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Définition Wikipédia de : Antibiotique







Introduction :

      Un antibiotique (du grec anti : « contre Â», et bios : « la vie Â») est une substance qui a une action spĂ©cifique de blocage ou mĂŞme de destruction des bactĂ©ries. Pour les autres micro-organismes, on utilise le terme d'« antifongique Â» s'il s'agit de lutte contre les champignons, ou d'« antiviral Â» s'il s'agit de lutte contre les virus.







Suite de l'article :

Cette substance peut avoir une action toxique directe, c'est-Ă -dire bactĂ©ricide ; son efficacitĂ© peut ĂŞtre Ă©galement limitĂ©e Ă  empĂŞcher le dĂ©veloppement des micro-organismes (action bactĂ©riostatique).


- Sommaire de la page -









Chapitre : Généralités


  - Sous-chapitre : Descriptions, spĂ©cificitĂ©s


     Une substance antibiotique est donc un "mĂ©dicament" qui a pour effet soit d'empĂŞcher la prolifĂ©ration des bactĂ©ries (ce fut le cas du premier dĂ©couvert, la pĂ©nicilline), soit de les tuer de façon ciblĂ©e. On parlera selon le cas d'antibiotiques "bactĂ©riostatiques" ou "bactĂ©ricides". Le but de tout traitement antibiotique est d'aider le système immunitaire dans sa lutte contre les bactĂ©ries. Dans tous les cas c'est le système immunitaire qui finira de dĂ©barrasser l'organisme malade des dernières bactĂ©ries.


     NB : Les antiseptiques ne sont pas des antibiotiques. Leur fonction est de tuer un maximum de germes (bactĂ©ries, champignons, virus), leur mode d'action n'est pas spĂ©cifique, ils ne s'utilisent que localement en application externe et mal employĂ©s (trop concentrĂ©s par exemple) ils peuvent provoquer des lĂ©sions et/ou retarder la cicatrisation.

  - Sous-chapitre : Historique et importance de la dĂ©couverte


     Le premier antibiotique, identifiĂ© dès la fin du XIX siècle par Ernest Duchesne, fut la pĂ©nicilline. Ses propriĂ©tĂ©s furent redĂ©couvertes en 1928 par Sir Alexander Fleming qui s'aperçut que certaines de ses cultures bactĂ©riennes dans des boĂ®tes oubliĂ©es avaient Ă©tĂ© contaminĂ©es par les expĂ©riences de son voisin de paillasse Ă©tudiant un champignon : le penicillium. Mais l’importance de cette dĂ©couverte, ses implications et ses utilisations mĂ©dicales ne furent comprises et Ă©laborĂ©es qu’après sa redĂ©couverte, entre les deux grandes guerres.


     Il faut noter que les antibiotiques existent dans la nature, et sont par exemple utilisĂ©s par certaines espèces de fourmis. Cependant cela n'a Ă©tĂ© dĂ©couvert que très rĂ©cemment.


     Le premier antibiotique (de synthèse) a ouvert une voie nouvelle dans la lutte contre de nombreuses maladies qui Ă©taient considĂ©rĂ©es comme incurables auparavant. Les antibiotiques ont augmentĂ© l'espĂ©rance de vie d'environ 15 ans, Ă  ceux qui y ont accès. Comparativement, un mĂ©dicament qui guĂ©rirait 100 % des cancers n'augmenterait l'espĂ©rance de vie que de 5 ans.

  - Sous-chapitre : RĂ©sistance croissante des bactĂ©ries


     De nos jours, beaucoup d’antibiotiques sont connus, mais leur surconsommation entraĂ®ne des rĂ©sistances de certaines bactĂ©ries Ă  certains d'entre eux, et mĂŞme des multi rĂ©sistances (cas du staphylocoque dorĂ©), au point de rendre Ă  nouveau incurables les premières maladies traitĂ©es avec succès par les antibiotiques...


