Définition Wikipédia de : Civilisation

Le terme civilisation — dérivé indirectement du latin civis signifiant « citoyen » par l'intermédiaire de « civil » et « civiliser » — a été utilisé de différentes manières au cours de l'histoire. Il a en français trois grandes acceptions :

- la civilisation, dans l'acception la plus courante, est le fait de civiliser, c'est-à -dire de porter une société à un niveau considéré comme plus élevé et plus évolué, et c'est, par métonymie, l'état atteint par cette société évoluée. Cette acception inclut une notion de progrès. L'opposition historique aux termes de barbarie et sauvagerie tend à s'atténuer, notamment depuis l'annonce du principe du « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ». Le statut d'égalité à toutes les civilisations est reconnu.
- la civilisation, c'est aussi l'ensemble des traits qui caractérisent l'état d'évolution d'une société donnée, tant sur le plan technique, intellectuel, politique que moral, sans porter de jugement de valeur. À ce titre, on peut parler de civilisations au pluriel et même de civilisations primitives (attention toutefois, le mot primitif peut être connoté à « inférieur ». Il faut le prendre ici sans jugement de valeur au sens de « premier » ou de « le plus ancien connu »).
- l'état auquel sont parvenues quelques cultures dans l'histoire de l'humanité. Cette acceptation est dans la lignée directe des théories évolutionnistes du XIX siècle, réfutées depuis au bénéfice de théories plus neutres.
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Les villes sont les accomplissements significatifs auxquels sont parvenues les civilisations de l'Humanité.
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Chapitre : Une étape de développement technique ou politique
Suite de l'article :
Les premières civilisations ayant laissé suffisamment de traces pour être identifiées comme telles sont Sumer, l’Égypte antique, la vallée de l’Indus et la Chine. Les fonctionnalités de ces groupes sont vues comme les différenciant des établissements précédents comme le néolithique ; un élément déterminant de la rupture avec le néolithique est la découverte puis la maîtrise de l'agriculture, laquelle entraîne une nouvelle organisation de l'espace et de l'activité humaine. Pour être qualifiée de civilisation, celle-ci doit regrouper la plupart des caractéristiques suivantes :
Cinq primaires (organisation)
- la présence d'une ville (sédentarisation des populations)
- spécialisation du travail à temps plein
- concentration de surplus de production
- structure de classe (hiérarchie)
- organisation étatique (État)
Cinq secondaires (réalisations matérielles)
- travaux publics monumentaux
- commerce Ă longue distance
- réalisations artistiques monumentales
- écriture (comptabilité, registre, etc.)
- connaissances scientifiques (arithmétique, géométrie, astronomie)

