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Introduction :

     
La Constitution (écrit généralement avec une majuscule) est un texte qui fixe l'organisation et le fonctionnement d'un organisme, généralement d'un État.







Suite de l'article :

La Constitution d'un État a valeur de loi, est à la fois l'acte politique à valeur juridique et la loi fondamentale qui unit et régit de manière organisée et hiérarchisée l’ensemble des rapports entre gouvernants et gouvernés au sein de cet État, en tant qu'unité d'espace géographique et humain.



     La Constitution garantit les droits et les libertĂ©s de la communautĂ© humaine concernĂ©e.


     Si la fiction juridique veut que la Constitution fonde et encadre juridiquement l'État, il est entendu que l'histoire politique la prĂ©cède et peut lui confĂ©rer Ă  la fois sa lĂ©gitimitĂ© circonstanciĂ©e et la permanence de son autoritĂ©. Cette histoire politique est alors rĂ©introduite dans le droit en Ă©tant qualifiĂ©e de pouvoir constituant primaire (le pouvoir souverain qui Ă©tablit une nouvelle constitution).


     Plusieurs pays honorent et maintiennent une conscience nationale par un jour de cĂ©lĂ©bration officielle (fĂŞte nationale, fĂŞte fĂ©dĂ©rale, jour de la constitution, Constitution Day en anglais).


     Le terme Constitution est Ă©galement utilisĂ© pour dĂ©signer les règles fondamentales d'organisations autres que des États souverains : on peut ainsi parler de :


     Toutefois, il serait plus correct, pour ces organisations, d'employer les termes de traitĂ©, sinon d'acte fondateur.

- Sommaire de la page -









Chapitre : Étymologie



     Nom formĂ© Ă  partir de deux Ă©lĂ©ments latins :

    Liste :
  • « cum Â» prĂ©fixe qui signifie « ensemble Â» ;
  • « statuere Â» le fait « d'Ă©tablir Â».

     LittĂ©ralement le fait de fixer ou d'Ă©tablir ensemble.






Chapitre : Définition



     Une Constitution c’est un ensemble de règles, qui s’impose tant aux Ă©lus du Parlement et du SĂ©nat, qu’à tout citoyen, et qui maintient la cohĂ©sion de la Nation lors de chaque changement de bord politique du gouvernement.

  - Sous-chapitre : DĂ©finition formelle

    Liste :
  • La Constitution est un acte juridique, le plus souvent concrĂ©tisĂ© par un ou plusieurs documents Ă©crits nouveaux. Cet acte se situe au sommet de son ordre juridique : tout autre acte juridique doit ĂŞtre conforme Ă  ses prescriptions. Ainsi, selon la thĂ©orie de la hiĂ©rarchie des normes, dĂ©veloppĂ©e notamment par Hans Kelsen, chaque règle de droit est lĂ©gitimĂ©e par une règle de droit supĂ©rieure et Ă  laquelle elle doit ĂŞtre conforme (le règlement est infĂ©rieur Ă  la loi, elle-mĂŞme infĂ©rieure aux traitĂ©s, infĂ©rieurs Ă  la Constitution - Ă  l'exception peut-ĂŞtre des traitĂ©s communautaires en France, voir infra : Nature du TraitĂ© Ă©tablissant une Constitution pour l'Europe). La Constitution se trouve ainsi ĂŞtre la loi fondamentale qui lĂ©gitime toutes les normes infĂ©rieures.

     Cette thĂ©orie est complĂ©tĂ©e par le principe de constitutionnalitĂ©, qui indique que la Constitution est le principe suprĂŞme du droit d'un État et que son respect, obligatoire et nĂ©cessaire, est assurĂ© par une cour constitutionnelle, que ce soit un Conseil constitutionnel (comme en France) ou une Cour suprĂŞme (comme aux États-Unis).

    Liste :
  • Cette place au sommet de la hiĂ©rarchie des normes rĂ©sulte du fait que la Constitution est créée par le pouvoir constituant originaire, et rĂ©visĂ©e par le pouvoir constituant dĂ©rivĂ© ou instituĂ©. C'est donc un acte juridique imposĂ© par le pouvoir constituant Ă  tous les organes de l'État et Ă  la sociĂ©tĂ©. Elle relève donc d'une logique verticale du pouvoir, comme les lois ou les règlements. Cette logique s'oppose Ă  celle, horizontale, des contrats et des traitĂ©s (nom donnĂ© Ă  des contrats particuliers entre personnes morales de droit international), oĂą les cocontractants sont, tout au moins juridiquement, Ă©gaux, et doivent consentir aux droits et obligations rĂ©sultant des actes qu'ils signent.