     Le mĂ©canisme le plus probable de cette rĂ©sistance est sans doute que l’antibiotique utilisĂ© crĂ©e une pression de sĂ©lection, qui favorise la sĂ©lection de mutations naturelles (mĂŞme rares), qui confèrent Ă  la bactĂ©rie une rĂ©sistance Ă  l’antibiotique en question et donc un avantage sĂ©lectif. Certaines bactĂ©ries (bactĂ©ries dites compĂ©tentes) sont capables d'intĂ©grer de l'ADN exogène (prĂ©sent dans le milieu) et donc d'acquĂ©rir potentiellement des gènes de rĂ©sistance aux antibiotiques d'une autre espèce bactĂ©rienne .

  - Sous-chapitre : Comment choisir l'antibiotique Ă  utiliser


     Le choix de l'antibiotique dĂ©pend du germe responsable, de la localisation de l’infection et du terrain (insuffisance rĂ©nale ou hĂ©patique, notion d’allergie...). Il peut ĂŞtre orientĂ© par l'antibiogramme : le germe responsable est mis en culture dans une boĂ®te de gĂ©lose MĂĽller-Hinton contenant plusieurs pastilles d’antibiotiques qui vont inhiber plus ou moins le dĂ©veloppement du micro-organisme, ce qui permet de comparer la sensibilitĂ© des bactĂ©ries Ă  tel ou tel antibiotique.




Image (cliquez pour agrandir) :

un antibiogramme



     Certains antibiotiques sont bactĂ©ricides, c’est-Ă -dire, tuent les bactĂ©ries. D’autres ne sont que bactĂ©riostatiques, c’est-Ă -dire empĂŞchant le dĂ©veloppement du germe.

  - Sous-chapitre : Les paramètres d'activitĂ© d'un antibiotique


     De nombreux paramètres sont Ă  prendre en compte pour dĂ©finir l'activitĂ© d'un antibiotique sur un germe.

    Liste :
  • Le spectre d'activitĂ© d'un antibiotique est la liste des espèces bactĂ©riennes sur lesquelles un antibiotique agit. Le spectre est propre Ă  chaque antibiotique, et peut varier dans le temps suite Ă  l'apparition de rĂ©sistance bactĂ©riennes.
  • La Concentration Minimale Inhibitrice (CMI) correspond Ă  la concentration minimale d'antibiotique permettant d'inhiber (bactĂ©riostase) totalement la multiplication bactĂ©rienne, après 18 Ă  24 heures de contact Ă  37 Â° .
      Liste :
    • La CMI50 est la plus faible concentration inhibant, en 18 Ă  24 heures la multiplication de 50 % des bactĂ©ries.
    • La CMI90 est la plus faible concentration inhibant, en 18 Ă  24 heures la multiplication de 90 % des bactĂ©ries.
  • La Concentration Minimale BactĂ©ricide (CMB) est la plus faible concentration permettant de dĂ©truire (bactĂ©ricidie) 99,9 % des bactĂ©ries après 18 Ă  24 heures de contact avec l'antibiotique.
  • La CMI et la CMB sont caractĂ©ristiques d'un antibiotique pour une souche donnĂ©e.
      Liste :
    • Quand le rapport CMB / CMI = 1, l'antibiotique est dit "bactĂ©ricide absolu"
    • Quand le rapport CMB / CMI proche de 1, l'antibiotique est dit "bactĂ©ricide"
    • Quand le rapport CMB / CMI > 2 l'antibiotique est dit "bactĂ©riostatique"

     En dĂ©pit d'efforts de standardisation des mĂ©thodes de dĂ©termination des CMI, il subsiste des diffĂ©rences d'un auteur Ă  l'autre.
Divers facteurs peuvent jouer : Composition des milieux, taille de l'inoculum, souches de phĂ©notypes diffĂ©rents, etc.


    Liste :
  • L'index thĂ©rapeutique sĂ©rique est prĂ©dictif de l'efficacitĂ© clinique d'un antibiotique. Il est Ă©gale Ă  Cmax / CMI50, la Cmax Ă©tant la concentration maximale sĂ©rique ou pic sĂ©rique.
  • Le temps d'antibiotique utile est la durĂ©e pendant laquelle la concentration sĂ©rique d'un antibiotique donnĂ© est supĂ©rieure Ă  sa CMI pour un geme donnĂ©.
  • Le Tmax est le temps qu'il faut attendre pour atteindre la Cmax.
  • La Cmax est la concentration sĂ©rique maximale atteinte après l'administration de l'antibiotique.
  • La surface sous la courbe est un très bon indicateur de l'activitĂ© d'un antibiotique. On trace la courbe de l'Ă©volution de la concentration de l'antibiotique dans le temps ; on place la ligne horizontale qui correspond Ă  la CMI90. La surface sous la courbe est celle comprise entre la courbe des concentration et la ligne de la CMI90. La surface sous la courbe est propre Ă  UN antibiotique pour UN germe donnĂ©.

