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Définition Wikipédia de : Alcoolisme






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Ă€ la Mie, tableau d'Henri de Toulouse-Lautrec


Classification internationale
des maladies
Consommation de litre d'alcool par personne de 15 ans et plus par année et par pays. OMS, 2004.


  - Sous-chapitre : En France


     En 2003, 100 000 personnes consultent dans les centres de cure en alcoologie et 48 000 consultent un mĂ©decin pour un sevrage. En 2002, 93 000 hospitalisations avec comme diagnostic principal des troubles mentaux et du comportement liĂ©s Ă  la consommation d'alcool sont dĂ©nombrĂ©es.






Chapitre : Étiologie


  - Sous-chapitre : Origine iatrogène


     La consommation de benzodiazĂ©pines peut s'associer d'une consommation d'alcool, celle-ci augmentant de façon nocive l'effet sĂ©datif des produits et conduisant vers une dĂ©pendance polytoxicomaniaque. 73% des anciens utilisateurs de benzodiazĂ©pines passent par une dĂ©pendance a l'alcool lors de leurs sevrages.

  - Sous-chapitre : De l'usage Ă  la dĂ©pendance

Article connexe : DĂ©pendance Ă  l'alcool.

     L'alcool est une substance psycho-active Ă  l'origine d'une dĂ©pendance qui dĂ©pend de son usage :

    Liste :
  • L'usage simple : Ă©galement appelĂ© « usage d’alcool Ă  risque faible Â». Il peut ĂŞtre expĂ©rimental, occasionnel ou rĂ©gulier, Ă  condition qu'il soit modĂ©rĂ©.
  • L'usage Ă  risque : susceptible d'entraĂ®ner des dommages Ă  plus long terme dont la dĂ©pendance.
  • L'usage nocif : est caractĂ©risĂ© par la consommation rĂ©pĂ©tĂ©e d'alcool au-delĂ  de la modĂ©ration.
  • L'usage avec dĂ©pendance, avec perte de contrĂ´le de sa consommation : par le sujet pouvant entraĂ®ner une tolĂ©rance plus ou moins marquĂ©e avec des signes de sevrage plus ou moins importants.

  - Sous-chapitre : Psychopathologie


     La consommation excessive d'alcool et l'installation d'une dĂ©pendance est, dans la plupart des cas, facilitĂ©e par des facteurs psychologiques favorisants qui initient et entretiennent le comportement de consommation.


     On retrouve le plus frĂ©quemment chez les personnes en difficultĂ© avec l'alcool :

    Liste :
  • un ou plusieurs troubles anxieux, des dĂ©ficits dans les capacitĂ©s Ă  gĂ©rer le stress et l'anxiĂ©tĂ© ;
  • un Ă©tat dĂ©pressif ;
  • des dĂ©ficits dans les habiletĂ©s de communication avec autrui (la consommation peut ĂŞtre amplifiĂ©e par des difficultĂ©s Ă  refuser les incitations Ă  boire ou les frustrations liĂ©es aux conflits interpersonnels) ;
  • une intolĂ©rance Ă  la frustration plus ou moins marquĂ©e.

     Dans une moindre mesure, on peut Ă©galement retrouver :

    Liste :
  • un trouble de la personnalitĂ© (personnalitĂ© borderline en particulier, mais Ă©galement antisociale, dĂ©pendante, schizoĂŻde, hystrionique...) ;
  • des troubles de perception et d'expression Ă©motionnelle (alexithymie) ;
  • un Ă©tat psychotique (schizophrĂ©nie...).

     Des facteurs psychosociaux peuvent exercer Ă©galement une influence notable comme l'isolement ou le sentiment de solitude, le chĂ´mage, les violences conjugales. Des reprĂ©sentations cognitives de l'alcool comme symbole de convivialitĂ©, de plaisir ou de virilitĂ© sont aussi frĂ©quemment retrouvĂ©es.