     Des confusions ont pu apparaĂ®tre entre ces deux logiques, du fait de la doctrine du contrat social. Cette thĂ©orie consiste Ă  dire que la constitution de l'État rĂ©sulte d'un contrat passĂ© entre tous les citoyens, Ă©gaux en droit. Cependant, cette doctrine n'a pas de rĂ©alitĂ© juridique.

  - Sous-chapitre : DĂ©finition minimale




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La démocratie athénienne fut la première à se doter des caractéristiques d'une constitution.





Image (cliquez pour agrandir) :

La Rome antique, par ses institutions politiques complexes et organisées, se dote aussi d'une constitution.



     On prend ici en compte son contenu. Toute constitution se doit de contenir deux choses essentielles :

    Liste :
  • d'une part, l'ensemble des règles qui organisent les pouvoirs publics et leurs rapports entre eux (gouvernement, parlement, prĂ©sident, roi...),
  • d'autre part, les libertĂ©s publiques (ou libertĂ©s fondamentales) qui sont accordĂ©es Ă  toute personne rĂ©sidant sur le territoire ou ressortissante de l'État concernĂ©. On retrouve le plus souvent dans cette dernière catĂ©gorie des droits ou libertĂ©s tels que la libertĂ© d'aller et venir, la libertĂ© d'expression...

     C'est le sens de l'article 16 de la DĂ©claration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789 : « Toute sociĂ©tĂ© dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurĂ©e ni la sĂ©paration des pouvoirs dĂ©terminĂ©e, n'a point de Constitution. Â»

  - Sous-chapitre : Applications pratiques de la distinction


     Ces deux dĂ©finitions se recoupent la plupart du temps (un nouveau texte constitutionnel aura toutes les caractĂ©ristiques d'une nouvelle constitution au sens matĂ©riel du terme) ; cependant, elles peuvent diverger.


     Ainsi, si un changement politique radical fait que la constitution est appliquĂ©e d'une manière complètement diffĂ©rente, et ce sans qu'il y ait pour autant de changement du texte constitutionnel, alors il n'y aura pas nouvelle constitution au sens formel du terme, alors que d'un point de vue matĂ©riel, si. Au contraire, une constitution qui sera adoptĂ©e formellement ne sera pas une nouvelle constitution au sens matĂ©riel du terme si elle n'est pas appliquĂ©e.






Chapitre : Les caractères d'une constitution


  - Sous-chapitre : Coutumière ou Ă©crite


     Une constitution Ă©crite est formalisĂ©e dans un texte unique ou un ensemble de lois constitutionnelles. Elles reprĂ©sentent la grande majoritĂ© des constitutions modernes.


     La constitution coutumière est l'ensemble des règles relatives Ă  l'organisation du pouvoir qui ne se trouvent pas sous forme Ă©crite. Ces règles sont appelĂ©es « Conventions de constitution Â». Cela n'empĂŞche pas qu'un ou plusieurs documents Ă©crits servent de base pour cette constitution.


     Jusqu'Ă  la fin du XVIII siècle, l'organisation politique des États Ă©tait rĂ©gie presque entièrement par la coutume, notamment dans les États monarchiques avec des règles de dĂ©volution du monarque. La forme coutumière a progressivement disparu en mĂŞme temps que la monarchie absolue. En effet, les XVIII et XIX siècles correspondent Ă  des Ă©poques de rĂ©novation politique et, par consĂ©quent, constitutionnelle.


     De plus, elle prĂ©sente trois inconvĂ©nients majeurs par rapport Ă  une constitution Ă©crite :

    Liste :
  • elle n'est pas rĂ©flĂ©chie (elle ne procède pas d'un choix ni d'une construction rationnelle) ;
  • elle est imprĂ©cise et peu dĂ©taillĂ©e (elle ne peut prĂ©voir aucun cas qui ne soit dĂ©jĂ  arrivĂ©) et pose des problèmes de clartĂ© et de sĂ©curitĂ© juridique ;
  • elle n'est pas dĂ©mocratique dans son Ă©laboration (le peuple n'y est pas associĂ©).