  - Sous-chapitre : Les familles d’antibiotiques

Article dĂ©taillĂ© : Famille d'antibiotique.

     Il existe plus de 10 000 molĂ©cules antibiotiques, mais seulement une centaine, dont un quart sont des pĂ©nicillines, sont efficaces et utilisables pour des applications thĂ©rapeutiques. Les autres sont trop toxiques, trop instables ou ont une biodisponibilitĂ© insuffisante chez l'homme. La plupart des antibiotiques sont des produits naturels, synthĂ©tisĂ©s par des procaryotes, des champignons, des vĂ©gĂ©taux supĂ©rieurs, des animaux ou des lichens.






Chapitre : Le mode d’action des antibiotiques


  - Sous-chapitre : Action sur la paroi bactĂ©rienne


     Ces antibiotiques agissent sur des cibles extracellulaires et ne sont actifs que sur les germes en croissance. Les cellules au repos ne sont pas perturbĂ©es par l’action de ces molĂ©cules.


     Les antibiotiques bloquent la synthèse de la paroi, la cellule s’allonge sans faire de paroi (cloison) et elle explose sous l’effet de la pression osmotique interne. Si on ajoute un stabilisant osmotique, on obtient un protoplaste.


     On retrouve principalement une famille d'antibiotique appelĂ©e les BĂ©ta-lactames (pĂ©nicillines et cĂ©phalosporines) qui agissent sur les enzymes (les PFP) en inhibant leurs actions. Cela empĂŞchant la synthèse de la paroi bactĂ©rienne.


     Exemples :

  - Sous-chapitre : Action sur la membrane des cellules

    Liste :
  • La polymyxine : il s’agit d’un surfactant (dĂ©tergent) qui agit avec les lipides membranaires et qui dĂ©sorganise la bicouche phospholipidique membranaire. Ceci dĂ©truit l’intĂ©gritĂ© de la membrane, les Ă©lĂ©ments hydrosolubles sortent de la cellule. Cette molĂ©cule est efficace sur les cellules en croissance et au repos.

  - Sous-chapitre : Action sur l’ADN

    Liste :
  • La mitomycine est une molĂ©cule dont la structure est asymĂ©trique. Elle se fixe sur les brins de l’hĂ©lice d’ADN et Ă©tablit un pontage entre eux. Ceci empĂŞche la rĂ©plication de l'ADN en bloquant la progression de l’ADN polymĂ©rase.
    Liste :
  • L’actinomycine : le mĂ©canisme est identique Ă  celui de la mitomycine, mais cette molĂ©cule est symĂ©trique. En se fixant sur les deux brins d’ADN cette molĂ©cule bloque la progression de l’ARN polymĂ©rase.
    Liste :
  • Les sulfamidĂ©s sont des analogues structurels de molĂ©cules biologiques; ils ressemblent Ă  des molĂ©cules normalement utilisĂ©es par la cellule. La cellule va les reconnaĂ®tre pour ce qu'ils ne sont pas et les intĂ©grer dans son mĂ©tabolisme, et, parce que ce sont des molĂ©cules analogues, les voies mĂ©taboliques seront bloquĂ©es. Ceci provoque une inhibition de la synthèse des bases nuclĂ©iques et la cellule meurt par carence en bases nuclĂ©iques.
    Liste :
  • Les quinolones et fluoroquinolones agissent sur la topologie de l'ADN. Ces molĂ©cules inhibent l'ADN gyrase qui contrĂ´le le surenroulement de l'ADN. L'inhibition de la gyrase empĂŞche la rĂ©plication de l'ADN et donc la croissance des bactĂ©ries.

