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Définition Wikipédia de : Adaptation (biologie)







Introduction :

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Suite de l'article :

L’adaptation est, en biologie de l'Ă©volution, la modification d'un caractère anatomique, d'un processus physiologique ou d'un trait comportemental dans une population d'individus sous l'effet de la sĂ©lection naturelle, le nouvel Ă©tat de ce caractère amĂ©liorant la survie et le succès reproductif des individus qui en sont porteurs. Le terme d'adaptation peut dĂ©signer le processus ou le rĂ©sultat du processus ; il est parfois utilisĂ© comme synonyme de « sĂ©lection Â». Intuitivement, l'adaptation peut ĂŞtre vue comme l'adĂ©quation de l'ĂŞtre vivant Ă  son milieu naturel ou de l'organe Ă  sa fonction.



     La notion d'adaptation est au cĹ“ur de la thĂ©orie de l'Ă©volution par sĂ©lection naturelle inventĂ©e par Charles Darwin (sous le terme anglais fitness). Elle est parfois critiquĂ©e pour ĂŞtre tautologique : l'adaptation est Ă  la fois ce qui conditionne la sĂ©lection des individus dans leur milieu et le rĂ©sultat de cette sĂ©lection.

- Sommaire de la page -









Chapitre : Histoire du concept



     Jusqu'au XIX siècle, les naturalistes n'employaient pas le terme d'adaptation ; ils lui prĂ©fĂ©raient les mots de "convenance" et d'"harmonie". Ce dernier reflète les idĂ©es finalistes qui, alors Ă©taient très majoritaires. Et de fait, c'est pour Ă©chapper Ă  la tĂ©lĂ©ologie voyant une finalitĂ© (divine ou non) dans la nature que le concept d'adaptation a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ© portant le dĂ©bat aux frontières de la mĂ©taphysique.


     C'est pourquoi CuĂ©not, un des premiers darwinien français Ă©crivait en ouverture de son ouvrage L'Adaptation (1925) :

« L'adaptation est une effrayante question. […] Une adaptation est en rĂ©alitĂ© la solution d'un problème, exactement comme une machine ou un outil fabriquĂ©s par l'homme. […]
ReconnaĂ®tre les adaptations en tant que faits n'est pas très difficile : c'est question de critique, d'observations ou d'expĂ©riences bien conduites ; mais ensuite l'esprit demande impĂ©rieusement Ă  comprendre le mĂ©canisme par lequel les ĂŞtres vivants ont Ă©tĂ© pourvus de ces adaptations. Depuis les premiers philosophes grecs les explications se sont succĂ©dĂ©, causes finales de l'Ă©cole aristotĂ©lienne, rĂ©action utile de l'ĂŞtre au milieu de Lamarck, sĂ©lection naturelle de Darwin, etc. ; assurĂ©ment, tout le monde est d'accord, maintenant, pour rechercher aux adaptations une explication causale, dans le domaine de l'investigation scientifique, mais mĂŞme si nous connaissions une loi gĂ©nĂ©rale qui en rendĂ®t un compte satisfaisant, comme on l'a cru longtemps pour la thĂ©orie darwinienne, il se poserait encore une question suprĂŞme, que l'Homme ne peut Ă©luder. Pourquoi cette loi gĂ©nĂ©rale ? pourquoi tout se passe-t-il comme si la Nature voulait la perpĂ©tuation de la Vie ? pourquoi cette finalitĂ© spĂ©ciale que la Vie impose Ă  la Matière ? Par ces questions, nous entrons dans le domaine de la mĂ©taphysique. Â» pp. 3-4.

     CuĂ©not n'a pas prĂ©tendu apporter une rĂ©ponse Ă  cette Ă©pineuse question, il se contente de signaler son existence. Toutefois, l'Ă©cole nĂ©o-darwinienne se dĂ©fend d'ĂŞtre finaliste et assure que l'adaptation, bien qu'elle ressemble Ă  un phĂ©nomène dirigĂ©, est exempte de toute tĂ©lĂ©ologie. Le jeu des forces naturelles qui interviennent dans la sĂ©lection naturelle suffit Ă  en rendre un compte exact et prĂ©cis.