Chapitre : Une norme de comportement
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Civilisation et idéalisme : La cité idéale (1475), attribuée successivement à Piero della Francesca, à Luciano Laurana et à Francesco di Giorgio Martini.
La civilisation développe des normes de comportements en société, comme la chevalerie. Une société définit souvent son type d'homme idéal (l'« homme de bien » de Confucius, l'« honnête homme » du XVII siècle européen, le « gentleman » de l'Angleterre victorienne...).
Le comportement civilisé est celui qui permet aux hommes de vivre ensemble pacifiquement. Un mythe rapporté par Platon dans Protagoras distingue les apports de la technique de ceux de la civilisation. Prométhée a apporté aux hommes les arts et les sciences, mais les hommes ne parviennent pas à s'entendre et à profiter de ces présents : ils continuent à vivre comme des animaux. Zeus leur fournit alors la pudeur et la justice, c’est-à -dire la possibilité de prendre en compte les autres membres de la société et de régler les différents de manière pacifique et ordonnée : les hommes peuvent alors construire la vie en cité. La civilisation apparait comme étant le moyen pour les hommes de s'élever au-dessus de la condition animale.
Jusqu'au XVIII siècle, l'idée de civilisation est exprimée par les mots « politesse » et « civilité ». Ces termes contiennent une connotation, justifiée ou non, de supériorité morale : de la classe noble sur les classes populaires, de l'Europe sur les « barbares ». Saint-Simon, en 1717, est fasciné par le mélange chez le tsar Pierre I, en visite à Paris, d'une « politesse » remarquable et de « cette ancienne barbarie de son pays qui rendait toutes ses manières promptes, même précipitées, ses volontés incertaines ». C'est que la civilisation s'observe non seulement dans la vie de la cité, mais aussi dans toutes les circonstances de la vie quotidienne : manières de table, contrôle de son corps en société... Norbert Elias a étudié ce « processus de la civilisation » : selon lui, les classes les plus élevées de la société ont dû apprendre peu à peu à maîtriser leurs pulsions pour s'adapter à un monde dans lequel les contacts entre les individus sont de plus en plus importants, condition d'apparition de l'État moderne.
La civilisation suppose donc l'existence de lois et de règlements destinés à éviter que les gens ne deviennent violents. Mais la possession de forces autorisées à recourir à la violence, telle que la police ou l'armée ne disqualifie pas une culture qui prétend être civilisée. Ce qui distingue le pays « civilisé », c'est plutôt la manière dont la violence est utilisée : dans un État moderne, toute force armée doit relever de l'État, qui a le « monopole de la violence légitime » selon l'expression de Max Weber.
Le terme de « civilisation » apparaît au milieu du XVIII siècle, dans l'œuvre de Mirabeau père. Par la suite, la civilisation apparaît de plus en plus comme un processus : les sociétés passent d'un état « barbare » à un état civilisé, caractérisé par l' « adoucissement de ses mœurs » (Mirabeau). Or, si la société européenne a atteint cet idéal, pourquoi le reste du monde ne pourrait-il pas en bénéficier aussi ? De plus, tout au long du XIX siècle, l'association entre progrès technique et progrès de la civilisation semble évidente. Dès lors, l'Europe, aidée par son avance technique et militaire, va se sentir investie d'une mission civilisatrice permettant de lancer (ou, a posteriori, de justifier) la colonisation de l'Afrique et de certaines parties de l'Asie.
types de cultures
- culture légitime
- culture de masse
- culture populaire
- contreculture
- Sous-culture
- capital culturel
- tradition
- culture orale
- civilisation
- culture (éthologie)
transmission de la culture
- socialisation
- éducation
- acculturation
- assimilation
- transculturation
- rayonnement culturel
- hégémonie culturelle
- ethnocide
théories sur les dynamiques
disciplines étudiant la culture
Des événements marquants à l'intérieur même de ces sociétés occidentales au XX siècle, entre autres quinze ans de pouvoir du nazisme de 1933 à 1945 , mèneront conséquemment à relativiser la notion de civilisation. On ne cherche plus guère, aujourd'hui, à parler d'un progrès unidirectionnel des sociétés, pas plus qu'on ne parlera de « barbares » ou de « sauvages ». Tout au plus parlera-t-on de « civilisations » au pluriel. Fait significatif : dans le même temps que les ethnologues et artistes occidentaux partent à la recherche de ce que ces autres cultures peuvent inspirer comme progrès à notre civilisation, ces autres civilisations effectuent de leur côté leurs choix de ce qu'elles désirent prendre ou laisser dans la culture ou la technique occidentales : l'ayatollah Khomeini, qui rejette l'occidentalisation de l'Iran proposée par le Shah, n'en mène pas moins son action de communication par des cassettes audio, produit de ce même Occident (il s'en expliquera à Oriana Fallaci). Gandhi, qui en a fait auparavant de même pour l'Inde, n'en refuse pas pour autant sa technologie optique. D'ailleurs, l'Inde avait bien elle-même déjà donné le zéro au reste du monde.

Chapitre : Un phénomène culturel
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Les pyramides du royaume de Koush, situées à Méroé au Soudan actuel, font partie de la classification de Toynbee.
Une école de pensée définit la civilisation comme une identité culturelle associée pour chaque individu à « la plus grande subdivision de l'humanité à laquelle il peut s’identifier ». Elle représente donc un groupe plus étendu que la famille, la tribu, la ville de résidence, la région ou encore la nation. Les civilisations sont souvent liées à la religion ou à d’autres systèmes de croyance.
À des fins de classification, l’historien Arnold Joseph Toynbee en distingue vingt-six avec leurs montées et déclins. C’est aussi la thèse de Samuel Huntington pour qui les conflits globaux de l'époque contemporaine en sont les témoins. Plus pessimiste, le livre Effondrement de Jared Diamond montre comment dans le passé plusieurs civilisations (Île de Pâques, Mayas, Groenland...) ont elles-mêmes provoqué leur propre effondrement par négligence du long terme. Le sous-titre de son livre l'annonce sans ambiguïté : Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie.
Le concept d’« empire » se superpose à celui de « civilisation ».