  - Sous-chapitre : Action sur le ribosome bactĂ©rien


     Approximativement la moitiĂ© des antibiotiques utilisĂ©s en thĂ©rapeutique (disposant de l'AMM) ont pour cible le ribosome bactĂ©rien, l'organite cellulaire qui est responsable de la synthèse des protĂ©ines. Ces antibiotiques se rĂ©partissent en plusieurs classes, de nature chimique et de mode d'action diffĂ©rents. La plupart interagissent avec l'ARN ribosomique.

    Liste :
  • Les cyclines (exemples : tĂ©tracycline, doxycycline, aurĂ©omycine) : en se fixant sur la sous-unitĂ© (30 S), elles bloquent l’élongation de la chaĂ®ne polypeptidique.
    Liste :
  • Les macrolides et kĂ©tolides (exemples : Ă©rythromycine, azithromycine) agissent sur la partie 50 S du ribosome et bloquent l’élongation de la chaĂ®ne polypeptidique.
    Liste :
  • La puromycine mime l’extrĂ©mitĂ© d’un ARNt, prend sa place dans le ribosome et bloque l’élongation de la chaĂ®ne polypeptidique.





Chapitre : Les résistances aux antibiotiques


Article dĂ©taillĂ© : RĂ©sistance aux antibiotiques.

  - Sous-chapitre : RĂ©sistance naturelle


     On peut parler de rĂ©sistance naturelle si toutes les souches d’une mĂŞme espèce sont rĂ©sistantes Ă  un antibiotique. C’est l’expression d’une propriĂ©tĂ© innĂ©e reflĂ©tant l’empĂŞchement d’accĂ©der Ă  la cible ou l’absence de la cible. Exemple: l'impermĂ©abilitĂ© des parois des bactĂ©ries Gram- ou leur absence de paroi.
On rencontre ce type de résistance chez les souches sauvages, n'ayant jamais été en contact avec un antibiotique.

  - Sous-chapitre : RĂ©sistance acquise

Chromosomique


     La rĂ©sistance acquise survient lorsque quelques souches d’une mĂŞme espèce normalement sensibles deviennent rĂ©sistantes. Cette rĂ©sistance peut-ĂŞtre acquise par mutagenèse : c’est une rĂ©sistance chromosomique.


     Le phĂ©nomène de mutation est spontanĂ© avec une frĂ©quence d’apparition de 10 Ă  10. C’est un Ă©vĂ©nement rare. L’antibiotique n’est pas l’agent mutagène, il sĂ©lectionne seulement les mutants devenus rĂ©sistants. Cela peut conduire Ă  la rĂ©sistance Ă  toute une famille d’antibiotiques.


     Les mutations sont indĂ©pendantes, donc les risques d’avoir des rĂ©sistances par mutagenèse Ă  plusieurs antibiotiques sont rares. Une double rĂ©sistance multiplie les probabilitĂ©s d’apparition de rĂ©sistance Ă  chaque molĂ©cule, c’est-Ă -dire 10.

Plasmidique


     Les bactĂ©ries ont la capacitĂ© de transfĂ©rer l’information gĂ©nĂ©tique contenue sur le plasmide. La plupart de ces cas de rĂ©sistances se rencontrent Ă  l’hĂ´pital. C’est une information gĂ©nĂ©tique exogène qui est rĂ©cupĂ©rĂ©e par la bactĂ©rie.


     Les bactĂ©ries peuvent transfĂ©rer des Ă©lĂ©ments mobiles de leur gĂ©nome : plasmides et transposons.


     Souvent les bactĂ©ries ont rassemblĂ© plusieurs gènes de rĂ©sistance sur leur plasmide et l’échangent.

    Liste :
  • Le transfert vertical est Ă©vident entre bactĂ©ries de mĂŞme espèce.
  • Le transfert horizontal intervient en revanche dans les Ă©changes entre bactĂ©rie Gram+, Gram- ou dans le sens Gram+ vers Gram-. L’inverse, Gram- vers Gram+, n’est pas rĂ©alisable car les gènes de Gram- ne sont pas exprimĂ©s chez Gram+.