     D'un autre cĂ´tĂ©, contrairement Ă  une constitution Ă©crite,

    Liste :
  • une constitution orale est souvent moins sujette aux alĂ©as de la politique.

     Actuellement, seul le Royaume-Uni est restĂ© fidèle Ă  une constitution coutumière parmi les États occidentaux, mĂŞme si cette position doit ĂŞtre nuancĂ©e (voir infra Constitution du Royaume-Uni). D'autres pays dans le monde, notamment certains pays musulmans comme l'Arabie saoudite (mais en rĂ©alitĂ© l'Arabie saoudite a une constitution religieuse et non pas coutumière), ou encore IsraĂ«l, la Nouvelle-ZĂ©lande ou le QuĂ©bec (province canadienne), en sont dotĂ©s Ă©galement.

  - Sous-chapitre : Rigide ou souple


     Une constitution est rigide lorsque la procĂ©dure prĂ©vue pour la rĂ©vision de la Constitution est peu aisĂ©e Ă  mettre en Ĺ“uvre. Une constitution est souple lorsque la rĂ©vision de la Constitution s'avère techniquement plus simple.


     Cependant, une rĂ©vision peut ĂŞtre rigide au sens technique, mais souple au sens pratique. La Constitution française prĂ©voit une procĂ©dure de rĂ©vision difficile Ă  mettre en Ĺ“uvre, elle est techniquement rigide : elle a cependant Ă©tĂ© rĂ©visĂ©e de nombreuses fois depuis l'avènement de la V RĂ©publique.


     Une constitution peut Ă©galement ĂŞtre souple au sens technique, mais rigide au sens pratique. La constitution coutumière britannique n'est pas, au sens technique, difficile Ă  rĂ©viser, elle possède un caractère souple. Le contexte social et politique du pays et son attachement Ă  la tradition constitue cependant un obstacle Ă  la rĂ©vision : elle possède donc, de fait, un caractère rigide.






Chapitre : Exemples de constitutions


  - Sous-chapitre : Constitutions de la Rome antique


     La constitution romaine, ou mos maiorum (mot latin dĂ©signant les « coutumes des ancĂŞtres Â») est un ensemble tacite de directives et de principes en constante Ă©volution qui se transmet oralement. On en retrouve de nombreux concepts dans les constitutions modernes, incluant les Ă©quilibres et les contrĂ´les, la sĂ©paration des pouvoirs, le veto, l’obstruction, le quorum, les mandats, la mise en accusation, le pouvoir de la bourse et les Ă©lections rĂ©gulières. MĂŞme des concepts moins importants, comme par exemple ceux utilisĂ©s dans le système Ă©lectoral amĂ©ricain, trouvent leur origine dans la constitution romaine.


     La constitution romaine Ă©volue continuellement au fil des ans. En -509, la constitution de la Monarchie romaine a donnĂ© naissance Ă  la constitution de la RĂ©publique romaine. En -27, celle-ci se donne lieu Ă  la constitution de l'Empire romain. Enfin, en 300, la constitution opère un dernier changement majeur en devenant la constitution du Bas-Empire. NĂ©anmoins, les vrais changements sont plus graduels. Ces quatre constitutions forment quatre pĂ©riodes dans l’évolution de la constitution romaine principale.


     La constitution romaine est une des rares Ă  avoir existĂ© avant le XVIII siècle. Aucune autre n’a gouvernĂ© sur un empire aussi vaste. De fait, la constitution romaine est largement utilisĂ©e comme modèle lorsque les premières constitutions de l’époque moderne sont rĂ©digĂ©es. C’est pourquoi de nombreuses constitutions aujourd’hui prĂ©sentent une structure similaire, voire identique Ă  la constitution romaine (sĂ©paration des pouvoirs, contrĂ´les et Ă©quilibres des pouvoir, etc.).

  - Sous-chapitre : Constitutions en Europe


     Pour l'Europe : classement par ordre chronologique.

Constitution du Royaume-Uni

Article dĂ©taillĂ© : Constitution du Royaume-Uni.

     Sa constitution est très ancienne, les premières règles datant du Moyen-Ă‚ge ; c'est le seul pays Ă  ĂŞtre restĂ© fidèle Ă  une constitution coutumière parmi les États occidentaux.


