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Définition Wikipédia de : Blancs d'Afrique du Sud



Blancs sud-africains




Introduction :

      Une famille blanche sud-africaine
Une famille blanche sud-africaine







Populations
Population totale5.265.300
Populations significatives par régions
Afrique du Sud Afrique du Sud4.628.743
Autre
RĂ©gion d'origineAfrikaners : Pays-Bas et Flandres, France, Allemagne; Anglo-sud-africain : Royaume-Uni. Autres : Portugal et ex-colonies d'Afrique.
Langue(s)afrikaans (~60%), anglais (~39%), Portugais et Allemand moins de 1%
Religion(s)Christianisme (87%), Athés (9%), Judaïsme (1%)
Groupe(s) relié(s)Français, Allemands, Néerlandais, Portugais, autres peuples Européeens, Afrikaners, Coloured, Anglo-sud-africains, Métis du Cap, Basters
Suite de l'article :

Les Blancs sud-africains dĂ©signent gĂ©nĂ©riquement les Sud-africains issus de l'immigration europĂ©enne du XVII au XX siècles. Elle se rĂ©partit principalement entre 2 groupes ethno-culturels, les Afrikaners, descendants des pionniers germano-franco-nĂ©erlandais (les boers) de langue afrikaans et les Anglo-sud-africains, anglophones (English-speaking White South African).



     Après avoir reprĂ©sentĂ© environ 1/5 de la population totale du pays au cours du 20ème siècle, la population blanche sud africaine reprĂ©sente d'après le Community survey de 2007, 9.5 % de l'ensemble de la population soit 4 628 743 personnes..

- Sommaire de la page -









Chapitre : Démographie



     D'après le dernier recensement effectuĂ© en 2009, la population blanche serait de 4 472 000 personnes. Cependant, des Ă©carts peuvent ĂŞtre expliquĂ©s par le fait que certains blancs (en particulier dans les zones rurales et les quartiers isolĂ©s ou retranchĂ©s) n'auraient pas eu le questionnaire de recensement. On peut estimer qu'en raison d'une certaine sous-estimation des statistiques sud-africaines (notamment en 1996 et en 2001) la population blanche pourrait varier entre 4.3 et plus de 5 Millions de personnes.




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Proportion de la population blanche en Afrique du Sud :      0–20%      20–40%      40–60%      60–80%      80–100%      Pas de population



     Depuis le dĂ©but des annĂ©es 1990 et la pĂ©riode de transition constitutionnelle qui mit fin Ă  l'apartheid politique, de nombreux blancs ont Ă©migrĂ© vers d'autres pays (Angleterre, Australie, Nouvelle-ZĂ©lande, États-Unis...) en raison des multiples problèmes auxquels ils Ă©taient confrontĂ©s comme la criminalitĂ© galopante et la politique de discrimination positive (ou Affirmative action) pratiquĂ©e par les gouvernements post-apartheid, non seulement dans la fonction publique mais aussi fortement encouragĂ©e dans le secteur privĂ©. En favorisant des critères raciaux, ce programme visant Ă  mieux reprĂ©senter la communautĂ© noire au sein de la nouvelle Afrique du Sud s'est cependant parfois effectuĂ© au dĂ©triment des compĂ©tences mais aussi des blancs les moins qualifiĂ©s.


     Selon un rapport de la SAIRR (institut sud-africain des relations raciales), environ 900 000 personnes, soit 1/5 de la population, ont quittĂ© le pays depuis 1994. Ces dĂ©parts massifs, surtout de jeunes sud-africains diplĂ´mĂ©s, ont Ă©tĂ© dĂ©noncĂ© par l'opposition qui a violemment attaquĂ© l'ANC sur ces trop nombreux dĂ©parts. Ceprndant, on constate un nouveau phĂ©nomène, la « rĂ©volution du retour au Foyer Â». Depuis que la crise Ă©conomique frappe les pays dĂ©veloppĂ©s, les blancs ayant Ă©migrĂ© depuis 1994 commencent a revenir pour des raisons Ă©conomiques et mĂŞme politiques. MĂŞme si la crainte de la criminalitĂ© et de "l'affirmative action" est toujours vive, les blancs reviennent pour plusieurs raisons. Tout d'abord, les exilĂ©s, depuis la crise, on de plus en plus de mal Ă  joindre les deux bouts dans leurs nouveaux pays. A ceci, s'ajoute qu'en Afrique du sud, le cout de la vie est bien plus bas alors que les perspectives Ă©conomiques s'amĂ©liorent. Ainsi, le tĂ©moignage d'un exilĂ© revenu, illustre la nouvelle tendance: « La vie au Royaume-Uni Ă©tait devenue très dure. Les six derniers mois, nous n’arrivions mĂŞme plus Ă  joindre les deux bouts. Â» Ces derniers ont quittĂ© une maison de la banlieue de Londres pour une propriĂ©tĂ© trois fois plus grande près de Pretoria. « Nous avons apprĂ©ciĂ© d’en avoir pour notre argent. Depuis que nous sommes ici, nous nous en sortons mieux que jamais. Â». Avec l'Ă©lection de Jacob Zuma a la tĂŞte du pays en 2009, les une partie des blancs ont changĂ© leur regard sur cet homme, toujours aussi controversĂ©. Pendant ses premiers mois de prĂ©sidence, il a envoyĂ© des signes rassurants a la minoritĂ© blanche mais aussi aux coloureds (mĂ©tisses) et aux Indiens contrairement a son prĂ©dĂ©cesseur Thabo Mbeki. Ainsi, un blanc dĂ©clarait a son Ă©gard: « Zuma dit ce qu’il a Ă  dire. Reconnaissons-lui ce mĂ©rite Â», estime-il.. Cette tendance au rĂ©chauffement des relations semble se confirmer pour l'annĂ©e 2010, Zuma amĂ©liorant sa cote de popularitĂ© chez les minoritĂ©s et en particuliers chez les Ă©lecteurs blancs.


     Ă‰volution de la population blanche en Afrique du Sud depuis 1947 :

AnnéesNombrePourcentage
19041,116,80521.58 %
19703 751 00018.3 %
19914 979 00013 %
19964 434 69710.9 %
20014 293 6409.6 %
20074 628 7439.5 %

     Les recensements de 1996 et 2001 sont Ă  prendre avec prĂ©caution du fait d'une sous-estimation du groupe blanc par les sastistiques sud-africaines


     
Les blancs se concentrent dans les zones urbaines telles que Pretoria, Le Cap, Durban, Bloemfontein, Port Elizabeth, East London, Kimberley et dans les provinces du Cap-Occidental et du Gauteng.


     De nombreux petites communautĂ©s d'Afrikaners vivent dans les zones rurales de l'État Libre d'Orange et de l'ex-Transvaal ou encore dans la province du Cap-du-Nord.




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DensitĂ© de Blancs en Afrique du Sud par km² :      <1 blancs/km²      1–3 blancs/km²      3–10 blancs/km²      10–30 blancs/km²      30–100 blancs/km²      100–300 blancs/km²      300–1000 blancs/km²      1000–3000 blancs/km²      >3000 blancs/km²



     Ci-dessous, la rĂ©partition de la population blanche en Afrique du Sud (source : Community Survey 2007) :

    Liste :
  • Gauteng 1.923.829, soit 18.4 % de la population de la province
  • Cap-Nord 106.178, soit 10.0 % de la population de la province
  • Cap-Occidental 973.115, soit 18.4 % de la population de la province
  • État-Libre 266.555, soit 9.6 % de la population de la province
  • Nord-Ouest 236.467, soit 7.2 % de la population de la province
  • Mpumalanga 249.326, soit 6.8 % de la population de la province
  • Cap-Oriental 304.342, soit 4.7 % de la population de la province
  • Limpopo 114.708 soit 2.2 % de la population de la province
  • KwaZulu-Natal 452.224, soit 4.4 % de la population de la province





Chapitre : Historique


  - Sous-chapitre : Une population originaire des Pays-Bas et de France




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L'arrivée de Jan van Riebeeck au Cap en 1652





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Représentation du Cap en 1727



     Son histoire, en Afrique du sud, commence rĂ©ellement le 6 avril 1652 avec l'arrivĂ©e du commandant nĂ©erlandais Jan van Riebeeck dans la baie de la montagne de la Table oĂą il fonde Le Cap, la ville mère de l'Afrique du Sud pour le compte de la Compagnie nĂ©erlandaise des Indes orientales. L'Ă©tablissement relais pour les navires que van Riebbeck fonde au Cap, compte au dĂ©part 90 personnes dont seulement 8 femmes. En fĂ©vrier 1657, neuf employĂ©s de la Compagnie des Indes orientales sont libĂ©rĂ©s de leur contrat et s'Ă©tablissent librement. Ce sont les premiers sud-africains. En 1662, quand van Riebeeck quitte Le Cap, il laisse derrière lui 134 salariĂ©s de la Compagnie des Indes orientales: 35 colons libres, 15 femmes, 22 enfants et 180 esclaves importĂ©s de Batavia de Ceylan et de Madagascar pour pallier la pĂ©nurie de main d'oeuvre.


     En 1679, la ville de Stellenbosch est fondĂ©e en hommage au nouveau commandeur du Cap, Simon van der Stel, artisan du dĂ©veloppement Ă©conomique de la petite colonie.




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Groot Constantia, la demeure viticole de style hollandais du Cap de Simon van der Stel



     En 1685, le nombre des colons est de 800. Ce sont essentiellement des fermiers, des artisans ou des manutentionnaires. Ils sont rejoints en 1688 par 238 huguenots français chassĂ©s des villages du Sud-Luberon par la rĂ©vocation de l'Édit de Nantes et installĂ©s par le commandeur Simon van der Stel dans la vallĂ©e d'Olifantshoek pour y dĂ©velopper la viticulture sur des terres riches en alluvions. Ces nouveaux colons sont instruits et vont marquer très fortement de leur empreinte la culture blanche sud-africaine. En 1691, le Cap devient officiellement une colonie.