     Le premier cas de rĂ©sistance fut observĂ© en 1951 sur un patient japonais. Il souffrait d'une infection Ă  Shigelle (une entĂ©robactĂ©rie, c’est-Ă -dire un bacille gram nĂ©gatif, mobile). La Shigelle provoquait une dysenterie qui pouvait ĂŞtre soignĂ©e par des sulfamidĂ©s, mais elle Ă©tait devenue rĂ©sistante Ă  ces sulfamidĂ©s. Les chercheurs ont dĂ©montrĂ© que cette rĂ©sistance Ă©tait accompagnĂ©e par des rĂ©sistances in vitro Ă  d’autres antibactĂ©riens.


     Ils ont isolĂ© dans le tube digestif d’autres malades, des souches d’Escherichia coli (une autre EntĂ©robactĂ©rie, très rĂ©pandue dans l’eau, le sol, le lait et les selles) qui avaient acquis une rĂ©sistance aux sulfamidĂ©s par un transfert horizontal entre les deux espèces.

    Liste :
  • La transduction : le vecteur est un bactĂ©riophage. En se rĂ©pliquant, le phage intègre une partie du gĂ©nome bactĂ©rien. En quittant la cellule, il emporte des gènes supplĂ©mentaires (bactĂ©riens) qui pourront ĂŞtre transfectĂ©s dans une autre bactĂ©rie. Ce système est efficace, mais les Ă©changes sont limitĂ©s en taille (le phage ne peut pas transfĂ©rer un long morceau d'ADN bactĂ©rien) aux organismes proches phylogĂ©nĂ©tiquement pour la reconnaissance phage/bactĂ©rie.
    Liste :
  • La transformation : la bactĂ©rie acquiert et incorpore de l’ADN exogène nu prĂ©sent dans son environnement. Cela peut ĂŞtre de l’ADN d’une bactĂ©rie morte qui, une fois captĂ©, permet l’expression de ses gènes par la nouvelle bactĂ©rie. C’est un Ă©vĂ©nement très rare qui existe chez les bactĂ©ries Gram-.
    Liste :
  • La conjugaison : l’ADN est transfĂ©rĂ© d’une bactĂ©rie donatrice Ă  une bactĂ©rie rĂ©ceptrice au cours d’un contact cellulaire Ă©troit (pilus). C’est le mode de transmission de transfert horizontal.

  - Sous-chapitre : ModalitĂ© de rĂ©sistance chez la bactĂ©rie

    Liste :
  • Le brouillage : la bactĂ©rie synthĂ©tise des protĂ©ines qui peuvent sĂ©questrer l’antibiotique ou le dĂ©grader pour le rendre inoffensif (hydrolases, transfĂ©rases...). Ce brouillage peut se faire Ă  l’extĂ©rieur (bĂŞta-lactamase sur les antibiotiques de la famille des pĂ©nicillines) de la cellule, comme Ă  l’intĂ©rieur.
    Liste :
  • Le camouflage : la bactĂ©rie peut modifier la cible de l’antibiotique. Celle-ci n’est plus reconnue et devient insensible Ă  l’antibiotique.
    Liste :
  • Le blindage : la bactĂ©rie empĂŞche l’accès de l’antibiotique aux cibles intracellulaires, par :
      Liste :
    • modification de la permĂ©abilitĂ© membranaire;
    • mise en place d’un système d’expulsion de l’antibiotique. Une pompe membranaire refoule l’antibiotique qui entre dans la cellule.
    Liste :
  • L’esquive : la bactĂ©rie substitue une autre molĂ©cule Ă  la cible. L’antibiotique, en se fixant sur ce leurre, ne remplit pas son rĂ´le.
  • La constitution en biofilm





Chapitre : Résistances acquises courantes


    Liste :
  • Le pneumocoque (Streptococcus pneumoniae) a dĂ©veloppĂ© une rĂ©sistance par modification d’une protĂ©ine membranaire spĂ©cifique oĂą se fixent les pĂ©nicillines (la PLP) imposant des doses plus Ă©levĂ©es d’antibiotique (typiquement, l’amoxicilline), voire contraignant Ă  prescrire une cĂ©phalosporine de 3 gĂ©nĂ©ration (souvent la ceftriaxone). Les rĂ©sistances en France sont documentĂ©es depuis 1978. En 2000, on comptait environ 50 % de souches rĂ©sistantes, en particulier dans les grandes villes.