     Il existe cependant quatre textes fondamentaux :

    Liste :
  • la Magna Carta ou Grande Charte en 1215 (oĂą le roi renonce Ă  certains pouvoir au profit des barons et des communes et se dĂ©clare liĂ© par la loi, notamment certaines procĂ©dures lĂ©gales, comme l'interdiction de l'emprisonnement arbitraire, appelĂ©e aussi Habeas Corpus)
  • Bill of Rights en 1689 qui fonde la monarchie constitutionnelle anglaise en accordant des droits fondamentaux aux citoyens et rĂ©sidents (Ă  ne pas confondre avec sa version amĂ©ricaine plus connue).
  • Act of Settlement ou Acte d'Ă©tablissement en 1701 (organise la succession au trĂ´ne)
  • Parliament Act ou Acte du Parlement en 1911, modifiĂ© en 1949 (relatif au pouvoir respectif des deux chambres, qui limite les pouvoirs de la Chambre des Lords au profit de la Chambre des communes).

     Parmi les règles coutumières du Royaume-Uni, on peut citer le droit de dissolution de la Chambre des communes par le Premier ministre ou encore la dĂ©mission de l'ensemble du Cabinet lorsque sa politique est remise en cause par les Chambres, qui ne figurent dans aucun texte.

Statuts de Saint-Marin


     La RĂ©publique sĂ©rĂ©nissime de Saint-Marin est l'une des plus anciennes rĂ©publiques du monde, et en tout cas la plus ancienne ayant continuellement existĂ© depuis sa crĂ©ation. Sa constitution (les Statuts), qui date de 1600, est la plus ancienne constitution Ă©crite encore en vigueur de nos jours.

Constitution corse


     La constitution corse, votĂ©e en 1755 Ă  Corte par les reprĂ©sentants de l'Ă©phĂ©mère rĂ©publique corse, est considĂ©rĂ©e, malgrĂ© le relatif oubli dans lequel elle est tombĂ©e, comme la toute première constitution moderne. InitiĂ©e par Pascal Paoli et bĂ©nĂ©ficiant du soutient et des rĂ©flexions de Jean-Jacques Rousseau, elle resta en vigueur jusqu'Ă  l'annexion de la Corse par la France en 1769.

Constitution polonaise du 3 mai 1791

Article dĂ©taillĂ© : Constitution du 3 mai.

     Elle est souvent considĂ©rĂ©e comme la première constitution moderne sur le continent europĂ©en. Reforme fondamentale de l'État fĂ©dĂ©rĂ© polono-lituanien, Ă©tablissant une reprĂ©sentation parlementaire de la bourgeoisie et abolissant la corvĂ©e des paysans.

Constitutions de la France

Article dĂ©taillĂ© : Constitutions françaises.

     Sous l’Ancien RĂ©gime, il existait les lois fondamentales du royaume, ensemble de principes coutumiers relatifs Ă  la dĂ©volution, Ă  l’étendue et Ă  l’organisation des pouvoirs qu’en 1789, l’AssemblĂ©e nationale a entrepris de mettre par Ă©crit en commençant par la dĂ©claration des droits de l'homme et du citoyen.


     Depuis 1791, la France a connu de nombreuses constitutions :


     En plus des nombreux principes qui sont repris dans la tradition politique et administrative, et du prĂ©cĂ©dent anglais de la DĂ©claration des droits de 1689, les juristes ou philosophes qui servirent de rĂ©fĂ©rence Ă  l'Ă©laboration de la Constitution française de 1789 et 1791 furent, par ordre chronologique : Thomas d'Aquin (pour la distinction entre droits naturels et civils de la DĂ©claration), Jean Bodin, Machiavel, John Locke (qui distingua le pouvoir exĂ©cutif et le pouvoir lĂ©gislatif), Montesquieu (qui distingua un troisième pouvoir, le pouvoir judiciaire), Sieyès (reprise de la distinction des pouvoirs pour en faire une sĂ©paration des pouvoirs, rĂ©flexions sur le tiers Ă©tat et projet de jury constitutionnaire pour le contrĂ´le des lois).

Constitution de la Belgique

Article dĂ©taillĂ© : Constitution belge.