     En 1706, la première manifestation de dĂ©fiance envers le gouvernement autocratique de Willem Adriaan van der Stel est organisĂ©e au Cap. Le jeune Hendrik Bibault refuse publiquement d'obĂ©ir aux injonctions d'un juge arguant du fait qu'il n'Ă©tait plus NĂ©erlandais mais Africain (Afrikaner). C'est la première manifestation d'une identitĂ© africaine des blancs de la colonie. En rĂ©action, la Compagnie dĂ©cide de stopper l'immigration nĂ©erlandaise dans celle-ci pour limiter l'utilitĂ© du Cap Ă  sa fonction de station de ravitaillement. Par un certain nombre de mesures, la compagnie tente de planifier l'Ă©conomie locale et de dĂ©courager tout dĂ©veloppement industriel ou tout esprit d'initiative individuel qu'elle ne pourrait contrĂ´ler. Cette politique restrictive de harcèlement encourage l'esprit libertarien et l'individualisme des colons libres et des paysans nĂ©erlandais natifs de la colonie, dorĂ©navant appelĂ©s Boers. Ces derniers franchissent les frontières pour s'Ă©tablir hors de la juridiction de la colonie.


     En 1708, la population d'origine europĂ©enne a triplĂ© et compte 1 723 individus auxquels s'ajoutent 1 771 esclaves. Afin de contrĂ´ler l'Ă©migration intĂ©rieure des Boers, la Compagnie fixe Ă  chaque fois de nouvelles frontières situĂ©es au-delĂ  des implantations boers les plus importantes. En 1745, elle annexe Swellendam et en 1786, s'empare de Graaff-Reinet, ville de frontière situĂ©e en plein dĂ©sert du Karoo Ă  plus de mille kilomètres au nord-est de la ville du Cap.


     L'expansion des Trekboers augmente nĂ©anmoins les risques de conflits avec les tribus indigènes Ă©migrant d'Afrique centrale vers le sud et l'ouest du pays. Celles-ci vivaient Ă  quelques 1 500 kilomètres du Cap sur la cĂ´te atlantique et Ă  700 kilomètres Ă  l'est dans l'intĂ©rieur des terres. En 1779 ont lieu les premières escarmouches entre Boers et tribus indigènes Xhosas pour la possession de bĂ©tail dans les zones frontalières (première guerre Cafre). En 1781, Ă  la recherche de nouveaux pâturages, les Xhosas franchissent la Rivière Great Fish et pillent la rĂ©gion frontalière du Zuurveld. En riposte, les Boers s'organisent en commandos et repoussent les Xhosas au-delĂ  de cette rivière. Le conflit reprend encore huit annĂ©es plus tard.


     A la fin du 18ème siècle, la population blanche est majoritairement issue des Pays-Bas, des Ă©tats de langue allemande et de France. Ainsi, au moins 14 000 allemands se sont installĂ©s dans la colonie du Cap entre 1652 et 1792, dĂ©passant le nombre des huguenots français. En 1795, la population d'origine europĂ©enne compte alors 20 000 personnes et se trouve dĂ©passĂ©e par celle des esclaves (25 000 individus).

  - Sous-chapitre : L'arrivĂ©e de colons britanniques




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Arrivée des colons britanniques dans la baie d'Algoa (1820)



     En 1795, une rĂ©volte boer Ă  Graaff-Reinet contre les autoritĂ©s coloniales tourne court et en 1806, les Britanniques succèdent aux NĂ©erlandais au gouvernement de la colonie du Cap. Celle-ci s’étend alors sur 194 000 kilomètres carrĂ©s et compte un peu plus de 60 000 habitants dont quelques 25 000 Blancs, majoritairement des Boers d’origine franco-germano-nĂ©erlandaise, 15 000 Khoisans, 25 000 esclaves et un millier d’hommes libres (anciens esclaves libĂ©rĂ©s de leur servitude). Une Ă©tude portant sur les origines de la population afrikaner en 1807 rĂ©partissait celle-ci Ă  l’époque en nĂ©erlandais (36,8%), Ă©tats de langue allemande (35%), français (14,6%), non blancs (7,2%), autres (2,6%), indĂ©terminĂ©s (3,5%) et britanniques (0,3%).


     Au dĂ©but du XIX siècle, alors que les Britanniques prennent le contrĂ´le du Cap, les Boers commencent Ă  se penser en tant que nation, dotĂ©e d'une culture spĂ©cifique, fondĂ©e sur un dialecte, issu du NĂ©erlandais : l’afrikaans, une religion : le calvinisme, un territoire : les vastes espaces du Karoo, mais Ă©galement l’intime conviction d’appartenir Ă  un groupe privilĂ©giĂ© comparable Ă  celui des HĂ©breux de la Bible, dans le cadre d’une sociĂ©tĂ© encore esclavagiste. Cette communautĂ© afrikaner est nĂ©anmoins partagĂ©e entre un groupe urbanisĂ©, sensible au prestige culturel des nouveaux conquĂ©rants anglais, et un groupe rural, jaloux de son indĂ©pendance et de ses privilèges, hostile Ă  la nouvelle administration britannique.


     Les tensions vont aller de mal en pis entre une partie de ces boers et l'administration britannique. En 1815, Frederic Bezuidenhout, un jeune Boer de l’intĂ©rieur, est tuĂ© par un policier hottentot après avoir refusĂ© d’obtempĂ©rer Ă  une convocation judiciaire et rĂ©sistĂ© Ă  son arrestation. Son frère parvint Ă  soulever une soixantaine de fermiers, dĂ©cidĂ©s Ă  le venger. Perçus comme des rebelles, ils sont pourchassĂ©s et acculĂ©s Ă  la reddition. JugĂ©s, cinq d’entre eux sont condamnĂ©s Ă  mort et pendus Ă  Slachters Neck, le 9 mars 1816.


     Les premières vagues d'immigration britannique en Afrique du Sud commencent dans les annĂ©es 1817-1819. Le gouverneur Charles Somerset souhaite alors fortifier la frontière-est de la colonie du Cap avec les territoires Xhosas. C'est dans cette optique qu'il entreprend d'intensifier la colonisation de la rĂ©gion frontière du Zuurveld situĂ©e en amont de la rivière Sundays et en aval de la rivière Great Fish.


     En 1820, avec le soutien de Lord Somerset et du parlement britannique, près de 4 000 colons anglais Ă©migrent dans cette rĂ©gion au bord de l'ocĂ©an Indien. Principalement d'anciens chĂ´meurs urbains qui se rĂ©vĂ©lèrent de piètres fermiers, ils s'Ă©tablirent pour la plupart comme artisans et commerçants Ă  Port Elizabeth, alors un petit village de la baie d'Algoa et Ă  Grahamstown, alors garnison britannique. Cette nouvelle Ă©migration de « loyaux sujets de Sa MajestĂ© Â» permet de faire contre-poids aux descendants de colons nĂ©erlandais, rĂ©tifs Ă  la nouvelle administration. Elle permet en outre d'angliciser la colonie.


     En 1822, les autoritĂ©s impĂ©riales britanniques, reprĂ©sentĂ©es sur place par un gouverneur chef de l'administration civile et militaire, retirent au nĂ©erlandais son statut de langue officielle dans les tribunaux et les services gouvernementaux. Un processus d’anglicisation est en marche alors que l'afrikaans est dĂ©nigrĂ©. En 1828, l’anglais devient la seule langue officielle des affaires administratives et religieuses. Les Hottentots se voient Ă©galement reconnaĂ®tre l'Ă©galitĂ© des droits avec les blancs.

  - Sous-chapitre : Le Grand Trek des Boers




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Carte d'Afrique du Sud indiquant l'Ă©volution des frontières de la Colonie du Cap de 1700 Ă  1847 ainsi que la migration des Griquas et des Boers au XIX siècle



     En 1833, les Anglais abolissent l’esclavage, provoquant ainsi l’exode d’une partie des Ă©leveurs boers de la frontière. Ă€ partir de 1835, près de 15 000 boers quittent la Colonie du Cap, franchissent le fleuve Orange et la chaĂ®ne du Drakensberg et s'enfoncent dans le pays zoulou. Beaucoup partent de Graaff-Reinet dans des convois menĂ©s par des chefs Ă©lus, le plus souvent charismatiques. En 1838, l'un d'entre eux, le chef voortrekker Piet Retief et ses compagnons sont massacrĂ©s par les Zoulous, donnant le signal du dĂ©but des massacres de voortekkers (dont 41 hommes, 56 femmes et 185 enfants) Ă  Blaauwkrans et Weenen. Le 16 dĂ©cembre 1838, après avoir prĂŞtĂ© un serment envers Dieu, quelques centaines de Boers remportent une victoire dĂ©cisive sur les impies (rĂ©giments) zoulous du roi Dingane lors de la bataille de Blood-River, fondement historique de la nation Afrikaner.




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     Quelques annĂ©es plus tard, ces boers sont chassĂ©s du Natal oĂą ils avaient fondĂ© la rĂ©publique de Natalia, par les Britanniques qui annexent la rĂ©gion. Les Voortrekkers traversent de nouveau le Drakensberg, s’installent sur les plateaux austères du Veld, Ă©crasent les NdĂ©bĂ©lĂ©s du chef Mzilikazi et asservissent les Sothos. Ils constituent alors de nouvelles rĂ©publiques boers qui finissent par former l’État libre d’Orange et la rĂ©publique sud-africaine du Transvaal, dont les Anglais reconnaissent l’indĂ©pendance par le traitĂ© de Sand River.


     Le Transvaal lors de sa fondation en 1852 est alors peuplĂ© par 5 000 familles voortrekkers (soit une population totale de 40 000 personnes) mais il ne constitue pas alors un Ă©tat territorialement constituĂ© et uni bien qu'il revendique un territoire s'Ă©tendant du fleuve Vaal au fleuve Limpopo. Et ce n'est qu'en 1856 que ses Ă©lus votent la loi fondamentale Ă©tablissant la rĂ©publique d'Afrique du Sud ("Zuid-Afrikaansche Republiek" - ZAR) et qui rĂ©serve le droit de vote aux seuls boers (Burghers et fils de burghers) prĂ©sents sur le territoire lors de la ratification de la convention de Sand River. La constitution proclame explicitement l'inĂ©galitĂ© des blancs et des gens de couleur que ce soit dans l’État ou dans l’Église (article 9). Ainsi, il est exigĂ© que tous les membres de l'assemblĂ©e nationale et du conseil exĂ©cutif de la prĂ©sidence soient membres de l'Ă©glise rĂ©formĂ©e hollandaise de sang europĂ©en. La constitution affirme ainsi le caractère boer de la rĂ©publique, excluant de la citoyennetĂ© les noirs, les mĂ©tis, les asiatiques mais restreignant aussi les droits des Boers arrivĂ©s de fraiche date sur le territoire et excluant des fonctions Ă©lectives tout blanc naturalisĂ© qui ne soit pas calviniste. Cette disposition, bien qu'assouplie par la suite vis-Ă -vis des Boers, sera contestĂ©e par les uilanders (Ă©trangers) anglophones de Johannesburg dans les annĂ©es 1890, et sera l'une des causes du raid Jameson et de la Seconde Guerre des Boers.