     La resistance au Streptococcus pneumoniae est suivie en France par le Centre national de rĂ©fĂ©rence des pneumocoques, AP-HP HĂ´pital EuropĂ©en Georges Pompidou, et il publie son rapport dans le Bulletin EpidĂ©miologique Hebdomadaire ou BEH. (voir lien en bas d'article).

    Liste :
  • Les staphylocoques mĂ©ti-rĂ©sistants, particulièrement redoutables, sont insensibles aux pĂ©nicillines (chez-eux aussi par modification de leurs PLP), mais aussi par production d’une bĂŞta-lactamase et d’une mĂ©ticilinase. Les infections Ă  staphylocoque mĂ©ti-R sont typiquement des infections nosocomiales sĂ©vères, responsables d’une lourde mortalitĂ©. Les glycopeptides sont une alternative thĂ©rapeutique classique.





Chapitre : La surconsommation : un problème de santĂ© publique



     Les spĂ©cialistes critiquent dans ce contexte la prescription parfois trop Ă  la lĂ©gère (frĂ©quente) de certains antibiotiques (surprescription), y compris quand ils sont inefficaces (contre les virus par exemple).


     Le phĂ©nomène serait aussi amplifiĂ© :

    Liste :
  • par l’usage de doses trop faibles (y compris dans des mĂ©dicaments en vente libre)
  • ou sur une durĂ©e trop courte (moins de 8 jours), ou trop longues,
  • ainsi que par la prĂ©sence d'antibiotiques dans les viandes d'Ă©levage industriel, utilisĂ©s massivement :
      Liste :
    • pour protĂ©ger les Ă©levages (porcins, bovins, volailles) des maladies , de manière systĂ©matique, avant mĂŞme que ces animaux ne deviennent malades (comme s'il s'agissait d'un aliment naturel qui jouerait un rĂ´le de prĂ©vention)
    • ou mĂŞme comme "stimulateurs de croissance" de ces animaux, pour augmenter de façon importante la rentabilitĂ© de l'Ă©levage.

     Les rĂ©sistances mènent parfois les Ă©pidĂ©miologistes Ă  prĂ©coniser un usage raisonnĂ© des antibiotiques (un peu Ă  la manière de la gestion internationale concertĂ©e par l’OMS des mĂ©dicaments antipaludĂ©ens).


     Les antibiotiques sont sans effet sur les virus ; toutefois, il arrive que ceux-ci soient prescrits dans le cas oĂą l’organisme est affaibli, pour Ă©viter que celui-ci ne devienne vulnĂ©rable Ă  des bactĂ©ries. Malheureusement, encore trop nombreux (en France) sont les mĂ©decins qui prescrivent systĂ©matiquement des antibiotiques pour des affections virales, alors qu'ils ne seront pas efficaces et qu'ils ne font que renforcer la rĂ©sistance des bactĂ©ries aux antibiotiques.


     Ces rĂ©sistances aux antibiotiques deviennent extrĂŞmement prĂ©occupantes, elles sont l'objet d'avertissements rĂ©guliers des agences gouvernementales et internationales. Par exemple :

    Liste :
  • plus d'un tiers des affections au staphylocoque dorĂ© sont dĂ©sormais impossibles Ă  traiter avec les antibiotiques, causant amputations et dĂ©cès. Il est probable que les 3/4 des 4 200 dĂ©cès pour infections nosocomiales soient le fait de bactĂ©ries multirĂ©sistantes aux antibiotiques.
  • la rĂ©sistance du pneumocoque Ă  la pĂ©nicilline G est passĂ©e en France, de 0,5 % Ă  45 % entre 1984 et 2001. La France - qui est un des pays les plus grands consommateurs d'antibiotiques - compte le plus grand nombre d’échecs thĂ©rapeutiques contre des pneumocoques totalement rĂ©sistants Ă  la pĂ©nicilline.