Chapitre : Un outil d’oppression ?
Quelques postmodernes et anarchistes refusent le terme comme indésirable et affirment qu’une hiérarchisation ne peut prendre en compte la complexité de chaque situation.
Peu de gens contestent de toute façon qu'il existe dans toute société du monde des personnes qui sont plus heureuses avec elle et d'autres qui seraient plus heureuses sans elle. Chiffrer en revanche le nombre d'individus dans un cas ou dans l'autre est difficile. Des films comme Koyaanisqatsi pour la civilisation occidentale, Powaqqatsi pour les autres civilisations du globe, témoignent de la grande difficulté d'en avoir une idée même qualitative.
Sigmund Freud, dans Malaise dans la civilisation, établit un inventaire des frustrations apportées par la société moderne et examine en contrepartie le bilan des compensations qu'elle offre en matière de sécurité, de santé, de culture et d'art. Il y évoque le fait que l'accumulation de ces frustrations puisse conduire parfois à des réactions violentes (voir : Instinct de mort). Ces points seront aussi relevés par Wilhelm Reich, Herbert Marcuse, etc.
Henri Laborit, dans L'Homme et la ville (l'urbanisation accompagne souvent la civilisation) met en relief le fait que celle-ci fonctionne comme une machine servant à juxtaposer sans heurts de grandes inégalités de conditions qui ne seraient pas tolérées dans un autre contexte.

Chapitre : Découpes civilisationnelles
- Sous-chapitre : Tableaux synthétiques
Sont présentés ici des civilisations dont l'étendue, le rayonnement, la durée, les vestiges, ont laissés des traces jusqu'à aujourd'hui (non exhaustif).
| Civilisations | Localisation |
|---|---|
| Occidentale | États-Unis, Canada, Europe occidentale, Australie et Nouvelle-Zélande |
| Latino-américaine | Amérique latine |
| Soviétique et ex-soviétique | Europe Centrale et Orientale (sauf la Grèce) |
| Afrique coloniale et postcoloniale | Afrique subsaharienne |
| Arabe | Afrique du Nord, Moyen-Orient |
| Inde et Asie du Sud-Est | Sous-continent indien, Tibet, Birmanie, ThaĂŻlande, ex-Indochine, archipels du Sud-Est asiatique |
| Extrême-Orient | Chine, Corée, Japon, (Singapour) |
| Océanienne | Mélanésie, Micronésie, Polynésie |
Certaines régions se caractérisent comme une zones de contact entre plusieurs ensembles :
- La Turquie, entre le monde occidental et le monde monde arabe
- L'Asie centrale, influencée par le monde iranien et arabe et par la Russie, tout en gardant ses racines nomades
- La corne d'Afrique orientale, entre le monde arabe et le monde négro-africain
Enfin, le monde juif et hébraïque constitue un cas à part : dans la mesure où il s'est construit une culture originale, on peut le qualifier de civilisation, mais à part Israël, il n'a pas de zone géographique définie.
- Sous-chapitre : Tableau synoptique
Le tableau suivant, quoique incomplet, propose une autre approche avec une classification par zone géographique et par période des différentes cultures ou civilisations du monde.
Tableau synoptique des civilisations et cultures de l'Humanité

Chapitre : Citations
- La civilisation de jouissance se condamne elle-même à la mort lorsqu'elle se désintéresse de l'avenir.
- Ce sont surtout la faiblesse intellectuelle et morale des chefs et leur ignorance qui mettent en danger notre civilisation.
- Ce qu'on appelle la civilisation a contribué à rendre une partie de la société plus heureuse et l'autre plus malheureuse que l'une et l'autre ne l'auraient été à l'état de nature.
- "C'est la connaissance, la croyance, l'art, la loi, la coutume, et toutes les autres aptitudes ou habitudes acquises par l'homme en tant que membre de la société." E. Tyler, 1871
- " Ce que l'Histoire n'oublie pas." Marcel Mauss

Chapitre : Notes et références
- ↑ Marquis de Mirabeau, Traité de la population (1756) : la civilisation est un idéal de progrès à atteindre dans le domaine tant social que matériel et culturel
- ↑ Discours du président Wilson après la Seconde Guerre mondiale, Droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.
- ↑ lire Renaissance en historiographie à propos de l'abandon du concept hégelien.
- Luca Corchia, La logica dei processi culturali. JĂĽrgen Habermas tra filosofia e sociologia, Genova, Edizioni ECIG, 2010, ISBN 978-88-7544-195-1.

Chapitre : Vous pouvez voir également :
- Sous-chapitre : Bibliographie
- Tableau synoptique de l'histoire du monde, de Louis-Henri Fournet. Edition sides. ISBN : 978-2868610157
- Sous-chapitre : Articles connexes
- Culture archéologique : Civilisation des champs d'urnes
- Néologisme politique : Civilisation universelle
- Sous-chapitre : Liens internes
- Culture ; Culture et zones de contact entre civilisations ;
- Alcibiade Didascaux, brève histoire des civilisations du bassin méditerranéen ;
- La Civilisation, Emerson
- Échelle de Kardashev (astronomie)
- Sous-chapitre : Liens externes
- Sous-chapitre : Liens musées
- (en)Musée du quai Branly, Paris, France
- (en)Musée canadien des civilisations, Gatineau, Québec




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