     Au niveau du fonctionnement cognitif, on retrouve Ă©galement un faible sentiment d'efficacitĂ© personnelle (donc une faible confiance Ă  rĂ©sister Ă  l'envie d'alcool) et des attentes Ă©levĂ©es envers l'alcool. Les attentes envers une substance reprĂ©sentent la prĂ©diction que fait l'individu de l'effet qu'il va obtenir en la consommant. Selon Brown et al. (1980), les attentes positives envers l'alcool concernent 6 domaines principaux: amĂ©lioration des relations sociales, diminution des sentiments et Ă©motions nĂ©gatifs, changements positifs globaux, plaisir social et physique, amĂ©lioration des performances sexuelles, agressivitĂ© et stimulation physique.


     Selon Young et al. (2005), boire Ă  l'excès peut rĂ©sulter de l'Ă©vitement inconscient de l'affrontement des Ă©motions liĂ©es Ă  l'activation de certains schĂ©mas cognitifs fondamentaux.


     L'alcoolisme est l'objet de nombreuses Ă©tudes en psychologie expĂ©rimentale avec l'approche cognitivo-comportementale. D'un point de vue simplifiĂ©, le comportement de prise d'alcool est facilitĂ© par certaines pensĂ©es caractĂ©ristiques liĂ©es Ă  celui-ci (anticipatoires, soulageantes et permissives; Beck et al., 1993; validĂ© par Hautekèete et al., 1999), et va se trouver renforcĂ© par l'effet anxiolytique de l'alcool qui apaise un Ă©ventuel malaise Ă©motionnel. Ces pensĂ©es sont gĂ©nĂ©ralement automatiques et Ă©chappent la plupart du temps Ă  la conscience explicite de la personne. Selon ce modèle, les pensĂ©es anticipatoires reprĂ©sentent les attentes d'effets positifs de l'alcool ("Boire quelques verres va me rendre plus drĂ´le"); les pensĂ©es soulageantes concernent les attentes d'apaisement apportĂ© par l'alcool ("Je me sentirai plus dĂ©tendu si je bois un coup"); et les pensĂ©es permissives autorisent la consommation ("Allez, juste pour un verre, je l'ai bien mĂ©ritĂ© après le boulot..."). Il est Ă  noter que ces pensĂ©es relèvent de processus cognitifs normaux au dĂ©part et ne sont pas spĂ©cifiques de l'alcoolisme.


     Il est nettement Ă©tabli qu'une dĂ©pendance Ă  l'alcool est fortement accompagnĂ©e d'un haut niveau d'anxiĂ©tĂ© et de dĂ©pression qui amplifient encore davantage la consommation.


     Elle s'accompagne aussi frĂ©quemment de perturbations dans l'identification des expressions Ă©motionnelles d'autrui, notamment d'une hypersensibilitĂ© Ă  la colère.


     La prise en charge psychologique cognitivo-comportementale, gĂ©nĂ©ralement proposĂ©e après sevrage, peut comprendre un programme de prĂ©vention de la rechute (identification des situations Ă  risque, rĂ©solution de problème pour amĂ©liorer le sentiment d'efficacitĂ© personnelle), un entrainement Ă  la relaxation, Ă  l'affirmation de soi (apprendre Ă  refuser l'alcool, Ă  faire face aux critiques...) et un accompagnement psychologique individualisĂ©.






Chapitre : Sémiologie


  - Sous-chapitre : Problèmes de santĂ© induits par l'alcool

A court terme


     L'Ă©thanol, une fois ingĂ©rĂ©, est directement absorbĂ© au niveau du tube digestif et ne nĂ©cessite pas de processus de digestion. Il provoque Ă  très court terme, une augmentation du taux d'alcoolĂ©mie sanguine et une ivresse aiguĂ«. L'ivresse se caractĂ©rise par un Ă©tat d'Ă©briĂ©tĂ©, avec ralentissement des rĂ©flexes et diminution de la vigilance, un Ă©tat d'euphorie ou, au contraire, de tristesse, une mauvaise apprĂ©ciation des situations, des troubles de l'Ă©quilibre ainsi qu'une vasodilatation. L'ivresse peut conduire jusqu'au coma Ă©thylique, situation pouvant amener au dĂ©cès.


     A court terme, la consommation d'Ă©thanol peut provoquer :


     L'alcool a un effet dit anxiolytique Ă  court terme; Ă  long terme, il engendre souvent angoisses et dĂ©pression.