Chapitre : AntibioQuizz


    Liste :
  • Les antibiotiques dĂ©truisent-ils tous les microbes ?
Les antibiotiques sont des médicaments capables d’inhiber ou de détruire certaines bactéries. Ils ne sont d’aucune utilité sur les autres types de microbes comme les parasites, les virus ou les mycoses (champignons). En outre, ils ne traitent pas directement les symptômes d’une infection (fièvre, douleurs...).
    Liste :
  • Peut-on devenir rĂ©sistant aux antibiotiques ?
Ce n’est pas le corps humain qui devient rĂ©sistant Ă  l’antibiotique mais les bactĂ©ries elles-mĂŞmes en devenant moins sensibles au mĂ©dicament ou plus du tout. Il s’agit d’un phĂ©nomène naturel, liĂ© Ă  l’évolution des espèces ; au contact des antibiotiques, les bactĂ©ries sensibles Ă  l’antibiotique administrĂ© disparaissent, mais d’autres parviennent Ă  survivre ou s’adaptent grâce Ă  des modifications de leurs gènes. On dit alors qu’elles ont dĂ©veloppĂ© des rĂ©sistances.
    Liste :
  • Les bactĂ©ries rĂ©sistantes aux antibiotiques deviennent-elles plus nombreuses ?
Ă€ chaque fois que des antibiotiques sont utilisĂ©s lors d’un traitement, le risque de sĂ©lection existe : les bactĂ©ries sensibles disparaissent, mais d’autres peuvent s’adapter et survivre.
Les hôpitaux, les maisons de retraites, les crèches et les écoles favorisent également le développement des résistances, car, dans ces bâtiments, se côtoient des personnes souvent traitées par antibiotiques. Cette promiscuité favorise la transmission des nouvelles bactéries résistantes d’un individu aux autres.
    Liste :
  • Les enfants sont-ils plus souvent porteurs de bactĂ©ries rĂ©sistantes que les adultes ?
Selon une étude française menée en 1999 sur des enfants, près de 53% des pneumocoques, responsables entre autres d’otites, de pneumonies, de méningites... étaient résistants à l’antibiotique de référence, la pénicilline.
La mĂŞme Ă©tude menĂ©e sur des adultes a montrĂ© que seulement 40 % de ces bactĂ©ries Ă©taient rĂ©sistantes Ă  cet antibiotique.
Cette diffĂ©rence peut s’expliquer :
- par une plus grande consommation d’antibiotiques par les enfants. En 2002, une étude a montré que les enfants de moins de 3 ans ont reçu quatre fois plus d’antibiotiques que le reste de la population;
- par le fait que les enfants sont plus souvent malades que les adultes et en plus, reçoivent trop facilement des antibiotiques, alors que beaucoup d'infections respiratoires, de rhumes et d'otites sont en fait dus dans 80 % des cas Ă  des virus, contre lesquels les antibiotiques sont totalement inefficaces. Par exemple dans le cas de la bronchiolite du nourrisson, le meilleur des traitements consiste en une kinĂ©sithĂ©rapie.
    Liste :
  • La santĂ© des enfants est-elle menacĂ©e par les bactĂ©ries rĂ©sistantes ?
Il devient effectivement de plus en plus difficile de soigner des otites ou des méningites, puisque les bactéries ne sont pas toutes détruites par l’antibiotique prescrit.
Ce qui pousse les médecins à donner deux antibiotiques différents qu’ils pensent complémentaires, comme pour prendre les bactéries en tenaille, et de plus à augmenter les doses.
    Liste :
  • Le fait de prendre dans l’avenir moins d’antibiotiques inutiles, va-t-il permettre de rĂ©duire la rĂ©sistance des bactĂ©ries ?
Il est difficile aujourd’hui de rĂ©pondre Ă  cette question ! Car il n’y a pas encore eu rĂ©ellement en France, sur l’ensemble de la population, de changement significatif dans la prescription des antibiotiques, et il n’y a donc pas assez de recul.
Cependant, si on se réfère à certains autres pays, et à une expérience test réalisée dans le département des Alpes-Maritimes, il s’avère qu’un lien entre moins d’antibiotiques et le développement moins rapide de la résistance des bactéries, peut effectivement être rapidement observé.
Antérieurement à l’expérience, les médecins avaient observé, sur une durée de 4 années, une augmentation de 20% de la présence de pneumocoques résistants chez les enfants. Après une campagne d’information, à laquelle ils ont adhéré, la prise d’antibiotiques a baissé de 10% et la résistance n’a plus augmenté, restant à un même niveau de 64% de bactéries résistantes.