     De son cĂ´tĂ©, la colonie du Cap prospĂ©rait et s'Ă©tendait. En 1847, la Cafrerie britannique est annexĂ©e. A la suite d'une immense famine qui plonge la cafrerie dans la misère, tuant plus de 50 000 Xhosas en six mois en 1856, la population indigène passe en deux ans de 105 000 Ă  moins de 27 000 individus. Les terres dĂ©peuplĂ©es sont alors attribuĂ©es Ă  plus de 6 000 immigrants europĂ©ens d'origine allemande dont un certain nombre Ă©taient d'anciens membres de la lĂ©gion germanique qui avait combattu au cĂ´tĂ© des Britanniques lors de la guerre de CrimĂ©e. En 1866, tout le territoire de la Cafrerie britannique est incorporĂ© Ă  la Colonie du Cap pour former les districts de King William's Town et de East London.




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Les républiques boers au 19 siècle



     Durant cette pĂ©riode, le colonial office tente Ă©galement de faire du Cap une colonie pĂ©nitentiaire pour les Irlandais reconnus coupables de crimes et dĂ©lits. En 1848, suite Ă  la rĂ©action violente des administrĂ©s du Cap, alors que le premier navire pĂ©nitencier approchait des cĂ´tes sud-africaines, le gouverneur Harry Smith dĂ©cida, pour prĂ©server la paix civile et d'interdire d'accostage les prisonniers lors de leur arrivĂ©e Ă  Simon's Bay le 19 septembre 1849. Au bout de cinq mois de blocage, le Colonial Office dĂ©cida alors de dĂ©router le navire vers la Tasmanie. En refusant d'ĂŞtre une colonie pĂ©nitentiaire, l'Afrique du Sud se privait alors de toute une nouvelle catĂ©gorie de population qui allait participer au dĂ©veloppement des communautĂ©s europĂ©ennes d'Australie et de Tasmanie. Les administrĂ©s de la Colonie du Cap profitèrent nĂ©anmoins de cet Ă©pisode pour rĂ©clamer de nouveaux droits, notamment celui de s'autogĂ©rer.


     Le 11 mars 1854, la Colonie du Cap Ă©tait dotĂ©e d'une constitution avec un parlement Ă©lu au suffrage censitaire, lĂ©gifĂ©rant sur les affaires intĂ©rieures. Au contraire du Transvaal, l'Ă©galitĂ© des races, reconnues depuis 1828, est rĂ©affirmĂ©e. Ainsi, un grand nombre de mĂ©tis (55 % de la population du Cap) se retrouve Ă©lecteur de plein droit Ă  la chambre basse.

  - Sous-chapitre : L'hostilitĂ© entre Britanniques et RĂ©publiques boers

Article dĂ©taillĂ© : Première Guerre des Boers.
Article dĂ©taillĂ© : Seconde Guerre des Boers.

     Au dĂ©but des annĂ©es 1860, alors que l'Ă©conomie des RĂ©publiques boers est autarcique et primitive, celle de la colonie du Cap est des plus prospère. Des mines de cuivre commencent Ă  ĂŞtre exploitĂ©es et les chemins de fer commencent Ă  se dĂ©velopper. En 1869, l'Ă©levage d'autruches devient une nouvelle activitĂ© prospère de la colonie et participe au dĂ©veloppement Ă©conomique de la rĂ©gion d'Oudtshoorn.


     En 1865, la Colonie du Cap compte 180 000 habitants d'origine europĂ©enne alors que toute l'Afrique du Sud compte aux alentours de 250 000 Blancs. Elle compte aussi 200 000 MĂ©tis et Hottentots ainsi que 100 000 Bantous, Ă©tablis principalement dans la rĂ©gion orientale de la colonie. L'immigration europĂ©enne reste infĂ©rieure aux prĂ©visions. Ainsi entre 1820 et 1860, la moyenne des immigrants ne dĂ©passe pas 750 personnes par an bien que la population blanche sud-africaine ait doublĂ© entre 1820 et 1835. L'accroissement dĂ©mographique est donc essentiellement dĂ» Ă  la natalitĂ©. Le peuplement europĂ©en de l'Afrique du Sud n'a jamais Ă©tĂ© prioritaire, que ce soit sous l'administration nĂ©erlandaise ou britannique bien que cette dernière ait rĂ©activĂ© une politique d'immigration pour faire du territoire sud-africain une colonie de peuplement. Mais pour des raisons stratĂ©giques, le gouvernement britannique et le Colonial Office s'attachaient prioritairement au peuplement du Canada et de l'Australie. Ainsi, il ne fut pas Ă©tonnant que les navires affectĂ©s Ă  la desserte de la Colonie du Cap Ă©taient en nombre plus restreint et que parfois, ceux-ci Ă©taient rĂ©affectĂ©s pour desservir d'autres destinations.




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L'Afrique du Sud en 1885



     A partir de 1867, l'Afrique du Sud commence Ă  connaĂ®tre une ruĂ©e vers le diamant. Jusque lĂ  perçu en Europe comme une contrĂ©e pauvre et dangereuse, le sous-sol de la rĂ©gion rĂ©vèle ses potentielles richesses. Les colons britanniques sont les premiers Ă  bĂ©nĂ©ficier de l'Ă©mergence de l'industrie diamantaire mais ce sont de tous les pays d'Europe et mĂŞme d'AmĂ©rique qu'affluent des milliers d'aventuriers et de prospecteurs en quĂŞte de diamants. Au Transvaal, les relations quotidiennes entre boers et noirs ne sont rĂ©gies dans un premier temps par aucune loi, Ă  l'exception des restrictions imposĂ©es par loi fondamentale. Les premières lois mentionnent notamment qu'« aucun indigène n'est autorisĂ© Ă  s'Ă©tablir près des agglomĂ©rations, au dĂ©triment des habitants, sans une permission expresse de l'AssemblĂ©e" ou que "Tout indigène doit ĂŞtre porteur d'un laissez-passer remis par son maitre, par un missionnaire, par un chef de tribu ou par un landrost (maire) Â» et sont principalement rĂ©digĂ©s dans le but de protĂ©ger les travailleurs permanents contre les vagabonds. La loi distingue imperceptiblement les descendants des noirs venus du Cap avec les Voortrekkers de ceux qui vivent dans les territoires tribaux et auxquelles ces dispositions sont principalement destinĂ©es.




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     En avril 1877, le Transvaal au bord de la banqueroute est annexĂ© par la Grande-Bretagne avant de retrouver son autonomie en 1881 au prix d'un soulèvement gĂ©nĂ©ral concomitant Ă  la montĂ©e au Cap d'un nationalisme des locuteurs de langue afrikaans, les Afrikaners. En 1875, un groupe d'enseignants et de pasteurs avaient formĂ© un mouvement de revendication culturelle, l'« Association des vrais Afrikaners Â» dont l'objectif Ă©tait de dĂ©fendre et d'imposer l'afrikaans au cĂ´tĂ© de l'anglais comme langue officielle de la colonie. La dĂ©fense de la langue se confond avec celle de l’identitĂ© afrikaans. En 1876, une revue en afrikaans, "Die Afrikaanse Patriot", Ă©tait ainsi Ă©ditĂ©e et en 1877, l'historien Stephanus Jacobus Du Toit publie le premier livre d’histoire des Afrikaners, Ă©crit qui plus est en afrikaans, Die Geskiedenis van ons Land in die Taal van ons Volk (L’Histoire de notre pays dans la langue de son peuple) qui s’apparente Ă  un manifeste politique des Afrikaners imprĂ©gnĂ© de mysticisme, relatant la lutte d’un petit peuple Ă©lu, fidèle au dessein de Dieu, identifiant le Grand Trek de 1836 Ă  l’exode d’Égypte. En 1881, des Afrikaners nationalistes du Cap fondent alors l'union afrikaner (Afrikaner Bond), partisane de l'inclusion des RĂ©publiques boers et de la Colonie du Cap. Le parti s'implante Ă©galement au Transvaal et dans le gouvernement de Paul Kruger. D'abord unitaire, le Bond finit cependant par se fragmenter entre plusieurs courants politiques. Certains sont loyalistes et patriotes envers la Couronne, d'autres promeuvent l'insubordination et la rĂ©sistance. La Ligue du Cap se dissocie notamment des ligues de tendances rĂ©publicaines. Reposant sur un nĂ©o-calvinisme rigoureux inspirĂ© des thĂ©ories d'Abraham Kuyper, le projet global de l'Afrikaner Bond est d'Ă©tablir une nationalitĂ© sud-africaine pour un pays souverain, dirigĂ© par les Afrikaners. Le pays dĂ©fendrait ses propres intĂ©rĂŞts et non ceux de la mĂ©tropole europĂ©enne, que ce soit dans les domaines politiques, Ă©conomiques et commerciaux. Le Royaume-Uni demeurerait un partenaire privilĂ©giĂ©. Adoptant une ligne pragmatique, le chef du Bond, Jan Hofmeyr, dĂ©fend un nationalisme sud-africain regroupant Afrikaners et Britanniques. S'ils pensent que les indigènes sont politiquement et socialement infĂ©rieurs aux Blancs, il dĂ©fend cependant le droit de vote en faveur des Ă©lites noires. Dans les faits, de 1881 Ă  1898, le Bond est tout-puissant. Hofmeyr dĂ©termine les votes des dĂ©putĂ©s nĂ©erlandais (afrikaners) du parlement du Cap tout comme il initie la politique du Bond et influence celle du gouvernement. Ainsi, c'est sous son influence qu'en 1882, le parlement du Cap autorise l'utilisation du nĂ©erlandais lors de sessions parlementaires. L'obligation de bien savoir parler anglais pour ĂŞtre Ă©lu dĂ©putĂ© est peu après supprimĂ©e pour un certain nombre de sièges ce qui permet l'Ă©lection d'Afrikaners de l'arrière pays au parlement.


     En 1890, le Bond soutient l'homme d'affaires ambitieux, Cecil Rhodes pour occuper le poste de premier ministre. Cecil Rhodes Ă©tait un expansionniste qui avait entrepris de relier Le Cap au Caire par la voie du chemin de fer sans jamais quitter un territoire africain sous souverainetĂ© britannique. Il avait dans ce but financĂ© une colonne de pionniers pour annexer les territoires en amont du Transvaal.