A moyen et long terme


     Une consommation chronique d'Ă©thanol a des rĂ©percussions directes sur diffĂ©rentes fonctions et organes du corps :


     La consommation chronique augmente le risque de cancers, dont notamment :


     La consommation chronique d'alcool augmente le risque de troubles dĂ©pressifs et anxieux. Elle peut conduire vers une situation de dĂ©pendance. La dĂ©pendance est caractĂ©risĂ©e lorsque la personne est devenue incapable d'arrĂŞter ou de rĂ©duire sa consommation.

  - Sous-chapitre : Modifications biologiques liĂ©es Ă  l'alcoolisme chronique






Chapitre : Complications


  - Sous-chapitre : Alcool et grossesse


     Le principal risque liĂ© Ă  l'alcool est celui des effets fĹ“taux de l'alcoolisation (EFA), qui dĂ©signent les troubles des apprentissages et/ou du comportement au cours de la petite enfance, et dont la survenue est reliĂ©e Ă  une ou des prises d'alcool occasionnelles par la mère (quelle qu'elle soit) durant sa grossesse. Plus rare est le syndrome d'alcoolisation fĹ“tale (SAF), observĂ© parfois et dès la naissance chez l'enfant nĂ© d'une mère souffrant d'un problème chronique d'alcoolisation, et qui se traduit par un ensemble de signes cliniques morphologiques et neurologiques, susceptibles de handicaper l'avenir de l'enfant.


     D'une manière gĂ©nĂ©rale, la quantitĂ© d'alcool susceptible d'ĂŞtre nocive pour l'enfant Ă  naĂ®tre est mal connue, et le risque pourrait exister mĂŞme pour des quantitĂ©s faibles. Il est ainsi recommandĂ© aux femmes enceintes de s'abstenir de toute consommation pendant la durĂ©e de la grossesse (Ă  tous les trimestres) ainsi que durant l'allaitement. L'idĂ©e que des consommations faibles de certains alcools, notamment le Champagne, seraient moins nocive est une lĂ©gende urbaine n'ayant aucun fondement scientifique.

  - Sous-chapitre : Alcoolisme et tabagisme


     Il y a une forte corrĂ©lation entre dĂ©pendance Ă  l'alcool et dĂ©pendance au tabagisme (85 Ă  90% des alcooliques sont fumeurs). Boire donne envie de fumer : la stimulation cĂ©rĂ©brale de l'alcool est plus faible que celle liĂ©e Ă  l'absorption de nicotine et une stimulation faible induit une envie de toujours plus : fumer.


     Certaines techniques d'arrĂŞt du tabagisme peuvent ĂŞtre utiles pour le sevrage Ă  l'alcool. En cas de dĂ©pendance conjointe, il peut ĂŞtre envisagĂ© d'arrĂŞter le tabac en mĂŞme temps, avant ou après l'alcool. Tout dĂ©pend de la situation.

  - Sous-chapitre : Alcool et comportement sexuel


     Il existe depuis l'AntiquitĂ© un certain nombre d'idĂ©es reçues relativement tenaces selon lesquelles l'alcool amĂ©liorerait les performances sexuelles, ces attentes sont d'autant plus marquĂ©es chez les alcoolodĂ©pendants. En rĂ©alitĂ©, l'alcool produit un effet sĂ©datif sur l'appareil sexuel dès le premier verre, faisant ainsi diminuer la rĂ©activitĂ© sexuelle physique. A l'opposĂ©, l'alcool provoque dans le mĂŞme temps une excitation psychologique subjective inversement proportionnelle.


     Il est nettement Ă©tabli que l'alcool facilite les comportements sexuels Ă  risque (rapports sexuels non protĂ©gĂ©s, agression sexuelle...).


     


  - Sous-chapitre : Accidents et troubles imputables


     Une consommation d'alcool peut ĂŞtre responsable de morts violentes, notamment par accident de la route, homicides ou suicides. En France, entre 2002 et 2003 les dĂ©cès par accident de la route imputables Ă  une ivresse alcoolique reprĂ©sentent un total de 2 200 personnes.

  - Sous-chapitre : Syndrome de sevrage alcoolique


     Il survient 6 Ă  12 heures après la dernière prise d'alcool chez une personne dĂ©pendante et Ă©volue spontanĂ©ment vers la disparition de la dĂ©pendance physique en une semaine. Il peut nĂ©anmoins rester une dĂ©pendance psychologique. Cette dernière peut ĂŞtre forte et conduire Ă  une rĂ©alcoolisation ou rechute.