     Le 25 novembre 1830, le projet de constitution, Ă©laborĂ© par la commission dĂ©signĂ©e par le Gouvernement provisoire, est soumis au Congrès national. Le 7 fĂ©vrier 1831, le Congrès national clĂ´ture les dĂ©bats et vote la Constitution belge.


     La Constitution belge est une synthèse voulue Ă©quilibrĂ©e des constitutions françaises de 1791, 1814 et 1830, de la constitution nĂ©erlandaise de 1814 et du droit constitutionnel anglais. Le texte constitutionnel n'est toutefois pas un amalgame juridique, mais bien une crĂ©ation originale. Ses principes Ă©lĂ©mentaires sont toujours en vigueur aujourd'hui.


     Le texte initial de la constitution de 1831 a subi diverses modifications. Les deux premières rĂ©visions concernent le droit de vote et les conditions d'Ă©ligibilitĂ©. Les quatre rĂ©formes suivantes transforment la Belgique unitaire en État fĂ©dĂ©ral. MalgrĂ© la fĂ©dĂ©ralisation de la Belgique, la procĂ©dure de rĂ©vision de la constitution n’a jamais Ă©tĂ© modifiĂ©e depuis 1831 et ne fait donc pas intervenir les entitĂ©s fĂ©dĂ©rĂ©es créées en 1970 (RĂ©gions et CommunautĂ©s). Elle fait dès lors l’objet de controverses dans le monde politique et parmi les constitutionnalistes belges, dont certains voudraient la simplification du processus ou encore l'implication des entitĂ©s fĂ©dĂ©rĂ©es.

Constitution du Luxembourg


     Le Grand-DuchĂ© de Luxembourg a connu quatre constitutions :

    Liste :
  • la Constitution de 1841
  • la Constitution de 1848
  • la Constitution de 1856
  • la Constitution de 1868 toujours actuellement en vigueur.

     Les constitutions de 1856 et de 1868 sont en fait issues de deux rĂ©visions importantes successives de la Constitution de 1848.

Constitution de Monaco


     La Constitution de Monaco a Ă©tĂ© adoptĂ©e le 17 dĂ©cembre 1962. Plusieurs rĂ©visions ont Ă©tĂ© effectuĂ©s depuis.

Constitution de la Suisse

Article dĂ©taillĂ© : Constitution suisse.

     La Suisse a eu trois Constitution au cours de son histoire. Une en 1848, une autre en 1874, et la dernière Constituion Suisse date du 18 avril 1999.

Projets de constitution pour l'Union européenne


     Plusieurs projets de constitution pour l'Union europĂ©enne ont Ă©tĂ© rĂ©digĂ©s, dont le Projet Spinelli adoptĂ© en 1984 par le Parlement europĂ©en.


     Un nouveau projet de constitution europĂ©enne a Ă©tĂ© Ă©laborĂ© par une convention rĂ©unissant 105 reprĂ©sentants des vingt-cinq pays de l'Union europĂ©enne, avec une majoritĂ© d'Ă©lus des diffĂ©rents pays de l'Union. Cette convention s'est rĂ©unie entre le 28 fĂ©vrier 2002 et le 18 juillet 2003. Le projet de la convention a servi de base Ă  la confĂ©rence intergouvernementale chargĂ©e, entre octobre 2003 et le printemps 2004, d'entĂ©riner la nouvelle rĂ©forme de l'Union europĂ©enne.


     Le 29 octobre 2004, les dirigeants de l'Union europĂ©enne signèrent Ă  Rome le traitĂ© constitutionnel intitulĂ© : « TraitĂ© Ă©tablissant une Constitution pour l'Europe Â». Pour qu'il entre en vigueur, il doit ĂŞtre ratifiĂ© par chacun des États d'ici Ă  la fin 2006.

Nature du Traité établissant une Constitution pour l'Europe

     La confusion vient du fait que les termes traitĂ© et constitution rĂ©pondent Ă  deux logiques diffĂ©rentes en droit (voir supra, dĂ©finition de la constitution). Pour pouvoir rĂ©pondre Ă  cette question, il faut donc reprendre les dĂ©finitions de constitution et de traitĂ©.


     D'un point de vue formel, le TCE est un acte juridique qui est pris volontairement entre les vingt-cinq États membres de l'Union. Il s'agit donc bien d'un traitĂ©. Cependant, des Ă©lĂ©ments laissent penser qu'il serait possible de mettre ce traitĂ© au sommet de la hiĂ©rarchie des normes des États membres.