     Au Transvaal, la dĂ©couverte d'or dans la rĂ©gion du Witwatersrand a prĂ©cipitĂ© l'arrivĂ©e de prospecteurs et de travailleurs anglais qui finissent par surpasser le nombre de Boers dans la rĂ©gion de la ville champignon de Johannesburg et Ă  rĂ©clamer des droits politiques. L'irruption soudaine du système industriel dans une sociĂ©tĂ© fondĂ©e sur la volontĂ© de prĂ©server un certain ordre social, un mode de vie rural et le refus des ingĂ©rences extĂ©rieures, allait avoir des rĂ©percussions internes considĂ©rables, menaçant l'ordre Ă©tabli par les descendants des Voortrekkers et dĂ©plaçant le centre de gravitĂ© Ă©conomique de l'Afrique du Sud de la colonie du Cap au Transvaal. De fait, l'empire britannique supporte mal que ses citoyens Ă©tablit dans le Transvaal soit traitĂ©s comme des citoyens de seconde zone. DĂ©sireux de s’accaparer les gisements d’or autant que d’unifier toute l’Afrique du Sud sous l’Union Jack, les autoritĂ©s britanniques du Cap sous l’égide de Cecil Rhodes provoquèrent une sĂ©rie d’incidents qui aboutirent en 1899 au dĂ©clenchement de la guerre anglo-boer opposant les Afrikaners du Transvaal et de l'Orange aux Britanniques.




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Commandos Boers





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Commandos Boers





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Lizzie Van Zyl, enfant boer internée et morte dans le camp de concentration britannique de Bloemfontein durant la Seconde Guerre des Boers



     Cette Seconde Guerre des Boers aboutit assez rapidement Ă  une victoire des Britanniques. Cependant, face Ă  une guĂ©rilla particulièrement active et meurtrière, le commandement britannique, disposant pourtant sur place de 450 000 hommes (Britanniques et troupes coloniales) n'hĂ©site pas Ă  mener une politique de la terre brĂ»lĂ©e, Ă  construire tous les 100 yards des postes fortifiĂ©s, entourĂ©es et reliĂ©s par des fils barbelĂ©s et Ă  parquer les populations Afrikaners du Transvaal et de l'Orange dans des camps de concentration oĂą pĂ©rissent près de 27 927 d'entre eux, dont 22 074 enfants de moins de 16 ans, soit 10% du nombre de Boers vivant dans ces 2 rĂ©publiques. Au final, 30 000 fermes sont dĂ©truites ainsi qu'une quarantaine de petites villes. Un quart de la population boer, soit 116 572 personnes, fut internĂ©e au cĂ´tĂ© de 120 000 Africains noirs. Cet Ă©pisode de l’histoire sud-africaine qui marque la dissolution des rĂ©pliques boers, solidifie le ressentiment antibritannique des Boers, le rĂ©publicanisme et renforce le mouvement identitaire des Afrikaners qui va les marquer tout au long du XX siècle. Vaincus militairement, les Afrikaners vont s’adapter pour survivre en tant qu’entitĂ© distincte au sein d’un État moderne, industriel et urbanisĂ©. Si certains renoncent Ă  leur identitĂ© culturelle donnant naissance aux anglo-afrikaners, d’autres vont chercher Ă  prĂ©server leur spĂ©cificitĂ© culturelle sur fonds d’esprit de rĂ©conciliation entre les ennemis d’hier. Ils vont dès lors entamer une lente reconquĂŞte du pouvoir politique afin de garantir la pĂ©rennitĂ© de leurs droits historiques, linguistiques et culturels sur l’Afrique du Sud. Ainsi, l’imposition de l’anglais dans les anciennes rĂ©publiques boers, l’interdiction de l’enseignement de l’afrikaans et diverses mesures vexatoires ont pour corolaire la crĂ©ation d’écoles privĂ©es gĂ©rĂ©es par les Afrikaners eux-mĂŞmes qui fournissent alors un terrain propice Ă  la crĂ©ation d’une identitĂ© commune fondĂ©e sur la langue afrikaans, la croyance calviniste et une interprĂ©tation quasi-religieuse de l’histoire.


     Au sein de la colonie britannique du Transvaal, des vĂ©tĂ©rans de la guerre comme Jan Smuts ou Louis Botha deviennent des chefs politiques incontournables tout comme le sont les afrikaners Abraham Fischer et James Barry Munnik Hertzog dans l'Ă©tat libre. En mai 1904, avec Jan Smuts et d'autres vĂ©tĂ©rans boers, Louis Botha fonde un parti politique afrikaner, « Het Volk Â» (le peuple), prĂ´nant la rĂ©conciliation nationale et l'autonomie de l'Afrique du Sud.


     Après la victoire des libĂ©raux au Royaume-Uni en 1905, Botha envoie Smuts Ă  Londres nĂ©gocier le principe de l'autonomie du Transvaal. En 1906, ce dernier obtient une autonomie politique. Louis Botha devient alors premier ministre du Transvaal. Ce dernier part en Europe pour faire des confĂ©rences, laissant Smuts gĂ©rer les affaire internes.

  - Sous-chapitre : L'Union Sud-Africaine

Article dĂ©taillĂ© : Union Sud-Africaine.



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South Africa Red Ensign.png



     En 1910, l'Union sud-africaine est proclamĂ©e sous forme de dominion de la Couronne. ConstituĂ© du Transvaal, du Natal, de l'Ă©tat libre d'Orange et de la province du Cap, le pays compte alors 5,8 millions d'habitants dont 3,9 millions de Noirs, 517 000 Coloureds, 148 000 asiatiques et 1,3 millions de Blancs, dont plus de 700 000 sont afrikaners. Il y a donc un peu plus d'un blanc pour 4 noirs mais la rĂ©partition dĂ©mographique est très inĂ©gale selon les provinces et les rĂ©gions.


     La constitution de l'Union sud-africaine forme un compromis politique et social entre les Afrikaners et les blancs anglophones. Dans les provinces du Transvaal et de l'État libre d'Orange, anciennes rĂ©publiques Boer, le droit de vote est notamment rĂ©servĂ© aux seuls blancs alors que dans la province du Cap oĂą les Anglophones sont beaucoup plus nombreux, le droit de vote est partagĂ© selon un système censitaire avec les Coloureds et dans une moindre mesure avec les noirs (minoritaires dans la province).


     Louis Botha, un ancien gĂ©nĂ©ral boer, est le premier chef de gouvernement sud-africain mais son nationalisme tempĂ©rĂ©, tout comme celui de Jan Smuts, son principal ministre et inspirateur de la constitution sud-africaine, est rejetĂ© par les radicaux du mouvement identitaire afrikaner.


     De 1910 Ă  1924, le gouvernement est formĂ© par le Parti sud-africain de Botha et Smuts. Cette alliance reprĂ©sente les Anglophones ainsi que les Afrikaners modĂ©rĂ©s. Louis Botha et Jan Smuts se succèdent Ă  la tĂŞte de l'État.




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Jan Christiaan Smuts en 1919



     Pour satisfaire les revnedications des blancs les plus pauvres mais aussi les conglomĂ©rats miniers, des lois de sĂ©grĂ©gation raciale sont adoptĂ©es au niveau national, renforçant la discrimination du système empirique de Colour bar appliquĂ© diversment dans les diffĂ©rentes provinces.


     En 1914, plusieurs anciens vĂ©tĂ©rans de la guerre des Boers comme Christiaan de Wet tentent sans succès une insurrection visant Ă  rĂ©tablir les rĂ©publiques boers.


     La Première Guerre mondiale permet au dominion de conquĂ©rir de nouveaux territoires comme la colonie du Sud-Ouest africain allemand en 1915. Mais cet engagement au cĂ´tĂ© des Britanniques est dĂ©noncĂ© par les Afrikaners intransigeants, partisans des Allemands du Sud-Ouest Africain.


     Après la Première Guerre mondiale, les paysans afrikaners, chassĂ©s du platteland par une grave sĂ©cheresse et une crise Ă©conomique, se retrouvent confrontĂ©s Ă  un double phĂ©nomène d’urbanisation et d’acculturation, et entrent en compĂ©tition avec les ouvriers noirs au moindre coĂ»t. Les valeurs et l’ordre traditionnel des Afrikaners s’effondrant, ces derniers se sentent acculĂ©s face Ă  la domination des anglophones, de leurs valeurs liĂ©es aux affaires et Ă  l’argent et face au risque de submersion des noirs qui affluent alors vers les villes. Ceux qu’on appelle alors en 1920 les « pauvres blancs Â» sont plus de 300 000 personnes, essentiellement des Afrikaners. Face Ă  cette situation, les nationalistes afrikaners s’efforcent de rĂ©inventer des modèles culturels afin de sortir les Afrikaners pauvres de leur condition misĂ©rable et Ă  les aligner sur la petite bourgeoisie anglophone. En mai 1918, une association est ainsi fondĂ©e Ă  Johannesburg par trois jeunes Afrikaners dont le but est la dĂ©fense des membres de leur communautĂ© afin de recouvrer les droits perdus en 1902 Ă  la fin de la seconde guerre des Boers. D’abord baptisĂ©e Jong Suid-Afrika, puis Afrikaner Broederbond (Ligue des frères afrikaners), cette association qui rassemblait Ă  son origine des pasteurs calvinistes, des employĂ©s des chemins de fer et des policiers, devient en 1924 une sociĂ©tĂ© secrète franc-maçonne, recrutant un nombre croissant d’instituteurs, de professeurs, d’universitaires et de politiciens. Ă€ partir de 1927, le Bond va accroĂ®tre son activisme et Ă©tendre son influence et son audience au sein de la communautĂ© de langue afrikaans. Il va dĂ©finir l’identitĂ© de l’Afrikaner duquel il placera les intĂ©rĂŞts au-dessus de toutes les autres communautĂ©s d’Afrique du Sud, y compris la communautĂ© anglophone. Ainsi, le Broederbond propose comme fondement idĂ©ologique le national-christianisme, inspirĂ© du nĂ©ocalvinisme, qui stipule que « les nations sont nĂ©es d’une volontĂ© divine, que chacune d’elles est dĂ©tentrice d’une spĂ©cificitĂ© et d’une mission Ă  accomplir Â». La dĂ©fense de l’identitĂ© afrikaner devient une mission sacrĂ©e dont le triomphe exige la mobilisation totale du peuple de langue afrikaans (le Volk). Si la question raciale n’est pas alors au centre des prĂ©occupations politiques des blancs sud-africains, c’est sur cette base de l’Afrikanerdom que le concept de l’apartheid va ĂŞtre progressivement Ă©laborĂ©.