     Dans les formes mineures, on note, de façon plus ou moins associĂ©e, des nausĂ©es, des cĂ©phalĂ©es, une agitation, des trĂ©mulations, une tachycardie, une hypertension artĂ©rielle, des sueurs, une fièvre, des symptĂ´mes anxieux et dĂ©pressifs, des troubles de la concentration.


     Dans les formes sĂ©vères, il y a des crises convulsives avec ou sans hallucinations. La forme la plus sĂ©vère des complications est le delirium tremens qui peut ĂŞtre mortelle en l'absence de traitement. Ces formes sĂ©vères peuvent ĂŞtre inaugurĂ©es par des troubles visuels, auditifs et sensitifs, favorisĂ©s par des stimuli sensoriels (gène de la lumière, du bruit, dĂ©mangeaisons), des idĂ©es dĂ©lirantes et hallucinatoires.


     Les Ă©lĂ©ments qui permettent de dĂ©tecter les formes sĂ©vères, permettant ainsi un repĂ©rage dans le but d'une meilleure prise en charge, sont la consommation prolongĂ©e de quantitĂ©s importantes en alcool, des antĂ©cĂ©dents de crises convulsives et de dĂ©lirium trĂ©mens, la nĂ©cessitĂ© de boire rapidement de l'alcool après le rĂ©veil afin de soulager les formes dĂ©butantes de sevrage.


     L'administration de benzodiazĂ©pine, une hydratation cellulaire, une vitaminothĂ©rapie et dans certains cas une administration de petites quantitĂ©s d'alcool restent les traitements de choix pour prĂ©venir le delirium tremens.






Chapitre : Traitement


  - Sous-chapitre : Sevrage en alcool


     En raison de la dĂ©pendance induite, le sevrage est souvent dĂ©licat, exposant Ă  un risque important de rechute. Il est facilitĂ© si l'alcoolodĂ©pendant est accompagnĂ© socialement et mĂ©dicalement, si le sevrage est programmĂ© et si l'alcoolodĂ©pendant a dĂ©jĂ  vĂ©cu l'expĂ©rience du sevrage et de la rechute. L'abstinence dĂ©finitive rĂ©sultant aussi d'un processus d'apprentissage.


     Le sevrage est effectuĂ© en ambulatoire dans la plupart des cas, et en hospitalisation pour les cas les plus Ă  risque de complications (il existe des services spĂ©cialisĂ©s en alcoologie). De nombreuses associations peuvent aider le malade alcoolique, abstinent ou non. Ces associations sont souvent des mouvements d'anciens buveurs. L'utilisation de groupes de paroles (les plus connus Ă©tant les Alcooliques Anonymes, alcool assistance[ex:la croix d'or], la Croix Bleue, Vie Libre, le Nouveau Chemin) est d'une certaine efficacitĂ© dans le maintien d'une abstinence Ă  long terme.

  - Sous-chapitre : Pharmacologie de prĂ©vention de la rechute


     Les spĂ©cialitĂ©s mĂ©dicamenteuses disponibles pour la prĂ©vention de la consommation d'alcool ont plusieurs objectifs :

Le disulfirame possède un effet antabuse : l'absorption d'alcool provoque alors des effets secondaires dĂ©sagrĂ©ables mais parfois dangereux. Ce mĂ©dicament est de moins en moins utilisĂ© en raison de sa dangerositĂ© en cas de consommation d'alcool et de sa faible efficacitĂ©.
L'acamprosate et le naltrexone permettent de diminuer l'appétence pour l'alcool. Néanmoins, malgré près de vingt ans d'utilisation de ces médicaments sur des millions de sujets alcoolodépendants, aucune réduction de la mortalité ni de la morbidité de l'alcoolisme n'a été rapportée et le taux de rechute pour les patients qui réussissent à devenir abstinents est de l'ordre de 90% .