     Ă‰videmment, quand un ĂŞtre vit, prospère et se perpĂ©tue dans un milieu donnĂ©, sa structure et ses fonctions sont telles qu'elles permettent la vie ; autrement dit, il n'existe pas de dĂ©saccord entre elles et le milieu extĂ©rieur. Cette approximation autorise, Ă  elle seule, Ă  affirmer qu'il existe un minimum d'adaptation entre l'ĂŞtre organisĂ© et son milieu. ConsidĂ©rons la faune d'un biotope limitĂ©, une mare, une plage marine, etc., nous voyons que les animaux qui la composent appartiennent Ă  des types d'organisation très variĂ©s. Des solutions tout Ă  fait diffĂ©rentes permettent donc l'ajustement de l'ĂŞtre vivant Ă  son milieu et l'Ă©panouissement de la vie. L'adaptation est rarement une notion ayant une valeur absolue ; elle prĂ©sente toujours un caractère relatif.


     CuĂ©not distingue trois types d'adaptations successives :

  1. l'accommodation ou adaptation ponctuelle de l'individu Ă  un milieu,
  2. l'acclimatation ou adaptation d'un groupe établi de manière durable dans un milieu,
  3. la naturalisation ou l'adaptation de l'espèce à un milieu où elle s'est établie de manière définitive.

     En outre, il considère aussi l'adaptation statistique ou adaptation physiologique et Ă©thologique qui se traduit par une convergence des formes (par exemple, le requin et le dauphin) des organismes vivant dans des milieux semblables ou des organes (par exemple, l'Ĺ“il chez la pieuvre et chez les mammifères) ayant en charge de remplir la mĂŞme fonction, mais appartenant Ă  des lignĂ©es diffĂ©rentes.


     Il met aussi en Ă©vidence les Limites de l'adaptation, notamment Ă  travers les Organes inutiles, les Organes utilisĂ©s mais non nĂ©cessaires, ou encore les Organes mal faits et les fonctions nuisibles que sont par exemples les Organes hypertĂ©liques, c'est-Ă -dire dĂ©mesurĂ©s et encombrants. Le grand Cerf MĂ©galoceros du Quaternaire d'Irlande dĂ©veloppa ainsi des bois surdimensionnĂ©s atteignant 2,50 mètres d'envergure, mais en fait conformes au dĂ©veloppement de la taille de son corps.


     Au sujet des limites de la notion d'adaptation, CuĂ©not conclu ainsi :

« Dans une machine industrielle bien Ă©tudiĂ©e, il n'y a pas de rouage indiffĂ©rent ; chaque Ă©crou a son rĂ´le Ă©ventuel ; la courbure des pièces, leur poids, leur Ă©paisseur, ont Ă©tĂ© l'objet de recherches bannissant tout ce qui est inutile ; il n'y a pas d'organes rudimentaires, Ă  moins qu'on ne se soit servi de vieilles pièces provenant d'autres machines, et gardant la trace de leur fonctionnement primitif ; il n'y a pas non plus de superflu, Ă  moins que l'artisan, voulant rendre son Ĺ“uvre plus agrĂ©able, n'y ait ajoutĂ© des ornements, des sculptures, comme dans les outils d'autrefois. La machine vivante, au contraire, a un passĂ© oĂą elle Ă©tait autre qu'actuellement, et qui a laissĂ© des traces ; la Nature ne lui demande que de vivre et de durer, tant bien que mal, et il lui importe peu que son fonctionnement soit Ă©conomique.
La position des biologistes modernes vis-Ă -vis la question de l'adaptation est donc, je pense Ă  juste titre, tout autre que celle des naturalistes qui les ont prĂ©cĂ©dĂ©s, de Bernardin de Saint-Pierre Ă  Weismann : ces derniers, pour des raisons sans doute diffĂ©rentes mais qui aboutissaient au mĂŞme rĂ©sultat, Ă©taient persuadĂ©s que tout Ă©tait adaptĂ©, que chaque dĂ©tail des organismes devait avoir une signification utile, un rĂ´le Ă  jouer : sans doute cette conviction a priori du cause-finalier ou du sĂ©lectionniste a souvent amenĂ© les physiologistes Ă  des dĂ©couvertes capitales, en les incitant Ă  rechercher avec persĂ©vĂ©rance la fonction de petits organes jugĂ©s d'abord insignifiants, tels que le corps thyroĂŻde, l'hypophyse, le thymus, les capsules surrĂ©nales, le corps jaune ovarien, les Ă®lots de Langerhans du pancrĂ©as, etc., qui en effet ont un rĂ´le important dans la coordination de l'organisme. […]
Mais la mĂ©daille a un revers : cette conviction a amenĂ© bien souvent les naturalistes Ă  rechercher et Ă  attribuer des significations utiles Ă  des structures qui n'en ont probablement aucune, et Ă  errer grandement au sujet des adaptations.  Â» pp. 52-53.