     En 1922, la grève des mineurs afrikaners du Witwatersrand pour protester contre le recours accru aux travailleurs noirs dĂ©bouche sur un conflit sanglant avec le gouvernement de Jan Smuts. Le conflit commence dans les mines de charbon puis s’étend Ă  tout le bassin minier du Rand, regroupant 20 000 travailleurs blancs. Des soviets sont proclamĂ©s et la grève gĂ©nĂ©rale dĂ©clenchĂ©e le 6 mars 1922. La grève tourne Ă  l’insurrection. Pendant 5 jours les combats font rages dans les quartiers ouvriers du rand pilonnĂ©s par l’aviation sur ordre du premier ministre Jan Smuts. Le mouvement est brisĂ© dans le sang (214 tuĂ©s dont 76 grĂ©vistes, 78 soldats, 30 africains tuĂ©s par les grĂ©vistes) et 5 000 mineurs sont emprisonnĂ©s. C’est en chantant un hymne communiste que 4 des 18 condamnĂ©s Ă  morts furent exĂ©cutĂ©s.




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Dessiné à la suite d’un long débat national, le drapeau d'Afrique du Sud (1927-1994) représentait essentiellement l’histoire et les symboles des Afrikaners mais aussi la communauté anglophone avec la présence de l’Union Jack



     L’échec du mouvement ouvrier conduit Ă  une mobilisation insolite rassemblant travaillistes, socialistes et communistes derrière les nationalistes du parti national de James B. Hertzog qui remportent les Ă©lections gĂ©nĂ©rales de 1924. Une de ses premières mesures symbolique est de remplacer le NĂ©erlandais par l'Afrikaans comme langue officielle au cĂ´tĂ© de l'anglais. D'une autre part, un nouvel hymne national est composĂ© : Die Stem van Suid Afrika ainsi qu'un nouveau drapeau reprenant exclusivement l'histoire blanche du pays. Dès lors, les gouvernements d’inspiration nationaliste s’attachent Ă  dĂ©velopper et protĂ©ger la communautĂ© afrikaner, Ă©rodant la tradition libĂ©rale du Cap alors que dans les annĂ©es 1930, l’aile extrĂŞme du nationalisme subit fortement l’influence du nazisme.




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James Barry Hertzog



     Reconduit Ă  toutes les Ă©lections jusqu'en 1933, le parti National doit s'allier avec le Parti sud-Africain pour endiguer les problèmes Ă©conomiques et sociaux en formant un gouvernement d'union nationale en crĂ©ant le Parti uni. L'alliance entre les nationalistes de Hertzog et les libĂ©raux de Smuts provoquent un schisme au sein du parti National qui se traduit par la dĂ©fection de 17 parlementaires emmenĂ©s par Daniel Malan qui crĂ©ent le Parti national purifiĂ©.


     En 1938, les cĂ©lĂ©brations du centenaire de la bataille de Blood River unissent les Afrikaners autour du thème du Volkseenheid (l’unitĂ© du peuple afrikaans) avec la reconstitution du Grand Trek. Les thèmes nationalistes et rĂ©publicains sont cĂ©lĂ©brĂ©s alors que le pays est pavoisĂ© aux couleurs sud-africaines. Le 16 dĂ©cembre 1938, plus de 100 000 afrikaners (1/10 de la population afrikaner) assistent Ă  Pretoria Ă  la pose de la première pierre du Voortrekker Monument, symbole phare du nationalisme boer en prĂ©sence des descendantes des chefs voortrekkers Andries Pretorius, de Piet Retief et d’Hendrik Potgieter.


     La deuxième guerre mondiale change la donne. Hertzog et Malan soutiennent la neutralitĂ© de leur pays alors que Jan Smuts est partisan de l'entrĂ©e en guerre de l'Afrique du Sud au cĂ´tĂ© des alliĂ©s. Le parlement approuve d'une courte majoritĂ© l'entrĂ©e en guerre. Hertzog quitte donc le pouvoir laissant Smuts seul aux commandes.


     Smuts, favori, pense remporter facilement les Ă©lections de 1948, aurĂ©olĂ© par la victoire des alliĂ©s et la crĂ©ation des Nations Unies auquel il participe.


     Lors des Ă©lections de mai 1948, les Ă©lecteurs blancs apportent une majoritĂ© relative de leurs suffrages au Parti uni de Jan Smuts. Cependant, celui-ci ne dispose plus d'alliĂ©s au sein de la nouvelle assemblĂ©e alors qu'une coalition entre le parti national et le parti afrikaner, bien que minoritaire en voix (42% des suffrages), remporte une majoritĂ© de circonscriptions (52%). Si les Ă©lecteurs du Natal, des grandes zones urbaines du Cap et de Johannesburg ont apportĂ© leurs voix Ă  Smuts, ce sont les circonscriptions rurales sur reprĂ©sentĂ©es du Transvaal et de l'Orange qui permettent au parti de Daniel François Malan de former le nouveau gouvernement. Le thème rĂ©current des gouvernements nationalistes ne sera plus dès lors la dĂ©fense de l’identitĂ© afrikaans face aux anglophones mais celui du peuple blanc d’Afrique du Sud (anglophones, afrikaners, lusophones soit 2,5 millions de personnes en 1950, 21 % de la population totale) menacĂ© par la puissance de la dĂ©mographie africaine (8 millions de personnes en 1950 soit 67 % de la population totale).


     La victoire du parti national de Daniel François Malan consacre aussi la victoire du Broederbond. Le danger de domination ou d’acculturation anglophone est dĂ©finitivement Ă©cartĂ© et l’unitĂ© du peuple afrikaans rĂ©alisĂ©e. Cependant, la cohĂ©sion nationale de celui-ci reste menacĂ©e par le "Swaartgevaar" (le pĂ©ril noir). L’apartheid est alors prĂ©sentĂ© comme un arsenal juridique destinĂ© Ă  assurer la survie du peuple afrikaner mais aussi comme un « instrument de justice et d’égalitĂ© qui doit permettre Ă  chacun des peuples qui constitue la sociĂ©tĂ© sud-africaine d’accomplir son destin et de s’épanouir en tant que nation distincte Â». Ainsi, beaucoup de nationalistes afrikaners pensent sincèrement que l’apartheid ouvre des carrières et laisse leurs chances aux noirs, chances qu’ils n’auraient pu saisir s’ils avaient Ă©tĂ© obligĂ©s d’entrer en compĂ©tition avec les blancs au sein d’une sociĂ©tĂ© intĂ©grĂ©e.

  - Sous-chapitre : La pĂ©riode de l'Apartheid

Article dĂ©taillĂ© : Apartheid.
Article dĂ©taillĂ© : Histoire de l'Afrique du Sud (1948-1994).

     La coalition nationaliste afrikaner accède au pouvoir en 1948 avec dans ses dossiers un nouvel arsenal juridique se nommant Apartheid, une politique de dĂ©veloppement sĂ©parĂ© affectant des populations selon des critères raciaux ou ethniques dans des zones gĂ©ographiques dĂ©terminĂ©es, aboutissement institutionnel d'une politique et d'une pratique jusque lĂ  empirique de sĂ©grĂ©gation raciale (Pass-laws, baasskap et colour bar).




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     Le système lĂ©gislatif et institutionnel du pays s’enrichissait en quelques annĂ©es de nouvelles lois sĂ©grĂ©gationnistes alors que les anciennes lois raciales et spatiales comme le Land Act de 1913 Ă©taient durcies. La question raciale finissait par intervenir Ă  tous les stades de la vie avec la codification de lois sĂ©grĂ©gationnistes d'applications quotidiennes visant Ă  faire coexister deux mondes qui Ă©taient destinĂ©s Ă  ne jamais vivre ensemble. Les lois organisant l'apartheid, votĂ©es en fĂ©vrier 1950, Ă©taient organisĂ©es autour d'un principe de cloisonnement : les individus Ă©taient classĂ©s en quatre groupes qui dĂ©terminaient leur vie et leur relations sociales(rĂ©sidence, Ă©tudes, mariage, etc).




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Architectes de l'apartheid territorial



     L'animositĂ© des Afrikaners envers les Britanniques laissait d'ailleurs progressivement la place Ă  la crainte du pĂ©ril noir. En amenant la question raciale au cĹ“ur du dĂ©bat politique, le Parti national allait, durant une trentaine d'annĂ©es, monopoliser le vote de la communautĂ© afrikaner et attirer le vote de la communautĂ© anglophone.




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Carte d'Afrique du Sud sous l'apartheid.



     C’est tout Ă  la fois par idĂ©alisme, par intĂ©rĂŞt et par sĂ©curitĂ© que les Afrikaners soutiennent aussi longtemps ce système d’apartheid, convaincus que seul celui-ci peut leur permettre non seulement de survivre en tant que groupe ethnique distinct mais aussi de prĂ©server leurs intĂ©rĂŞts de classe au sein du groupe blanc. Ainsi, entre 1941 et 1955, le revenu moyen annuel des Afrikaners augmente de 50 %. Le pays est en pleine prospĂ©ritĂ© Ă©conomique tandis qu’à partir de 1955 s’élabore la sĂ©paration gĂ©ographique entre blancs et noirs au travers de la politique des bantoustans, en dĂ©pit de la rĂ©sistance de plus en plus importante et organisĂ©e de la population noire. Dans les annĂ©es 1960, alors que la rĂ©pression policière contre l’opposition africaniste s’accentue, que leurs chefs sont emprisonnĂ©s et leurs partis interdits en vertu de lois d’exception, les Afrikaners proclament la rĂ©publique et dans les discours le concept d’ethnicitĂ© spĂ©cifique laisse peu Ă  peu la place Ă  celui de nation. Ainsi, les noirs ne sont plus prĂ©sentĂ©s comme infĂ©rieurs mais comme diffĂ©rents. Les blancs anglophones qui furent longtemps les piliers du parti uni finissent eux-aussi par majoritairement apporter leur soutien Ă  un gouvernement et Ă  un parti de moins en moins ethno-monolithique pour finir par constituer son principal socle Ă©lectoral en 1989.