     D'autres molĂ©cules sont Ă  l'essai, comme le baclofène. Il s'agit d'un myorelaxant indiquĂ© dans le traitement de la spasticitĂ© musculaire, un trouble bĂ©nin mais hautement inconfortable que l'on observe par exemple dans les suites d'un accident vasculaire cĂ©rĂ©bral, chez les paraplĂ©giques, ou dans l'infirmitĂ© motrice cĂ©rĂ©brale, les patients atteints de sclĂ©rose en plaques mais aussi dans le simple torticolis spasmodique. Il est commercialisĂ© sous le nom de LiorĂ©sal, mais gĂ©nĂ©riquĂ© depuis les annĂ©es 1980. Il est prescrit depuis 1966 comme traitement de confort. L'AMM autorise jusqu'Ă  80 milligrammes par jour. Au-delĂ  de 80 milligrammes par jour, on parle de hautes doses. Le baclofène a cependant Ă©tĂ© testĂ© comme traitement de confort pour des troubles bĂ©nins Ă  des doses de 300 milligrammes par jour pendant plusieurs annĂ©es consĂ©cutives chez l'adulte et de 180 milligrammes par jour (par exemple pour des torticolis chez l'enfant) sans effets secondaires limitants. Ils soulignent n'avoir jamais rencontrĂ© d'effets secondaires importants. Les plus frĂ©quents sont de la somnolence ou de la faiblesse musculaire qui tous deux rĂ©gressent toujours en 24 ou 48 heures sans jamais laisser de sĂ©quelles.


     Cette efficacitĂ© du baclofène est Ă  prendre avec beaucoup de prĂ©caution. Les quelques Ă©tudes allant dans le sens d'une diminution de la consommation d'alcool sous traitement par baclofène n'ont pas un niveau de preuve scientifique suffisant .

  - Sous-chapitre : Autres thĂ©rapeutiques


     Le traitement de l'addiction Ă  l'alcool n'est pas seulement pharmacologique, il est aussi psychologique. Le soutien de la personne dĂ©pendante Ă  l'alcool est important, quel que soit le niveau d'abstinence. Le recours Ă  la psychothĂ©rapie peut ĂŞtre une possibilitĂ©.

  - Sous-chapitre : PrĂ©vention


     L'Ă©ducation, la rĂ©glementation de la publicitĂ©, mais aussi l'augmentation des prix des boissons alcoolisĂ©es (taxation) sont des moyens permettant de diminuer la consommation globale.






Chapitre : Sociologie et économie


  - Sous-chapitre : PrĂ©valence de l'alcoolisme


     En France, vers 2006, l'usage problĂ©matique d'alcool touche environ 5 millions de personnes (dont 2 millions seraient dĂ©pendantes) (soit plus de 7 800 personnes pour 100 000 habitants), dont 600 000 femmes ; d'après une Ă©tude rĂ©cente, chaque Français de 15 ans et plus a consommĂ© en moyenne 13,4 litres d'alcool pur en 2003 (ce qui reprĂ©sente trois verres standards d'alcool par jour et par habitant).


     En France, on estime que 10 Ă  20% des accidents du travail sont imputables Ă  l'alcool et 10% des salariĂ©s ont une consommation problĂ©matique d'alcool. Chez les jeunes, 50% des accidents mortels de la circulation sont associĂ©s Ă  une consommation d'alcool. L'alcool est associĂ©e dans 50% des bagarres et 50 Ă  60% des crimes et dĂ©lits. Ces statistiques sont particulièrement sujettes Ă  caution (ne pas confondre association et cause-consĂ©quence) : l'Ă©valuation rigoureuse est très difficile en raison d'une dĂ©nĂ©gation quasi-constante des faits.

  - Sous-chapitre : Alcoolisme et mortalitĂ©


     L'alcoolisme a causĂ© environ 1 800 000 morts par an dans le monde vers 2004 (soit autour de 3 % des dĂ©cès), dont 45 000 en France (deuxième cause de mortalitĂ© Ă©vitable en France après le Tabac) (73 pour 100 000 habitants) :

    Liste :
  • 23 000 dĂ©cès directs
  • 22 000 morts indirectes (troubles mentaux, maladies cardiovasculaires, accidents...).

     Tous les ans, 5 000 Ă  7 000 bĂ©bĂ©s naissent en France avec des malformations graves (syndrome d'alcoolisation fĹ“tale) en raison de l'alcoolisation de la mère ; dans le Pas-de-Calais, cela reprĂ©sente 1 naissance sur 3 000.