Chapitre : Actualités


    Liste :
  • L’Agence française de sĂ©curitĂ© sanitaire des produits de santĂ© a pris la dĂ©cision de retirer du marchĂ©, après le 30 juin 2003, quinze mĂ©dicaments contenant des antibiotiques, censĂ©s soulager les rhumes, rhinopharyngites et sinusites.
    Ces mĂ©dicaments jugĂ©s « non utiles Ă  la guĂ©rison Â» et comme « pouvant favoriser l’apparition et la diffusion des rĂ©sistances bactĂ©riennes Â» Ă©taient, pour la plupart, proposĂ©s en solutions nasales, en sprays ou en gouttes. Il s’agit : de Cortifra, Framyxone, Frazoline, Isofra, Pivalone neomycine, Polydexa neosynephrine, Rhin ATP, Rhinobiotal 1,25 %, Rhinotrophyl, Rhinyl, Soframycine 1,25 %, Soframycine 100 g, Soframycine hydrocortisone, Soframycine naphazoline.
    Il a été estimé que le recours à la solution physiologique pour laver le nez, au paracétamol ou à l’aspirine pour soulager la fièvre et la douleur, pouvaient les remplacer avantageusement.
    Liste :
  • La dĂ©cision a Ă©tĂ© prise rĂ©cemment (septembre 2005) par le Ministère de la SantĂ© de dĂ©rembourser de nombreux mĂ©dicaments qui contenaient des antibiotiques (parmi les plus connus : Solutricine, LysopaĂŻne), pour Ă©viter d'accroĂ®tre ces phĂ©nomènes de rĂ©sistance, extrĂŞmement prĂ©occupants.





Chapitre : Notes et références


  1. ↑ Les mots antibiose et antibiotique (dans « action antibiotique Â») ont Ă©tĂ© formĂ©s par Vuillemin. (P. Vuillemin, Antibiose et symbiose, Association française pour l'avancement des sciences, Compte rendu de la 18 session, Seconde partie, Notes et mĂ©moires, vol. 11 (1890), pp. 525-543.) Sur l'Ă©volution sĂ©mantique subsĂ©quente du mot antibiotic en anglais, voir R. Bentley et J.W. Bennett, « What is an Antibiotic ? Revisited Â», Advances in applied microbiology, vol. 52, 2003, pp. 303-331, spĂ©c. 304, 312 et 330, partiellement consultable sur Google Books.
  2. ↑ mais le nombre de ces médicaments (comme Lysopaïne ou Solutricine) a diminué fortement récemment en France (à partir du 30 septembre 2005), en particulier pour réduire ces risques.
  3. ↑ Les antibiotiques en Ă©levage : Ă©tat des lieux et problèmes posĂ©s
  4. ↑ Utilisation des antibiotiques comme stimulateurs de croissance
  5. ↑ Questions et réponses concernant l'utilisation d'antibiotiques dans les aliments pour animaux
  6. ↑ Bruxelles propose l'interdiction des antibiotiques comme facteurs de croissance
  7. ↑ Sur 10 000 personnes -estimation ancienne- qui succombent chaque année à une infection nosocomiale, environ 7 500, soit les ¾, seraient victimes de bactéries multirésistantes aux antibiotiques: "Les maladies nosocomiales"
  8. ↑ La consommation d’antibiotiques a baissé
  9. ↑ AntibioQuizz réalisé d’après les communications des professeurs Patrick Choutet et Pierre Dellamonica à des journaux de vulgarisation.
  10. ↑ Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, Bon usage des antibiotiques - Spécialités commercialisées à base d’aminoside et sulfamide administré par voie nasale
  11. ↑ Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, Arrêt de commercialisation, Lettre aux prescripteurs, 19 juillet 2005, Information destinée aux médecins généralistes, ORL, pédiatres et pharmaciens





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