     Au sein de la communautĂ© blanche du pays, les rĂ©sistances Ă  l'apartheid sont d'abord principalement issues de mouvements progressistes ou libĂ©raux anglophones mais aussi des anciens combattants (Sailor Malan). Parmi les mouvements les plus actifs figurent la Springbok Legion, les Torch Commando et le parti libĂ©ral d'Alan Paton. Alors que les Afrikaners font globalement bloc autour de leur parti, les premièrs dissidences sĂ©rieuses apparaissent dans les annĂ©es 1960 notamment au sein de l'Ă©glise rĂ©formĂ©e oĂą d'anciens adeptes de l'apartheid tels Beyers NaudĂ© en deviennent de farouches opposants. Chez les intellectuels, une Ă©volution similaire apparait aussi dans les annĂ©es 1960 (le mouvement des Sestigers). Enfin, dans le monde Ă©conomique, plusieurs hommes d'affaires anglophones comme Harry Frederick Oppenheimer, dĂ©putĂ© de Kimberley (1948-1957) dirigeant de l'Anglo American et de De Beers, apportent leur soutien aux mouvements libĂ©raux blancs comme le parti uni puis le parti progressiste.


     Au gouvernement, Hendrik Verwoerd le ministre des affaires indigènes Ă  partir de 1951 fait figure de grand architecte de l'apartheid au cĂ´tĂ© de son secrĂ©taire d'Ă©tat, Werner Eiselen. Ce système est pour eux un moyen efficace de faire vivre des races en bon voisinage. S'appuyant notamment sur Jan de Klerk, Theophilus Dönges, le ministre de l'IntĂ©rieur et Charles Swart, le ministre de la Justice, Verwoerd va mettre en place le système des bantoustans destinĂ©s dans un futur plus ou moins lointain Ă  permettre aux Noirs, par ethnies, d'accĂ©der Ă  l'auto-dĂ©termination puis Ă  l'indĂ©pendance au sein ou au cĂ´tĂ© de l'Afrique du Sud « blanche Â». Il parle alors de "nations sĂ©parĂ©es", chacune Ă©voluant Ă  son rythme. Dans cette optique, Verwoerd s'applique Ă  annuler les droits de vote rĂ©siduels dont les Noirs bĂ©nĂ©ficiaient dans la province du Cap. Ce droit de vote est aussi annulĂ© pour les Coloureds sans que le destin de ces derniers ne soient dĂ©finitivement tranchĂ©s au regard du système politique d'apartheid.


     MalgrĂ© un certain dĂ©sir de permettre aux noirs de devenir indĂ©pendants au sein des Bantoustans, il est mal vu par les noirs qui se sentent spoliĂ©s par les incessants dĂ©placements de population. Il rencontre la mĂŞme hostilitĂ© en dehors du pays et se montre incapable de la comprendre, justifiant chaque mesure prise dans le cadre de l'apartheid et affirmant que les Afrikaners ne veulent que l'ordre et la sĂ©curitĂ©, chacun chez soi. Si lors des Ă©lections gĂ©nĂ©rales de 1953, le parti national l'avait encore remportĂ© en Ă©tant minoritaire en voix face au parti uni, ce n'est plus le cas lors des Ă©lections gĂ©nĂ©rales de 1958 oĂą le parti national remporte pour la première fois la majoritĂ© des suffrages exprimĂ©s, impliquant ainsi l'adhĂ©sion d'une majoritĂ© de la population blanche Ă  la politique du gouvernement sud-africain.




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JG Strijdom (1893-1958)



     En 1959, Ă  la mort soudaine du premier ministre JG Strijdom, Hendrik Verwoerd, le ministre des affaires indigènes, lui succède Ă  la tĂŞte du gouvernement. Alors que l'opposition libĂ©rale blanche se scinde en deux (des dissidents du parti uni forment le parti progressiste), la politique sud-africaine est de plus en plus contestĂ©e au niveau international, notamment aux Nations unies.


     En rĂ©ponse aux critiques Ă©trangères sur l'apartheid, Verwoerd tente de redĂ©finir la notion en parlant de dĂ©veloppement sĂ©parĂ©. En accordant l'autonomie au Transkei en 1963, Verwoerd peaufine sa politique lui permettant de dĂ©clarer que "les nations tribales d'Afrique du Sud, vivant au sein du pays, auront toutes des droits politiques Ă©gaux au sein de leurs homelands", initiant une sorte de dĂ©colonisation interne Ă  l'Afrique du Sud et permettant aux sud-africains blancs, et aux Afrikaners en particulier, de maintenir leur domination politique sur les reste du territoire.


     L'autre fait marquant du mandat d'Hendrik Verwoerd est la fondation de la rĂ©publique sud-africaine en 1961. A la suite du discours critique de l'apartheid concernant "le vent du changement" soufflant sur l'Afrique prononcĂ© par le premier ministre britannique Harold Macmillan au parlement du Cap, les nationalistes proposent donc de rompre avec la Grande-Bretagne .


     Le rĂ©fĂ©rendum, approuvĂ© par 52 % des Ă©lecteurs sĂ©pare dĂ©finitivement l'Afrique du sud de la couronne britannique ainsi que du Commonwealth. Le rĂ©sultat national cache le plĂ©biscite obtenu par les partisans de la rĂ©publique au Transvaal et dans l'Ă©tat libre mais aussi au Cap. Seul le Natal proclame de manière tout autant spectaculaire son attachement Ă  la couronne. Hendrick Verwoerd, plutĂ´t opposĂ© Ă  cette dernière sĂ©paration, prĂ©fère alors que l'Afrique du sud y reste comme rĂ©publique. Mais devant l'hostilitĂ© des autres pays il y renonce finalement.


     Cette sĂ©paration se fait sans Ă©migration excessive de la part des anglophones bien que l'on ait cru a une sĂ©cession de la part des anglophones du Natal.


     La deuxième partie de l'histoire de l'apartheid est plus complexe du fait de la division chez les blancs entre verligte (Ă©clairĂ©s) et verkramte (crispĂ©s).


     Sous John Vorster, une certaine politique de libĂ©ralisation se met en place. En effet, moins dogmatique que ses prĂ©dĂ©cesseurs, il devient très populaire au sein de la communautĂ© blanche que ce soit du cĂ´tĂ© des Afrikaners que chez les progressistes. Sous son mandat, les blancs trouvent derrière lui une certaine unitĂ©. Mais, la politique de libĂ©ralisation provoque une coupure avec les extrĂ©mistes du NP qui fondent le Parti national rĂ©formĂ© (HNP). Refusant de cĂ©der, John Vorter est intraitable avec ces derniers pour prĂ©server selon lui l'unitĂ© des Afrikaners. Sa politique lui permet de s'attire une soutien des libĂ©raux, qu'il casse cependant Ă  la fin de son mandat, devenant de plus en plus autoritaire.


     Parallèlement, il est le plus associĂ© Ă  l'apartheid et laisse les Afrikaners et les blancs en gĂ©nĂ©ral en proie Ă  un grand doute sur leur inquiĂ©tude existentielle. Le mandat de Vorster permet de dĂ©crypter l'Ă©volution politique de la communautĂ© blanche. ExtrĂŞmement conservateurs dans les annĂ©es 60, sure de leur pouvoir qu'ils considèrent comme bĂ©nĂ©fique, ils s'ouvrent cependant quelque peu dans les annĂ©es 70 alors que la rĂ©sistance noire devient de plus en plus prĂ©sente et organisĂ©e tandis que l'Afrique du sud est exclu de la plupart des organisations internationales et fait l'objet de condamnations sĂ©vères sur sa politique d'Apartheid.


     Dans les annĂ©es 1975, sous l'effet de la dĂ©colonisation des ex-colonies portugaises, l'Afrique du Sud connait une immigration de portugais prĂ©fĂ©rant immigrer en AFS plutĂ´t que de rentrer au Portugal oĂą ils seraient mal accueillis. Cette immigration tombe Ă  pic pour une minoritĂ© qui ne reprĂ©sente plus que 15% de la population.




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Panneau multilingue indiquant que la plage est rĂ©servĂ©e au gens de « race blanche Â» uniquement, Ă  Durban, en 1989



     La pĂ©riode 80/90 est marquĂ©e par de profonds bouleversements au sein de la communautĂ©. L'arrivĂ©e au pouvoir de Pieter Botha et son slogan Adapt or die (s'adapter ou mourir) avait fait naitre un espoir d'aggiornamento tandis que le parti uni disparaissait du paysage politique, laissant place au parti progressiste.




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     Après un dĂ©but de dĂ©sĂ©grĂ©gation raciale et des mesures timides (suppression du laisser-passer, autorisation des mariages interraciaux), sa politique de libĂ©ralisation s'essouffle. Mais cette dernière entraine un Ă©nième schisme au sein du parti national et la crĂ©ation du Parti conservateur qui reprĂ©sente alors les blancs les plus extrĂ©mistes. Botha, sentant que les blancs sont devenus trop minoritaires, propose une nouvelle constitution instituant des assemblĂ©es mĂ©tisses et indiennes aux cĂ´tĂ©s de la blanche ainsi qu'un poste de PrĂ©sident de la RĂ©publique occupĂ© par lui-mĂŞme. QualifiĂ©e de bancale par les libĂ©raux, cette rĂ©forme ne prĂ©voit rien pour les noirs. A la frustration politique de ceux-ci s'ajoute leurs tracas quotidiens comme les problèmes d'emploi. Cette situation engendre une vague de violences qui dĂ©passe celle de 1976. Botha dĂ©clare alors l'État d'urgence et devient de plus en plus autoritaire. En effet, il ne veut pas d'une cassure irrĂ©mĂ©diable entre Afrikaners.


     Les annĂ©es 80 font clairement ressortir l'Ă©chec de l'apartheid qui n'a pas permit de faire vivre les diffĂ©rentes races sĂ©parĂ©ment, en bon voisinage, comme le prĂ©conisaient les thĂ©oriciens du dĂ©veloppement sĂ©parĂ©. Cet Ă©chec est alors attribuĂ© par le Parti conservateur au fait que les gouvernement successifs n'auraient pas assez appliquer l'apartheid verwoerdien.


     Les Ă©lections gĂ©nĂ©rales de 1987 enregistrent une poussĂ©e du Parti Conservateur qui dĂ©croche alors le titre enviĂ© d'opposition officielle. Ces Ă©lections marquent pour la première fois le recul des libĂ©raux. Ainsi, alors que les anglophones sĂ©duits par le rĂ©formisme du NP le rejoignent, il perd dans le mĂŞme temps l'appui des Afrikaners ruraux au profit du parti conservateur (Konserwatiewe Party-KP).


     MalgrĂ© cela, les libĂ©raux ne restent pas inactifs et rencontrent en juillet 87 une dĂ©lĂ©gation de l'ANC Ă  Dakar.


