. 1969. Dictionary of Modern Sociology, p. 93
  5. ↑ Source : Wikipedia anglophone et Forsberg, A. Definitions of Culture
  6. ↑ Voir le site de l'observatoire européen du plurilinguisme et la déclaration de Montréal.
  7. ↑ Pour plus de détails, voir Définition du patrimoine culturel immatériel selon l'UNESCO
  8. ↑ La nécessaire compréhension entre les sexes, Paul-Edmond Lalancette, p. 144, Québec, 2008.
  9. ↑ Éric DenĂ©cĂ© et Claude Revel, l’autre guerre des États-Unis, Ă©conomie : les secrets d'une machine de conquĂŞte, 2005], pages 159 Ă  172
  10. ↑ Régis Debray, Transmettre, Odile Jacob, 1997, traduit en anglais en 2000 sous le titre de Transmitting culture.





Chapitre : Bibliographie


    Liste :
  • Mario d'Angelo, Isabelle Goubie, DiversitĂ© culturelle et dialogue des civilisations, l'Ă©volution des concepts de 1990 Ă  2001, coll. Innovations & DĂ©veloppement, IdĂ©e Europe, Paris, 2002
  • JĂ©rĂ´me ClĂ©ment, La Culture expliquĂ©e Ă  ma fille, Paris, Plon, 2000 (ISBN 2020395886)
  • Jacques Demorgon, ComplexitĂ© des cultures et de l'interculturel. Contre les pensĂ©es uniques, Economica, 2004.
  • Jacques Demorgon, L'histoire interculturelle des sociĂ©tĂ©s. Pour une information monde, Economica, 2002.
  • Jacques Demorgon, Critique de l'interculturel. L'horizon de la sociologie. Economica, 2005.
  • Jacques Demorgon, Les sports dans le devenir des sociĂ©tĂ©s, L'Harmattan, 2005.
  • RĂ©gis Debray, Transmettre, Odile Jacob (1997), traduit en anglais en 2000 (transmitting culture).
  • R. Boyd, J. Silk, L’Aventure humaine : des molĂ©cules Ă  la culture, Bruxelles, 2004, trad. de la 3e Ă©d. [ISBN 2-8041-4333-3].
  • D. Cuche, La Notion de culture dans les sciences sociales, Paris, 2004, 3 Ă©d. (Repères, 205) [ISBN 2-7071-4264-6].
  • Jean Dubuffet, Asphyxiante culture, Édition de Minuit, Paris, 1986 [ISBN 2-7073-1084-0]
  • Paul-Edmond Lalancette, La nĂ©cessaire comprĂ©hension entre les sexes, QuĂ©bec, 2008, p. 100 Ă  150, ISBN: 978-2-9810478-0-9.
  • Peter Sloterdijk, La Domestication de l’être, Édition Mille et une nuits, 2000 [ISBN 2-84205-503-9]
  • Paul Claval : gĂ©ographie culturelle
  • D. Lestel, Les Origines animales de la culture, Paris, 2003 (Champs, 543) [ISBN 2-08-080069-8].

     Sur les institutions culturelles


     Sur les politiques culturelles :

    Liste :
  • Mario d'Angelo, Paul VespĂ©rini, Les politiques culturelles en Europe, Ă©ditions du Conseil de l'Europe, Strasbourg, 1998-2001 (4 vol.)
  • Philippe Poirrier, L’État et la culture en France au XX siècle, Paris, Le Livre de Poche, 2006.
  • Philippe Poirrier, Art et pouvoir de 1848 Ă  nos jours, Cndp, 2006.
  • Philippe Poirrier, Les Politiques culturelles en France, Paris, La Documentation française, 2002.
  • Philippe Poirrier (Ă©d.), Politique culturelle et patrimoines, Culture & MusĂ©es, janvier-juin 2007, n°9.
  • Serge Regourd, L’Exception culturelle, Paris, Puf, 2002.
  • J.M. Tobelem, P. Ory, L'Arme de la culture. Les stratĂ©gies de la diplomatie culturelle non gouvernementale, Paris, L'Harmattan, 2007, 264p.





Chapitre : Vous pouvez voir également :


  - Sous-chapitre : Culture collective et civilisation

  - Sous-chapitre : Culture individuelle

  - Sous-chapitre : Manifestations de la culture

  - Sous-chapitre : Aspects sociaux

  - Sous-chapitre : Organisations chargĂ©es de la culture

  - Sous-chapitre : Technique

  - Sous-chapitre : Autres


     Artisanat, Commerce, Politique, Artificiel, Religion

  - Sous-chapitre : Faune et flore






Chapitre : Liens externes


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