     En France, on peut considĂ©rer que l'alcoolisme est la troisième cause de mortalitĂ© après l'obĂ©sitĂ© et le tabac, et devant les maladies infectieuses et les accidents de la route.


     Les risques de cirrhose du foie et d'accidents sont bien connus de la majoritĂ© des Français, mais il n'en est pas de mĂŞme des risques de cancers et de maladies cardio-vasculaires.


     Pour les maladies cardio-vasculaires, les Ă©tudes scientifiques montrent qu'une consommation modĂ©rĂ©e (un verre par jour) diminue le risque cardio-vasculaire, mais qu'une consommation de plus de trois verres l'augmente rapidement.


     L'excès d'alcool crĂ©e Ă©galement des carences en vitamines, ce qui diminue la rĂ©sistance aux maladies.


     L'association alcool – tabac est un facteur d'aggravation du risque, qui devient alors supĂ©rieur Ă  la somme des risques de l'alcool et du tabac pris sĂ©parĂ©ment.

  - Sous-chapitre : CoĂ»t social de l'alcoolisme


     Le coĂ»t de l'alcoolisme est considĂ©rable tant par ses consĂ©quences sanitaires que par l'absentĂ©isme au travail qui en dĂ©coule ou par la criminalitĂ© qui y est associĂ©e. On estime Ă  près de 39 milliards de dollars par an en Grande-Bretagne et 17,4 milliards d'euro en France. Un autre calcul montre que le coĂ»t atteint 1% du produit national brut des pays dĂ©veloppĂ©s. Ces estimations de coĂ»ts comprennent Ă  la fois les coĂ»ts directs liĂ©s Ă  la consommation de biens mĂ©dicaux mais aussi les coĂ»ts indirects liĂ©s Ă  la perte de productivitĂ© en raison d'arrĂŞt de travail, arrĂŞt maladie, etc.






Chapitre : Aspects juridiques


  - Sous-chapitre : Conseil de l'Europe

Textes


     L' article 5 de la Convention europĂ©enne des droits de l'homme (dite « convention europĂ©enne des droits de l'homme Â») dispose : « Toute personne a droit Ă  la libertĂ© et Ă  la sĂ»retĂ©. Nul ne peut ĂŞtre privĂ© de sa libertĂ©, sauf dans les cas suivants et selon les voies lĂ©gales :
[...]
s'il s'agit de la dĂ©tention rĂ©gulière d'une personne susceptible de propager une maladie contagieuse, d'un aliĂ©nĂ©, d'un alcoolique, d'un toxicomane ou d'un vagabond ;
[...]
Toute personne arrêtée doit être informée, dans le plus court délai et dans une langue qu'elle comprend, des raisons de son arrestation et de toute accusation portée contre elle.
[...]
Toute personne privée de sa liberté par arrestation ou détention a le droit d'introduire un recours devant un tribunal, afin qu'il statue à bref délai sur la légalité de sa détention et ordonne sa libération si la détention est illégale.
Toute personne victime d'une arrestation ou d'une dĂ©tention dans des conditions contraires aux dispositions de cet article a droit Ă  rĂ©paration. Â»


     Ce texte n'impose pas que la dĂ©tention d'un alcoolique soit dĂ©cidĂ©e par une autoritĂ© judiciaire: en effet, la disposition de cet article selon laquelle « Toute personne arrĂŞtĂ©e ou dĂ©tenue, dans les conditions prĂ©vues au paragraphe 1.c du prĂ©sent article, doit ĂŞtre aussitĂ´t traduite devant un juge ou un autre magistrat habilitĂ© par la loi Ă  exercer des fonctions judiciaires et a le droit d'ĂŞtre jugĂ©e dans un dĂ©lai raisonnable, ou libĂ©rĂ©e pendant la procĂ©dure Â» s'applique uniquement aux personnes « arrĂŞtĂ©[es] et dĂ©tenu[es] en vue d'ĂŞtre conduit[es] devant l'autoritĂ© judiciaire compĂ©tente, lorsqu'il y a des raisons plausibles de soupçonner qu'[elles ont] commis une infraction ou qu'il y a des motifs raisonnables de croire Ă  la nĂ©cessitĂ© de l[es] empĂŞcher de commettre une infraction ou de s'enfuir après l'accomplissement de celle-ci  Â».