     Alors que le pays est Ă©conomiquement et diplomatiquement affaibli par les sanctions internationales de l'ONU et des États-Unis d'AmĂ©rique, Frederik de Klerk succède Ă  Pieter Botha en 1989. Il est issu d'une famille connue de la communautĂ© afrikaner. ConsidĂ©rĂ© comme conservateur, il est aussi proche des milieux Ă©conomiques et sait que le pays souffre des sanctions Ă©conomiques et financières. De plus, alors que la guerre froide arrive Ă  son terme, l'Afrique du Sud n'a plus le rĂ´le qu'elle s'attribuait de sentinelle de l'occident Ă  la pointe du continent africain. AcculĂ© Ă  l'ouverture, De Klerk dĂ©cide dans un premier temps de rĂ©former politiquement le pays et de trouver une alternative Ă  la politique d'apartheid.

  - Sous-chapitre : La pĂ©riode de transition vers la fin de la domination blanche


     En fĂ©vrier 1990, le gouvernement sud-africain lĂ©galise les partis politiques noirs interdits et entame une processus de nĂ©gociation avec le congrès national africain. Les partis politiques sont dĂ©racialisĂ©s et en juin 1991, les dernières lois d'apartheid sont abolies. Les partis noirs anti-apartheid rĂ©clament l'instauration d'un gouvernement intĂ©rimaire mais Frederik de Klerk s'y oppose formellement. Voulant Ă©viter une discussion bilatĂ©rale entre l'ANC et le NP, il souhaite Ă©largir les discussions Ă  toutes les formations politiques du pays, y compris aux partis ethniques zoulous et Ă  ceux des bantoustans. Il bĂ©nĂ©ficie du soutien du Broederbond, acquis Ă  l'ouverture raciale et politique. Mais de leur cĂ´tĂ©, les partis favorables Ă  l'apartheid ou hostiles aux nĂ©gociations comme le CP/KP et le Herstigte Nasionale Party, sans compter le groupe para-militaire Afrikaner Weerstandsbeweging, refusent de participer aux dĂ©bats.


     Pour De Klerk, les nĂ©gociations doivent permettre d'aboutir Ă  un système politique dĂ©centralisĂ© oĂą les Blancs disposeraient, en tant que minoritĂ©, d'un droit de veto notamment en matière Ă©conomique. Il veut Ă©viter Ă  l'Afrique du Sud le sort des ex-colonies de ce continent. Il nĂ©gocie donc avec l'ANC les seven closes confĂ©rant des garanties aux blancs dans la nouvelle Afrique du sud. Par exemple, le Parti national avait obtenue pendant les nĂ©gociations le maintien du nom de Pretoria d'Andries Pretorius, symbole du nationalisme afrikaner, promesse non honorĂ© par l'ANC bien que pour l'instant la procĂ©dure est Ă©tĂ© avortĂ©e.


     Le soutien des Blancs aux rĂ©formes parait contrastĂ©. Les Ă©lections lĂ©gislatives partielles tournent au dĂ©sastre pour le NP mais Ă  l'avantage du CP. Deux Ă©lections partielles en 1991 Ă  Uitenhage et Potchefstroom, dans deux fiefs du NP, sont remportĂ©es par les candidats du parti conservateur qui rĂ©clament alors des Ă©lections gĂ©nĂ©rales anticipĂ©es. De Klerk a besoin de montrer le soutien de la communautĂ© blanche Ă  ses rĂ©formes pour pouvoir nĂ©gocier. A dĂ©faut d'Ă©lections gĂ©nĂ©rales anticipĂ©es qu'il pourrait perdre au profit du CP, il dĂ©cide d'organiser un rĂ©fĂ©rendum par lequel il demande aux Blancs de lui apporter leur soutien dans les nĂ©gociations constitutionnelles menĂ©es depuis sa prise de fonction. Le rĂ©fĂ©rendum a lieu le 17 mars 1992. BĂ©nĂ©ficiant du vote cumulĂ© des progressistes, libĂ©raux et nationalistes, le scrutin tourne au triomphe Ă©lectoral pour le prĂ©sident d'autant plus que la participation (70%) est plus importante que pour les Ă©lections gĂ©nĂ©rales traditionnelles. Avec près de 69% des suffrages en faveur des rĂ©formes, De Klerk dĂ©clare depuis le parlement du Cap que les Blancs ont eux-mĂŞmes dĂ©cidĂ© de refermer le livre de l'apartheid, considĂ©rant que celui-ci avait Ă©chouĂ© Ă  prĂ©server la sĂ©curitĂ© et la justice pour tous . Les conservateurs sont laminĂ©s y compris dans leurs bastions du Transvaal et de l'Ă©tat-libre d'Orange. Seul le Northern Transvaal, une rĂ©gion oĂą les Blancs pèsent bien moins de 10% de la population totale, dĂ©sapprouve Ă  59% les rĂ©formes. Cette victoire lève les derniers obstacles Ă  l'instauration d'une dĂ©mocratie multiraciale et les nĂ©gociations reprennent Ă  la CODESA oĂą le parti conservateur accepte finalement de siĂ©ger. Parallèlement, le solde migratoire des blancs devient pour la première fois nĂ©gatif depuis 1977.


     Les premières Ă©lections multiraciales ont lieu en avril 1994. Le vainqueur ne fait aucun doute, ce sera le congrès national africain de Nelson Mandela. Pour le parti national, assurĂ© de figurer dans le prochain gouvernement d'union nationale, il s'agit de remporter une Ă  deux provinces oĂą les noirs sont minoritaires et d'empĂŞcher globalement l'ANC d'obtenir une majoritĂ© des 2/3. Mandela remporte largement les Ă©lections avec 62% des voix. Avec 21% des suffrages au niveau national, le NP remporte la province du Cap-Occidental (59%) et Ă©choue de justesse dans celle du Cap-du-Nord (40%). Il a gagnĂ© près de 3 millions de voix par rapport aux dernières Ă©lections gĂ©nĂ©rales de 1989 et près de 2 millions par rapport au rĂ©fĂ©rendum 1992. Sa base Ă©lectorale est alors au moins pour moitiĂ© constituĂ©e de mĂ©tis (Coloureds, malais du Cap ...), d'indiens mais aussi de quelques dizaines de milliers de Noirs. Le parti dĂ©mocratique (1,7% des suffrages reprĂ©sentant 338 000 voix), issu du parti progressiste, a globalement fidĂ©lisĂ© son Ă©lectorat, essentiellement des blancs anglophones, ne perdant qu'une centaine de milliers de voix par rapport aux dernières Ă©lections gĂ©nĂ©rales de 1989. Enfin, si l'extrĂŞme-droite et le parti conservateur ont refusĂ© de participer aux Ă©lections, le Front de la libertĂ© (2,9% des suffrages) du gĂ©nĂ©ral Constand Viljoen rĂ©cupère la moitiĂ© des voix des 850 000 blancs ayant votĂ© non lors du rĂ©fĂ©rendum de 1992.

  - Sous-chapitre : Les Blancs sud-africains dans la sociĂ©tĂ© post apartheid




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Le nouveau drapeau sud-africain représente l'union entre toutes les communautés sud-africaines.



     Après l’élection de Nelson Mandela en 1994, une vague lune de miel s'Ă©tablit entre les Blancs et le Congrès national africain (ANC). Après avoir culminĂ© lors de la coupe du monde de rugby qui a lieu en Afrique du Sud en 1995, elle s'Ă©tiole rapidement. En dĂ©pit du ralliement spectaculaire d'anciens ministres ou du dĂ©putĂ©s du parti national Ă  l'ANC, la vaste majoritĂ© de la communautĂ© reste rĂ©ticente Ă  voter pour le parti de Nelson Mandela, lui prĂ©fĂ©rant des partis d'opposition plus pugnaces comme l'Alliance dĂ©mocratique, dominĂ©e par les anciens libĂ©raux ou encore le front de la libertĂ©, parti ethnique afrikaner.


     En dix ans, de 1995 Ă  2005, la population blanche s’est ainsi rĂ©duite de 16,1%. Si la majoritĂ© de ces Ă©migrants âgĂ©s de 20 Ă  25 ans est très qualifiĂ©e, les raisons de cette Ă©migration massive, exposĂ©es plus haut, donnent l'impression aux blancs d'ĂŞtre considĂ©rĂ©s comme citoyen de seconde zone. Â». Selon une enquĂŞte pour l'UniversitĂ© sud-africaine (UNISA), 60 % des Sud-africains avaient quittĂ© leur pays en raison du fort taux de criminalitĂ© ou en raison de la mise en place de l'affirmative action (la discrimination positive). En 2008, l'institut sud-africain de relations raciales (South african institute of Race relations ou SAIRR) publiait un rapport selon lequel c'Ă©taient 800 000 sud-africains blancs qui avaient quittĂ© leur pays entre 1995 et 2005, essentiellement des hommes actifs, âgĂ©s de 25 Ă  35 ans pour la plupart. Parmi les plus connus de ces Ă©migrants figuraient l'Ă©crivain J. M. Coetzee, prix Nobel de LittĂ©rature et auteur de Disgrâce, un roman qui lui avait valu d'ĂŞtre vilipendĂ© par l'ANC, cette dernière considĂ©rant ce livre comme hostile Ă  l'Afrique du Sud. En 2009, Brandon Huntley un sud-africain blanc de 31 ans obtenait l'asile au Canada pour le motif d'avoir Ă©tĂ© victime de persĂ©cutions racistes antiblancs dans son pays d'origine (il avait soutenu avoir Ă©tĂ© victime d'attaques Ă  7 reprises par des Noirs, selon lui Ă  cause de sa couleur de peau, ayant Ă©tĂ© traitĂ© de «chien blanc» et de «colon»), provoquant la colère du gouvernement sud-africain.


     La rĂ©forme agraire lancĂ©e par le gouvernement n'a pas non plus Ă©tĂ© localement concluante alors qu'entre 1994 et 2009, près de 2500 fermiers blancs Ă©taient assassinĂ©s dans l’ensemble des provinces, lors d’attaques restĂ©es les plus souvent impunies.


     Selon le rapport des Nations unies de 2008 sur le dĂ©veloppement humain, 7% des 4,5 millions de Blancs vivent dĂ©sormais en dessous du seuil de pauvretĂ©, contre 1,5% en 2002. Le taux officiel de chĂ´mage des Blancs (5,1% en 2005) reste cependant bien infĂ©rieur Ă  celui des Noirs (31%) mais il a augmentĂ© de 74% entre 1998 et 2002, selon l’Institut sud-africain des relations raciales, alors que la hausse moyenne au niveau national Ă©tait de 39% pour l’ensemble la population. Il s'avère qu'en perdant les privilèges que leur confĂ©rait l'apartheid en droit du travail, les blancs les moins qualifiĂ©s se sont mal adaptĂ©s Ă  la pĂ©riode qui a suivi la fin de l'apartheid. Autrefois inexistants, les mendiants Ă  la peau claire firent ainsi leur apparition dans les rues des grandes villes. Pour les Afrikaners des zones rurales et des milieux dĂ©favorisĂ©s, l’adaptation fut encore plus difficile.