     Selon la CJCE, les normes europĂ©ennes sont supĂ©rieures aux règles nationales, y compris constitutionnelles.


     En France, si l'on suit la jurisprudence du Conseil d'État français, cependant, les dispositions des traitĂ©s internationaux ont une valeur infra-constitutionnelle mais supra lĂ©gislative (article 55 de la Constitution du 4 octobre 1958). Quant Ă  la jurisprudence du Conseil constitutionnel, la doctrine reste très divisĂ©e. Lorsqu'il s'agit des traitĂ©s fondateurs de l'Union europĂ©enne, le Conseil constitutionnel fait valoir que leurs dispositions ne peuvent ĂŞtre incompatibles avec la Constitution (le traitĂ© doit donc ĂŞtre conforme, ce qui supposerait qu'il lui est bien infĂ©rieur dans la hiĂ©rarchie des normes). Cependant, suite Ă  la constatation de cette incompatibilitĂ© Ă©ventuelle entre traitĂ© et Constitution, c'est la Constitution qui est rĂ©visĂ©e, et non le traitĂ© (ce qui serait impossible de faire en France, puisque la dĂ©cision politique a Ă©tĂ© prise Ă  Bruxelles Ă  vingt-cinq), ce qui laisserait supposer que, dans le cas des normes de l'Union, elles seraient supĂ©rieures Ă  la Constitution.


     La question de la nature constitutionnelle du projet, d'un point de vue formel, reste donc ouverte.


     D'un point de vue matĂ©riel, ce traitĂ© rĂ©unit l'ensemble des textes existants (accords, conventions, traitĂ©s) en les modifiant. Il vise, d'une part, Ă  accroĂ®tre l'efficacitĂ© des institutions (Ă©lection par le Conseil europĂ©en de son prĂ©sident pour deux ans et demi, crĂ©ation d'un poste de ministre des affaires Ă©trangères, rĂ©duction de la taille de la Commission et Ă©lection de son prĂ©sident par le parlement, redĂ©finition et extension du vote Ă  la majoritĂ© qualifiĂ©e, extension des domaines de la coopĂ©ration renforcĂ©e...) ; dans le mĂŞme ordre d'esprit, il clarifie aussi la rĂ©partition des compĂ©tences entre l'Union europĂ©enne et les États membres. D'autre part, il incorpore la Charte des droits fondamentaux proclamĂ©e lors du Conseil europĂ©en de Nice (dĂ©cembre 2000).


     D'un point de vue matĂ©riel, le TCE peut donc tout Ă  fait ĂŞtre considĂ©rĂ© comme une Constitution. NĂ©anmoins, cela ne veut pas dire qu'il ne peut pas ĂŞtre considĂ©rĂ© non plus comme un traitĂ©, puisque le contenu matĂ©riel de celui-ci est libre.


     ConsidĂ©rer que le projet serait une constitution ferait de l'Union europĂ©enne un État fĂ©dĂ©ral. Or il est difficile encore aujourd'hui de savoir la nature exacte de l'Union : on la considère le plus souvent comme une entitĂ© sui generis, Ă  mi-chemin entre la confĂ©dĂ©ration et la fĂ©dĂ©ration. La confĂ©dĂ©ration est un simple regroupement d'États, tandis que la fĂ©dĂ©ration est un groupement d'États qui crĂ©ent au-dessus d'eux un autre État (l'État fĂ©dĂ©ral). Or, dans l'Union europĂ©enne, les États qui se sont regroupĂ©s ont créé une entitĂ©, mais celle-ci n'est pas un État, mĂŞme si elle en comporte certaines caractĂ©ristiques. Elle possède certains des attributs de l'État rĂ©galien (pouvoir de battre monnaie, existence d'une Cour de justice) tandis que d'autres lui Ă©chappent (politique Ă©trangère et de sĂ©curitĂ© commune et la coopĂ©ration policière et judiciaire en matière pĂ©nale sont tous deux des piliers qui rĂ©pondent encore Ă  une logique intergouvernementale). Le projet de TCE souhaite renforcer le caractère Ă©tatique de l'Union, qui aura la personnalitĂ© morale. Le troisième pilier (coopĂ©ration policière et judiciaire en matière pĂ©nale) sera fusionnĂ© avec le premier pilier, dit de l'intĂ©gration. La politique Ă©trangère et de sĂ©curitĂ© commune (PESC) sera toujours mise Ă  part, mais la coopĂ©ration sera renforcĂ©e, l'objectif Ă©tant d'avoir une vĂ©ritable politique commune (crĂ©ation d'un ministre europĂ©en des affaires Ă©trangères).