  - Sous-chapitre : Jurisprudence de la Cour europĂ©enne des droits de l'homme

    Liste :
  • ArrĂŞt Witold Litwa c. Pologne, 4 avril 2000 : « les personnes dont la conduite et le comportement sous l'influence de l'alcool constituent une menace pour l'ordre public ou pour elles-mĂŞmes, mĂŞme si aucun diagnostic d'« alcoolisme Â» n'a Ă©tĂ© posĂ© les concernant, peuvent ĂŞtre dĂ©tenues Ă  des fins de protection du public ou dans leur propre intĂ©rĂŞt, par exemple leur santĂ© ou leur sĂ©curitĂ© personnelle.
    62. Il ne faut pas en déduire que l'article 5 § 1 e) de la Convention peut être interprété comme autorisant la détention d'un individu simplement parce qu'il consomme de l'alcool. Toutefois, pour la Cour, dans le texte de l'article 5, rien n'indique que cette disposition interdit à un État de prendre cette mesure à l'égard d'un individu qui abuse d'alcool afin de restreindre les effets néfastes de sa consommation pour lui-même et pour la société, ou pour empêcher un comportement dangereux après l'ingestion d'alcool.
     Â»





Chapitre : L'alcoolisme dans les arts





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Affiche du peintre FrĂ©dĂ©ric Christol (1850-1933), intitulĂ©e L'Alcool ! VoilĂ  l'ennemi



     L'alcoolisme est très prĂ©sent dans les lettres et les arts. Il constitue un ressort dramatique permettant la modification, soit progressive et de fond, soit au contraire temporaire mais brutale, du caractère d'un personnage. Permettant notamment de donner lieu Ă  des Ă©vĂ©nements extraordinaires (un crime sous l'emprise de l'alcool) ou de montrer une lente dĂ©gradation (comme dans L'Assommoir de Zola).

  - Sous-chapitre : En littĂ©rature

  - Sous-chapitre : Au cinĂ©ma






Chapitre : Notes et références


  1. ↑ Classification internationale des maladies de l'OMS, Liste de codes CIM-10 (F10)
  2. ↑ A propos du concept de Magnus Huss
  3. ↑ INPES / Mildt, Drogues & dĂ©pendances, le livret d'information, Ă©tat des connaissances, Ă©ditions INPES, mars 2007, reliĂ©, 179 p. 
  4. ↑ Global Status Report on Alcohol 2004, voir Global overviews: Alcohol consumption and beverage preferences, page 12.
  5. ↑ Lutte contre l'alcoolisme, le dispositif spécialisé en 2003, Direction générale de la santé, 2003
  6. ↑ Observatoire français des drogues et toxicomanies, Paris, 2005
  7. ↑ Données du PMSI
  8. ↑ Adès J. & Lejoyeux M. (2003) Alcoolisme et psychiatrie, données actuelles et perspectives, Paris: Masson.
  9. ↑ Brown S.A., Goldman M.S., Inn A. & Anderson L.R. (1980) Expectations of reinforcement from alcohol: Their domain and relation to drinking patterns. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 48 (4), 419-426.
  10. ↑ Young J.E., Klosko J.S. et Weishaar M.E. (2005) La thérapie des schémas, approche cognitive des troubles de la personnalité. Bruxelles: De Boeck.
  11. ↑ Hautekèete M., Cousin I. & Graziani P. (1999) PensĂ©es dysfonctionnelles de l'alcoolo-dĂ©pendance: Un test du modèle de Beck : schĂ©mas anticipatoire, soulageant et permissif, Journal de ThĂ©rapie Comportementale et Cognitive, 9 (4), 108-112.
  12. ↑ Beck A.T., Wright F.D, Newman C.F. & Liese B.S. (1993) Cognitive Therapy of Substance Abuse. New York : Guilford Press.
  13. ↑ Cottraux J. (2004) Les Thérapies Comportementales et Cognitives, Paris: Masson.
  14. ↑ Conclusions du Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC).
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  16. ↑ Brown J.L. & Vanable P.A. (2007) Alcohol Use, Partner Type, and Risky Sexual Behavior among College Students: Findings from an event-level Study, Addictive Behaviors, 32 (12), 2940-2952.
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