     En 2005, Phumzile Mlambo-Ngcuka, la vice-prĂ©sidente sud-africaine, admettait des dysfonctionnements dans la politique de discrimination positive (Black economic empowerment), destinĂ©e Ă  gommer les inĂ©galitĂ©s entre Blancs et Noirs, et annonçait des mesures visant Ă  protĂ©ger les Blancs les plus pauvres mais aussi Ă  faire revenir les Ă©migrants blancs les plus qualifiĂ©s afin d'inverser l'Ă©migration en masse de ces derniers et la fuite des cerveaux..


     Ainsi, leur certain malaise se traduit par un fort pessimisme en l'avenir de leur pays. Selon un sondage rĂ©alisĂ© par le Cape Times, 48% des blancs confieraient ne pas avoir confiance en l'avenir de leur pays. Dans cette perspective, 15% de ces derniers voudraient quant Ă  eux quitter le pays. ComparĂ©s aux autres communautĂ©s ethniques, 39% des Coloureds auraient Ă©galement un avis pessimiste en l'avenir de leur pays contre 19% pour les Noirs et 42% pour les Indiens. Ce sondage montre bien la relative mĂ©fiance des minoritĂ©s envers leur pays. La politique de discrimination positive (Affirmative Action) qui devait mieux reprĂ©senter la population de couleur, n'a rĂ©ellement bĂ©nĂ©ficiĂ© qu'Ă  une minoritĂ© souvent proche de l'ANC.


     L'autre argument pour les blancs plutĂ´t pessimistes est la criminalitĂ© qui bat des records en AFS. Ainsi, ces derniers se retranchent dans des quartiers (gated communities) quasi-exclusivement blancs et surprotĂ©gĂ©s. MĂŞme si dans ces quartiers la criminalitĂ© a quelque fois baissĂ© de 70% elle reste tout de mĂŞme très prĂ©occupante. Pour contrer ce phĂ©nomène de ghettoĂŻsation, les municipalitĂ©s ont dĂ©cidĂ© de stopper ces retranchements.


     Dans cette perspective, l'ancienne figure de proue du parti dĂ©mocratique, Helen Suzman, a ainsi dĂ©clarĂ© qu'il Ă©tait plus facile d'ĂŞtre un opposant de race blanche sous le rĂ©gime de l'apartheid que sous celui de l'ANC.


     D'autres opposants enfin s'inquiètent de la mainmise quasi-totale d'un seul parti sur les gouvernements des villes et sur les institutions nationales.


     La position très majoritaire au parlement et au gouvernement de l'ANC a conduit certains de leurs reprĂ©sentants Ă  tenir pour nĂ©gligeables les opinions exprimĂ©es par les partis d'oppositions notamment quand elles le sont par l'Alliance DĂ©mocratique stigmatisĂ©e comme un « parti raciste Â» alors que plus gĂ©nĂ©ralement, les sud-africains blancs anglophones sont dĂ©signĂ©s comme « d'indĂ©crottables racistes impĂ©rialistes Â». Ainsi, le prĂ©sident Thabo Mbeki fait l’éloge en mai 2005 des Afrikaners comme « les catalyseurs qui mettront un terme Ă  la division raciale du pays Â», n'hĂ©sitant pas Ă  pointer les Blancs anglophones moins enclins selon lui « Ă  soutenir la nouvelle Afrique du Sud et l’africanisme Â».




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L'un des projets de Volkstaat proposé par les radicaux afrikaners du front de la liberté qui devrait permettre aux blancs de se construire en autonomie de la nouvelle Afrique du Sud



     Mais dans le mĂŞme temps, ces Afrikaners louĂ©s par le prĂ©sident sont visĂ©s par les politiques culturelles de certaines Ă©diles de l'ANC très enclins Ă  réécrire la toponymie locale. C'est ainsi que pour le polĂ©miste afrikaner Dan Roodt, « le gouvernement est engagĂ© dans une sorte de nettoyage ethnique Â» aussi bien concernant le changement des noms que pour la diminution de l’afrikaans dans l’enseignement. Concrètement, plusieurs gouvernements locaux prennent comme prioritĂ© de faire disparaitre tout vestige linguistique ou toponymique se rapportant Ă  l'hĂ©ritage du colonialisme ou de l'apartheid alors que les populations les interpellent sur les difficultĂ©s Ă©conomiques, l'explosion de la criminalitĂ© et les ravages de la pandĂ©mie du sida. Ă€ cette fin, ces gouvernements disposent du Conseil des noms gĂ©ographiques sud-africain (SAGNC), dont les membres, proches de l'aile la plus radicale de l'ANC, sont chargĂ©s de recommander les changements de dĂ©nominations au ministre de la culture, Pallo Jordan. Bien que stricts, les critères du processus sont occasionnellement dĂ©tournĂ©s par le Conseil et le Ministre. L'exigence en particulier de l'existence d'anciens noms africains n'est pas toujours respectĂ©e. Ainsi, quand ceux-ci n'existent pas, ils sont inventĂ©s et approuvĂ©s par le conseil (Pietersburg et Pretoria). Dans d'autre cas, l'histoire locale fait les frais de cette politique (Louis-Trichardt et Potgietersrus).


     La perte des privilèges de l'Apartheid, la criminalitĂ©, la discrimination positive, la reforme agraire et la marginalisation culturelle des Afrikaners ont sĂ©duit un certain nombre de blancs par l'idĂ©e d'un Volkstaat (État du peuple en afrikaans). Si la constitution sud-africaine appuie le droit Ă  l'autodĂ©termination, le projet est toujours rejetĂ© par une majoritĂ© de blancs hostiles Ă  celui-ci, diviseur de leur communautĂ©. ProposĂ© Ă  la fin de l'apartheid comme une alternative politique pour les blancs et bien qu'ayant reçu un soutien favorable de la part des membres de la commission Ă©tudiant la faisabilitĂ© du projet, il reste toujours dans les cartons et l'embryon de Volkstaat Ă  Orania n'arrive toujours pas Ă  attirer les afrikaners en masse.






Chapitre : Blancs sud-africains notables


  - Sous-chapitre : Technologie et sciences

  - Sous-chapitre : Arts et mĂ©dia

  - Sous-chapitre : Politiques

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Chapitre : Liens internes







Chapitre : Notes et références


  1. ↑ Community survey 2007
  2. ↑ L’Afrique du Sud lance la discrimination positive pour les Blancs
  3. ↑ Les Blancs sud-africains rentrent au pays. Article de Jeune Afrique en date du 06/10/2009
  4. ↑ La popularité du président sud-africain Jacob Zuma en progression (sondage)
  5. ↑ Georges Lory, Afrique du Sud, p 33, Karthala, 1998
  6. ↑ FX Fauvelle-Aymar, ibid, p 152
  7. ↑ Sur une population blanche totale estimĂ©e Ă  50 000 personnes
  8. ↑ François-Xavier Fauvelle-Aymar, Histoire de l'Afrique du Sud, Seuil, 2006, p 259
  9. ↑ Ă€ la fin du siècle, 99 % des fermes d'autruches dans le monde sont situĂ©es en Afrique du Sud, dans la rĂ©gion d'Oudtshoorn et la colonie est la première productrice mondiale de plumes d'autruches
  10. ↑ 35 000 dans l'État libre d'Orange, 18 000 au Natal et près de 30 000 au Transvaal
  11. ↑ On compte alors 105 000 blancs en 1834 contre 50 000 en 1820.
  12. ↑ F.X. Fauvelle-Aymar, Histoire de l’Afrique du Sud, p 296-297, 2006, Seuil
  13. ↑ Paul Coquerel, L’Afrique du Sud des Afrikaners, 1992, éditions complexe, p 72
  14. ↑ Paul Coquerel, L’Afrique du Sud des Afrikaners, 1992, éditions complexe, p 81-82
  15. ↑ La future Rhodésie
  16. ↑ F-X Fauvelle-Aymar, ibid, p 286
  17. ↑ P. Coquerel, p 64 et s.
  18. ↑ William Bellamy, ibid, p 113-114
  19. ↑ Hermann Giliomee, The Afrikaners, biography of a people, C. Hurst & Co. Publishers, 2003, p 304
  20. ↑ P. Coquerel, p 65 et s.
  21. ↑ L’Afrique du Sud, ibid, p 75
  22. ↑ P. Coquerel, p 66
  23. ↑ Georges Lory, L’Afrique du Sud, Kartala, 1998, p 59-60
  24. ↑ Adriaan van Dis, La Terre promise, Actes Sud, 1993, p 84
  25. ↑ Paul Coquerel, p 123-124
  26. ↑ La crainte que 8 millions de noirs ne se soulèvent et balayent les Afrikaners et leur culture de toute la surface de l’Afrique du Sud définissent le swaartgevaar
  27. ↑ P. Coquerel, p 67
  28. ↑ Hermann Giliomée, professeur de sciences politiques à l’université du Cap, Une histoire en mosaïque dans l’Afrique du Sud, riche, dure, déchirée", HS n° 15, novembre 1985, Collection Autrement, p 76
  29. ↑ Hermann Giliomée, ibid, p 76
  30. ↑ BJ Vorster et le cheval du sultant, article du professeur et politiste Hermann Giliomee sur Politicsweb, 3 septembre 2008
  31. ↑ Actua Larousse, 1992
  32. ↑ Les Blancs qualifiés fuient l’Afrique du Sud , Afrik.com, 9 octobre 2006
  33. ↑ Pierre Malet, En Afrique du Sud, les Blancs n'ont plus d'avenir, Slate, 11 septembre 2009
  34. ↑ Pierre Malet, ibid
  35. ↑ Pierre Malet, ibid
  36. ↑ Afrique du Sud: les Blancs, entre révolte et dégoût, Marianne, 20 avril 2009
  37. ↑ Afrique du Sud : des blancs fragilisĂ©s, ValĂ©rie Hirsch, Amnesty Internationale
  38. ↑ L’Afrique du Sud lance la discrimination positive pour les Blancs, Afrik.com, 3 décembre 2005
  39. ↑ Bouffée de pessimisme chez les sud-africains blancs





Chapitre : Liens externes



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