  - Sous-chapitre : Constitutions en AmĂ©rique du Nord et du Sud

Constitution des États-Unis


     La Constitution des États-Unis a Ă©tĂ© acceptĂ©e le 17 septembre 1787 par une convention rĂ©unie Ă  Philadelphie, et après ratification, s'applique depuis 1789. Elle a Ă©tĂ© modifiĂ©e par l'ajout de vingt-sept amendements. C'est la seconde plus ancienne constitution Ă©crite encore appliquĂ©e dans le monde après celle de Saint-Marin (et non, comme il est souvent dit, la plus ancienne).

Constitution du Canada

Article dĂ©taillĂ© : Constitution du Canada.

     La première constitution du Canada souverain, sanctionnĂ©e par Victoria du Royaume-Uni en 1867, fut les Actes de l'AmĂ©rique du Nord britannique (AANB). Toutefois, certains aspects relevaient encore du gouvernement britannique, tel que la procĂ©dure d'amendement. En 1982, Pierre-Elliott Trudeau, alors premier ministre, effectue le rapatriement de la constitution Ă  l'aide de la Loi de 1982 sur le Canada, ce qui fait la pleine indĂ©pendance politique envers le Royaume-Uni. La constitution n'a cependant jamais Ă©tĂ© ratifiĂ©e par le QuĂ©bec, et cette question de la ratification reste un point très sensible dans les relations entre le QuĂ©bec et les autres provinces (cf. Nuit des longs couteaux pour plus de prĂ©cisions sur ce point).

  - Sous-chapitre : Constitutions en Afrique

Constitution de la République démocratique du Congo

Constitutions ivoiriennes

Article dĂ©taillĂ© : Constitutions ivoiriennes.

  - Sous-chapitre : Constitutions en Asie

Constitution de la Corée du Sud

Article dĂ©taillĂ© : Constitution de la CorĂ©e du Sud.

Constitution de l'Indonésie

Article dĂ©taillĂ© : Constitution de l'IndonĂ©sie.

Constitution du Japon

Article dĂ©taillĂ© : Constitution du Japon.

Constitutions de la Turquie




Image (cliquez pour agrandir) :

Carte postale de 1895 saluant la Constitution ottomane du 23 novembre 1876, figurant le sultan Abdul-Hamid, les diffĂ©rentes communautĂ©s de l'empire et la Turquie (non voilĂ©e) se relevant de ses chaĂ®nes ; l'ange fĂ©minin, symbole de libertĂ©, tient une Ă©charpe portant en turc et grec la devise : LibertĂ©, ÉgalitĂ©, FraternitĂ©.



     La pĂ©riode de rĂ©formes qui est appelĂ©e Tanzimat a culminĂ© en Turquie par la 1 Constitution monarchique du 23 novembre 1876, rĂ©tablie en 1908.


     Ces textes font thĂ©oriquement de l'Empire ottoman une monarchie constitutionnelle oĂą les diffĂ©rentes communautĂ©s ethno-religieuses (Milliyet) sont Ă©gales en droits (c'est le modèle des Constitutions libanaise, yougoslave ou chypriote), mais oĂą le culte musulman reste religion d'Ă©tat, le Sultan Ă©tant Ă©galement Calife.


     Lors de l'Ă©tablissement de la RĂ©publique en 1922, Mustafa KĂ©mal "AtatĂĽrk" va beaucoup plus loin et inspire Ă  l'AssemblĂ©e d'Ankara une Constitution laĂŻque sĂ©parant l'État de toute religion, instituant l'Ă©galitĂ© hommes-femmes et l'instruction obligatoire pour tous, interdisant le port des vĂŞtements ou signes religieux (fez, voile) et remplaçant l'Ă©criture arabe (coranique) par l'alphabet latin. Cette Constitution fonde la Turquie moderne.


     


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