     En effet, la notion d'adaptation est devenue en quelque sorte la tarte Ă  la crème de la biologie Ă©volutive, elle est systĂ©matiquement convoquĂ©e, conjointement Ă  la sĂ©lection naturelle, pour expliquer les particularitĂ©s des ĂŞtres vivants, alors les Ă©tudes Ă©thologiques qui pourraient en confirmer la pertinence sont inexistantes ou impossibles Ă  mener (cas des fossiles).


     Ă‰tienne Rabaud est un des biologiste qui a critiquĂ© la notion d'adaptation (et Ă  travers elle le mĂ©canisme de la sĂ©lection naturelle) de la manière la plus radicale:

"L'hypothèse [darwinienne] ne rĂ©siste pas Ă  la critique la plus Ă©lĂ©mentaire. Ne suffit-il pas de constater que l'apprĂ©ciation d'un avantage tourne dans un cercle vicieux ? Quand un organisme persiste, nous dĂ©cidons qu'il possède une disposition avantageuse, et nous dĂ©clarons avantageuse une disposition quelconque, prĂ©cisĂ©ment parce que l'organisme persiste."

     Rabaud remarque Ă©galement que les explications concernent souvent des organes isolĂ©s, alors que l'organisme forme un tout, et que plus rarement encore des comparaisons sont faites entre les ĂŞtres vivants ayant des dispositions analogues, afin de dĂ©terminer la rĂ©alitĂ© de l'avantage ou du rĂ´le que joue l'organe pour les ĂŞtres vivants concernĂ©s. Il constate Ă©galement que les interprĂ©tations mises en avant pour justifier l’existence d’une particularitĂ© chez une espèce ne tiennent gĂ©nĂ©ralement pas compte du fait que d’autres espèces vivant dans le mĂŞme milieu n’ont pas cette disposition supposĂ©e avantageuse, voire ont la disposition opposĂ©e et ne s’en portent pas plus mal.


     Il en conclu que la notion d'adaptation est trompeuse et qu'elle est un obstacle Ă  l'Ă©tude plus fine et plus prĂ©cise des rapports effectifs des ĂŞtres vivants entre eux et avec leur milieu. Pour lui, la notion d'adaptation induit Ă  prendre les consĂ©quences pour les causes et inversement : ce n'est pas parce que l'ĂŞtre vit dans un milieu qu'il y est adaptĂ©, mais c'est plutĂ´t parce qu'il y trouve de quoi vivre, qu'il est en adĂ©quation avec les conditions, qu'il habite dans ce milieu.


     Pour Rabaud, l'environnement n'est pas uniquement une contrainte qui s'impose Ă  l'organisme, c'est aussi et avant tout l'espace oĂą peut se dĂ©ploier son activitĂ© autonome : l'ĂŞtre vivant n'est pas adaptĂ© au milieu ; c'est le contraire, il trouve dans le milieu les Ă©lĂ©ments spĂ©cifiques qui lui permettent d'assurer sa subsistance. L'analogie du vivant avec une machine induit Ă  nĂ©gliger et tend Ă  faire oublier le caractère actif des ĂŞtres vivants dans la quĂŞte de leurs subsistances (particulièrement Ă©vidente chez les animaux), c'est-Ă -dire l'autonomie du vivant par rapport Ă  son milieu.






Chapitre : Adaptation



     Selon les modèles thĂ©oriques, le rĂ´le de l'adaptation dans l'Ă©volution biologique est plus ou moins important. Selon la perspective du paradigme adaptationniste, il s'agit du principal facteur de transformation des espèces.


     On parle d'adaptabilitĂ© pour dĂ©signer la plasticitĂ© de certaines espèces face aux forces de l'Ă©volution.






Chapitre : Notes et références


  1. ↑ Étienne Rabaud, Introduction aux sciences biologiques, 1941, p. 181.





Chapitre : Bibliographie



     Lucien CuĂ©not,

    Liste :
  • L'adaptation, Ă©d. Doin, 1925.
  • Invention et finalitĂ© en biologie, Ă©d. Flammarion, 1941.

     Ă‰tienne Rabaud,

    Liste :
  • L'adaptation et l'Ă©volution, Ă©d. Chiron, 1922.
  • Zoologie biologique, Ă©d. Gauthier-Villars, 1934.
  • Transformisme et adaptation, Ă©d. Flammarion, 1942.

© Source : Wikipedia sous licence GFDL







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